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	<title>Archives des Aïda El Yassem-Mastari et Djenane Shafei - Kapitalis</title>
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		<title>Kmar Douagi crée les Éditions Métèque à Marseille</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Sep 2026 08:47:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fondées par Kmar Douagi à Marseille, les Éditions Métèque se veulent dédiées aux écritures radicales, décoloniales et indisciplinées.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/06/kmar-douagi-cree-les-editions-meteque-a-marseille/">Kmar Douagi crée les Éditions Métèque à Marseille</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Marseille, une jeune maison d’édition a choisi un nom qui constitue déjà une prise de position : Métèque. Fondées en 2025 par la Franco-tunisienne Kmar Douagi, les Éditions Métèque se définissent comme une maison indépendante dédiée aux écritures radicales, décoloniales et «indisciplinées». Leur catalogue revendique des textes poétiques, subversifs, islamo-politiques et insurgés, avec une volonté assumée de s’affranchir des limites du discours dominant.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-19582426"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton affiché par la maison est volontairement frontal. Métèque revendique une conception militante de l’édition et présente la circulation de ses livres comme une manière de participer à une <em>«décolonisation»</em> des imaginaires. Une posture qui tranche avec le langage généralement consensuel du monde éditorial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet prend racine à Marseille, ville où Kmar Douagi a commencé à écrire et qu’elle considère comme une maison choisie. Née à Tunis et installée dans la cité phocéenne, l’artiste, poétesse et éditrice avait auparavant cofondé en 2023 l’Uncivilized Collective, un espace éditorial et artistique consacré à la réappropriation des récits des peuples de la <em>«majorité mondiale»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix du mot <em>«métèque»</em> résume cette démarche. Historiquement utilisé pour désigner l’étranger installé dans la cité sans bénéficier pleinement des droits du citoyen, il est ici retourné contre sa charge d’exclusion. Le mot devient une identité assumée plutôt qu’une étiquette imposée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui raconte qui ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la question centrale du projet. Le premier livre publié par Métèque est <em>‘‘République indépendante des immigré·es de Marseille’’</em>, un ouvrage collectif consacré aux récits et aux expériences de celles et ceux qui font la ville depuis les trajectoires migratoires. Le livre a connu une deuxième réimpression en avril 2026, signe concret qu’une proposition éditoriale militante peut aussi rencontrer un lectorat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu dépasse le seul cas marseillais. L’ouvrage entend faire entendre des voix qui parlent depuis l’expérience migratoire plutôt que sur celle-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une partie de la littérature et de la production intellectuelle consacrées aux populations immigrées, celles-ci apparaissent encore comme objets d’étude, catégories sociologiques ou personnages de fiction enfermés dans des représentations stéréotypées. Métèque veut déplacer le centre de gravité : permettre aux premiers concernés de produire leurs propres récits, leurs contradictions et leurs imaginaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience de ce premier livre a également mis en évidence une difficulté moins visible : l’accès aux réseaux de publication. Un appel à textes ne touche pas nécessairement ceux qui pourraient y répondre. Encore faut-il voir l’appel, connaître les codes, fréquenter les bons réseaux et se sentir légitime pour se présenter comme écrivain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Métèque envisage donc une démarche inverse : aller vers ceux qui écrivent sans forcément se définir comme auteurs. Une manière de considérer que l’absence de certains récits dans les librairies ne signifie pas leur inexistence, mais peut révéler l’absence de dispositifs permettant leur émergence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une équipe qui travaille aussi les frontières de la langue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette volonté ne repose pas uniquement sur la figure de sa fondatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Métèque s’appuie sur un réseau de traductrices, traducteurs, correctrices et membres d’un comité de lecture issus de différents horizons. Zaynab Ghaïs-Mortada, Selen Okumuş, Aïda El Yassem-Mastari et Djenane Shafei participent notamment au travail de traduction anglais-français. Mustapha Slimani intervient entre l’anglais, l’arabe et le français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le comité de lecture rassemble également des profils venus de la littérature, des arts visuels, de l’architecture, de la recherche et de la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette organisation révèle une conception particulière du travail éditorial. Traduire n’est pas ici une simple opération technique : c’est décider quels textes doivent franchir les frontières linguistiques et intellectuelles.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19582510" style="width:800px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Editions-Meteque.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Islam et anarchisme : un choix éditorial qui fait débat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après <em>‘‘République indépendante des immigré·es de Marseille’’</em>, le deuxième axe fort du catalogue est <em>‘‘Islam et anarchisme : relations et résonances’’</em>, de Mohamed Abdou. Traduit pour la première fois en français, le livre explore les rapports entre traditions islamiques, pensée anarchiste et luttes décoloniales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapprochement peut surprendre dans un débat public où islam et anarchisme sont généralement présentés comme deux univers incompatibles. C’est précisément cette frontière que le livre entreprend d’interroger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Kmar Douagi, le choix est également personnel. Elle explique avoir longtemps été attirée par l’anarchisme sans parvenir à se reconnaître dans sa dimension athée. La découverte de l’<em>«anarcha-islam»</em> lui a permis de mettre un nom et une histoire intellectuelle sur une manière de penser l’émancipation dans laquelle elle se reconnaissait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La publication du livre sera accompagnée d’une rencontre publique à Marseille, samedi 12 septembre à 17h30, la librairie Transit,&nbsp;51 boulevard de la Libération, Mrseille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre donne une dimension concrète au projet de Métèque : ne pas seulement publier des textes, mais créer les conditions de leur circulation, de leur lecture et de leur discussion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième titre, <em>‘‘Khouya’’</em>, de Chems Bakkali, prolonge cette démarche. Le livre est né d’une rencontre entre deux autrices publiées dans la revue <em>Comme nous brûlons</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Kmar Douagi, le texte de Bakkali a joué un rôle décisif dans la naissance même de la maison. Un texte qui donne envie de créer une maison d’édition pour pouvoir être publié devait naturellement devenir l’un des premiers livres de Métèque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois titres, donc, et déjà une ligne lisible : publier ce qui manque, traduire ce qui reste difficile d’accès et faire émerger des écritures qui ne trouvent pas nécessairement leur place dans les circuits éditoriaux traditionnels.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une bataille aussi économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’indépendance éditoriale ne se décrète pourtant pas. Elle se finance. Impression, distribution, diffusion, rémunération des auteurs : chaque étape représente un obstacle pour une petite structure. Métèque s’appuie notamment sur les précommandes, les souscriptions et le soutien direct des lecteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension économique est essentielle. Revendiquer une ligne éditoriale radicale suppose de pouvoir assumer les conséquences commerciales de choix qui ne répondent pas nécessairement aux attentes du marché. La solidarité devient alors une infrastructure de publication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de Marseille n’est pas décoratif. La ville concentre une histoire faite d’immigration, de circulations méditerranéennes, de ségrégation urbaine et de solidarités populaires. Elle constitue, pour Métèque, un lieu d’ancrage autant qu’un laboratoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis Marseille, la maison regarde vers Tunis, Alger, Casablanca et, plus largement, vers les différentes rives et diasporas qui composent la cité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son projet tient finalement dans une inversion : ne plus attendre que les récits minorisés soient validés par les institutions culturelles dominantes, mais construire les outils permettant de les publier directement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le catalogue reste jeune, mais sa trajectoire commence déjà à se dessiner. La deuxième réimpression de son premier livre, la traduction d’un texte consacré aux relations entre islam et anarchisme et l’arrivée de nouvelles écritures témoignent d’une maison qui cherche moins à occuper une niche éditoriale qu’à déplacer les frontières de ce qui peut être publié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une industrie du livre où les rapports de force déterminent aussi la visibilité des idées, les Éditions Métèque posent une question qui dépasse largement Marseille : qui a le pouvoir de raconter, qui décide des récits qui circulent et qui reste encore condamné à être raconté par les autres ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Marseille, Métèque a choisi sa réponse : ne plus demander une place, mais la prendre, écrire, publier et faire circuler les textes d’une rive à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/06/kmar-douagi-cree-les-editions-meteque-a-marseille/">Kmar Douagi crée les Éditions Métèque à Marseille</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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