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	<title>Archives des Chroniques ramadanesques - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Chroniques ramadanesques - Kapitalis</title>
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		<title>Chroniques ramadanesques (2) : l’ijtihad, un incessant effort pour une foi renouvelée</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 06:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La jurisprudence en islam n’est plus ce qu’on a connu du temps de l’imam Chafaii qui l’a théorisé avec sa célèbre ‘‘Épître’’; il ne peut plus être envisagé sans les ‘‘Visées de la Loi religieuse’’ ainsi qu’explicitée par l’imam Chatibi. Voilà ce que dit cheikh Abdallah Daraz, dans sa présentation de l’ouvrage de l’imam andalou...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Ramadan.jpg" alt="" class="wp-image-4173"/></figure></div>



<p><strong><em>La jurisprudence en islam n’est plus ce qu’on a connu du temps de l’imam Chafaii qui l’a théorisé avec sa célèbre ‘‘Épître’’; il ne peut plus être envisagé sans les ‘‘Visées de la Loi religieuse’’ ainsi qu’explicitée par l’imam Chatibi. Voilà ce que dit cheikh Abdallah Daraz, dans sa présentation de l’ouvrage de l’imam andalou ‘‘Les Correspondances’’, de l’art jurisprudentiel avant cet ouvrage capital et qui ne tenait encore pas compte des visées du législateur : «C’est ainsi que la science des fondements de la jurisprudence est demeuré longtemps dépourvu d’une part importante constituant la moitié d’une science en quête de l’un de ses deux piliers. Il aura fallu que le Seigneur Dieu permette à Aba Isaac Chatibi, au huitième siècle de l’hégire, de combler ce manque en érigeant cet immense édifice en la vacuité sans limites de cette noble science».</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong> *</p>



<span id="more-345503"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Farhat-Othman.jpg" alt="" class="wp-image-80097"/></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">L’exégèse tient compte des nouveaux acquis de l’esprit humain</h3>



<p>Le sûr est que la pensée téléologique des ‘‘Visées’’ est le fondement de l’effort d’exégèse jurisprudentielle qui n’a nulle fin en sa vocation au renouvellement du fait de son constant attachement à tenir compte des nouveaux acquis de l’esprit humain. C’est cela qui fait de l’islam cette religion éternelle, renouvelée à l’infini. Et c’est ainsi que ses prescriptions ne se figent jamais, demeurant ce qu’elles sont : valides pour tout temps, tout lieu. Or, comment serait-ce possible s’il n’y avait cette technique d’actualisation de préceptes en une veille axiologique incessante qui leur garde une harmonie indéfinie avec l’esprit de la foi qui ne se retrouve pas nécessairement dans sa lettre, bien plutôt dans ses visées.</p>



<p>Il est à noter, à ce propos, que la théorie des <em>‘‘Visées’’</em> n’est pas apparue subitement et sans préliminaires, puisque la <em>«visée du législateur divin», </em>comme l’a démontré Georges Tarabichi est un <em>«concept intégrateur»</em> qui n’est pas né tout armé dans les <em>‘‘Correspondances’’</em> de Chatibi. L’auteur du quintuple ouvrage de critique de la critique de la raison arabe précise à ce sujet : <em>«Le concept est passé par trois stades: au tout début, il était utilisé en tant que mot et non en tant que concept dans nombre de cercles précoces qui réunissaient, selon l’analyste de ‘‘La théorie des Visées chez l’imam Chatibi’’ d’illustres noms comme Al-Hakim Al-Tirmidhi, Al-Maturidi, Kaffal Chachi, Al-Abhari et Al-Bâqillanî. Puis, il a été explicité en concept dans des cercles intermédiaires un peu plus tardifs dominés sans conteste par le trio acharite Jouayni, Ghazali et Razi. Et c’est finalement sa transformation en concept axial, et même en concept-clef que consacre Les ‘‘Correspondances’’ de Chatibi».</em></p>



<p>Le mot, la lettre d’un message, par la force des choses, est ce qui concerne l’actuel et l’instantané du fait qu’il s’adresse aux gens dans leur vie quotidienne et leur éventuelle œuvre pour l’au-delà. Il est aussi spécifique à qui en use et/ou pour qui il est destiné, ne pouvant étant à portée générale, dépassant le cercle restreint de qui il a été adressé que si cette lettre correspond à ce qui caractérise par ailleurs le verbe divin, particulièrement ses visées. Et comme «La parole est formée de noms, verbes et lettres donnant un ses qui n’est ni un nom ni un verbe», ainsi que le souligne Sibawayh, la parole de Dieu qui est le Coran est un commandement, qui est le prescrit et l’interdit, d’où le licite et l’illicite, qui est le centre d’intérêt de la jurisprudence. Celle-ci, appelée fiqh, est linguistiquement, la compréhension de l’intention du locuteur; et le terme est devenu, dans l’usage, ce qu’en a dit l’imam Abou Hanifa : la connaissance de ce qui est reconnu ou pas reconnu pour la personne humaine; ce qui comprend ainsi : les croyances, la morale, le culte et la conduite humaine.</p>



<p>C’est bien cela l’<em>ijtihad,</em> qui veut dire, en islam, la voie du savoir jurisprudentiel de ce temps, un savoir en relation avec le vécu du musulman d’aujourd’hui, et même de tout croyant. Sans nul doute, un tel savoir est nécessairement ainsi que défini par le premier théoricien de la postmodernité qui en dit : <em>«cela nécessite un regard lucide sur des faits bruts, un regard généreux aussi qui respecte les choses pour ce qu’elles sont, et qui tente de saisir quelle peut être leur logique interne».</em></p>



<p>En effet, il ne nous faut pas oublier que les écoles jurisprudentielles ne sont que des doctrines charaïques ou légales ; elles sont un simple effort d’interprétation humaine à partir de la seule législation qui s’impose à tous et qui est le Coran. Aussi, une telle législation divine est parfaitement dans la situation du droit positif qui se modifie selon les circonstances et les besoins de la société qu’il régit afin de demeurer en phase avec ses attentes, sinon, il s’altère et tombe en obsolescence. Il n’est, par conséquent, aucun sens de prétendre que l’effort d’interprétation des doctrines du passé doit demeurer en l’état, sans changement ; car ce n’est pas du Coran, mais une exégèse du Coran. Or, tout logiquement, comme de bien entendu, il n’y a pas une seule interprétation et définitive de la sagesse divine qui échappe à la raison humaine nécessairement imparfaite ; elle impose même une scrutation continue et un examen minutieux constant de cette sagesse selon ses visées élevées dont la compréhension, elle-même, évolue aussi selon les progrès que réalise la raison humaine et sa mentalité. Aussi, il est bien injuste de notre part d’emprisonner une religion par essence révolutionnaire dans l’effort daté des anciens et de rejeter l’effort des suivants, l’estimant comme innovation condamnable, car tout poursuivant est ancien pour qui le suit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Parole de justesse : la foi authentique</h3>



<p>L’ijtihad en islam, aujourd’hui, est une métaphysique des mœurs islamiques postmodernes ; il est la connaissance et le sémantisme de l’insigne sagesse divine dans la juste foi pour une pratique qui y soit conforme, sans aucune autre ni altération possible, afin de parfaitement incarner les vertus morales.</p>



<p>Or, il va sans dire que la parole juste et de justesse est au cœur des vertus morales islamiques. Et ce terme de juste et/ou justesse sur lequel insiste l’islam est ce que définit Tabari, à savoir la justice; aussi, l’expression du Coran qu’est <em>«la parole de justesse».</em></p>



<p>L’<em>ijtihad,</em> soit l’effort d’interprétation, exégèse, herméneutique ou encore, signifie, en langue arabe, l’engagement que l’on a de faire l’effort et de supporter ses affres pour un résultat le plus parfait possible. Cela relève assurément du <em>jihad akbar</em>, l’effort maximal, déjà évoqué. Conventionnellement, et selon Jorjani, il est de la part du jurisconsulte de faire de son mieux afin d’obtenir une opinion d’un précepte juridique; c’est aussi : l’effort fourni en vue d’obtenir ce qui est dans l’intention d’un point de vue du raisonnement déductif. Est-il donc meilleure preuve que la justesse en tant qu’axe et centralité dans l’hypothèse sérieuse dans le cadre d’opinion valide en cette religion de la justice (السواء) qu’est l’islam ?</p>



<p>Le sens initial en arabe de l’axe qu’est cette justice en islam est le milieu, d’où l’expression arabe : être sur le juste chemin au sens du juste milieu du chemin et l’axe de la terre : son milieu. Assurément, le juste chemin, l’islam droit ou<em> hanifite</em> الإسلام الحانفي est la juste foi au sens que nous avons défini précédemment dans l’entame de cette série, soit incluant sa dimension culturelle humaniste et non seulement le rite et le culte musulman.</p>



<p>Traitant aujourd’hui d’un sujet ô combien sensible comme le sacré, nous poursuivons notre œuvre entendant faire l’effort indispensable pour le retour de notre pensée et notre religion sur l’axe du chemin après démantèlement de la machinerie ayant enchaîné la raison arabe en islam et la mentalité musulmane en contradiction avec les visées de la loi et l’esprit de l’islam ainsi que l’immensité des champs créatifs de la langue arabe et la propension à la liberté de ses locuteurs. Ainsi que le note Georges Tarabichi en fin du volume quatrième de sa<em> « Critique de la Critique de la raison arabe de Abed Al-Jabri »</em>, réhabilitant la rationalité de l’héritage ancien voué aux gémonies par le penseur marocain, le drame du déclin de la rationalité arabe islamique est un drame interne régi par des mécanismes personnels et non susceptibles d’analyse par n’importe que « cheval de Troie » idéologique ou épistémologique infiltré de l’extérieur; car la raison arabe islamique assume la responsabilité de se propre démission par lui-même.</p>



<p>Notons que le principal grief fait par Tarabichi à la critique de Jabri est qu’elle n’est justement «nullement critique». La lecture de Jabri de la raison arabe représente pour lui un «écueil épistémologique» du fait qu’il a emprisonné la raison dans des problématiques sans issue et tant que de telles problématiques ne sont pas dénouées, il serait vain de discuter et/ou réfuter les résultats obtenus et les jugements proférés par l’auteur de ‘‘Genèse de la raison arabe’’ et ‘‘Structure de la raison arabe’’, car cela reviendra à tourner à vide.</p>



<p>C’est notre grief aussi à la mentalité dominante aujourd’hui dans le monde arabe islamique, qui est soit positiviste à l’excès, dans un scientisme dépassé avec les acquis des sciences postmodernes, soit intégriste outrageusement obscurantiste et piétiste qui n’a pourtant rien de l’islam, sauf une fausse prétention d’islamité, car il rejette totalement tout monachisme et cléricalisme.</p>



<p>Aussi, notre espoir est-il d’arriver à aider, avec cette modeste œuvre, à ce que la foi d’islam retrouve le souffle révolutionnaire qu’emporte son esprit et renoue avec sa brillante destinée perdue aujourd’hui par sa daéchisation, puisqu’il est sur le point de revenir à l’état premier par lequel il est passé d’étrangeté bien qu’il soit la culture du temps présent. Aussi, notre présent effort exégétique n’est que ce à quoi a exhorté l’islam, imposé même et rétribué même dans le cas de l’erreur, tant que l’intention est attestée bonnement honnête.</p>



<p>Elle l’est parfaitement ainsi en une religion où le savoir appartient à Dieu, car le savant en islam, ainsi qu’en toute science authentique, est bien ignorant à moins qu’il ne persévère à quêter un savoir sans fin, la vérité étant cet horizon éternel.</p>



<p> <em>* Ancien diplomate et écrivain.  </em></p>
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		<title>Chroniques ramadanesques : 1- Le sacré en islam</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 07:12:09 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Mohammed Hussein Haykal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cette série de chroniques, nous nous en tenons strictement au commandement divin qui exhorte les bonnes spirituelles volontés de faire rappel de valeurs et prescriptions du Coran. Et nous ne doutons point que cette obligation du rappel relève du jihad d’aujourd’hui, l’effort maximal véritable, le jihad akbar, étant donné que l’effort mineur, le jihad...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/14/chroniques-ramadanesques-1-le-sacre-en-islam/">Chroniques ramadanesques : 1- Le sacré en islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/06/Islam-Sciences.jpg" alt="" class="wp-image-220204"/><figcaption><em>La civilisation islamique s’est élevée sur une base de principes scientifiques sous le parrainage de la raison</em>.</figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Dans cette série de chroniques, nous nous en tenons strictement au commandement divin qui exhorte les bonnes spirituelles volontés de faire rappel de valeurs et prescriptions du Coran. Et nous ne doutons point que cette obligation du rappel relève du jihad d’aujourd’hui, l’effort maximal véritable, le jihad akbar, étant donné que l’effort mineur, le jihad asghar est forclos, ayant fait son temps.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Farhat Othman</strong> *</p>



<span id="more-345472"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Farhat-Othman.jpg" alt="" class="wp-image-80097"/></figure></div>



<p>Aussi ne reste valide et licite aujourd’hui que l’effort contre soi, ses propres pulsions qu’il importe de dominer et de maîtriser tout autant que de veiller au comportement de soi avec autrui, cet autre sans lequel nul ne saurait vivre, et à qui il importe de rappeler ce qu’il pourrait oublier en principes de vivre-ensemble paisible et ce exclusivement par l’exemple à donner en permanence.</p>



<p>C’est bien là l<em>’ijtihad </em>continu, cet effort d’exégèse qui préserve de l’obsolescence la religion droite de la foi musulmane, le maintenant en foi de tout temps présent de par sa nouveauté et son renouvellement continu. Et c’est bien le témoignage islamique qui est le sens authentique du terme du martyre, qui est loin d’être la mort que la vie pour témoigner. Aussi, être martyr en islam, c’est apporter l’information fiable, le dernier mot selon les préceptes du Coran dont il importe de faire entendre et prêcher les vérités, surtout en nos temps où la fausseté prétend se substituer à la vérité. Y a-t-il donc plus vicieuse diablerie ?</p>



<p>Ainsi l’islam est-il cette parole juste en nos temps d’injustice, la foi juste et véritable qui est la parole de justesse. Que serait donc l’islam s’il cette parole juste pour une voix de justesse qui est le sentier divin pour les bienheureux parmi ses fidèles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Jihad akbar : unique jihad d’aujourd’hui</h3>



<p>Relevant d’un temps de confusion axiologique, nous ne manquons pas de faire du tort sans nous en rendre compte à notre foi, faisant intransigeance de ses prescriptions tolérantes, altérant leur humanisme et la facture spirituelle de grand format qu’est l’islam. En effet, il a été pionnier dans la consécration du système des droits humains avant qu’il ne s’impose dans la vie civile des peuples civilisés. Cela lui venait de cette dimension civile s’ajoutant à sa dimension religieuse, puisque l’islam est dual, étant dans le même temps une foi pour l’au-delà et une politique pour l’ici-bas. L’islam n’est, en effet, nullement de simples rites ; il est d’abord et même avant tout une culture.</p>



<p>Or, la culture de notre temps est celle des sentiments en la personne humaine qui a, par nature, une propension au vice qu’il s’agit d’épuiser ; et cela se fait le plus sûrement par la culture des sentiments élevés en l’humain en s’aidant d’une raison sensible, nullement cartésiste, ne se satisfaisant plus des acquis du cartésianisme, celui-là même qui a autorisé l’éclosion de la modernité occidentale, mais se fondant sur les inédits acquis du savoir dans les domaines longtemps ignorés par la science, tels ceux de la psychologie des profondeurs, de l’inconscient et de l’imaginaire.</p>



<p>Tout cela relève désormais en islam de l’effort maximal, le jihad akbar auquel a appelé la religion, se révélant ainsi une modernité par anticipation, précédant la modernité occidentale, par ce que j’ai qualifié du néologisme de rétromodernité. Et il n’est nul doute que le seul jihad licite désormais en islam est le <em>jihad akbar</em>, tout autre effort, dont le jihad mineur, <em>asghar</em>, n’est que banditisme et crimes terroristes du fait de l’absence de la volonté de l’action pieuse qui est l’essence même du jihad.</p>



<p>Le musulman, tout comme tout humain, est de nature grégaire, il est bien un animal grégaire, ce qui veut dire qu’il vit avec, par et pour autrui. Aussi n’a-t-il pas à imposer sa foi sur personne, et avant de se l’imposer à lui-même. De plus, s’il a vocation à l’imposer à son prochain, cela ne peut l’être que par l’exemple insigne, et non par force ou violence. C’est cela l’islam d’aujourd’hui, l’islam postmoderne.</p>



<p>En cette foi musulmane, la volonté de piété chez le fidèle, particulièrement chez le musulman arabe, est cette volonté qui ne contredit pas son génie dans sa propension à la liberté. Aussi, sil elle la contredit, elle n’est plus guère religieuse que dans la forme, d’un point de vue extrapersonnel. En effet, la liberté n’est pas une valeur privative pour lui, mais diffusée entre les gens, partagée par eux, chacun ayant la liberté de vouloir la liberté. Et il s’agit d’une orientation saine qui nous rappelle la définition bien connue de la liberté, celle qui s’arrête là où comme la liberté d’autrui ; tout un chacun ayant sa propre liberté.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’islam lie la pensée logique spéculative et la conscience de soi</h3>



<p>Comme l’écrit Mohammed Hussein Haykal : <em>«la civilisation islamique est basée sur un fondement antinomique avec le fondement de la civilisation occidentale ; car elle est basée sur un fondement spirituel appelant l’humain à une conscience éveillée de sa relation à l’existence et où il s’y situe avant toute autre chose. C’est quand il s’élève dans cette conscience au stade de la foi que cette dernière l’exhorte à persister dans l’épuration de son être, la purification de ses sentiments et la culture pour le cœur et la raison de valeurs nobles et principes supérieurs : fierté, dignité, fraternité, affection, magnanimité, piété. C’est assise sur un tel fondement que s’érige par l’humain sa vie dans ses aspects civils matériels…».</em></p>



<p>Et le célèbre journaliste et politicien égyptien d’ajouter dans ‘<em>‘La vie de Mohammed’’</em> : <em>«Le prophète Mohammed a laissé cet immense héritage spirituel qui a marqué l’univers, orientant sa civilisation pendant de nombreux siècles passés, et il continuera encore de le marquer et d’orienter sa civilisation afin que Dieu éclaire le monde de ses lumières… Si une telle civilisation islamique s’est élevée sur une base de principes scientifiques sous le parrainage de la raison, reposant en cela sur ce qui caractérise en nos temps modernes la civilisation occidentale; si l’islam en tant que religion s’est reposé sur la méditation introspective et sur la logique abstraite métaphysique — le lien ne reste pas moins solide entre la foi, ses prescriptions et la civilisation, son fondement. Car l’islam lie la pensée logique spéculative et la conscience de soi, les fondements de la rationalité et les enseignements de la science, établissant entre eux un lien que ne peuvent pas ignorer les musulmans et dont ils n’ont que le choix de quêter, s’y retrouvant en tant que fidèles d’une foi dont c’est le génie même.»</em></p>



<p>Or, tout cela, comme il le dit aussi, est fonction de ce qui a distingué l’islam de ce qui l’a précédé dans les deux religions monothéistes, soit : <em>«qu’il ne connaît pas d’église ou d’autorité religieuse telle que connue dans le christianisme. Il n’est permis à personne en islam, même le calife, d’imposer quoi que ce soit aux musulmans au nom de la religion ou encore de prétendre avoir la capacité d’obtenir le pardon divin pour quiconque déroge à la Loi religieuse. Pareillement, il n’est permis à personne en islam, même le calife, d’imposer aux musulmans autre chose que ce que Dieu a imposé dans ses Écritures. C’est que les musulmans sont tous égaux devant Dieu, nul ne se distinguant parmi eux sinon par sa piété.»</em></p>



<p>* <em>Ancien diplomate.</em></p>



<p><strong><em>Dans la chronique de demain, nous poursuivrons cette présentation avec la section B et C où il sera dit qu’il s’agit d’ijtihad, cet incessant effort pour une foi à jamais renouvelée et ce dans le cadre d’une parole de justesse qui est la foi authentique.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/14/chroniques-ramadanesques-1-le-sacre-en-islam/">Chroniques ramadanesques : 1- Le sacré en islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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