<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Ali Seriati - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/ali-seriati/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/ali-seriati/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Tue, 28 Jul 2026 06:54:58 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Ali Seriati - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/ali-seriati/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>‘‘14 Janvier : L’enquête’’ &#124; Chronique d&#8217;une méprise annoncée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/14-janvier-lenquete-chronique-dune-meprise-annoncee/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/14-janvier-lenquete-chronique-dune-meprise-annoncee/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 06:54:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[14 janvier 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Seriati]]></category>
		<category><![CDATA[Beji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[Sami Sik Salem]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Tarhouni]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19326932</guid>

					<description><![CDATA[<p>Et si, le 14 janvier 2011, le peuple tunisien, tout comme les héros des tragédies grecques, s’est-il tout simplement égaré ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/14-janvier-lenquete-chronique-dune-meprise-annoncee/">‘‘14 Janvier : L’enquête’’ | Chronique d&rsquo;une méprise annoncée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Que nous apporte 15 années après les faits la lecture de ce livre écrit deux ans après ce qu’il a été convenu de définir comme la Révolution du Jasmin ? Beaucoup de choses. Même si on peut se poser des questions sur la facilité avec laquelle les auteurs ont eu accès à des documents issus des ministères de l’Intérieur ou de la Défense, qui en Tunisie comme ailleurs, ont pour habitude de classifier les sujets sensibles sur des dizaines d’années.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-19326932"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Deux années est un délai trop court pour déroger à la règle lorsqu’il s’agit de ce qu’on ne peut qualifier juridiquement que de mutinerie d’une partie au moins de l’élite des forces de sécurité ; quelles qu’en eussent été les raisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a ainsi appris incidemment que ce sont&nbsp;bien ces mêmes unités qui avaient vidé les résidences de la famille du dictateur déchu de ses biens les plus précieux ; pour les mettre en lieu sûr afin d’en empêcher le pillage par la populace. C’est bien la seule fois où ce fait est reconnu en tant que tel, même si l’explication qui en est rapportée demeure largement discutable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On doit donc considérer que d’une certaine manière cette documentation a été fournie en dehors des circuits hiérarchiques normaux par ceux qui avaient un intérêt à le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour commencer par le commencement, il y a la fameuse méprise qui a fait le tour du monde sur les identités des Bouazizi, Tarek le marchand ambulant qui s’est immolé, et le blogueur Mohamed dont étant toujours vivant le nom est devenu à tort le symbole de la révolte contre Ben Ali.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prise d’otage, «snipers» et comités de quartiers</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ouvrage est un récit détaillé des derniers moments du régime de Ben Ali, dont la chute avait été en réalité annoncée en 2008 avec les évènements du Bassin minier, lorsque le président américain Barack Obama dans ce qui apparaissait comme un dernier avertissement avait enjoint au dictateur d’apporter les réformes politiques nécessaires. Les rôles joués dans sa chute par Samir Tarhouni des brigades antiterroristes de la police et Sami Sik Salem des unités de protection de la présidence sont évidemment mis en exergue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les auteurs du livre, les deux hommes, sans aucune coordination, sans aucune couverture de leurs supérieurs, ont empêché la fuite de la famille du dictateur pour l’un, et obligé pour l’autre les représentants timorés du régime à prononcer la destitution de celui dont ils n’avaient été que les larbins. Mais on ignorait alors que l’édifice vermoulu du pouvoir menaçait&nbsp;de s&rsquo;écrouler, et un simple coup de pied a finalement suffi pour l’abattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’on peut qualifier <em>«la prise d’otages»</em> des membres du clan Trabelsi à l’aéroport de Tunis-Carthage empêchés de quitter le territoire, ainsi que les <em>«réquisitions»</em> de Mohammed Ghannouchi, Abdallah Kallel, et Fouad Mbazaa, sommés d’assumer leurs responsabilités et de prononcer la vacance du pouvoir, d’abord provisoire, puis définitive, face aux caméras de la télévision, en étant ainsi pris à témoins par l’ensemble du peuple tunisien.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ATbtzoNOpZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/15/14-ans-apres-la-revolution-tunisienne-les-rois-sont-nus/">14 ans après la révolution tunisienne : les rois sont nus</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 14 ans après la révolution tunisienne : les rois sont nus » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/15/14-ans-apres-la-revolution-tunisienne-les-rois-sont-nus/embed/#?secret=OE4YumDKqO#?secret=ATbtzoNOpZ" data-secret="ATbtzoNOpZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les fameux snipers ?&nbsp; Une Intox qui a fait florès, inventée par les blogueurs, ou par Abdelwahab&nbsp;Abdallah, à moins que ce ne fut Ridha Grira, le ministre de la Défense, et les médias, en particulier Larbi&nbsp;Nasra, le patron de la chaîne télévisée Hannibal, s’en sont emparés pour en faire une réalité dans l’esprit du public, des détenteurs du pouvoir et des forces de l’ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’habileté a&nbsp;été dans son usage politique d’en faire assumer la responsabilité à Ali Seriati, qui en&nbsp;convainquant le dictateur de partir, sa sécurité n’étant plus assurée, avait endossé à son corps défendant&nbsp;le rôle utile du comploteur. Cela arrangeait beaucoup de monde du plus haut sommet de l’État aux agents sur le terrain chargés de s’opposer aux manifestants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En inventant les Comités de quartier chargés de traquer les snipers, Ridha Grira, ou bien peut être Rachid Ammar, a envoyé la populace courir après sa propre queue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi le 14 Janvier 2011 aurait-il été ce fait imprévisible dans la chaîne des événements sanglants ayant débuté le 17 Décembre 2010 et dont la fuite du dictateur n’aurait été que le résultat accidentel ? Les auteurs du Livre l’affirment, en en faisant on aurait envie de dire une fabrication tunisienne à 100%, sans doute pour faire vibrer la fibre nationaliste. Celle qui a fait de la fuite du dictateur l’acte fondateur d’une ère nouvelle, sans ironie, qualifiée de Printemps Arabe. Celle qui a fait du peuple tunisien le digne maître de son propre destin, le fossoyeur des dictatures du monde arabe, et un acteur devenu majeur dans l’Histoire du monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le peuple égaré balise la voie pour l’arrivée d’Ennahdha au pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, le rôle joué par l’Internet, ce bras armé du Pentagone dans la guerre mondiale de l’information, pour ne pas avoir été ignoré, semble largement sous-estimé. Dans la croisade pour la démocratie ce sont&nbsp;les ambassades et les ONG américaines qui ont formé les blogueurs dont le rôle a été déterminant dans l’encadrement des masses face à l’appareil létal&nbsp;du pouvoir, depuis les lancements des mots d’ordre de mobilisation et de dispersion en passant par les parcours des manifestations et le ciblage des structures du pouvoir, en particulier les postes de police et de la garde nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit pas de dire que les supporters du Club Africain ou de l’Espérance de Tunis possédaient l’organisation nécessaire et qu’ils étaient rompus aux affrontements avec la police. Il est vrai qu’en 2014, on n’appréciait pas encore l’impact réel&nbsp;de la toile sur le comportement des foules et que des sociétés comme Cambridge Analytica n’étaient pas encore connues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout comme les manifestants, les blogueurs ont risqué leurs vies, parfois pour un avenir meilleur, et quelques-uns l’ont perdue. D’autres comme certains membres des unités spéciales de la sécurité l’avaient également risquée en empêchant les rats de quitter le navire&nbsp;parce qu’ils ne voulaient pas servir de boucs émissaires à la dictature et à la répression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là à dire qu’il n’y a pas eu d’intervention étrangère, il n’y a qu’un pas qu’on ne peut pas franchir. L’Italie et l’Algérie, gazoduc oblige,&nbsp;ne pouvaient pas rester les bras croisés face à la déliquescence entamée un mois auparavant,&nbsp;de l’autorité&nbsp;en Tunisie. Chacun y est allé de sa partition, même si on ne sait pas encore de quelle&nbsp;manière. Il faudrait aller à Rome pour en avoir la preuve.&nbsp;Et le port de Bizerte occupe une position trop stratégique pour l’Otan entre les bassins oriental et occidental de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, la nomination de Béji&nbsp;Caïd&nbsp;Essebsi au poste de Premier ministre provisoire, n’avait d’autre objectif en préparant l’arrivée d’Ennahdha au pouvoir, que de lier irrémédiablement le sort du pays au marché international, par le biais de la dette odieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est par conséquent&nbsp;tout à fait inutile de chercher ce qu’a fait la CIA durant les journées révolutionnaires :&nbsp;elle a probablement fait comme en Ukraine,&nbsp;en Géorgie, ou en Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samir Tarhouni et&nbsp;Sami Sik Salem ont-ils donc été des héros ? Certainement puisqu’ils ont endossé à un moment crucial la volonté du peuple, et qu’ils en ont payé le prix fort. Malheureusement, il est apparu qu’il existait une large dichotomie entre celle-ci et celle de sa classe politique. Et cette dichotomie est devenue méprise lorsque, convaincu d&rsquo;être libre, il a choisi pour le gouverner ceux qui se souciaient&nbsp;le moins de sa prospérité et de sa sécurité. Ainsi le peuple tunisien, tout comme les héros des tragédies grecques, s’est-il tout simplement égaré. Avait-il réellement le choix ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘14 Janvier, l&rsquo;enquête’’ de Abdelaziz Belkhodja et Tarak Cheikhrouhou, Apollonia Editions, Tunis 2013, 200 Pages. La traduction arabe est parue en 2014.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3qoDIcenTT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/27/historiographie-retour-sur-le-14-janvier-2011/">Historiographie : Retour sur le 14 janvier 2011</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Historiographie : Retour sur le 14 janvier 2011 » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/27/historiographie-retour-sur-le-14-janvier-2011/embed/#?secret=0wLQD4UiCN#?secret=3qoDIcenTT" data-secret="3qoDIcenTT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/14-janvier-lenquete-chronique-dune-meprise-annoncee/">‘‘14 Janvier : L’enquête’’ | Chronique d&rsquo;une méprise annoncée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/14-janvier-lenquete-chronique-dune-meprise-annoncee/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>‘‘La révolution trahie’’ : Le crochet gauche de Hamma Hammami</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Nov 2024 07:20:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Seriati]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[gauche tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Hamma Hammami]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed kilani]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Parti des travailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=14520726</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel en Tunisie, c’est bien parce que les forces de gauche ont servi les pouvoirs contre lesquels elles croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur crédibilité, et que la classe politique a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/">‘‘La révolution trahie’’ : Le crochet gauche de Hamma Hammami</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel en Tunisie, c’est bien parce que les forces de gauche ont servi les pouvoirs contre lesquels elles croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur crédibilité, et que la classe politique a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le bien du pays.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-14520726"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La solution de continuité politique qualifiée de révolution en Tunisie s’est déroulée sous nos yeux, et pourtant si les faits ne souffrent aucune contestation, leur interprétation est loin de faire l’unanimité. Par exemple, on s’accorde à dire que Ben Ali est parti le 14 janvier 2011 dans l’après-midi, mais les circonstances donnent lieu à plusieurs narrations, depuis les ambitions personnelles&nbsp;de Ali Seriati jusqu’aux initiatives de membres (patriotes?) de la sécurité présidentielle, en passant par les traditionnelles manipulations de l’ambassadeur américain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or Ben Ali en partant comptait manifestement revenir, puisque Mohamed Ghannouchi, Abdallah Kallel et Fouad Mebazaa avaient au départ parlé de <em>«vacance provisoire»</em> du pouvoir, alors même que le clan Trabelsi était arrêté et empêché de quitter le territoire. C&rsquo;est le lendemain que, la nuit portant sans doute conseil, on s’est mis à parler de <em>«vacance définitive»</em> avec Fouad Mebazaa nommé président à titre provisoire selon le processus constitutionnel du moment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La révolution de&#8230; la continuité </h2>



<p class="wp-block-paragraph">On ne voit pas comment des personnalités aussi timorées réduites à l’obéissance la plus totale pendant des années ont pu de leur propre chef prendre une telle décision. On est donc obligé de considérer, faute de mieux, qu’une dichotomie s’était produite au plus haut sommet de l’Etat, entre les institutions sécuritaires et politiques dans l’après-midi du 14 janvier, vite été résorbée le lendemain, avec la proclamation de la vacance définitive. Puis il y a eu le gouvernement timoré de Mohamed Ghannouchi, intenable politiquement, remplacé par celui dit provisoire de Beji Caid Essebsi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans tout cela quel rôle ont joué les masses populaires? Il y a eu certes les soulèvements de l’intérieur du pays avec celui des mines de phosphate de Redeyef depuis 2008, mais on ne voit pas pourquoi menaceraient-ils l&rsquo;existence du régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à considérer qu’il s’agit d&rsquo; une manifestation de la lutte des classes exprimée par des revendications salariales non satisfaites, ou de celle des masses populaires revendiquant la liberté et la démocratie, le jugement doit être nuancé, tant que le rôle des notables locaux y compris syndicalistes dans le déroulement du conflit&nbsp;n’a pas été précisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sit-in sur la voie ferrée interdisant toute exportation de phosphate à partir du bassin minier immédiatement après le changement du régime prouve bien que d’autres forces étaient à l’œuvre derrière les revendications syndicales non satisfaites. Et par ailleurs la révolte du bassin minier ne s’était&nbsp;accompagnée d’aucun soulèvement majeur dans le pays menaçant le pouvoir de Ben Ali. Simplement un moment est arrivé après <em>«l’immolation»</em> de Mohamed Bouazizi, quand une partie des forces sécuritaires elles-mêmes soumises à l’influence de facebook et en contact quotidien avec les citoyens ont commencé à ne plus réprimer les manifestations organisées sur les réseaux sociaux, aboutissant à l’intervention des janissaires du régime, qualifiés de <em>«snipers»</em>, envoyés mater la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, si on veut évaluer le rôle des forces de la gauche qualifiées de démocratiques dans le jargon de Mr Kilani dans tout cela, force est de constater que son influence a été, avec tous les respects dus à l’écrivain, nulle, tout comme d’ailleurs celui de l’ensemble des forces de l’opposition (Mouvement du 18-Octobre, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cette opposition s’est réunie miraculeusement l’après-midi du 14 janvier devant le ministère de l’Intérieur, c’est simplement qu’elle avait <em>«appris»</em> que le dictateur était sur le départ. De là à hurler, à l’instar de ce qu’avait fait Abdennasser Aouini, seul la nuit au milieu de l’Avenue Habib Bourguiba, que Ben Ali était parti, comme s’il s’agissait d’une victoire obtenue par le peuple, il n’y a qu&rsquo;un pas que beaucoup ont allègrement franchi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La gauche au service de la contre-révolution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cela n’exonère pas la Gauche, particulièrement le Parti des Travailleurs de Hamma Hammami, de sa responsabilité ultérieure dans le mouvement pour l’Assemblée constituante, et qui a contribué d’une manière décisive à permettre au parti Ennahdha de mener le pays sur une voie de garage. En l’occurrence la préparation aux élections de cette Assemblée constituante allait fournir à Béji Caïd&nbsp;Essebsi le temps dont il avait besoin pour poser le pied du parti Ennahdha à l’étrier du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si donc on veut parler d’une révolution trahie, c’est peut-être à cette opportunité que la gauche a ouverte à la <em>«réaction»</em> pour poser les jalons de la <em>«contre-révolution»</em> politique et sociale, que l&rsquo;on doit d’abord penser.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du reste, l’analyse faite des jeux politiques de Rached Ghannouchi et Béji Caïd&nbsp;Essebsi est pertinente. Ce dernier n’a joué de son fils, dont il ne pouvait pas manquer de savoir qu’il était inapte à assumer le pouvoir, qu’aux fins de démanteler son propre parti, Nidaa Tounès, et d’empêcher l’émergence d’une force dotée de la légitimité (électorale) nécessaire pour s’opposer au nom du principe démocratique aux velléités présidentielles exclusives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le terrorisme le vent en poupe, la crise économique, celle du Covid, l’affaiblissement de l’Etat, la volonté prédatrice et l’arrogance des partis, et surtout l’absence de Cour Constitutionnelle inaccessible grâce à leur jeu, le mécontentement et la piété populaires associés à la médiocrité générale ont balisé le chemin de l’ambition vers le pouvoir. Ce fut Savonarole qui en émergea.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Evidemment, tout cela doit être replacé dans une perspective plus large. La révolution en Tunisie fut l’occasion de liquider les acquis de l’État national, et d’arrimer définitivement le pays à l’économie mondialisée par le biais de la dette contractée auprès des marchés financiers internationaux durant la décennie Ennahdha-Nidaa. C’est ce legs que bon gré mal gré, nous assumons tous aujourd’hui et que nous devons rembourser.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En admettant qu’il y eût bien une révolution et qu’elle ait échoué, on ne peut en jeter la pierre ni à Ebert, ni à Liebknecht, ni à Staline. Il aurait fallu pour cela qu’il y eût d’abord une gauche, qu’elle eût mené une révolution, et qu’elle ait accédé au pouvoir ou ait été bien près de le faire. Ce ne fut évidemment jamais le cas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drame véritable de la gauche en Tunisie fut que ses militants n’aient pas été emprisonnés&nbsp;pour leurs idées ou le danger qu’ils représentaient, qui n’a jamais existé. Autrement dit, tout comme Hamma Hammami l’a fait&nbsp;pour Béji Caïd&nbsp;Essebsi et Rached Ghannouchi en exigeant l’Assemblée constituante, ils ont servi les pouvoirs contre lesquels&nbsp; ils croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur bien-être pour les uns, de leur crédibilité pour les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins Mohamed Kilani dans son livre use d’une vision perspective (sans jeu de mots) jetée sur le passé, certes parfois biaisée par l’inévitable lutte des classes, mais intéressante&nbsp; pour une réflexion approfondie, à la lumière des derniers développements politiques dans le pays. Son&nbsp;évocation de l’Union des forces démocratiques républicaines en tant qu’alternative crédible à la situation politique actuelle, pour autant qu’on ignore qui elle intéresserait, a&nbsp;justement été démentie par l’expérience de l’Union pour la Tunisie, et plus encore par le Nidaa Tounès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel, c’est bien parce que la classe politique tunisienne a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le bien du pays. C’est la quadrature du cercle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘La révolution trahie: le dernier quart d’heure de la transition démocratique’’, de Mohamed Kilani, en arabe, éditions La Gai Savoir, Tunis, 2024.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/">‘‘La révolution trahie’’ : Le crochet gauche de Hamma Hammami</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/10/la-revolution-trahie-le-crochet-gauche-de-hamma-hammami/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Rachid Ammar : «En 2011, j&#8217;ai reçu des consignes pour tirer sur les membres du clan Trabelsi»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/03/rachid-ammar-en-2011-jai-recu-des-consignes-pour-tirer-sur-les-membres-du-clan-trabelsi/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/03/rachid-ammar-en-2011-jai-recu-des-consignes-pour-tirer-sur-les-membres-du-clan-trabelsi/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jan 2022 14:09:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Seriati]]></category>
		<category><![CDATA[clan Trabelsi]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[Ridha Grira]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=375650</guid>

					<description><![CDATA[<p>Auditionné, ce lundi 3 janvier 2022, par la Chambre de la justice transitionnelle auprès du Tribunal de première instance de Tunis, l&#8217;ancien chef d’Etat-major des armées, Rachid Ammar, a affirmé que l&#8217;ancien ministre de la Défense, Ridha Grira, lui avait demandé, en 2011, d’arrêter l’ancien chef de la sécurité présidentielle, Ali Seriati, qui planifiait, selon...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/03/rachid-ammar-en-2011-jai-recu-des-consignes-pour-tirer-sur-les-membres-du-clan-trabelsi/">Rachid Ammar : «En 2011, j&rsquo;ai reçu des consignes pour tirer sur les membres du clan Trabelsi»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/08/Rachid-Ammar.jpg" alt="" class="wp-image-8833"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Auditionné, ce lundi 3 janvier 2022, par la Chambre de la justice transitionnelle auprès du Tribunal de première instance de Tunis, l&rsquo;ancien chef d’Etat-major des armées, Rachid Ammar, a affirmé que l&rsquo;ancien ministre de la Défense, Ridha Grira, lui avait demandé, en 2011, d’arrêter l’ancien chef de la sécurité présidentielle, Ali Seriati, qui planifiait, selon lui, un coup d’Etat.</strong></em></p>



<span id="more-375650"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Il a également affirmé qu’il avait reçu, à la même période, des consignes pour tirer sur les membres du clan Trabelsi à l’aéroport, mais qu&rsquo;il a refusé d’exécuter cet ordre, rapporte Mosaïque FM.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons que Ammar est accusé de meurtre durant les émeutes du 25, 26 et 27 février 2011.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>C. B. Y.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="59ncmQx6Kt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/03/tunisie-accuse-de-meurtre-rachid-ammar-comparait-devant-la-justice-transitionnelle/">Tunisie : Accusé de meurtre, Rachid Ammar comparaît devant la justice transitionnelle</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Accusé de meurtre, Rachid Ammar comparaît devant la justice transitionnelle » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/03/tunisie-accuse-de-meurtre-rachid-ammar-comparait-devant-la-justice-transitionnelle/embed/#?secret=7PsAhRbWSh#?secret=59ncmQx6Kt" data-secret="59ncmQx6Kt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/03/rachid-ammar-en-2011-jai-recu-des-consignes-pour-tirer-sur-les-membres-du-clan-trabelsi/">Rachid Ammar : «En 2011, j&rsquo;ai reçu des consignes pour tirer sur les membres du clan Trabelsi»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/03/rachid-ammar-en-2011-jai-recu-des-consignes-pour-tirer-sur-les-membres-du-clan-trabelsi/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
