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	<title>Archives des crédit agricole - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des crédit agricole - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La BNA signe un accord cadre d’assistance technique avec l’INGC et l’Utap</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Nov 2021 06:44:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un développement économique et social équilibré et durable s’appuie, dans ses premières étapes, sur une agriculture solide; ce qui se traduit par des financements importants orientés vers le crédit agricole ainsi qu’une collaboration étroite entre les acteurs évoluant dans l’agriculture. C’est dans ce cadre que s&#8217;inscrit la signature toute récente par la BNA d’un accord...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/BNA-INGC-Utap.jpg" alt="" class="wp-image-368617"/></figure></div>



<p><strong><em>Un développement économique et social équilibré et durable s’appuie, dans ses premières étapes, sur une agriculture solide; ce qui se traduit par des financements importants orientés vers le crédit agricole ainsi qu’une collaboration étroite entre les acteurs évoluant dans l’agriculture. C’est dans ce cadre que s&rsquo;inscrit la signature toute récente par la BNA d’un accord cadre d’assistance technique de 3 ans avec l’Institut national des grandes cultures (INGC) et l’Union tunisienne de l&rsquo;agriculture et de la pêche (Utap).</em></strong></p>



<span id="more-368616"></span>



<p>L’objectif&nbsp;étant d’accompagner les agriculteurs et pêcheurs et encourager, via la formation et le financement, les agriculteurs opérant dans les<strong> grandes cultures,</strong> le travail indépendant et l’initiative individuelle.</p>



<p>L’accord prévoit la mise en place d’un programme commun pour le développement des services techniques et financiers ainsi que l’introduction des hautes technologies et la mise en place de lignes de financement orientées exclusivement vers les agriculteurs.</p>



<p>L’accord prévoit également la création d’une plate-forme de communication et d’interaction entre les différents intervenants qui pourront profiter de toutes les informations et découvertes et de tout développement scientifique touchant aux grandes cultures.</p>



<p>Pour y parvenir, l’INGC s’engage à organiser des manifestations, des rencontres et des cycles de formation conjoints sur les grandes cultures et l’échange des études prospectives avec ses partenaires afin de faciliter un examen et une réforme des politiques entreprises à ce jour. L’INGC veillera également à dispenser aux agriculteurs, clients de la BNA et aux affiliés à l’Utap, un encadrement technique dans les grandes cultures et à élaborer un programme de formation au profit des ingénieurs travaillant à la BNA et à l’Utap, aux techniciens et aux agriculteurs.</p>



<p>La BNA s’engage pour sa part à échanger son expertise dans le domaine des financements agricoles, à informer l’INGC sur ses domaines d’intervention et à accorder des financements aux agriculteurs affiliés dans les limites de ce que permet et autorise la loi.</p>



<p>La BNA veillera aussi à mettre en place une banque de données comprenant les agriculteurs affiliés à la banque pour qu’ils puissent profiter de la messagerie électronique et être édifiés sur toutes les activités de formation et d’information organisées par l’Institut.</p>



<p>L’Utap œuvrera quant à elle à encadrer les producteurs agricoles dans les grandes cultures, sélectionner les agriculteurs concernés par les programme de formation et d’encadrement et inviter les producteurs à s’inscrire dans les plate-formes programmées pour accéder aux informations utiles pour eux. Les cadres techniques experts de l’Utap contribueront au programme d’encadrement, de formation et de financement.</p>



<p>Ce dont la Tunisie a besoin avant tout, c’est de créer de l’emploi, et l’agriculture constitue le moyen le plus rapide de créer des emplois dans le secteur privé. C’est aussi grâce à un secteur agricole prospère que l’on peut réaliser la sécurité alimentaire, un axe fondamental de la sécurité nationale. À l’international, toutes les recherches disent qu’une croissance économique fondée sur l’agriculture est deux à quatre fois plus efficace, en termes de réduction de la pauvreté, qu’une croissance dans d’autres secteurs. D’où l’importance d’accorder une priorité élevée aux investissements dans l’agriculture.</p>



<p>La BNA, banque universelle, mais reconnue comme étant celle qui investit le plus dans l’agriculture, confirme, à travers la signature de l’accord-cadre avec l’INGC et l’Utap, sa volonté de s’engager encore plus dans un secteur à fort potentiel en matière de croissance mais également un axe important des objectifs de développement durable dans lesquels, elle est engagée avec les nations unies pour construire un monde plus juste et plus prospère</p>



<p>L’accord cadre a été signé par Mondher Lakhal, DG de la BNA, Tarak Jarahi, DG de l’INGC et Abdelmadjid Ezzar, président de l’Utap.</p>
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		<title>Un rapport inquiétant du Crédit Agricole sur la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/24/un-rapport-inquietant-du-credit-agricole-sur-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jul 2021 10:33:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[crédit agricole]]></category>
		<category><![CDATA[endettement extérieur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la série de ses analyses économiques, le Groupe du Crédit Agricole (France) a publié un rapport sur la Tunisie intitulé «Nouvelle dégradation de rating : sans choc salutaire, un défaut sur la dette externe est assez probable» (N°21/259 – 19 juillet 2021) où les auteurs brossent un tableau sombre des perspectives de notre pays...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/24/un-rapport-inquietant-du-credit-agricole-sur-la-tunisie/">Un rapport inquiétant du Crédit Agricole sur la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Palais-de-la-Kasbah-Credit-agricole.jpg" alt="" class="wp-image-357136"/></figure></div>



<p><strong><em>Dans la série de ses analyses économiques, le Groupe du Crédit Agricole (France) a publié un rapport sur la Tunisie intitulé «Nouvelle dégradation de rating : sans choc salutaire, un défaut sur la dette externe est assez probable» (N°21/259 – 19 juillet 2021) où les auteurs brossent un tableau sombre des perspectives de notre pays où la crise financière et économique et l’instabilité gouvernementale alimentent la grogne sociale et nourrissent la défiance des créanciers extérieurs.</em></strong></p>



<span id="more-357135"></span>



<p>L’agence de rating Fitch vient à nouveau de dégrader à B- le rating de la Tunisie et maintient un <em>«outlook»</em> négatif sur ce niveau de notation, ce qui veut dire que la probabilité d’une nouvelle baisse est sérieusement envisagée par l’agence. Elle rejoint donc Moody’s dans son appréciation de la qualité du risque tunisien (perspective négative comprise). Les deux agences ont baissé de sept crans le niveau de notation du souverain depuis 2011, en raison de l’instabilité politique et sociale et des dérives économiques depuis dix ans (endettement, croissance, politique monétaire, secteur bancaire).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les dérives macro-économiques effraient les investisseurs étrangers</h2>



<p>Actuellement, le système politique éclaté et antagoniste empêche toute réforme – voire toute prise de décision – et les tensions sociales, notamment avec le syndicat des fonctionnaires UGTT, entraînent des dérives macro-économiques de plus en plus préoccupantes et qui effraient les investisseurs étrangers. Les tensions entre le président Saïed et le Premier ministre Mechichi sont très fortes. Huit postes ministériels sur vingt-sept sont toujours non pourvus depuis de nombreux mois, soit parce que la présidence en a refusé la validation, soit semble-t-il faute de candidats compétents.</p>



<p>De plus, le pays a beaucoup souffert de la crise de 2020 : une récession de 8,8%, un déficit budgétaire de 11,4% du PIB et un déficit courant de 6,7% du PIB, faisant progresser le double surendettement public (89% du PIB) et externe (2,7 fois les exportations) à des niveaux très alarmants. L’effondrement de l’épargne va maintenir le déficit courant au-delà de 6% du PIB cette année.</p>



<p>La recrudescence de la pandémie de coronavirus en juin 2021 est exponentielle : les cas positifs ont progressé de 8 000 à 46 000 en un mois et les décès à presque 800 par semaine. Le système de santé est saturé et ne peut plus prendre en charge les contaminés. Des reconfinements partiels et localisés ont été décidés pour contenir la progression du virus. Un léger impact sur la croissance est probable au troisième trimestre.</p>



<p>Cette situation compromet aussi totalement la saison touristique de cet été et le manque à gagner va être très élevé pour la deuxième année consécutive, alors que le pays a besoin de 4 milliards de dollars de ressources en devises pour servir sa dette externe d’ici à la fin de l’année. La Tunisie a déjà fait l’objet d’un plan de soutien du FMI depuis 2015, mais le Fonds s’impatiente devant l’absence de réformes.</p>



<p>Le gouverneur de la Banque centrale vient de lancer un cri d’alarme contre le gouvernement pour lui demander d’agir sur le niveau des subventions et les salaires des fonctionnaires. Effectivement, la réforme la plus urgente à réaliser est celle de l’État, mais les gouvernements successifs semblent y renoncer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La perspective d’un défaut sur la dette externe singulièrement accentuée</h2>



<p>De son côté, la BCT essaie de défendre la parité de change du dinar pour éviter une inflation importée qui accentuerait encore un peu plus l’instabilité sociale. Les réserves en devises ont baissé de 8% entre fin 2020 et fin mars 2021 à 8,4 milliards de dollars. C’est un signal très inquiétant, d’autant plus que 49% de ces réserves sont constituées des quatre prêts du FMI encore actifs.</p>



<p>La perspective d’un défaut sur la dette externe s’est donc singulièrement accentuée ces dernières semaines, en l’absence d’accord politique sur les réformes urgentes à mettre en œuvre et ouvrant la porte à une nouvelle aide du FMI. Bien que l’aide actuelle représente déjà 11% du PIB du pays, une extension semble indispensable pour résoudre les tensions de liquidité externe. Pour l’instant, le gouvernement se refuse à envisager une telle restructuration de dette. Effectivement, sur les 40 milliards de dollars de dette externe du pays (soit 105% du PIB), seulement 17 milliards sont portés directement par le souverain. Une crise de liquidité pourrait alors prendre une l’intensité très sévère et entraîner une contagion aux acteurs endettés en devises. Une restructuration affecterait principalement les créanciers des entreprises et des banques. Elle obligerait le pays à entrer dans une douloureuse négociation avec les créanciers du secteur privé. Si le pays devait tomber dans les catégories de CCC, un phénomène auto-réalisateur pourrait se matérialiser par fermeture totale des marchés internationaux de refinancement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les réponses à la crise ne vont pas dans la bonne direction</h2>



<p>Notre opinion&nbsp;: spirale inflation-salaire sous la pression des partenaires sociaux, dérive du coût de la dette à 25% des dépenses budgétaires, monétisation des déficits publics par la Banque centrale sous la pression du gouvernement : les réponses à la crise ne vont pas dans la bonne direction. Et cela nourrit à la fois l’instabilité gouvernementale et la défiance des créanciers extérieurs.</p>



<p>À l’instar du Liban, les créanciers externes habituels (FMI, multilatéraux, pays européens et pays du Golfe) sont de plus en plus réticents à aider les pays émergents où les blocages politiques (et non une crise externe comme celle du Covid) les entraînent dans une spirale de difficultés. Par ailleurs, et comme dans le cas de Beyrouth, seul un accord préalable avec le FMI pourra débloquer les fonds des pays amis disposés à soutenir financièrement Tunis.</p>



<p><em>* Le titre et les intertitres sont de la rédaction. </em></p>
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		<title>Quelle agriculture en Tunisie après la crise du coronavirus ? (1-3)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/10/quelle-agriculture-en-tunisie-apres-la-crise-du-coronavirus-1-3/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2020 10:54:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après l’annonce d’un embargo par les grands pays producteurs sur leur blé et leur riz, nous vivons le spectre de la faim qui menace la stabilité politique et sociale dans le monde. Pour faire face à cette menace, il faut un plan de développement basé sur la protection de l’économie nationale, la création d’un fonds...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/10/quelle-agriculture-en-tunisie-apres-la-crise-du-coronavirus-1-3/">Quelle agriculture en Tunisie après la crise du coronavirus ? (1-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Agriculture-Tunisie.jpg" alt="" class="wp-image-298599"/></figure>



<p><strong><em>Après l’annonce d’un embargo par les grands pays producteurs sur leur blé et leur riz, nous vivons le spectre de la faim qui menace la stabilité politique et sociale dans le monde. Pour faire face à cette menace, il faut un plan de développement basé sur la protection de l’économie nationale, la création d’un fonds pour redynamiser l’investissement et créer des emplois et le soutien aux systèmes de production afin de réduire le déficit commercial.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Chérif Kastalli</strong> *</p>



<span id="more-307408"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/07/Cherif-Kastalli.jpg" alt="" class="wp-image-307409"/></figure></div>



<p>Les retombées de la pandémie de la Covid-19 seront néfastes, les échanges commerciaux vont être très réduits, une atmosphère de morosité est entrain de gagner le monde, nos produits trouveront des difficultés d’écoulement dans les marchés européens, nos importations vont aussi baisser avec éventuellement des pénuries de certains produits alimentaires. Notre salut viendra-t-il de notre parent pauvre : l’agriculture?</p>



<p>Notre agriculture, on ne cesse de le dire, souffre du faible rendement des exploitations, de la non-maîtrise des techniques de production, du morcellement foncier, du lourd fardeau de la dette, de l’incapacité des agriculteurs à s’organiser dans des structures collectives, de l’absence d’une approche spécifique selon les étages bioclimatiques, de l’irrationalité de l’investissement.</p>



<p>Outre l’irrégularité des pluies, la politique de limitation des prix à la production, dans le but de préserver le pouvoir d’achat, a spolié la paysannerie et nous exposés au risque d’effondrement de tous les systèmes de production : 80% des exploitations ont moins de 10 hectares dans les régions du nord-ouest; 70% d’entre elles ne sont plus viables et n’arrivent plus à offrir une vie décente à leurs exploitants; l’endettement excessif des agriculteurs a fait que seulement 7% des 500.000 exploitants que compte le pays sont éligibles au crédit agricole (1) et 460.000 agriculteurs n’accèdent pas au crédit agricole.</p>



<p>Il est temps de réviser le modèle de développement et d’installer des approches et des stratégies de sortie de crise, redéfinir certains concepts – en considérant le monde paysans comme une entité socioéconomique fonctionnelle génératrice de revenus et en faisant participer les agriculteurs à la conception, à la décision – et réaménager l’espace par des reformes appropriées.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pour un nouveau modèle de développement</h3>



<p>Il s’agit de re-concevoir la mobilité sociale dans le monde rural. Certains concepts doivent-être en effet révisés. Ainsi, l&rsquo;approche de développement du monde rural ne doit en aucun cas avoir pour objectif d’attacher les ruraux à la campagne au prétexte de la désertion des champs, de l’asphyxie des villes par l’exode rural ou de la <em>«ruralisation des villes».</em></p>



<p>Cette conception urbaine et bureaucratique est nuisible dans la mesure où elle coïnce le monde rural dans le piège de la crise. L’exode rural est une conséquence directe de l’évolution sociale et démographique. Le monde rural, au-delà de ses spécificités, est une ressource naturelle qui fonctionne comme un appareil économique dont les rendements sont limités et il ne peut assurer l’entretien que d’un nombre déterminé d’individus. Car, comme entreprise, il a une capacité de recrutement limitée et tout suremploi l’entraîne dans des difficultés structurelles.</p>



<p>On doit repenser notre modèle de développement en considérant la paysannerie comme une composante essentielle et vitale du système de production : la population rurale est le véritable artisan et ingénieur du terrain qui, par son savoir ancestral, pourra préserver les droits des générations futures sans porter atteinte à l&rsquo;environnement en assurant le transfert du savoir-faire d’une génération à l’autre.</p>



<p>Aussi doit-on préparer les villes à supporter non pas les flux migratoires mais la mobilité sociale. Pour ce faire, il faut des aménagements et une infrastructure économique capable d’absorber l’excédent démographique de la campagne. Cette infrastructure économique peut être financée par l’argent de la privatisation.</p>



<p>En effet, et compte tenue du fait que l&rsquo;arrière pays a une économie basée sur l’agriculture avec un manque criant de capitaux, le désengagement de l&rsquo;Etat a trop pénalisé les régions et on s’est trouvé avec un déficit en matière de création d’entreprises et un chaumage alarment.</p>



<p>Aussi est-il important d’envisager un processus en boucle qui consiste à recycler l’argent de la privatisation : l’Etat construit des usines puis les privatise en les mettant en bourse.</p>



<p>De même faut-il savoir bien tirer profit du réseau ferroviaire en aménageant des tronçons pour la création d’un chapelet de zones industrielles limitrophes au chemin de fer pour mieux économiser l’énergie.</p>



<p>Il faut aussi créer un partenariat public-privé pour la création des zones industrielles-dépôts-transformations d’envergure autour des stations de péage.</p>



<p>Il faut faciliter les procédures de changement de la vocation des terres agricoles en particulier pour les investissements écologiques et artisanaux, l’autorisation dans ce cadre devant être délivrée par le délégué.</p>



<p>Il faut une implication plus significative de l’administration dans la promotion de l’investissement : avec le budget de misère qui leur est alloué, les délégués font actuellement du surplace, leur rôle se limitant à l’assistance sociale et à quelques interventions pour une conduite d’eau coupée ou une route non accessible. Ces fonctionnaires de terrain doivent se convertir en des agents de développement territorial, en encadrant le promoteur, en mettant à sa disposition la liasse des autorisations nécessaires comme celles de changement de vocation du terrain ou de bâtir, les certificats d’analyse du sol, les plans parcellaires, les plans des bâtiments ruraux (étable, bergerie, poulailler, chambre froide…), le business plan, coordonner avec la Steg et la Sonede… Bref devenir des accompagnateurs de projets.</p>



<p>Il faut permettre aux exploitants dans l’indivision d’entreprendre des travaux de plantations arboricoles, de constructions de hangars ou de logements ruraux, de creusement de puits de surfaces, etc., et cela en débloquant la situation de l’indivision concernant l’investissement par une loi spécifique aux biens ruraux qui stipule que :<em> «Tout investissement dans un bien rural ne portant pas préjudice sur le plan vocation ou accès, et en tenant compte de la qualité du sol et de sa position, sera attribué, lors du partage, à son promoteur tant qu’il ne dépasse pas sa quote-part».</em></p>



<p>Il faut aussi diversifier les activités par la valorisation des aménités territoriales et faciliter l’installation des jeunes pour la création de PME et microprojets et adhérer à l’économie sociale et solidaire dont l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) vient d’adopter la loi le 17 juin 2020. Ce nouveau cadre de fonctionnement restera une coquille vide sans une volonté politique de venir en aide à cette frange précaire de la population.</p>



<p>Cette loi nous inspire une série de questions: la Tunisie est-elle en mesure de repenser son économie ? Est-ce qu’elle est disposée à initier une politique de souveraineté et de protection de ses entreprises et de sauvegarde de ses systèmes de production? Il faut des réponses claires à ces questions avant d’envisager quoi que ce soit dans ce domaine.</p>



<p>Par ailleurs, on ne peut pas parler d’économie sociale et solidaire avec l’importation de produits concurrents aux produits locaux et avec une paysannerie vivant dans des conditions précaires, spoliée de son lait et de son blé et une population forestière dépossédée de ses terres.</p>



<p>L’économie sociale et solidaire restera une vue de l’esprit jusqu&rsquo;à ce que les responsables politiques prendront conscience de l’importance de la souveraineté alimentaire et de la protection des systèmes de production.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Elaboration des stratégies d’approches</h3>



<p>Pour réussir à relancer la production agricole, il est nécessaire d’élaborer une stratégie d’approche spécifique selon les étages bioclimatiques.</p>



<p>Dans les zones subhumides et les périmètres irrigués, il convient d’élaborer un programme de valorisation des fortes précipitations et des infrastructures hydrauliques basé sur l’intensification des cultures, en fixant un objectif de haut rendement et en offrant les conditions et les exigences nécessaires à cet objectif : semences à haut rendement, densité élevée de semis, apport considérable en matière de fertilisation, traitement contre les maladies cryptogamiques…</p>



<p>Dans les zones semi-arides, le programme doit être basé sur les céréales secondaires (orge et avoine), avec l’intégration de l’élevage ovin. Il faut aussi envisager un programme oléicole basé sur la «mgharsa», tel qu’il a été pratiqué par l’administration des «habous» au début du XXe siècle dans la région de Sfax. On peut étendre aussi ce programme aux terres accidentées de Hedhil et de Kroumirie au nord.</p>



<p>Au Sud, in envisagera un programme d’extension de la palmeraie nationale, car la culture des dattes est le créneau porteur par excellence pour la Tunisie, au regard des spécificités bioclimatiques de la région.</p>



<p>Il faut donc agrandir la forêt de palmiers dattiers et lui drainer les eaux du nord. On peut aussi appliquer la «magharsa» aux terres de l’Etat pour mieux impliquer la profession dans la création et la mise en valeur des oasis.</p>



<p>Ces approches doivent êtres pilotées sans difficultés structurelles et organisationnelles pour mieux cerner les responsabilités et éviter les négligences. Il s’avère alors qu’une restructuration du ministère de l’Agriculture est nécessaire et urgente, qui touchera les aspects institutionnels comme les systèmes de vulgarisation, de la production végétale et de la production animale.</p>



<p>Pour ce faire, il faut : a) : créer un office de la production végétale auquel seront affectés les moyens et les effectifs actuels de la direction de la production végétale; b) : transférer les moyens et les effectifs actuels de la direction de la production animale à l’Office de l’élevage.</p>



<p>Cette restructuration est impérative dans la mesure où elle réduit les intervenants et le chevauchement des tâches et installera l’équivalent d’un guichet unique tout en rationalisant les dépenses publiques et le financement non justifié des postes non fonctionnels.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La protection des systèmes agraires</h3>



<p>Depuis le début des années 1990, particulièrement après la signature des accords de libre échange avec l’Union européenne, les conventions bilatérales et le démantèlement douanier, nos systèmes de production se sont de plus en plus fragilisés par l’inondation du marché local par des produits européens. Cette concurrence est déloyale, car des produits agricoles subventionnés à la production et à l’exportation (un dumping condamné par les lois de l’OMC) arrivent sur le marché tunisien à un prix inférieur au coût de la production locale.</p>



<p>Cette ouverture a causé la faillite de milliers PME, fragilisé la petite et moyenne exploitation agricole, paupérisé les agriculteurs, entretenu les crises en maintenant la dépendance accrue à l’importation et le déficit chronique de la balance de paiement.</p>



<p>Il est donc impératif d’activer les clauses de sauvegarde et de protéger nos systèmes de production menacés d’effondrement et mettre fin à l’importation non raisonnée.</p>



<p>De même, pendant que les pays riches subventionnent et soutiennent leurs producteurs, la Tunisie, par une présence lourde de l’Etat, persécute les producteurs en leur imposant une politique de prix dans le but de préserver le pouvoir d’achat. Il procède par un réflexe de gendarme, avec les méthodes musclés des inspecteurs du ministère du Commerce pour contrôler les prix sur les marchés de gros et prendre et empêcher la vente à des prix élevés, en ordonnant aux négociants (<em>«el-habata»</em>) de ne pas vendre au dessus d’un prix donné sous la menace de fermer leur commerce et de confisquer leur balance.</p>



<p>Cette politique de fixation des prix a spolié les agriculteurs, les réduisant au rôle d’une caisse de compensation et détruisant leurs systèmes de production. C’est là une vraie colonisation interne(2).</p>



<p>Le cas des filières lait et viande témoigne d’une expérience douloureuse par un surplus de production et un pic de lactation qui dépasse la capacité des usines locale de transformation de lait, obligeant l’Etat à devenir importateur de lait de la Slovénie, de la Roumanie et de la Belgique.</p>



<p>Il est impératif que toute politique de fixation des prix soit concertée avec la profession, offrant une marge de bénéfice au producteur, préservant la pérennité de la filière, renforçant les capacités productives des éleveurs et participant à la promotion du secteur.</p>



<p>L’investissement direct étranger (IDE) ne doit pas nuire à nos bio-ressources. Aussi doit-il concerner seulement le transfert de technologie et l’exploitation du surplus de la main d’œuvre locale.</p>



<p>Actuellement, une grande partie de l’IDE est en train de piller les biens de la future génération.</p>



<p>L’Etat doit mieux administrer ses ressources souterraines, aériennes, maritimes, végétales, éoliennes et voltaïques. S’il n’a pas les moyens humains et technologiques, il doit attendre que la future génération s’outille des technologies pour exploiter les ressources. C’est le principe du développement durable.</p>



<p>Il est temps aussi d’intégrer une économie régionale et de valoriser la carte d’identité biométrique entre les pays du Maghreb, un marché de proximité qui crée d’énormes opportunités d’emplois et d’investissements.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Á suivre.</em></p>



<p><em>* Président de l’Association méditerranéenne pour le développement (AMD).</em></p>



<p><strong><em>Notes :</em></strong><br><em>(1) Tunisie: Financement du secteur agricole – FAO.<br>(2) : Hafedh Sethom Pouvoir urbain et paysannerie</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/10/quelle-agriculture-en-tunisie-apres-la-crise-du-coronavirus-1-3/">Quelle agriculture en Tunisie après la crise du coronavirus ? (1-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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