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	<title>Archives des Chine - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Chine - Kapitalis</title>
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		<title>Les monarchies du Golfe face à un Iran «vainqueur»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2026 07:05:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une «victoire» iranienne dans la guerre contre les Etats-Unis obligerait les pays du Golfe à revoir radicalement leurs alliances. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/19/les-monarchies-du-golfe-face-a-un-iran-vainqueur/">Les monarchies du Golfe face à un Iran «vainqueur»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une «victoire» iranienne dans la guerre contre les Etats-Unis serait une démonstration que l’on peut défier la première puissance mondiale, encaisser ses frappes, perdre son Guide suprême, et demeurer debout. Pour les monarchies du Golfe, cette démonstration-là vaudrait toutes les défaites, et imposent d’avoir une stratégie pour vivre à côté d’un Iran vainqueur de la première puissance mondiale. Ce qui se joue au-delà de l’avenir du Golfe, c’est la crédibilité des alliances américaines, la sécurité énergétique mondiale, le destin du pétrodollar, la place de la Chine et, peut-être, la forme même du premier véritable ordre post-américain du XXI</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em> siècle.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yahya Ould Amar</strong> *</p>



<span id="more-19461653"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les grandes ruptures de l’histoire ont ceci de commun qu’elles furent, la veille encore, jugées impossibles. La chute de Saïgon, celle du Mur de Berlin, le retrait américain de Kaboul, à chaque fois, l’ordre établi semblait éternel jusqu’à l’instant où il cessa de l’être. Les Etats sérieux doivent toujours anticiper ce qu’ils feraient si l’impensable advient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Posons donc l’hypothèse si l’Iran, au terme de la guerre qui l’oppose aux États-Unis et à Israël depuis février 2026, sortait <em>«vainqueur»</em> ? L’Iran est vainqueur s’il reste debout et ne perd pas ou reconstitue ses programmes balistique et nucléaire en gardant sa capacité de nuisance démontrée sur le détroit d’Ormuz — face à une Amérique qui, lassée du coût, de l’enlisement et de l’impopularité intérieure, se retire sans avoir obtenu la capitulation qu’elle exigeait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La victoire iranienne est une démonstration que l’on peut défier la première puissance mondiale, encaisser ses frappes, perdre son Guide suprême, et demeurer debout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les monarchies du Golfe, cette démonstration-là vaudrait toutes les défaites, et impose d’avoir une stratégie pour vivre à côté d’un Iran vainqueur de la première puissance mondiale. Ce qui se joue au-delà de l’avenir du Golfe, c’est la crédibilité des alliances américaines, la sécurité énergétique mondiale, le destin du pétrodollar, la place de la Chine et, peut-être, la forme même du premier véritable ordre post-américain du XXIᵉ siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le pacte scellé en 1945 sur le croiseur Quincy entre Roosevelt et Ibn Saoud, l’architecture de sécurité du Golfe repose sur une équation , celle du pétrole contre la protection. Cette équation s’est fissurée bien avant 2026. Les frappes sur Abqaiq en 2019, restées sans riposte américaine, avaient déjà enseigné à Riyad que le parapluie fuyait. Le retrait d’Afghanistan avait montré que l’Amérique savait partir. La guerre actuelle — où les capitales du Golfe elles-mêmes ont été touchées par les salves iraniennes précisément parce qu’elles abritent des bases américaines — a transformé le doute en certitude que la protection américaine est inexistante et devenue un facteur de risque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un retrait américain consommerait trois faillites simultanées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La faillite du garant. Une garantie de sécurité ne vaut que par la croyance qu’on lui accorde. Un Iran vainqueur détruirait cette croyance, dans le Golfe et de Taipei à Varsovie. Les monarchies du Golfe découvrent qu’elles ont financé pendant des décennies, à coups de centaines de milliards d’achats d’armements quasiment inutiles, une assurance dont le sinistre révèle qu’elle ne couvrait rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La faillite du modèle économique régional incarné par la Vision 2030 saoudienne, la diversification émiratie, et le hub qatari. Tous ces projets présupposent une chose que nul ne songeait à écrire tant elle allait de soi — la paix.  Aujourd’hui après le défaut de la protection américaine, on sait que, désormais, rien ne pourrait se construire sous la menace des drones. Les fonds souverains peuvent absorber un choc pétrolier ; ils ne peuvent pas absorber la fuite durable du capital humain expatrié, qui est la véritable matière première des économies post-pétrolières du Golfe. Un Iran vainqueur, maître du tempo sur Ormuz, détiendrait un droit de veto permanent sur le développement de ses voisins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La faillite démographique et confessionnelle, avec un Bahreïn à majorité chiite, la province orientale saoudienne — celle-là même où gît le pétrole et vit la communauté chiite —, la communauté chiite du Koweït, la victoire de Téhéran réactiverait des lignes de faille internes que des décennies de prudence avaient assoupies. La subversion redeviendrait moins coûteuse que la guerre, et infiniment plus difficile à dissuader.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7jjQcu9lR7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/liran-a-tenu-la-fin-de-lere-americaine/">L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/liran-a-tenu-la-fin-de-lere-americaine/embed/#?secret=nqd6ruZRoA#?secret=7jjQcu9lR7" data-secret="7jjQcu9lR7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le dilemme du survivant : trois stratégies pour un monde sans garant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les monarchies du Golfe ne peuvent envisager une autonomie stratégique. En effet cette dernière repose partout et toujours sur trois socles — la science, le nombre, l’usine — et les monarchies n’en possèdent aucun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le socle scientifique d’abord</em></strong>, une dissuasion se conçoit avant de se fabriquer. Elle suppose des générations de physiciens, de chimistes, de métallurgistes, un tissu de recherche fondamentale patiemment sédimenté. La bombe pakistanaise elle-même, si pauvre que fût le pays, sortit de décennies de formation d’ingénieurs. Les monarchies, elles, achètent la technologie, elles ne la produisent pas — universités récentes, brevets rares, laboratoires peuplés de chercheurs sous contrat qui repartiront comme ils sont venus. Un État qui importe ses savants importe aussi leur loyauté, et nul ne bâtit un secret d’État sur des visas de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le socle démographique ensuite</em></strong>. L’Arabie saoudite aligne une vingtaine de millions de citoyens, les Émirats un million à peine sur dix millions d’habitants, le Qatar moins encore. Ces sociétés sous-peuplées, où le national est parfois minoritaire sur son propre sol, ne peuvent ni lever des armées de masse, ni encaisser des pertes, ni militariser leur économie sans la confier à d’autres. Leurs forces reposent déjà sur des techniciens étrangers jusque dans les cockpits et les salles de maintenance. On ne fait pas la guerre en profondeur avec une démographie de comptoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le socle industriel enfin, </em></strong>une industrie d’armement est le sommet d’une pyramide — machine-outil, métallurgie fine, chimie, électronique, réseaux de sous-traitants. Les économies rentières du Golfe n’ont pas construit la base et prétendent ériger le sommet. Même la bombe achetée n’y changerait rien. Une dissuasion louée obéit à son bailleur — la dépendance migrerait de Washington vers Islamabad sans s’abolir. Et la géographie achève l’argument.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce paysage, les monarchies disposeraient de trois stratégies qui ne s’excluent pas et qui peuvent se combiner. Mais chacune a son prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La première est la finlandisation négociée.</strong> La Finlande de la guerre froide avait compris qu’on ne déménage pas sa géographie, elle acheta sa liberté intérieure au prix d’une déférence extérieure envers Moscou. La version des monarchies existe déjà, c’est la politique d’Oman depuis un demi-siècle, c’est la reprise du dialogue saoudo-iranien parrainée par Pékin en 2023. Poussée à son terme, elle signifierait un démantèlement des bases américaines, une exigence que Téhéran a déjà formulée – neutralité proclamée dans les conflits impliquant l’Iran, coopération économique en gage de bonne volonté. En contrepartie, la fin des actes de guerre iraniens contre les monarchies du Golfe. C’est la stratégie du roseau. Son prix est la souveraineté diplomatique ; son gain, la survie du modèle économique. Pour des régimes dont la légitimité repose sur la prospérité plus que sur la puissance, le calcul n’est pas absurde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La deuxième consiste à remplacer un garant défaillant par un portefeuille de garants</em></strong>. C’est la voie déjà engagée, et la plus conforme au génie marchand du Golfe, ne plus dépendre d’un protecteur unique, mais diversifier la sécurité comme on diversifie un portefeuille de fournisseurs. La Chine, premier client du pétrole du Golfe et de l’Iran, a un intérêt existentiel à la libre circulation dans Ormuz. Elle est le seul acteur que Téhéran ne peut se permettre d’étrangler. Le pacte de défense saoudo-pakistanais a déjà esquissé l’adossement à une puissance nucléaire musulmane, mais la dissuasion élargie ne vaut que ce que vaut son garant — Islamabad, qui calibre son arsenal contre l’Inde et survit sous perfusion financière, ne sacrifiera jamais Karachi pour sauver Riyad, et une garantie à laquelle l’adversaire ne croit pas ne protège personne. La Turquie vend ses drones et son savoir-faire, l’Inde sa marine et son marché, la France et la Corée leurs armements sans conditionnalité politique. Israël, enfin, garant paradoxal — le seul qu&rsquo;on n’ait pas à payer, car contenir l’Iran relève pour lui de la survie et non du service rendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun de ces acteurs ne remplacera la V<sup>e</sup> flotte américaine ; ensemble, ils tissent un filet de dissuasion diffuse — pas la certitude d’une riposte à une éventuelle agression, mais la certitude, pour l’agresseur, de se fâcher avec tout le monde à la fois. Le prix de cette stratégie est sa lenteur et son ambiguïté ; son gain, l’irréversibilité, un portefeuille ne se retire pas d’un coup, contrairement à un protecteur.La troisième est l’interdépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste l’arme du capital. Quatre mille milliards de dollars de fonds souverains ne dissuadent pas un missile, mais ils achètent des intérêts. Investir massivement en Iran même — dans son économie exsangue, ses infrastructures détruites, sa reconstruction inévitable — serait le judo stratégique ultime en transformant le vainqueur en débiteur, faire de la prospérité iranienne un otage de la paix régionale. Une communauté de l’énergie, de l’eau et des infrastructures incluant l’Iran est l’idée la plus contre-intuitive et peut-être la plus féconde. Son prix est un courage politique dont l’histoire offre peu d’exemples. Son gain est la seule paix qui dure, c’est-à-dire celle qui rapporte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La variable israélienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe d’une victoire iranienne est qu’elle ferait d’Israël un vaincu stratégique — supérieur sur le champ de bataille, orphelin sur le seul théâtre qui compte, celui de la garantie américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la doctrine israélienne depuis Ben Gourion repose sur deux piliers, la supériorité militaire qualitative et l’adossement à une grande puissance. Un retrait américain sur fond d’échec briserait le second et, à terme, éroderait le premier, car la supériorité qualitative est elle-même fille du réapprovisionnement, du renseignement et du veto américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël se retrouverait dans la situation qu’il redoute depuis 1948 : seul face à son environnement. Sa réponse la plus probable, à moins d’un accord de paix sur les territoires occupés, serait la fuite en avant. Frappes préventives unilatérales et récurrentes contre tout programme iranien, sortie assumée de l’ambiguïté nucléaire pour restaurer par la terreur ce que l’alliance ne garantit plus, réactivation de la vieille <em>«doctrine de la périphérie»</em> — Azerbaïdjan, Kurdes, Inde, et les fonds marins du renseignement. Un Israël sans garant serait plus dangereux qu’un Israël protégé, c’est le pays dont la vulnérabilité maximise l’agressivité. Il deviendrait l’acteur dont l’intérêt objectif est qu’aucun ordre post-américain ne se stabilise, car tout ordre stabilisé consacrerait la centralité iranienne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accords d’Abraham parrainés par les Etats-Unis reposaient sur un syllogisme désormais caduc, même protecteur, même ennemi, donc même camp. Si le protecteur se retire et que l’ennemi triomphe, le syllogisme s’inverse, l’association ouverte avec Israël, hier police d’assurance complémentaire, deviendrait une provocation gratuite envers le nouveau fort iranien. Les monarchies ne rompraient pas — Israël demeure irremplaçable en trois domaines : le renseignement sur l’Iran, la cyberdéfense, et la technologie. Mais elles feraient ce que les cités marchandes ont toujours fait de leurs liaisons compromettantes, elles les rendraient clandestines. Retour à la situation d’avant 2020 — coopération sécuritaire profonde et déni public — avec cette différence que le mouvement se ferait cette fois à front renversé, hier on cachait Israël pour ménager la rue arabe, demain on le cacherait pour ménager Téhéran. La normalisation ne mourrait pas ; elle retournerait dans la pénombre d’où elle était sortie. Seule exception envisageable, si les monarchies choisissaient la stratégie de l’interdépendance (notre troisième stratégie), elles auraient intérêt à y inclure Israël à terme — non par affection, mais parce qu’un ordre régional dont Israël est exclu est un ordre qu’Israël fera tout pour le défaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un Iran <em>«vainqueur»</em> des États-Unis n’aurait ni les moyens ni, en réalité, l’intérêt de faire la guerre à Israël. La victoire par épuisement laisse le vainqueur exsangue, son axe régional décimé, sa reconstruction prioritaire. Certes, depuis 1979, l’ennemi israélien est la pièce maîtresse de la légitimité révolutionnaire en Iran ; un régime recomposé, fragilisé de l’intérieur par les protestations et la succession, aurait plus que jamais besoin de l’ennemi comme ciment. L’Iran choisirait donc la posture qui a fait ses preuves et qui est ni paix, ni guerre totale — l’attrition calibrée, le seuil nucléaire entretenu comme épée de Damoclès permanente, la reconstitution patiente de l’axe. Il s’installerait ainsi entre Israël et lui un équilibre de la terreur : deux puissances du seuil ou de la bombe, sans lignes rouges négociées, sans téléphone rouge, sans le demi-siècle d’apprentissage qui rendit supportable la dissuasion soviéto-américaine. La guerre froide du Golfe serait plus froide que l’originale — et plus inflammable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ce triangle découle, pour les monarchies du Golfe, une quatrième stratégie en devenant les courtiers de cette dissuasion sans règles. Qatar et Oman parlent déjà aux deux camps ; les fonds du Golfe seront indispensables à la reconstruction iranienne comme à l’économie israélienne coupée de ses marchés. Celui qui tient les canaux et les capitaux tient la médiation. Le rôle historique des monarchies dans l’après-guerre ne serait ni de choisir Israël ni de choisir l’Iran, mais d’écrire entre eux les règles que Washington et Moscou mirent des décennies à inventer : lignes directes, codes de conduite, seuils notifiés. La <em>pax americana</em> morte, il n’y aurait pas de <em>pax iranica</em> ni de <em>pax israeliana</em> — il pourrait y avoir une <em>«pax pecuniaria»</em>, garantie par ceux qui financent les deux camps.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ylnGnXZ4I4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/le-siecle-des-impuissances-ou-le-nouvel-atlas/">Le siècle des «impuissances» ou le nouvel Atlas</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le siècle des «impuissances» ou le nouvel Atlas » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/le-siecle-des-impuissances-ou-le-nouvel-atlas/embed/#?secret=TV2jQi1TOy#?secret=ylnGnXZ4I4" data-secret="ylnGnXZ4I4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que le Golfe déciderait, le monde le subirait</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On aurait tort de lire ce qui précède comme une affaire régionale. Le choix que feraient les monarchies dessinerait l’ordre mondial de la seconde moitié du siècle, par trois canaux au moins.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le canal monétaire.</em></strong> Le recyclage des pétrodollars est l’un des piliers discrets de l’hégémonie du billet vert. Des monarchies qui ne croient plus à la protection américaine finiront par se demander pourquoi elles continuent de facturer, d’épargner et de prêter dans la monnaie d’un protecteur défaillant. La facturation partielle en yuan, déjà testée, passerait du symbole à la structure. La fin du pacte du Quincy serait, à terme, un événement monétaire mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le canal énergétique.</em></strong>Un Ormuz sous condominium irano-golfien, avec la Chine en garant tacite, signifierait que 20 % du pétrole mondial circule désormais sous un régime de sécurité dont l’Occident est absent. L’Europe, qui n’a pas de politique pour ce théâtre, en serait réduite au statut de spectatrice de son propre approvisionnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le canal de l’exemple.</em></strong> Enfin et surtout, un Golfe qui réussirait sa transition — d’un ordre de protection vers un ordre de transaction — offrirait au monde le premier prototype fonctionnel du système post-américain, pas un nouvel hégémon remplaçant l’ancien, mais un concert d’assurances croisées, de dépendances mutuelles et de garanties multiples. Le XIX<sup>e</sup> siècle avait inventé l’équilibre des puissances ; le Moyen-Orient pourrait inventer l’équilibre des interdépendances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’Iran, sans le conquérir, aurait contraint le Golfe à changer de monde. Les monarchies, longtemps protégées par la puissance américaine et enrichies par l’ordre qu’elle garantissait, devraient apprendre à survivre au milieu d’un réseau de dépendances croisées — ménager Téhéran sans s’y soumettre, conserver Israël sans l’exhiber, attirer Pékin sans remplacer une tutelle par une autre, mobiliser Islamabad, Ankara, Delhi ou Paris sans croire qu’aucun d’eux deviendra le nouveau Washington, et surtout transformer leur puissance financière en instrument de paix. Si elles y parvenaient, la disparition de la <em>pax americana</em> déboucherait sur quelque chose d’inédit, un ordre fondé sur la transaction, moins sur l’hégémonie que sur l’interdépendance, une véritable <em>pax pecuniaria</em>. Et c’est précisément pourquoi l’issue de cette crise dépasserait de loin Ormuz, ce que les monarchies du Golfe inventeraient pour survivre à l’Amérique pourrait bien devenir, demain, la manière dont le monde apprendrait à vivre après elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/19/les-monarchies-du-golfe-face-a-un-iran-vainqueur/">Les monarchies du Golfe face à un Iran «vainqueur»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Auto &#124; La Chine passe à l’électrique beaucoup plus vite que l’Europe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 06:26:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les automobiles électriques chinoises ont submergé les marchés européens jadis dominés par les marques allemandes.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/17/auto-la-chine-passe-a-lelectrique-beaucoup-plus-vite-que-leurope/">Auto | La Chine passe à l’électrique beaucoup plus vite que l’Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les automobiles chinoises ont submergé les marchés européens jadis dominés par les marques allemandes. Les raisons de cette montée vertigineuse des ventes de voitures chinoises électriques dans le monde sont liées, en plus du prix alléchant défiant toute concurrence et au design adapté au goût du consommateur européens, à l’innovation technologique en général et, en particulier, à la batterie en lithium, sans parler de la richesse des options et au service après-vente, souvent impeccable, en tout cas pour l’Europe. En Pologne, par exemple, la vente des voitures électriques chinoises dépasse de très loin celle des européennes avec en bonus une assurance automobile annuelle pour 1 zloty (environ 0,25 euro) !</em></strong> <em>(Photo : Le SUV électrique Omoda 9 du constructeur chinois Chery sera bientôt fabriqué dans d’anciennes usines Volkswagen en Allemagne Ce modèle incarne les ambitions européennes de Chery, qui dispose déjà d’une usine en Espagne depuis 2024). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-19449500"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des années, le&nbsp;marché chinois&nbsp;a été le moteur de croissance de&nbsp;BMW,&nbsp;Mercedes-Benz&nbsp;et&nbsp;Volkswagen. Tout se vendait presque tout seul, au point que les trois groupes écoulaient encore&nbsp;5,6 millions de voitures en Chine en 2019, soit plus de 23 % du marché local. Mais la donne a changé brutalement avec l’explosion de la&nbsp;voiture électrique. Les chiffres récents montrent une chute d’au moins 30 % des ventes au deuxième trimestre pour plusieurs marques allemandes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Chine, plus de 85 % des ventes des New Energy Vehicle (NEV) sont signées BYD, SAIC, Geely, XPeng et Xiaomi. On recense environ 150 marques chinoises et quelque 500 modèles nouveaux ou restylés ont été lancés.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">En moins d’une décennie, la Chine a fait basculer son marché automobile vers l’électrique à une vitesse inédite. En 2024, les NEV (100 % électriques ou hybrides rechargeables) représentent déjà environ 45 % des ventes, puis dépassent la barre des 50 % au premier semestre 2025, avec 5,46 millions de NEV vendus contre 5,43 millions de thermiques. Le pays comptait fin 2024 près de 23 millions de voitures entièrement électriques en circulation, soit une bonne moitié des immatriculations mondiales de véhicules électriques (VE) de l’année. Pour l’automobiliste chinois urbain, la&nbsp;voiture électrique&nbsp;n’est plus une niche, mais le choix par défaut.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1j2NHzMP3u"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/08/le-secteur-automobile-allemand-va-mal/">Le secteur automobile allemand va mal</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le secteur automobile allemand va mal » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/08/le-secteur-automobile-allemand-va-mal/embed/#?secret=iLcgP1VyHp#?secret=1j2NHzMP3u" data-secret="1j2NHzMP3u" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Allemandes ratt</strong>r<strong>apées par leur retard sur l’électrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, le modèle économique des constructeurs allemands reste bâti sur le thermique premium. En 2019,&nbsp;les groupes BMW,&nbsp;Mercedes-Benz&nbsp;etVolkswagen&nbsp;réalisaient 23,1 % de part de marché en Chine ; en 2025, ils tournent autour de 11,3 %, avec 3,8 millions de voitures seulement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine pèse pourtant encore entre un quart et près d’un tiers de leurs ventes mondiales suivant les groupes, ce qui rend le choc encore plus visible dans leurs comptes. En 2024, ils ont vendu environ 325 000 voitures électriques en Chine, soit à peine 7,5 % de leurs propres ventes locales, alors que près de 28 % des voitures achetées dans le pays sont déjà électriques. Leur présence cumulée sur le segment NEV tourne autour de 3 % : une part minime sur un segment devenu central.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pression se voit aussi sur les marges. Sous l’effet de la baisse de régime en Chine, BMW a abaissé sa prévision de marge automobile jusqu’à 1 %, ce qui en fait l’un des constructeurs européens les moins rentables cette année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Volkswagen a reconnu que son modèle économique était quasiment cassé et prépare un plan de réduction d’environ 100 000 emplois avec des fermetures d’usines en Allemagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à une offre locale très électrique et très technologique, avec des prix agressifs, les Allemands se retrouvent piégés avec un mix encore très thermique et plus cher. Sur le segment d’entrée de gamme où se place la CLA électrique, la berline <em>«est dans une position délicate, ce n&rsquo;est ni la plus abordable ni la plus luxueuse»</em>, analyse Li Yanwei, conseiller auprès de l’association des distributeurs automobiles de Chine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les marques chinoises ont pris l’avantage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tenter de rattraper leur retard, les groupes allemands multiplient les baisses de prix et les modèles dédiés à la Chine, parfois au détriment de la rentabilité. Mercedes a conçu une CLA à empattement long, truffée de logiciels et de commandes vocale dopée à l’IA, vendue beaucoup moins cher qu’en Europe. Mais pour vraiment rivaliser avec Xiaomi ou BYD, il faudrait encore baisser les tarifs, au risque de vendre à perte. Le constructeur explique qu’il mise avant tout <em>«sur une croissance durable plutôt que sur l&rsquo;achat de parts de marché à court terme»</em>, dans un contexte de&nbsp;guerre des prix&nbsp;où le bénéfice trimestriel de BYD a, par exemple, chuté de 55 % pour tomber à son plus bas niveau depuis plus de trois ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le haut de gamme, certains modèles Xiaomi, concurrents d’une Porsche Taycan, atteignent 300 000 ventes en Chine, quand la berline électrique de Stuttgart reste sur quelques dizaines de milliers d’unités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ressenti illustre un basculement plus large de la perception des marques allemandes en Chine. Même sur des modèles électriques capables d’afficher des autonomies comparables à celles des rivales locales, Mercedes, BMW ou Audi sont vues comme moins avancées sur le logiciel embarqué, la conduite assistée ou le divertissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les constructeurs chinois déploient des fonctions très adaptées aux usages locaux, comme le karaoké intégré, les écrans arrière géants ou des sièges qui se rabattent complètement pour transformer l’habitacle en espace de camping.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les Allemands lancent la nouvelle plateforme Neue Klasse de BMW, les Audi développées avec SAIC ou encore les SUV électriques issus du partenariat Volkswagen-Xpeng, avec plus de 10 milliards d’euros déjà investis rien que pour BMW. Mais pour retrouver de l’air en Chine, il leur faudra fonctionner au rythme de la <em>«China speed»</em>, tout en gardant assez de marge pour financer cette transition sur leur propre terrain européen.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="O6VUU1pDRI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/14/auto-electrique-dongfeng-box-bouscule-les-europeennes-de-son-segment/">Auto électrique | Dongfeng Box bouscule les Européennes de son segment </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Auto électrique | Dongfeng Box bouscule les Européennes de son segment  » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/14/auto-electrique-dongfeng-box-bouscule-les-europeennes-de-son-segment/embed/#?secret=misJEJ5oUo#?secret=O6VUU1pDRI" data-secret="O6VUU1pDRI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>L’Italie consolide sa position de 1er fournisseur européen de la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/16/litalie-consolide-sa-position-de-1er-fournisseur-europeen-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Aug 2026 08:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[échanges commerciaux]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au cours des sept premiers mois de 2026, l’Italie demeure le premier fournisseur européen de la Tunisie. , devant la France.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Italie s’impose donc comme le principal fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne (UE) et réduit l’écart structurel avec la Chine.</em></strong></p>



<span id="more-19443758"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des sept premiers mois de 2026, l’Italie demeure le premier fournisseur européen de la Tunisie et le classe au deuxième sur le plan mondial derrière la Chine, avec un écart qui s’est réduit 206 millions de dinars (environ 61 millions d’euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 13,67 milliards de dinars (environ 4,03 milliards d’euros) entre janvier et juillet, enregistrant une hausse de 12,4 % par rapport à la même période en 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) de Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette hausse est principalement portée par les ventes des produits importés d’Italie sur le marché tunisien, dont la valeur a atteint 6,66 milliards de dinars (environ 1,97 milliard d’euros), soit une augmentation de 16,6 % sur un an.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de la même période, les exportations tunisiennes vers l’Italie ont progressé de 8,7 %, s’élevant à environ 7,01 milliards de dinars (2,07 milliards d’euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces rythmes de croissance divergents modifient également la balance commerciale bilatérale. La Tunisie conserve un excédent commercial vis-à-vis de l’Italie d’environ 347 millions de dinars (102 millions d’euros), mais cet excédent a plus que diminué de moitié par rapport aux 733 millions de dinars (environ 216 millions d’euros) enregistrés au cours des sept premiers mois de 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres témoignent ainsi d’un rééquilibrage progressif des échanges en faveur de l’Italie, qui occupe désormais une place prépondérante parmi les fournisseurs de la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les sept premiers mois de l&rsquo;année, les produits chinois sont restés en tête des ventes sur le marché tunisien, avec une valeur d’environ 6,87 milliards de dinars, suivie par l’Italie (6,66 milliards) et la France (environ 6,36 milliards).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Italie s’impose donc comme le principal fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne (UE) et réduit l’écart avec la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce renforcement de la position italienne en Tunisie s’inscrit dans un contexte plus large où l’UE demeure le premier partenaire commercial de la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des sept premiers mois de 2026, 70,4 % des exportations tunisiennes étaient destinées à l’UE-27, pour une valeur de 28,63 milliards de dinars, tandis que 45,3 % des importations — totalisant 25,16 milliards — provenaient de l’UE.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les importations tunisiennes en provenance d’Italie ont augmenté de 16,6 %, contre une hausse de 18,4 % pour celles venant de France. L’Italie occupe également une place de premier plan pour les exportations tunisiennes. L’agence ICE classe l’Italie comme la deuxième destination des marchandises tunisiennes et le deuxième fournisseur de la Tunisie ; une position que les données de 2026 viennent consolider, notamment en ce qui concerne les ventes italiennes.</p>
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		<title>L’Allemagne réforme ses services de renseignement</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/14/lallemagne-reforme-ses-services-de-renseignement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Aug 2026 08:23:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alexander Dobrindt]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[BfV]]></category>
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		<category><![CDATA[Chine]]></category>
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		<category><![CDATA[Friedrich Merz]]></category>
		<category><![CDATA[guerre hybride]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[services de renseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le BND à Berlin se verra conférer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces d'acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La réforme approuvée par le gouvernement fédéral allemand mercredi 12 août 2026 élargit les prérogatives des renseignements et leur attribue des pouvoirs opérationnels car jusque-là les services allemands ont adopté une posture défensive. Considérée comme le ventre mou des pays européens, l’Allemagne est souvent sujette à des opérations de déstabilisation russes comme des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires. À l’ère des guerres hybrides, cette réforme est considérée comme indispensable par les autorités allemandes pour protéger leur pays.</em></strong> <em>(Le siège du BND à Berlin se verra conférer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émanant d&rsquo;acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, en s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;intelligence artificielle. Photographie : Michael Sohn/Reuters).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19434788"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la correspondante du <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/aug/12/germany-approves-lifting-curbs-spy-agencies-security-revolution" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Guardian</a> à Berlin, Deborah Cole, le gouvernement allemand a approuvé un projet de loi visant à lever de nombreuses restrictions imposées à ses services de renseignement depuis l’après-guerre, alors que le pays est sous le choc de deux attentats survenus en un mois et qui ont mis en lumière de graves failles de sécurité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces modifications controversées, qui doivent encore être approuvées par le Parlement, répondent en grande partie à une liste de souhaits établie par les services de renseignement extérieurs et intérieurs, qui déplorent depuis longtemps le retard de l’Allemagne par rapport à ses alliés et à ses ennemis.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Nous transformons nos services de renseignement en véritables services secrets»</em>, a déclaré le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt au journal <em>Bild</em> qui a qualifié cette réforme de <em>«révolution»</em> et d’<em>«historique»</em> en matière de sécurité. Il a ajouté : <em>«Il est grand temps que nous nous positionnions pour être compétitifs et sur un pied d’égalité avec nos partenaires internationaux. Cela exige des capacités opérationnelles et des pouvoirs actifs pour lutter plus efficacement contre le terrorisme d’État moderne et les groupes extrémistes.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un attentat à la voiture bélier perpétré fin juillet lors de la Gay Pride de Berlin par un individu qualifié comme islamiste connu des services de police a été suivi, la semaine dernière, de la découverte d’un drone chargé d’explosifs près d’un avion-cargo ukrainien à l’aéroport de Leipzig, plaque tournante majeure du transport de matériel de défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement de coalition impopulaire de Friedrich Merz, composé de centres-droit et de centre-gauche, est sous pression pour démontrer sa capacité à moderniser le pays afin d’assurer la sécurité de ses citoyens, tout en préservant les droits et principes inscrits dans la Loi fondamentale allemande.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le niveau de menace a considérablement augmenté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les plans de réforme des services de renseignement étaient en préparation depuis des mois et ont fait l’objet de nombreux ajustements avant d’être présentés au gouvernement mercredi dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Service fédéral de renseignement extérieur (BND), qui a fêté ses 70 ans cette année et est dirigé par l’ancien ambassadeur en Ukraine, Martin Jäger, se verra octroyer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émergentes émanant d’acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, avec moins d’obstacles et grâce à l’intelligence artificielle (IA).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités allemandes affirment que le niveau de menace a considérablement augmenté depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, des agents liés à Moscou ayant prétendument mené à plusieurs reprises des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Jäger a déclaré que <em>«l’Allemagne devait être en mesure de montrer à ses adversaires qu’elle est capable de faire de même, afin que l’autre camp en subisse également les conséquences»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à présent, le BND a principalement adopté une posture défensive, se limitant essentiellement à la collecte d’informations et disposant de peu de pouvoirs opérationnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le projet de loi, qui compte plus de 700 pages, les services de renseignement allemands seront autorisés à manipuler ou à supprimer des données, une pratique connue sous le nom de <em>hack back</em> (contre-piratage), méthode de riposte aux cyberattaques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les autres possibilités figurent la modification des instructions de fabrication des armes ou leur neutralisation lors de leur production.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="am11SdXOiB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/07/la-course-a-lia-bat-son-plein-dans-le-monde-du-renseignement/">La course à l’IA bat son plein dans le monde du renseignement</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La course à l’IA bat son plein dans le monde du renseignement » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/07/la-course-a-lia-bat-son-plein-dans-le-monde-du-renseignement/embed/#?secret=Jz9RPZES08#?secret=am11SdXOiB" data-secret="am11SdXOiB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Assouplissement des règles de protection des données</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les paiements en ligne versés à des agents subalternes employés ponctuellement par des gouvernements étrangers pourraient être bloqués afin de prévenir les attaques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le recours à la force par les services de renseignement à l’étranger restera interdit. Cependant, les agents pourront plus fréquemment porter des armes pour leur légitime défense sans autorisation explicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi, que le gouvernement espère voir entrer en vigueur le 1<sup>er</sup> janvier 2027, assouplirait les règles de protection des données, largement critiquées pour leur caractère excessif et contre-productif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le BND et l’Office de protection de la Constitution (BfV), organe de surveillance de la sécurité intérieure, seront autorisés à collecter, stocker et analyser davantage d’informations et ce, plus longtemps grâce à l’IA. Il sera également plus facile d’obtenir l’autorisation d’effectuer des recherches en ligne et de surveiller le domicile de personnes suspectées d’infractions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Allemagne renforcera également le contrôle du BND et du BfV par un conseil indépendant, en plus des pouvoirs déjà conférés à la commission parlementaire de contrôle du renseignement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les réformes soient largement perçues comme nécessaires et attendues depuis longtemps, certains responsables politiques ont mis en garde contre des excès.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Accès élargi aux images de vidéosurveillance publique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La commissaire fédérale à la protection des données, Louisa Specht-Riemenschneider, a déclaré que son ministère serait privé de tout pouvoir de contrôle sur le BND et a critiqué l’accès élargi aux images de vidéosurveillance dans les espaces publics, en Allemagne comme à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Konstantin von Notz, porte-parole du parti écologiste d’opposition s’est dit favorable à un renforcement des pouvoirs du BND mais a toutefois estimé que le projet de loi était <em>«excessif»</em>. Il a notamment critiqué les pouvoirs accordés au BfV, qu’il a jugés difficiles à concilier avec le principe de séparation des pouvoirs entre les services de renseignement et la police, une leçon tirée des pages les plus sombres de l’histoire allemande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte législatif pourrait faire l’objet de recours en justice de la part de ses détracteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à une incertitude géopolitique croissante et aux doutes concernant le rôle des États-Unis comme garant de sa sécurité, l’Allemagne s’est également lancée dans un vaste programme de réarmement. Merz a pris ses fonctions l’année dernière en promettant de faire des forces armées allemandes, la Bundeswehr,&nbsp;l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oTwgTRQ0Ci"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/donald-trump-destabilise-la-communaute-du-renseignement-americain/">Donald Trump déstabilise la communauté du renseignement américain</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Donald Trump déstabilise la communauté du renseignement américain » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/donald-trump-destabilise-la-communaute-du-renseignement-americain/embed/#?secret=w2C52ob03U#?secret=oTwgTRQ0Ci" data-secret="oTwgTRQ0Ci" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/04/ingerences-etrangeres-en-afrique-entre-defense-de-lautonomie-et-pressions-geostrategiques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 06:13:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales. Les Etats-Unis,&nbsp;L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Najiba Ben Hassine *</strong></p>



<span id="more-19372435"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine.jpg" alt="" class="wp-image-19372459" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique berceau des civilisations et riche en ressources naturelles a été le théâtre d’interactions complexes avec les puissances étrangères depuis des siècles façonnant son histoire politique, économique et sociale, affectant ses structures socio-économiques et entravant son développement. Depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, les nations africaines ont été le théâtre de rivalités géopolitiques et économiques et de stratégies de puissances émanant de multiples acteurs internationaux, engendrant des défis complexes et des enjeux confus pour l’Afrique et ses peuples. La reconnaissance de la pleine autodétermination, gage incontournable de la coexistence pacifique et du développement des Etats, implique que chacun possède dans l’ordre mondial l’égale plénitude et exclusivité des compétences étatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept de l’autonomie reflète à notre sens une réalité politique qui transcende les considérations purement juridiques découlant du concept de souveraineté. Il incarne l’idée de la liberté d’action, d’autonomisation et d’autodétermination des peuples concernés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autonomie est, en outre un concept relatif, variable et flexible, dépendant des contextes et des aspirations des groupes ou entités concernés. Il s’ensuit que l’évaluation de l’autonomie et la mesure de sa signification juridique et politique demeurent imprécises et controversées. L’autonomie s’exerce dès lors pour faire face à un acte d’ingérence qui signifie <em>«l’action de s’immiscer, c&rsquo;est-à-dire de s’introduire indûment, sans en être requis ou en avoir le droit, dans les affaires des autres»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conséquence, l’autonomie génère un statut juridique requérant l’acquisition d’un certain degré de puissance. La <em>puissance </em>va plus loin que la simple réunion des éléments constitutifs d’un Etat souverain, et implique la conscience d’un rôle à jouer, d’une mission à remplir et d’un ordre à établir dans un contexte complexe de rapportsinternationaux rappelant à chaque Etat l’obligation de se positionner par rapport à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est pertinent de rappeler à cet égard que la Charte de l’Organisation des Nations Unies (Onu) a interdit l’intervention dans les affaires intérieures des Etats et a érigé cette interdiction en un corollaire du principe de l’égalité souveraine des Etats et une condition essentielle de l’établissement de la paix et de la sécurité internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article 4 de la Charte de l’Union africaine (UA) a pris soin également de réaffirmer les principes de l’<em>«égalité souveraine et interdépendance de tous les Etats membres de l’Union»</em> ainsi que celui de la <em>«non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, l’Afrique est la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales, Pendant la période coloniale, les puissances coloniales ont exploité les ressources du continent africain&nbsp;; ils ont laissé derrière elles des divisions artificielles source de tensions et de conflits. Dans la période postcoloniale, en dépit de l’acquisition de l’indépendance, la domination et l’ingérence étrangère persistaient sous de nouvelles formes, souvent perpétués par le néocolonialisme. Les Etats-Unis,&nbsp;L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingérence étrangère revêt différentes formes politique, économique, diplomatique militaire et culturelle. Ainsi, on se trouve confronté à une Afrique de plus en plus impliquée dans la mondialisation et très convoitée par les grandes puissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ingérence étrangère a toujours constitué un facteur déstabilisant du continent noir et un frein à son développement et à l’exercice de sa pleine souveraineté sur ses ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faire face à cette dépendance vis-à-vis de l’étranger, le panafricanisme se présente&nbsp;comme un mouvement politique unitaire, permettant de relever collectivement les défis de la mondialisation, du développement, de la sécurité et la consolidation des acquis précaires de l’exercice des souverainetés nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UA, s’inscrivant dans une gouvernance multilatérale, s’efforce d’ériger l’autonomie et la libération en leviers du développement et de stabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l’autonomie des Etats africains à l’épreuve de l’ingérence étrangère nous parait hasardeuse à traiter. La disparité des Etats africains implique, un traitement différentié à géométrie variable de situations divergentes voire antagonistes, aggravés par le poids de l’héritage colonial auquel s’ajoutent les clivages culturels et les frontières artificielles entre les nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le continent africain compte 54 Etats appartenant à des civilisations différentes et connaissant des niveaux de développement variés voire disparates ; on note cinq grandes régions : Afrique du Nord, Afrique de l&rsquo;Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe. L’amplification des regards et des intérêts externes qui pèsent sur le continent ainsi que la pluralité, la diversité et les interférences des entités interventionnistes complexifient encore notre analyse : les Etats, les organisations et les institutions financières internationales&#8230; Il est légitime, dès lors, de questionner la liberté d’action des Etats africains contre toute forme d’ingérence étrangère ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">I- L ’ingérence étrangère : entrave incessante de l’autonomie des Etats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est opportun dans ce contexte de traiter la pluralité des formes de l’ingérence étrangère et son impact déstabilisant sur le continent. Cette ingérence a marqué l’espace africain revêtant des formes très variées et attestant de stratégies interventionnistes établies d’une manière différenciée en tenant en compte les particularités de chaque Etat africain et de l’étendue des liens historiques politiques et économiques qui les rattachant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence politique</strong></em> présentée comme <em>«une intervention tendant, directement ou indirectement, à imposer un régime démocratique à une entité souveraine par des pressions multiformes (conditionnalités, menaces ou recours à la force)»</em>, remettant en cause le principe de l’autonomie constitutionnelle des Etats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conditionnalité démocratique de l’aide au développement représente une manifestation spectaculaire de l’ingérence étrangère dans la mesure où elle a été consacrée dans des convention internationales ou régionales qui mettent en exergue l’exigence démocratique comme condition de l’application desdites conventions ou accords à l’image de la Convention ACP/UE signée le 23 juin 2000 et l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE signé en 1995. &nbsp;L’institutionnalisation de l’ingérence démocratique en direction de l’Afrique&nbsp;la transforme en&nbsp;un enjeu de débat public international légitimant l’intervention d’acteurs transnationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A titre d’illustration, la gouvernance internationale des élections dans le Golf du Guinée (Nigéria, Cameroun, RDC) s’est imposée comme un moyen de reconstruction des Etats en faillite. Néanmoins, ces ingérences ont souvent contribué à l’établissement d’une forme de tutelle politique et d’un clientélisme entre les agents électoraux internationaux et les élites électorales internes, au détriment de la prise en considération de la souveraineté des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France et des États-Unis ont entretenu un interventionnisme discriminatoire qui amène à stigmatiser certains États non démocratiques et à tolérer d’autres attestant de l’instrumentalisation et de l’ambivalence de la conditionnalité démocratique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, au-delà du transfert des valeurs démocratiques, se dévoile la quête par les <em>«entrepreneurs de la cause démocratique»</em> d’un positionnement géostratégique et d’une hégémonie idéologique, politique et économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence humanitaire </strong></em>vise dans sa conception initiale à influencer, à contrôler les actes d’un gouvernement étranger qui enfreignent gravement lois d’humanité.  Néanmoins la politisation de cette pratique risque de camoufler les motifs réels de l’intervention, d’autant plus que le flou juridique qui entoure cette notion pourrait conduire à s‘en servir pour légitimer une ingérence dans les affaires des Etats autorisant des programmes impérialistes au nom de valeurs universelles. Il en atteste pleinement la sélectivité dans le choix des théâtres d’intervention humanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence militaire </strong></em>s’exerce également en dépit de l’affirmation intensive du principe du non recours à la force armé dans l’ordre juridique internationale. Cette forme d’ingérence trouve une légitimation internationale. Le continent africain est le théâtre d’affrontements militaires les plus atroces et les plus meurtriers dans le monde. La quasi-totalité de ces conflits surgissent via l’appui de grandes puissances, ou en leur nom. Le cas du Rwanda est le plus emblématique de par le caractère génocidaire du conflit aggravé par une ingérence militaire française.Les conflits armés au Soudan et au Mali provoquent la crise humanitaire la plus grave et la plus atroce dans le continent les transformant en terrains de tensions géopolitiques.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a, également, <em>l’ingérence économique et monétaire. </em>Il s’avère pertinent de rappeler dans ce contexte que la résolution adoptée par l’AG de l’Onu le 12 décembre 1974 énonce que <em>«chaque Etat détient et exerce librement une souveraineté entière et permanente sur toutes ses richesses, ressources naturelles et activités économiques».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, on assite à&nbsp;une course contre la montre entre les puissances étrangères pour s’implanter dans les différents pays d’Afrique par des accords militaires ou des partenariats économiques &nbsp;Pour tous les pays industriels entrés dans l’ère de l’électronique et du numérique, les gisements de minéraux&nbsp; à usages industriels rendent l’Afrique plus attractive créant ainsi des rivalités entre les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, la France, le Royaume-Uni, et la Turquie &nbsp;en tissant des relations d’affaires avec les Etats africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingérence non seulement freine mais entrave le développement équitable durable&nbsp;&nbsp; du continent africain. Elle alimente en outre l’insécurité, les tensions et les conflits armés source de fragmentation et de morcellement de Etats africains&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’entrave au développement</em> :</strong> les partenariats entretenus entre les Etats africains ont été conçus dans une logique de déséquilibre et de domination négligeant les enjeux et les défis confrontés par les Etats africains et traduisant une surexploitation des ressources au détriment d’une véritable coopération inclusive et intégrée se fondant sur une gouvernance des échanges économiques sociaux et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans une pauvreté multidimensionnelle, dont 51 % (soit environ 588 millions de personnes) résident sur le continent africain</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, un fossé est en train de se creuser entre les pays à revenus moyens en plein essor et les Etats fragiles et les moins développés, aggravant ainsi les déséquilibres socioéconomiques du continent et le poids de la dette souveraine et de l’inflation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partenariats UE/ Afrique demeurent aussi déséquilibrés. L’accord de Samoa signé le 15 novembre 2023 s’est succédé à l’accord Cotonou, en visant entre autres à lutter contre le changement climatique, protéger l’environnement et garantir une gestion durable des ressources naturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, si cet accord se présente comme un accord de partenariat, il lie des puissances inégales tout en conservant la dépendance et la démarche débiteur/créancier qui caractérisent les accords de Cotonou, et pourrait influencer le processus de l’autonomie décisionnel des Etats ACP dans les instances internationales. En 2019, l’Afrique représentait 2,8% du commerce mondial.&nbsp;Le commerce intra régional de l&rsquo;Afrique ne représentait que 4,4% du commerce continental total.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’escalade de la violence et des conflits</em> </strong>alimentent la fragmentation et l’affaiblissement des structures étatiques centrales et locales et génèrent un continent instable dont la paix est confisquée. La perpétration des coups d’État aggrave encore l’instabilité et l’insécurité et creuse davantage le fossé d’incertitude et de méfiance entre les gouvernants et les gouvernés et les différents acteurs nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1950,&nbsp;l’Afrique a connu 220 des 492 tentatives de coup d&rsquo;État recensées dans le monde. On recense, de surcroît, une hausse de 45% du nombre de situations de conflits armés en Afrique depuis 2020, provoquant le déplacement de quelque 35 millions de personnes sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme par les parties belligérantes lors de conflits armés en Afrique laisse présager une atmosphère d’impunité et de stigmatisation du continent et des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système de la responsabilité internationale est accusé d’être sélectif et discriminatoire en se focalisant sur les crimes internationaux perpétrés sur le continent africain et en passant sous silence ceux commis ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, il nous semble que cette situation d&nbsp;insécurité et de guerre est stimulée par les puissances interventionnistes afin de pérenniser leur mainmise sur les ressources du continent : étant fragilisé et fragmenté sa domination devient de plus en plus aisée.&nbsp; L’effacement des entités étatiques et la montée en puissance de groupes armées irréguliers et de milices, la perte par l’État du monopole légitime de la contrainte représentent des handicaps majeurs au développement durable et à l’établissement de la paix et de la sécurité à l’échelle régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II- Les palliatifs visant à renforcer l’autonomie des Etats africains </h2>



<p class="wp-block-paragraph">On opte dans ce contexte pour une étude sélective de ces palliatifs en mettant en exergue les plus influents, à savoir l’apport de la gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA et le renouvellement des résistances nationalistes à l’échelle étatique&nbsp;: <strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>La gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA</strong> : </em>depuis le milieu du XX<sup>e</sup> siècle, le multilatéralisme régional s’est progressivement affirmé comme le mode privilégié de coopération internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’indépendance, les responsables politiques des nouveaux Etats africains se sont servis des idées du panafricanisme pour défendre l’unité du continent et la formation d’une organisation d’intégration africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article 3 de l’acte constitutif de l’UA énonce parmi les objectifs de l’Union <em>«de défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance de ses Etats membres»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée de l’intégration régionale a été toujours présentée comme corollaire du développement, de stabilité et de solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le multilatéralisme tente de mobiliser les Etats africains pour préserver leur autonomie en assumant pleinement les responsabilités découlant de leur autonomie moyennant une reconceptualisation du principe de souveraineté. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le rôle de l’UA dans la consolidation de l’autonomie des Etats africains et la sécurité du continent se manifeste dans son action opérationnelle guidée par une conception de la souveraineté-responsabilité centrée sur l’homme. Elle défend l’idée de souveraineté partagée enrichie par l’exigence du sentiment d’humanité et de responsabilité pour faire face à des défis qu’un Etat seul ne peut pas relever et qui doivent être traités collectivement dans un esprit de solidarité et de complémentarité tels que la pauvreté, l’insécurité, les crimes internationaux, la pollution…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création du Conseil de Paix et de sécurité par l’Acte constitutif de l’UA marque un tournant décisif dans le renforcement système de sécurité collective africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, l’adoption de l’accord portant création de la ZLE continentale africaine signé en 2018 visant à pallier aux vulnérabilités des économies africaines…</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UA est, toutefois, confrontée à des défis majeurs tenant à sa capacité à s’ériger en une véritable puissance régionale, à gérer efficacement les disparités et tensions entre les Etats africains. &nbsp;Encore faut-il craindre l’enchainement vers un simple mimétisme du modèle d’intégration européenne sans une prise de conscience des particularités du contexte africain, en transformant l’organisation indirectement en un outil de domination et d’ingérence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Le renouvellement du nationalisme africain</strong> </em>a aujourd’hui conduit à placer l’identité ethnique, nationale et religieuse au cœur de tout projet politique, défendant l’autonomie des Etats africains dans son acception de résistance aux tentatives du néocolonialisme et aux ingérences étrangères<sup>, </sup>et répondant aux aspirations de leurs populations à l’autonomie et la prospérité. Ce qui se manifeste en particulier dans le discours politique et la remise en cause d’accords conclus avec les   anciennes colonies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée du nationalisme reflète dans le discours politique des leaders africains une réponse à la domination et aux ingérences étrangères et une quête d’une position respectable sur la scène internationale. Il en atteste la dénonciation en cascade des accords de défense par les États africains qui marque une rupture historique avec les anciennes colonies et en particulier avec la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le président sénégalien Bassirou Diomaye Faye annonçait le départ des troupes françaises du Sénégal. Il a estimé que la présence militaire française<em> «ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l&rsquo;indépendance»</em>.Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a annoncé la rupture de l’accord de défense entre le Tchad et la France. Il a qualifié cette décision d’<em>«acte souverain, mûrement réfléchi et entièrement assumé»</em>. Ces décisions ont été précédées du retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso puis du Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impact de ces tendances nationalistes africaines sur la réaffirmation et le renforcement des souverainetés nationales devrait être, sans doute, mesuré à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, il est permis de craindre l’avènement d’un nationalisme sélectif dissuasif à l’égard de certaines puissances interventionnistes mais permissif à l’égard d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De surcroît, ce nationalisme devrait être impérativement accompagné de politiques nationales de réforme et de consolidation des structures étatiques internes et d’une gouvernance dans la gestion des ressources nationales ainsi qu’une internalisation et africanisation des valeurs démocratiques. Il devrait aller de pair également avec une reconfiguration profonde des partenariats établis avec les Etats tiers ou les groupements interétatiques fondée sur l’égalité souveraine et la préservation des richesses africaines pour les générations futures ainsi qu’un développement durable et équitable du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, Une stratégie autonomiste mais ouverte au monde extérieur ne peut réellement s’affermir qu’au moyen d’une solidarité panafricaine globalisée qui transcende les divergences et les tensions entre les Etats africains. Etant confrontés à des défis énormes et partageant un sort commun, ces Etats doivent en conséquence s’engager dans une <em>autonomisation </em>propre au continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Maitre-assistante en droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Sousse.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/04/ingerences-etrangeres-en-afrique-entre-defense-de-lautonomie-et-pressions-geostrategiques/">Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Chronique critique des puissances mondiales (2026–2036)</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Aug 2026 09:28:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la prochaine décennie, l’équilibre des forces dans le monde sera plutôt une physique instable de la puissance.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/chronique-critique-des-puissances-mondiales-2026-2036/">Chronique critique des puissances mondiales (2026–2036)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Je me surprends à relire la carte du monde comme on relit une page déjà annotée : les mêmes noms, les mêmes mers, les mêmes détroits, et pourtant une autre grammaire du pouvoir. Dans la prochaine décennie, l’équilibre des forces ne ressemblera ni à un duel pur entre deux empires, ni à une harmonie multipolaire où chaque pôle serait net, stable, raisonnable. Ce sera plutôt une physique instable de la puissance, faite d’élans et de retenues, de coalitions improvisées, de dépendances converties en leviers, et d’une question obsédante : qui peut encore promettre la sécurité — énergétique, technologique, militaire, alimentaire — sans payer un prix politique intérieur trop élevé ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong> *</p>



<span id="more-19356076"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les vieilles métriques (PIB, effectifs militaires, réserves de change…) restent nécessaires, mais elles cessent d’être suffisantes : on peut être riche et fragile, armé et paralysé, connecté et vulnérable. D’une certaine manière, la décennie qui vient prolonge un basculement déjà visible dans les diagnostics des grandes institutions : la croissance mondiale paraît appelée à rester <em>«stable mais médiocre»</em>, avec des risques orientés vers le bas, parce que les tensions géopolitiques, la volatilité financière et la fragmentation géoéconomique ne sont plus des accidents mais des paramètres structurels <em>(IMF, 2024)</em>. La Banque mondiale décrit elle aussi un monde où l’incertitude et les frictions deviennent un vent de face durable, et où la mondialisation ne s’effondre pas : elle se recompose par segments, par alliances, par exclusions <em>(World Bank, 2025)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui change, au fond, c’est la place prise par la sécurité économique. On ne parle plus seulement de commerce, on parle d’accès ; plus seulement d’avantages comparatifs, on parle de goulets d’étranglement ; plus seulement d’efficience, on parle de redondance. Les dépendances, autrefois tolérées parce qu’elles semblaient rationnelles, deviennent des vulnérabilités à cartographier, à réduire, parfois à instrumentaliser. Le pouvoir, alors, se niche moins dans la capacité de produire <em>«tout»</em> que dans la capacité de rendre les autres incapables de se passer de vous dans <em>«quelques»</em> secteurs clés — et, symétriquement, dans l’art de se ménager des alternatives crédibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Etats-Unis, l&rsquo;Union européenne et la Chine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis abordent cette période avec une force qui demeure globale — monnaie, innovation, alliances, projection militaire — mais avec une sensibilité accrue au risque de dépendance stratégique. La relocalisation partielle des semi-conducteurs et l’obsession des chaînes d’approvisionnement, visibles dans la politique industrielle américaine récente, révèlent moins un repli qu’une réécriture des conditions de l’ouverture : l’accès au marché et aux technologies n’est plus un acquis, c’est une relation, donc un rapport de force <em>(White House, 2024)</em>. Cette posture peut rendre l’influence américaine plus conditionnelle, parfois plus transactionnelle, car les arbitrages intérieurs (coûts budgétaires, cohésion sociale, cycles politiques) deviennent une contrainte stratégique à part entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Union européenne, elle, reste un paradoxe vivant : puissance de marché et de normes, capable d’imposer des standards, mais encore hésitante quand il faut convertir la richesse en capacité matérielle — énergie, défense, matières premières, production. L’adoption d’un cadre visant à sécuriser l’approvisionnement en matières premières critiques signale une prise de conscience tardive : l’autonomie n’est pas un slogan, c’est une industrialisation, des investissements, des permis, des infrastructures, et souvent des conflits locaux autour de l’acceptabilité <em>(EU, 2024)</em>. L’Europe peut gagner en poids stratégique si elle assume le coût de la souveraineté ; sinon elle restera un arbitre économique exposé, puissant mais perméable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine demeure, pour sa part, l’acteur le plus difficile à placer sur une carte simple. Sa profondeur industrielle et ses ambitions technologiques en font un rival systémique, mais sa trajectoire dépend d’un équilibre délicat entre contrôle politique et dynamisme économique, entre puissance projetée et confiance interne. Dans les analyses des risques macrofinanciers, elle reste un centre de gravité autant qu’une source potentielle de chocs, tant son poids dans le commerce mondial et certaines chaînes de valeur demeure élevé <em>(IMF, 2024)</em>. Or plus elle est incontournable, plus les autres cherchent à réduire l’incontournable ; et plus ils y parviennent, plus elle se sent menacée et politise à son tour les interdépendances. La boucle est presque mécanique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les enjeux démographiques, économiques et technologiques </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur techno-industriel de la décennie, ce sont les semi-conducteurs, l’IA, le cloud, la cybersécurité, mais aussi ce que l’on appelle, d’un ton trop neutre, les <em>«minéraux critiques»</em>. La transition énergétique, loin d’être une simple affaire de volonté climatique, reconfigure les dépendances : moins de pétrole importé pour certains, plus de cuivre, de lithium, de nickel, de cobalt, de graphite, de terres rares — et surtout plus de capacité de raffinage, de transformation, de recyclage. L’Agence internationale de l’énergie insiste sur le fait que ces marchés concentrent des risques de rupture, non seulement par la géologie mais par la géopolitique et la lenteur des projets <em>(IEA, 2024b)</em>. Dans cette perspective, la puissance se lit aussi dans des ports, des usines, des câbles, des stocks, et dans l’aptitude des États à accélérer sans fracturer leur contrat social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démographie, elle aussi, cesse d’être un arrière-plan. Les projections des Nations Unies rappellent un vieillissement rapide dans de nombreux pays riches et en Chine, tandis que l’Afrique et l’Asie du Sud continuent de prendre du poids <em>(UN DESA, 2024)</em>. Vieillir, ce n’est pas seulement compter davantage de retraités : c’est durcir la contrainte budgétaire, raréfier certaines compétences, modifier la tolérance au risque, et parfois réorienter les priorités nationales. À l’inverse, une société jeune n’est pas automatiquement puissante : elle peut être dynamique, inventive, expansive, ou bien frustrée, fragmentée, vulnérable. La puissance démographique devient puissance réelle quand elle s’adosse à l’éducation, aux infrastructures, à l’emploi productif, à une gouvernance qui tient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que l’Inde s’impose comme la grande puissance <em>«en fabrication»</em>. Son avenir ne se résume pas à sa taille : il dépendra de sa capacité à créer des emplois à grande échelle, à absorber une jeunesse urbaine, à sécuriser son énergie, à renforcer son appareil productif, tout en naviguant entre les blocs sans se laisser enfermer. Dans un monde de fragmentation, ce sont souvent les acteurs capables de choisir dossier par dossier — et non camp par camp — qui gagnent une marge de manœuvre disproportionnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour des grands pôles, les puissances-charnières prennent de l’importance : hubs logistiques, financiers, énergétiques, industriels, diplomatiques. Le Moyen-Orient n’est plus seulement un théâtre énergétique : il devient un espace d’investissement, de médiation, de modernisation technologique, parfois de rivalité d’influence, où les capitaux circulent comme un outil géopolitique. L’Asie du Sud-Est, avec ses stratégies de diversification industrielle, profite des redéploiements de chaînes de valeur. Dans ce monde, le pouvoir n’est pas toujours d’imposer ; il est aussi de se rendre indispensable, ou d’offrir des alternatives.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="z75lQ6UEOw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/le-siecle-des-impuissances-ou-le-nouvel-atlas/">Le siècle des «impuissances» ou le nouvel Atlas</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le siècle des «impuissances» ou le nouvel Atlas » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/le-siecle-des-impuissances-ou-le-nouvel-atlas/embed/#?secret=VcCfiWi7Hi#?secret=z75lQ6UEOw" data-secret="z75lQ6UEOw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"> Le réarmement n’est plus une parenthèse mais une tendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant que l’économie se politise, la guerre — ou la possibilité de la guerre — redevient un organisateur des décisions. Le Sipri observe une hausse marquée des dépenses militaires mondiales, signe que le réarmement n’est plus une parenthèse mais une tendance (Sipri, 2025). Ce n’est pas seulement une question d’armements ; c’est une question d’industrie et de temps. La guerre longue, celle qui consomme des munitions, use des matériels, exige une logistique continue, remet au centre la capacité de production, la robustesse des chaînes d’approvisionnement, la standardisation, la formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, l’Otan insiste sur la résilience, l’adaptation et la solidarité, comme si l’alliance se pensait de nouveau comme un mécanisme de préparation au risque majeur, pas seulement comme un forum de gestion <em>(Nato, 2024)</em>. Mais la force d’une alliance dépend aussi de la politique intérieure de ses membres, de la crédibilité des engagements, du partage du fardeau et de l’intégration rapide d’innovations (drones, guerre électronique, cyber, spatial). Parallèlement, la dissuasion nucléaire redevient un facteur de tension psychologique : non parce qu’elle rend la guerre certaine, mais parce qu’elle rend l’erreur plus coûteuse et les crises plus dangereuses <em>(Sipri, 2024)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décennie à venir sera une décennie de zones grises : sabotage, cyberattaques, pressions économiques, coercition maritime, guerre de l’information, militarisation du droit. Ces pratiques brouillent la perception de la puissance : elles permettent à des acteurs plus faibles d’infliger des coûts, et à des acteurs plus forts de nier leur implication, créant une atmosphère de suspicion qui rigidifie les alliances et encourage la surenchère. Dans ce monde, l’équilibre ne se voit pas toujours : il s’éprouve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors je reviens à une idée simple, presque brutale : l’équilibre global ne sera pas <em>«équilibré»</em>. Il sera asymétrique et parfois incohérent, fait de dominations sectorielles. On peut exceller dans l’IA et dépendre d’un détroit ; contrôler une monnaie mondiale et manquer de main-d’œuvre ; dominer le raffinage et manquer d’alliés ; posséder une armée redoutable et une économie sous plafond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis resteront probablement la première puissance globale par la combinaison unique de capacités militaires, financières, technologiques et d’alliances, mais leur influence sera plus conditionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine restera le rival central, mais sa marge dépendra de sa capacité à maintenir son dynamisme tout en évitant qu’une coalition durable de <em>«contre-dépendance»</em> ne se consolide. L’Union européenne peut devenir un pôle plus autonome si elle accepte le coût de la souveraineté matérielle. L’Inde peut être un gagnant relatif si elle réussit sa transformation interne. Et autour d’eux, les puissances-charnières tireront parti d’une polarisation incomplète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais tout cela peut être reconfiguré par ce que l’on sous-estime systématiquement : les chocs de résilience. L’énergie, même en transition, reste un champ de vulnérabilités et de risques ; l’AIE souligne l’ampleur des investissements requis pour une électrification accélérée, sous peine de nouvelles tensions <em>(IEA, 2024a)</em>. Le climat, l’eau, l’alimentation, les infrastructures, les dettes, les migrations : autant de facteurs qui échappent aux scénarios trop propres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un tel contexte, la puissance se mesurera aussi à la capacité d’absorber des chocs sans basculer dans la crise politique, à la solidité des institutions, à la confiance sociale, à la capacité de planifier sans étouffer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si je devais laisser une phrase en suspens, comme on laisse un repère dans la marge d’un carnet, ce serait celle-ci : la décennie à venir ne départagera pas seulement <em>«qui est le premier»</em>, elle départagera <em>«qui tient»</em>. Qui tient l’effort industriel, qui tient la cohésion sociale, qui tient les alliances, qui tient les chaînes d’approvisionnement, qui tient la légitimité politique quand les coûts s’accumulent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde où l’histoire s’écrit moins en conquêtes éclatantes qu’en capacités d’endurance, c’est peut-être la vraie mesure de la puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong><br>EU. (2024). <em>Regulation (EU) 2024/1252 establishing a framework for ensuring a secure and sustainable supply of critical raw materials</em>.<br>IEA. (2024a). <em>World Energy Outlook 2024</em>.<br>IEA. (2024b). <em>Global Critical Minerals Outlook 2024</em>.<br>IMF. (2024). <em>World Economic Outlook, October 2024: Policy Pivot, Rising Threats</em>.<br>NATO. (2024). <em>Washington Summit Declaration</em> (10 July 2024).<br>SIPRI. (2024). <em>Sipri Yearbook 2024</em>.<br>SIPRI. (2025). <em>Trends in World Military Expenditure, 2024</em> (Fact sheet).<br>UN DESA. (2024). <em>World Population Prospects 2024 Revision</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="taBbOSceAq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/">XXIᵉ siècle | Ce que nous avons appris, et ce qui s’annonce</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XXIᵉ siècle | Ce que nous avons appris, et ce qui s’annonce » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/embed/#?secret=AmkkqNSuYs#?secret=taBbOSceAq" data-secret="taBbOSceAq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘L’étreinte de la patrie’’ &#124; La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 07:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois et l’exacerbation du nationalisme chinois, la guerre semble inévitable.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/31/letreinte-de-la-patrie-la-secession-taiwanaise-de-la-reconquete-a-lindependance/">‘‘L’étreinte de la patrie’’ | La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable entre Pékin et Taipeh.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-19336827"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le 27 février 1947 à Taipei,&nbsp;la principale ville de Taiwan, la police saccage un étal non réglementaire. Dans une île jouissant au sortir de la guerre d’une prospérité relative, c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Les gens présents réagissent et chassent sans ménagement les agents trop zélés. Le lendemain, ces derniers reviennent en force pour se venger. C’est alors l’émeute. La rue se mobilise. Toutes les villes de l’île se soulèvent les unes après les autres. Le gouverneur doit gérer la situation et les forces disponibles sont insuffisantes. Des comités de résolution de l’incident dit du 28-Février naissent un peu partout sur l’île avec lesquels l’autorité est obligée dans un premier temps de se montrer conciliante, ou de le paraître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, des appels au secours ont été envoyés au gouvernement chinois, et une dizaine de jours après les premières troupes continentales commencent à débarquer en provenance du continent. Elles sont souvent composées de soldats originaires&nbsp;du Sichuan, autrement dit de troupes impitoyables aguerries dans la lutte contre les Japonais, puis les Communistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La répression est féroce. Le nombre de victimes n’est pas comptabilisé avec exactitudes. Certains&nbsp;ont évoqué&nbsp;trente mille morts. Le pouvoir central en rejette la responsabilité sur&#8230; l’armée impériale du Japon, qui a occupé&nbsp;l’île pendant 55 ans. Les personnalités les plus en vue de l’île disparaissent, enlevées par des escadrons de la mort, probablement composées de policiers continentaux. Les comités de résolution se dispersent, leurs membres se cachent. Les plus combatifs se réfugient dans les collines de l’Est, chez les Austronésiens, les populations d’origine de l’île,&nbsp;2% de la population totale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le coup d’envoi de la grande invasion de l’île ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après quatre mois, l’autorité est rétablie, certains notables insulaires ne subissent plus qu’une répression judiciaire. L’ordre règne désormais au point qu’en 1949, après la défaite des troupes nationalistes face aux communistes, le gouvernement de Tchang Kai Tchek, en tant qu’autorité légitime de la Chine, choisit de se réfugier à Taiwan, accompagné de deux millions de ses partisans, d’origine continentale, avec pour objectif la reconquête de la Chine. Un Etat policier est mis en place avec le soutien des Etats-Unis d’Amérique, et la loi martiale est maintenue pendant une quarantaine d’années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Incident du 28-Février est durant ce laps de temps passé sous silence et considéré comme un sujet tabou. Selon le Kuomintang, le parti de Tchang Kaï&nbsp;Chek, il s’agissait&nbsp;d’une tentative de subversion de l’île par les communistes, une version corroborée par celle de la République Populaire considérant l’Incident comme un soulèvement populaire contre le gouvernement des féodaux alliés au seigneurs de la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est qu’après la levée de l’état d’urgence et l’instauration du multipartisme à Taiwan que les langues se délient avec les témoignages des acteurs ou des victimes. Qui plus est l’apparition sur le scène politique du Parti Démocratique Progressiste, indépendantiste taiwanais, confère au récit une nouvelle dimension que l’on ne peut pas ignorer.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KyEjFUnuCS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/comment-la-chine-ecrit-son-histoire-delegitimer-le-recit-fondateur-chinois-un-premier-jalon-vers-la-guerre/">‘’Comment la Chine écrit son histoire’’ | Délégitimer le récit fondateur chinois, un premier jalon vers la guerre </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘’Comment la Chine écrit son histoire’’ | Délégitimer le récit fondateur chinois, un premier jalon vers la guerre  » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/comment-la-chine-ecrit-son-histoire-delegitimer-le-recit-fondateur-chinois-un-premier-jalon-vers-la-guerre/embed/#?secret=moFPfm1170#?secret=KyEjFUnuCS" data-secret="KyEjFUnuCS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Personne n’ose encore dire que c’est le coup d’envoi de la grande invasion de l’île par les continentaux pressés de s’emparer des richesses d’une île prospère dans l’océan de misère chinois. Ce serait déjà remettre en question la légitimité de la présence d’une bonne partie de la population actuelle, que même les indépendantistes d’origine insulaire ne peuvent pas se permettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Taiwan, d’abord une base commerciale hollandaise sur la route du Japon, ne commence à être peuplée de han qu’à partir de 1650 environ. Et encore, elle sert de base de repli à quelques-uns parmi les Ming qui refusent le pouvoir Mandchou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’île n’acquiert sa configuration moderne qu’à partir de l’occupation coloniale japonaise. Le Japon ne cherche pas à imposer sa langue et ses coutumes à la population. Néanmoins, celle-ci au contact de l’occupant bénéficie d’un effort d’éducation et de santé qui la place nettement en porte-à-faux par rapport aux populations de la Chine continentale. Ce n’est qu’avec les terribles combats de la seconde guerre mondiale que l’Empire du Japon, à court de combattants, commence à envisager la possibilité d’assimiler la population de Taiwan, l’une des plus éduquées de l’Asie. Plusieurs milliers de Taiwanais sont alors incorporés dans les rangs de l’armée impériale et participent aux combats les plus marquants, en particulier à Okinawa, contre les Américains. Quelques-uns reçoivent même des patronymes japonais. C’est pourquoi, à la fin de la guerre, le Japon battu, ces combattants taiwanais, bien entraînés, ne voient pas d’un bon œil le débarquement des troupes chinoises continentales indisciplinées pour lesquelles ils n’ont que mépris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel rôle ces combattants ont-ils joué dans l’Incident du 28-Février ou dans les Comités de Résolution ? On l’ignore mais probablement modeste. Les autorités chinoises ont beau jeu de dénoncer l’intrusion de l’armée impériale japonaise dans le soulèvement pour justifier la répression, tout en tentant d’éliminer les élites issues de la colonisation japonaise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toujours selon ces mêmes autorités l’Incident du 28-Février s’est accompagné d’une chasse aux sorcières contre les Chinois continentaux, une affirmation qui ne semble avoir d’autre finalité que de fournir de l’eau au moulin de la répression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette incrimination du Japon dans le récit officiel cesse lorsque l’île devient le refuge du gouvernement et de l’armée nationalistes,&nbsp;chassés par les rouges de Mao. Le Japon n’est&nbsp;plus un adversaire et&nbsp;devient un partenaire dans la lutte anticommuniste, avec le soutien américain. Ce dernier n’est au départ pas acquis,&nbsp;et l’île semble à court terme destinée à tomber sous l’autorité de Pékin. Mais la guerre de Corée, où Staline ne laisse d’autre choix à la Chine communiste que d’intervenir, change la donne et Taiwan devient une pièce essentielle dans le dispositif américain de protection du Japon.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Irrédentisme taiwanais contre nationalistes chinois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la détente sino-américaine de 1972 les choses demeurent en l’état même si le discours politique change. Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’île jouit d’une prospérité enviable et ne semble nullement encline à partager&nbsp;le sort de Hong Kong. Néanmoins, cette affaire de l’incident du 28 février&nbsp;1947 démontre que le&nbsp;récit historique et les entités politiques qui en émergent sont loin d’être immuables et ne sont que les reflets de rapports de force éphémères. Certes. Mais ce sont en dernier recours les peuples qui façonnent le cours de l’Histoire. Lesquels ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine n’est qu’un rassemblement hétéroclite d’entités et de territoires écrasés sous le poids niveleur de la colonisation Han. Et l’irrédentisme taiwanais ne lui est insupportable que pour le rappeler. Si Pékin prétend siniser et fédérer des peuples étrangers, au nom de quel principe faudrait-il qu’elle accepte une sédition remettant en question son rôle unificateur ? Sans doute le même qui libérerait le Texas, l’Arizona, le Nouveau Mexique, la Californie, du joug américain. Une éventualité peut être pas autant inconsidérée qu’il n’y paraît depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.&nbsp; &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>* ‘‘L’étreinte de la patrie. Décolonisation, sortie de guerre et violence à Taïwan, 1947’’, de Victor Louzon, Éditions de l’EHESS, Paris, 2024, 378 p.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8Z9kDkuhcV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/11/chine-taiwan-une-confrontation-militaire-serait-un-desastre-planetaire/">Chine-Taïwan : une confrontation militaire serait un désastre planétaire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chine-Taïwan : une confrontation militaire serait un désastre planétaire » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/11/chine-taiwan-une-confrontation-militaire-serait-un-desastre-planetaire/embed/#?secret=nGlheET11b#?secret=8Z9kDkuhcV" data-secret="8Z9kDkuhcV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/31/letreinte-de-la-patrie-la-secession-taiwanaise-de-la-reconquete-a-lindependance/">‘‘L’étreinte de la patrie’’ | La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’objectif inavoué des bases militaires américaines dans le Golfe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 06:58:05 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[pays du Golfe]]></category>
		<category><![CDATA[Taiwan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les bases militaires américaines dans les pays du Golfe n’ont pas pour mission de protéger ces pays, mais de contribuer à resserrer l’étau autour de la Chine. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/24/lobjectif-inavoue-des-bases-militaires-americaines-dans-le-golfe/">L’objectif inavoué des bases militaires américaines dans le Golfe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Si les Gardiens de la Révolution iraniens ont réussi, avec une étonnante facilité, frapper les bases militaires américaines dans les pays du Golfe, c’est pour une raison rarement évoquée : elles n’avaient pas pour mission de protéger ces pays, mais de contribuer à resserrer l’étau autour de la Chine, aujourd’hui principale cible de la stratégie militaire américaine en Asie.</em></strong> <em>(Illustration: Carte de la présence militaire américaine dans le monde. Al Jazeera). </em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-19305741"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="762" height="891" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-19305752" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Helal-Jelali.jpg 762w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Helal-Jelali-257x300.jpg 257w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Helal-Jelali-580x678.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 762px) 100vw, 762px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les bases militaires américaines installées dans le Golfe sont des bases de logistique technique&nbsp;: entretien des avions et des lanceurs de missiles, ravitaillement en tout genre, analyses des cartes satellitaires, interprétation des renseignements venus des océans Indien et Pacifique, planification, suivi des manœuvres de la flotte marine, sous-marine et aérienne chinoises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cas d’affrontement avec la Chine, l’Etat-major américain fera tout pour éviter que les batailles aient lieu dans l’océan Pacifique.&nbsp; Trop de mauvais souvenirs. A part l’attaque de Pearl Harbor, en 1941, par les avions suicides japonais, un traumatisme plus grand fut celui de la bataille de Bataan aux Philippines, en 1942, contre l’empire du Japon&nbsp;: les alliés -Américains et Philippins- perdaient 10 000 soldats et surtout 70 000 prisonniers&#8230;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le collier antichinois des bases américaines part d’Okinawa et arrive aux pays du Golfe en passant par la Corée du Sud, des Philippines,&nbsp;des pays d’Asie Centrale : Tadjikistan, Ouzbékistan&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est&nbsp;pour leur proximité géographique que les bases américaines installées dans les pays du Golfe ont acquis le rôle de l’intendance et de la logistique pour ce collier militaire antichinois. Dans ces bases, il y a peu d’unités combattantes ou de forces offensives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces bases avaient joué un rôle essentiel dans la guerre d’Afghanistan, un pays qui a une petite frontière commune avec la Chine&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une force aérienne et des flottes de porte-avions et beaucoup de sous-marins ont un grand besoin de carburant et les pays hôtes sont si généreux,&nbsp;ceci est un choix stratégique payant pour les dépenses du Pentagone.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes leur installation est destinée à dissuader tout acte hostile contre le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats arabes unis ainsi que l’Arabie Saoudie, mais vu le nombre de bases, la logistique déployée et le coût important pour le Pentagone, des questions se posent sur la dimension multidirectionnelle des éventuelles opérations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis cinq ans les Russes et les Chinois insistent sur <em>«une architecture multilatérale»</em> pour sécuriser les pays du Golfe et le détroit d’Ormuz, et protéger l’approvisionnement mondial de pétrole et de gaz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mer de Chine méridionale, la situation reste très tendue entre Pékin et Manille. Au dernier sommet de l’Asean, le Secrétaire d’Etat américain Marc Rubio a dénoncé les <em>«méthodes coercitives»</em> de Pékin. Taïwan est complètement encerclé par la marine chinoise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour toute ces raisons, et en cas de conflit en Extrême-Orient,&nbsp;les bases américaines installées dans les pays du Golfe participeraient à la stratégie d’endiguement de la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un précédent nous rappelle que l’Australie avait joué un rôle important dans la guerre entre Américains et Vietnamiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans le crier sur le toit, Washington a recrée entre le Moyen-Orient et l’Asie, l’ancienne Otase dissoute en 1977, l’Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est, une Otan asiatique, pour encercler les pays communistes de l&rsquo;époque.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie militaire américaine consistant à adjoindre les bases militaires du Golfe au collier antichinois qui rejoint Okinawa. Il reste à savoir ce qu’en penseraient les pays du Golfe qui se retrouveraient impliqués <em>«à l’insu de leur plein gré»</em> dans un autre conflit où leurs intérêts stratégiques ne sont pas en jeu. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien rédacteur en chef dans une radio internationale à Paris.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="90gIRhHDBF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/16/bases-americaines-au-moyen-orient-un-facteur-dinsecurite/">Bases américaines au Moyen-Orient | Un facteur d&rsquo;insécurité</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bases américaines au Moyen-Orient | Un facteur d’insécurité » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/16/bases-americaines-au-moyen-orient-un-facteur-dinsecurite/embed/#?secret=vXsLPhn1nh#?secret=90gIRhHDBF" data-secret="90gIRhHDBF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/24/lobjectif-inavoue-des-bases-militaires-americaines-dans-le-golfe/">L’objectif inavoué des bases militaires américaines dans le Golfe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Irak &#124; Entre Washington et Téhéran, l’impossible grand écart d’Al-Zaidi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 09:10:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Al-Zaidi]]></category>
		<category><![CDATA[Axe de la Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Kurdes]]></category>
		<category><![CDATA[milices chiites]]></category>
		<category><![CDATA[Pete Hegseth]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nouveau Premier ministre irakien Ali al-Zaidi doit résoudre une équation quasi insoluble en maintenant des liens avec l’Iran et les États-Unis. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/17/irak-entre-washington-et-teheran-limpossible-grand-ecart-dal-zaidi/">Irak | Entre Washington et Téhéran, l’impossible grand écart d’Al-Zaidi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le nouveau Premier ministre irakien Ali al-Zaidi est dans une situation où il doit résoudre une équation quasi insoluble. D’un côté, l’Iran qui garde sa tutelle sur le Cadre de coordination (coalition des partis chiites) ne souhaite pas que les milices -qui lui sont inféodées et qui font partie de son Axe de la résistance jouant sa survie- rendent les armes et d’un autre côté, les États-Unis souhaitent leur démantèlement. De plus, Washington souhaite renforcer ses investissements surtout dans le secteur des énergies ce que les factions porches de Téhéran rejettent préférant les investissements chinois.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19242471"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le journal londonien arabophone <a href="https://aawsat.com/%D8%B4%D8%A4%D9%88%D9%86-%D8%A5%D9%82%D9%84%D9%8A%D9%85%D9%8A%D8%A9/5296373-%D9%88%D8%A7%D8%B4%D9%86%D8%B7%D9%86-%D8%AA%D8%B1%D8%A8%D8%B7-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D8%B1%D8%A7%D9%83%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%A3%D9%85%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D9%85%D8%B9-%D8%A8%D8%BA%D8%AF%D8%A7%D8%AF-%D8%A8%D9%86%D8%B2%D8%B9-%D8%B3%D9%84%D8%A7%D8%AD-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%8A%D9%84%D9%8A%D8%B4%D9%8A%D8%A7%D8%AA" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Al-Sharq al-Awsat</a>, les États-Unis ont intensifié leurs pressions sur le gouvernement irakien afin qu’il procède au désarmement des milices chiites alors que l’échéance de la mission de la coalition internationale en Irak fixée fin septembre approche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, la polémique enfle en Irak concernant les investissements étrangers. Cette polémique oppose les partisans d’un renforcement de la présence des entreprises américaines à ceux qui préconisent leur remplacement par des entreprises chinoises.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré mercredi que le gouvernement irakien avait l’obligation d’affirmer sa souveraineté en désarmant les factions armées soutenues par l’Iran qu’il tient pour responsables de plus de 600 attaques visant des Américains ces dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces propos de M. Hegseth faisaient suite à des discussions au Pentagone avec le Premier ministre irakien Ali Faleh al-Zaidi qui a effectué cette semaine sa première visite officielle à Washington depuis son entrée en fonction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secrétaire américain à la Défense a affirmé que les forces irakiennes et les Peshmergas (forces armées de la région autonome du Kurdistan irakien) seraient chargés de mener les opérations contre Daech après le retrait des forces de la coalition internationale dirigée par les États-Unis prévu pour le 30 septembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le porte-parole du commandant en chef des forces armées irakiennes, Sabah al-Nu’man, a déclaré que les discussions avaient porté sur l’avenir de la coopération en matière de sécurité après la fin de la mission de la coalition. Elles ont abouti à un accord visant à poursuivre les échanges de renseignements, à renforcer la coordination dans la lutte contre le terrorisme et à étendre la coopération en matière de formation, de soutien technique, technologique et numérique ainsi qu’au développement des capacités des forces irakiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a ajouté qu’à la suite de la réunion, al-Zaidi avait ordonné la création d’un comité gouvernemental chargé de définir le cadre de la future relation de sécurité et militaire avec les États-Unis qui doit respecter la souveraineté irakienne après le retrait des forces de la coalition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mardi, al-Zaidi a rencontré le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche. Les deux parties ont discuté de l’avenir du partenariat sécuritaire et économique. Trump a annoncé son soutien au plan du gouvernement irakien visant à désarmer les milices soulignant que Washington ne voit aucune nécessité de maintenir sa présence militaire en Irak une fois le retrait de la coalition achevée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trump a également annoncé que les États-Unis entendent conclure d’importants accords économiques et pétroliers avec l’Irak et a indiqué qu’un nouveau partenariat pétrolier entre les deux pays sera annoncé la semaine prochaine.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Qiw4zdOJBX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/02/irak-moqtada-sadr-rend-les-armes/">Irak | Moqtada Sadr rend les armes !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Irak | Moqtada Sadr rend les armes ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/02/irak-moqtada-sadr-rend-les-armes/embed/#?secret=KLQwKB5yYT#?secret=Qiw4zdOJBX" data-secret="Qiw4zdOJBX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’énergie au cœur du partenariat irako-américain </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette activité politique coïncide avec les efforts américains pour renforcer la présence de leurs entreprises dans le secteur énergétique irakien et ce, dans un contexte de réorientation des routes d’exportation du pétrole hors du Golfe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un responsable américain a annoncé le soutien de Washington aux efforts irakiens et syriens pour relancer l’oléoduc Kirkouk-Banias, un projet historique destiné à transporter le pétrole irakien vers la mer Méditerranée via La Syrie. Les États-Unis affirment que cette initiative offre une alternative au détroit d’Ormuz où les risques sécuritaires se sont accrus depuis le début du conflit régional en début d’année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon certaines informations, de grandes entreprises américaines pourraient jouer un rôle clé dans la remise en état de l’oléoduc, s’inscrivant dans une tendance plus large visant à dynamiser les investissements américains dans le secteur énergétique irakien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, l’envoyé spécial américain pour la Syrie et l’Irak Tom Barrack a qualifié la rencontre entre Trump et al-Zaidi de <em>«tournant»</em> dans les relations bilatérales, soulignant que le partenariat entre les deux pays se concentre désormais davantage sur l’investissement, le commerce et l’énergie que sur les questions de sécurité. Il estime que l’Irak bénéficie d’une position stratégique lui permettant de devenir une plaque tournante de la connectivité économique entre le Golfe, la Turquie, la Syrie, la Jordanie et l’Asie centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les factions pro-iraniennes ne veulent pas des Américains </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les signes d’une expansion des investissements américains ont suscité des réactions mitigées en Irak, à un moment où la question des entreprises étrangères reflète des divisions politiques qui dépassent le simple cadre économique pour toucher aux alliances géopolitiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hussein Mardan, membre de la Coalition pour l’État de droit, a déclaré que les compagnies pétrolières russes opérant en Irak seraient remplacées par des entreprises américaines. Il a soutenu que cela ne signifiait pas nécessairement placer l’économie irakienne sous hégémonie américaine et a souligné que le Premier ministre entretenait des liens étroits avec les forces politiques du Cadre de coordination (coalition des partis politiques chiites).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a ajouté que les États-Unis s’efforçaient d’accroître la présence de leurs sociétés d’investissement mais a exclu la possibilité que cela aboutisse à un monopole américain sur le secteur énergétique irakien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, des factions armées proches de l’Iran ont intensifié leurs attaques contre la nouvelle politique du gouvernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Akram al-Kaabi, secrétaire général du mouvement al-Nujaba, une des factions pro-iraniennes, a déclaré que les entreprises américaines étaient responsables des défaillances chroniques du secteur électrique irakien depuis 2003. Il a exhorté le gouvernement à les expulser et à les remplacer par des entreprises <em>«réputées et dignes de confiance»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Al-Kaabi n’a pas nommé de pays en particulier mais les factions armées et le Cadre de coordination ont régulièrement réclamé, ces dernières années, que les projets d’infrastructures et d’énergie soient attribués à des entreprises chinoises en lieu et place des firmes américaines et occidentales dans le cadre d’une coopération économique de plus en plus étroite avec Pékin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les observateurs estiment que le différend concernant l’identité des entreprises opérant en Irak ne se limite plus à des considérations économiques ou techniques mais s’inscrit désormais dans la compétition géopolitique entre deux axes régionaux et internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette divergence reflète la lutte permanente pour façonner les politiques étrangères et économiques de l’Irak qui coïncide avec une phase de transition marquée par la fin de la présence militaire de la coalition internationale et une redéfinition des relations entre Bagdad et Washington dans un contexte de concurrence accrue pour l’influence et les investissements dans l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VVRpcmZT4w"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/17/du-rififi-chez-les-chiites-en-irak/">Du rififi chez les chiites en Irak</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Du rififi chez les chiites en Irak » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/17/du-rififi-chez-les-chiites-en-irak/embed/#?secret=3sdmN0VEt8#?secret=VVRpcmZT4w" data-secret="VVRpcmZT4w" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/17/irak-entre-washington-et-teheran-limpossible-grand-ecart-dal-zaidi/">Irak | Entre Washington et Téhéran, l’impossible grand écart d’Al-Zaidi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’Italie, 1er fournisseur européen de la Tunisie et 2e mondial après la Chine</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/14/litalie-1er-fournisseur-europeen-de-la-tunisie-et-2e-mondial-apres-la-chine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 11:49:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[échanges commerciaux]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au premier semestre 2026, l’Italie a confirmé sa position de premier fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/14/litalie-1er-fournisseur-europeen-de-la-tunisie-et-2e-mondial-apres-la-chine/">L’Italie, 1er fournisseur européen de la Tunisie et 2e mondial après la Chine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au premier semestre 2026, l’Italie a confirmé sa position de premier fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne (UE) et de deuxième fournisseur tous pays confondus, juste derrière la Chine, qui représente le premier déficit commercial de notre pays.</em></strong></p>



<span id="more-19222411"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges de marchandises tuniso-italiens ont atteint 11,427 milliards de dinars tunisiens, soit l’équivalent d’environ 3,4 milliards d’euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres sont issus du rapport «Balance par pays» annexé à la note sur le commerce extérieur publiée le 12 juillet par l’Institut national de la statistique (INS).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre janvier et juin, les importations tunisiennes en provenance d’Italie — correspondant aux exportations italiennes vers la Tunisie — se sont élevées à 5,547 milliards de dinars (environ 1,64 milliard d’euros), contre 4,877 milliards à la même période en 2025. Cela représente une hausse de 13,7 %, soit une augmentation de plus de 670 millions de dinars en valeur. L’Italie a ainsi représenté 11,7 % du total des importations tunisiennes, devançant la France qui s’est établie à 11,5 % avec environ 5,425 milliards de dinars. La Chine demeure le principal fournisseur global, avec une part de 12,3 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ensemble, les achats tunisiens auprès des pays de l’UE ont atteint 21,196 milliards de dinars, soit 44,9 % des importations nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, les exportations tunisiennes vers l’Italie — correspondant aux importations italiennes depuis la Tunisie — ont augmenté de 5,5 %, passant de 5,576 milliards à 5,880 milliards de dinars (environ 1,74 milliard d&rsquo;euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La balance commerciale bilatérale reste ainsi excédentaire pour la Tunisie à hauteur d’environ 333 millions de dinars ; toutefois, cet excédent a été réduit de plus de moitié par rapport aux près de 699 millions enregistrés au premier semestre 2025, sous l’effet de la croissance plus soutenue des ventes italiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne les destinations des produits tunisiens, la France conserve la première place, représentant 22,7 % du total des exportations, tandis que l’Italie se classe deuxième avec une part de 17 %, devant l’Allemagne (13,5 %).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exportations tunisiennes vers l’UE dans son ensemble se sont élevées à 24,375 milliards de dinars, soit 70,4 % du total national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la progression des échanges avec l’Italie s’inscrit dans un contexte de détérioration de la balance commerciale globale de la Tunisie. Selon l&rsquo;INS, le creusement du déficit est principalement imputable au secteur de l’énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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