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	<title>Archives des capitalisme - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des capitalisme - Kapitalis</title>
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		<title>XXIᵉ siècle &#124; Ce que nous avons appris, et ce qui s’annonce</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 08:48:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous devons comprendre non pas ce que le monde est devenu et ce qu’il est encore possible d’y reconstruire en ce XXIe siècle.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/">XXIᵉ siècle | Ce que nous avons appris, et ce qui s’annonce</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À quelques jours de la fin du premier quart du XXIᵉ siècle, l’humanité se découvre à un moment rare, celui où le temps des promesses s’achève avant que celui des certitudes n’ait commencé. Ce quart de siècle n’a pas seulement accumulé des crises — il a opéré un tri impitoyable entre les récits auxquels nous voulions croire et les réalités que nous avons refusé de regarder. </em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-18103729"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Valeurs universelles, démocratie, mondialisation heureuse, émergence économique, progrès moral continu : autant de piliers intellectuels qui, sans s’effondrer totalement, se sont fissurés au contact du réel. Cet article ne cherche ni à condamner, ni à absoudre. Il propose un examen de ce que ces vingt-cinq années nous ont réellement appris — sur nos valeurs lorsqu’elles deviennent coûteuses, sur nos modèles économiques lorsqu’ils atteignent leurs limites, sur nos ambitions de justice dans un monde désormais contraint — afin de comprendre non pas ce que le monde devrait être, mais ce qu’il est devenu, et ce qu’il est encore possible d’y reconstruire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La grande désillusion morale</h2>



<p>Au cours des quatre-vingt dernières années, le monde s’est raconté une histoire confortable, celle d’un progrès moral cumulatif, d’une humanité convergeant lentement mais sûrement vers des normes communes — droits humains, primauté du droit, démocratie, dignité universelle. Cette histoire avait ses temples – à New York, Paris, la Haye ou Genève – ses textes sacrés, ses gardiens. Elle avait surtout ses sermons.</p>



<p>Puis est venu le réel. Gaza, l’Ukraine, la Libye, l’Irak, le Yémen … — autant de lieux où le langage des valeurs s’est fracassé contre la hiérarchie des intérêts. Le choc n’a pas seulement été géopolitique. Il a été moral. Le Sud global a compris par observation que les valeurs proclamées ne sont pas toujours les valeurs appliquées, et que l’universalité cesse souvent là où commencent les coûts stratégiques.</p>



<p>Ce que nous avons appris est terrible par sa simplicité, les valeurs, lorsqu’elles ne sont pas coûteuses pour ceux qui les défendent, cessent d’être des principes pour se transformer en slogans ; lorsqu’elles deviennent coûteuses, elles sont négociables. Ce n’est pas la morale qui a disparu, c’est sa prétention à l’universalité qui a été démasquée.</p>



<p>La démocratie elle-même, longtemps présentée comme une fin en soi, est défendue avec ferveur chez certains, relativisée chez d’autres, suspendue ailleurs au nom de la sécurité, de la stabilité, ou de l’équilibre régional. <strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">La fracture interne du Nord</h2>



<p>Cette perte de crédibilité des valeurs n’est pas uniquement une perception du Sud. Elle trouve aussi sa source au cœur même des sociétés développées. Le premier quart du XXIᵉ siècle a vu se fissurer la promesse interne du progrès avec une stagnation des classes moyennes, un déclassement éducatif et une insécurité économique diffuse.</p>



<p>Dans ce contexte, la solidarité internationale, le climat, l’aide au développement cessent d’apparaître comme des impératifs moraux pour devenir, aux yeux de millions de citoyens du Nord, des luxes abstraits. Le repli n’est pas seulement géopolitique ; il est social. Un monde anxieux finance difficilement un avenir qu’il ne croit plus pouvoir habiter dignement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La responsabilité des élites</h2>



<p>La désillusion est aussi le résultat d’une faillite des élites politiques, économiques et intellectuelles qui ont longtemps bénéficié de la mondialisation sans en assumer les coûts sociaux et moraux. Globalisées dans leur mode de vie, rarement exposées aux conséquences sociales ou environnementales de leurs décisions, elles ont pu transformer des choix profondément politiques en nécessités techniques.<br>Ce siècle n’a pas seulement révélé l’égoïsme des États ; il a exposé l’écart grandissant entre ceux qui décident et ceux qui paient. Or aucune architecture morale ne survit durablement à une telle asymétrie de responsabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la bipolarité à la <strong>multipolarité</strong></h2>



<p>Le monde qui se recompose n’est plus réductible aux catégories familières du bipolarisme ou de l’hégémonie. Nous entrons dans une multipolarité hybride, où les alliances émergentes — Brics élargis, Organisation de coopération de Shanghai — ne se contentent pas de contester l’ordre occidental, mais expérimentent des formes inédites de gouvernance mêlant souveraineté régionale et échanges Sud-Sud … profondément asymétriques. Cette multipolarité fragmente les normes, les chaînes de valeur et les standards technologiques.</p>



<p>Pour le Sud global, l’enjeu n’est plus de choisir un camp, mais de naviguer entre des dépendances croisées — occidentales et chinoises — sans se laisser enfermer dans une subalternité.</p>



<p>Dans cette configuration instable, la multipolarité n’est ni une promesse automatique de justice, ni une fatalité de fragmentation ; elle devient une opportunité d’innovation diplomatique<strong>,</strong> à condition de penser les alliances non comme des loyautés idéologiques, mais comme des instruments stratégiques réversibles dans un monde de conflits hybrides.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’économie : de l’illusion de l’émergence à la révolution cognitive</h2>



<p>Sur le plan économique, le premier quart du siècle aura également clos une époque d’émergence <em>«mécanique»</em>, fondée sur des recettes désormais épuisées : industrialisation extensive, main-d’œuvre bon marché, insertion linéaire dans les chaînes de valeur mondiales, rattrapage technologique par imitation.</p>



<p>Le miracle asiatique a été un moment historique non reproductible à l’identique. Il reposait sur une mondialisation fluide, une énergie abondante, une finance permissive et un monde sans contraintes climatiques sérieuses. Aucun de ces piliers n’existe plus.</p>



<p>La nouvelle frontière ou rupture est la révolution cognitive. La richesse ne se mesure plus seulement en tonnes produites mais en capacité de production de biens et services complexes donc rares.</p>



<p>A titre d’exemple, un iPhone 17 – qui est un concentré de technologies – vendu aujourd’hui en Europe environ 1 450 euros, soit l’équivalent de près de 27 barils de pétrole aux prix actuels, ne contient pourtant qu’environ 200 grammes de matériaux et du plastique dont la valeur brute dépasse à peine un euro. Ce paradoxe dit tout, ce qui est rémunéré aujourd’hui n’est plus la matière, mais l’idée ; non plus le gisement minier, mais le gisement cognitif. À tel point que les ventes annuelles d’iPhone pèsent désormais davantage que l’ensemble des exportations pétrolières de l’Arabie saoudite.</p>



<p>Le centre de gravité de la richesse mondiale s’est déplacé irréversiblement de l’extraction vers la conception, du sous-sol vers le cerveau. Et pendant que le Nord maîtrisait cette révolution de la connaissance, une grande partie du Sud, encore prisonnière de ses matières premières, n’a pas vu venir ce renversement historique.</p>



<p>L’automatisation, l’IA générative, les infrastructures de données, les modèles d’apprentissage déplacent la valeur de la production vers la conception, de la matière vers l’intelligence. Il y a ceux qui creusent le sous-sol pour survivre, et ceux qui creusent le savoir pour dominer l’économie-monde.</p>



<p>En un mot, l’économie des dernières décennies récompensait l’usine ; celle de 2026 rémunère l’esprit.</p>



<p>Ainsi, la duplication des modèles asiatiques de réussite est devenue une impasse conceptuelle. Parce que ces modèles reposaient sur un monde stable, hiérarchisé, carbone-intensif, faiblement numérisé et abondant en emplois intermédiaires. Le monde de 2026, lui, est décarboné, cognitif, instable, ultra-technologique — un monde où concevoir vaut infiniment plus que produire.</p>



<p>Face à cette nouvelle réalité, une évidence s’impose, l’émergence des pays du Sud ne peut plus être une réplique ; elle doit devenir une invention. L’ambition du Sud global n’est plus de rattraper, mais de se reconfigurer. Non pas copier le passé des autres, mais inventer son propre futur.</p>



<p>Nous entrons dans un âge où la croissance peut subsister sans transformation, où le progrès peut se diffuser sans enrichissement, où l’innovation peut coexister avec le déclassement.</p>



<p>La question centrale de notre époque n’est donc plus comment croître, mais comment se transformer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mutation du capitalisme</h2>



<p>Cette révolution cognitive ne transforme pas seulement la nature de la croissance ; elle modifie la structure même du capitalisme. La valeur ne se concentre plus dans la production, mais dans la capture des rentes intellectuelles, des données, des standards technologiques.<br>Nous sommes entrés dans un capitalisme où l’innovation peut coexister avec une concentration extrême des gains, où la connaissance devient un actif privatisé, et où l’avantage compétitif tend à s’auto-reproduire. Dans un tel système, l’injustice n’est plus une anomalie, elle devient un risque structurel.</p>



<p>L’éducation — longtemps traitée comme un secteur social parmi d’autres — est redevenue le cœur battant de la puissance économique.</p>



<p>Mais pas n’importe quelle éducation, une éducation qui forme à penser, pas seulement à exécuter ; à apprendre, pas seulement à reproduire ; à naviguer dans l’incertitude, pas à réciter des certitudes mortes. La révolution de l’intelligence artificielle (IA) ne remplace pas l’humain, elle sanctionne les systèmes éducatifs qui ont cessé de le cultiver.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA, un enjeu civilisationnel</h2>



<p>L’intelligence artificielle pose une question civilisationnelle. Qui contrôle les architectures cognitives ? Qui possède les modèles, les données, les capacités de calcul ?</p>



<p>Dans un monde où l’intelligence devient industrialisable, la dépendance n’est plus seulement énergétique ou financière, elle devient cognitive. Une société qui renonce à former ses esprits ne se contente pas de perdre en compétitivité, elle abdique une part de sa souveraineté intellectuelle. L’éducation redevient ainsi non seulement un levier de croissance, mais une condition de liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rareté des financements pour le développement</h2>



<p>Le monde qui s’ouvre n’est pas seulement plus conflictuel ; il est plus contraint. L’endettement généralisé des États, après une longue période de politiques monétaires accommodantes, referme la parenthèse de l’abondance financière. Les marges budgétaires se réduisent au moment même où les besoins explosent.</p>



<p>Les investissements massifs dans l’intelligence artificielle &#8211; uniquement aux USA, entre 5000 et 8000 milliards de dollars dans les quatre prochaines années – les budgets annuels de défense 5% du PIB européen et plus de 1000 milliards de dollars aux USA, la souveraineté technologique et énergétique (les besoins en énergies de l’IA représentent aux USA 25% de la consommation actuelle – Data centers) absorbent une part croissante de l’épargne mondiale. Le capital devient sélectif. Les financements concessionnels se raréfient. Les priorités s’arbitrent désormais entre urgences — et non plus entre projets vertueux.</p>



<p>La transition climatique<strong>— </strong>dont les besoins annuels de financement sont estimés entre6 000 et 7 500 milliards de dollars, incluant 2 400 à 3 300 milliards destinés aux pays en développement hors Chine —, longtemps érigée en grand chantier consensuel du XXIᵉ siècle, entre désormais dans une zone de tension critique. Elle se trouve en concurrence frontale avec d’autres priorités désormais perçues comme existentielles comme la sécurité géopolitique, la souveraineté technologique, la stabilité financière.</p>



<p>Le danger est que la justice climatique devienne la variable d’ajustement d’un monde à la fois surendetté, fragmenté et inquiet, où l’urgence immédiate l’emporte sur la responsabilité de long terme.</p>



<p>À cette équation déjà contrainte s’ajoute les besoins annuels globaux d’investissement de l’économie mondiale, toutes finalités confondues, atteignant environ 18 000 milliards de dollars, en sus des montants requis pour le climat, la sécurité et l’IA. Ce chiffre donne la mesure de l’étroitesse réelle des marges de manœuvre budgétaires des États et du poids croissant transféré vers le secteur privé — dont la soutenabilité globale, financière comme politique, demeure à ce stade largement inexplorée.</p>



<p><em>Cependant il y a un paradoxe moral vertigineux, les pays en développement (hors Chine) historiquement les moins responsables du réchauffement de la planète et qui ont le moins profité du carbone se voient sommés d’en assumer une part croissante du coût. C’est la logique la plus cruelle de ce siècle. </em><strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel avenir pour un monde plus «juste» ?</h2>



<p>La question centrale n’est donc plus que faut-il faire ? — nous le savons. Elle est devenue qu’est-ce qui est encore politiquement, financièrement et moralement possible?</p>



<p>Un monde plus juste ne naîtra pas de sermons moraux renouvelés. Il ne naîtra pas non plus d’un retour nostalgique à des universalismes abstraits. Il naîtra, s’il doit naître, d’un réalisme éthique &#8211; la capacité à reconstruire des valeurs non pas contre les intérêts de certains, mais en les reconfigurant.</p>



<p>Cela suppose trois ruptures majeures.</p>



<p>La première est intellectuelle : accepter que la justice mondiale ne sera pas uniforme, mais graduelle, négociée, imparfaite — et pourtant préférable au cynisme intégral.</p>



<p>La deuxième est institutionnelle : inventer des mécanismes de financement hybrides, mêlant capital privé, garanties publiques, innovation financière et discipline budgétaire, plutôt que d’attendre le retour d’un multilatéralisme généreux qui ne reviendra pas sous sa forme passée.</p>



<p>La troisième est éducative et civilisationnelle : réhabiliter l’idée que la puissance véritable d’une société réside dans la qualité de ses esprits, pas seulement dans la taille de son PIB ou de son arsenal militaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Parallèles historiques</h2>



<p>Le moment de désillusion susmentionnée n’est pas sans précédent dans l’histoire des civilisations. Rome, à la fin de sa puissance, découvrit que ses valeurs proclamées ne suffisaient plus à contenir ses contradictions internes ; l’Europe des Lumières, après avoir cru à la raison comme horizon auto-suffisant, dut affronter ses propres ombres au XIXᵉ siècle. Chaque cycle de maturation historique connaît ce point de bascule où les récits s’épuisent avant que les principes ne soient réinventés.</p>



<p>Enfin, le premier quart du XXIᵉ siècle ne nous lègue ni une morale clé en main ni un horizon rassurant ; il nous lègue une responsabilité. Celle de renoncer aux illusions confortables sans céder au cynisme, d’abandonner les universalismes incantatoires sans renoncer à l’exigence de justice. Le monde qui s’ouvre sera plus fragmenté, plus contraint, plus conflictuel — mais il peut aussi devenir plus honnête. À condition d’accepter que les valeurs ne précèdent plus le réel, mais qu’elles s’y éprouvent ; que la justice ne soit plus proclamée, mais construite ; et que la lucidité, loin d’être un aveu d’impuissance, devienne la vertu cardinale d’un siècle qui n’a plus le luxe de l’innocence. Ce n’est qu’à ce prix — et à ce prix seulement — que l’humanité pourra transformer la fin des certitudes en commencement d’une éthique pragmatique.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oGuOeQ1eGR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/tech-or-et-legitimite-des-etats-le-triangle-du-xxi%e1%b5%89-siecle/">Tech, or et «légitimité» des Etats | Le triangle du XXIᵉ siècle</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tech, or et «légitimité» des Etats | Le triangle du XXIᵉ siècle » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/tech-or-et-legitimite-des-etats-le-triangle-du-xxi%e1%b5%89-siecle/embed/#?secret=wu2WEF60ew#?secret=oGuOeQ1eGR" data-secret="oGuOeQ1eGR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Comment reconstruire une alternative écosociale ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/24/comment-reconstruire-une-alternative-ecosociale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 07:22:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui, dans nos sociétés, aura le courage d’articuler justice sociale et survie écologique pour proposer un avenir commun ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans presque tous les pays démocratiques, un même paysage politique s’installe : la droite avance, se durcit, se divise en courants toujours plus identitaires ou nationalistes. L’extrême droite, longtemps confinée aux marges, devient un acteur central ; elle gouverne déjà dans plusieurs pays européens, influence les agendas politiques ailleurs, bouscule les débats nationaux partout. En parallèle, la gauche de gouvernement semble épuisée, fracturée, parfois incapable d’articuler un projet social crédible. Quant aux partis écologistes, malgré leur dynamisme, ils ne parviennent pas à incarner une alternative majoritaire. Faut-il en conclure que la gauche est entrée dans une longue phase crépusculaire ? Ou qu’une autre voie est possible, à condition de repenser ce que pourrait être, au XXIᵉ siècle, une alternative écosociale ?</em></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-17967897"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Ce débat, loin d’être théorique, interroge le cœur même des démocraties contemporaines. Car lorsque l’horizon politique se réduit à la confrontation entre une droite radicalisée et une gauche désorientée, l’ensemble du champ démocratique se trouve fragilisé. Cet article propose un éclairage journalistique sur les raisons de cette recomposition et esquisse les contours d’une refondation possible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi la droite radicale progresse ?</h2>



<p>La première explication est socio-économique. Depuis plus de vingt ans, les rapports de l’OCDE et de nombreux politistes francophones décrivent l’enracinement d’une insécurité sociale durable. Le sociologue français Didier Eribon, dans ‘‘<em>Retour à Reims’’</em> (2009), éclairait déjà ce basculement : une partie du monde ouvrier, jadis bastion électoral de la gauche, s’est sentie délaissée, ignorée, voire méprisée par les partis progressistes traditionnels. Ce sentiment n’est pas qu’une réalité française : on le retrouve en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Suède, ou encore au Canada.</p>



<p>Dans des ouvrages comme <em>La France périphérique</em> (2014), Christophe Guilluy développe une thèse similaire : la mondialisation, les métropoles attractives et les transitions économiques ont laissé derrière elles des territoires <em>«désindustrialisés»</em>, où la fermeture des gares, des écoles, des maternités, des postes et des usines alimente une colère sourde. Que ce diagnostic soit parfois contesté importe moins que sa résonance : la droite radicale y trouve un espace où capter frustrations, rancœurs et sentiment d’abandon.</p>



<p>Le mécanisme est connu : lorsque les services publics reculent, lorsque les protections sociales se réduisent, lorsque les salaires stagnent mais que les prix augmentent, les discours simplificateurs trouvent un écho puissant. L’extrême droite identifie des coupables — migrants, élites, étrangers, institutions supranationales — et propose des réponses rapides, émotionnelles, symboliquement fortes.</p>



<p>À cette insécurité matérielle s’ajoute un malaise politique. Le politologue belge Jean-Yves Camus, spécialiste des droites extrêmes, souligne dans plusieurs conférences récentes que les partis d’extrême droite prospèrent particulièrement dans les pays où la confiance envers les institutions est faible. Or les enquêtes du Cevipof en France, de l’UCLouvain en Belgique ou de Sciences Po Grenoble montrent une chute spectaculaire de cette confiance depuis les années 2000.</p>



<p>Les parlementaires sont perçus comme distants ; les partis traditionnels, comme des appareils ; les gouvernements, comme des gestionnaires sans vision. D’où un désir de rupture.</p>



<p>L’extrême droite arrive alors comme une force <em>«anti-système»</em>, même lorsqu’elle participe depuis longtemps au système politique. Elle canalise une demande de rupture plutôt qu’une adhésion doctrinale.</p>



<p>La droite radicale avance aussi sur le terrain culturel. Sur les questions identitaires, religieuses, mémorielles, elle impose son récit : celui d’une nation menacée, d’une culture en péril, d’une cohésion qui se dissoudrait sous les effets de l’immigration ou du multiculturalisme.</p>



<p>Des essayistes comme Alain Finkielkraut, dans un autre registre que l’extrême droite, ont contribué à installer dans le débat public l’idée d’une <em>«crise identitaire»</em>. Ces discours, combinés à une amplification médiatique parfois sensationnaliste des faits divers, nourrissent l&rsquo;idée que l’insécurité serait omniprésente — même lorsque les chiffres officiels montrent une réalité plus nuancée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi la gauche s’essouffle ?</h2>



<p>Une large littérature sociologique francophone, de Louis Chauvel à Bruno Amable, documente la fragmentation de la gauche. Elle ne parvient plus à rassembler salariés, fonctionnaires, enseignants, classes populaires, jeunes diplômés, ouvriers et employés — chacun de ces groupes ayant désormais des intérêts divergents, voire opposés.</p>



<p>Le politologue français Thomas Piketty propose une lecture particulièrement éclairante : l’émergence de la <em>«gauche brahmane»</em>, une gauche des diplômés, plus progressiste sur les questions culturelles que sur les questions économiques (Piketty, ‘‘<em>Capital et idéologie’’</em>, 2019). Ce déplacement sociologique a profondément modifié le discours de la gauche, parfois perçu comme trop moral, trop urbain, trop éloigné des réalités quotidiennes des classes populaires.</p>



<p>La philosophe Nancy Fraser, bien qu’américaine mais largement traduite en français, a exercé une grande influence dans les milieux intellectuels francophones. Elle parle de <em>«néolibéralisme progressiste»</em> pour désigner ces coalitions politiques qui mêlaient : 1- modernisation économique, dérégulation, réformes du marché du travail; 2- défense des minorités et des droits individuels.</p>



<p>Ce mélange a donné l’impression que la gauche avait délaissé les enjeux économiques pour se réfugier dans le symbolique. Les électeurs populaires, sentant leur vie se précariser, ont cessé de croire à la gauche comme force protectrice.</p>



<p>Enfin, la gauche souffre d’un déficit narratif. Elle ne propose plus un horizon collectif clair. Là où la droite radicale raconte une histoire simple (la nation menacée à défendre), la gauche peine à formuler un récit qui parle au cœur autant qu’à la raison.</p>



<p>Les mobilisations sociales existent — retraites, climat, santé — mais elles ne s’articulent pas toujours en projet global.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’écologie peut-elle remplacer la gauche ?</h2>



<p>Les partis écologistes ont progressé dans les urnes, surtout dans les métropoles. Ils ont imposé la question climatique au centre du débat public. Mais ils souffrent de deux limites : 1- un ancrage sociologique restreint : beaucoup de leurs électeurs sont urbains, diplômés, issus des classes moyennes supérieures&nbsp;; 2- une perception sociale défavorable dans certains territoires : l’écologie est perçue comme une contrainte, une <em>«punition»</em>, notamment lorsque les mesures touchent au carburant, au chauffage ou au coût du logement.</p>



<p>Les analyses de Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion à l’Ifop, confirment ce clivage : l’écologie gagne dans les centres urbains aisés mais peine en périphérie.</p>



<p>La sociologue Sophie Dubuisson-Quellier, dans ‘‘<em>La consommation engagée’’</em> (2020), met en garde contre une écologie réduite à des gestes individuels (tri, bio, vélo). Ce discours, moral, culpabilisant, oublie la dimension collective et structurelle des crises écologiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sans une perspective sociale, l’écologie reste minoritaire.</h2>



<p>Une partie des politiques dites <em>«vertes»</em> se limite à verdir l’existant : voitures électriques hors de prix, compensation carbone, finance verte. Le tout reposant sur des marchés sans régulation.</p>



<p>Les économistes Gaël Giraud (ancien chef économiste de l’AFD) et Alain Grandjean dénoncent cette impasse : le capitalisme vert ne suffit pas à contenir la catastrophe écologique et produit souvent de nouvelles inégalités.</p>



<p>L’écologie seule ne peut donc pas remplacer la gauche. Mais sans l’écologie, la gauche n’a plus d’avenir. D’où la nécessité d’une synthèse : l’écosocialisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’urgence d’une alternative écosociale</h2>



<p>Le point de départ d’une refondation est simple : on ne convaincra pas les classes populaires de la nécessité d’une transition écologique si celle-ci augmente leurs factures, leur fatigue ou leur isolement. Comme l’écrit le politologue Paul Magnette dans ‘‘<em>Écosocialisme’’</em> (2020), <em>«il n’y aura pas de transition écologique si elle n’est pas socialement juste»</em>.</p>



<p>Une alternative crédible devrait proposer : <strong>un État social renforcé</strong>, garantissant santé, éducation, mobilité, logement ; <strong>des investissements massifs publics</strong> dans les transports propres, la rénovation thermique, l’énergie ; <strong>une fiscalité progressiste</strong>, où les plus pollueurs payent davantage ; <strong>une transformation du modèle agricole</strong>, vers des cultures moins dépendantes des pesticides et de l’eau.</p>



<p>L’écosocialisme n’est pas une utopie : c’est une politique réaliste si l’on prend au sérieux le réchauffement climatique, la biodiversité et les fractures sociales.</p>



<p>L’extrême droite prospère sur l’impuissance ressentie. Une alternative doit donc redonner la maîtrise : budgets participatifs ; assemblées citoyennes ; coopératives énergétiques locales ; démocratie au travail.</p>



<p>C’est la leçon du philosophe Pierre Rosanvallon, pour qui la démocratie ne survit que si elle implique réellement les citoyens.</p>



<p>La gauche ne renaîtra pas sans renouer avec le monde du travail : ouvriers, infirmières, enseignants, agriculteurs, employés de la logistique, aides-soignants…</p>



<p>Ces métiers essentiels doivent être placés au cœur du projet politique, non dans les notes de bas de page des programmes.</p>



<p>L’écologie ne doit pas dire : <em>«il faut consommer moins»</em> mais <em>«il faut produire autrement, financer mieux, protéger plus»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau récit pour un nouveau siècle</h2>



<p>L’écosocialisme a un avantage stratégique : il propose un récit mobilisateur. Ce récit pourrait tenir en trois phrases : 1- <strong>protéger les gens</strong> : salaires dignes, droits sociaux solides, accès universel aux services publics&nbsp;; <strong>2- protéger la vie</strong> : air respirable, eau saine, climat vivable, villes verdies&nbsp;; 3- <strong>protéger la démocratie</strong> : participation citoyenne réelle, égalité des droits, lutte contre les oligarchies économiques.</p>



<p>Comme le rappelait Cornelius Castoriadis, une société existe tant qu’elle peut <em>«s’instituer elle-même»</em>. La gauche a perdu cette capacité. L’écosocialisme peut la lui rendre.</p>



<p>La montée de la droite radicale n’est pas un accident historique. Elle est le produit d’un double abandon : social et politique. En laissant se déliter les protections sociales, les services publics et la confiance démocratique, nos sociétés ont créé le terreau idéal pour les forces de colère.</p>



<p>L’écologie, prise isolément, est trop étroite pour être une réponse. La gauche, sans l’écologie, est trop nostalgique pour faire face au siècle qui vient. Seule une refondation écosociale peut offrir une alternative crédible : populaire, protectrice, démocratique et consciente de la finitude du monde.</p>



<p>La question n’est donc plus :<em>«La droite monte, que faire ? » </em>Mais :<em>«Qui, dans nos sociétés, aura le courage d’articuler justice sociale et survie écologique pour proposer un avenir commun ?»</em></p>



<p><em>* Universitaire. </em></p>



<p><strong>Bibliographie francophone&nbsp;:</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Bruno Amable</strong>, <em>L’illusion du bloc bourgeois</em>, Paris, Raisons d’agir, 2021.</li>



<li><strong>Castoriadis, Cornelius</strong>, <em>La montée de l’insignifiance</em>, Paris, Seuil, 1996.</li>



<li><strong>Dubuisson-Quellier, Sophie</strong>, <em>La consommation engagée</em>, Paris, Seuil, 2020.</li>



<li><strong>Eribon, Didier</strong>, <em>Retour à Reims</em>, Paris, Fayard, 2009.</li>



<li><strong>Fourquet, Jérôme</strong>, <em>L’archipel français</em>, Seuil, 2019.</li>



<li><strong>Fraser, Nancy</strong>, <em>Le vieil ordre meurt et le nouveau tarde à naître</em>, Paris, Lux, 2020 (trad. fr.).</li>



<li><strong>Giraud, Gaël</strong>, <em>Transition écologique</em>, Paris, LLL, 2014.</li>



<li><strong>Guilluy, Christophe</strong>, <em>La France périphérique</em>, Paris, Flammarion, 2014.</li>



<li><strong>Magnette, Paul</strong>, <em>Écosocialisme</em>, Paris, La Découverte, 2020.</li>



<li><strong>Piketty, Thomas</strong>, <em>Capital et idéologie</em>, Paris, Seuil, 2019.</li>



<li><strong>Rosanvallon, Pierre</strong>, <em>Le siècle du populisme</em>, Paris, Seuil, 2020.</li>



<li><strong>Żuk, Piotr</strong>, « Écologie pour les riches ? », <em>Revue Capitalisme, Nature, Socialisme</em> (trad. fr.), 2024.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vPjLS5w46U"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/la-nouvelle-lutte-des-classes-entre-elites-et-populistes/">La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/la-nouvelle-lutte-des-classes-entre-elites-et-populistes/embed/#?secret=wgCraqWXKD#?secret=vPjLS5w46U" data-secret="vPjLS5w46U" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tech, or et «légitimité» des Etats &#124; Le triangle du XXIᵉ siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 08:20:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
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		<category><![CDATA[or]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Global]]></category>
		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les actions des géants de l’IA s’envolent, alors que l’or, valeur archaïque, atteint simultanément des sommets historiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/tech-or-et-legitimite-des-etats-le-triangle-du-xxi%e1%b5%89-siecle/">Tech, or et «légitimité» des Etats | Le triangle du XXIᵉ siècle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Jamais les marchés n’auront autant incarné nos contradictions. Alors que les actions des géants de l’intelligence artificielle (IA) s’envolent —Nvidia +1531 %, Palantir +2265 % en trois ans —, l’or atteint simultanément des sommets historiques à 4 250 dollars l’once, une envolée de +157 % sur la même période. La planète financière célèbre le triomphe de la raison artificielle tout en se ruant vers le refuge le plus archaïque qui soit, comme si l’avenir prometteur des transformations de l’IA et la fin du monde cotaient désormais sur le même marché. Deux actifs censés s’exclure montent ensemble : le risque et la peur, la promesse du futur et la couverture contre la fin. Les investisseurs n’ont plus une foi unique, ils en ont deux, contradictoires mais simultanées. Ils croient à la toute-puissance du code informatique et à la fragilité de la civilisation. Ils misent sur l’IA pour reconstruire la croissance, et sur l’or pour survivre à l’échec de cette promesse.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar</strong> *</p>



<span id="more-17698452"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Ce qui se joue ici dépasse les courbes : c’est le récit même du capitalisme contemporain qui vacille. Là où autrefois le progrès et la stabilité marchaient main dans la main, ils avancent désormais dos à dos.</p>



<p>Les investisseurs des pays développés s’abandonnent à une nouvelle mystique, celle de l’IA. Ils croient que les machines sauveront la croissance, que les algorithmes répareront ce que les gouvernements ont détruit, et que les data remplaceront la diplomatie. Le progrès technique devient la dernière idéologie universelle, une théologie du calcul où le code se substitue à la loi, et la prédiction à la politique. Les ingénieurs remplacent les hommes d’État comme gardiens du destin collectif. Les citoyens doutent des institutions, mais croient aux mises à jour logicielles. Les investisseurs ne font plus confiance aux devises, mais aux start-ups. Le capitalisme ne cherche plus à produire, il cherche à croire.</p>



<p>Pour la première fois depuis la machine à vapeur, le capitalisme s’imagine infini. L’IA promet d’abolir la rareté, la fatigue, l’erreur — jusqu’à la mort du doute. Les bénéfices futurs sont actualisés à l’infini, comme si la technologie annulait le temps. Les marchés, eux, se sont faits métaphysiques, s’ils pensent que l’IA peut tout prédire, alors plus rien ne peut surprendre — et donc tout vaut plus, les entreprises technologiques n’ont plus de prix.</p>



<p>Derrière cet enthousiasme algorithmique se cache cependant un autre récit, celui du désespoir d’un monde qui ne croit plus en ses dirigeants. La tech est devenue le dernier substitut à la confiance politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Détresse du Sud : des États fantomatiques</h2>



<p>Pendant que les investisseurs du Nord se laissent envoûter par les promesses de l’IA, les peuples du Sud, eux, fuient des États devenus fantomatiques, incapables de s’imposer comme entités tangibles : infrastructures en déliquescence, institutions minées par la suspicion, populations délaissées se repliant sur des réseaux informels ou choisissant l’exode.</p>



<p>À quoi bon un drapeau flottant au vent avec une monnaie nationale, si les territoires qu’il surplombe ne recèlent que du néant ?</p>



<p>Lorsque la protection, l’équité et l’espérance se réfugient dans des enclaves communautaires, des factions armées ou des migrations forcées, l’État se mue en abstraction bureaucratique – tolérée par les puissances étrangères, mais reléguée à l’insignifiance par ceux qu’elle devrait élever.</p>



<p>Aujourd’hui, la planète des investisseurs s’enflamme pour les promesses de l’IA, tandis que des centaines de millions de personnes dans le Sud Global cherchent encore un abri, une justice, une école ou un dispensaire pour se soigner. L’Occident parie sur la machine; le Sud réclame encore la légitimité de ses Etats. L’un veut abolir les contraintes de la réalité, l’autre cherche simplement à en retrouver une.</p>



<p>Ce contraste n’est pas seulement économique, il est existentiel. Le Nord rêve d’un monde dématérialisé; le Sud réclame encore de la matière — des routes, de la nourriture, de l’eau, de la dignité. Les uns déploient des réseaux neuronaux ; les autres cherchent des réseaux électriques. Le fossé n’est plus entre riches et pauvres, mais entre ceux qui croient encore à la promesse d’un futur, et ceux qui peinent à tenir le présent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’or : la revanche du réel</h2>



<p>Pendant que les entreprises de la tech fabriquent des promesses, la planète redécouvre la plus vieille valeur refuge : l’or.</p>



<p>Le métal ne produit rien, n’innove pas, ne distribue aucun dividende ni intérêt — et pourtant il redevient la seule vérité quand tout vacille. Chaque lingot acheté est un aveu de doute, un bulletin de défiance silencieux. La Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie ou le Brésil en remplissent leurs coffres, c’est la dédollarisation par la gravité.</p>



<p>L’or est la monnaie des nations méfiantes, des économies blessées, des peuples trahis. Dans les villages du Sahel ou les ruelles du Venezuela, il circule comme une contre-monnaie de la confiance. Quand la parole de l’État ne vaut plus rien, le métal pèse ce que la légitimité ne vaut plus.</p>



<p>Ainsi, la ruée vers l’or et la foi dans la tech ne s’opposent pas, elles se complètent. Elles disent la même chose que le monde a perdu confiance. Le Nord se protège de la faillite du système; le Sud, de la faillite de l’État. Les uns achètent des puces ; les autres, de la poussière d’or. Mais tous achètent la même chose : une assurance contre la fin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faillites jumelles des monnaies et des États</h2>



<p>Ce que les marchés vivent sur les écrans, les peuples du Sud le vivent dans la chair. La perte de confiance monétaire et la perte de légitimité politique ne sont que les deux faces d’un même effondrement économique, politique et moral. Là où les investisseurs n’ont plus foi en la valeur de leurs monnaies, les citoyens n’ont plus foi en la parole de leurs gouvernants. Le capital symbolique – celui de la confiance – s’est évaporé.</p>



<p>Le résultat est identique : la fuite. Fuite vers les cryptos ou vers les exils. Fuite des capitaux au Nord, des cerveaux au Sud. Les deux mondes fuient la même chose, la promesse trahie d’un ordre stable. Il n’y a plus d’hommes ou femmes d’Etat, il n’y a dans plusieurs pays que des gestionnaires du déclin ou des comptables du chaos.</p>



<p>Dans les marchés comme dans les institutions, la crédibilité s’est dissoute. Et dans cette érosion, l’humanité redécouvre son vide : sans foi, il n’y a ni monnaie, ni État, ni avenir.<br>La légitimité : la vraie valeur refuge. </p>



<p>La seule ressource durable du XXI<sup>e</sup> siècle, ce n’est ni le pétrole, ni le lithium, ni les data, c’est la légitimité. C’est elle qui convertit le pouvoir en autorité, la richesse en prospérité, la loi en justice. Sans elle, les États se désagrègent en zones grises, et les marchés se perdent dans les bulles.</p>



<p>Dans le Sud global, la légitimité devient la frontière entre l’effondrement et la renaissance. L’Indonésie ou Singapour l’ont compris, la confiance se gagne par la performance, l’inclusion et la justice. Un État est légitime, non pas parce qu’il est reconnu internationalement, mais parce qu’il répond aux besoins de ses citoyens. Un peuple ne croit pas à un drapeau, mais à une promesse tenue.</p>



<p>Demain, la technologie construira des outils, mais seule la confiance construira des nations. L’IA pourra anticiper des famines, prévenir des crises, détecter la corruption, mais encore faut-il que les gouvernants veuillent s’en servir pour le bien commun. La technologie sans légitimité des Etats n’est qu’un pouvoir sans boussole.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Sud, laboratoire de la refondation mondiale</h2>



<p>C’est au cœur de l’instabilité que naissent les grandes renaissances. Et si la fracture du Sud global, loin d’être une fatalité, devenait l’opportunité fondatrice du XXIᵉ siècle ?Berceau des défis majeurs de notre temps — climatiques, démographiques, technologiques, le Sud n’est pas condamné à subir le désordre du monde, il peut en devenir l’architecte du renouveau.</p>



<p>Déjà, des expériences émergent : plateformes citoyennes pour suivre la gestion des budgets publics, IA prédictives pour anticiper les famines ou les sécheresses. Autant d’initiatives qui prouvent qu’une autre modernité est possible<strong>, </strong>enracinée dans la réalité du terrain.</p>



<p>Le Sud peut ainsi transformer la technologie en instrument de légitimité, et non en bulle spéculative. Car l’innovation, lorsqu’elle sert la justice, la transparence et la dignité, devient le ciment d’un nouvel ordre mondial, un ordre fondé sur la <strong>confiance</strong>, non sur la domination.</p>



<p>Le monde de demain ne se divisera plus entre riches et pauvres, mais entre sociétés crédibles et sociétés désavouées, entre celles qui inspirent confiance et celles qui la perdent. Et sur ce terrain décisif, le Sud détient un avantage, celui d’avoir connu la fragilité, et d’avoir appris à rebâtir. Le Sud pourrait réconcilier progrès et légitimité, technologie et humanité.</p>



<p>Enfin, le XXIᵉ siècle s’ouvre sur une équation inédite : la technologie promet l’infini, l’or rappelle la peur, et la légitimité des Etats devient la condition de survie. Entre la foi dans les machines et la fuite vers les refuges anciens, l’humanité cherche un cap — un sens, une boussole, un horizon commun.</p>



<p>Or, cette boussole ne se trouve ni dans les algorithmes ni dans les lingots d’Or, mais dans la confiance retrouvée entre les peuples et leurs États. C’est elle, et elle seule, qui transformera la puissance en civilisation, la richesse en avenir, le progrès en justice.</p>



<p>*<em> Economiste, banquier et financier.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TAclsk9psR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/12/fin-de-la-democratie-vers-une-gouvernance-algorithmique/">Fin de la démocratie | Vers une gouvernance algorithmique ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Fin de la démocratie | Vers une gouvernance algorithmique ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/12/fin-de-la-democratie-vers-une-gouvernance-algorithmique/embed/#?secret=vWm1d9bQKk#?secret=TAclsk9psR" data-secret="TAclsk9psR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘Histoire mondiale de la guerre économique’’ : de la soie et du thé, aux stents périmés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Aug 2023 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[guerres économiques]]></category>
		<category><![CDATA[mondialisation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La domination américaine et  l’émergence d’un contre-pouvoir chinois. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La domination américaine, dernier épisode des guerres économiques qui ont fait et défait le monde depuis l’aube de l’humanité, est en train de susciter l’émergence d’un contre-pouvoir chinois et dans une moindre mesure russe, dans le cadre d’un capitalisme d’Etat.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-9545596"></span>



<p>La guerre économique, la prédation si on veut la qualifier ainsi, est aussi ancienne que l’humanité. Elle a débuté avec les conflits entre les tribus préhistoriques, d’abord contre les animaux sauvages pour le contrôle du territoire et des proies,&nbsp;puis entre les tribus de chasseurs nomades.</p>



<p>Avec l&rsquo;apparition de l’agriculture et la constitution des cités et des Etats, elle a visé à s’approprier le territoire,&nbsp;les biens, et les personnes réduites à l’état d&rsquo;esclaves.</p>



<p>Mais avec l’instauration&nbsp; du commerce,&nbsp; les profits et les convoitises qui en ont résulté, la tentation est devenue grande de contrôler les échanges de marchandises et les transferts d’argent, grâce à des ententes entre le ou les clients et le fournisseur, aux conditions les plus avantageuses,&nbsp;et en excluant les intrus.</p>



<p>Naturellement, l’idéal demeurait toujours pour chacun de s’imposer en fonction de ses propres intérêts, soit par la persuasion, sinon par le recours à la force, et c’était alors la guerre ouverte.</p>



<p>Ainsi les marchandises orientales en provenance de l’Asie, très prisées en Méditerranée, les Phéniciens&nbsp;se sont chargés de leur distribution, en subissant la rivalité des Grecs, et sur les côtes africaines.</p>



<p>Les guerres médiques ont-elles eu pour but le contrôle du débouché commercial de la route de la soie via la Perse? La campagne d’Alexandre le Grand jusqu’en en Afghanistan et les frontières de l’Inde semble le suggérer.</p>



<p>Plus tard, les Romains puis les Byzantins ont pris le relais dans cette confrontation entre l’Est et l’Ouest. Mais la soie est demeurée pendant des siècles en Chine un produit dont les procédés de fabrication étaient jalousement&nbsp; gardés jusqu’à ce que des espions byzantins en rapportent les secrets.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Calculs économiques et mobiles religieux</h2>



<p>Puis l’empire perse ayant été supplanté par les Arabes musulmans, ces derniers ont&nbsp; monopolisé le commerce international et la distribution des épices, très recherchés, avec la collaboration des cités italiennes Venise, Gênes, et Pise, et ce, malgré les Croisades et les interdits de la papauté, contre toute livraison de bois ou de fer aux musulmans, afin de les empêcher de développer une marine de guerre efficace.</p>



<p>Mais les calculs économiques primant sur les mobiles religieux, Venise afin de supprimer la concurrence commerciale de Byzance obtint le détournement de la Croisade en 1204 vers la ville qui fut pillée et occupée par les Latins pendant une cinquantaine d’années.</p>



<p>En Europe du Nord, quelques villes Allemandes constituées en Ligue, la Ligue Hanséatique, prétendirent monopoliser les échanges en imposant leurs prix et en boycottant depuis la mer Baltique jusqu’aux Flandres tous ceux qui refusaient leurs exigences. Mais cette Ligue finit par disparaître avec la constitution d’Etats puissants, particulièrement en Hollande, en Pologne et en Prusse.</p>



<p>En France le Roi réussit à déposséder à son profit l’ordre du Temple, des Croisés, accroissant d’autant ses richesses tout en éliminant un parti&nbsp;dangereux jouissant du soutien du Pape de Rome.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La manière forte contre les autochtones</h2>



<p>Néanmoins, la découverte de l’Amérique, entraîna un afflux d’or considérable en Espagne dans le même temps que ses galions chargés de richesse étaient attaqués lors de la traversée de l’Atlantique par les pirates et les corsaires anglais, hollandais et français.</p>



<p>Mais ce sont les Portugais qui, grâce au savoir-faire des marins arabes pilotant leurs navires, cassèrent le monopole arabe du commerce avec l’Orient en attaquant les villes et les navires bien moins performants que les leurs et en établissant des comptoirs sur les côtes de l’Inde, de Malaisie, et jusqu’aux îles Moluques.</p>



<p>Les Portugais commirent des massacres afin de dissuader quiconque de commercer sans leur autorisation, dont l’un des plus tristement célèbres fut celui ordonné par Vasco de Gama, mettant le feu à un navire musulman dont les passagers brûlèrent vif.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="u7DASO5h3i"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/">‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/embed/#?secret=XHC4sEYRfY#?secret=u7DASO5h3i" data-secret="u7DASO5h3i" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Mais au début du XVIIe siècle vint le temps des compagnies commerçantes, constituées d’actionnaires, afin de minimiser les risques. Ainsi grâce à la compagnie des Indes Orientales d’Amsterdam les Hollandais en guerre contre l’Espagne devinrent des concurrents redoutables des Portugais qu’ils réussirent à supplanter, en particulier en Indonésie et réussirent à monopoliser le commerce des épices en réalisant de fabuleux profits.</p>



<p>Les Hollandais usèrent de la manière forte contre les autochtones qu’ils massacrèrent allègrement en particulier dans les Moluques afin de les obliger à se soumettre à leurs exigences commerciales. Ils empêchèrent dans un premier temps les Anglais, eux-mêmes constitués en sociétés d’actionnaires, de commercer malgré des accords conclus entre les deux parties, et ces derniers furent obligés de se rabattre sur l’Inde et de conclure des accords avec le Grands Moghol, légalisant leur entreprise.</p>



<p>Néanmoins, le démembrement de l’empire Moghol leur donna l’occasion d’occuper le Bengale et d’en accaparer les ressources qui allaient leur permettre de constituer des armées composées de soldats locaux, triompher de tous leurs adversaires en particulier les Français et les Mahrattes au XVIIIe au sortie de la guerre de sept ans, et soumettre la totalité du pays.</p>



<p>La particularité de la conquête anglaise fut donc qu’elle fut menée par une compagnie de commerçants dont les directeurs se trouvaient à Londres, et non par l’Etat Britannique. Il n’empêche, ce dernier leur apporta une aide considérable, en particulier grâce à sa marine de guerre qui empêcha les Français de dépêcher les renforts nécessaires à la défense de leurs comptoirs commerciaux. Les Hollandais furent tout autant évincés après leurs défaites navales face à leurs rivaux et leur influence en Extrême-Orient devint dès lors négligeable.</p>



<p>Néanmoins, la conquête de l’Inde ayant été coûteuse, la couronne britannique prétendit en faire payer le prix aux colons britanniques établis en Amérique, c’est du moins ainsi que ces derniers le comprirent et réagirent en jetant à la mer les cargaisons de thé dont la vente venait d’être taxée, déclenchant la guerre qui devait les mener à l’indépendance.</p>



<p>Les Etats-Unis d’Amérique furent ainsi constitués à l’image des sociétés d’actionnaires avec un parlement correspondant à l’assemblée générale, et un gouvernement équivalent au conseil d’administration. Ce n’est pas par hasard si le libéralisme économique demeure dans ce pays un dogme sacré.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l&#8217;empire britannique aux guerres mondiales  </h2>



<p>La prééminence de l’Angleterre ne fut pas menacée par le blocus continental imposé par Napoléon Bonaparte qui prétendait ruiner ainsi son commerce afin de la forcer à accepter ses conditions, et sa marine après en avoir détruit la flotte s’efforça de ruiner le commerce maritime de la France en attaquant et en saisissant les bateaux des nations neutres, et les Américains que les Français espéraient entraîner dans la guerre à leurs côtés préférèrent alors s’abstenir d’envoyer des bateaux commercer en Europe jusqu’à la fin du conflit.&nbsp;</p>



<p>Cependant, au milieu du XIXe siècle l’East India company, afin d’équilibrer son commerce largement déficitaire avec la Chine, organisa le trafic de l’opium sur une grande échelle  sous la protection de la marine britannique, cela déclencha deux guerres meurtrières dites guerres de l’opium dont l’une aboutit au saccage et à l’incendie du palais d’été de Pékin par les troupes anglaises, un acte de barbarie dont seule la cupidité de deux officiers fut responsable.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7n9f1Ji0It"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/17/south-east-asia-la-quete-de-lautonomie-entre-chine-et-etats-unis/">«South East Asia»: La quête de l&rsquo;autonomie, entre Chine et Etats-Unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «South East Asia»: La quête de l&rsquo;autonomie, entre Chine et Etats-Unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/17/south-east-asia-la-quete-de-lautonomie-entre-chine-et-etats-unis/embed/#?secret=oxeibs4yIr#?secret=7n9f1Ji0It" data-secret="7n9f1Ji0It" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Les Chinois étant attaqués durent payer des dommages de guerre à leurs agresseurs. Ces derniers envoyèrent un botaniste espionner les techniques de culture du thé, dont la Chine perdit alors le monopole de la production lorsqu’il fut cultivé au Bengale par les Anglais pour être commercialisé dans le monde entier. Mais trois années après, avec la grande révolte en Inde, l’East India company fut dissoute et l’administration de l’Inde fut assumée directement par le gouvernement britannique.</p>



<p>La France tenta bien une aventure coloniale au Mexique qualifiée de guerre des petits gâteaux, afin d’obliger ce pays à établir un traité de coopération, mais cette aventure qui vit le couronnement d’un Autrichien à la tête du trône du Mexique finit par le départ de l’armée française, les Etats-Unis à la fin de la guerre de sécession ayant menacé d’armer les révolutionnaires mexicains.</p>



<p>Cependant, avec la montée de l’impérialisme anglais, et depuis son unification et sa victoire contre la France en 1870, l’Allemagne apparaissait comme la puissance émergente dont l’essor&nbsp;industriel et commercial était susceptible de concurrencer l’Angleterre et de menacer ses monopoles en Europe et dans le monde.</p>



<p>Cette rivalité commerciale pour les marchés et l’approvisionnement en matières premières aggravait la rancœur de l’Allemagne qui privée de colonies importantes se voyait incapable de développer une économie sans passer par le bon vouloir de ses concurrents. Cela finit par devenir une guerre mondiale en 1914, et l’Allemagne tenta d’étrangler l’Angleterre grâce à la guerre sous-marine, mais privée de ravitaillement et d’approvisionnement par le blocus de ses ports, elle se trouva contrainte d’accepter l’armistice.</p>



<p>Cette leçon ne serait pas&nbsp;oubliée avec l’accession de Hitler au pouvoir dont le but serait d’assurer à l’Allemagne son autosuffisance en matières premières et produits agricoles nécessaires à son effort de guerre. Mais après avoir tenté de détruire la capacité industrielle anglaise par les bombardements aériens et la guerre sous-marine, c’est l’Allemagne qui fut détruite après l’entrée en guerre des Etats-Unis avec sa capacité de production militaire illimitée et sa flotte aérienne innombrable, combinée à la grande la contre-offensive soviétique.</p>



<p>La fin de la seconde guerre mondiale marqua le début d’une nouvelle ère, celle de la rivalité Est-Ouest, et le péril nucléaire avec le risque de destruction mutuelle imposa à la rivalité des blocs des limites strictes avec le recours à la guerre froide.</p>



<p>En 1973 le conflit israélo-arabe fut marqué par un embargo sur le pétrole par les pays producteurs;&nbsp;mais en réalité, l’augmentation des coûts qui en résulta bénéficia autant aux grandes compagnies&nbsp;pétrolières et relança l’exploitation aux Etats-Unis d’Amérique, en limitant ainsi la dépendance vis-à-vis du Moyen-Orient.</p>



<p>Par ailleurs, dans le contexte de la guerre froide, l’espionnage commercial industriel joua un grand rôle. Les Américains et les Soviétiques ne furent pas les seuls à y recourir. Les Japonais, grâce leur service d’espionnage, le Miti, acquirent de nombreux secrets industriels, parfois grâce à des questions anodines, ce qui permit à leurs entreprises l’essor qu’on leur connaît.</p>



<p>Néanmoins avec la chute de l’Union Soviétique et le triomphe du libéralisme, un autre embargo fut imposé à l’issue de la guerre du Golfe contre l’Irak en 1991, pendant plus de dix ans, avec des effets néfastes sur sa population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Domination américaine et contre-pouvoir Chinois</h2>



<p>Les Etats-Unis, grâce à la mondialisation, s’assurèrent en dehors de leur capacité militaire les outils politiques, financiers, juridiques, et culturels, pérennisant leur contrôle et leur domination sur le monde.</p>



<p>Il faut à cet effet se souvenir de leur insistance à imposer en Europe la commercialisation des films issus de Hollywood et réalisés en étroite coopération avec le Pentagone, une manière efficace de diffuser les normes américaines et de rendre leur domination acceptée par les peuples&nbsp;comme naturelle dans l’ordre normal des choses. C’est ce qu’on appelle le <em>soft power</em>. Il a évidemment été renforcé par l’acquisition par les entreprises américaines de leurs concurrents grâce à différents moyens de pressions et à l’instauration de l’exterritorialité de lois américaines permettant&nbsp; la poursuite judiciaire pour des activités économiques légales normales n’importe où dans le monde, dès lors qu’elles sont considérées comme nuisibles aux intérêts américains.</p>



<p>L’acquisition d’Alsthom par Général Electric constitue à cet effet un cas d’école. Internet&nbsp;qui fonctionne sous le contrôle du Pentagone est un autre aspect de la domination mondiale grâce auquel des entreprises comme Cambridge Analytica analysent en direct l’état du monde et pèsent clandestinement sur les choix, les goûts, la consommation, les élections présidentielles ou certains référendums comme le Brexit. Mais cette domination américaine est en train de susciter l’émergence d’un contre-pouvoir chinois et dans une moindre mesure russe, dans le cadre d’un capitalisme d’Etat.</p>



<p>L’actuelle guerre en Ukraine et les mesures de rétorsion prises contre la Russie, comme son exclusion du système bancaire Swift et la mise&nbsp;hors&nbsp;service de ses gazoducs, démontrent que les considérations économiques continuent de primer, même pendant les guerres.</p>



<p>Nous en arrivons au cas de la Tunisie, dont le président ne partage pas le désir américain d’en faire l’emblème du triomphe de la démocratie libérale dans le monde arabe, et dont la population se trouve exposée à des pénuries de plus en plus sévères des produits de nécessité courante, évoquant les restrictions issues d’une&nbsp; guerre non-déclarée. On ignore où tout cela aboutira.</p>



<p>Néanmoins, si on s&rsquo;en réfère aux pratiques qui ont cours dans un milieu professionnel, celui de la cardiologie, on peut affirmer que la guerre économique menée pour créer des monopoles a débuté depuis longtemps et que sa pratique, conduisant à l’usage des stents périmés ainsi qu’il a été mis en évidence en 2016, a été étonnamment bien maîtrisée par une profession, dont l’honneur et la dignité devraient se situer plus dans la sauvegarde du malade que dans le mercenariat au bénéfice des grandes compagnies du Big Pharma, dans leurs efforts pour accaparer le marché.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘Histoire mondiale de la guerre économique’’, essai de Ali Laidi, éd. Perrin, 15 septembre 2016, 500 pages.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/27/histoire-mondiale-de-la-guerre-economique-de-la-soie-et-du-the-aux-stents-perimes/">‘‘Histoire mondiale de la guerre économique’’ : de la soie et du thé, aux stents périmés</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’avant et l’après coronavirus : Des enseignements pour l’avenir (1/5)</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Apr 2020 14:42:28 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Coronavirus-Planete.jpg" alt="" class="wp-image-292633"/></figure>



<p><strong><em> Le capitalisme sauvage et la mondialisation du néolibéralisme ont joué un rôle primordial dans la production des épidémies et des pandémies, y compris en Chine depuis son ouverture au libéralisme économique. Mais par-delà la gestion en cours de la dernière pandémie en date, le coronavirus, Covid-19, l’avenir ne se pose pas, nécessairement, en termes de «printemps des nationalismes», à travers la montée des expressions nationalistes de la révolution conservatrice, mais de restauration de la démocratie et sa réconciliation avec sa nécessaire dimension sociale et du l’Etat providence qui pèse sur les lois de marché et oriente l’économie vers la prise en compte des droits socio-économiques et culturels de la population.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Mohamed-Chérif Ferjani</strong> *</p>



<span id="more-292631"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-292632"/></figure></div>



<p> Le 27 décembre 2019, un hôpital de Wuhan, capitale de la province du Hubei, informe le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CCCPM), et la Commission nationale de la santé, de l’existence d’une pneumonie inconnue. </p>



<p> Le 31 décembre, le centre de contrôle de Wuhan admet l’existence de cas de pneumonie inconnus liés au marché de gros de fruits de mer de Huanan. </p>



<p> Après le déni et la sanction du médecin qui fut à l’origine de l’alerte dès le 30 décembre 2019, Li Wenliang, ainsi que de ses collègues qui avaient relayé l’information, l’épidémie est prise au sérieux. La Commission nationale de la santé (NHC) à Pékin a dépêché immédiatement des experts à Wuhan. </p>



<p> Le 8 janvier 2020, la cause de la pneumonie est identifiée comme étant un nouveau coronavirus. Des mesures ont été prises rapidement et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’en est d’autant plus félicitée que les autorités chinoises, contrairement à leur habitude, semblent avoir fait preuve de transparence quant à la gestion de ce qui va devenir une crise mondiale. </p>



<p> En effet, l’épidémie se répand très vite atteignant l’Italie, puis la France, l’Espagne, l’Iran, plusieurs pays en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique, dont en particulier les Etats-Unis et le Canada. </p>



<p> L’OMS a très rapidement déclaré que l’épidémie est devenue, en quelques semaines  une pandémie mondiale faisant, depuis son apparition, en décembre 2019, au moins 19.246 morts dans le monde avec plus de 427.000 cas positifs recensés (selon la déclaration du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) datée du 25 mars 2020) et nous n’en sommes qu’au début : depuis, le nombre des morts et des personnes atteintes ne cesse d’augmenter partout, et surtout aux Etats-Unis dont le gouvernement continue à se comporter avec la même irresponsabilité qu’à l’égard du réchauffement climatique et des autres catastrophes qui menacent la planète et l’humanité. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> 1- Une catastrophe inscrite dans le rapport entre l’humain et la nature : </h3>



<p> La pandémie qu’affronte aujourd’hui la planète s’inscrit dans la logique de la tournure catastrophique prise par la volonté prométhéenne de dominer le monde annoncée à l’aube des temps modernes par Descartes dans son <em>‘‘Discours de la méthode’’</em> (VIe partie) où on peut lire que la raison et ses exploits dans les différents domaines des savoirs et de la technique, vont permettre <em>«de nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature»</em>. </p>



<p> Martin Heidegger, tout en considérant que Descartes est responsable de ce péché originel de la modernité où la technique occupe une position hégémonique,  rappelle que la science moderne est en son essence <em>«technique»</em>, du fait qu’elle est devenue, avec Galilée et Kepler un <em>«projet mathématique»</em> de maîtrise de la nature. (Voir Alain Boutot,<em> ‘‘Heidegger’’,</em> Paris, PUF, 1989.) Tout est, selon cette conception, un simple objet de l’impérialisme de la volonté humaine pour qui le monde n’est plus qu’un réservoir de moyens d’étendre sa domination. La raison humaine elle-même est devenue un instrument de cette volonté qui n’a plus pour finalité, comme chez Descartes et ses héritiers des Lumières, l’émancipation de l’humain et sa réalisation, mais la domination sans limite sur le monde. </p>



<p> Hélas !, comme le remarqua par la suite Hannah Arendt, cette perception prémonitoire des méfaits de<em> «l’arraisonnement»</em> soumettant la raison et la science à <em>«la volonté de volonté»</em> de tout dominer, n’a pas permis à l’auteur de la critique la plus radicale de la technique, comme essence du projet prométhéen de <em>«l’homme moderne»</em>, de voir dans le nazisme une extension à la gestion des affaires humaines de cette volonté de domination. Justifiant son adhésion au national-socialisme, il n’y a vu que <em>«la rencontre entre la technique déterminée planétairement et l’homme moderne»</em> en tant qu’elle est «la vérité interne et la grandeur de ce mouvement» qu’est le nazisme. (<em>‘‘Introduction à la métaphysique’’</em>, rédigée en 1936, édition Gallimard, 1980, p 202). </p>



<p> Sans passer de la critique du projet prométhéen de <em>«l’homme moderne»</em> au rejet de la démocratie et à la justification d’un système totalitaire comme le nazisme, d’autres penseurs ont pointé les dérives des progrès techniques mettant en danger les équilibres écologiques. Michel Serres a lancé, dans ce sens, un appel pour un <em>«contrat naturel» </em>comme complément nécessaire du renouvellement du contrat social qu’exige la <em>«coupure brutale»</em> avec ce que nous avons vécu jusqu’ici, y compris sur le plan politique, faisant <em>«que beaucoup de nos institutions se trouvent comme ces étoiles dont nous recevons la lumière et dont les astrophysiciens nous disent qu’elles sont mortes depuis bien longtemps»</em>. (<em>‘‘Le contrat naturel’’</em>, Éditions F. Bourin, Paris, 1990) Il identifie l’origine de la conduite humaine à l’égard du monde ainsi : <em>«Nous avons construit un monde où l’intelligence est la première des facultés, où la science et la technique nous tirent en avant et nous chutons, en produisant plus de misère, de famines, de maladies.»</em> (Entretien avec Guy Rossi-Landi &#8211; Septembre 1993, <em>‘‘Le Figaro.fr Scope’’</em>) Pour rompre avec cette attitude, il appelle, dans la préface de l’édition 2018 de son livre, à <em>«élever la Nature au rang de sujet de droit, bouclant ainsi une histoire longue et difficile… Sous peine de mort, il faut donc désormais renverser cette vieille coutume et considérer que nos politiques et notre droit vivent avec et dans le monde, par lui, pour lui et de lui.» </em></p>



<p> Mais, est-ce seulement le fait de la <em>«condition de l’homme moderne» </em>? Ne sommes-nous pas devant une nouvelle étape de l’évolution des sociétés humaines fondées sur le postulat de l’anthropocentrisme ? </p>



<p> Certes, dans les sociétés préindustrielles, les humains tirant leur subsistance, au jour le jour, de la cueillette, de la pêche ou de la chasse, puis de l’agriculture et des activités artisanales, n’avaient pas les moyens de consommer tout, jusqu’à l’environnement et la condition de leur existence, comme ils peuvent le faire de nos jours. Cependant, comme le rappelle Pascal Pic (<em>«De l’hominisation au développement durable : d’un paradigme à l’autre»</em>, communiqué de presse du 25 janvier 2005, et synthèse du débat disponible sur <a rel="noreferrer noopener" aria-label="ce lien (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.forum-events.com/debats/synthese-pascal-picq-90-41.html" target="_blank">ce lien</a>), cela ne date pas de Descartes, de Copernic ou de Kepler :<em> «Nous avons découvert, en paléoanthropologie, que l’homme appartient à un groupe en voie de disparition en termes de biodiversité (…) Nous appartenons donc à un groupe en voie d’extinction, mais nous avons pu nous redéployer sur la Terre grâce à notre culture : le feu, les outils, les abris nous ont permis d’assurer notre survie grâce à l’innovation et à l’adaptation technologique.» </em></p>



<p> Ce serait donc la peur de disparaître, face à des prédateurs plus forts que lui, qui a poussé l’humain à inventer des outils qui lui ont permis de devenir, au fil du temps, le plus grand prédateur. Un ethnobotaniste, enquêté par Stéphanie Chanvallon dans le cadre de sa recherche doctorale, insiste sur le rôle de la peur que ressent l’être humain face à la nature dans sa volonté de la dominer : <em>«Je pense que la domination de la Nature a toujours existé. La domination de la Nature est liée à la peur que nous en avons. Quand on n’aura plus peur de la Nature, ça ira mieux. On reste avec un cerveau qui date du Paléolithique et nos représentations sont toujours les peurs de la Nature.» </em>(Stéphanie Chanvallon, <em>‘‘Anthropologie des relations de l’Homme à la Nature : la Nature vécue entre peur destructrice et communion intime’’,</em> Université Rennes 2009).</p>



<p> En effet, selon Pascal Picq, c’est à l’époque du Néolithique, que l’entreprise de dominer le monde a pris un tournant décisif avec l’apparition de l’agriculture et de l’élevage qui sont des techniques visant à s’apprivoiser les végétaux et les animaux, et par là-même la nature. Outre la consommation et la production, Jean-Pierre Digard souligne les dimensions sociales, culturelles et idéologiques de cette domestication : <em>«[…] variant largement en fonction des ressources naturelles et culturelles disponibles ainsi que des contraintes écologiques et sociales, les techniques ainsi mises en œuvre ont toutes en commun d’être aussi des ‘‘moyens élémentaires d’action’’, selon les termes de Leroi-Gourhan. […] En produisant des animaux, on produit donc également de la domestication, c’est-à-dire du pouvoir de l’homme sur l’animal. La place que celui-ci occupe dans la vie de nombreuses sociétés se traduit en effet par tout un échafaudage d’usages et d’idées, qui va bien au-delà de ce qui serait nécessaire et suffisant pour satisfaire les besoins vitaux de l’animal. On est donc fondé à se demander si ce n’est pas aussi la recherche de la domestication en soi, et de l’image qu’elle renvoie d’un pouvoir sur la vie et les êtres, qui conduit l’homme à produire des animaux.»</em> (<em>‘‘Les Français et leurs animaux’’</em>, Paris, Fayard, 1999, p.71 ; voir aussi son remarquable travail <em>‘‘L&rsquo;Homme et les animaux domestiques : anthropologie d&rsquo;une passion’’</em>, Paris, Fayard, <em>«Le Temps des sciences»</em> 1990). </p>



<p> Depuis la <em>«révolution néolithique», </em>toutes les sociétés qui se sont inscrites dans les évolutions qui n’en sont que le prolongement, n’ont fait que creuser <em>«la distinction séculaire entre l’homme et la nature, distinction qui a eu l’erreur de libérer l’homme des terreurs et des peurs magiques mais qui est en train de provoquer la ruine de l’humanité et le désastre écologique»</em>, engendrant<em> «les blessures de l’homme coupé de l’univers et […] les gémissements de la nature exploitée par l’homme»</em>, selon l’expression de Richard Bergeron. (R. Bergeron, <em>«Pour une spiritualité du troisième millénaire», ‘‘Religiologiques’’</em>, N°20, automne 1999, p. 231-235, 237-246.) </p>



<p> La mondialisation de la civilisation industrielle et de l’économie capitaliste, rendues   possibles par les découvertes maritimes du XVe siècle et de la Renaissance en Europe, notamment avec les conquêtes coloniales et les modèles de développement adoptés, de gré ou de force, par les différents pays de tous les continents, n’est que l’approfondissement de cette rupture entre les humains et la nature, et des blessures que cette rupture a engendrées. De nos jours, la tournure prise par le capitalisme avec la mondialisation du néolibéralisme, qui a enlevé aux Etats les moyens de peser sur les choix économiques et sur leurs impacts sociaux, culturels et environnementaux, n’est pas étrangère à la multiplication des catastrophes : réchauffement climatique, pollution, épuisement des ressources, surexploitation de la terre et de ses habitants, extinction des espèces, séismes, tsunamis, épidémies qui empruntent les chemins de la circulation des capitaux, des marchandises et des humains. </p>



<p> Habib Ayeb a raison de se demander au sujet de la pandémie du coronavirus : <em>«Et si la disparition des abeilles expliquait la naissance d’un certain nombre de virus et d’autres microbes plus ou moins dangereux ? Pourquoi s’interdirait-on de penser que l’usage intensif des produits chimiques dans l’agriculture, tels que les pesticides, les phytosanitaires, les engrais chimiques et autres antibiotiques massivement utilisés dans les élevages intensifs…, qui détruisent les conditions de vie des abeilles, ne produisent pas en même temps les conditions d’apparition de nouveaux virus. Le corona virus n’est-il pas l’un des nombreux ‘‘héritiers’’ possibles des abeilles ?»</em>(1) </p>



<h3 class="has-text-align-right wp-block-heading"><em>A suivre&#8230; </em></h3>



<p class="has-text-align-right"><em>Sainte Consorce, le 2 avril 2020</em>.</p>



<p><em>* Professeur honoraire de l’Université Lyon 2, Président du Haut-Conseil de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies chercheur associé de plusieurs laboratoires et centres de recherches dont, l’ISERL à Lyon, et Dirasset Maghrébines et l’IRMC à Tunis, auteur de ‘‘De l’islam d’hier et d’aujourd’hui’’, éd. Nirvana Editions et Presses de l’Université de Montréal, 2019, ‘‘Pour en finir avec l’exception islamique’’, éd. Nirvana, Tunis 2017, ‘‘Religion et démocratisation en Méditerranée’’, éd. Riveneuve, Paris 2015/Nirvana, Tunis 2016, ‘‘Le politique et le religieux dans le champ islamique’’, éd. Fayard, Paris 2005, ‘‘Islamisme, Laïcité et droits humains’’, éd. Amal, Tunis, 2012 (l’Hamattan, Paris, 1992),  ‘‘Les voies de l’islam, approche laïque des faits islamiques’’, éd. Le Cerf, Besançon/Paris, 1996, et d’un livre autobiographique : ‘‘Prison et liberté’’, éd. Mots Passants, Tunis, 2015, Nirvana, 2019.<br></em></p>



<p><strong><em> Note :</em></strong></p>



<ol class="wp-block-list"><li><em>Habib Ayeb, <a rel="noreferrer noopener" aria-label="«La  pandémie Covid-19 : Crise sanitaire ou revanche de la terre?» (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://osae-marsad.org/2020/03/26/la-pandemie-covid-19-crise-sanitaire-ou-revanche-de-la-terre/" target="_blank">«La  pandémie Covid-19 : Crise sanitaire ou revanche de la terre?»</a> </em></li></ol>
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