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	<title>Archives des colonisation - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des colonisation - Kapitalis</title>
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		<title>L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 11:08:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut lire l'histoire de nos peuples du Maghreb loin des mystifications et de la langue de bois des pouvoirs politiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/31/lalgerie-telle-quelle-doit-sassumer-legataire-du-fardeau-colonial/">L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’auteur réagit ici à la réponse du Dr Abderrahmane Cherfouh intitulée <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Algérie face à l’histoire : De la souveraineté à la reconquête</a> à un précédent article qu’il avait publié dans Kapitalis : <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tunisie : du souverainisme à la question numide</a>.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-19543224"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à l’intervention de mon collègue algérien, qui semble avoir perdu&nbsp; le fil de l’essentiel de mon précédent écrit, à savoir le caractère inutile et nuisible d’une guerre du gaz entre nos deux pays, ou bien d’entreprises qui pourraient remettre en cause leur intégrité territoriale mutuelle, et qui finit&nbsp; par se lancer dans un récit apologétique dénué d’intérêt sur l’Histoire de l’Algérie contemporaine,&nbsp; je me dois de rappeler que beaucoup de nations ne furent que les conséquences du fait colonial. Leurs citoyens doivent-ils pour autant porter cela comme une marque d’infamie ? L’Inde est une création anglaise. Aucun Indien ne le niera aujourd’hui, pas plus qu’aucun Pakistanais. Pourtant lors de la bataille de Plassey en 1757, l’Inde possédait les attributs au moins nominaux de l’État unitaire,&nbsp;même si celui-ci&nbsp;miné par les sécessions n’était&nbsp;plus que l’ombre de lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un bébé né d’un viol</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie aujourd’hui est un état libre et indépendant reconnu par la communauté internationale. Et nul ne prétend minimiser l’ampleur du combat héroïque de son peuple contre le colonialisme. Cela n’est nullement antinomique avec la réalité que ce pays, dépourvu à l’origine d’Etat unitaire, ait été réunifié bon gré mal gré par la puissance destructrice de l’armée française. C’est un fait, même si la France n’avait aucun droit légitime à occuper un sol qui ne lui appartenait pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les gouvernements européens ont établi entre eux des protocoles et des droits de conquête fondés sur des traités inégaux ou illégaux signés avec des chefs indigènes pour légitimer leurs entreprises respectives, cela ne constitue pas un argument valable pour justifier une conquête, tant bien même la négation ou l’absence d’un État en servirait de couverture juridique. Mais quand le bébé est né d’un viol, il faut avoir le courage de le reconnaître, et non pas prétendre à la légitimité du mariage. Et que les colonialistes usent&nbsp;de cet argument&nbsp;pour nier tout droit algérien à l’indépendance ne signifie pas plus qu’ils aient raison de le faire, face à la reconnaissance internationale. Et celle-ci se rapporte à l’Onu, créée par le Président Roosevelt et consolidée par Truman, avec l’assentiment de l’URSS. Et lorsque la Tunisie, l’Algérie et le Maroc sont passés à l’indépendance, celle-ci n’est devenue effective que par la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1943 à Casablanca c’est un fait que le Président Roosevelt ait promis l’indépendance au Sultan Mohamed V et que à la suite de cela les agents américains aient diffusé la bonne nouvelle sur la fin proche du colonialisme français&nbsp;chez les leaders indépendantistes maghrébins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La protection conférée par Robert Murphy à Bourguiba contre les représailles françaises pour ses contacts avec les Italiens ne démentira certes pas cette réalité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle américain dans la décolonisation du Maghreb</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le statut de l’Algérie demeure particulier du fait de l’intégration du territoire algérien à la France. Et si Messali Hadj&nbsp;fut le véritable père de l’indépendance algérienne, il n&rsquo;en a pas moins été renié et combattu par le Front de libération national&nbsp;(FLN) algérien. Il est vrai que ses tendances socialisantes ne l’auraient pas fait considérer d’un bon œil de la part des Américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or au moment du débarquement américain en Afrique&nbsp;du Nord, le FLN n’existait pas encore. Ferhat Abbès, fondateur de l’Union démocratique du Manifeste algérien et futur président du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), lui, écrivait quelques années auparavant : <em>«J’ai erré parmi les cimetières, la nation algérienne n’existe pas, notre avenir est avec la France»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi on ne peut pas prétendre que l’indépendance du Maghreb ait été l’œuvre de Roosevelt et je ne l’ai pas fait. Par contre sans les pressions américaines il est fort probable que la France n’eût pas quitté au moins l’Algérie,&nbsp;tout comme l’Allemagne n’eût pas évacué la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Naturellement l’historiographie indépendantiste algérienne prétend que ce départ des Français s’est opéré sous la pression militaire des fellagas. Rien ne le prouve. Outre que cela est nié par de nombreux Français, en particulier les militaires, ce qui est naturel,&nbsp;il n’y a pas eu de Dien Bien Phu algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est admis ailleurs que dans&nbsp;le discours officiel algérien, c’est que les combattants algériens de l’intérieur aient été écrasés dans des opérations d’encerclement, par exemple celle dite Courroie, après avoir été enfermés grâce à ligne Morrice qui a coupé leurs approvisionnements et les lignes de communication avec la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a entraîné le putsch des généraux contre De Gaulle en avril 1961 qui ne comprenaient pas les raisons de quitter l’Algérie alors que les opérations militaires tournaient à leur avantage contre les résistants algériens. Ceux qui ont survécu ont été les combattants massés à la frontière et que les lignes de haute tension déployées depuis Tabarka jusqu’au Sahara ont empêchés de traverser. Cela a d’ailleurs provoqué des frictions entre les maquis de l’intérieur et l’armée des frontières commandée par le colonel Boumediene accusé d’être un planqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc sans prétendre que les Algériens n’aient pas lutté pour leur indépendance, il n’en demeure pas moins que l’élément décisif a été la volonté américaine de liquider les colonies anglaises et françaises, non dans un souci de liberté, mais pour ouvrir ces pays au commerce et à l&rsquo;influence américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas d’Israël prouve bien à l’inverse que le soulèvement populaire et la lutte pour l’indépendance nationale seuls aussi légitimes soient ils ne suffisent pas à abattre une puissance coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en revenir à l’Etat algérien tel que nous le connaissons, qu’il ait été forgé par le fer et par le sang ainsi que je l’ai indiqué, ne signifie nullement que Bugeaud et le Duc d’Aumale eussent été de grands hommes. Evoquer cela ne laisse d’autre opportunité aux détracteurs de la fiction nationaliste algérienne que d’apparaître comme des colonialistes. Houcine Ait Ahmed, l’un des chefs historiques du FLN, tout comme Krim Belkacem, auraient-ils donc été des colonialistes pour s’être opposés au Clan de Oujda ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me refuse&nbsp;à entrer dans ce sujet qui m’apparaît témoigner d’une volonté de détournement du cœur du débat, à savoir si l’Etat algérien actuel est bien le successeur de celui dont l’armée de Massu et de Salan a constitué un des piliers fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de répondre à cette question, et indépendamment de celle des frontières issues de la colonisation française, que Bourguiba, conscient des réalités, a choisi de régler définitivement avec une grande sagesse,&nbsp;il m’apparaît nécessaire de rappeler qu’en 1991 alors que le Front islamique du salut (Fis) gagnait les élections, éventualité dont je reconnais volontiers le caractère funeste pour l’Algérie et le Maghreb dans son ensemble, c’est bien l’armée algérienne appelée à la rescousse par des intellectuels se qualifiant de démocrates qui a mis fin au processus électoral et engagé le pays dans la décennie noire. Aurait-elle été en droit de le faire sans l’emprise exercée sur le régime qui n’en&nbsp;était&nbsp;que l’émanation ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déroulement de la lutte contre-insurrectionnelle, ou si vous voulez antiterroriste, a apporté&nbsp;la&nbsp;preuve que les méthodes utilisées ne différaient&nbsp;en rien de celles utilisées par l’armée coloniale pour écraser la résistance algérienne, depuis la guerre psychologique, la bleuite et les faux maquis, jusqu’à la torture et aux liquidations extrajudiciaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous invite à ce sujet à lire le livre de Habib Souaïdia un ex officier du DRS, ‘<em>‘La sale guerre’’</em>, ainsi que les comptes-rendus du procès en diffamation après une plainte déposée auprès du parquet de Paris par le Général Khaled Nezzar. Un autre livre, <em>‘‘Françalgérie, crimes et mensonges d’Etat’’</em> de Louis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire, éclairera sur tous les&nbsp;liens occultes entretenus&nbsp;par les élites de la métropole et celles du nouvel Etat algérien indépendant, loin des mystifications et de la langue de bois, dans le cadre des accords d’Evian, cela va sans dire, qui n’étaient que les obligations contractées par le nouvel Etat vis-à-vis de l’ancienne puissance occupante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si d’aucuns s’estiment offensés par le rappel de ces réalités, c’est plutôt à leurs dirigeants qu’ils doivent en faire reproche, plutôt que les nier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’empêche ! En tant que Tunisien, j’ai beaucoup d’admiration pour Mustapha Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane,&nbsp;Djamila Bouhired, ou Yassef Saadi. J’ai en ai aussi&nbsp;pour le Docteur Cholet et sa femme qui cachaient les deux résistants kabyles Krim Belkacem et le capitaine Ouamrane dans leur voiture et risquaient d’être arrêtés et exécutés par les Parachutistes. Tout comme j’ai de l’admiration pour l’aspirant Maillot ou bien l’instituteur Maurice Labbene, cet ancien internationaliste d’Espagne fondateur du maquis rouge dans l’Ouarsenis, et qui sont morts en patriotes algériens dans un accrochage avec les harkis du bachaga Boualem au service de l’armée coloniale française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela démontre combien la guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français. L’Histoire de l’Algérie m’intéresse donc même si mon interprétation en est différente. Je n’ai à ce sujet pas de complexe. Les Hambli se trouvent de part et d’autre de la frontière algéro-tunisienne et Ali Hambli un résistant qui ne voulait pas tenir le rôle à lui assigné a été liquidé par le FLN avec la complicité des autorités tunisiennes qui le trouvaient trop proche de ses propres fellagas. Ma grand-mère paternelle était originaire d’au-delà la frontière, tout comme mon aïeule maternelle. Mon grand-père maternel a exercé la médecine pendant de nombreuses années en Algérie, à Souk Ahras, et après la guerre sa maison a été confisquée par le FLN qui en a fait une bibliothèque. Il n’a jamais pu se faire dédommager. Mais cela ne pèse d’aucun poids dans ma réflexion. Je n’en demeure pas moins convaincu que tout comme les peuples sont les seuls à même de choisir les dirigeants qui les gouvernent sans aucune interférence extérieure,  la Tunisie et l’Algérie, tout comme le Maroc, sont appelés à plus de coopération pour faire face à un environnement international de plus en plus hostile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin de libre pratique.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’Algérie face à l’Histoire &#124; De la souveraineté à la reconquête </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 06:10:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse à l'article du Dr Mounir Hanablia dans lequel il affirme que l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/">L’Algérie face à l’Histoire | De la souveraineté à la reconquête </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En réponse à l&rsquo;article du Dr Mounir Hanablia intitulé<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> «Tunisie / Du souverainisme à la question numide, ou l&rsquo;opposition aveugle»</a> — dans lequel il affirme notamment que «l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français», réduisant ainsi l’Algérie contemporaine à un simple legs colonial —, cette tribune offre une mise au point historique et politique nécessaire.</em></strong> <em>(Photo : l&rsquo;Émir Abdelkader – 1808-1883 <em>–</em>, fondateur de l&rsquo;État algérien moderne). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Abderrahmane Cherfouh</strong> *</p>



<span id="more-19515302"></span>



<p class="wp-block-paragraph">En s’appuyant sur les travaux de grands historiens et sociologues — de Charles-Robert Ageron à Pierre Bourdieu, de Mostefa Lacheraf à Benjamin Stora —, ce texte retrace le fil ininterrompu de la souveraineté algérienne. De la diplomatie active de la Régence d’Alger avant 1830 à la fermeté des négociateurs d’Évian sur l’indivisibilité du Sahara, en passant par le martyre des camps de regroupement et le rôle des pionniers du mouvement national, cette analyse dresse un réquisitoire rigoureux contre l’amnésie mémorielle et la falsification de l’Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les nostalgiques de l’Algérie française qui n’ont jamais assimilé l’indépendance de 1962, l’Algérie ne serait qu’une création française. L’idée véhiculée par ce discours révisionniste est généralement que l’Algérie n’existait pas en tant que nation ou État avant la colonisation entreprise en 1830.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réapparition récente, dans les colonnes de&nbsp;<em>Kapitalis</em>, sous la plume du Dr Mounir Hanablia, de la prétention selon laquelle l’Algérie serait une création française — thèse soutenant que&nbsp;<em>«l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français forgé par les troupes de Bugeaud et le duc d’Aumale »</em>&nbsp;— ne relève pas d’un simple débat historiographique anodin. Elle s’inscrit dans la résurgence d’un récit largement entretenu par les officines nostalgiques de la colonisation et relayé sur certains plateaux télévisés français, visant à dénier au peuple algérien la profondeur historique de sa souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En affirmant que l’Algérie contemporaine ne doit son existence qu’au tracé territorial de l’occupant et que le Sahara lui aurait été <em>«octroyé»</em> en 1962, ces postures procèdent d’une double confusion : l’assimilation abusive entre la délimitation administrative des frontières et l’existence pluricentenaire d’une nation, doublée d’une méconnaissance délibérée du droit international et de la mémoire des luttes populaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Avant 1830, la réalité oubliée de l’État d’Alger et de sa souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mesurer l’inanité de l’argument de la <em>«création coloniale»</em>, il convient de rappeler ce qu’était la Régence d’Alger (<em>Dawlat Al-Jaza’ir</em>) bien avant le débarquement de 1830. Loin d’être un territoire vacant, Alger fonctionnait comme une entité politique pleinement souveraine, dotée d’un gouvernement centralisé (<em>Diwan</em>), d’une administration fiscale, d’une puissance navale et d’une diplomatie active.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le rappelle l’historien Charles-Robert Ageron :&nbsp;<em>«L’Algérie n&rsquo;était pas une tabula rasa sur laquelle la France a écrit son histoire. La société algérienne, malgré les déstructurations du Code de l’Indigénat et les spoliations foncières, a conservé sa cohésion culturelle et son identité face à la domination coloniale.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le XVI<sup>e</sup> et le début du XIX<sup>e</sup> siècle, l’État d’Alger a signé des dizaines de traités bilatéraux de paix, de commerce et de navigation avec l’Angleterre, les Pays-Bas, les États-Unis et la France elle-même. En droit des gens, la conclusion de ces conventions emportait reconnaissance explicite de la souveraineté algérienne. C’est d&rsquo;ailleurs auprès d’Alger que la République française avait contracté des emprunts cruciaux pour approvisionner ses armées en blé sous la Révolution. La France n’a rien créé&nbsp;<em>ex nihilo</em>&nbsp;: elle a agressé et occupé un État souverain préexistant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II. Derrière le mythe de la «pacification» : la résistance d’un peuple face aux crimes d’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’affirmation selon laquelle la France aurait <em>«forgé»</em> l’Algérie masque une réalité sanglante : loin de toute soumission, le pays fut le théâtre d’une résistance populaire ininterrompue face à une politique systématique de terre brûlée et de crimes de masse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Forgé par qui, prétendez-vous ? Par Bugeaud, précisément — cet homme que la rigueur de l’histoire a définitivement relégué au rang des bourreaux. Un personnage aujourd’hui rattrapé par sa mémoire sanguinaire : à mesure que tombent ses statues et que s’efface son nom des plaques de rues et de places, la mémoire universelle le condamne définitivement comme l’un des criminels de guerre les plus atroces de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Émir Abdelkader et les traités de souveraineté (1832-1847) :</strong>&nbsp;l’Émir n’a pas seulement combattu la politique de la terre brûlée de Bugeaud ; il a réorganisé un État moderne unifié (<em>Al-Dawla Al-Jaza’iriya</em>), doté d’une armée régulière, d’une monnaie et d’une administration. La France a dû reconnaître sa souveraineté par les traités internationaux de Desmichels (1834) et de Tafna (1837).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les enfumades et la terreur :</strong>&nbsp;Bugeaud et ses généraux (Pélissier dans le Dahra en 1845, Cavaignac chez les Sbéhas) ont inauguré des méthodes de guerre génocidaires, enfumant et murant des tribus entières dans des grottes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lalla Fatma N&rsquo;Soumer (1854-1857) :</strong>&nbsp;dans le Djurdjura, la résistance menée par cette figure héroïque a prouvé le rôle fondamental et précoce des femmes algériennes dans la défense de la patrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Ouled Sidi Cheikh, 1871 et les déportations en Nouvelle-Calédonie :</strong>&nbsp;du Sud aux Hauts-Plateaux, puis en Kabylie sous l’impulsion du Cheikh Mokrani et du Cheikh El-Haddad, le peuple s’est soulevé. La réponse coloniale fut d’une fureur féroce : séquestre de 500 000 hectares de terres, spoliations foncières (loi Warnier) et effondrement social qui provoqua la terrible famine de 1867-1869 où plus de 500 000 Algériens périrent. Pour parfaire cette entreprise de déstructuration, l’administration coloniale a systématiquement décapité la résistance de ses cadres dirigeants. Assimilés cyniquement à des criminels de droit commun par des juridictions d’exception, des centaines de chefs d’insurrection, d’érudits et de notables furent condamnés au bannissement et déportés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie afin d’isoler le peuple de ses guides légitimes.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EmMsWZWwLi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/">1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/embed/#?secret=O2ddTGNwmM#?secret=EmMsWZWwLi" data-secret="EmMsWZWwLi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">III. Du mouvement national à la Guerre de Libération : la reconquête de la souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie moderne s’est forgée dans le sang de ses martyrs et la maturation de son mouvement national — et non, comme le prétend l’auteur, sous l’effet d’une prétendue impulsion extérieure attribuée au débarquement américain de 1942 et à la défaite nazie en Tunisie. L’intellectuel et historien Mostefa Lacheraf rappelait justement que la résistance algérienne, au XIX<sup>e</sup> comme au XX<sup>e</sup> siècle, témoigne d’un refus permanent de l’état de fait colonial pour réaffirmer une personnalité historique que la violence coloniale n’a jamais pu dissoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De l’Émir Khaled à l’Étoile Nord-Africaine, jusqu&rsquo;au 8 mai 1945 :</strong>&nbsp;dès les années 1920, l’Émir Khaled — petit-fils de l’émir Abdelkader — posait les premières pierres du nationalisme moderne en réclamant la fin du régime de l’indigénat et une représentation politique réelle pour les Algériens. Dans cette continuité, Messali Hadj et l’Étoile Nord-Africaine (ENA) franchirent un cap décisif dès 1926 en revendiquant l’indépendance totale. L’historien Mahfoud Kaddache a parfaitement démontré comment la conscience nationale s’est structurée à travers cette trajectoire du mouvement national. Malgré les péripéties politiques, la rupture définitive fut consommée le 8 mai 1945 : les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata démontrèrent tragiquement l’illusion et l’impossibilité de toute voie réformiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le CRUA et le 1<sup>er</sup> Novembre 1954 : l’aboutissement de l’unité nationale :</strong>&nbsp;face aux divisions politiques, la jeune garde révolutionnaire fonde le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA), jetant les bases de l’insurrection décisive. En juin 1954, la réunion historique du <em>«groupe des 22»</em> à Clos-Salembier scelle l’option des armes, portée par des figures issues de toute l’Algérie profonde — des Aurès à la Kabylie, du Nord au Sud, de l’Oranie au Titteri. Cette convergence totale des provinces et des trajectoires militantes apporte la preuve éclatante de l’unité fondamentale du pays et de sa résistance face au colonisateur. Comme le souligne fort justement l’historien Benjamin Stora :&nbsp;<em>« La guerre d’indépendance algérienne n’est pas née d’un coup de tonnerre dans un ciel serein le 1<sup>er</sup> novembre 1954. Elle est le produit d’un long processus de dépossession, de refus du statut colonial et d’une suite de résistances jamais éteintes depuis 1830.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La guerre contre-insurrectionnelle et les camps de regroupement :</strong>&nbsp;cette politique de répression a atteint son paroxysme avec l’instauration des <em>«zones interdites»</em> et la création des camps de regroupement. Comme l’ont établi les travaux d’historiens et de sociologues — notamment Michel Cornaton, Pierre Bourdieu, Abdelmalek Sayad et Régine Goutalier —, plus de 2,3 millions de paysans algériens ont été arrachés à leurs terres et déportés dans des camps d’enfermement. Ce déracinement forcé a provoqué la mort de près de 200 000 civils, principalement des enfants et des vieillards, emportés par la faim et la maladie. Ce drame humain à huis clos témoigne de la volonté de déstructurer fondamentalement la société rurale algérienne pour briser son soutien à la Révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la Guerre de Libération nationale (1954-1962), la puissance coloniale a déployé un système répressif et contre-insurrectionnel global visant à briser la résistance populaire, à isoler le territoire et à étouffer l’Armée de Libération Nationale (ALN) :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;institutionnalisation de la torture :</strong>&nbsp;sous le couvert de la loi sur les <em>«pouvoirs spéciaux»</em> (1956) et durant la bataille d’Alger (1957), la torture est passée d’un excès individuel à une méthode d’État rationalisée et généralisée par l’armée coloniale (notamment les parachutistes) et les services de renseignement (DOP). Utilisation de la gégène, exécutions sommaires ciblées (les <em>«crevettes Bigeard»</em>), noyades, immersions et sévices atroces sont devenus des pratiques courantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le martyre des femmes algériennes :</strong>&nbsp;les femmes algériennes — moudjahidate, poseuses de bombes, agentes de liaison ou civiles — ont payé un tribut particulièrement lourd, subissant des violences sexuelles ciblées et la torture. L’arrestation de Djamila Boupacha en 1960 et sa défense par l’avocate Gisèle Halimi, soutenue par Simone de Beauvoir et le <em>«Comité Djamila Boupacha»</em> (rejoint par Jean-Paul Sartre, Louis Aragon et Pablo Picasso), dévoila au monde entier l’usage du viol et de la torture comme armes de guerre coloniales. Elles s’inscrivent dans la lignée des figures majeures comme Djamila Bouhired, Djamila Bouazza, Zohra Drif et Baya Hocine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le soutien des clercs et des intellectuels :</strong>&nbsp;face aux dérives, une minorité d’hommes d’Église et d’intellectuels français choisirent la conscience contre la raison d’État : Mgr Thomas Duval (archevêque d’Alger), le théologien Jacques de Bollardière démissionnant de son commandement, ou encore le réseau Jeanson organisant le soutien logistique et financier au FLN en métropole.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’enferment territorial :</strong>&nbsp;pour étouffer la Révolution, l’armée française entreprit l’isolement hermétique des frontières par les lignes électrifiées Morice et Challe (plus de 2 000 km de barrières sous haute tension) et l’enfouissement de millions de mines antipersonnel (<em>«bandes de la mort»</em>), tuant et mutilant des combattants et des civils pendant et longtemps après le conflit.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5trYwl05dO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/embed/#?secret=lY6AMAb9mt#?secret=5trYwl05dO" data-secret="5trYwl05dO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">IV. Le Sahara : un territoire libéré, non une concession coloniale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre que le Sahara aurait été <em>«octroyé»</em> à l&rsquo;Algérie lors des Accords d’Évian relève d’une contrevérité flagrante. Consciente de la manne pétrolière de Hassi Messaoud et des enjeux nucléaires, la France a tenté d’amputer l’Algérie de son Sud en créant l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) en 1957.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’a souligné l’historien Gilbert Meynier, le FLN a su incarner l’âme d’une nation en armes, imposant au GPRA une intransigeance absolue lors des négociations d’Évian quant à l’indivisibilité du territoire. De Gaulle a dû renoncer à ce projet de partition face à la fermeté des négociateurs algériens. Le Sahara algérien n’a pas été donné : il a été défendu par les armes depuis la résistance des Touaregs sous Moussa ag Amastan jusqu’à l’intransigeance politique des négociateurs de la Révolution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : la souveraineté ne se donne pas, elle s’arrache</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie n’est pas née d’un décret du duc d’Aumale ni d’une concession de la France aux Accords d’Évian. Elle est le produit d’une continuité étatique séculaire et du prix exorbitant payé par plusieurs générations d’Algériens pour recouvrer leur liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire ne saurait être falsifiée au point de présenter la fin de la colonisation comme un legs ou un arrangement de circonstance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’indépendance de l’Algérie n’a été ni négociée par complaisance, ni <em>«octroyée»</em> par un décret français : elle a été arrachée dans le sang, au prix du sacrifice ultime d’un million et demi de martyrs. Présenter un tel peuple comme l’héritier passif d’une structure <em>«forgée par Bugeaud»</em> relève d’une profonde indignité mémorielle et d’un déni de la réalité historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Répéter la rhétorique mémorielle des nostalgiques de la colonisation pour nourrir des ressentiments politiques au Maghreb est une démarche historiquement fausse et irresponsable. Face aux révisionnismes, la rigueur des faits, des traités, de la recherche historique et du sang versé demeure la seule vérité intemporelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZSKl9hYIeZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/">La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/embed/#?secret=9p4WfIFtLs#?secret=ZSKl9hYIeZ" data-secret="ZSKl9hYIeZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/">L’Algérie face à l’Histoire | De la souveraineté à la reconquête </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 06:13:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/04/ingerences-etrangeres-en-afrique-entre-defense-de-lautonomie-et-pressions-geostrategiques/">Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales. Les Etats-Unis,&nbsp;L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Najiba Ben Hassine *</strong></p>



<span id="more-19372435"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine.jpg" alt="" class="wp-image-19372459" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique berceau des civilisations et riche en ressources naturelles a été le théâtre d’interactions complexes avec les puissances étrangères depuis des siècles façonnant son histoire politique, économique et sociale, affectant ses structures socio-économiques et entravant son développement. Depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, les nations africaines ont été le théâtre de rivalités géopolitiques et économiques et de stratégies de puissances émanant de multiples acteurs internationaux, engendrant des défis complexes et des enjeux confus pour l’Afrique et ses peuples. La reconnaissance de la pleine autodétermination, gage incontournable de la coexistence pacifique et du développement des Etats, implique que chacun possède dans l’ordre mondial l’égale plénitude et exclusivité des compétences étatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept de l’autonomie reflète à notre sens une réalité politique qui transcende les considérations purement juridiques découlant du concept de souveraineté. Il incarne l’idée de la liberté d’action, d’autonomisation et d’autodétermination des peuples concernés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autonomie est, en outre un concept relatif, variable et flexible, dépendant des contextes et des aspirations des groupes ou entités concernés. Il s’ensuit que l’évaluation de l’autonomie et la mesure de sa signification juridique et politique demeurent imprécises et controversées. L’autonomie s’exerce dès lors pour faire face à un acte d’ingérence qui signifie <em>«l’action de s’immiscer, c&rsquo;est-à-dire de s’introduire indûment, sans en être requis ou en avoir le droit, dans les affaires des autres»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conséquence, l’autonomie génère un statut juridique requérant l’acquisition d’un certain degré de puissance. La <em>puissance </em>va plus loin que la simple réunion des éléments constitutifs d’un Etat souverain, et implique la conscience d’un rôle à jouer, d’une mission à remplir et d’un ordre à établir dans un contexte complexe de rapportsinternationaux rappelant à chaque Etat l’obligation de se positionner par rapport à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est pertinent de rappeler à cet égard que la Charte de l’Organisation des Nations Unies (Onu) a interdit l’intervention dans les affaires intérieures des Etats et a érigé cette interdiction en un corollaire du principe de l’égalité souveraine des Etats et une condition essentielle de l’établissement de la paix et de la sécurité internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article 4 de la Charte de l’Union africaine (UA) a pris soin également de réaffirmer les principes de l’<em>«égalité souveraine et interdépendance de tous les Etats membres de l’Union»</em> ainsi que celui de la <em>«non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, l’Afrique est la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales, Pendant la période coloniale, les puissances coloniales ont exploité les ressources du continent africain&nbsp;; ils ont laissé derrière elles des divisions artificielles source de tensions et de conflits. Dans la période postcoloniale, en dépit de l’acquisition de l’indépendance, la domination et l’ingérence étrangère persistaient sous de nouvelles formes, souvent perpétués par le néocolonialisme. Les Etats-Unis,&nbsp;L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingérence étrangère revêt différentes formes politique, économique, diplomatique militaire et culturelle. Ainsi, on se trouve confronté à une Afrique de plus en plus impliquée dans la mondialisation et très convoitée par les grandes puissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ingérence étrangère a toujours constitué un facteur déstabilisant du continent noir et un frein à son développement et à l’exercice de sa pleine souveraineté sur ses ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faire face à cette dépendance vis-à-vis de l’étranger, le panafricanisme se présente&nbsp;comme un mouvement politique unitaire, permettant de relever collectivement les défis de la mondialisation, du développement, de la sécurité et la consolidation des acquis précaires de l’exercice des souverainetés nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UA, s’inscrivant dans une gouvernance multilatérale, s’efforce d’ériger l’autonomie et la libération en leviers du développement et de stabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l’autonomie des Etats africains à l’épreuve de l’ingérence étrangère nous parait hasardeuse à traiter. La disparité des Etats africains implique, un traitement différentié à géométrie variable de situations divergentes voire antagonistes, aggravés par le poids de l’héritage colonial auquel s’ajoutent les clivages culturels et les frontières artificielles entre les nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le continent africain compte 54 Etats appartenant à des civilisations différentes et connaissant des niveaux de développement variés voire disparates ; on note cinq grandes régions : Afrique du Nord, Afrique de l&rsquo;Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe. L’amplification des regards et des intérêts externes qui pèsent sur le continent ainsi que la pluralité, la diversité et les interférences des entités interventionnistes complexifient encore notre analyse : les Etats, les organisations et les institutions financières internationales&#8230; Il est légitime, dès lors, de questionner la liberté d’action des Etats africains contre toute forme d’ingérence étrangère ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">I- L ’ingérence étrangère : entrave incessante de l’autonomie des Etats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est opportun dans ce contexte de traiter la pluralité des formes de l’ingérence étrangère et son impact déstabilisant sur le continent. Cette ingérence a marqué l’espace africain revêtant des formes très variées et attestant de stratégies interventionnistes établies d’une manière différenciée en tenant en compte les particularités de chaque Etat africain et de l’étendue des liens historiques politiques et économiques qui les rattachant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence politique</strong></em> présentée comme <em>«une intervention tendant, directement ou indirectement, à imposer un régime démocratique à une entité souveraine par des pressions multiformes (conditionnalités, menaces ou recours à la force)»</em>, remettant en cause le principe de l’autonomie constitutionnelle des Etats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conditionnalité démocratique de l’aide au développement représente une manifestation spectaculaire de l’ingérence étrangère dans la mesure où elle a été consacrée dans des convention internationales ou régionales qui mettent en exergue l’exigence démocratique comme condition de l’application desdites conventions ou accords à l’image de la Convention ACP/UE signée le 23 juin 2000 et l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE signé en 1995. &nbsp;L’institutionnalisation de l’ingérence démocratique en direction de l’Afrique&nbsp;la transforme en&nbsp;un enjeu de débat public international légitimant l’intervention d’acteurs transnationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A titre d’illustration, la gouvernance internationale des élections dans le Golf du Guinée (Nigéria, Cameroun, RDC) s’est imposée comme un moyen de reconstruction des Etats en faillite. Néanmoins, ces ingérences ont souvent contribué à l’établissement d’une forme de tutelle politique et d’un clientélisme entre les agents électoraux internationaux et les élites électorales internes, au détriment de la prise en considération de la souveraineté des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France et des États-Unis ont entretenu un interventionnisme discriminatoire qui amène à stigmatiser certains États non démocratiques et à tolérer d’autres attestant de l’instrumentalisation et de l’ambivalence de la conditionnalité démocratique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, au-delà du transfert des valeurs démocratiques, se dévoile la quête par les <em>«entrepreneurs de la cause démocratique»</em> d’un positionnement géostratégique et d’une hégémonie idéologique, politique et économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence humanitaire </strong></em>vise dans sa conception initiale à influencer, à contrôler les actes d’un gouvernement étranger qui enfreignent gravement lois d’humanité.  Néanmoins la politisation de cette pratique risque de camoufler les motifs réels de l’intervention, d’autant plus que le flou juridique qui entoure cette notion pourrait conduire à s‘en servir pour légitimer une ingérence dans les affaires des Etats autorisant des programmes impérialistes au nom de valeurs universelles. Il en atteste pleinement la sélectivité dans le choix des théâtres d’intervention humanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence militaire </strong></em>s’exerce également en dépit de l’affirmation intensive du principe du non recours à la force armé dans l’ordre juridique internationale. Cette forme d’ingérence trouve une légitimation internationale. Le continent africain est le théâtre d’affrontements militaires les plus atroces et les plus meurtriers dans le monde. La quasi-totalité de ces conflits surgissent via l’appui de grandes puissances, ou en leur nom. Le cas du Rwanda est le plus emblématique de par le caractère génocidaire du conflit aggravé par une ingérence militaire française.Les conflits armés au Soudan et au Mali provoquent la crise humanitaire la plus grave et la plus atroce dans le continent les transformant en terrains de tensions géopolitiques.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a, également, <em>l’ingérence économique et monétaire. </em>Il s’avère pertinent de rappeler dans ce contexte que la résolution adoptée par l’AG de l’Onu le 12 décembre 1974 énonce que <em>«chaque Etat détient et exerce librement une souveraineté entière et permanente sur toutes ses richesses, ressources naturelles et activités économiques».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, on assite à&nbsp;une course contre la montre entre les puissances étrangères pour s’implanter dans les différents pays d’Afrique par des accords militaires ou des partenariats économiques &nbsp;Pour tous les pays industriels entrés dans l’ère de l’électronique et du numérique, les gisements de minéraux&nbsp; à usages industriels rendent l’Afrique plus attractive créant ainsi des rivalités entre les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, la France, le Royaume-Uni, et la Turquie &nbsp;en tissant des relations d’affaires avec les Etats africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingérence non seulement freine mais entrave le développement équitable durable&nbsp;&nbsp; du continent africain. Elle alimente en outre l’insécurité, les tensions et les conflits armés source de fragmentation et de morcellement de Etats africains&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’entrave au développement</em> :</strong> les partenariats entretenus entre les Etats africains ont été conçus dans une logique de déséquilibre et de domination négligeant les enjeux et les défis confrontés par les Etats africains et traduisant une surexploitation des ressources au détriment d’une véritable coopération inclusive et intégrée se fondant sur une gouvernance des échanges économiques sociaux et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans une pauvreté multidimensionnelle, dont 51 % (soit environ 588 millions de personnes) résident sur le continent africain</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, un fossé est en train de se creuser entre les pays à revenus moyens en plein essor et les Etats fragiles et les moins développés, aggravant ainsi les déséquilibres socioéconomiques du continent et le poids de la dette souveraine et de l’inflation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partenariats UE/ Afrique demeurent aussi déséquilibrés. L’accord de Samoa signé le 15 novembre 2023 s’est succédé à l’accord Cotonou, en visant entre autres à lutter contre le changement climatique, protéger l’environnement et garantir une gestion durable des ressources naturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, si cet accord se présente comme un accord de partenariat, il lie des puissances inégales tout en conservant la dépendance et la démarche débiteur/créancier qui caractérisent les accords de Cotonou, et pourrait influencer le processus de l’autonomie décisionnel des Etats ACP dans les instances internationales. En 2019, l’Afrique représentait 2,8% du commerce mondial.&nbsp;Le commerce intra régional de l&rsquo;Afrique ne représentait que 4,4% du commerce continental total.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’escalade de la violence et des conflits</em> </strong>alimentent la fragmentation et l’affaiblissement des structures étatiques centrales et locales et génèrent un continent instable dont la paix est confisquée. La perpétration des coups d’État aggrave encore l’instabilité et l’insécurité et creuse davantage le fossé d’incertitude et de méfiance entre les gouvernants et les gouvernés et les différents acteurs nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1950,&nbsp;l’Afrique a connu 220 des 492 tentatives de coup d&rsquo;État recensées dans le monde. On recense, de surcroît, une hausse de 45% du nombre de situations de conflits armés en Afrique depuis 2020, provoquant le déplacement de quelque 35 millions de personnes sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme par les parties belligérantes lors de conflits armés en Afrique laisse présager une atmosphère d’impunité et de stigmatisation du continent et des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système de la responsabilité internationale est accusé d’être sélectif et discriminatoire en se focalisant sur les crimes internationaux perpétrés sur le continent africain et en passant sous silence ceux commis ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, il nous semble que cette situation d&nbsp;insécurité et de guerre est stimulée par les puissances interventionnistes afin de pérenniser leur mainmise sur les ressources du continent : étant fragilisé et fragmenté sa domination devient de plus en plus aisée.&nbsp; L’effacement des entités étatiques et la montée en puissance de groupes armées irréguliers et de milices, la perte par l’État du monopole légitime de la contrainte représentent des handicaps majeurs au développement durable et à l’établissement de la paix et de la sécurité à l’échelle régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II- Les palliatifs visant à renforcer l’autonomie des Etats africains </h2>



<p class="wp-block-paragraph">On opte dans ce contexte pour une étude sélective de ces palliatifs en mettant en exergue les plus influents, à savoir l’apport de la gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA et le renouvellement des résistances nationalistes à l’échelle étatique&nbsp;: <strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>La gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA</strong> : </em>depuis le milieu du XX<sup>e</sup> siècle, le multilatéralisme régional s’est progressivement affirmé comme le mode privilégié de coopération internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’indépendance, les responsables politiques des nouveaux Etats africains se sont servis des idées du panafricanisme pour défendre l’unité du continent et la formation d’une organisation d’intégration africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article 3 de l’acte constitutif de l’UA énonce parmi les objectifs de l’Union <em>«de défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance de ses Etats membres»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée de l’intégration régionale a été toujours présentée comme corollaire du développement, de stabilité et de solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le multilatéralisme tente de mobiliser les Etats africains pour préserver leur autonomie en assumant pleinement les responsabilités découlant de leur autonomie moyennant une reconceptualisation du principe de souveraineté. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le rôle de l’UA dans la consolidation de l’autonomie des Etats africains et la sécurité du continent se manifeste dans son action opérationnelle guidée par une conception de la souveraineté-responsabilité centrée sur l’homme. Elle défend l’idée de souveraineté partagée enrichie par l’exigence du sentiment d’humanité et de responsabilité pour faire face à des défis qu’un Etat seul ne peut pas relever et qui doivent être traités collectivement dans un esprit de solidarité et de complémentarité tels que la pauvreté, l’insécurité, les crimes internationaux, la pollution…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création du Conseil de Paix et de sécurité par l’Acte constitutif de l’UA marque un tournant décisif dans le renforcement système de sécurité collective africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, l’adoption de l’accord portant création de la ZLE continentale africaine signé en 2018 visant à pallier aux vulnérabilités des économies africaines…</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UA est, toutefois, confrontée à des défis majeurs tenant à sa capacité à s’ériger en une véritable puissance régionale, à gérer efficacement les disparités et tensions entre les Etats africains. &nbsp;Encore faut-il craindre l’enchainement vers un simple mimétisme du modèle d’intégration européenne sans une prise de conscience des particularités du contexte africain, en transformant l’organisation indirectement en un outil de domination et d’ingérence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Le renouvellement du nationalisme africain</strong> </em>a aujourd’hui conduit à placer l’identité ethnique, nationale et religieuse au cœur de tout projet politique, défendant l’autonomie des Etats africains dans son acception de résistance aux tentatives du néocolonialisme et aux ingérences étrangères<sup>, </sup>et répondant aux aspirations de leurs populations à l’autonomie et la prospérité. Ce qui se manifeste en particulier dans le discours politique et la remise en cause d’accords conclus avec les   anciennes colonies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée du nationalisme reflète dans le discours politique des leaders africains une réponse à la domination et aux ingérences étrangères et une quête d’une position respectable sur la scène internationale. Il en atteste la dénonciation en cascade des accords de défense par les États africains qui marque une rupture historique avec les anciennes colonies et en particulier avec la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le président sénégalien Bassirou Diomaye Faye annonçait le départ des troupes françaises du Sénégal. Il a estimé que la présence militaire française<em> «ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l&rsquo;indépendance»</em>.Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a annoncé la rupture de l’accord de défense entre le Tchad et la France. Il a qualifié cette décision d’<em>«acte souverain, mûrement réfléchi et entièrement assumé»</em>. Ces décisions ont été précédées du retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso puis du Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impact de ces tendances nationalistes africaines sur la réaffirmation et le renforcement des souverainetés nationales devrait être, sans doute, mesuré à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, il est permis de craindre l’avènement d’un nationalisme sélectif dissuasif à l’égard de certaines puissances interventionnistes mais permissif à l’égard d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De surcroît, ce nationalisme devrait être impérativement accompagné de politiques nationales de réforme et de consolidation des structures étatiques internes et d’une gouvernance dans la gestion des ressources nationales ainsi qu’une internalisation et africanisation des valeurs démocratiques. Il devrait aller de pair également avec une reconfiguration profonde des partenariats établis avec les Etats tiers ou les groupements interétatiques fondée sur l’égalité souveraine et la préservation des richesses africaines pour les générations futures ainsi qu’un développement durable et équitable du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, Une stratégie autonomiste mais ouverte au monde extérieur ne peut réellement s’affermir qu’au moyen d’une solidarité panafricaine globalisée qui transcende les divergences et les tensions entre les Etats africains. Etant confrontés à des défis énormes et partageant un sort commun, ces Etats doivent en conséquence s’engager dans une <em>autonomisation </em>propre au continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Maitre-assistante en droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Sousse.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/04/ingerences-etrangeres-en-afrique-entre-defense-de-lautonomie-et-pressions-geostrategiques/">Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Colloque à Paris &#124; Histoire partagée, mémoires plurielles et souverainetés inachevées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:31:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelaziz Thaalbi]]></category>
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		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Messali Hadj]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, Paris accueille le colloque «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/17/colloque-a-paris-histoire-partagee-memoires-plurielles-et-souverainetes-inachevees/">Colloque à Paris | Histoire partagée, mémoires plurielles et souverainetés inachevées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, le colloque international «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956–2026)», tenu à Paris les 8 et 9 juin 2026, a constitué un moment majeur de réflexion historique sur les héritages coloniaux et leurs prolongements contemporains. Accompagné de l’exposition «Décolonisations en miroir&nbsp;: France/Afrique du Nord (1930–1970)», cet événement scientifique a proposé une lecture croisée des trajectoires de la France, de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong><strong><em></em></strong></p>



<span id="more-18966722"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’une simple commémoration, cette rencontre a invité à penser les décolonisations comme des processus connectés, où les histoires des deux rives de la Méditerranée demeurent profondément imbriquées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début des années 1930, l’empire colonial français atteint son extension maximale. L’Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris célèbre alors la puissance impériale et diffuse un imaginaire fondé sur la mission civilisatrice et la hiérarchie des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cartes coloniales, les affiches de propagande et les représentations exotiques du Maghreb révèlent une géographie politique façonnée par la domination européenne. Ces images participaient à une entreprise plus vaste&nbsp;: naturaliser l’ordre colonial et effacer les réalités historiques et culturelles des sociétés colonialisées. Pourtant, cet âge d’or impérial portait déjà les germes de sa propre contestation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paris, laboratoire des nationalismes maghrébins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, la capitale française devient également le lieu où se forgent les élites anticoloniales. Étudiants, intellectuels et militants maghrébins y élaborent les premiers discours nationalistes modernes. Parmi les figures majeures émergent Abdelaziz Thaalbi, Habib Bourguiba ou encore Messali Hadj, dont les parcours témoignent de l’interconnexion des espaces politiques méditerranéens</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, la publication de <em>‘‘La Tunisie martyre’’</em> de Thaalbi en 1920 marque un tournant majeur du nationalisme moderne. La fondation du Destour puis du Néo-Destour structure progressivement la revendication souveraine. C’est à Paris que se forgent les idées de souveraineté qui renverseront l’ordre impérial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Maroc, le Dahir berbère de 1930 cristallise les résistances contre le protectorat. En Algérie, Messali Hadj fonde l’Étoile nord-africaine (ENA) dès 1926 à Paris, ouvrant la voie au nationalisme indépendantiste algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Étoile nord-africaine, dirigée par Messali Hadj, revendique l’indépendance de l’Algérie et la défense des droits des Nord-Africains. Elle marque la naissance d’un nationalisme organisé parmi les colonialisés vivant en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’ordre colonial. Les soldats maghrébins participent à la libération de la France, mais les promesses d’égalité restent sans lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 mai 1945 constitue un tournant majeur&nbsp;: alors que l’Europe célèbre la victoire sur le nazisme, les massacres de Sétif et Guelma annoncent la crise définitive de l’empire colonial. Ces événements marquent l’effondrement de l’illusion réformiste et ouvrent l’ère des guerres d’indépendance.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RBuSeNPA4F"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/05/france-algerie-laborieuse-reconciliation-des-memoires-video/">France-Algérie : laborieuse réconciliation des mémoires (vidéo)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France-Algérie : laborieuse réconciliation des mémoires (vidéo) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/05/france-algerie-laborieuse-reconciliation-des-memoires-video/embed/#?secret=U87QmAdgia#?secret=RBuSeNPA4F" data-secret="RBuSeNPA4F" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Guerres de libération et naissance des souverainetés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre 1954 et 1962, le Maghreb connaît des trajectoires différenciées vers l’indépendance. L’Algérie s’engage dans une guerre longue et violente qui transforme profondément la société française elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, l’indépendance obtenue en 1956 sous la conduite de Bourguiba ne met pas immédiatement fin à la présence française. La bataille de Bizerte de 1961 et l’évacuation des bases militaires en 1963 pachèvent la souveraineté nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les indépendances ne mettent pas un terme aux conflits&nbsp;: ceux-ci se déplacent désormais sur le terrain de la mémoire. En France, la guerre d’Algérie demeure longtemps désignée comme les <em>«événements»</em>. En Algérie, un récit national héroïque se construit autour du FLN et des martyrs de la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu émergent des mémoires longtemps invisibles&nbsp;: harkis, pieds-noirs, Juifs maghrébins, appelés français ou civils déplacés. L’ouverture des archives transforme aujourd’hui profondément les écritures de l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition rappelle également le rôle fondamental des images dans la décolonisation du regard. Le cinéma maghrébin a constitué un espace essentiel de reconquête symbolique. Des œuvres comme <em>‘‘La Bataille d’Alger’’</em> de Gillo Pontecorvo ou<em> ‘‘Chronique des années de braise’’</em> de Lakhdar Hamina ont contribué à faire de l’histoire coloniale un patrimoine universel de la lutte pour la liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une mémoire partagée ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des blessures et des silences, le colloque a montré que les décolonisations ne relèvent pas seulement du passé&nbsp;: elles constituent un enjeu majeur du présent. Les questions migratoires, la francophonie, les archives, les débats sur les réparations ou les reconnaissances mémorielles continuent de structurer les relations entre la France et le Maghreb.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition s’achève sur une convictionforte&nbsp;: reconnaître la douleur de l’autre ne signifie pas renoncer à sa propre histoire.Au contraire, cette reconnaissance constitue peut-être la condition d’une mémoire véritablement partagée entre les deux rives de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien</em>. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CCu3b8R9K2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/">Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/embed/#?secret=wThU2LptPk#?secret=CCu3b8R9K2" data-secret="CCu3b8R9K2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Les peuples du Sud ne plient pas devant l&#8217;hégémonie occidentale</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/les-peuples-du-sud-ne-plient-pas-devant-lhegemonie-occidentale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 06:20:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[tiers-monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/les-peuples-du-sud-ne-plient-pas-devant-lhegemonie-occidentale/">Les peuples du Sud ne plient pas devant l&rsquo;hégémonie occidentale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Du combat de l’Emir Abdelkader face à l’expansion coloniale française, à la détermination de Ho Chi Minh défiant les puissances impériales, en passant par la résilience de Patrice Lumumba jusqu’à l’action héroïque de Gamal Abdel Nasser, face à l’agression tripartite lors de la crise de Suez, défiant l’ordre établi, les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Khémaïs Gharbi *</strong></p>



<span id="more-18628252"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il est des moments dans l’Histoire où les peuples cessent d’être des spectateurs pour redevenir des acteurs. Des instants rares où, au milieu des décombres et des humiliations accumulées, surgit une vérité ancienne : celle de la dignité qui ne se négocie pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, que de chemins brisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tiers-monde — ou ce que l’on nommait ainsi avec condescendance — n’a pas seulement été une géographie. Il a été une succession d’espoirs contrariés. Des indépendances chèrement acquises, aussitôt fragilisées. Des révoltes étouffées, des élans dévoyés, des divisions savamment entretenues. Les victoires d’hier se sont souvent muées en désillusions, et les promesses en fractures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos faiblesses ont parfois ouvert la voie à des retours insidieux. À des formes renouvelées de domination, plus subtiles, mais tout aussi efficaces. Comme si l’Histoire refusait de nous laisser pleinement écrire la nôtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais voici que quelque chose vacille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne jamais plier, toujours faire face</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous assistons aujourd’hui, sous nos yeux, à une scène que beaucoup croyaient impossible : un pays du monde dit <em>«en développement», </em>l’Iran en l’occurrence, qui, au lieu de plier, choisit de faire face. Qui, au lieu de céder, résiste. Qui, au lieu de disparaître dans le silence, impose sa présence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à lui, non pas une puissance isolée, les Etats-Unis, mais un bloc, une mécanique, une certitude de domination. Et pourtant, cette certitude s’effrite. Car la force brute ne suffit plus lorsque, en face, un peuple décide de ne plus avoir peur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas tant l’issue militaire qui marque les esprits. L’Histoire a montré que les rapports de force sont souvent inégaux. Non — ce qui compte ici, c’est autre chose. C’est cette capacité à transformer l’épreuve en ciment. À faire de la résistance un langage commun. À souder un peuple autour d’une idée simple, mais révolutionnaire : nous pouvons tenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la véritable victoire, dans ces moments-là, ne se mesure pas uniquement en territoires ou en traités. Elle se lit dans les regards. Dans la fierté retrouvée. Dans la conviction, fragile mais tenace, que même face aux plus grandes puissances, l’homme debout reste une force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là, peut-être, que nous sommes à un tournant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non pas un tournant géopolitique — l’Histoire en a connu d’autres — mais un tournant moral. Un basculement silencieux où les peuples longtemps relégués aux marges redécouvrent leur propre puissance intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne signifie pas que les rapports de domination disparaissent. Ni que les injustices s’effacent. Mais cela signifie qu’un imaginaire se fissure : celui de l’invincibilité des puissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et lorsque cet imaginaire tombe, tout devient possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas de désigner des vérités absolues, ni de distribuer les rôles du bien et du mal avec simplisme. Il s’agit de constater un fait essentiel : lorsqu’un peuple choisit de résister, il ne se contente pas de répondre à une agression — il se redéfinit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il devient autre chose que ce que l’on avait prévu pour lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, peut-être, faut-il relire notre Histoire autrement. Non plus comme une succession de défaites, mais comme une longue école de résistance. Une mémoire accumulée, prête à resurgir lorsque les circonstances l’exigent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car au fond, la question n’est pas de savoir qui a vaincu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est de savoir qui, dans le tumulte, a su rester debout. Qui a su transformer la douleur en force. Qui a su, malgré tout, faire naître l’espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et au-delà des figures, au-delà des noms gravés dans les livres, il y a ceux que l’Histoire n’a pas retenus. Les anonymes. Les oubliés. Ceux qui, génération après génération, ont porté en silence ce feu fragile et indestructible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un feu qui ne consume pas, mais qui régénère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un feu transmis dans les regards, dans les mots chuchotés, dans les refus obstinés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux-là — connus ou invisibles — qui n’ont jamais cessé d’y croire, même lorsque tout semblait perdu, même lorsque la nuit paraissait sans fin,</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux qui ont gardé, au fond d’eux-mêmes, la braise intacte de la résistance,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons plus qu’un souvenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous leur devons ce que nous sommes encore capables de devenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ecrivain et traducteur. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/les-peuples-du-sud-ne-plient-pas-devant-lhegemonie-occidentale/">Les peuples du Sud ne plient pas devant l&rsquo;hégémonie occidentale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le nettoyage ethnique bat son plein en Cisjordanie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/28/le-nettoyage-ethnique-bat-son-plein-en-cisjordanie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 09:08:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bezalel Smotrich]]></category>
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		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le journal israélien Haaretz documente l’accélération du processus de déplacement forcé des Palestiniens de Cisjordanie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/28/le-nettoyage-ethnique-bat-son-plein-en-cisjordanie/">Le nettoyage ethnique bat son plein en Cisjordanie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que les foyers de tension, les conflits armés et les crises ne se comptent plus dans le monde et pendant que les yeux sont rivés sur le Groenland que Donald Trump veut annexer et sur l’Iran sur laquelle il maintient une pression maximale, le gouvernement israélien qui fait subir aux Gazaouis l’enfer est simultanément en train de laisser les colons déchaînés se livrer au nettoyage ethnique des Palestiniens en Cisjordanie. </em></strong><em>(Photo : Des Colons armés israéliens chassent des Palestiniens de leurs leurs maisons à Ras Ein al-Auja, Cisjordanie.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18297526"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le journal israélien <a href="https://www.haaretz.com/israel-news/travel/2026-01-25/ty-article-magazine/.premium/a-west-bank-bus-trip-through-the-best-documented-ethnic-cleansing-in-history/0000019b-e640-d81b-a3fb-efeecfe90000" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haaretz</a> a publié une enquête documentant l’accélération sans précédent de la colonisation et du déplacement forcé dont sont victimes les Palestiniens de Cisjordanie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette enquête est le fruit d’une visite de terrain organisée par l’organisation israélienne de défense des droits humains Peace Now (La Paix Maintenant) pour un groupe de journalistes de <em>Haaretz</em>. L’objectif était de les informer sur la situation dans des zones de Cisjordanie souvent négligées par les médias.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste Moshe Gilad présente des témoignages directs de la Cisjordanie occupée révélant une réalité faite de déplacements forcés de Palestiniens, de l’expansion des colonies israéliennes et ce que les organisations israéliennes opposées à l’occupation qualifient d’annexion de facto de terres sans déclaration officielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une interminable Nakba</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête s’ouvre sur une scène humanitaire déchirante dans la région de Ras Ein al-Auja, au nord d’Ariha (Jéricho), où des familles palestiniennes démantelaient leurs maisons et emportaient leurs maigres possessions en prévision de leur départ, une scène que Gilad a comparée à la Nakba de 1948.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les images de sa visite sur place dépeignent une réalité amère. Des familles palestiniennes sont contraintes de rassembler leurs maigres biens et de partir vers un avenir incertain, sous la menace constante des attaques quotidiennes des colons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«La scène à notre arrivée était horrible. Des gens rassemblaient leurs quelques affaires et partaient ailleurs. Des hommes peinaient à charger un grand four lourd et deux autres démontaient des murs blancs apparemment destinés à la construction d’une maison dans un lieu inconnu»</em>, a décrit le journaliste, ajoutant que ce qu’il avait vu lui avait donné des frissons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Gilad reconnaît que le déplacement est toujours douloureux, il décrit l’atmosphère à Ras Ein al-Auja comme empreinte de désespoir car personne ne savait avec certitude où aller.<em> «Peut-être dans la zone (A) en Cisjordanie»</em>, ont dit certains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête indique que les déplacements de population ne sont pas seulement le fait de l’armée mais aussi d’une stratégie d’étranglement économique et d’intimidation pratiquée par des colons souvent mineurs et des groupes organisés bénéficiant d’une couverture politique officielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«Le pire nettoyage ethnique de l’histoire»</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Gilad a noté que la seule personne à s’être exprimée auprès des journalistes de <em>Haaretz</em> était le militant israélien Amir Pansky qui a décrit la situation dans la zone C comme <em>«le pire nettoyage ethnique de l’histoire»</em>, filmé en direct. Des crimes sont commis contre des bergers appauvris et privés de ressources essentielles comme les pâturages et l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pansky a révélé la présence de centaines de colons dans la zone qui agissent comme une armée. Il a ajouté que tout est planifié et organisé sans aucune improvisation, soulignant que des actes de violence quotidiens et des attaques documentées restent impunis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tôt ce mois-ci, des informations ont indiqué que plus de 20 familles palestiniennes du village bédouin de Ras Ein al-Auja, dans le centre de la Cisjordanie occupée, ont été contraintes de partir en raison des attaques continues des colons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des organisations de défense des droits humains ont signalé que 26 familles ont quitté le village qui abritait depuis des décennies environ 700 personnes issues de plus de 100 familles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles ont expliqué que les familles contraintes de partir jeudi dernier se sont dispersées dans la région à la recherche de refuges plus sûrs, tandis que plusieurs autres familles se préparaient pour quitter le village dimanche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les <em>«routes de l’apartheid»</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, un mouvement de colonisation s’intensifie, qualifié par les observateurs du mouvement Peace Now d’annexion renforcée. Ces trois dernières années, la Cisjordanie a vu la création d’une centaine de nouvelles fermes de colons dont l’objectif n’est pas tant d’accroître le nombre de colons que de s’accaparer des milliers de dounams (unité de mesure de surface agraire couramment utilisée au Moyen-Orient, équivalant à 1 000 mètres carrés, soit 0,1 hectare) de terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette prédation, selon <em>Haaretz</em>, s’accompagne de budgets colossaux consacrés à la construction d’un réseau routier distinct, désormais appelé <em>«routes de l’apartheid»</em>, destiné à relier les colonies et à faciliter les déplacements des Israéliens, tout en isolant complètement les communautés palestiniennes et en restreignant leurs mouvements derrière des grilles et de longs détours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gilad cite deux militants de Peace Now, Hagit Ofran et Yoni Mizrahi, qui affirment avoir du mal à suivre le rythme des changements survenus en Cisjordanie ces derniers mois. Ils confirment que presque chaque semaine, un ou deux nouveaux avant-postes sont établis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après Ofran et Mizrahi, ces trois dernières années ont été marquées par une accélération des expulsions de résidents palestiniens, la construction de centaines de kilomètres de routes et un afflux massif de fonds dans les colonies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données présentées dans l’enquête révèlent l’ampleur de l’expansion des colonies. On compte aujourd’hui 147 colonies et 191 avant-postes non autorisés, abritant quelque 478 000 colons qui cherchent à imposer leur souveraineté sur 2,8 millions de Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le gouvernement actuel, et notamment sous l’impulsion du ministre des Finances Bezalel Smotrich, la construction de 40 000 nouveaux logements a été approuvée rendant plus que jamais impossible la concrétisation de la solution à deux États.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fin 2018, Smotrich a annoncé l’allocation de plus de 1,1 milliard de shekels (375 millions de dollars) à un nouveau plan de colonisation visant à consolider les colonies existantes ou à en créer de nouvelles. Ce budget comprend 660 millions de shekels (296 millions de dollars) pour la création de 17 nouvelles colonies et 338 millions de shekels (106 millions de dollars) pour le développement de 36 avant-postes agricoles et de colonies.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CYNjPWoDLr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/27/le-tsunami-israelien-silencieux-pour-avaler-la-cisjordanie/">Le tsunami israélien silencieux pour avaler la Cisjordanie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le tsunami israélien silencieux pour avaler la Cisjordanie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/27/le-tsunami-israelien-silencieux-pour-avaler-la-cisjordanie/embed/#?secret=k4yia6bXxn#?secret=CYNjPWoDLr" data-secret="CYNjPWoDLr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/28/le-nettoyage-ethnique-bat-son-plein-en-cisjordanie/">Le nettoyage ethnique bat son plein en Cisjordanie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’«érosion» géopolitique de l’Afrique du Nord</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/26/lerosion-geopolitique-de-lafrique-du-nord/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 09:45:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[frontières]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré le potentiel humain, naturel et de positionnement géographique, l'Afrique du Nord peine à honorer les attentes de ses populations. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que l’opinion publique tunisienne s’émeut à juste titre de l’érosion subie par la colline de Sidi Bou Saïd en fustigeant les abus et le non-respect des normes d’aménagement et de prévention de l’érosion risquant de compromettre sérieusement un joyau architectural et touristique, la question pourrait être, dans une certaine proportion, extrapolée vers le constat de non-succès, pour ne pas dire les choses plus crûment, de l’Afrique du nord, zone géopolitique dont le bilan sur tous les plans sociaux, économiques, démocratiques, sécuritaires et diplomatiques peut à juste titre être considéré comme une sous-performance et une série d’opportunités perdues, pour le moins que l’on puisse dire.</em></strong> <em>(Ph. Migrants illégaux nord-africains à Lampedusa, Italie).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-18289851"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">De nombreux pays semblent pétrifiés par la nécessité de plus en plus pressante de changement de paradigme socio-économique et de mode de gouvernance en se cachant derrière ou en prenant pour alibi les risques d’instabilité que causerait la perturbation des lignes rouges qui ne sont en fait que des situations de rente calcifiées à force d’intérêts corporatistes ou parasitaires finissant par occulter l’intérêt collectif jusqu’à l’hypothéquer et entraîner tout le système dans une spirale d’inadéquation, de perte de compétitivité avec de sérieux risques de faillite et d’explosion, malgré le potentiel humain, naturel et de positionnement géographique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réservoir de migrants face à une forteresse assiégée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique du nord semble particulièrement vulnérable et volatile peut être en raison d’une configuration territoriale et politique post-coloniale mal assumée et qui, après plus d’un demi-siècle, a démontré son inaptitude à honorer les promesses et attentes de stabilité, d’autodétermination et de liberté des peuples avec les prérequis de démocratie et de bien-être, faisant de cette région un réservoir de migrants de tout genre de l’économique, au politique et l’humanitaire, forçant ainsi l’Europe à s’ériger en forteresse assiégée par une vague migratoire et la hantise d’un raz-de-marée transformé en leitmotiv par une extrême droite en croissance rapide, exploitant avec succès les inadéquations, rigidités et contradictions de son flanc sud en les présentant comme atteignant des seuils alarmants frisant la perte de contrôle et l’explosion socio-sécuritaire avec les retombées migratoires et identitaires assimilées à un grand remplacement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Remettre en question les tabous post-coloniaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Outre des choix économiques et politiques susceptibles d’être considérés à l’origine de cet état des lieux insatisfaisant pour certains et alarmant pour d’autres, il serait judicieux de s’interroger sur les causes profondes qui pourraient émaner d’un tracé colonial des frontières mal assumé ou carrément inassumable et dont les enseignements gagneraient à être tirés d’abord dans la perception des menaces et des obstacles à la stabilité, au développement et à la démocratie, loin des hauts le cœur et des cris effarouchés des tenants du statu quo à tout prix et de la sacralité des frontières héritées de la colonisation, préférant ainsi le confort de l’échec patent sur tous les plans à la nécessité historique d’un bilan serein d’un demi-siècle de déceptions, de soubresauts et d’échecs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que l’Afrique du nord n’aura pas eu le courage de remettre en question les lignes rouges et tabous post-coloniaux à tous les niveaux y compris territoriaux et frontaliers, la perspective de la perpétuation des échecs et des menaces du demi-siècle écoulé risque d’être exacerbée à la faveur des mutations géostratégiques et des bouleversements qui se profilent à l’horizon et qui semblent destinées à fracasser le statu quo et forcer le changement qui ne laissera aux peuples que l’option de le subir à leurs dépens faute de l’avoir anticipé et assumé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/26/lerosion-geopolitique-de-lafrique-du-nord/">L’«érosion» géopolitique de l’Afrique du Nord</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La plus grande erreur historique des Palestiniens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/19/la-plus-grande-erreur-historique-des-palestiniens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 06:54:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Ricardo Mohrez Muvdi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La plus grande erreur commise par les dirigeants palestiniens a été de faire des concessions aux sionistes au nom  de la paix. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/19/la-plus-grande-erreur-historique-des-palestiniens/">La plus grande erreur historique des Palestiniens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La plus grande erreur commise par les dirigeants palestiniens, au fil de décennies de négociations infructueuses, a été de faire des concessions aux sionistes en croyant que l’abandon de droits fondamentaux apporterait la paix, la justice ou une reconnaissance réelle. L’histoire a démontré exactement le contraire.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ricardo Mohrez Muvdi</strong> *</p>



<span id="more-18251955"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="584" height="584" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez.png" alt="" class="wp-image-18251965" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez.png 584w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-300x300.png 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-150x150.png 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-120x120.png 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-360x360.png 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-580x580.png 580w" sizes="auto, (max-width: 584px) 100vw, 584px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dès le début du conflit moderne, il aurait fallu exiger clairement un seul État, démocratique et garantissant l’égalité des droits pour tous ses habitants, sur l’ensemble de la Palestine historique. Accepter — et continuer à défendre — l’idée de <em>«deux États»</em> n’a pas seulement été une mauvaise stratégie : cela a constitué une renonciation progressive à la Palestine, légitimant la colonisation, la fragmentation territoriale et le nettoyage ethnique déguisé.<a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiG1VJMvhWohBQhcJrO_DLsg7N6zC3sxWki3UJqJ-TfLOnLHWH7zSvLxpvL4AoaUQegcngomNerNSxSzHd6O_oqOus8Xb-Ll0-Zr8bAToL8IOIbU4BB8fhQQca9k5x4qsfFGhtuKgdW8I0-13jB8tax7QHOm09hQqbrcsabeZHca3Cle5adRXHjy88q28M7/s1353/Un%20seul%20%C3%89tat%20bon.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prétendue <em>«solution à deux États»</em> est née déjà mutilée. Ce n’était pas une proposition de justice, mais une gestion de la dépossession. À chaque concession palestinienne il a été répondu par davantage de colonies, de murs, de points de contrôle et de lois raciales. Négocier sous occupation n’a jamais été négocier : c’était accepter les règles de l’occupant. Persister aujourd’hui dans le fantasme des deux États est, outre une naïveté, un suicide politique. Sur le terrain, il n’y a ni continuité territoriale, ni souveraineté réelle, ni contrôle des frontières, de l’eau ou des ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est offert au peuple palestinien n’est pas un État, mais des réserves fragmentées, dépendantes et sous surveillance. Pendant ce temps, le projet sioniste a été cohérent : avancer sans reculer, consolider les faits accomplis et exiger une reconnaissance internationale sans accorder l’égalité. En ce sens, continuer à parler de deux États revient à soutenir de facto la pérennité de l’occupation et à accepter que le vol territorial se transforme en légalité internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seule proposition éthique, historiquement et juridiquement viable est celle d’un seul État, où les Palestiniens, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs, vivraient avec les mêmes droits, sans suprématie ethnique ou religieuse. Un État où le droit au retour, l’égalité devant la loi et la justice historique ne seraient pas négociables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas d’utopie, mais de cohérence. Les régimes d’apartheid ne se réforment pas, ils se démantèlent. Et la libération ne naît pas de concessions à l’oppresseur, mais de la fermeté dans les principes. Le peuple palestinien n’a pas survécu à des décennies d’expulsion, d’exil et de résistance pour se contenter de miettes. La dignité ne se négocie pas, elle s’exerce.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l&rsquo;espagnol. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Palestinien, né à Beit-Jala, en Palestine (1952). Réfugié en Colombie, il est administrateur d’entreprises et président de l’Union Palestinienne d’Amérique Latine (UPAL), créée en 2019 à San Salvador, au Salvador. Il est également président de la Fondation Culturelle Colombo-Palestinienne.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source</strong> : <a href="https://tlaxcala-int.blogspot.com/2026/01/la-plus-grande-erreur-historique-des.html?utm_source=substack&amp;utm_medium=email" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tlaxcala</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="prPXRhG6F2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/">Un siècle de lutte en Palestine</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un siècle de lutte en Palestine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/embed/#?secret=YBA9zXPqCq#?secret=prPXRhG6F2" data-secret="prPXRhG6F2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘La voix de la braise’’ &#124; Epopée mémorielle de la Tunisie noire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/la-voix-de-la-braise-epopee-memorielle-de-la-tunisie-noire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 08:17:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[Amel Farji]]></category>
		<category><![CDATA[colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[noirs]]></category>
		<category><![CDATA[protectorat français]]></category>
		<category><![CDATA[traite transsaharienne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘La voix de la braise’’, roman de Abdelhamid Largueche retrace l’histoire d’une famille noire tunisienne mêlée avec celle de la nation. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/la-voix-de-la-braise-epopee-memorielle-de-la-tunisie-noire/">‘‘La voix de la braise’’ | Epopée mémorielle de la Tunisie noire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘La voix de la braise’’, premier roman de l’historien Abdelhamid Largueche (à paraître aux éditions Sikelli, à Tunis) se présente comme une ambitieuse fresque romanesque qui retrace, sur près de trois siècles (1740-2020), l’histoire d’une famille noire tunisienne dont le destin s’entremêle avec celui de la nation. Bien plus qu’un simple roman historique, l’œuvre s’impose comme une méditation profonde sur la mémoire, l’identité et la transmission, explorant les strates souvent occultées de l’histoire tunisienne.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amel Fargi *</strong></p>



<span id="more-18218768"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Amel-Fargi.jpg" alt="" class="wp-image-16730686" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Amel-Fargi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Amel-Fargi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Amel-Fargi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">À travers la saga de la lignée de Samba/Moussa, Largueche construit un récit polyphonique où se croisent les grandes transformations politiques (esclavage, colonisation, indépendance, révolution) et les silences individuels, les blessures intimes et les résistances discrètes. Cet article se propose d’analyser la structure narrative innovante du roman, d’examiner sa dimension mémorielle et politique, et d’évaluer son apport à la littérature maghrébine contemporaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre saga familiale et fresque historique</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La structure tripartite comme cadre d’intelligibilité historique&nbsp;:</em><strong> </strong>le roman se structure selon une division tripartite qui correspond aux grands cycles de l’histoire tunisienne : <em>«La Nuit du Désert (1740-1881)»</em> couvre la période précoloniale et l’esclavage ; <em>«Le Regard qui Blesse (1881-1956)»</em> traite du Protectorat français et de la lutte indépendantiste; <em>«Le Silence et le Retour (1956-2020)»</em> aborde la Tunisie postcoloniale jusqu’à la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette architecture n’est pas seulement chronologique mais thématique : chaque partie explore une forme spécifique de domination et de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’alternance entre récits intimes et contexte historique crée un effet de va-et-vient constant entre le personnel et le politique, montrant comment les grandes forces historiques s’incarnent dans des destins singuliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le système des générations comme fil conducteur&nbsp;: </em>la progression narrative s’articule autour de quatre générations successives, chacune incarnant une posture différente face à l’histoire :Samba/Moussa représente la rupture originelle et la survie dans la dépossession&nbsp;; Othman incarne l’entre-deux identitaire, né libre mais marqué par l’héritage esclavagiste&nbsp;; Youssef et Aïcha personnifient l’engagement politique et social dans la lutte anticoloniale&nbsp;; et Rafiq matérialise la quête mémorielle dans une Tunisie désillusionnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dispositif générationnel permet à Largueche d’explorer la dialectique complexe entre transmission et transformation, entre fidélité à l’héritage et nécessité d’inventer de nouvelles formes d’être au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’art de la transition et du montage temporel&nbsp;: </em>l’auteur maîtrise remarquablement les ellipses et les transitions, passant d’une époque à l’autre avec une fluidité qui évite le didactisme. Les<em> «sauts temporels»</em> ne sont jamais arbitraires : ils correspondent à des moments charnières où se joue le destin collectif. La technique narrative mêle différents registres – récit historique, monologue intérieur, dialogue, description ethnographique – créant une texture romanesque riche et variée. Les <em>«carnets»</em> des personnages (ceux de Youssef puis de Rafiq) servent de fil rouge matériel et symbolique, matérialisant la continuité de la mémoire à travers les époques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mémoire, praxis politique et déconstruction des récits officiels</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Contre-histoire et réhabilitation mémorielle&nbsp;: ‘‘La voix de la braise’’</em> s’inscrit dans la tradition des <em>«romans de contre-histoire»</em> qui donnent voix aux oubliés des grands récits nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Largueche entreprend un travail de <em>«réhabilitation mémorielle»</em> en mettant en lumière plusieurs dimensions occultées de l’histoire tunisienne :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.«L’esclavage et la présence noire» : le roman restitue la réalité de la traite transsaharienne et ses prolongements dans la société tunisienne contemporaine&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">2. «Les résistances infra-politiques»: à côté du mouvement national <em>«officiel»</em>, il montre les formes de résistance discrètes (spiritualité noire, solidarités féminines, préservation culturelle)&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">3. «Les continuités entre systèmes de domination» : l’œuvre suggère comment certaines structures hiérarchiques (raciales, sociales) survivent aux changements de régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Métaphore de la braise ou épistémologie de la mémoire&nbsp;: </em>la <em>«braise»</em> fonctionne comme métaphore centrale d’une mémoire qui ne s’éteint jamais complètement mais peut se raviver à tout moment. Cette image guide toute l’épistémologie mémorielle du roman :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; «Mémoire-chaleur» : elle préserve une énergie potentielle, une virtualité de sens&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; «Mémoire-fragilité» : elle menace toujours de s’éteindre si on ne l’entretient pas&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; «Mémoire-transmission» : elle passe d’une génération à l’autre comme un feu qui se communique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>«sanctuaires noirs»</em> représentent les lieux où cette mémoire se conserve hors des institutions officielles, dans des espaces de spiritualité et de communauté qui échappent au contrôle des pouvoirs successifs (beylical, colonial, national).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Archives du silence ou méthodologie de la remémoration&nbsp;:</em><strong> </strong>le personnage de Rafiq incarne une <em>«méthodologie spécifique de la remémoration»</em> :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Collecte des témoignages oraux : il parcourt le pays pour recueillir les récits des anciens&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Attention aux non-dits : il écoute autant les silences que les paroles&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Reconstruction fragmentaire : il assemble patiemment les pièces d’un puzzle mémoriel&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Transmission créative : il adapte les formes de transmission aux nouvelles générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche constitue une critique implicite des historiographies officielles qui privilégient les archives écrites et les grands événements au détriment des mémoires intimes et des expériences marginalisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Intersectionnalité des luttes : race, genre et classe</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La question raciale comme fracture persistante&nbsp;: </em>le roman explore avec subtilité la persistance des hiérarchies raciales à travers les régimes politiques :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Sous le <em>«Protectorat»</em>, la racialisation devient bureaucratique avec la catégorie <em>«indigène»&nbsp;</em>;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Après <em>«l’indépendance»</em>, le discours d’égalité masque mal la permanence des préjugés&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Sous Ben Ali, la question raciale est doublement occultée : par le discours modernisateur et par le contrôle politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience des personnages noirs montre comment la<em> «couleur de peau»</em> fonctionne comme un marqueur social qui traverse les classes et les époques, créant une forme spécifique d’<em>«altérité»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>‘‘La voix de la braise’’</em> est une contribution majeure à la littérature maghrébine contemporaine par son ampleur historique, sa profondeur anthropologique et son inventivité formelle. Plus qu’un roman sur la mémoire, c’est un roman par et avec la mémoire, qui fait de l’acte de remémoration une pratique éthique et politique. En suivant le destin d’une famille noire tunisienne sur trois siècles, Largueche nous offre non seulement une fresque historique impressionnante mais aussi une réflexion profonde sur les conditions de possibilité d’un vivre-ensemble véritablement inclusif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’œuvre résiste aux catégorisations faciles : à la fois saga familiale et essai historique, récit initiatique et traité politique, elle témoigne de la vitalité de la forme romanesque pour penser les questions les plus urgentes de notre temps. Sa publication en 2026, quinze ans après la révolution tunisienne, lui donne une résonance particulière : elle rappelle que toute révolution politique doit s’accompagner d’une révolution mémorielle qui donne voix à ceux que l’histoire a trop longtemps réduits au silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière phrase du roman – <em>«La braise continue à brûler»</em> – résume cet optimisme têtu qui parcourt l’œuvre : malgré les tentatives d’effacement, malgré les désillusions, malgré le temps qui passe, quelque chose persiste, quelque chose résiste, quelque chose attend son heure pour se raviver et éclairer à nouveau le chemin. C’est peut-être là le message le plus précieux de ce roman remarquable : la mémoire n’est pas derrière nous, elle est devant nous, et c’est en marchant vers elle que nous inventons notre avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Comédienne et professeur d’art dramatique.</em></p>
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		<title>La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 06:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[régime militaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Algériens aspirent à rétablir la primauté du civil, à réhabiliter l’État de droit et à protéger l’armée du mécontentement social. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La date du 1<sup>er</sup> novembre 1954 est le plus fort symbole de l’histoire de l’Algérie en ce qu’elle a exprimé la volonté de se libérer de la domination coloniale et de fonder un Etat moderne. L’indépendance cependant n’était qu’une étape selon le mouvement national ; le but étant le développement économique et la création d’un Etat moderne. Soixante-onze années après cette date, où en est l’Algérie ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi &amp; Karim Naït Ouslimane</strong> *</p>



<span id="more-17784665"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Lahouari-Addi-Karim-Nait-Ouslimane.jpg" alt="" class="wp-image-17784826"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il semble bien que le souffle historique de novembre 1954 n’a pas survécu à l’indépendance, et que les élites dirigeantes ont perdu de vue la principale promesse du mouvement national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fondation de l’Etat moderne, commencée avec la construction d’un pouvoir central, a été retardée par des vicissitudes historiques qu’il s’agit d’analyser objectivement, en se demandant quelle est la part des acteurs dans un système dont ils ne contrôlent plus l’évolution. Le système domine-t-il les acteurs ou bien ces derniers, au-delà de leurs intérêts, peuvent-ils influencer sa logique désincarnée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est ainsi posée car l’histoire du pays a créé un système qui a imposé aux dirigeants une logique qui ignore les intérêts de la Nation. D’où la nécessité d’une transition qui n’est plus une question à débattre pour quiconque observe objectivement la société algérienne. Et la question n’est donc plus celle de savoir si une transition est nécessaire, mais de déterminer sa nature et son objectif. S’agit-il d’un simple passage électoral à l’intérieur d’un ordre existant, ou d’un processus consensuel capable de redéfinir la source de la souveraineté et les institutions à l’intérieur de laquelle elle s’exerce ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit : la transition doit-elle s’inscrire dans les formes héritées du système ou les reconfigurer ? C’est cette question politique fondamentale en Algérie qui demande une réponse. A cette fin, il faut revenir sur la genèse de la période postcoloniale et ses vicissitudes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Primauté du militaire sur le politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que dit en effet l’histoire récente de l’Algérie ? La radicalité du pouvoir colonial qui refusait toute réforme avait incité le mouvement national à militariser le politique et à créer un appareil militaire en vue de la libération nationale. Le pouvoir colonial rejetait toute perspective d’indépendance négociée. Le FLN a alors créé une armée clandestine pour mener l’insurrection en 1954. Mais à la veille de l’indépendance, cet appareil militaire a échappé au contrôle du leadership du FLN. En conséquence, le parti n’avait pas la capacité de s’opposer au coup d’État de l’État-Major contre le GPRA, malgré la résistance d’une partie des cadres de l’ALN de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre juin et août 1962, le rapport de force a été tranché militairement : les troupes de l’extérieur, mieux armées, ont imposé leur domination sur celles de l’intérieur. Ce moment a inscrit durablement la centralité militaire dans l’exercice du pouvoir. Le processus s’est achevé en juin 1965 par le coup d’État qui a renversé le président Ahmed Ben Bella, élu en 1963 et également secrétaire général du Bureau politique du FLN, organe censé incarner la souveraineté populaire. Ce Bureau politique a été dissous et remplacé par le Conseil de la Révolution, dominé par les militaires et présidé par le colonel Houari Boumediene.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le leadership militaire s’était émancipé de toute autorité civile et le politique a été absorbé par la structure militaire qui s’est imposée comme source unique de légitimité. Le pluralisme politique qui existait avant 1954 n’a pas été restauré. Bien que limité par le cadre colonial, il était néanmoins une réalité. Le PPA-MTLD, l’UDMA, l’Association des Oulémas, le Parti communiste étaient des partis qui exprimaient les différentes sensibilités idéologiques de la société. Au lieu de réactiver et d’élargir cette tradition, le régime naissant y a mis fin, institutionnalisant la primauté du militaire sur le politique, transformant le FLN en un appendice de l’administration qui lui avait confié la tâche de gérer la mémoire de la lutte de libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1962, le politique n’a pas été démilitarisé malgré le principe du congrès de la Soummam : la primauté du politique sur le militaire. La domination du politique par le militaire ne fait pas partie de la culture politique algérienne ; elle est née est de vicissitudes liées à l’histoire du mouvement national qui a créé un appareil militaire qui a échappé à son autorité politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première décennie de l’indépendance a permis l’affermissement de la souveraineté nationale et l’installation d’un pouvoir central dans la continuité directe du projet du mouvement national. Mais elle a aussi mis en place un régime dont la structure institutionnelle a figé le politique au lieu de l’ouvrir pour accompagner la construction d’un Etat moderne reposant sur la légitimité populaire. Il est vrai que l’euphorie des indépendances avait suscité, à l’échelle du Tiers-Monde, un enchantement qui avait sous-estimé le poids des réalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, dans les années 1950 et 1960, les discours populistes tiers-mondistes dominaient les champs politiques des nouveaux Etats indépendants. Sans accepter le contrôle populaire, ils affirmaient la nécessité de protéger les peuples de la domination impérialiste et de mettre en œuvre un développement économique que la faiblesse des bourgeoisies nationales ne permettait pas d’engager.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique sans contrôle populaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette configuration que Boumediene, jeune officier marqué par son époque, s’est construit comme figure de chef politique, se présentant comme le défenseur des couches sociales populaires et le garant d’un projet de justice sociale. Son modèle était celui de la modernisation autoritaire visant à industrialiser le pays. A cet effet, il a interdit le pluralisme qu’il considérait comme un facteur de division et a aboli l’autonomie syndicale, tout en promettant de réaliser les promesses du mouvement national : emploi, industrialisation, réforme agraire, généralisation de la scolarisation&#8230; N’ayant été socialisé ni dans un parti ni dans une structure syndicale, Boumediene concevait la politique comme une menace pour la cohésion sociale et non comme un espace de régulation des conflits. Son projet, verbalement révolutionnaire, a en réalité coupé l’État de la société. L’échec du développement économique qu’il avait annoncé est directement lié à cette structure : une politique sans contrôle populaire, ni corps intermédiaires et ni représentation autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence d’une médiation politique a ouvert un espace à l’irresponsabilité, au gaspillage et à la corruption. Un contrôle effectif, soit par des élections pluralistes, soit par un parti disposant d’une véritable autorité politique, aurait pu limiter ces dérives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Boumediene refusait cette possibilité, convaincu que la société n’était pas capable de protéger l’État contre les profiteurs, alors même que ces profiteurs ont prospéré sous son pouvoir en le soutenant. Il a façonné le régime autour de sa personne, en s’appuyant sur la Charte nationale adoptée par référendum, conçue comme un contrat direct entre lui et le peuple. Pour réaliser le projet qu’il défendait, il a concentré entre ses mains l’ensemble des pouvoirs : Chef d’État, Chef de gouvernement, ministre de la Défense, Chef de l’Etat-Major de l’armée après 1967 et président du Conseil de la Révolution. Ce dernier, s’autoproclamant dépositaire de la souveraineté nationale, a absorbé la fonction législative, donnant une légitimité politique au pouvoir exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime a fonctionné avec un pouvoir exécutif reposant sur le charisme du leader et non sur des institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’armée, seule source effective du pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après la mort de Boumediene, la hiérarchie militaire a reconduit le même système tout en refusant de le doter d’un chef charismatique qui aurait une autorité sur elle. Le corps des officiers supérieurs n’accepte pas l’émergence d’un chef politique, même s’il sort des rangs de l’armée. A l’exception de Houari Boumediene, ni Chadli Bendjedid, ni Mohamed Boudiaf, ni Liamine Zéroual, ni Abdelaziz Bouteflika, ni Abdelmadjid Tebboune n’ont eu une autorité politique sur l’armée. Le système repose sur une règle non écrite mais structurante : l’armée est la seule source effective du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en résulte une division au sommet de l’État entre un pouvoir réel, souverain et non comptable, et un pouvoir formel, chargé de diriger l’administration gouvernementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, si les militaires ne gouvernent pas directement, ils désignent ceux qui occupent les fonctions principales de l’État, déterminent les grandes orientations politiques et fixent les équilibres budgétaires. Le centre de gravité des décisions politiques et diplomatiques se situe au ministère de la défense et non à la présidence. Le candidat désigné pour exercer la fonction présidentielle doit accepter la condition de ne pas exercer d’autorité sur la hiérarchie militaire, malgré les dispositions de la constitution. Affaiblie et placée sous tutelle, la présidence n’a pas l’autorité nécessaire pour mener des réformes qui rompent avec la logique d’un système devenu rentier qui gaspille dans la consommation les richesses du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un modèle économique basé sur les hydrocarbures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La hiérarchie militaire a reconduit le modèle économique qui repose sur les revenus des hydrocarbures qui ont jusque-là caché les déséquilibres structurels. Le déficit permanent des entreprises publiques constitue une bombe à retardement et une vulnérabilité majeure susceptible de provoquer des émeutes en cas de baisse des prix du pétrole. L’incapacité des entreprises publiques à équilibrer leurs comptes entraîne un déficit que l’État finance par la création monétaire au détriment du pouvoir d’achat. Ce mécanisme est devenu un élément structurel de l’économie algérienne et une source permanente de fragilité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que le budget de l’État algérien est financé par la perte sans fin du pouvoir d’achat du dinar, en plus des impôts et des revenus des hydrocarbures. La perte du pouvoir d’achat des consommateurs est structurelle et sans aucune perspective de redressement. La principale victime de ce système politico-économique est le dinar, monnaie froide déconnectée des dynamiques internationales d’accumulation. Le dinar n’est ni un moyen d’investissement ni une valeur refuge comme les autres monnaies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie a ainsi bâti un système politico-économique qui utilise la rente énergétique pour importer des biens de consommation au profit d’entreprises étrangères et d’intermédiaires compradores.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour être l’autorité suprême, la hiérarchie militaire porte une responsabilité directe dans les échecs économiques et sociaux du régime depuis l’indépendance. Elle est comptable de l’incapacité du pays à se développer malgré ses ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partis artificiels et transition factice</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que la société s’est profondément modifiée, dans sa composition comme dans ses attentes, le pouvoir central postindépendance est resté identique à lui-même. Cette fixité n’est pas une simple inertie : elle est constitutive du système. Or, les nouvelles générations (la GenZ notamment) n’acceptent pas le statu quo postcolonial ; elles le contestent par leur seule existence sociale et par les espérances qu’elles portent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La séquence d’Octobre 1988, qui précède de peu l’effondrement des régimes socialistes en Europe de l’Est, avait montré que la société algérienne était inscrite dans la temporalité mondiale, celle des basculements politiques, de la fin des systèmes à parti unique et de l’économie administrée. Les émeutes d’Octobre avaient exprimé une exigence politique : ouvrir les institutions à la participation populaire et instituer un pluralisme politique réel. Le rejet du parti unique n’était pas un épisode conjoncturel, mais une rupture structurante et une phase du processus de la construction de l’Etat. Le parti unique avait atteint sa limite historique, bloquant le devenir politique du pays en le marginalisant par rapport aux dynamiques mondiales économiques, idéologiques et culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la pression conjuguée des aspirations internes et de l’environnement international, les élites dirigeantes ont été contraintes, en 1989, de modifier la Constitution et de légaliser les partis politiques. Mais cette ouverture, pensée comme une concession et non comme une refondation, a produit une transition factice, sans contrat politique stabilisateur. Ni le régime ni l’opposition n’étaient préparés – politiquement, culturellement et doctrinalement &#8211; à une véritable redistribution des rapports de pouvoir. L’annulation des élections pluralistes en janvier 1992 a été la conséquence directe de l’absence d’un consensus au sujet de la transition. Le choix de la voie électorale a transformé la transition en affrontement et ouvert une séquence de lutte qui s’est achevée dans le sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, l’Algérie est revenue au système de parti unique de facto derrière une façade de pluralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élections après 1992 ont été systématiquement truquées par l’administration qui détournait le suffrage universel au profit des deux partis artificiels du régime, le FLN et le RND. Ils étaient artificiels parce qu’ils n’avaient aucun ancrage dans la société. Sans les généreuses subventions de l’Etat, par ailleurs illégales au regard de la loi, et la complaisance de l’administration qui leur fournissait des locaux et des ressources, ces deux partis auraient disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FLN et le RND, et les partis microscopiques qui ont été créés pour dévaloriser l’activité politique, ont été juste des opportunités aux arrivistes sans scrupules pour occuper des fonctions électives alors qu’ils n’ont aucun sens de l’intérêt public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que l’opinion publique perçoit les partis comme des groupements inutiles et incapables de porter la voix de la population dans les institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un retard idéologique et culturel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la situation post-1988 a montré aux Algériens, c’est que le pluralisme, introduit par la réforme constitutionnelle de 1989, n’a en rien modifié la nature du régime. Les partis ont été maintenus dans une position subordonnée, réduits à une fonction d’opposition sans perspective réelle de conquérir pacifiquement le pouvoir. Dans une société peu politisée et où la religiosité cherche à refouler les divergences idéologiques, les acteurs ont du mal à percevoir ces divergences comme des clivages susceptibles d’être résolus dans le cadre politico-juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce retard idéologique et culturel de la société qui a permis au commandement militaire d’être un acteur politique qui interdit toute activité politique qu’il ne contrôle pas. Il a exercé une influence directe sur le champ politique en mobilisant les services de renseignement, détournés de leur rôle institutionnel. Leur mission était de fabriquer une vie politique artificielle, déconnectée des revendications sociales réelles : chômage massif des jeunes, gaspillage des ressources publiques, corruption généralisée. L’objectif était de neutraliser la société civile et d’étouffer toute velléité de changement politique. Car le présupposé implicite du régime est que la société doit obéir à l’État et non l’inverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opposition a été perçue comme une menace à contenir, alors qu’elle devrait être un lieu de socialisation politique et un mécanisme de renouvellement de légitimation du pouvoir d’Etat par la sanction électorale. En refusant l’autonomie des partis, des syndicats et de la presse, le régime a coupé l’État de ses racines sociales, idéologiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par une ironie de l’histoire, l’Etat postcolonial se réapproprie le réflexe de l’administration coloniale qui imposait des béni-oui-oui comme représentants de la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ouvrir une nouvelle séquence historique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette configuration, l’institution militaire porte une part déterminante de la trajectoire politique du pays. La stabilité future et la pérennité de l’Algérie ne résultera pas du maintien d’un rapport de force obsolète, mais d’une capacité à ouvrir une nouvelle séquence historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte régional et international instable, marqué par les recompositions rapides des équilibres géopolitiques, la hiérarchie militaire a intérêt à inscrire son action dans une logique de préservation de l’État en tant qu’institution nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assumer cette responsabilité implique, au nom du serment de Novembre et la mémoire des Chouhadas, d’accompagner, sans la confisquer, une transition politique consensuelle. Il s’agit de rendre possible la formation d’un nouveau contrat social qui restitue au politique sa fonction propre : organiser pacifiquement la confrontation des idées, structurer les intérêts sociaux, garantir la continuité de l’État à travers la légitimité électorale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle orientation ne signifie pas un affaiblissement de l’armée, mais au contraire une clarification de son rôle dans la défense nationale et la protection des équilibres stratégiques. Elle seule peut, en prenant cette initiative historique, contribuer à refermer le cycle ouvert en 1962 et à rendre à la souveraineté populaire sa place centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité future du pays suppose que l’armée se tienne à distance des conflits politiques internes à la société, car son implication dans ces derniers n’est pas dans son intérêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La politique est un espace conflictuel, par définition traversé par des divergences idéologiques et sociales. Une institution qui appartient à l’ensemble des citoyens ne peut durablement s’identifier à un camp ou à un parti sans se mettre en porte-à-faux avec une frange de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un État moderne, l’armée n’a pas à s’identifier à un courant politique ou à être la dépositaire de la souveraineté nationale. Elle est une branche du pouvoir exécutif qui obéit au pouvoir législatif issu des urnes. Son retrait de la sphère politique est une condition de la construction d’un espace civil autonome et de la préservation de la confiance en elle de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le slogan <em>«madania machi askaria» </em>(«civile et non militaire»), scandé par des millions d’Algériens lors des marches du Hirak ; il exprime une exigence directe : rompre avec un schéma où le commandement militaire constitue la source effective du pouvoir en lieu et place de l’électorat. Il aspire à une transition démocratique entendue comme retrait du champ politique des services de sécurité de l’armée, appelés à se limiter à leur fonction propre, la défense de la nation contre les menaces extérieures. Cette exigence a été perçue par les décideurs comme une hostilité à l’institution militaire ou comme l’annonce d’un changement brutal de régime. En réalité, <em>«madania machi askaria»</em> renvoie à une aspiration politique légitime : celle de rétablir la primauté du civil, de réhabiliter l’État et de protéger l’institution militaire du mécontentement social qui ne manquera pas de se concentrer sur elle tant qu’elle demeure impliquée dans le champ politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*Universitaires</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">31 octobre 2025</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4VajMjpX25"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/05/vers-un-printemps-algerien-ineluctable-et-necessaire/">Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire   </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Vers un printemps algérien, inéluctable et nécessaire    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/05/vers-un-printemps-algerien-ineluctable-et-necessaire/embed/#?secret=HMzjjG1OML#?secret=4VajMjpX25" data-secret="4VajMjpX25" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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