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	<title>Archives des David Ben Gourion - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des David Ben Gourion - Kapitalis</title>
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		<title>Lettre à Albert Einstein à propos d&#8217;Israël et du sionisme</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jan 2024 07:14:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un aspect essentiel et méconnu de la vie et de l'œuvre d'Albert Einstein : sa relation à la judéité et plus particulièrement son attitude critique à l’égard du sionisme et de l'Etat d'Israël. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/17/lettre-a-albert-einstein-a-propos-disrael-et-du-sionisme/">Lettre à Albert Einstein à propos d&rsquo;Israël et du sionisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Cette lettre, dont le contenu est plus que jamais d’actualité, est extraite de l’ouvrage collectif ‘‘Lettres à Einstein’’, sous la direction de J.-M. Lévy-Leblond (à paraître en 2024 aux éditions Thierry Marchaisse). L’auteur, physicien est essayiste français, grand soutien de la cause palestinienne, a autorisé la diffusion cette lettre avant la parution du dit ouvrage.</em></strong> <em>(Albert Einstein avec Chaim Weizmann, l&rsquo;un des fondateurs de l&rsquo;Etat d&rsquo;Israël)</em></p>



<p>Par <strong>Jean-Marc Lévy-Leblond</strong> </p>



<span id="more-11282056"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Marc-Levy-Leblond.jpg" alt="" class="wp-image-11282093" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Marc-Levy-Leblond.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Marc-Levy-Leblond-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Marc-Levy-Leblond-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Cher Einstein,</p>



<p>Permets-moi de te tutoyer, comme il est d’usage entre collègues, même si leurs notoriétés sont incomparables, dès lors qu’ils ont connu une longue fréquentation, ce qui est notre cas&nbsp;–&nbsp;au moins dans un sens, puisque tes apports à la physique théorique ont formé la base de mes propres recherches depuis plus de soixante ans, et que j’ai eu en outre de nombreuses occasions de me familiariser tant avec ton œuvre scientifique qu’avec ta biographie, ainsi qu’avec tes conceptions philosophiques et politiques.</p>



<p>C’est à propos d’un aspect essentiel et méconnu de ces dernières que je souhaite ici te rendre hommage. Il s’agit de ta relation à la judéité et plus particulièrement de ton attitude critique à l’égard du sionisme, qui, en cet automne 2023 où la sauvage attaque surprise du Hamas a conduit Israël à mener une riposte disproportionnée et meurtrière sur Gaza, mérite d’être mieux connue et prise en exemple.</p>



<p>Cette lettre étant publique, je me permettrai de rappeler tes positions à l’intention des lecteurs peu ou mal informés. Et même de te citer parfois longuement, car beaucoup de tes textes ne sont pas traduits en français.</p>



<p>Tu es souvent considéré comme ayant apporté ton soutien au sionisme et à son projet politique. On rappelle ainsi à l’appui de cette idée, que, après la mort en 1952 de Chaïm Weizmann, premier président d’Israël, c’est à toi qu’il fut proposé d’assumer cette charge. Tu refusas, pour diverses raisons – ton âge, ton état de santé –, mais surtout parce que, selon tes propres mots, tu aurais été <em>«obligé de dire aux Israéliens des choses qu’ils n’aimeraient pas entendre»</em>. Il faut d’ailleurs ajouter que Ben Gourion, alors premier ministre, qui te sollicita, s’exclama en privé : <em>«Que faire s’il dit oui ! J’ai dû lui offrir le poste car il était impossible de ne pas le faire, mais s’il accepte, nous serons dans le pétrin»</em>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-11282087" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/01/Albert-Einstein-David-Ben-Gourion.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Albert Einstein avec Albert Ben Gourion. </em></figcaption></figure></div>


<p>En vérité, cette réputation de sioniste fervent a été sciemment développée et entretenue par la propagande de l’État d’Israël et de ses partisans. Mais ta position était beaucoup plus réservée et fondée sur une opinion longuement réfléchie. Élevé dans une famille juive allemande assimilée et déconfessionnalisée, tu n’assumas explicitement ta judéité qu’à partir des années 1914, lorsque, nommé professeur à Berlin, tu fus confronté à l’antisémitisme virulent qui se développait en Allemagne. Après la guerre de 14-18, tu pris une part active aux protestations contre cette idéologie raciste, et exprimas ta compréhension et ton soutien à l’égard des mouvements d’émigration juive vers la Palestine (alors sous mandat britannique), en te déclarant explicitement sioniste. Mais ton sionisme était, si j’ose dire, peu orthodoxe, puisque tu exprimas d’emblée de claires et vives réserves quant à l’établissement d’un État juif indépendant, position que tu maintins tout au long de ta vie. Malgré tes hésitations, tu acceptas d’accompagner Chaïm Weizmann aux Etats-Unis, en 1921, dans sa mission de levée de fonds pour la création de l’Université hébraïque de Jérusalem.</p>



<p>Cependant, lorsque, au cours de ta tournée mondiale des années 1920, tu visitas en 1923 la Palestine à l’invitation des responsables sionistes locaux, tu y pris pleinement conscience des tensions croissantes entre les colons juifs et la population arabe. Tu ne cesseras dès lors de mettre en garde les premiers. C’est ainsi que tu écrivais dans une lettre à Chaïm Weizmann, le 25 novembre 1929&nbsp;: <em>«Si nous nous révélons incapables de parvenir à une cohabitation et à des accords honnêtes avec les Arabes, alors nous n’aurons strictement rien appris pendant nos deux mille années de souffrances et mériterons tout ce qui nous arrivera»</em>.</p>



<p>Dans une lettre du 16 mai 1930 à Bernard Lecache, journaliste français, cofondateur de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), tu insistes&nbsp;: <em>«Quant à la question palestinienne, mon vœu le plus cher est que, grâce à une politique préservant les légitimes intérêts des Arabes, les Juifs puissent prouver qu’ils ont réussi à apprendre quelque chose de leurs longues épreuves passées.»</em></p>



<p>Tu y reviens un peu plus tard, dans ton livre<em>&nbsp;Comment je vois le monde</em>, en 1932&nbsp;:&nbsp;<em>«L’établissement d’une coopération satisfaisante entre Juifs et Arabes n’est pas le problème de l’Angleterre, mais le nôtre. (&#8230;) Pour y parvenir, nous devons résoudre, noblement, publiquement et dignement, le problème de la cohabitation avec le peuple frère des Arabes. Nous avons l’occasion de prouver ce que nous avons appris pendant des siècles d’un passé durement vécu. Si nous découvrons le droit chemin, nous gagnerons et servirons d’exemple aux autres peuples.»</em></p>



<p>Plus explicitement encore, en 1938, dans ton écrit<em>&nbsp;Out of my Later Years</em>, alors que l’émigration juive en Palestine se développait et que la perspective du projet sioniste gagnait en crédibilité auprès des puissances coloniales, tu expliquais ta réticence&nbsp;: <em>«Plutôt que la création d’un État juif, je préfèrerais de beaucoup voir un accord raisonnable avec les Arabes sur la base d’une coexistence pacifique. Indépendamment de considérations pratiques, ma conscience de la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif avec des frontières, une armée et un pouvoir temporel.»</em></p>



<p>Après la guerre, dont tu déclaras en 1945 qu’elle était gagnée, mais que la paix ne l’était pas, tu pus comprendre ceux des Juifs rescapés de la Shoah qui souhaitaient quitter l’Europe pour s’établir en Palestine. Mais, témoignant en janvier 1946 devant le Comité anglo-américain chargé de réfléchir au statut de la Palestine, tu réitéras ton opposition à l’idée d’un État juif. Pour toi, comme pour d’autres figures de ce qu’on a appelé le <em>«sionisme culturel»</em>, tel le philosophe Martin Buber, il était légitime de favoriser l’établissement de centres éducatifs et culturels juifs, mais non un État-nation doté de frontières et d’une armée pour les défendre.</p>



<p>Tu condamnas avec vigueur le développement en Palestine de l’orientation explicitement terroriste de certains groupes armés sionistes, comme l’Irgoun et le Lehi, auteurs de très nombreux attentats à la bombe, dont celui contre l’hôtel King David à Jérusalem qui fit une centaine de victimes, et responsables d’attaques indiscriminées contre des marchés et des stations d’autobus arabes, culminant le 9 avril 1948 par le massacre de Deir Yassine où périrent près de 200 villageois civils.</p>



<p>Ainsi, sollicité par l’association des <em>«Combattants américains pour la liberté d’Israël»</em> de leur apporter ton soutien, tu leur répondis le 16 avril 1948 par une sèche fin de non-recevoir&nbsp;:&nbsp;<em>«Si une réelle catastrophe finissait par nous échoir en Palestine, ses premiers responsables seraient les Britanniques et les seconds seraient les organisations terroristes issues de nos propres rangs. Je ne veux avoir aucune relation avec quiconque est associé à ces gens égarés et criminels.»</em></p>



<p>En décembre 1948, Menahem Begin, jusque-là chef de l’Irgoun, qui venait de fonder le parti d’extrême droite Herout, ancêtre du Likoud, se rendit aux États-Unis pour y chercher un soutien politique. Tu cosignas alors avec une dizaine d’influents intellectuels juifs, dont Hannah Arendt, une virulente lettre de protestation contre cette visite, publiée le 4 décembre 1948, dans le&nbsp;<em>New York Times</em>. L’on peut y lire&nbsp;: <em>«Parmi les phénomènes politiques les plus troublants de notre époque, est l’émergence dans le nouvel état d’Israël d’un parti politique proche de par son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et sa propagande, des partis nazi et fasciste. Il est issu de l’Irgoun, une organisation terroriste, d’extrême droite et chauviniste en Palestine. Etc.»</em></p>



<p>Plus tard, dans ton dernier entretien médiatique, paru dans le&nbsp;<em>New York Post</em>&nbsp;le 13 mars 1955, un mois avant ta mort, tu conclus amèrement&nbsp;: <em>«Nous avions de grands espoirs pour Israël. Nous pensions que ce pourrait être une nation meilleure que les autres. Mais tel n’est pas le cas.»</em></p>



<p>Ton approche singulière du sionisme et tes réserves quant à la construction d’un État juif étaient fondées sur une conception philosophique de la judéité, dépourvue de toute fondation identitaire, tant ethnique que religieuse. C’est ainsi que dans un long article paru dans&nbsp;<em>Collier’s Magazine</em>&nbsp;en novembre 1938, tu te poses la question <em>«Mais qu’est-ce qu’un Juif&nbsp;?»</em>. Tu y réponds en éliminant le critère de croyance, spécificité historique secondaire d’après toi. Et tu avances ta propre caractérisation&nbsp;:</p>



<p><em>«Le lien qui a uni les Juifs pour des milliers d’années et les unit encore aujourd’hui est, par-dessus tout, l’idéal démocratique de justice sociale, couplé à un idéal d’aide mutuelle et de tolérance entre tous les humains. Les plus anciens écrits religieux des Juifs sont fondés sur ces idéaux sociaux qui ont puissamment affecté le christianisme et l’islam et ont eu une influence favorable sur la structure sociale d’une grande partie de l’humanité. Des hommes tels que Moïse, Spinoza et Marx, aussi différents aient-ils été, ont vécu et se sont sacrifiés pour cet idéal de justice sociale et c’est la tradition de leurs ancêtres qui les a guidés sur ce chemin ardu. (&#8230;) Le second trait caractéristique de la tradition juive est la très haute estime en laquelle est tenue toute forme d’aspiration intellectuelle et d’effort spirituel. Je suis convaincu que seul ce grand respect est responsable des contributions que les Juifs ont apporté aux progrès de la connaissance au sens le plus large du terme. Je suis persuadé que cela n’est en rien dû à une richesse de dons spéciale, mais au fait que l’estime des Juifs pour l’accomplissement intellectuel crée une atmosphère particulièrement favorable au développement de tout talent préexistant. De plus et en même temps, un fort esprit critique les protège de l’obéissance aveugle à toute autorité morale.»</em></p>



<p>On pourrait certes te reprocher de céder à un certain&nbsp;<em>wishful thinking</em>&nbsp;et de prendre tes désirs pour la réalité. Mais au moins y a-t-il dans cette vision de la judéité, aussi idéaliste et irénique soit-elle, une dimension utopique qui ne serait pas de trop pour faire pièce au cynisme barbare qui s’est emparé aujourd’hui de tant de ces esprits dont tu espérais le meilleur, et dont l’esprit critique ne semble plus guère être le fort. Finalement, peut-être aurais-tu dû accepter la présidence de l’État d’Israël&#8230;</p>



<p>Permets-moi, cher Einstein, de conclure cette missive en t’exprimant mon respect, qui, en l’occurrence, va bien au-delà de l’admiration que j’éprouve pour ton génie scientifique.</p>



<p><strong>Bibliographie</strong></p>



<p><em>Fred Jerome, Einstein on Israel and Zionism (His Provocative Ideas About the Middle East), St. Martin’s Press, 2009. Toutes les citations du présent texte (traduites de l’anglais par JMLL) sont extraites de cet ouvrage de référence exhaustif et n’en constituent qu’une faible partie. </em></p>



<p><em>Signalons aussi deux autres ouvrages non moins remarquables du même auteur sur le même personnage : Fred Jerome, The Einstein File. The FBI’s Secret War Against the World’s Most Famous Scientist, St Martin’s Press, 2002 [trad. fr. : Einstein, un traître pour le FBI, Frison-Roche, 2005] , Einstein on Race and Racism (avec R. Taylor), Rutger’s University Press, 2005 [trad. fr. : Einstein, l’antiraciste, Duboiris, 2012]. En français, on lira avec profit l’ouvrage, plus ample sur le plan biographique, de Simon Veille, Einstein dans la tragédie du XXe siècle (antisémitisme, Shoah, sionisme), Imago, 2013.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zeI6WTM88V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/04/contre-les-sionistes-terroristes-les-juifs-justes/">Contre les sionistes terroristes, les Juifs justes</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Contre les sionistes terroristes, les Juifs justes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/04/contre-les-sionistes-terroristes-les-juifs-justes/embed/#?secret=uoRUaBEQpJ#?secret=zeI6WTM88V" data-secret="zeI6WTM88V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘Golda Meir’’ : un premier ministre colonialiste responsable d’une guerre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/01/golda-meir-un-premier-ministre-colonialiste-responsable-dune-guerre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Oct 2023 07:07:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Convaincue de la supériorité militaire israélienne, et méprisant les Arabes, Golda Meir refusa toujours les offres de paix. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/01/golda-meir-un-premier-ministre-colonialiste-responsable-dune-guerre/">‘‘Golda Meir’’ : un premier ministre colonialiste responsable d’une guerre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Durant les années 70, un voisin avait prénommé sa chienne Golda. L’antisémitisme ne faisait alors pas florès. Il démontrait ainsi, autant le peu de considération qu’il portait à la race canine, que la haine qu’il éprouvait envers les spoliateurs de la Palestine, dont la figure emblématique était alors représentée par Golda Meir, celle qui, étant Premier ministre, avait publiquement affiché du haut de son arrogance son mépris envers les Arabes. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-9982034"></span>



<p>C’est donc fort à propos que la lecture de ce livre récent vient éclaircir les aléas de la vie de ce personnage qui demeure controversé. Il importe peu pour un Maghrébin de savoir qu’elle soit née et ait passé son enfance en Ukraine. Pourtant, ce fait n’est pas dénué d’importance. C’est sur un fond de menaces constantes d’attaques perpétrées par les cosaques que sa&nbsp; personnalité d’enfant se développe.</p>



<p>À l’âge de  six ans, Golda émigre aux Etats Unis d’Amérique avec sa famille, ce qui lui permettra d’avoir une connaissance parfaite de ce pays qui jouera un rôle important dans le déroulement de sa carrière politique. Comment a-t-elle été embrigadée par les sionistes? A l’adolescence, en assistant à une réunion, en Amérique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déguisée en bédouin chez le Roi Abdallah</h2>



<p>A l’âge de 21 ans, Golda émigre en Palestine sous mandat britannique après s’être mariée. Elle est affectée à un Kibboutz où les conditions de vie et le travail sont durs. Son mari ne résiste pas et tombe malade probablement frappé par le paludisme. Elle est donc obligée de quitter et de chercher un travail en ville. En participant à des réunions syndicales, et bien que dénuée d’éducation, et de diplômes universitaires, ses talents oratoires, sa force de conviction et de persuasion, sa pugnacité,&nbsp;attirent l’attention. Elle va alors trouver les amitiés masculines nécessaires à son ascension&nbsp;politique, au détriment de son mariage, de sa vie familiale. Grâce au syndicat Histadrout et aux relations qu’elle y noue, des responsabilités de plus en plus importantes lui sont confiées, notamment au sein de l’Agence Juive pour laquelle elle accomplit souvent des collectes de fonds aux Etats Unis, du fait de sa connaissance du pays et de sa parfaite maîtrise de la langue. Elle y acquiert une réputation de franc parler qui ne laisse pas indifférente la communauté juive américaine.</p>



<p>Après la seconde guerre mondiale, en 1947, Golda est envoyée à Amman déguisée en bédouin s’entretenir avec le Roi Abdallah afin de le convaincre d’accepter la création de l’Etat d’Israël. C’est une erreur. Son ton péremptoire indispose le souverain qui n’a pas l’habitude de discuter avec une femme. C’est elle qu’il accusera d’être responsable de la guerre. La légion arabe participe aux combats, et empêche les forces juives d’occuper la Cisjordanie et Jérusalem.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LGEyWD3jq0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/05/assault-on-the-liberty-quand-israel-tuait-des-soldats-americains-avec-la-complicite-de-leur-gouvernement/">«Assault on the Liberty» : quand Israël tuait des soldats américains, avec la complicité de leur gouvernement</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Assault on the Liberty» : quand Israël tuait des soldats américains, avec la complicité de leur gouvernement » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/05/assault-on-the-liberty-quand-israel-tuait-des-soldats-americains-avec-la-complicite-de-leur-gouvernement/embed/#?secret=XHfaUnm3Y2#?secret=LGEyWD3jq0" data-secret="LGEyWD3jq0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Entretemps, la déclaration d’indépendance de l’État&nbsp;d’Israël est proclamée et Golda Meir&nbsp;en est l’un des signataires. Les juifs, contrairement&nbsp;aux Arabes ont accepté le plan de partage de l’Onu mais pratiquent le nettoyage ethnique préconisé par David Ben Gourion afin de s’assurer une majorité de 80% dans leur nouvel Etat avant même sa naissance officielle. 800.000 Arabes quittent ainsi leurs foyers sous la menace des forces sionistes, sans possibilité d’y revenir.</p>



<p>Fait à peine croyable, en apprenant la fuite des Arabes à Jaffa, Golda Meir se précipite pour les convaincre de rester,&nbsp;sans résultat. Peut-être s’est-elle souvenue à ce moment-là de&nbsp;sa propre fuite d’Ukraine. Mais de ces scrupules, il ne restera rien. Elle devient ensuite ministre dans les cabinets israéliens successifs où les partisans d’une entente avec les Arabes conduits par le Premier ministre Moshé Sharett, et leurs adversaires regroupés autour de Ben Gourion, qui arrivent à faire nommer un des leurs au ministère de la Défense, afin de torpiller&nbsp;toute possibilité de paix. Ce sera le scandale Lavon, lors la découverte en Egypte d’un réseau formé de jeunes&nbsp;juifs égyptiens opérant pour le compte d’Israël et chargés d’organiser des attentats terroristes contre la représentation diplomatique américaine et contre des biens juifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A l’Onu pour justifier l’agression contre l’Egypte</h2>



<p>Avec le retour de Ben Gourion à la tête du gouvernement, Golda Meir est nommée à la tête du ministère des Affaires étrangères, mais sans autorité réelle; en réalité sa nomination vise à écarter celle de candidats plus indépendants et parfois partisans d’une solution diplomatique au conflit israélo arabe. Elle aura néanmoins toute latitude d’établir des relations amicales avec les pays africains.</p>



<p>Lors de la guerre de Suez, en 1956, Golda Meir se rend à l’Onu pour justifier l’agression contre l’Egypte. A partir de 1963, souffrant d’un lymphome, elle prend sa retraite. En 1967 survient la guerre des Six jours au cours de laquelle Israël occupe la Cisjordanie, Gaza, le Sinaï et le plateau du Golan. En 1969 lors du décès de Levi Eshkol, le Premier ministre, elle est choisie par le Parti travailliste, faute d’entente sur deux autres candidats, et sort de sa retraite à 71 ans pour présider le gouvernement.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TL57a26xji"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/29/rise-and-kill-first-permis-de-tuer-pour-israel/">«Rise and kill first»: Permis de tuer pour Israël</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Rise and kill first»: Permis de tuer pour Israël » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/29/rise-and-kill-first-permis-de-tuer-pour-israel/embed/#?secret=GpsXzGq05f#?secret=TL57a26xji" data-secret="TL57a26xji" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Le mandat de Meir sera riche en évènements et marquera les mémoires. Face à l’intransigeance israélienne, il y a d’abord la guerre d’usure qui durant deux ans fait rage autour du canal de Suez et que l’acquisition de chasseurs bombardiers américains Phantom par Israël élargit à la totalité du territoire égyptien. L’Egypte conclut alors un pacte avec l’Union Soviétique afin de mettre fin aux raids aériens, et&nbsp;les Israéliens doivent désormais en tenir&nbsp;compte. Il y a ensuite&nbsp;les attaques des fedayins&nbsp;palestiniens.</p>



<p>Golda Meir mobilise ses services secrets pour traquer les responsables d’attentats anti-israéliens, particulièrement celui des Jeux olympiques de Munich en 1972.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chassée par les familles des soldats </h2>



<p>Enfin la guerre d’Octobre 1973 survient, les services de renseignement israéliens sont pris de court,&nbsp;l’armée et l’aviation subissent&nbsp; de lourdes pertes durant les premiers jours, au point que Moshé Dayan, le ministre de la Défense, parle de la perte du troisième temple. La guerre se termine par un match nul; Sadate n’a pas osé attaquer les cols de Mitla et Giddi dont le contrôle aurait verrouillé l’accès au canal quand il en avait la possibilité dès les premières heures, alors que les forces juives avaient subi une déroute sur le canal et que la route était libre,&nbsp;et quand il l’a fait, il était trop tard. Désormais les Américains sont les maîtres du jeu. Les pertes israéliennes sont lourdes: plus de 2500 morts et environ 8000 blessés. L’opinion publique israélienne est sous le choc, et en fait porter la responsabilité au Premier ministre. Elle est chassée des obsèques des soldats par les familles. On lui reproche son autoritarisme, sa réaction tardive aux prémices de la guerre, son entêtement, ainsi que son opposition à la résolution 242 du conseil de sécurité et au plan Rogers sur le retrait des ou de territoires occupés, son&nbsp;refus de discuter des offres de paix du président Sadate qui a été à l’origine de la guerre. Elle est finalement mise hors de cause&nbsp; par une commission d’enquête; la raison de l’Etat&nbsp;sioniste a ainsi prévalu. Elle remporte&nbsp;même les élections mais elle est incapable de former une majorité parlementaire et fatiguée, malade, elle préfère se retirer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique de colonisation agressive</h2>



<p>Il importe peu que Meir fut une militante ambitieuse qui, en dehors de son franc-parler, dut aussi son ascension politique à ses nombreux amants. Golda Meir ne laissera pour l’opinion publique mondiale d’autre souvenir que celui de ses années à la tête du gouvernement. Il est vrai que sa nomination ne fut qu’un compromis au sein de son parti, ou même un pis-aller. Vieillie et malade, elle se cramponna à sa vision pure et dure de militante sioniste, pour qui le peuple palestinien n’existait tout bonnement pas. Elle cautionna une politique de colonisation agressive, dont la population palestinienne fit les frais humains et matériels. Le seul impératif moral à ses yeux ne fut autre que ce qu’elle estimait être la sauvegarde du peuple juif et il lui importa peu de garder pour cela les territoires arabes occupés au détriment de la justice et au mépris des lois internationales.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eq6ZrjNSt6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/07/guerre-doctobre-1973-quand-les-arabes-etaient-presents-sur-la-scene-internationale/">Guerre d’octobre 1973: quand les Arabes étaient présents sur la scène internationale</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Guerre d’octobre 1973: quand les Arabes étaient présents sur la scène internationale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/07/guerre-doctobre-1973-quand-les-arabes-etaient-presents-sur-la-scene-internationale/embed/#?secret=WjlTgMLVS5#?secret=eq6ZrjNSt6" data-secret="eq6ZrjNSt6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Etant&nbsp;convaincue de la supériorité militaire israélienne, et méprisant les Arabes, elle ne crut jamais qu’ils pouvaient se lancer dans une guerre de reconquête avec des chances de succès, et elle refusa en conséquence toujours les offres de paix, ne faisant aucune confiance aux Arabes, et soupçonnant toujours leur volonté de détruire Israël.</p>



<p>Meir fut donc toujours dépourvue de cette vision d’homme d’Etat capable de prendre les décisions que les circonstances imposent, et son pays en paya un prix conséquent.</p>



<p>Cinquante années après, et alors que les Israéliens normalisent leurs relations avec un nombre important de pays arabes, et que la question palestinienne est en passe d’être territorialement réglée par la colonisation sioniste, un film sorti récemment vient évoquer le souvenir de celle qui demeure dans son pays l’un des fondateurs de l’Etat, et même la mère de la Nation. Sans doute l’extrême-droite actuellement au pouvoir en Israël veut-elle signifier à son peuple que c’est la colonisation qui a mené à la paix avec les Arabes, que le pays doit malgré tout rester vigilant, et qu’une guerre (contre l’Iran)&nbsp;est toujours&nbsp;nécessaire pour prévenir une attaque comparable à celle de 1973 qui avait mis&nbsp;en péril l’existence de l’Etat juif. Mais si Israël est doté d’une vision de l’avenir en cohérence avec son passé, l’amnésie arabe semble en passe d’atteindre la phase du coma profond.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Golda Meir. La femme derrière la légende’’ de Dominique Frischer; éd. Archipel ; 25 avril 2015: 350 Pages.</em></strong></p>
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