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	<title>Archives des Abdelwaheb Ben Moussa - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Abdelwaheb Ben Moussa - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Au lieu de mobiliser ses cerveaux, la Tunisie compte leurs départs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Oct 2026 08:03:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment les pays en développement peuvent-ils transformer la perte de capital humain en levier de souveraineté économique ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/10/au-lieu-de-mobiliser-ses-cerveaux-la-tunisie-compte-leurs-departs/">Au lieu de mobiliser ses cerveaux, la Tunisie compte leurs départs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’accélération du rythme des départs des médecins, ingénieurs et autres technologues tunisiens, à la recherche de meilleures perspectives professionnelles et humaines sous des cieux plus cléments, en Europe, en Amérique ou dans les pays du Golfe, remet au centre du débat une question fondamentale : comment les pays en développement peuvent-ils transformer la perte de capital humain en levier de souveraineté économique ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-19778439"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, le constat demeure préoccupant face à l’ampleur des départs de compétences. Selon le président de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT), environ 46 000 ingénieurs ont quitté la Tunisie au cours de la dernière décennie. Dans le secteur de la santé, près de 1 450 médecins auraient quitté le pays en 2024, selon le secrétaire général du Conseil national de l’Ordre des médecins. Combien de médecins ont quitté le pays au cours des dix dernières années, qui n’ont pas été glorieuses, loin d’en faut&nbsp;? Le chiffre doit être effrayant…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette perte de compétences formées en grande partie par la collectivité publique, le débat institutionnel oscille encore trop souvent entre constat, inquiétude et appel au retour, sans grande conviction et, surtout, sans garanties concrètes pour un emploi décent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du discours moral à la réalité opérationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut avoir le courage de nommer les choses. Exhorter nos compétences au retour sans leur offrir les conditions d’exercice de leur talent risque de rester sans effet. Nos cadres ne quittent pas nécessairement leur pays par déficit d’attachement national. Les conditions de travail, les perspectives professionnelles, les niveaux de rémunération, les possibilités de recherche et l’environnement administratif constituent autant de facteurs susceptibles de peser dans leur décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce constat, l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens plaide pour l’élaboration d’un cadre légal et incitatif spécifique destiné à attirer les compétences établies à l’étranger et à renforcer le transfert de savoir-faire. C’est une orientation importante, mais elle doit dépasser une approche exclusivement fiscale ou salariale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les transferts financiers des Tunisiens résidant à l’étranger ont atteint 8,2 milliards de dinars en 2024, soit près de 6,5 % du PIB, selon les données de la Banque centrale de Tunisie. Cette contribution financière considérable montre que le lien avec le pays ne disparaît pas avec le départ. Le véritable enjeu est désormais de construire une ingénierie d’accueil et de contribution permettant également de mobiliser le capital scientifique, technique et entrepreneurial de la diaspora.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’ère de l’intelligence artificielle, du travail distribué et des architectures ouvertes, la contribution de la diaspora n’exige d’ailleurs plus nécessairement un retour physique permanent. Elle peut prendre la forme d’une participation à distance, de missions d’expertise, de mentorat, de recherche collaborative, de transfert technologique ou de co-pilotage de projets nationaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois leviers pour bâtir un réseau de souveraineté partagée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le cycle 2026-2030, la Tunisie doit dépasser la simple gestion administrative de sa diaspora pour en faire une véritable infrastructure d’ingénierie nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier levier est celui d’un cadre légal fondé sur la responsabilité et la confiance. La proposition d’un dispositif incitatif en faveur des ingénieurs tunisiens établis à l’étranger pourrait être traduite par des mécanismes de coopération permettant à ces experts d’encadrer des laboratoires mixtes, de contribuer à la conception d’architectures des systèmes d’information publics, de participer à l’évaluation technique de projets stratégiques ou de co-piloter certaines initiatives sans reproduire les lourdeurs bureaucratiques qui ont précisément contribué à éloigner les compétences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième levier concerne les grands chantiers nationaux. Transition énergétique, transformation numérique, modernisation bancaire, intelligence artificielle, gestion de l’eau ou infrastructures intelligentes pourraient bénéficier de dispositifs d’Open Innovation associant systématiquement les compétences tunisiennes établies à l’étranger. Mais leur participation ne devrait pas se limiter à des conférences ou à des consultations symboliques. Elle doit pouvoir s’inscrire dans des missions d’expertise, d’évaluation et de conception avec des responsabilités clairement définies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième levier est celui de l’investissement. La diaspora dispose non seulement de ressources financières, mais également d’un capital professionnel, entrepreneurial et relationnel considérable. Des mécanismes réglementaires et administratifs plus simples pourraient faciliter son investissement dans le tissu productif, les startups technologiques et les projets industriels, tout en orientant davantage ces ressources vers l’économie réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’urgence du changement de paradigme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains soutiendront qu’il existe des urgences plus immédiates : les équilibres budgétaires, le déficit des caisses sociales, la pression sur les finances publiques ou les difficultés du financement de l’économie. Mais avec quelle ingénierie d’exécution réformera-t-on durablement ces secteurs sans disposer de compétences de haut niveau ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le véritable enjeu n’est donc pas de demander à ceux qui sont partis de revenir à tout prix. Il est de construire les conditions permettant à ceux qui sont partis de continuer à contribuer, et à ceux qui sont encore au pays de vouloir y construire leur avenir.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose d’un réseau mondial de compétences. Reste à lui donner une architecture, des projets, des responsabilités et des mécanismes de contribution à la hauteur des défis du prochain cycle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conserver un modèle fermé par peur du changement serait prendre le risque de creuser davantage le retard technologique. Le véritable changement de paradigme consiste à passer du statut de réservoir passif de compétences à celui d’architecte d’un réseau mondial d’intelligence, capable de transformer l’exode des compétences en capacité supplémentaire d’exécution et de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique. &nbsp;&nbsp;</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quel rôle pour la Tunisie dans la gestion de la crise en Libye ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/05/quel-role-pour-la-tunisie-dans-la-gestion-de-la-crise-en-libye/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 08:20:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face à la nouvelle dynamique diplomatique autour de la Libye, la Tunisie doit veiller éviter qu'un changement extérieur ne se transforme en vulnérabilité intérieure. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/05/quel-role-pour-la-tunisie-dans-la-gestion-de-la-crise-en-libye/">Quel rôle pour la Tunisie dans la gestion de la crise en Libye ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La nouvelle dynamique diplomatique autour de la Libye place la Tunisie devant une question qui dépasse la seule politique étrangère : comment éviter qu’une évolution extérieure ne se transforme en vulnérabilité intérieure ?</em></strong> <em>(Photo: Poste frontalier de Ras Jedir).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19754656"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis cherchent à rapprocher les autorités de l’Est et de l’Ouest libyens, à favoriser l’unification des institutions et à ouvrir la voie à des élections nationales. La Turquie, l’Égypte et les puissances européennes poursuivent parallèlement leurs propres objectifs. Cette recomposition peut contribuer à stabiliser la Libye. Elle peut aussi modifier les équilibres sécuritaires, économiques et diplomatiques autour de la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait toutefois réducteur de considérer cette séquence comme une simple rivalité entre puissances. Le véritable enjeu pour Tunis est de savoir si elle dispose de suffisamment de marges de manœuvre pour tirer profit d’une éventuelle stabilisation libyenne, absorber ses effets négatifs et défendre ses intérêts lorsque les décisions se prennent ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté ne consiste pas à ne dépendre de personne. Elle consiste à disposer de suffisamment de ressources, de partenaires, de compétences et d’instruments pour que la dépendance ne devienne pas une vulnérabilité subie. C’est à cette aune qu’il faut apprécier la nouvelle stratégie américaine en Libye.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas confondre stabilisation et solution automatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première réaction devrait être pragmatique. Pourquoi la Tunisie rejetterait-elle une initiative susceptible de rapprocher les Libyens et de mettre fin à une division qui nourrit l’insécurité ? Après des années d’échec, toute avancée vers l’unification des institutions et l’organisation d’élections mérite d’être encouragée. Washington dispose de canaux de discussion et d’une capacité d’influence que Tunis ne possède pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une stabilisation annoncée ne constitue pas encore une stabilité acquise. Un accord politique peut rester fragile, une coordination sécuritaire peut demeurer incomplète et une réunification institutionnelle peut ne pas produire d’autorité effective sur l’ensemble du territoire. Les effets réels d’un règlement se mesureront moins aux déclarations qu’à la capacité des institutions libyennes à contrôler les frontières, à garantir la circulation et à prévenir les crises locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’a donc aucun intérêt à s’opposer par principe à l’initiative américaine. Elle doit la soutenir lorsqu’elle favorise un processus inclusif, libyo-libyen et placé dans un cadre multilatéral. Mais elle doit aussi se préparer à plusieurs scénarios, y compris celui d’une transition incomplète, d’une stabilisation partielle ou d’un nouvel équilibre dominé par des acteurs extérieurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté tunisienne commence ici : ne pas confondre l’espoir d’une solution avec la disparition du risque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La frontière, premier canal de transmission du risque</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Tunisie, la Libye n’est pas un dossier diplomatique lointain. Elle constitue une réalité économique, sociale et sécuritaire quotidienne. Les régions du Sud vivent au rythme des échanges transfrontaliers, des mouvements de personnes et de l’activité du poste de Ras Jedir. Chaque fermeture, chaque tension locale et chaque changement dans le rapport de force libyen se répercute immédiatement sur les familles, les commerçants et les entreprises des deux côtés de la frontière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait considérer Ras Jedir comme un problème bilatéral et administratif, distinct des grandes négociations géopolitiques. Ce serait une erreur. La frontière est précisément le point où les arrangements politiques libyens deviennent une réalité tunisienne. Si l’unification institutionnelle ne garantit pas une autorité stable sur les postes-frontières, une chaîne de commandement identifiable et des règles commerciales prévisibles, elle restera incomplète du point de vue tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit donc traiter la frontière comme une infrastructure stratégique. Cela suppose de sécuriser les accès, moderniser les procédures douanières, améliorer la traçabilité des flux et maintenir des canaux permanents avec les autorités locales libyennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lutte contre les trafics doit être renforcée, mais elle ne peut pas se traduire par une fermeture indiscriminée qui pénaliserait les populations et l’économie légale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La maîtrise du risque ne consiste pas à supprimer les échanges. Elle consiste à rendre les échanges plus transparents, plus prévisibles et moins dépendants des rapports de force locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une éventuelle stabilisation de la Libye pourrait relancer les échanges et soutenir l’économie du Sud tunisien. Mais cette opportunité ne se concrétisera pas automatiquement. Si le commerce transfrontalier reste informel, concentré sur quelques points de passage et dépendant de décisions sécuritaires imprévisibles, la Tunisie continuera à subir les crises au lieu de bénéficier de la reprise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc construire des amortisseurs économiques : développer des plateformes logistiques, renforcer les entreprises locales, formaliser une partie des échanges et créer des mécanismes de soutien pour les opérateurs touchés par les fermetures temporaires. La diversification des débouchés est également indispensable. Les régions frontalières ne peuvent pas dépendre d’un seul passage, d’un seul marché ou d’une seule configuration politique à Tripoli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est pas de réduire le lien avec la Libye. Elle est de faire en sorte que ce lien devienne une force économique organisée plutôt qu’une dépendance exposée à chaque tension.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2ivEpmZCrR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/28/la-tunisie-cherche-a-faciliter-une-solution-politique-en-libye/">La Tunisie cherche à faciliter une solution politique en Libye</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie cherche à faciliter une solution politique en Libye » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/28/la-tunisie-cherche-a-faciliter-une-solution-politique-en-libye/embed/#?secret=NO4fF477jG#?secret=2ivEpmZCrR" data-secret="2ivEpmZCrR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La neutralité comme capacité de choix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tunis a raison de préserver une position équilibrée à l’égard des différents acteurs libyens. Dans un pays encore divisé, choisir prématurément un camp réduirait sa marge de manœuvre et exposerait ses intérêts à un changement de rapport de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la neutralité n’a de valeur que si elle permet de choisir. Une neutralité passive risque de transformer la Tunisie en simple observatrice d’un processus conduit par Washington, Ankara, Le Caire et les institutions internationales. Elle conserverait ses relations avec tout le monde, mais pèserait réellement sur personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse ne consiste pas à multiplier les déclarations de souveraineté. Elle consiste à renforcer les instruments qui donnent un contenu à cette souveraineté : expertise sur les questions frontalières, capacité de négociation, coordination interinstitutionnelle, présence diplomatique régulière en Libye et propositions concrètes sur la sécurité et le commerce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne peut pas imposer une solution. Elle peut toutefois rendre certaines solutions plus crédibles et certaines dérives plus coûteuses. Sa proximité géographique, ses relations avec l’Ouest libyen et son expérience des échanges transfrontaliers lui donnent une utilité spécifique. Encore faut-il la convertir en influence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle architecture sécuritaire libyenne impliquera nécessairement des partenaires extérieurs. La Tunisie a besoin de coopération avec la Libye, l’Algérie, les institutions internationales et, sur certains dossiers, les États-Unis et la Turquie. Refuser cette coopération au nom d’une souveraineté abstraite serait irréaliste. Mais coopérer ne signifie pas accepter une architecture conçue ailleurs. Si les priorités sécuritaires sont définies principalement par Washington ou Ankara, Tunis pourrait se retrouver devant des décisions déjà prises concernant la surveillance des frontières, la présence étrangère, la lutte contre les trafics ou la gestion des migrations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici appliquer le même principe que dans les relations économiques : la diversification n’est pas le rejet d’un partenaire, mais la condition d’un partenariat plus équilibré. La Tunisie doit parler avec tous les acteurs qui comptent, éviter de dépendre d’un seul canal et faire en sorte que les engagements sécuritaires soient transparents, ciblés et compatibles avec ses intérêts propres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté moderne ne signifie pas l’autarcie. Elle signifie pouvoir choisir ses dépendances.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cadre régional : un instrument, pas un substitut à la stratégie tunisienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne dispose ni du poids militaire de la Turquie, ni de la profondeur stratégique de l’Égypte, ni des ressources diplomatiques des États-Unis. Elle peut toutefois compenser cette faiblesse relative par une diplomatie de coalition. Le mécanisme de concertation avec l’Algérie et l’Égypte doit devenir un instrument opérationnel, et non rester un cadre de déclarations générales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les divergences entre les trois pays sont réelles. L’Algérie regarde prioritairement vers sa profondeur sahélienne et ses impératifs de sécurité. L’Égypte est davantage attentive à l’Est libyen. La Tunisie est directement exposée à l’Ouest, à Ras Jedir et aux flux transfrontaliers. Cette différence de perspective ne condamne pas la concertation ; elle impose de lui donner un agenda limité et concret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sécurité des frontières, continuité des passages, lutte contre les trafics, échanges d’informations et soutien à un processus politique inclusif peuvent constituer ce socle commun. Tunis doit toutefois y défendre sa propre voix et ne pas se fondre dans une position régionale uniforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a souvent abordé le dossier libyen sous l’angle de la prévention : empêcher l’instabilité de franchir la frontière, limiter les effets économiques des crises et éviter de s’impliquer dans les rivalités libyennes. Cette prudence était compréhensible. Elle ne suffit plus dans une phase où de nouveaux équilibres sont en train de se former.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains objecteront que Tunis doit d’abord résoudre ses propres difficultés économiques et institutionnelles avant de prétendre jouer un rôle régional. Mais la question libyenne n’est pas un luxe diplomatique. Elle touche directement la sécurité, le commerce, l’emploi, les migrations et la stabilité des régions frontalières. Investir dans une politique libyenne plus structurée relève donc de la protection des intérêts fondamentaux du pays.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GYhVK1AT0m"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/lavenir-de-la-libye-en-suspens/">L’avenir de la Libye en suspens</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’avenir de la Libye en suspens » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/lavenir-de-la-libye-en-suspens/embed/#?secret=fL0N7Nx4dy#?secret=GYhVK1AT0m" data-secret="GYhVK1AT0m" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Tunis doit passer d’une diplomatie de réaction à une diplomatie d’initiative. Cela implique de proposer un agenda tunisien pour la frontière, de défendre une solution politique inclusive, de diversifier les partenariats et de faire de la stabilité de Ras Jedir un intérêt régional reconnu par tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’a pas vocation à imposer une solution à la Libye. Elle a en revanche le devoir de ne pas laisser d’autres acteurs définir seuls un règlement qui touchera directement sa sécurité, son économie et sa cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La neutralité peut rester le principe directeur de la politique tunisienne. Mais elle doit être une neutralité engagée, organisée et capable de produire des résultats. Dans la nouvelle séquence libyenne, la véritable faiblesse de la Tunisie ne serait pas de manquer de puissance. Ce serait de confondre la retenue avec l’effacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté tunisienne ne se proclamera pas au moyen d’une rupture avec ses partenaires. Elle se construira par des frontières mieux administrées, des échanges mieux organisés, des alliances diversifiées et une capacité accrue à transformer la proximité géographique en influence politique et économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux recompositions libyennes, Tunis ne doit ni choisir un protecteur ni prétendre pouvoir agir seule. Elle doit construire les marges de manœuvre qui lui permettront de dialoguer avec tous, de dépendre de plusieurs et de subir moins.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informaticien, cadre de banque publique.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/05/quel-role-pour-la-tunisie-dans-la-gestion-de-la-crise-en-libye/">Quel rôle pour la Tunisie dans la gestion de la crise en Libye ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Décret-loi n°54, de la sanction à la confiance numérique ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/01/tunisie-decret-loi-n54-de-la-sanction-a-la-confiance-numerique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 08:06:54 +0000</pubDate>
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		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19732346</guid>

					<description><![CDATA[<p>La modification de l’article 24 du décret-loi n°54 relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et de communication est un pas dans la bonne direction. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/01/tunisie-decret-loi-n54-de-la-sanction-a-la-confiance-numerique/">Tunisie | Décret-loi n°54, de la sanction à la confiance numérique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La publication, le 30 septembre 2026, d’un nouveau texte modifiant l’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/decret-54-ce-qui-change-apres-la-revision-de-larticle-24/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 24 du décret-loi n°54 </a>du 13 septembre 2022 relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et de communication apporte une évolution importante au dispositif applicable à certaines publications et communications numériques. Le nouveau texte remplace les dispositions précédentes de l’article 24 et en modifie notamment le régime des sanctions.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19732346"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Sans entrer dans l’interprétation juridique du texte, il est possible d’en relever un élément particulièrement visible : pour les faits visés par les deux premiers paragraphes de l’article 24, la première infraction est désormais sanctionnée par une amende de 10 000 à 20 000 dinars, alors que l’ancienne rédaction prévoyait notamment une peine d’emprisonnement. En cas de récidive, le nouveau texte prévoit six mois d’emprisonnement et 50 000 dinars d’amende. Les sanctions sont également doublées lorsque la personne visée est un agent public ou une personne assimilée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de ces modifications, cette évolution invite à regarder une question plus large : comment construire un environnement numérique fondé à la fois sur la liberté d’usage, la responsabilité, la sécurité et la confiance ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques années, les réseaux et systèmes d’information sont devenus bien davantage que des outils de communication. Ils sont désormais au cœur des échanges économiques, des services administratifs, des relations professionnelles, de l’information, du commerce électronique et des interactions sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une information publiée en ligne peut être consultée instantanément par un nombre considérable de personnes. Une donnée personnelle peut circuler bien au-delà de son contexte initial. Une erreur peut être reproduite automatiquement. Un contenu peut être modifié, amplifié ou réutilisé sans que son auteur initial en maîtrise les conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet environnement, la confiance devient une composante essentielle de l’économie numérique. Elle concerne la fiabilité des informations, la protection des données, la sécurité des systèmes, l&rsquo;identification des utilisateurs, mais aussi la capacité de chacun à apprécier la qualité d&rsquo;un contenu avant de le transmettre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la diffusion de l’information à la responsabilité numérique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau texte continue de viser notamment la production, la diffusion, la transmission ou la préparation intentionnelle de fausses informations, données ou rumeurs ainsi que certains documents fabriqués, falsifiés ou faussement attribués, dans les conditions définies par l’article 24. Il vise également certaines utilisations de données personnelles ou de faits inexacts lorsqu’elles poursuivent notamment des objectifs portant atteinte aux droits d’autrui ou à la réputation d’une personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dispositions montrent une réalité qui dépasse la seule question des sanctions : la transformation numérique accroît la responsabilité liée à la production et à la circulation de l’information.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette responsabilité devient encore plus importante avec la généralisation des outils d’intelligence artificielle (IA).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création d’un texte, d’une image ou d’un contenu audiovisuel peut aujourd’hui être largement automatisée. Cette évolution apporte des possibilités considérables pour l’éducation, les entreprises, l’administration et la création de contenu. Elle soulève également une question très concrète : comment vérifier une information lorsque sa production devient de plus en plus rapide et facilement reproductible ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse ne relève pas uniquement des textes. Elle passe aussi par les compétences numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La culture numérique ne devrait plus être limitée à la maîtrise des outils. Savoir utiliser une plateforme, publier un contenu ou interagir avec une application constitue désormais seulement une première étape. Il devient tout aussi important de savoir identifier une source, vérifier une information, distinguer un fait d&rsquo;une interprétation, reconnaître un contenu manipulé et mesurer les conséquences potentielles de sa diffusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette compétence concerne les citoyens, mais également les entreprises et les administrations. Dans une organisation, une information erronée peut affecter une décision commerciale, un processus opérationnel ou une relation avec un client. Une donnée mal interprétée peut produire une décision inadaptée. Un contenu généré automatiquement peut être repris sans vérification et entrer dans un processus professionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transformation numérique impose donc progressivement une nouvelle forme de discipline : la vérification de l’information avant son utilisation ou sa diffusion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA ajoute une nouvelle dimension</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA accélère encore cette transformation. Elle peut produire rapidement des contenus, résumer des documents, analyser des données ou assister un collaborateur dans son travail. Mais l’utilisation de ces outils ne supprime pas la nécessité d’une validation humaine lorsque l’information produite doit servir à une décision ou être communiquée à des tiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les entreprises, cela implique de définir des règles simples : quelles données peuvent être utilisées avec un outil d’IA ? Qui vérifie le résultat ? Qui valide une information avant sa diffusion ? Comment conserver une trace lorsqu’une production automatisée intervient dans un processus important ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions relèvent de la gouvernance numérique. Elles sont particulièrement importantes dans les secteurs où les données sont sensibles et où les décisions peuvent avoir des conséquences économiques significatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même logique existe déjà dans la cybersécurité. La sécurité d&rsquo;un système ne repose pas uniquement sur la sanction d’un incident après sa survenue. Elle repose également sur la prévention, l’authentification, la gestion des accès, la traçabilité, la surveillance, la sensibilisation des utilisateurs et la capacité à réagir rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance numérique fonctionne selon une logique comparable. Elle suppose des infrastructures sécurisées, des règles compréhensibles, des pratiques responsables et des utilisateurs suffisamment formés pour identifier les risques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas seulement de savoir comment sanctionner une utilisation problématique du numérique. Elle est aussi de savoir comment réduire les risques en amont.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ycHwDGOyV2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/08/liberte-dexpression-en-tunisie-des-organisations-lancent-une-campagne-pour-le-retrait-du-decret-54/">Liberté d&rsquo;expression en Tunisie : Des organisations lancent une campagne pour le retrait du décret 54</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Liberté d’expression en Tunisie : Des organisations lancent une campagne pour le retrait du décret 54 » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/08/liberte-dexpression-en-tunisie-des-organisations-lancent-une-campagne-pour-le-retrait-du-decret-54/embed/#?secret=g0ABYW1D7f#?secret=ycHwDGOyV2" data-secret="ycHwDGOyV2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une culture de la responsabilité numérique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution invite ainsi à élargir la réflexion. Le développement du numérique tunisien ne dépendra pas uniquement de la qualité des infrastructures ou de la disponibilité des technologies. Il dépendra également de la qualité des usages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une infrastructure numérique performante peut être sous-utilisée si les utilisateurs ne disposent pas des compétences nécessaires. Une donnée abondante peut perdre sa valeur si sa qualité n’est pas maîtrisée. Une technologie d’intelligence artificielle peut produire des gains importants si elle est correctement intégrée aux processus, mais également créer de nouveaux risques si son utilisation n’est pas encadrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance devient alors un facteur de performance. Pour les entreprises, elle conditionne l’adoption des services numériques et le développement de nouvelles activités. Pour les administrations, elle influence l’utilisation des services en ligne. Pour les citoyens, elle participe à l’acceptation des nouveaux usages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance numérique n’est donc pas seulement une question de sécurité. Elle devient progressivement une composante de la transformation économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle rédaction de l’article 24 apporte une modification précise au cadre applicable à certaines infractions commises au moyen des réseaux et systèmes d’information et de communication. Son application dans le temps et ses conséquences dans les situations concrètes relèvent, naturellement, de l’appréciation des instances compétentes. Mais au-delà de ce texte particulier, une question plus générale mérite d’être posée : quelle culture numérique voulons-nous construire ? Une culture dans laquelle chacun peut communiquer, entreprendre et innover, tout en comprenant que les outils numériques impliquent également des responsabilités. Une culture dans laquelle la donnée est considérée comme un actif qui doit être protégé et correctement utilisé. Une culture dans laquelle l’IA est intégrée comme un outil d’augmentation des capacités humaines, sans faire disparaître la nécessité de vérifier, de comprendre et de décider. Une culture enfin dans laquelle la confiance devient un objectif de gouvernance au même titre que la sécurité, la performance et l’innovation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le numérique tunisien entre ainsi dans une nouvelle phase. Après la question de l’accès et des infrastructures vient celle de la qualité des usages. La prochaine étape de la transformation numérique ne consistera peut-être pas seulement à connecter davantage. Elle consistera à créer les conditions permettant de faire davantage confiance aux technologies, aux données et aux usages qui en découlent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à cette condition que la transformation numérique pourra pleinement devenir un facteur de productivité, d’innovation et de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.</em></p>
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		<item>
		<title>Refonder le modèle de la sécurité sociale en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/refonder-le-modele-de-la-securite-sociale-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 09:04:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[démographie]]></category>
		<category><![CDATA[économie informelle]]></category>
		<category><![CDATA[fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le déficit cumulé des caisses de sécurité sociale en Tunisie approche 7 milliards de dinars. Le système doit être refondé d'urgence. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le chiffre est désormais suffisamment lourd pour ne plus pouvoir être traité comme une simple donnée comptable : le déficit cumulé des trois principaux régimes de sécurité sociale approche les 7 milliards de dinars. Derrière ce montant se dessine une question beaucoup plus profonde : la Tunisie peut-elle continuer à financer et à administrer son modèle social avec les mêmes mécanismes alors que la démographie, le marché du travail et la structure de l’économie ont profondément changé ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19714990"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est donc plus seulement celui du financement des caisses. Il touche à l’architecture même du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, les réponses ont consisté à rechercher des ajustements successifs : nouvelles ressources, transferts budgétaires, mesures paramétriques, rééchelonnements ou dispositifs temporaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces leviers peuvent répondre à une urgence. Ils ne suffisent plus à traiter des carences structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le rapport entre actifs et retraités se dégrade durablement, lorsque les carrières deviennent plus fragmentées et lorsque la part de l’activité échappant aux circuits formels reste importante, l’équilibre financier ne peut plus être recherché uniquement à l’intérieur des caisses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question devient celle de la soutenabilité globale du modèle social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la réforme des caisses à la refondation du système</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Refonder ne signifie pas démanteler. Cela signifie repenser les mécanismes de financement, de couverture, de solidarité et de pilotage à partir des réalités économiques et démographiques actuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sécurité sociale doit pouvoir accompagner des trajectoires professionnelles plus diversifiées, intégrer progressivement de nouvelles catégories de travailleurs et mieux articuler protection sociale, emploi, fiscalité et financement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche suppose également de disposer d’une vision consolidée des droits sociaux et des engagements futurs. La gouvernance ne peut plus reposer uniquement sur des données fragmentées entre plusieurs institutions. Il faut passer d’une logique de gestion séparée à une logique de système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie informelle est généralement abordée sous l’angle de la perte de recettes fiscales et sociales. Cette lecture est légitime, mais incomplète. Derrière l’informel se trouvent aussi des travailleurs, des activités et des revenus qui pourraient progressivement rejoindre les mécanismes de protection sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est donc de construire des parcours d’intégration réalistes : simplification des démarches, contribution adaptée, droits sociaux clairement identifiés et dispositifs suffisamment attractifs pour favoriser l’adhésion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif ne devrait pas être de transformer immédiatement l’informel en formel par la contrainte, mais de créer les conditions économiques, administratives et numériques d’une transition progressive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque nouvel affilié ne représente pas seulement une recette supplémentaire. Il constitue aussi un futur bénéficiaire de droits et un élément d’un système social plus large et plus soutenable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Numériser n’est pas réformer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La transformation numérique peut devenir l’une des infrastructures essentielles de cette refondation. Mais elle ne doit pas être confondue avec la réforme elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un identifiant social unique, un compte social permettant de consolider les droits, l’interopérabilité entre les organismes, la digitalisation du recouvrement ou encore l’exploitation de données actuarielles fiables peuvent considérablement améliorer le pilotage. Mais la technologie ne corrigera pas, à elle seule, un modèle économique déséquilibré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable enjeu est de construire une architecture numérique au service d’une architecture sociale cohérente, avec des règles de gouvernance, de sécurité, de protection des données et de responsabilité clairement établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit : il ne suffit pas de numériser l’existant. Il faut concevoir le système qui permettra de piloter le futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2026-2030 donne à cette réforme un horizon stratégique. Mais une stratégie ne produit d’effets que lorsqu’elle se transforme en décisions, en projets, en financements et en résultats mesurables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément pourquoi 2027 peut constituer un premier test d’exécution. La prochaine loi de finances devra permettre de mesurer la capacité à passer des diagnostics accumulés aux mécanismes opérationnels : trajectoire financière, élargissement de l’assiette, intégration progressive de nouvelles populations, modernisation du recouvrement, gouvernance des données et évaluation régulière des engagements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable indicateur ne sera donc pas seulement le montant consacré à la protection sociale. Il sera la capacité à produire un système plus lisible, plus prévisible et financièrement soutenable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une réforme de cette ampleur ne peut être conduite sans instruments de pilotage. Il devient nécessaire de disposer de projections démographiques et actuarielles régulièrement actualisées, de scénarios permettant de mesurer l’impact des différentes options et d’indicateurs publics permettant de suivre l’évolution du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question fondamentale est simple : que se passera-t-il si les tendances actuelles se poursuivent ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Répondre à cette question avant que les contraintes financières ne deviennent irréversibles permet de transformer une crise annoncée en réforme maîtrisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, attendre que les déficits imposent eux-mêmes les décisions reviendrait à subir la réforme plutôt qu’à la piloter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démographie devient une question économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vieillissement de la population n’est plus une variable secondaire de la politique sociale. Il devient une donnée centrale de la politique économique. Moins d’actifs pour davantage de retraités signifie mécaniquement une pression croissante sur les mécanismes de solidarité intergénérationnelle. Mais cette évolution peut aussi être abordée sous l’angle de l’anticipation : emploi des seniors, amélioration de la productivité, formalisation progressive de l’activité, participation accrue des femmes au marché du travail, évolution des parcours professionnels et développement de nouvelles formes d’activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse au défi démographique ne peut donc pas être uniquement sociale. Elle doit également être économique, productive, fiscale et numérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 7 milliards de dinars constituent un signal financier majeur. Mais derrière cette dette visible existe une autre dette, moins comptable : une dette d’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose depuis plusieurs années de diagnostics, d’études, de propositions et de stratégies. Le défi consiste désormais à transformer cette connaissance accumulée en systèmes opérationnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la protection sociale, cela signifie passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation, d’une gestion fragmentée à un pilotage intégré et d’une succession de mesures ponctuelles à une architecture durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 7 milliards de dinars ne doivent donc pas être considérés uniquement comme le coût du passé. Ils doivent servir de signal pour préparer le modèle social des prochaines décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question posée à la Tunisie n’est plus seulement de savoir comment financer le déficit actuel. Elle est de savoir quel système social elle veut pouvoir financer demain, avec quelle population active, quelles ressources, quelles données et quelle capacité d’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme n’est plus une option à annoncer. Elle devient une capacité à construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/refonder-le-modele-de-la-securite-sociale-en-tunisie/">Refonder le modèle de la sécurité sociale en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sommes-nous prêts pour affronter les répercussions de l’IA ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/18/sommes-nous-prets-pour-affronter-les-repercussions-de-lia/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 08:42:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[Bill Gates]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les gouvernements mondiaux ne sont pas prêts à affronter les répercussions de l’IA sur l’emploi, la santé et l’éducation. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/18/sommes-nous-prets-pour-affronter-les-repercussions-de-lia/">Sommes-nous prêts pour affronter les répercussions de l’IA ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En affirmant que les gouvernements mondiaux ne sont pas prêts à affronter les répercussions de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi, la santé et l’éducation, Bill Gates a posé un diagnostic lucide mais incomplet. Pour les pays émergents, la vulnérabilité ne vient pas de la vitesse de la technologie, mais de l’archaïsme des modes de décision publique. Face à ce choc de rationalité, la réponse ne viendra ni de la panique réglementaire ni du mimétisme législatif, meublé de commissions théoriciennes, mais d’un basculement résolu vers l’ingénierie d’exécution et la souveraineté par la donnée.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19664609"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le réflexe des bureaucraties traditionnelles face aux ruptures technologiques est immuable : créer des comités d’éthique, rédiger des chartes d’usage et multiplier les séminaires sur la gouvernance. Cette agitation institutionnelle masque mal une impuissance structurelle. Réglementer l’IA sans posséder la moindre infrastructure de calcul locale, ni maîtriser l’hébergement de ses propres données massives, revient à administrer sa propre dépendance vis-à-vis des géants du secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avertissement de Bill Gates prend une résonance particulière dans un contexte où les modèles propriétaires occidentaux et chinois s’affrontent pour le contrôle des flux d’information. Si la Tunisie se contente d’importer des cadres réglementaires préconçus, elle s’interdit toute marge de manœuvre stratégique. La véritable souveraineté numérique ne s’édicte pas par décret ; elle se bâtit par l’alignement des systèmes d’information nationaux sur des architectures souveraines, l’exploitation de modèles ouverts réentraînés localement et l’intégration de la preuve chiffrée dans la décision publique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fin du monopole technocratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous le soulignions récemment, la véritable menace que représente l’IA partagée pour les gouvernances vieillissantes ne réside pas dans les failles de cybersécurité, que l’ingénierie sait parfaitement cloisonner. Elle réside dans la fin de l’asymétrie d’information. Historiquement, les structures d’autorité ont fondé leur hégémonie sur la rétention des données, l’opacité des arbitrages et le poids du statut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accès généralisé à la puissance analytique vient désintégrer ce modèle vertical. Dès lors qu’un cadre bancaire, un chercheur ou un citoyen peut vérifier la cohérence d’un budget public, auditer un choix d’investissement ou modéliser l’impact d’une réforme, le discours d’autorité s’effondre. L’IA impose l’objectivité là où régnait la gestion statutaire. Cette démocratisation cognitive effraie les technocraties parce qu’elle exige d’elles une justification constante par les résultats et la performance réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’épreuve du terrain : ancrer l’expertise dans les territoires</h2>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pour éviter que les bénéfices de l’IA ne deviennent le privilège exclusif des états-majors de la capitale ou des grands groupes financiers, l’effort doit se porter sur le terrain régional. Dans des gouvernorats stratégiques comme Médenine et Tataouine, l’IA ne doit pas être perçue comme une curiosité théorique, mais comme un outil opérationnel pour optimiser la gestion de la ressource hydrique, modéliser les flux logistiques de la zone franche de Ben Guerdane ou anticiper le déploiement des grands projets d’énergies renouvelables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, dans les régions industrielles et agricoles du centre et du sud-ouest, à l’instar de Gafsa ou de Kasserine, la modélisation analytique permet de diagnostiquer objectivement la rentabilité des chaînes de valeur locales, d’anticiper la maintenance des infrastructures d’extraction et de rationaliser l’allocation des fonds de développement régional. En confiant cette capacité d’analyse directement aux acteurs territoriaux, l’État transforme le dialogue régional en une dynamique de projets audités, mesurables et souverains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de dépasser la peur de l’obsolescence et le confort des gouvernances transitoires. L’avenir n’appartient pas aux administrations qui cherchent à freiner la transition par la bureaucratie, mais à celles qui embrassent la transparence des données, la rigueur de la preuve et l’exigence de l’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les gouvernances archaïques face à l’IA partagée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2026 07:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
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		<category><![CDATA[données]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance]]></category>
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		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rupture provoquée par l’intelligence artificielle (IA) n’est pas d’ordre technique, elle est éminemment politique et systémique. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le débat mondial sur le ralentissement de la course à l’intelligence artificielle (IA) est quasi systématiquement présenté sous l’angle des failles sécuritaires, de la cybersécurité ou des risques d’alignement. L’actualité récente — entre restrictions d’accès aux modèles de frontière, souveraineté sur les données et contrôles à l’exportation des briques algorithmiques — semble donner raison aux prudents. Pourtant, cette lecture purement technologique occulte l’essentiel : la rupture provoquée par l’IA n’est pas d’ordre technique, elle est éminemment politique et systémique.</em></strong> <em>(Illustration de l&rsquo;article gérée par IA).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19644421"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les structures d’autorité traditionnelles — qu’elles soient technocratiques, bureaucratiques ou patriarcales — ont historiquement fondé leur hégémonie sur trois piliers : la rétention d’information, le monopole de l’expertise et l’opacité des arbitrages. Dans ces systèmes verticaux, le statut social, le réseau de cooptation et le poids de la hiérarchie ont longtemps prévalu sur la rigueur de la preuve et l’efficacité opérationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement aux idées reçues, l’IA ne constitue ni une entité autonome étrangère à notre espèce, ni une boîte noire magique dispensée d’expertise humaine. Elle est le réceptacle et le condensateur de la mémoire, de la logique et de la connaissance accumulées par l’humanité depuis des siècles. Certes, l’outil nécessite un cadre d’ingénierie rigoureux pour éviter les biais et les hallucinations, mais en rendant ce patrimoine intellectuel collectif immédiatement accessible à tout individu, l’IA opère une redistribution radicale de la puissance cognitive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA vient désintégrer ce modèle de domination.</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors que la donnée devient vérifiable et le savoir partagé, l’asymétrie d’information s’effondre. Un citoyen, un cadre bancaire ou un chercheur armé d’une capacité d’analyse globale et impartiale peut instantanément challenger un dogme administratif, pointer l’incohérence d’un choix d’investissement ou exposer les failles d’une décision publique. L’argument d’autorité cède irréversiblement la place à l’exigence d’objectivité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable menace perçue par les gouvernances vieillissantes ne réside donc pas dans les risques de cybersécurité — que l’ingénierie sait parfaitement cloisonner par des architectures souveraines —, mais dans cette démocratisation sans précédent de la raison analytique. Une population disposant d’un accès direct à une intelligence partagée devient infiniment plus difficile à maintenir dans la dépendance, la bureaucratie ou la soumission statutaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas de prôner un utopisme technologique naïf ou de nier la nécessité d’un cadre réglementaire strict. Il s’agit de refuser que le prétexte sécuritaire serve de bouclier au statu quo. Plutôt que d’agiter le spectre de la menace technologique pour préserver des rentes de position dépassées, nos institutions doivent opérer leur propre mutation : passer d’une gouvernance fondée sur la rétention et le statut à une gouvernance fondée sur la transparence, la logique de la preuve et l’ingénierie d’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La traçabilité d’un flux financier ne vaut pas quitus juridique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/12/la-tracabilite-dun-flux-financier-ne-vaut-pas-quitus-juridique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 08:09:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[CTAF]]></category>
		<category><![CDATA[flux financier]]></category>
		<category><![CDATA[traçabilité financière]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il ne faut pas confondre l’exécution technique d’un flux financier et la qualification juridique de sa finalité, qui peut alimenter des suspicions.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/12/la-tracabilite-dun-flux-financier-ne-vaut-pas-quitus-juridique/">La traçabilité d’un flux financier ne vaut pas quitus juridique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que la question du financement étranger de certaines ONG se pose avec insistance dans le débat public en Tunisie, alimentant doutes,  suspicions et accusations tous azimuts, une certitude simpliste refait régulièrement surface : un flux financier ayant emprunté le circuit bancaire officiel, sous le regard du régulateur et la responsabilité des intermédiaires agréés, serait par nature affranchi de toute suspicion d’illégalité. Cette affirmation repose sur une confusion fondamentale entre l’exécution technique d’un virement et la qualification juridique de sa finalité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-19624570"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Certes, le dispositif prudentiel tunisien n’est pas passif. Les banques de la place et la Banque centrale de Tunisie (BCT) appliquent des filtres automatisés rigoureux : vérification des identités (KYC), croisement avec les listes de sanctions et contrôle de la régularité formelle des pièces justificatives. Les mécanismes de déclaration de soupçon (DOS) permettent d’ailleurs d’interrompre certaines opérations manifestement atypiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le filtre n’est pas un brevet d&rsquo;innocence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais franchir ces barrages initiaux ne constitue en aucun cas une attestation de légalité absolue. Une banque — et a fortiori l’autorité monétaire — n’est ni un juge d’instruction en temps réel, ni un auditeur d’intention. Le système bancaire garantit la traçabilité de l’acheminement ; il ne délivre aucun certificat d’exonération quant à l’usage réel des fonds, l’existence de conflits d’intérêts ou la qualification de délit financier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre que l’absence de blocage immédiat vaut quitus relève d’une méconnaissance du fonctionnement de la compliance moderne. L’investigation financière approfondie s’opère quasi-exclusivement a posteriori.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dossier d’ouverture de compte ou une convention d’assistance peut présenter toutes les apparences de la régularité documentaire à l’instant t sans que cela ne préjuge de la vérité économique sous-jacente. C’est uniquement par le recoupement d’informations, l’analyse comportementale des flux sur la durée et le travail d’enquête des cellules spécialisées (telle que la Commission tunisienne des analyses financières &#8211; &nbsp;CTAF) que le caractère illicite d’une opération est caractérisé. Un virement peut donc s’exécuter aujourd’hui en toute transparence formelle et faire l’objet demain d’une incrimination pénale si l’instruction révèle des motifs factices ou détournés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Protéger la crédibilité du régulateur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vouloir draper chaque transaction bancaire du voile d’infaillibilité de la BCT est une posture à double tranchant. En attribuant au régulateur un rôle de certificateur universel qu’aucune banque centrale au monde ne peut assumer, on fragilise l’institution elle-même en la rendant comptable de déviances qu’elle n’a pas vocation à détecter en amont.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Respecter les prérogatives du système bancaire exige de la lucidité : la traçabilité est un instrument d’investigation a posteriori, non une amnistie préalable. Il est temps que le débat public distingue la rigueur du tuyau technique de la vérité du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie-Europe &#124; Tension diplomatique et risque économique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/09/tunisie-europe-tension-diplomatique-et-risque-economique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 09:50:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[commerce extérieur]]></category>
		<category><![CDATA[Etat de droit]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'enjeu est d'éviter de transformer une tension politique entre la Tunisie et l'Union européenne en distorsions économiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/09/tunisie-europe-tension-diplomatique-et-risque-economique/">Tunisie-Europe | Tension diplomatique et risque économique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Banques, financement, technologie : pourquoi Tunis doit renforcer ses marges de manœuvre sans tourner le dos à l’Europe.</em></strong> <em><strong>Il faut prendre acte d’un changement de registre.</strong> <strong>Le 8 septembre 2026, à Genève, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Union européenne (UE) a exprimé publiquement ses inquiétudes concernant la situation politique et civique en Tunisie, évoquant notamment une «érosion de l’État de droit» et un «rétrécissement de l’espace civique», tout en appelant au «rétablissement de l’État de droit».</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19603053"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette déclaration intervient quelques jours après la confirmation, le 3 septembre, des condamnations dans l’affaire dite du <em>«complot»</em> et après une première réaction européenne portant notamment sur les garanties des procédures judiciaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bruxelles a par ailleurs annoncé son intention de porter ces questions devant le prochain Conseil d’association UE-Tunisie. Il serait toutefois réducteur de considérer cette séquence comme une simple controverse diplomatique. Le véritable enjeu est désormais de savoir comment une tension politique peut se transmettre — ou non — aux mécanismes économiques qui relient la Tunisie à son principal espace commercial, financier et technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le Mémorandum d’entente de juillet 2023, le partenariat UE-Tunisie s’est largement structuré autour d’intérêts communs : migration, sécurité, stabilité économique, énergie et coopération. La séquence actuelle introduit une dimension supplémentaire. L’UE réaffirme désormais publiquement que le partenariat comporte également une dimension normative. Cela ne signifie pas mécaniquement sanctions, rupture commerciale ou fermeture des financements. Mais cela peut modifier la perception du risque. Et dans une économie fortement interconnectée, la perception du risque peut elle-même produire des effets économiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les principaux canaux : la banque et la technologie </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque le plus crédible n’est pas nécessairement celui d’une rupture brutale. Il peut être beaucoup plus diffus : davantage de contrôles, des procédures plus longues, une vigilance accrue sur la gouvernance, les flux transfrontaliers et l’environnement institutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque l’incertitude augmente, les acteurs financiers ont naturellement tendance à renforcer leurs dispositifs de protection. Pour une économie comme la Tunisie, cette friction peut devenir coûteuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le financement du commerce extérieur, les garanties, les correspondances bancaires, les lignes de crédit, les investissements et les opérations en devises forment en effet une chaîne étroitement interdépendante. Quelques degrés supplémentaires de friction sur chacun de ces maillons peuvent finir par peser sur l’ensemble de l’économie. La question n’est donc pas seulement celle du volume des échanges avec l’Europe. Elle est aussi celle de l’infrastructure financière qui permet à ces échanges de fonctionner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le même raisonnement vaut pour l’écosystème numérique. La proximité avec l’Europe constitue l’un des principaux atouts de la Tunisie : ingénieurs, développeurs, centres de services, sous-traitance, nearshoring, co-développement et startups. Mais une proximité économique ne doit pas devenir une dépendance à faible valeur ajoutée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable risque n’est pas nécessairement celui d’un départ massif des entreprises européennes. Il est plus progressif : voir les activités à forte valeur ajoutée, les sièges sociaux, les financements et la propriété intellectuelle se localiser ailleurs, tandis que la Tunisie conserve principalement les fonctions d’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Produire de la technologie en Tunisie n’est pas encore la même chose que posséder la valeur créée par cette technologie. La question stratégique est donc celle de la propriété intellectuelle, des brevets, des données, des plateformes, des financements et de la capacité à faire émerger des entreprises tunisiennes capables de conserver une part significative de la valeur créée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eviter le piège du repli et construire des amortisseurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse ne peut être ni la rupture avec l’Europe ni le repli économique. La Tunisie a tout intérêt à maintenir et approfondir son partenariat européen. Mais elle a également intérêt à diversifier ses marchés, ses sources de financement, ses partenariats technologiques et ses débouchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté économique ne signifie pas ne dépendre de personne. Elle signifie disposer de suffisamment de marges de manœuvre pour pouvoir choisir ses dépendances. La diversification n’est donc pas un rejet de l’Europe. Elle est la condition d’un partenariat plus équilibré avec l’Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La séquence actuelle devrait surtout accélérer plusieurs chantiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; renforcer la résilience bancaire&nbsp;:</em> les banques tunisiennes doivent disposer de systèmes de conformité, de gouvernance, de gestion des risques et de traçabilité capables de répondre aux exigences internationales les plus élevées. L’objectif est de rendre le risque tunisien mesurable, documenté et maîtrisable, plutôt que de laisser les perceptions extérieures le définir seules&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; protéger davantage la valeur technologique créée en Tunisie&nbsp;</em>; former des ingénieurs pour répondre à la demande extérieure ne suffit plus. Il faut créer les conditions permettant à ces compétences de construire en Tunisie des entreprises, des produits, des brevets et des plateformes dont la valeur économique reste, pour une part significative, sur le territoire national&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; diversifier activement les partenariats&nbsp;:</em> Europe, Afrique, Royaume-Uni, Moyen-Orient et Asie ne doivent pas être considérés comme des alternatives exclusives, mais comme les composantes d’une stratégie de diversification. Un pays qui dispose de plusieurs débouchés négocie différemment d’un pays qui n’en possède qu’un&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; enfin, reconnecter souveraineté énergétique et souveraineté économique&nbsp;:</em> une Tunisie fortement dépendante de ses importations énergétiques reste exposée aux besoins de devises, aux financements extérieurs et aux chocs internationaux. Chaque progrès en matière d’efficacité énergétique, d’énergies renouvelables, de production nationale et de valorisation des ressources réduit donc une vulnérabilité extérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté énergétique n’est pas un slogan. Elle constitue une composante de la souveraineté financière, qui conditionne à son tour la marge de manœuvre stratégique du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas attendre que le risque devienne une facture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne peut pas contrôler le registre dans lequel ses partenaires européens choisissent désormais de s’exprimer. Elle peut en revanche contrôler son propre niveau de vulnérabilité, renforcer ses banques, sécuriser ses infrastructures numériques&nbsp;; retenir davantage de propriété intellectuelle&nbsp;; diversifier ses marchés&nbsp;; et réduire sa dépendance énergétique&nbsp;; et améliorer la qualité et la prévisibilité de son environnement économique et institutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, elle peut cesser de concevoir la souveraineté uniquement comme une posture défensive. La souveraineté moderne est une architecture d’exécution. Elle consiste à disposer de suffisamment de ressources, de compétences, de technologies, de financements et de partenaires pour que la pression extérieure — quelle qu’en soit l’origine — ne puisse pas se transformer facilement en vulnérabilité intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe a changé de registre. À la Tunisie de changer d’échelle. Non pas en rompant avec l’Europe, elle n’en ni l’intérêt ni les moyens, mais en faisant en sorte que le partenariat avec l’Europe soit un choix stratégique — et non une nécessité subie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique. &nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>IA &#124; Afrique et monde arabe face au défi de l’exécution</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/07/ia-afrique-et-monde-arabe-face-au-defi-de-lexecution/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 09:35:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[AI-Forward Summit 2026]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[monde arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Yasmin-Hammamet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En matière d'intelligence artificielle, l’Afrique et le monde arabe ne souffrent pas d’un déficit d’ambition, mais davantage d’un défaut d’exécution.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Yasmine Hammamet, du 7 au 10 septembre 2026, l’Afrique et le monde arabe se retrouvent autour du AI-Forward Summit 2026, organisé par l’Organisation arabe des technologies de l’information et de la communication (Aicto), sous l’égide de la Ligue des États arabes, en collaboration avec le ministère tunisien des Technologies de la Communication.</em></strong> <strong><em>Le thème retenu —&nbsp;«Façonner l’avenir de l’intelligence : de la vision à la valeur»&nbsp;— résume à lui seul le véritable enjeu de cette nouvelle étape de la révolution numérique. Car l’Afrique et le monde arabe ne souffrent pas d’un déficit d’ambition. Ils souffrent davantage d’une dette d’exécution.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-19590165"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La question n’est plus seulement de savoir s’il faut investir dans l’intelligence artificielle, développer les infrastructures numériques ou élaborer des stratégies nationales. La question décisive est désormais de savoir si ces ambitions peuvent être transformées en capacités opérationnelles, mesurables et souveraines. Autrement dit : comment passer de la vision à la valeur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cadre est déjà posé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Union africaine a franchi une étape importante avec l’adoption de sa stratégie continentale sur l’intelligence artificielle. De leur côté, les pays arabes multiplient les stratégies nationales, les investissements dans les infrastructures numériques, les initiatives de recherche et les programmes consacrés à l’intelligence artificielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cadre stratégique existe donc. Les priorités sont identifiées : développement des compétences, recherche et innovation, disponibilité des données, infrastructures numériques, gouvernance, coopération régionale et soutien à l’écosystème privé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une difficulté structurelle demeure. L’Afrique reste confrontée à un déficit considérable en matière de puissance de calcul, de données et de compétences spécialisées. Le monde arabe dispose, pour sa part, de capacités financières, énergétiques et infrastructurelles importantes, mais reste confronté à la nécessité de transformer ces moyens en capacités technologiques et industrielles durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément dans cette complémentarité que se trouve une opportunité stratégique. L’Afrique apporte ses talents, ses marchés, ses besoins et son potentiel de croissance. Le monde arabe dispose de capitaux, d’infrastructures, d’énergie et de capacités d’investissement. Entre les deux existe un espace de coopération encore largement sous-exploité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux pièges menacent aujourd’hui les stratégies africaines et arabes d’IA. Le premier est celui de la dépendance technologique. Adopter rapidement des solutions disponibles sur le marché peut permettre d’obtenir des résultats visibles à court terme. Mais une dépendance excessive aux infrastructures, aux modèles, aux plateformes et aux fournisseurs extérieurs peut progressivement réduire la capacité de décision stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second piège est plus subtil : l’illusion d’agilité. Multiplier les pilotes, les plateformes, les démonstrateurs et les projets expérimentaux peut donner l’impression d’une transformation rapide. Mais une succession de <em>«proof of concept»</em> ne constitue pas une transformation structurelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable indicateur n’est pas le nombre de projets IA lancés. C’est le nombre de processus effectivement transformés, de délais réellement réduits, de coûts maîtrisés, de décisions améliorées et de services rendus plus efficacement aux citoyens et aux entreprises.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie, point d’articulation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’arrive pas à cette échéance les mains vides. Elle dispose d’un capital scientifique et technique important, d’un écosystème entrepreneurial dynamique et d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle couvrant la période 2026-2030. Elle dispose également d’une expérience accumulée dans la transformation numérique de l’administration. Mais sa position géographique et son histoire lui confèrent surtout une capacité particulière : celle de faire dialoguer plusieurs espaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie est africaine, arabe et méditerranéenne. Et elle est également connectée à l’Europe. Cette position peut devenir un véritable avantage géoéconomique dans la construction des chaînes de valeur numériques et technologiques de demain. Mais cela suppose de dépasser la logique de simple interface.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit pouvoir devenir un nœud d’exécution, capable de connecter talents, recherche, entreprises, capitaux, marchés et infrastructures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement l’un des enseignements les plus importants de la période actuelle. Automatiser un mauvais processus ne le rend pas meilleur. Le numériser peut même parfois accélérer ses dysfonctionnements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d’introduire l’intelligence artificielle, il faut donc poser des questions beaucoup plus fondamentales : Pourquoi ce processus existe-t-il sous cette forme ? Quels sont ses points de blocage ? Quelles étapes peuvent être supprimées ? Quelles données sont réellement nécessaires ? Qui prend la décision ? Où se situent les doublons ? Quels contrôles sont utiles et lesquels ne produisent aucune valeur ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable révolution de l’IA ne commencera donc pas nécessairement par l’algorithme. Elle commencera souvent par la réingénierie organisationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prochain saut ne sera pas uniquement technologique. Il sera organisationnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La souveraineté commence par la donnée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’économie algorithmique, la donnée devient une infrastructure stratégique. Il ne suffit plus de disposer de grandes quantités de données. Il faut savoir les qualifier, les sécuriser, les classifier, les partager lorsque cela est pertinent et les protéger lorsqu’elles sont sensibles. Il faut également garantir leur traçabilité, leur qualité et leur interopérabilité. Cela suppose une véritable architecture de gouvernance de la donnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’échelle afro-arabe, cette question prend une dimension supplémentaire. Comment favoriser la coopération et les échanges de données sans compromettre la souveraineté des États ? Comment développer des standards compatibles ? Comment permettre la circulation de données nécessaires à la recherche et à l’innovation tout en protégeant les données sensibles ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse ne peut pas être uniquement nationale. Elle doit également être interopérable et coopérative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté des données devient ainsi le socle de la souveraineté algorithmique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique dispose de talents. Le monde arabe également. Mais former davantage d’ingénieurs, de <em>data scientists</em> ou de spécialistes de l’IA ne suffira pas. Le véritable enjeu consiste à transformer les compétences individuelles en capacités institutionnelles et industrielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un expert isolé ne constitue pas une capacité nationale. Une capacité apparaît lorsque l’expertise est intégrée dans des équipes, des processus, des infrastructures, des projets et des mécanismes de décision capables de produire durablement des résultats. Il faut donc passer d’une logique de formation à une logique de mobilisation du capital humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les administrations, les entreprises, les universités, les startups et les centres de recherche doivent pouvoir travailler ensemble autour de problèmes concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’échelle afro-arabe, cette approche ouvre un potentiel considérable : programmes de recherche communs, mobilité des talents, plateformes technologiques partagées, financement de startups et développement de solutions adaptées aux réalités régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif n’est pas seulement de produire des experts. Il est de construire des organisations capables de les retenir, de les faire coopérer et de transformer leur expertise en valeur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gouverner par les résultats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement ici que se jouera la différence entre une stratégie ambitieuse et une stratégie réellement transformatrice. Les indicateurs de demain ne devraient pas seulement mesurer le nombre de plateformes développées, de conventions signées ou de projets lancés. Ils devraient mesurer les délais administratifs effectivement réduits ; les coûts réellement économisés ; les processus réorganisés ; les services améliorés ; les données rendues interopérables ; les compétences effectivement mobilisées ; les entreprises et startups intégrées aux chaînes de valeur ; et les gains de productivité réalisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut donc plus compter les projets IA. Il faut compter les processus transformés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique suppose également une gouvernance capable d’identifier rapidement les projets en retard, de réallouer les ressources lorsque cela est nécessaire et d’arrêter ceux qui ne produisent pas les résultats attendus. L’exécution devient alors elle-même un objet de gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que le véritable potentiel stratégique apparaît. L’objectif ne devrait pas être simplement de créer un marché afro-arabe pour les technologies développées ailleurs. Il devrait être de construire progressivement une capacité de production technologique afro-arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela signifie investir ensemble dans les infrastructures de calcul&nbsp;; développer des capacités de recherche et de développement&nbsp;; créer des mécanismes de financement adaptés&nbsp;; développer des standards compatibles&nbsp;; favoriser la circulation des compétences&nbsp;; construire des solutions adaptées aux langues, aux administrations, aux économies et aux réalités sociales de la région&nbsp;; et surtout, connecter ces capacités à des marchés réels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La coopération ne doit donc plus seulement porter sur les déclarations, les conférences ou les accords institutionnels. Elle doit produire des systèmes opérationnels communs. C’est à cette condition que la coopération afro-arabe pourra devenir un véritable levier de puissance technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté numérique ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se construit par des infrastructures maîtrisées, des données gouvernées, des compétences mobilisées, des processus réinventés et des projets effectivement exécutés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi le débat sur l’intelligence artificielle doit désormais dépasser la fascination technologique. L’enjeu n’est pas simplement de savoir quels modèles seront les plus puissants. Il est de savoir quelles nations et quels écosystèmes seront capables de transformer ces technologies en capacités d’action&nbsp;; une administration qui traite plus rapidement les demandes&nbsp;; une entreprise qui améliore sa productivité&nbsp;; un système de santé qui exploite mieux ses données&nbsp;; une université qui transforme davantage sa recherche en innovation&nbsp;; une industrie qui intègre réellement l’IA dans ses chaînes de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à ce niveau que l’intelligence artificielle cesse d’être une promesse pour devenir une infrastructure de souveraineté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la vision à la valeur : le véritable test</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le AI-Forward Summit 2026 de Yasmine Hammamet constitue une nouvelle étape importante dans cette réflexion. Mais le véritable test commencera après les conférences. Il commencera lorsque les déclarations d’intention se transformeront en feuilles de route, les feuilles de route en projets, les projets en systèmes et les systèmes en résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu n’est donc pas seulement de multiplier les stratégies. Il est de construire une capacité d’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique ne manque ni de talents, ni d’idées, ni de marchés. Le monde arabe ne manque ni de capitaux, ni d’infrastructures, ni de capacités d’investissement. La question est désormais de savoir si ces atouts peuvent être transformés en une force technologique collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté IA ne sera peut-être pas celle d’un pays isolé. Elle pourra aussi être celle d’écosystèmes capables de maîtriser ensemble la donnée, le calcul, le talent et l’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De Yasmine Hammamet peut ainsi émerger une ambition qui dépasse le seul cadre d’un sommet : faire de l’espace afro-arabe non pas seulement un marché de consommation des technologies conçues ailleurs, mais un espace de&nbsp;production, de déploiement et de création de valeur technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nations et les régions ne seront pas seulement départagées par leurs modèles d’intelligence artificielle, leurs infrastructures de calcul ou leurs annonces. Elles le seront par leur capacité à transformer l’intelligence en puissance, et la puissance en résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément là que commence la véritable épreuve du feu de l’exécution IA.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/07/ia-afrique-et-monde-arabe-face-au-defi-de-lexecution/">IA | Afrique et monde arabe face au défi de l’exécution</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Ce que le choix énergétique allemand dit à la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/02/ce-que-le-choix-energetique-allemand-dit-a-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 08:53:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
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		<category><![CDATA[Johann Wadephul]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Algérie pourrait contribuer au remplissage des capacités allemandes de stockage de gaz, Mais que peut apporter la Tunisie à ce partenariat ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/02/ce-que-le-choix-energetique-allemand-dit-a-la-tunisie/">Ce que le choix énergétique allemand dit à la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Lors de la récente visite en Tunisie du ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephu, les échanges ont porté sur la coopération bilatérale, les investissements, la transition énergétique, le numérique, la formation et les relations entre la Tunisie et l’Europe.</em></strong> <strong><em>Mais un signal venu d’Alger au même moment mérite d’être décodé à Tunis.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19554890"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Johann Wadephul a déclaré que l’Algérie pourrait contribuer au remplissage des capacités allemandes de stockage de gaz, qualifiant Alger de <em>«partenaire fiable»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette déclaration concerne d’abord l’Allemagne et l’Algérie. Mais pour la Tunisie, elle constitue surtout un rappel : dans la nouvelle géoéconomie européenne, les pays qui disposent d’un actif stratégique ont aussi un levier de négociation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas de savoir pourquoi Berlin se tourne vers Alger. Elle est de savoir pourquoi Tunis ne transforme pas encore suffisamment ses propres atouts en actifs stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est-ce que la Tunisie peut offrir à une Europe qui cherche à réduire ses vulnérabilités et à diversifier ses interdépendances ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse ne se trouve probablement pas dans le gaz. Elle se trouve dans ce que la Tunisie possède déjà — sa proximité avec l’Europe, son potentiel renouvelable, sa position méditerranéenne, ses compétences, son industrie, ses infrastructures et son ouverture africaine — mais qu’elle doit encore transformer en capacités économiques durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat tunisien est trop souvent construit à partir de ce que demandent nos partenaires : coopération migratoire, sécurité, stabilité, énergie, investissements ou financement. Leurs projets, parfois clé en main, deviennent les nôtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche mérite d’être inversée. Avant de demander ce que l’Europe peut apporter à la Tunisie, il faut déterminer ce que la Tunisie veut devenir pour l’Europe. Cette question oblige à regarder nos vulnérabilités : déficit énergétique, besoin de devises, faiblesse de l’investissement productif, difficultés logistiques, dépendance technologique, perte de certaines compétences et accès encore insuffisant aux marchés africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais elle oblige également à regarder nos atouts : proximité du marché européen, position méditerranéenne, potentiel renouvelable, base industrielle déjà intégrée à plusieurs chaînes européennes, compétences techniques et numériques et proximité avec l’Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie consiste à transformer nos vulnérabilités en priorités et nos atouts en avantages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Europe comme accélérateur industriel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement le premier changement de raisonnement nécessaire. Avant de rêver d’exporter massivement de l’électricité vers l’Europe, la priorité devrait être de réduire durablement notre propre vulnérabilité énergétique, notre déficit en la matière dépassant désormais 60% au moment où le cours mondial de l’énergie flambe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque mégawatt renouvelable produit en Tunisie peut avoir plusieurs valeurs : réduire une importation, améliorer la balance commerciale, alimenter une activité industrielle, développer des compétences et, lorsque les conditions le permettent, être exporté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre des priorités compte. Une politique énergétique géoéconomique tunisienne devrait donc poursuivre simultanément trois objectifs : sécurité énergétique nationale, compétitivité industrielle et capacité d’interconnexion avec l’Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le raccordement électrique avec le Vieux Continent ne devrait pas être conçu comme une simple autoroute d’exportation. Il doit devenir une infrastructure permettant à la Tunisie d’augmenter sa valeur dans la chaîne énergétique. Cela implique d’attirer les investissements, mais aussi de développer progressivement la formation, la maintenance, l’ingénierie et les services locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable indicateur ne devrait donc pas être seulement le nombre de mégawatts installés. Il devrait être la valeur tunisienne créée par chaque unité d’énergie produite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La relation avec l’Europe ne doit pas être réduite à la question des financements. L’enjeu essentiel est aussi d’utiliser l’accès au marché européen pour augmenter la productivité et la capacité industrielle nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose d’une proximité exceptionnelle avec ce continent de 500 millions de consommateurs potentiels. Pourtant, cette proximité n’a pas encore produit toute la valeur qu’elle pourrait générer. L’intégration dans les chaînes européennes reste trop souvent concentrée sur des activités où la valeur ajoutée locale demeure limitée. La prochaine étape doit être celle de la montée en gamme : ingénierie, conception, logiciels industriels, électronique, composants, maintenance spécialisée, services numériques, santé et technologies énergétiques. L’objectif n’est pas seulement d’exporter davantage vers l’Europe. Il est d’exporter davantage de valeur. C’est également là que se joue la réciprocité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe apporte des marchés, des capitaux, des technologies et des savoir-faire. La Tunisie doit, en retour, offrir des conditions permettant aux entreprises européennes de produire, d’innover et de se projeter depuis notre territoire vers d’autres marchés.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19554941" style="width:800px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Johann-Wadephul-et-Abdelmadjid-Tebboune.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Johann Wadephul reçu par Abdelmadjid Tebboune : Alger, clou de la tournée maghrébine du responsable allemand. </em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Passer de la proximité à la projection et transformer la mobilité en réseau</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième opportunité insuffisamment exploitée est africaine. La Tunisie dispose d’une proximité géographique, culturelle et économique particulière avec l’Afrique subsaharienne. Mais une proximité ne constitue pas une stratégie. Pour transformer cette position en avantage, il faut des entreprises capables d’opérer durablement en Afrique, des mécanismes de financement adaptés, des assurances, des liaisons logistiques, des partenariats bancaires et des réseaux professionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu n’est pas de faire de la Tunisie une puissance africaine. Il est d’en faire une plateforme depuis laquelle des entreprises tunisiennes, européennes et africaines peuvent travailler ensemble. Cette fonction pourrait devenir particulièrement intéressante pour les entreprises européennes souhaitant diversifier leurs implantations et accéder davantage aux marchés africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie pourrait ainsi transformer sa position géographique en avantage économique : une interface entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question des compétences est indissociable de cette stratégie. La Tunisie forme des ingénieurs, médecins, techniciens, informaticiens et autres professionnels recherchés par les économies européennes. La mobilité de ces compétences est une réalité. La question n’est donc plus seulement de savoir comment freiner son exode, mais comment en augmenter la valeur pour l’économie tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela suppose des partenariats de formation, des certifications communes, des liens structurés entre entreprises et établissements tunisiens et européens et des réseaux permettant aux compétences installées à l’étranger de maintenir des liens économiques avec la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilité peut ainsi devenir un réseau économique plutôt qu’une simple perte de capital humain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cinq leviers pour changer le rapport de négociation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ports, réseaux électriques, télécommunications, câbles sous-marins, data centers, routes, rail et plateformes logistiques ne sont pas de simples équipements. Dans une économie mondiale confrontée aux ruptures de chaînes d’approvisionnement, ils deviennent des instruments de résilience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit donc se poser une question simple : ses infrastructures sont-elles suffisamment fiables, rapides et compétitives pour que des entreprises organisent durablement leurs chaînes de valeur autour d’elles ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la réponse est insuffisante, la géographie ne suffit pas. Il faut investir dans les infrastructures, mais aussi dans leur maintenance, leur redondance, leur sécurité et leur performance. La fiabilité doit devenir elle-même un avantage compétitif tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie tunisienne peut ainsi être concentrée sur cinq leviers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier, c’est l’énergie. Il s’agit de réduire la vulnérabilité énergétique nationale, développer les renouvelables et utiliser les interconnexions pour créer une base industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième, c’est l’industrie. Il s’agit de passer progressivement de l’assemblage à davantage d’ingénierie, de conception et de services à forte valeur ajoutée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième, c’est l’Afrique. Il s’agit de construire une plateforme commerciale, financière et logistique permettant aux entreprises tunisiennes et européennes d’accéder aux marchés africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième, ce sont les compétences. Il s’agit de transformer la mobilité professionnelle en réseaux de formation, d’innovation et de création de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinquième, ce sont les infrastructures. Il s’agit de faire de la fiabilité énergétique, numérique et logistique un avantage concurrentiel régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces cinq leviers ont une logique commune : créer en Tunisie des capacités dont nos partenaires ont intérêt à disposer. C’est ainsi que l’on passe de la dépendance à l’interdépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche doit également changer notre manière d’évaluer les partenariats.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le véritable test : ce qui reste en Tunisie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un projet ne devrait plus être jugé uniquement sur le montant de l’investissement promis. Il faudrait systématiquement demander : Quelle valeur reste en Tunisie ? Quelles compétences sont transférées ? Combien d’entreprises tunisiennes entrent dans la chaîne de valeur ? Quel accès aux marchés est créé ? Quelle capacité nouvelle demeure si le partenaire se retire ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les véritables critères de la réciprocité. Un investissement important peut être économiquement utile sans être stratégiquement transformateur. À l’inverse, un projet plus modeste peut renforcer durablement la position tunisienne s’il crée une capacité industrielle, ouvre un marché et augmente notre pouvoir de négociation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bon partenariat n’est donc pas nécessairement celui qui apporte le plus de capitaux. C’est celui qui augmente le plus notre capacité future à négocier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La visite du ministre allemand est terminée. L’Allemagne continuera à diversifier ses fournisseurs énergétiques. L’Algérie continuera à valoriser son avantage gazier. La Norvège restera un acteur énergétique majeur. D’autres pays chercheront à prendre leur place dans la nouvelle géographie énergétique et industrielle européenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne gagnera rien à envier les ressources des autres. Elle doit valoriser les siennes. Notre avantage ne sera probablement pas une matière première. Il peut être une combinaison : proximité européenne, énergie renouvelable, industrie, compétences, infrastructures et accès à l’Afrique. Mais cette combinaison ne deviendra un avantage géoéconomique que si nous la transformons en projets, en entreprises, en infrastructures et en chaînes de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le signal envoyé par Berlin à Alger doit donc être lu non comme une occasion manquée, mais comme un rappel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la nouvelle économie de la puissance, les partenaires qui comptent sont ceux qui apportent quelque chose que les autres ont intérêt à sécuriser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’a pas besoin de devenir indispensable à l’Europe. Elle doit devenir suffisamment utile dans plusieurs domaines pour que sa réussite devienne également un intérêt pour ses partenaires. C’est cela, au fond, la véritable réciprocité. Et c’est peut-être la meilleure manière de transformer notre géographie en puissance : ne plus seulement être le pays situé entre l’Europe et l’Afrique, mais devenir le pays dont certaines connexions entre l’Europe et l’Afrique ont besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2wO9psuNHp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/ce-que-leurope-craint-dun-effondrement-tunisien/">Ce que l’Europe craint d’un effondrement tunisien</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce que l’Europe craint d’un effondrement tunisien » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/ce-que-leurope-craint-dun-effondrement-tunisien/embed/#?secret=lwXvBEUcFa#?secret=2wO9psuNHp" data-secret="2wO9psuNHp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/02/ce-que-le-choix-energetique-allemand-dit-a-la-tunisie/">Ce que le choix énergétique allemand dit à la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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