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	<title>Archives des Abdelwaheb Ben Moussa - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Abdelwaheb Ben Moussa - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Le silence du président, un instrument politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 07:04:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La réapparition du Kaïs Saïed ne clôt pas la question qu’elle a soulevée : l'absence présidentielle était-elle subie ou instrumentalisée ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/20/tunisie-le-silence-du-president-un-instrument-politique/">Tunisie | Le silence du président, un instrument politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En politique, l’absence n’est jamais neutre. Mais la réapparition ne l’est pas davantage. Lorsque le président de la république choisit de mettre fin à plusieurs jours d’absence médiatique en visitant personnellement la station de pompage de Ghedir El Golla, rattachée à la Sonede, aux environs de Tunisie, il envoie un message aussi calculé que l’avait été son silence.</em></strong> <strong><em>La séquence mérite d’être lue dans son intégralité — pas seulement dans sa conclusion.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-19277365"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques jours, trois phénomènes se télescopaient dans l’espace public tunisien : des interrogations persistantes&nbsp;sur l’absence médiatique du chef de l’État&nbsp;; une aggravation des dysfonctionnements&nbsp;des services publics essentiels — notamment l’eau et l’électricité&nbsp;; et une multiplication des mises en garde&nbsp;officielles contre les <em>«rumeurs»</em>, les <em>«fausses informations»</em> et les <em>«tentatives de déstabilisation»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pris isolément, chacun de ces événements possédait sa propre logique. Mis bout à bout, ils dessinaient une séquence politique qui appelait à être interrogée. La réapparition présidentielle en constitue le quatrième acte — et sans doute le plus instructif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus le silence officiel s’installait, plus les réseaux sociaux se mettaient à parler. Et plus les réseaux sociaux parlaient, plus la réponse sécuritaire semblait prendre le dessus sur la réponse politique et communicationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le vide informationnel ne reste jamais vide bien longtemps. Il est systématiquement occupé par les interprétations, les spéculations et les rumeurs. C’est une constante des systèmes politiques, quels qu’ils soient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s’est passé en Tunisie ces derniers jours en est une illustration parfaite — et la réapparition présidentielle n’efface pas rétrospectivement les questions que cette séquence a posées. Elle les complète.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TN0lqlUSFF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/18/tunisie-va-t-on-enfin-nous-informer-sur-la-sante-de-kais-saied/">Tunisie | Va-t-on enfin nous informer sur la santé de Kaïs Saïed ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Va-t-on enfin nous informer sur la santé de Kaïs Saïed ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/18/tunisie-va-t-on-enfin-nous-informer-sur-la-sante-de-kais-saied/embed/#?secret=kasXyKgLU0#?secret=TN0lqlUSFF" data-secret="TN0lqlUSFF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Trois hypothèses, désormais une lecture possible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant le silence, plusieurs lectures étaient envisageables : un simple concours de circonstances&nbsp;; une communication minimale choisie dans une période sensible&nbsp;; une stratégie délibérée consistant à laisser monter l’attente avant une reprise en main du récit public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La visite de la station de Ghedir El Golla (Sonede) fait pencher la balance vers la troisième hypothèse. Le président ne réapparaît pas dans un cadre protocolaire ordinaire : il réapparaît là où la colère sociale était la plus vive, là où les attentes citoyennes étaient les plus immédiates. C’est une réapparition de terrain, une réapparition de proximité, une réapparition qui dit :&nbsp;<em>«Je suis là où le problème est.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce choix soit délibéré ou circonstanciel, il produit objectivement les effets d’une stratégie de communication — celle du retour visible sur un sujet concret, après un silence qui avait laissé le champ libre aux spéculations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant l’absence présidentielle, le débat public s’était progressivement déplacé : de la question des services publics vers celle de la déstabilisation du pays ; de la colère sociale vers la lutte contre les fausses nouvelles. Ce déplacement n’était pas nécessairement délibéré — mais il produisait objectivement les effets d’une recomposition de l’agenda politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réapparition présidentielle opère un nouveau déplacement : elle recentre l’attention sur l’eau, sur la Sonede, sur l’infrastructure — et replace le président dans le rôle de l’homme qui agit, qui inspecte, qui interpelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est habile. Mais une démocratie mature ne devrait pas avoir besoin de cette chorégraphie. Elle devrait disposer de mécanismes de communication institutionnelle suffisamment solides pour que l’absence d’un chef d’État pendant quelques jours ne génère pas une crise informationnelle de cette ampleur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La vraie leçon de cette séquence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cette semaine a révélé n’est pas tant l’état de santé du président que&nbsp;l’état de santé de la communication publique tunisienne. Une communication institutionnelle robuste aurait permis d’informer les citoyens sans alimenter les spéculations. Une transparence ordinaire sur l’agenda présidentiel aurait rendu les rumeurs inopérantes. Celles-ci prospèrent rarement sur l’excès d’information — elles prospèrent presque toujours sur son absence. Et elles s’arrêtent non pas quand le président réapparaît – puisque même après sa réapparition, certains ont continué à douter de l’authenticité de la séquence –, mais quand les institutions fonctionnent de façon suffisamment transparente pour rendre la réapparition banale plutôt que spectaculaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est donc pas tant ce que disaient les réseaux sociaux que ce qu’ils sont venus remplacer : la parole publique régulière et prévisible de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réapparition du président clôt momentanément la séquence médiatique. Elle ne clôt pas la question analytique qu’elle a soulevée : le silence présidentiel était-il subi ou instrumentalisé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse importe moins, finalement, que la leçon à en tirer. En démocratie, la communication du pouvoir ne consiste pas uniquement à parler ou à se taire. Elle consiste à rendre prévisible et transparent l’exercice de l’autorité — pour que ni le silence ni la réapparition ne deviennent des événements en eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président est réapparu là où la colère était la plus forte. C’est une bonne décision de terrain. Mais la vraie question reste entière : comment éviter que la prochaine absence — quelle qu’en soit la raison — ne reproduise la même séquence ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse n’est pas dans la communication de crise. Elle est dans les institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informaticien, cadre de banque.  </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="POAIq6vYSc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/19/kais-saied-a-ghdir-el-golla-la-fin-des-supputations/">Kaïs Saïed à Ghdir El-Golla | La fin des supputations ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed à Ghdir El-Golla | La fin des supputations ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/19/kais-saied-a-ghdir-el-golla-la-fin-des-supputations/embed/#?secret=8UPVp5ltDT#?secret=POAIq6vYSc" data-secret="POAIq6vYSc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Plan 26-30 &#124; Plus que le financement, le défi est l’exécution ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:01:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie a-t-elle un appareil administratif capable de transformer les ambitions de ses plans de développement  en réalités livrées ? </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quelque 21 100 projets pour un montant global de 102 milliards de dinars. Pas moins ? Une cheffe de gouvernement qui appelle à la mobilisation générale pour accélérer la réalisation. Le Parlement qui délibère sur les hypothèses macroéconomiques. Et pendant ce temps, la vraie question reste posée sans réponse : la Tunisie a-t-elle l’appareil administratif capable de transformer cette ambition en réalités livrées ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19217048"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Autres questions légitimes : Combien d’autres ambitions proclamées haut et fort à l’occasion de précédents plans de développement n’ont-elles pu être réalisées&nbsp;? A-t-on cherché à comprendre les raisons des échecs accumulés au fil des ans (et des plans) et des obstacles rencontrés, ainsi que des moyens à mettre en œuvre pour les surmonter&nbsp;? Economiquement, cela s’appelle évaluation et politiquement, reddition des comptes. Et cela ne fait malheureusement pas partie de nos mœurs politiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat public évoque régulièrement la souveraineté énergétique, numérique, alimentaire. Une autre forme de souveraineté reste absente : la souveraineté d&rsquo;exécution — la capacité d&rsquo;un État à transformer une décision politique en réalisations concrètes, dans les délais prévus, au coût maîtrisé, avec l&rsquo;impact attendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État peut disposer d&rsquo;une vision pertinente, de financements importants et d&rsquo;une volonté politique affirmée. Si son appareil administratif ne parvient pas à concrétiser cette ambition, la souveraineté reste inachevée. C&rsquo;est précisément la situation que la Tunisie a vécue dans ses plans précédents — et que le Plan 2026-2030 risque de reproduire si la question de la capacité d&rsquo;exécution n&rsquo;est pas traitée avec la même rigueur que celle des enveloppes budgétaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans des tribunes précédentes, j&rsquo;avais nommé ce risque « dette d&rsquo;exécution » — cette accumulation silencieuse de projets annoncés mais non livrés, qui érode la confiance des investisseurs, des partenaires internationaux et des citoyens. La dette d&rsquo;exécution ne figure dans aucun bilan. Elle n&rsquo;a pas de ligne comptable. Mais son coût politique et économique, sur dix ans, dépasse souvent celui de la dette financière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vrai goulot d&rsquo;étranglement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des décennies, la Tunisie produit des stratégies et des plans souvent bien conçus. Le problème n&rsquo;a jamais été l&rsquo;absence d&rsquo;idées. Il réside dans la difficulté structurelle à conduire simultanément des milliers de projets complexes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les causes sont connues : procédures administratives longues, fragmentation des responsabilités, insuffisance des compétences en gestion de projets, rotation excessive des cadres, faiblesse des dispositifs de pilotage, complexité des marchés publics, blocages fonciers récurrents. Pris séparément, chacun semble gérable. Réunis sur un portefeuille de 21 100 projets, ils deviennent un risque systémique d&rsquo;une ampleur inédite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;appel de la cheffe du gouvernement à accélérer les réalisations traduit implicitement cette réalité. La difficulté n&rsquo;est plus d&rsquo;annoncer les projets. Elle consiste à les livrer. Et dans l&rsquo;histoire des plans tunisiens, les taux d&rsquo;exécution effectifs ont systématiquement décroché des taux programmés — non par manque de financements, mais par manque de capacité d&rsquo;exécution.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iHNojF0H8u"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/embed/#?secret=Uj5wZCBesp#?secret=iHNojF0H8u" data-secret="iHNojF0H8u" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir de l&rsquo;État procédurier </h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;administration tunisienne demeure largement organisée autour du respect des procédures. C&rsquo;est une culture héritée — elle a ses mérites en matière de traçabilité. Mais elle produit un biais systématique : on mesure les moyens engagés plutôt que les résultats obtenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les théoriciens de l&rsquo;État développeur — de Chalmers Johnson à Mariana Mazzucato — ont en commun une conviction : un État n&rsquo;est pas développeur parce qu&rsquo;il investit massivement. Il est développeur parce qu&rsquo;il exécute efficacement, apprend de ses erreurs et rend compte des résultats. Le véritable indicateur de performance n&rsquo;est plus le nombre de marchés lancés — ce sont les routes livrées, les hôpitaux opérationnels, les plateformes numériques effectivement utilisées par les citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette transformation culturelle doit être engagée maintenant — pendant que le Plan est encore en débat parlementaire, pas après que les premiers retards soient devenus visibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;IA accélère mais ne remplace pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;intelligence artificielle ouvre des perspectives réelles : détecter les retards en amont, anticiper les dérives budgétaires, automatiser le reporting, signaler les goulots d&rsquo;étranglement avant qu&rsquo;ils ne deviennent des blocages. Mais elle ne remplacera jamais une gouvernance efficace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un système de pilotage numérique sophistiqué branché sur une administration dont les processus sont fragmentés produira des tableaux de bord précis sur des retards que personne n&rsquo;aura le mandat de corriger. C&rsquo;est le risque du vernis numérique — que j&rsquo;ai déjà nommé dans ces colonnes : la digitalisation de la façade sans réingénierie de la profondeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie révolution est organisationnelle : professionnaliser la gestion de projet dans l&rsquo;administration, créer des PMO ministériels dotés d&rsquo;une autorité réelle, simplifier les marchés publics pour les projets structurants, mettre fin à la rotation excessive qui prive les projets de leur mémoire institutionnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question que le Parlement devrait poser avant de voter</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des milliards annoncés et des taux de croissance projetés, une question mérite d&rsquo;être posée avant que le vote final n&rsquo;intervienne : sommes-nous en train de construire un État capable d&rsquo;exécuter les ambitions qu&rsquo;il se fixe ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les commissions parlementaires ont la légitimité de conditionner leur approbation à des engagements mesurables : création de PMO ministériels avec mandats et échéances, indicateurs de taux d&rsquo;exécution trimestriels rendus publics, mécanismes de redevabilité nominale sur les projets structurants. Non pas des promesses générales de réforme administrative — des engagements précis, datés et vérifiables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pays ne se transforme pas grâce à ses plans. Il se transforme grâce à sa capacité à les réaliser. La véritable souveraineté ne consiste pas seulement à décider librement. Elle consiste à pouvoir exécuter efficacement ce que l&rsquo;on décide. Et c&rsquo;est cette souveraineté d&rsquo;exécution — absente de tous les débats — qui conditionnera la réussite ou l&rsquo;échec de tout le reste.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="L7DiP4nSa1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/">Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/embed/#?secret=PtZpTHlmLi#?secret=L7DiP4nSa1" data-secret="L7DiP4nSa1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/">Tunisie &#8211; Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sommet africain IA et cybersécurité à Hammamet &#124; Au-delà des déclarations d&#8217;intention</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/sommet-africain-ia-et-cybersecurite-a-hammamet-au-dela-des-declarations-dintention/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 09:25:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hammamet accueille le Sommet africain de l’IA et de la cybersécurité: au-delà des déclarations, le continent attend des décisions. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/sommet-africain-ia-et-cybersecurite-a-hammamet-au-dela-des-declarations-dintention/">Sommet africain IA et cybersécurité à Hammamet | Au-delà des déclarations d&rsquo;intention</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Du 13 au 15 juillet 2026, Hammamet accueille le Sommet africain de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, sous le thème «Vers une gouvernance numérique intelligente et sécurisée pour la transformation digitale dans les gouvernements africains».&nbsp;Le thème est ambitieux. Les livrables doivent l’être autant — sinon le thème devient lui-même un problème, celui d’une promesse non tenue.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19178590"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Choisir Hammamet pour accueillir le premier sommet africain consacré à l’IA et à la cybersécurité est un acte de positionnement stratégique que la Tunisie doit assumer pleinement. Mais les sommets africains sur le numérique ont une histoire chargée de déclarations bien formulées et de suivis insuffisants. Le risque n’est pas l’échec de l’événement — c’est son succès de façade. Trois jours d’échanges brillants, un communiqué final ambitieux, et dans six mois, les mêmes questions sans réponse. Cette tribune pose une question simple : qu’est-ce que Hammamet 2026 doit produire concrètement pour ne pas rejoindre cette liste ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque mot du thème retenu est un engagement implicite que les participants ne peuvent pas ignorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gouvernance</strong>&nbsp;— pas seulement des outils déployés, mais des structures de décision qui encadrent leur usage, leur évolution et leur responsabilité. La gouvernance numérique africaine ne peut pas rester un chantier de chaque pays isolément. Elle exige des architectures communes, des standards partagés, des mécanismes d’arbitrage entre souverainetés nationales et interopérabilité continentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Intelligente</strong>&nbsp;— pas seulement de l’automatisation de processus existants, mais de la valeur ajoutée mesurable pour les citoyens africains. Une IA intelligente dans l’administration publique africaine, c’est une IA qui comprend les langues locales, qui s’adapte aux réalités infrastructurelles du continent, qui produit des réponses utiles dans des contextes de connectivité intermittente. Ce n’est pas ChatGPT avec un logo africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sécurisée</strong>&nbsp;— pas seulement des déclarations sur l’importance de la cybersécurité, mais des architectures réelles de protection des données souveraines, des protocoles opérationnels de réponse aux incidents, et une doctrine commune face aux menaces qui ne respectent aucune frontière nationale. La cybersécurité africaine ne peut pas continuer à se construire pays par pays, chacun découvrant seul ce que les autres ont déjà subi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les jalons que Hammamet doit poser</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois livrables concrets doivent être produits par Hammamet 2026&nbsp;:le premier, indispensable, est un cadre africain commun de gouvernance des données publiques. Les administrations africaines produisent des volumes de données considérables — données sanitaires, foncières, fiscales, démographiques — dont l’exploitation pour des fins d’IA souveraine se heurte partout aux mêmes obstacles : formats hétérogènes, qualité insuffisante, absence de standards d’interopérabilité, vide juridique sur la propriété et l’usage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cadre commun — pas un traité de plus, mais un référentiel technique et juridique opérationnel — permettrait à chaque pays de capitaliser sur les avancées des autres plutôt que de réinventer individuellement des solutions que le continent a collectivement les moyens de produire une seule fois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième livrable est un mécanisme opérationnel de partage d’expériences en cybersécurité entre gouvernements africains. Pas un comité consultatif — un protocole de réponse aux incidents qui transcende les frontières. Les attaques cyber les plus dévastatrices des dernières années en Afrique ont ciblé des infrastructures critiques — systèmes bancaires, réseaux énergétiques, plateformes de services publics. Elles ont été traitées dans l’isolement national alors qu’elles présentaient des signatures communes et auraient pu être anticipées par un partage précoce d&rsquo;informations. Un Cert africain opérationnel — Centre d’alerte et de réponse aux incidents — est la réponse structurelle à ce déficit. Hammamet doit en poser les jalons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième livrable est une feuille de route de coopération Sud-Sud en IA souveraine qui identifie les complémentarités entre écosystèmes africains et organise la mutualisation des ressources rares. Les data scientists spécialisés dans les langues africaines, les annotateurs de données, les experts en fine-tuning de modèles sur des corpus non occidentaux — ces profils sont rares et dispersés sur le continent. Une feuille de route de coopération Sud-Sud permettrait de les mobiliser collectivement, d’éviter que chaque pays les forme pour les voir partir, et de construire la masse critique nécessaire à une IA africaine qui ne soit pas une simple adaptation d’outils conçus ailleurs pour d’autres réalités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la Tunisie doit en retirer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Accueillir n’est pas une position stratégique. C’est une opportunité — qui se transforme en position seulement si elle est saisie avec lucidité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit sortir de Hammamet avec trois engagements propres, distincts des conclusions collectives du sommet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est d’inscrire ce sommet comme point de départ officiel d’un hub tunisien de certification et de gouvernance numérique africaine. La doctrine développée dans ces colonnes au fil des mois — la Tunisie comme couche intelligente entre l’Afrique et l’Europe, tiers de confiance numérique, architecte de la conformité des flux — trouve dans ce sommet sa première occasion de se traduire en mandat institutionnel concret. L’hôte du sommet africain de l’IA a une légitimité naturelle pour proposer d’en devenir le centre de gravité permanent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième engagement est de capitaliser sur la dynamique du sommet pour accélérer l’adoption de la stratégie IA souveraine nationale — dont le Plan 2026-2030, actuellement en cours d’examen parlementaire, doit sortir avec des engagements de transformation opérationnelle mesurables, pas seulement des objectifs de déploiement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Hammamet produit en termes de standards et de bonnes pratiques doit alimenter directement les délibérations parlementaires en cours — pas atterrir dans un rapport de conférence qui dormira dans une bibliothèque ministérielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième engagement est de transformer la position d’hôte en position d’architecte — en proposant que Tunis devienne le siège permanent du secrétariat de coopération africaine en IA et cybersécurité. Ce n’est pas une revendication de prestige. C’est une décision stratégique qui ancre durablement la Tunisie dans l’écosystème continental du numérique, génère un flux permanent d’expertise et de relations, et donne à la doctrine du hub Afrique-Europe une incarnation institutionnelle réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l’histoire des sommets africains enseigne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les sommets africains sur le numérique ont rarement manqué d’ambition dans leurs thèmes ni de qualité dans leurs débats. Ce qui leur a manqué, systématiquement, c’est le mécanisme de suivi qui transforme les conclusions en décisions et les décisions en réalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence entre un sommet qui change quelque chose et un sommet qui documente l’état du problème tient à une seule variable : l’existence ou l’absence d’un organe de suivi doté d’un mandat clair, d’une échéance ferme et d’une responsabilité nominale. Sans cela, les meilleures résolutions restent des intentions — et les participants se retrouvent au prochain sommet à constater que les mêmes obstacles sont toujours là, formulés avec un vocabulaire légèrement différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hammamet 2026 doit donc produire, avant de se clôturer, non seulement un communiqué final mais un mécanisme de redevabilité — qui désigne des responsables, fixe des échéances et prévoit une évaluation publique des engagements pris dans douze mois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hammamet peut être un tournant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte est favorable comme il l’a rarement été. Le Plan de développement 2026-2030 est en cours d’examen parlementaire et inscrit l’IA parmi ses axes stratégiques. Le momentum africain sur le numérique n’a jamais été aussi fort. La position géographique tunisienne entre l’Afrique et l’Europe n’a jamais été aussi pertinente. Et la qualité de l’écosystème d’ingénierie tunisien — mathématiciens, data scientists, experts en cybersécurité — n’a jamais été aussi reconnue au niveau continental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fenêtre est ouverte. Ce que les participants en feront dans les 72 heures déterminera si Hammamet est un tournant ou un communiqué de plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un sommet ne vaut que par ce qu’il engage. Et ce qu’il engage ne vaut que par ce qui est fait le lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique et cadre bancaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/sommet-africain-ia-et-cybersecurite-a-hammamet-au-dela-des-declarations-dintention/">Sommet africain IA et cybersécurité à Hammamet | Au-delà des déclarations d&rsquo;intention</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Grève bancaire et inaction de la tutelle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/04/tunisie-greve-bancaire-et-inaction-de-la-tutelle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 09:45:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Menace d'une nouvelle grève générale des banques et établissements financiers trois semaines après celles  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/04/tunisie-greve-bancaire-et-inaction-de-la-tutelle/">Tunisie | Grève bancaire et inaction de la tutelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Trois semaines après l’arrêt de travail des 23, 24 et 25 juin 2026, la Fédération générale des banques et établissements financiers brandit la menace d&rsquo;une grève générale et met en cause directement la sélection de surveillance. Ce n’est plus un conflit social ordinaire. C’est un aveu d’échec institutionnel — et la tutelle en est désormais partie prenante, qu’elle le veuille ou non.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-19132109"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ce développement était prévisible et avait été prévu. Le scénario annoncé se confirme point par point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tribune publiée sur Kapitalis</a> le 23 juin, nous avions identifié le mécanisme de reproduction de ce conflit : Conseil bancaire et financier (CBF) et Union générale tunisienne du travail (UGTT) tirent chacun une partie de leur légitimité institutionnelle du conflit lui-même, ce qui leur confère un intérêt objectif — même inconscient — à différer sa résolution durable. Nous avions conclu que le scénario écrit d’avance allait se rejouer — et que les retraités attendraient leur virement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois semaines plus tard, le scénario se réalise point par point. Aucun accord n’a été conclu. Aucune médiation n’a abouti. Le CBF maintient sa position. L’UGTT monte d’un cran. Et la menace d’une grève générale sectorielle entre dans le débat public comme si c’était une surprise — alors que c’était la suite logique d’une impasse que personne n’a voulu résoudre en juin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est nouveau, en revanche, c’est la cible de l’interpellation syndicale. L’UGTT ne vise plus seulement le CBF. Elle met en cause directement la sélection de surveillance. Et ce glissement change tout.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La tutelle mise en cause : un conflit qui change de natu<strong>re</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que le conflit opposait patronat et syndicat, la tutelle pouvait se permettre une neutralité de façade — celle de l’arbitre qui attend que les parties s’épuisent avant d’intervenir. Ce modèle de gestion par l’inertie a une certaine logique dans des conflits sectoriels limités. Il n’a aucune logique dans le secteur bancaire tunisien de 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un secteur bancaire en conflit social chronique, dont les banques publiques sont censées constituer le bras financier du Plan de développement national 2026-2030 actuellement examiné au Parlement, n’est pas un sujet de droit social sectoriel. C’est un sujet de politique économique nationale. Et à ce titre, la neutralité de la tutelle n’est plus une position — c’est une décision par défaut dont elle assume désormais la responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">BCT, ministère des Finances, Présidence du gouvernement : trois niveaux d’autorité, aucune intervention publique documentée depuis le 25 juin. Ce silence a un coût. Il s’accumule. Et il est en train d’atteindre un niveau où le taire devient intenable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la tutelle choisit de ne pas faire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Désamorcer cette crise n’est pas hors de portée des autorités de tutelle. Les leviers existent, ils sont documentés et ils sont légaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT dispose d’une autorité de surveillance sur les établissements bancaires qui inclut explicitement la capacité à formuler des recommandations sur leur gouvernance sociale et leurs conditions d’exercice. Le ministère des Finances, en sa qualité d’actionnaire de référence des banques publiques, dispose d’une capacité d’orientation directe sur leur politique sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Présidence du gouvernement peut convoquer une médiation de haut niveau qui sortirait le dossier de la logique patronale-syndicale pour le replacer dans son contexte national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun de ces leviers n’a été activé. Or chaque semaine sans accord est une semaine où la crédibilité du secteur bancaire tunisien se dégrade — auprès des investisseurs étrangers qui lisent les signaux sociaux avant de lire les projections de croissance, auprès des bailleurs internationaux qui conditionnent leur soutien à la stabilité des institutions, auprès des citoyens qui paient le prix de chaque arrêt de service.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tutelle a le pouvoir de désamorcer. Elle a le pouvoir d’assainir le climat social. L’exercer n’est pas une ingérence — c’est une responsabilité constitutive de sa fonction. Ne pas l’exercer est un choix. Et ce choix a des conséquences que la neutralité ne peut pas effacer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La crise sociale devient un instrument de résistance passive</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que l’analyse doit aller là où le confort institutionnel préférerait ne pas aller.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan de développement 2026-2030 exige des banques publiques tunisiennes des réformes profondes : transformation digitale accélérée, refonte des processus opérationnels, intégration de l’intelligence artificielle, modernisation de la gouvernance RH, réduction des délais décisionnels. Des réformes qui bousculent des équilibres internes établis, des habitudes de gestion ancrées, des zones de confort institutionnel que trois décennies d’immobilisme ont solidifiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or un secteur bancaire en conflit social chronique est, structurellement, un secteur difficile à réformer. Les directions générales peuvent invoquer la nécessité de préserver la paix sociale pour différer les restructurations. Les conseils d’administration peuvent reporter les décisions de transformation au nom de la stabilité du personnel. Les autorités de tutelle peuvent justifier leur attentisme par la priorité donnée à la résolution du conflit social avant tout autre agenda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce schéma, la crise sociale devient un alibi commode — pas nécessairement conscient, pas nécessairement coordonné, mais fonctionnellement efficace — pour une résistance passive aux réformes que le Plan impose. Un sabotage qui ne dit pas son nom. Une inertie qui se drape dans le vocabulaire de la prudence sociale pour éviter de nommer ce qu’elle est : un obstacle à l’exécution nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lecture n’est pas une accusation de mauvaise foi généralisée. C’est une observation structurelle sur la façon dont les crises institutionnelles peuvent être instrumentalisées — consciemment ou non — par tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tutelle doit en avoir conscience. Et agir en conséquence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la crise bancaire compromet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan de développement national 2026-2030, désormais en cours d’examen parlementaire, assigne au secteur bancaire public un rôle de premier plan dans le financement de la transformation économique du pays. Ce rôle suppose un secteur bancaire performant, stable, réformé et crédible. Un secteur bancaire en grève chronique est l’antithèse exacte de ces quatre qualificatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jour de conflit non résolu est un jour où les banques publiques consacrent leur énergie managériale à la gestion de crise sociale plutôt qu’à l’exécution des réformes. Chaque arrêt de travail est un signal négatif envoyé aux partenaires économiques que la Tunisie cherche à convaincre. Chaque semaine d’immobilisme de la tutelle est une semaine où la fenêtre d’opportunité ouverte par de bons résultats financiers se rétrécit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2026-2030 n’est pas un document administratif. C’est un engagement de l’État envers lui-même. Et cet engagement ne peut pas coexister durablement avec un secteur bancaire public que l’État refuse de sortir d’une crise sociale qu’il a les moyens de résoudre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inaction n’est pas de la neutralité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question que pose cette nouvelle menace de grève générale bancaire n’est pas syndicale. Elle n’est même plus sociale. Elle est politique — au sens le plus direct du terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que la Tunisie veut exécuter le Plan 2026-2030 ? Si oui, elle a besoin de banques publiques performantes, réformées et socialement stables. Et cela suppose que la tutelle sorte de son attentisme pour exercer pleinement l’autorité que la loi lui confère — désamorcer la crise, assainir le climat social, et créer les conditions dans lesquelles les réformes nécessaires peuvent être conduites sans être sabotées par l&rsquo;inertie institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inaction de la tutelle n’est pas une position neutre. C’est un choix — celui de laisser le conflit se reproduire jusqu’à ce qu’il devienne ingérable. Et quand il deviendra ingérable, il sera trop tard pour invoquer la neutralité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État qui planifie l’avenir de son économie ne peut pas s’offrir le luxe de laisser ses instruments d’exécution se consumer dans un feu qu’il avait le pouvoir d’éteindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nuidOrpwwp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/">Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/embed/#?secret=2jRtSfhpru#?secret=nuidOrpwwp" data-secret="nuidOrpwwp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/04/tunisie-greve-bancaire-et-inaction-de-la-tutelle/">Tunisie | Grève bancaire et inaction de la tutelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’économie du cash en Tunisie &#124; Une bombe à retardement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 09:15:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on accroître le financement bancaire de l'économie si une grande part des liquidités échappe aux circuits formels ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/02/leconomie-du-cash-en-tunisie-une-bombe-a-retardement/">L’économie du cash en Tunisie | Une bombe à retardement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a quelque chose d’obscène dans le contraste qu’offre la Tunisie de juin 2026 : sous la Coupole de Bardo, les députés examinent un plan de développement qui ambitionne de porter le taux d’investissement à 20 % d’ici 2030. À quelques kilomètres de là, dans les marchés, les souks et les transactions du quotidien, une masse monétaire fiduciaire hors circuit bancaire continue de battre des records historiques. Ces deux images ne coexistent pas par accident. Elles coexistent parce que personne n’a encore osé nommer leur contradiction pour ce qu’elle est : une incompatibilité structurelle qui condamne d’avance les ambitions du Plan de développement 2026-2030</em></strong><strong> <em>à rester des ambitions.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19116337"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres d’abord — parce qu’ils ne mentent pas&nbsp;: la Tunisie figure parmi les économies de la région où la proportion du cash dans les transactions courantes est la plus élevée. La masse monétaire fiduciaire en circulation représente une fraction anormalement élevée du PIB — anormale pour un pays doté d’un système bancaire structuré, d’une couverture téléphonique nationale et d’un taux d’alphabétisation supérieur à 80 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cash n’est pas neutre. Il est le carburant de l’économie parallèle — celle qui échappe à la fiscalité, contourne les circuits formels, prive l’État de recettes et les banques de dépôts. Chaque billet qui circule hors système bancaire est un billet qui ne finance pas de crédit, qui ne génère pas de donnée traçable, qui ne contribue pas à la lisibilité des flux économiques que le Plan 2026-2030 prétend mobiliser au service de la croissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût macro-économique est direct : manque à gagner fiscal de plusieurs points de PIB, sous-bancarisation de pans entiers de l’économie productive, impossibilité pour les PME informelles d’accéder au crédit faute d’historique financier traçable, et distorsion des indicateurs que les décideurs utilisent pour piloter leurs politiques. On ne pilote pas une décennie de développement avec des données qui ne captent qu’une partie de l’activité réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cash est une réponse rationnelle à une défaillance systémique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’explication commode circule depuis des années : les Tunisiens auraient une <em>«culture du cash»</em>, une méfiance atavique envers les banques, une préférence irrationnelle pour le billet. Cette explication est fausse — ou plus précisément, elle inverse la causalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les citoyens ne choisissent pas le cash parce qu’ils préfèrent le cash. Ils le choisissent parce que, dans leur vie quotidienne, le cash reste plus simple, plus rapide, plus accessible et moins coûteux que l’alternative digitale. Un commerçant qui accepte le cash évite les frais de terminal, les délais de règlement et les pannes de connectivité. Un particulier qui paie en cash évite les applications bancaires mal conçues, les plafonds insuffisants et les agences aux horaires incompatibles avec une vie active.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas de la méfiance culturelle. C’est de la rationalité économique. Et tant que le système bancaire tunisien n’aura pas rendu le digital structurellement plus avantageux que le cash — plus simple, plus rapide, moins cher, plus accessible — aucune campagne de sensibilisation, aucun décret ministériel ne changera cette équation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n’est pas : comment convaincre les Tunisiens d’abandonner le cash ? La vraie question est : pourquoi le système bancaire tunisien n’a-t-il pas encore rendu cette question obsolète ?</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PeaNh3zrjI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/les-veritables-raisons-de-laddiction-des-tunisiens-au-cash/">Les véritables raisons de l’«addiction» des Tunisiens au cash</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les véritables raisons de l’«addiction» des Tunisiens au cash » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/les-veritables-raisons-de-laddiction-des-tunisiens-au-cash/embed/#?secret=RjoX2cQDuM#?secret=PeaNh3zrjI" data-secret="PeaNh3zrjI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">On vote des objectifs et pas voter les conditions de leur atteinte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2026-2030 porte des ambitions légitimes : accélération de la croissance, mobilisation de l’investissement, réduction des déséquilibres régionaux, intégration dans les chaînes de valeur africaines et méditerranéennes. Mais ces ambitions reposent sur une hypothèse implicite que personne ne formule : elles supposent que l’économie tunisienne fonctionne dans un cadre de traçabilité et de formalisation suffisant pour que les politiques publiques puissent atteindre leurs cibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or une économie où une fraction significative des transactions échappe au circuit bancaire est une économie partiellement aveugle à ses propres dynamiques — et donc partiellement imperméable aux leviers que le Plan entend activer. Le Parlement peut voter des objectifs d’investissement, des enveloppes de financement, des réformes fiscales. Mais si les flux financiers qui devraient alimenter ces politiques continuent de circuler hors système bancaire formel, les instruments de politique économique perdent une partie substantielle de leur efficacité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne mobilise pas ce qu’on ne voit pas. On ne finance pas ce qu’on ne peut pas tracer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La résorption de l’économie du cash n’est donc pas un objectif annexe au Plan 2026-2030 — c’est une condition préalable à son exécution réussie. Cette condition préalable est absente des débats parlementaires actuels. Son absence est un aveu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois leviers — un seul système</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse ne se trouve pas dans un seul chantier mais dans l’activation simultanée et coordonnée de trois axes qui se conditionnent mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La transformation digitale bancaire</em>&nbsp;est le premier levier — et le plus urgent. Les banques publiques tunisiennes doivent cesser de traiter la digitalisation comme un projet informatique périphérique et commencer à la traiter comme leur modèle économique principal. Interfaces client repensées, paiement mobile fluide, moteurs de scoring qui étendent le crédit aux segments aujourd’hui exclus, refonte du back-office qui conditionne la vitesse et la qualité du service — rien de tout cela n’est optionnel. Un service digital lent et complexe ne remplacera jamais le cash. Un service digital fluide et instantané le rendra obsolète.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’inclusion financière</em>&nbsp;est le deuxième levier. Une grande partie de la masse de cash en circulation correspond à des populations et des activités qui n’ont pas accès au système bancaire formel — ou qui y ont accès dans des conditions si contraignantes qu’elles le contournent. L’inclusion réelle suppose des produits adaptés aux réalités de l’économie informelle : microcrédits digitaux, comptes simplifiés, portefeuilles mobiles interopérables, solutions de paiement pour les commerçants des marchés et de l’artisanat. Ces produits existent ailleurs. Ils n’ont pas été déployés à l’échelle en Tunisie. Ce n’est pas un problème technologique — c’est un problème de volonté stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La souveraineté numérique</em>&nbsp;est le troisième levier — et le plus systématiquement absent du débat public. La digitalisation des paiements génère des données d’une valeur stratégique considérable : comportements de consommation, flux commerciaux, dynamiques sectorielles. Si cette digitalisation se fait via des infrastructures contrôlées par des acteurs étrangers, la Tunisie aura remplacé une dépendance — celle au cash physique — par une autre, plus subtile mais tout aussi réelle. La construction d’une infrastructure de paiement digital souveraine — interopérable, sécurisée, hébergée sur des serveurs tunisiens certifiés — n’est pas un luxe technologique. C’est une condition de la souveraineté économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois leviers ne s’activent pas séquentiellement. Ce sont les trois composantes d’un seul système : sans transformation digitale bancaire, l’inclusion financière reste un slogan ; sans inclusion financière, la masse de cash hors circuit ne se réduit pas ; sans souveraineté numérique, la digitalisation produit de la dépendance plutôt que de l’autonomie.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NHt6vOezvg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/cash-en-tunisie-et-si-le-probleme-etait-la-banque/">Cash en Tunisie | Et si le problème était la banque ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Cash en Tunisie | Et si le problème était la banque ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/cash-en-tunisie-et-si-le-probleme-etait-la-banque/embed/#?secret=DqtsUZv6OD#?secret=NHt6vOezvg" data-secret="NHt6vOezvg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">On ne sort pas de l’économie du cash par décret</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle en sortira le jour où entrer dans une agence bancaire sera moins pratique qu’ouvrir une application, où payer par mobile sera moins coûteux que retirer au distributeur, où un commerçant de marché aura plus intérêt à accepter le paiement digital qu’à exiger le billet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jour-là ne viendra pas par la vertu d’un plan quinquennal bien rédigé ni par la volonté d’un législateur bien intentionné. Il viendra quand les banques publiques tunisiennes — qui ont aujourd’hui les résultats financiers pour investir et la responsabilité institutionnelle pour agir — décideront de traiter la transformation digitale non pas comme un projet parmi d’autres, mais comme la condition de leur propre pertinence dans l’économie de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Parlement examine le Plan 2026-2030. Il devrait aussi examiner si les institutions financières publiques sont organisées et outillées pour l’exécuter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une économie qui compte son argent en billets ne peut pas se mesurer en gigabits.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique et cadre de banque</em>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/02/leconomie-du-cash-en-tunisie-une-bombe-a-retardement/">L’économie du cash en Tunisie | Une bombe à retardement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Grève bancaire &#124; CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 07:58:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[augmentations salariales]]></category>
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		<category><![CDATA[dialogue social]]></category>
		<category><![CDATA[Grève des banques]]></category>
		<category><![CDATA[pensions de retraite]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des retraités sans pension pendant  les trois jours de grève dans les banques les 23, 24 et 25 juin 2026.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/">Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Trois jours de grève dans les banques, les établissements financiers et les compagnies d&rsquo;assurance, les 23, 24 et 25 juin 2026. Des retraités sans pension. Des fonctionnaires sans salaire. Et deux communiqués — l’un patronal, l’autre syndical — qui se répondent comme deux acteurs qui ont répété leur texte ensemble.</em></strong> <strong><em>Ce n’est pas une métaphore. C’est une lecture.</em></strong> <em>(Photo : Les agents des banques manifestent devant le siège du CBF, à Tunis, lundi 22 juin).</em>  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19023694"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil bancaire et financier (CBF) répond à ce que personne ne demande en affirmant, dans son communiqué du 22 juin, que la grève est <em>«injustifiée»</em> au motif que les augmentations salariales prévues par le Décret n°68 du 30 avril 2026 ont été intégralement versées. Problème : personne ne les conteste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le syndicat revendique les augmentations de 2025 — jamais accordées. Le CBF répond sur 2026. C’est le vieux procédé rhétorique de la substitution : remplacer le grief réel par un grief fictif plus facile à réfuter, puis triompher de cette réfutation comme si elle réglait le différend. Elle ne règle rien. Elle le déplace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième problème : le Décret n°68 fixe un plancher légal — pas un plafond. D’autres secteurs soumis au même cadre ont négocié et obtenu des revalorisations supérieures à 5%. Le CBF est le seul acteur patronal à avoir transformé ce minimum légal en maximum indépassable. Ce choix est patronal, non légal. Et le communiqué entretient délibérément la confusion entre les deux — ce qui est, en soi, un aveu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième problème : invoquer <em>«l’intérêt général»</em> dans un secteur qui a dégagé 1,6 milliard de dinars de résultat net en 2024 — en hausse de 12% — sans reverser un centime de revalorisation aux salariés en 2025, c’est une posture. Pas un argument.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué du CBF ne mentionne à aucun moment que le dialogue social est à l’arrêt depuis la nomination du nouveau président du CBF en 2023. Ni que la correspondance syndicale de janvier 2024 demandant la reprise des consultations est restée sans réponse pendant dix-huit mois. Ni que le refus d’appliquer l’article 412 alinéa 2 de la loi n°41/2024 du Code de commerce — relatif aux crédits accordés aux employés — constitue un dossier distinct et tout aussi bloqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas démontrer l’absence de motif social suffisant en ignorant méthodiquement les motifs. Un communiqué patronal a le droit d’être partial. La lecture qu’on en fait n’a pas cette latitude.</p>



<h2 class="wp-block-heading">UGTT : revendications légitimes, stratégie discutable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La légitimité des revendications syndicales est réelle et documentée. Les données sont claires : résultat net sectoriel de 1,6 milliard de dinars, produit net bancaire de 8,035 milliards, performances en hausse continue — pendant que les employés des banques privées n’ont obtenu aucune revalorisation en 2025 alors que leurs collègues du secteur public en bénéficiaient. L’injustice est réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la légitimité d’une revendication n’immunise pas la stratégie qui la porte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier point : choisir les 23, 24 et 25 juin — précisément les jours de versement des salaires et des pensions — n’est pas un hasard. C’est un choix tactique délibéré pour maximiser la pression patronale via la pression citoyenne. Syndicalement compréhensible. Socialement discutable. Les retraités et les fonctionnaires ne sont pas parties au conflit. Les transformer en levier de négociation mérite d’être nommé pour ce que c&rsquo;est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième point : face à dix-huit mois de silence patronal, la Fédération syndicale n’a pas publiquement documenté l’épuisement des mécanismes d’arbitrage et de médiation prévus par la convention sectorielle commune et par le Code du travail. L’escalade directe vers trois jours de grève sectorielle totale, sans étapes intermédiaires visibles, fragilise la posture syndicale sur le plan de la proportionnalité — même quand la cause est juste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième point : les revendications portent simultanément sur les augmentations 2025, l’article 412 et les charges fiscales de la loi de finances 2026. Chaque dossier est légitime. Leur accumulation dans un seul mouvement brouille le message public et offre au CBF la possibilité de noyer le débat dans la complexité technique. Une hiérarchisation plus lisible aurait servi les salariés mieux qu’un communiqué destiné aux seuls initiés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le scénario que personne ne veut nommer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici ce que les deux communiqués — patronal et syndical — ont en commun : ils ne proposent aucune sortie de crise. Ils positionnent. Ils imputent. Ils menacent. Mais ils ne résolvent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que le recoupement implicite des deux positions devient visible : CBF et UGTT tirent chacun une partie de leur légitimité institutionnelle du conflit lui-même. Le CBF existe comme interlocuteur patronal incontournable précisément parce qu’il y a un syndicat à affronter. L’UGTT mobilise et fédère précisément parce qu’il y a un patronat à combattre. Dans ce système, la résolution durable du conflit représente un coût institutionnel que les deux parties ont un intérêt objectif — même inconscient — à différer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat est connu : grève en novembre 2025, grève en juin 2026, aucun accord durable entre les deux. Ce n’est pas l’aggravation d’un conflit — c’est sa reproduction à l’identique. Le scénario est écrit d’avance. Chaque partie joue son rôle. Et les retraités, eux, attendent leur virement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que ni le CBF ni l’UGTT ne disent pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette grève éclate au moment précis où le Plan de Développement national 2026–2030 est en cours d’examen au Parlement — un plan qui assigne aux banques publiques un rôle central dans le financement de la transformation économique du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un secteur bancaire qui entre en grève générale dans ce contexte, avec un dialogue social rompu depuis trois ans, envoie un signal que les autorités de tutelle — BCT, ministère des Finances, Présidence du gouvernement — ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Ce n’est pas une affaire entre le CBF et l’UGTT. C’est une affaire d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n’est pas celle des 5%. C’est celle de savoir si la Tunisie dispose d’un modèle de dialogue social sectoriel capable de produire des accords durables — ou si elle est condamnée à rejouer indéfiniment le même scénario : blocage, escalade, grève, retenues sur salaires, accord minimal, nouveau blocage…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pays qui ambitionne de financer sa décennie de développement la plus déterminante ne peut pas gérer ses relations sociales bancaires comme si nous étions en 1995.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse s’écrit dans les agences fermées. Et dans les réformes du dialogue social que personne, ni du côté patronal ni du côté syndical, n’a encore eu le courage de proposer. **</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique et cadre bancaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">** <em>Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/">Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Banques tunisiennes &#124; Retard numérique et illusion de rattrapage</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/06/banques-tunisiennes-retard-numerique-et-illusion-du-rattrapage/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 08:46:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[My TT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, les circuits décisionnels sont paralysés, les bases de données fragmentées, et les ingénieurs compétents partent à l’étranger.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/06/banques-tunisiennes-retard-numerique-et-illusion-du-rattrapage/">Banques tunisiennes | Retard numérique et illusion de rattrapage</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans une tribune publiée ici même le 30 mai dernier, j&rsquo;ai tenté de nommer ce que le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/la-transition-numerique-en-tunisie-et-le-syndrome-my-tt/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">piratage de My TT</a> a rendu visible : non pas un incident technique isolé, mais le symptôme d&rsquo;une faillite de gouvernance structurelle appelée le «triangle interdit». Des lecteurs m’ont interpellé avec une question simple et redoutable : d’accord pour le diagnostic — mais par où commence-t-on ? C’est à cette question que je tente de répondre aujourd’hui.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-18876512"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis la parution de cette tribune, plusieurs responsables m’ont contacté pour me confirmer, en privé, ce que tout le monde sait mais que personne ne dit officiellement : le triangle interdit n’est pas une exception&nbsp;tunisienne. C’est notre mode de fonctionnement institutionnel par défaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On me répondra que des chantiers sont en cours — et c’est vrai. La Banque centrale de Tunisie (BCT) a engagé des réflexions sur l’interopérabilité. Des appels d’offres de modernisation ont été lancés. Des comités se réunissent. Mais un chantier ouvert n’est pas un chantier livré, et une réflexion institutionnelle n’est pas une décision exécutée. Ce que j’observe de l’intérieur, c’est que la vitesse de ces chantiers reste dictée par le rythme du triangle interdit — non par l’urgence du marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat m’a conduit à une conviction que j’assume pleinement :&nbsp;notre plus grand danger aujourd’hui n’est pas le retard numérique. C’est l’illusion du rattrapage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos banques publiques déploient des applications mobiles. Elles annoncent des projets d’intelligence artificielle (IA). Elles recrutent des consultants en transformation digitale. Et pendant ce temps, les circuits décisionnels restent paralysés, les bases de données restent fragmentées, et les ingénieurs les plus compétents continuent de voter avec leurs pieds vers le secteur privé ou l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Numériser le dysfonctionnement ne produit pas une banque moderne. Cela produit un dysfonctionnement à grande vitesse, avec une interface soignée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cela, le piège du miroir : se regarder se transformer sans jamais transformer l’essentiel.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="As1OLk0d3Y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/la-transition-numerique-en-tunisie-et-le-syndrome-my-tt/">La transition numérique en Tunisie et le syndrome «My TT»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La transition numérique en Tunisie et le syndrome «My TT» » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/la-transition-numerique-en-tunisie-et-le-syndrome-my-tt/embed/#?secret=cNUP95wELg#?secret=As1OLk0d3Y" data-secret="As1OLk0d3Y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que nous refusons de regarder en face</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On cite l’Inde à tort et à travers dans les colloques sur la souveraineté numérique. On me dira que la comparaison est intenable : l’Inde dispose de ressources humaines et financières sans commune mesure avec les nôtres. C’est exact. Mais ce n’est pas la leçon indienne qui m’intéresse ici — c’est sa méthode.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UPI, ce système de paiement instantané qui traite aujourd’hui des volumes comparables à Visa à l’échelle mondiale, n’a pas émergé d’un budget colossal. Il a émergé d’une&nbsp;discipline de séquençage&nbsp;: une décennie d’investissement dans l’invisible avant de lancer le visible. Un système d’identification souverain, des comptes bancaires universels pour les populations non bancarisées, une couche d’interopérabilité construite avant que quiconque ne parle d’application.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Inde n’a pas commencé par l’interface. Elle a commencé par le socle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie veut son équivalent de l’UPI. Mais a-t-elle posé sa couche d’identification numérique souveraine ? L’interopérabilité entre le registre civil, les bases fiscales et les systèmes bancaires est-elle aujourd’hui une réalité opérationnelle — ou une promesse de feuille de route dont on reparlera lors du prochain Forum de l’investissement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Estonie, elle, a compris une vérité que nous continuons d’inverser : la transformation numérique de l’État a commencé par une réforme de gouvernance. Les applications ont suivi. Jamais l’inverse. Et si l’on objecte que l’Estonie est un petit pays sans héritage administratif lourd — soit. Mais la leçon n’est pas dans la taille du pays. Elle est dans l’ordre dans lequel les décisions ont été prises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus près de nous, le Maroc a tiré en 2024 une leçon que nous devrions méditer : une seule décision réglementaire ciblée — la fin du monopole de la monétique interbancaire — a libéré plus d’énergie transformatrice que dix ans de stratégies nationales de digitalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos banques privées ont d’ailleurs certains des mêmes blocages organisationnels. Mais les banques publiques portent une responsabilité supplémentaire : elles financent l’économie réelle, les PME, les régions, les secteurs que le privé ne veut pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément parce qu’elles occupent cette position stratégique irremplaçable que leur transformation n’est pas optionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et à l’échelle continentale, le Système de Paiement et de Règlement Panafricain connecte désormais 19 pays et plus de 150 banques commerciales pour permettre les transactions en devises locales, sans passer par des correspondants hors du continent. Le Caire vient d’en devenir le siège. La Tunisie, qui se targue d’ambitions transsahariennes, peut-elle se permettre d’observer cette architecture de l’extérieur ? Rester en marge n’est pas un choix souverain. C’est un abandon de terrain habillé en prudence.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nYzbrqgjJz"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/25/banques-tunisiennes-mirage-du-tout-virtuel-ou-abandon-de-souverainete/">Banques tunisiennes | Mirage du tout-virtuel ou abandon de souveraineté ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Banques tunisiennes | Mirage du tout-virtuel ou abandon de souveraineté ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/25/banques-tunisiennes-mirage-du-tout-virtuel-ou-abandon-de-souverainete/embed/#?secret=niF29ZRv1p#?secret=nYzbrqgjJz" data-secret="nYzbrqgjJz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre ruptures, dans l’ordre où elles doivent venir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trajectoires ne sont pas des modèles à copier. Ce sont des miroirs qui permettent de formuler avec précision ce que nous devons faire — et dans quel ordre. Car l’ordre est tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Première rupture : gouverner avant de déployer.</strong>&nbsp;La matrice Raci n’est que le point de départ. Ce qu’il faut instaurer, ce sont des comités de gouvernance de la donnée et de l’IA rattachés directement aux conseils d’administration. Certains y verront une énième couche bureaucratique. C’est l’inverse : c’est précisément l’absence de ces instances qui force chaque décision technologique à remonter vers des arbitrages informels où le triangle interdit reprend la main.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté numérique commence par décider qui, dans notre pays, est responsable de la donnée bancaire nationale. Pas de la gérer. D’en répondre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deuxième rupture : traiter le core banking comme une urgence nationale.</strong>&nbsp;La dette technologique de nos banques publiques n’est pas un problème budgétaire informatique. C’est un risque systémique. Un système de <em>core banking</em> vieillissant rend toute ouverture API coûteuse et toute interopérabilité avec les fintechs périlleuse. J’entends déjà l’argument des contraintes budgétaires — il est réel. Mais le coût de la non-modernisation est systématiquement omis du calcul : chaque année d’immobilisme rend la migration suivante plus complexe, plus risquée et plus chère. Le vrai luxe que nous ne pouvons pas nous permettre, c’est le statu quo.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Troisième rupture : déployer une IA de back-office avant une IA de vitrine.</strong>&nbsp;J’anticipe l’objection des plus impatients : attendre le back-office, n’est-ce pas trop lent face à la concurrence ? Non — parce que déployer une IA sur des données fragmentées et des processus opaques ne produit pas de l’IA. Cela produit de l’<em>automatisation de l’erreur</em>. Les modèles de scoring prédictif pour financer les TPME, la détection d’anomalies dans les flux de paiement, l’automatisation des processus de conformité : ce sont ces outils invisibles qui transforment réellement une institution. Un chatbot ne réforme pas une banque. Une architecture de données souveraine, si.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quatrième rupture : renverser le rapport au capital humain.</strong>&nbsp;Je l’écris en sachant que c’est la partie la plus contestée — y compris en interne. On m’objectera que remettre en cause les grilles de rémunération, c’est s’attaquer aux acquis sociaux. Ce n’est pas ce que je propose. Je propose de créer, à côté des statuts existants, des filières spécifiques pour les compétences numériques rares — data engineers, experts en cybersécurité, architectes cloud — avec des conditions attractives. Non pas pour détruire ce qui existe, mais pour cesser de financer la compétitivité de nos concurrents avec nos propres cerveaux formés à nos frais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La vraie question de 2026</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un pays ne se développe pas avec des diagnostics. Il se développe quand quelqu’un, quelque part dans la chaîne de commandement, accepte de porter la responsabilité de l’exécution — avec un nom, un délai, et une obligation de résultat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>My TT</em>&nbsp;était un avertissement. Il en viendra d’autres, plus graves, si nous continuons de confondre l’affichage numérique avec la transformation numérique. La différence entre les deux n’est pas technique. Elle est de courage institutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie Software n’est pas une destination. C’est un choix. Et comme tout choix stratégique qui mérite ce nom, il commence par décider ce à quoi on renonce — les rentes, les monopoles, les matrices de responsabilité floues et les consensus qui ne blessent personne parce qu’ils ne décident rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne bâtit pas une souveraineté numérique avec des intentions. On la bâtit avec des institutions capables de les exécuter. **</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique et cadre de banque. &nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Les analyses et opinions exprimées dans cette tribune n’engagent que leur auteur et ne sauraient en aucun cas refléter la position officielle d&rsquo;une autorité publique ou d’une institution privée.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="N0zHcFirHj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/25/le-capital-humain-talon-dachille-des-banques-publiques-en-tunisie/">Le capital humain, talon d’Achille des banques publiques en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le capital humain, talon d’Achille des banques publiques en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/25/le-capital-humain-talon-dachille-des-banques-publiques-en-tunisie/embed/#?secret=qnDIqjvus1#?secret=N0zHcFirHj" data-secret="N0zHcFirHj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/06/banques-tunisiennes-retard-numerique-et-illusion-du-rattrapage/">Banques tunisiennes | Retard numérique et illusion de rattrapage</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Energie &#124; La Tunisie peut être un acteur du Gazoduc Transsaharien</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/11/__trashed-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 06:35:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Et si la Tunisie était un actif stratégique majeur du Gazoduc Transsaharien qui devrait relier le triangle Nigeria-Niger-Algérie à l'Europe ? </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le premier trimestre 2026 marque une accélération décisive pour le Gazoduc Transsaharien (TSGP), les discussions se focalisent légitimement sur le triangle Nigeria-Niger-Algérie. Ce mégaprojet de plus de 4000 km est en passe de redessiner la carte énergétique euro-africaine. Pourtant, une lecture purement géographique de cette infrastructure omet un actif stratégique majeur : la Tunisie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa <em>*</em></strong></p>



<span id="more-18754493"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Loin d’être une simple observatrice du transit des molécules, Tunis a une opportunité historique de s’imposer comme l’interface de stabilité et le garant institutionnel de ce corridor. Dans la géopolitique moderne de l’énergie, la fiabilité normative et la maîtrise numérique vaudront autant, sinon plus, que la possession de la ressource brute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Tunisie, l’enjeu n’est pas de se positionner en opposition à d’autres initiatives continentales, mais de valoriser la maturité de ses réseaux existants en Méditerranée centrale. Dans un marché mondial fragmenté, la valeur ajoutée tunisienne réside dans sa capacité à offrir un cadre de <em>«de-risking»</em> institutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que partenaire historique des échanges énergétiques transfrontaliers, la Tunisie peut agir comme un laboratoire de conformité normative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un projet de cette envergure, la prévisibilité du cadre réglementaire et l’alignement sur les standards internationaux (ESG) sont des actifs précieux que Tunis peut monnayer en expertise de régulation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pari du Software Corridor</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la véritable révolution est technologique. Un gazoduc en 2026 n’est plus un simple alignement de tubes d’acier ; c’est un actif numérique complexe, vulnérable et gourmand en données. C’est ici que la Tunisie, forte de son écosystème d’ingénierie et de services informatiques, doit revendiquer sa part de souveraineté. Nous devons projeter le pays comme une plateforme de services technologiques à haute valeur ajoutée, abritant un pôle régional de maintenance prédictive IA et de cybersécurité pour le corridor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, le secteur bancaire tunisien a un rôle crucial à jouer. Pour financer et garantir ces infrastructures technologiques complexes, nous avons besoin de nouveaux instruments de financement structuré qui accompagnent ces projets de Software Corridor. C’est en alignant nos capacités de financement sur nos ambitions technologiques que nous transformerons cette infrastructure en un moteur de croissance locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En développant des solutions de surveillance IoT (Internet des Objets) permettant le monitoring en temps réel des émissions de méthane — une exigence stricte des régulations carbone européennes —, la Tunisie peut ancrer ce projet dans la modernité industrielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la molécule au co-développement industriel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet investissement n’est pas un pari sur le passé. Le TSGP est conçu pour être <em>«H2-ready»</em>. En s’impliquant aujourd’hui dans la gouvernance de ce corridor, la Tunisie sécurisera son droit de tirage sur les futurs réseaux d’hydrogène vert à l’horizon 2030-2035, comme le prévoit le projet SoutH2 Corridor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est plus l’utilité géographique, mais notre agilité à transformer un flux de molécules en un hub de services certifiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corridor transsaharien doit enfin servir de colonne vertébrale à une intégration économique locale, via des zones industrielles transfrontalières où l’expertise tunisienne en matière de partenariats public-privé (PPP) pourra s’exprimer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inertie est le seul véritable risque. En misant sur sa stabilité institutionnelle et son savoir-faire technologique, la Tunisie peut devenir l’aiguilleur discret mais vital de ce grand axe transcontinental, le cerveau d’une Afrique qui se connecte enfin à elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.</em></p>
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		<title>Tunisie &#124; Financement du développement et gestion du court terme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 07:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le débat sur le financement de l’économie tunisienne est trop longtemps réduit à une simple question de rareté de financement.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le débat sur le financement de l’économie tunisienne — trop longtemps réduit à une simple question de liquidité — occulte une vérité dérangeante : la contrainte n’est pas tant la rareté des ressources que leur éviction systématique du secteur productif.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-18710477"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Alors que la Tunisie amorce son Plan de développement 2026-2030, une question brutale doit être posée : notre système financier est-il encore au service de la croissance, ou est-il devenu le simple poumon artificiel d’un budget public en déficit chronique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse classique déplore souvent le manque de moyens. C’est un faux-semblant. Le véritable enjeu réside dans la capture des ressources disponibles. Ces dernières années, une part massive de la liquidité bancaire a été aspirée par le financement de l’État.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est sans appel : chaque dinar mobilisé pour éponger le déficit du Trésor est un dinar <em>«enlevé»</em> à l’innovation, à l’expansion des PME et aux projets industriels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réallocation passive de l’épargne nationale vers des usages non productifs constitue le premier verrou à faire sauter. On ne construit pas l’économie de demain avec des circuits financiers conçus pour financer les urgences d’hier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="572" height="1024" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Financement-developpement.png" alt="" class="wp-image-18710505" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Financement-developpement.png 572w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Financement-developpement-168x300.png 168w" sizes="auto, (max-width: 572px) 100vw, 572px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Un système bancaire prisonnier de l’immédiat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le système bancaire tunisien reste aujourd’hui enfermé dans une logique de court terme. L’essentiel des financements est orienté vers la gestion de trésorerie, les opérations commerciales courantes ou l’immobilier patrimonial.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, le financement de long terme — celui qui prend des risques, qui accompagne la transition énergétique et la montée en gamme technologique — reste le parent pauvre. Or, sans horizon étendu, il n’y a pas de transformation structurelle possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les banques publiques, en particulier, se retrouvent dans une position hybride intenable : soumises aux exigences de rentabilité du marché tout en étant mobilisées comme le bras armé, souvent passif, des politiques publiques, sans spécialisation claire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’urgence d’une rupture institutionnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est plus aux ajustements à la marge. Pour briser ce cycle, la Tunisie doit s’inspirer des réussites internationales. En Allemagne, la KfW joue un rôle moteur depuis 1948 dans le financement de long terme. En France, Bpifrance a su créer un guichet unique mêlant financement, garantie et accompagnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création d’une Institution de financement du développement (IFD) en Tunisie n’est plus une option, c’est un impératif stratégique. Son rôle ne serait pas de se substituer aux banques commerciales, mais d’agir comme un catalyseur capable d’orienter les flux vers les priorités du Plan 2026-2030. Trois piliers doivent porter cette institution :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; une gouvernance indépendante et rigoureuse pour garantir l&rsquo;efficacité des choix&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; une capacité de mobilisation de l’épargne nationale via des produits dédiés et souverains&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; un mécanisme de co-financement avec le secteur privé pour diluer le risque et amplifier l&rsquo;impact.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le choix de la souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Réformer le financement du développement est, au fond, un acte de souveraineté économique. Le Plan 2026-2030 ne sera qu&rsquo;une liste de vœux pieux si nous ne parvenons pas à aligner nos circuits d’allocation financière sur nos ambitions nationales.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortir de la dictature de l’immédiat pour transformer l’épargne des Tunisiens en un véritable moteur de croissance durable n&rsquo;est plus une simple théorie d&rsquo;expert : c&rsquo;est désormais une question de survie pour notre tissu productif. Le temps des compromis budgétaires aux dépens de l&rsquo;investissement est révolu ; il est temps de choisir entre financer les passifs du passé ou investir dans les actifs de l&rsquo;avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/01/tunisie-financement-du-developpement-et-gestion-du-court-terme/">Tunisie | Financement du développement et gestion du court terme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Code des changes &#124; L’intégration technologique, bras armé de la confiance régulée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/code-des-changes-lintegration-technologique-bras-arme-de-la-confiance-regulee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
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		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment libérer les flux des changes grâce à une confiance régulée sans ouvrir la porte au blanchiment ou à l'hémorragie des devises ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/code-des-changes-lintegration-technologique-bras-arme-de-la-confiance-regulee/">Code des changes | L’intégration technologique, bras armé de la confiance régulée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans une tribune précédente (<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/02/code-des-changes-passer-du-controle-a-la-confiance-regulee/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Code des changes : Passer du contrôle à la confiance régulée</a>), nous plaidions pour un changement de paradigme : passer d’un contrôle de change coercitif à une «confiance régulée». Le renvoi en commission au parlement, ce 14 avril 2026, du <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/tunisie-le-projet-de-loi-sur-les-infractions-de-change-risque-de-passer-a-la-trappe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet de loi</a> sur la régularisation des infractions de change confirme que le législateur hésite encore au seuil de cette transition.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-18643002"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette hésitation est légitime : comment libérer les flux sans ouvrir la porte au blanchiment ou à l&rsquo;hémorragie des devises ? La réponse ne se trouve plus dans les textes juridiques seuls, mais dans la pertinence de nos intégrations technologiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi actuel, en proposant une amnistie contre une contribution libératoire, tente de ramener la liquidité informelle dans le giron de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’exclusion des personnes morales et la crainte d’un <em>«blanchiment déguisé»</em> montrent les limites d’un système de contrôle encore trop manuel. Pour que la <em>«confiance régulée»</em> devienne une réalité opérationnelle, le secteur bancaire doit intégrer l’Intelligence Artificielle (IA) non comme un gadget, mais comme un organe de conformité. Là où l’humain est submergé par le volume des transactions, l’IA peut analyser des patterns complexes en temps réel, distinguant les capitaux légitimes de ceux issus de réseaux illicites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Blockchain : la traçabilité au service de la souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des freins majeurs à la réforme est la traçabilité des fonds une fois régularisés. Ici, l’intégration de protocoles de registres distribués (Blockchain) offre une solution radicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En créant une piste d’audit immuable, elle transforme chaque transaction en une preuve de conformité infalsifiable. Contrairement au contrôle&nbsp;a priori&nbsp;qui paralyse l’agilité, la technologie permet un contrôle&nbsp;a posteriori&nbsp;chirurgical.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté économique de la Tunisie d&rsquo;ici 2035 ne se mesurera pas à la hauteur de ses barrières bureaucratiques, mais à la sophistication de ses outils de surveillance invisible.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="559" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA.png" alt="" class="wp-image-18643036" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA.png 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-300x164.png 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-768x419.png 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-580x317.png 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-860x469.png 860w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 class="wp-block-heading">Enseignement du benchmarking international</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès des opérations de régularisation à l’échelle mondiale ne repose plus sur la simple promesse d’immunité, mais sur la robustesse de l’infrastructure numérique. L’exemple de certains pays émergents montre que l’adoption de plateformes de <em>E-Amnesty</em> réduit drastiquement l’aléa moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Maroc ou en Indonésie, la dématérialisation et l’interconnexion des bases de données fiscales et bancaires ont permis de traiter des volumes massifs tout en garantissant une étanchéité totale contre les flux illicites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces expériences prouvent que l’amnistie est un levier de croissance uniquement lorsqu’elle est portée par un écosystème RegTech (Regulatory Technology).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le capital humain : la mue nécessaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette intégration technologique restera lettre morte sans une acculturation profonde de notre capital humain. L’auditeur informatique, le gestionnaire de back-office et le décideur politique doivent former un front commun. Il ne s’agit plus de vérifier des formulaires papier, mais d’auditer des flux et des algorithmes. La gouvernance bancaire doit évoluer pour protéger ses cadres : l’erreur de jugement humaine doit être minimisée par l’assistance technologique, permettant aux banquiers de redevenir des partenaires du développement au service de tous les&nbsp;clients.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau contrat technologique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le renvoi en commission est une opportunité historique pour amender ce texte en s&rsquo;appuyant sur les standards internationaux. Sans une digitalisation totale et une adoption massive des RegTech, la régularisation ne sera qu’un pansement sur une plaie structurelle. Pour que le <em>«sursaut»</em> se produise, la loi doit être le logiciel, et la technologie le processeur. Ensemble, ils forgeront la nouvelle ère d&rsquo;une Tunisie financièrement transparente, agile et souveraine. **</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ingénieur informatique, cadre d&rsquo;une banque publique. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">** <em>L&rsquo;auteur a recouru à un outil d&rsquo;intelligence artificielle pour l&rsquo;assistance à la structuration, au benchmarking international et à la génération de l&rsquo;infographie illustrative jointe. Le fond analytique et les orientations stratégiques restent le fruit de son expertise professionnelle.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="p78fxEgFai"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/tunisie-le-projet-de-loi-sur-les-infractions-de-change-risque-de-passer-a-la-trappe/">Tunisie | Le projet de loi sur les infractions de change risque de passer à la trappe  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le projet de loi sur les infractions de change risque de passer à la trappe   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/tunisie-le-projet-de-loi-sur-les-infractions-de-change-risque-de-passer-a-la-trappe/embed/#?secret=i3Cc8tzWJS#?secret=p78fxEgFai" data-secret="p78fxEgFai" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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