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	<title>Archives des décolonisation - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des décolonisation - Kapitalis</title>
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		<title>Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 05:50:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un colloque sur «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956-2026)» se tiendra les 8 et 9 juin 2026 à Paris. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/18/colloque-a-paris-autour-du-maghreb-colonial-et-postcolonial/">Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’occasion du 70</em></strong><strong><em><sup>e</sup></em></strong><strong><em> anniversaire des indépendances du Maroc et de la Tunisie, un important colloque international intitulé «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956-2026)» se tiendra les 8 et 9 juin 2026 à Paris et Aubervilliers. </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-18785015"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre scientifique est organisée conjointement par l’Institut d’histoire du temps présent relevant du CNRS et le Carep Paris, avec une forte implication d’historiens tunisiens aux côtés de plusieurs grandes figures françaises de l’historiographie contemporaine. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réunissant historiens, sociologues, chercheurs en sciences politiques, spécialistes des mémoires coloniales et acteurs du monde culturel, cette rencontre ambitionne de renouveler les approches historiques des indépendances maghrébines et d’interroger les usages contemporains des mémoires coloniales et postcoloniales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Repenser les indépendances maghrébines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’une lecture commémorative ou strictement nationale, le colloque propose de considérer les indépendances tunisienne, marocaine et algérienne comme des processus historiques connectés, inscrits dans des dynamiques régionales et internationales complexes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisateurs souhaitent dépasser les récits fragmentés afin d’analyser les circulations politiques, intellectuelles et militantes qui ont façonné le Maghreb contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque constitue également une réflexion critique sur l’histoire de l’empire colonial français au Maghreb entre 1931 — année de la grande Exposition coloniale internationale de Paris, moment d’apogée symbolique du discours impérial français — et les années 1970, période durant laquelle les États maghrébins indépendants entreprennent la consolidation de leurs souverainetés politiques, culturelles et mémorielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mise en perspective permet d’interroger les continuités, les ruptures et les héritages durables du fait colonial dans les sociétés maghrébines contemporaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie au cœur des débats mémoriels</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les indépendances tunisienne et marocaine constituent le point de départ de la réflexion, l’Algérie occupera une place centrale dans les débats, notamment autour des conflits de mémoire liés à la guerre d’indépendance, aux usages politiques du passé colonial et aux tensions persistantes entre la France et le Maghreb.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une large partie des discussions sera consacrée aux <em>«blessures mémorielles»</em>, aux enjeux de reconnaissance historique, aux silences de l’histoire coloniale et aux difficultés de construire un récit partagé entre les deux rives de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque rappellera également que l’enjeu mémoriel est devenu aujourd’hui un enjeu profondément politique, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes, des antagonismes de mémoire et des usages concurrents du passé colonial dans les débats publics, diplomatiques et identitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque analysera également les différences entre les politiques mémorielles françaises et maghrébines, ainsi que la manière dont le passé colonial continue d’influencer les débats contemporains autour de l’identité, des migrations, de la citoyenneté et des relations diplomatiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>C</strong><strong>roiser histoire, mémoire et sciences sociales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première journée, organisée au Campus Condorcet, sera consacrée aux processus de décolonisation, aux mobilisations politiques et sociales, ainsi qu’aux violences ayant accompagné les luttes pour l’indépendance. Les panels interrogeront les répertoires de lutte, les mouvements syndicaux, les insurrections, les répressions coloniales et les connexions transnationales entre les mouvements maghrébins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde journée, accueillie au Carep Paris, explorera plus particulièrement les mémoires croisées des colonisations et des indépendances dans l’espace franco-maghrébin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats porteront sur les politiques mémorielles en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, les usages politiques du passé colonial, les tensions diplomatiques et symboliques, ainsi que les nouvelles approches historiographiques relatives aux sociétés coloniales du Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>P</strong>articipation scientifique de haut niveau</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les intervenants figurent plusieurs grandes figures de la recherche contemporaine, aux côtés des co-organisteurs Benjamin Stora, Malika Rahal, Abdelhamid Larguèche et Asma Nouira, dont Sophie Bessis, Habib Kazdaghli, Karima Dirèche, Jamaa Baida et de nombreux chercheurs issus d’universités internationales prestigieuses telles que Yale, Princeton, Leyde, Heidelberg, Rabat, Tunis, Oran, Paris ou Lyon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’événement se distingue également par sa volonté de faire dialoguer recherche scientifique et production culturelle. Une exposition numérique intitulée, conçue par Abdelhamid Larguèche, prolongera les réflexions du colloque à travers une approche visuelle et documentaire des mémoires coloniales et des représentations de l’empire français au Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Penser les mémoires pour comprendre le présent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des débats historiographiques, cette rencontre interroge le rôle social de l’historien face aux demandes contemporaines de mémoire et de reconnaissance. Dans un contexte marqué par les crispations identitaires, les controverses mémorielles et les recompositions géopolitiques entre l’Europe et le Maghreb, le colloque entend contribuer à une meilleure compréhension des héritages coloniaux et de leurs résonances actuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En croisant les regards disciplinaires et générationnels, <em>«Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines»</em> s’annonce comme un moment scientifique majeur pour repenser l’histoire coloniale française au Maghreb, revisiter les trajectoires des indépendances et analyser les conflits de mémoire qui continuent de structurer les relations entre la France et les sociétés maghrébines contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien et co-organisateur du colloque.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/18/colloque-a-paris-autour-du-maghreb-colonial-et-postcolonial/">Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 06:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie et le déséquilibre structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/">Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer l’évolution des déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers-monde à une véritable indépendance, y compris de ceux d’entre eux qui étaient réputés alliés de l’Occident comme la Tunisie, objet de cet article.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ahmed Ben Mustapha *</strong></p>



<span id="more-18598912"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Ahmed-Ben-Mustapha.jpg" alt="" class="wp-image-91794"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La guerre israélo-américaine déclenchée contre l’Iran depuis plus d’un mois est souvent présentée, du point de vue de la géopolitique, comme étant l’étape ultime du processus d’élimination des principales composantes de l’axe de la résistance lequel est perçu comme étant le dernier obstacle à la mise en œuvre du plan messianiste expansionniste israélo-sioniste soutenu par l’Occident en Palestine et au Proche- Orient. En réalité, elle s’inscrit dans une dynamique de reconquête et de recolonisation politique, militaire et économique du monde arabo-musulman qui a démarré avec l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec les printemps arabes, ce phénomène s’est accentué visant prioritairement la chute des régimes considérés comme étant hostiles à l’Occident et Israël ainsi que la mainmise sur leurs richesses. Mais, outre les guerres destructrices dirigées contre la Libye, le Yémen et la Syrie, les changements de régime ont également touché ceux réputés alliés de l’Occident notamment en Tunisie et en Egypte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’épreuve des faits, ces changements avaient pour but de favoriser l’accession au pouvoir, en Tunisie et dans les pays ciblés, de pouvoirs d’obédience islamiste considérés comme étant plus accommodants et ouverts à la politique de normalisation des relations arabo-israéliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même ces nouveaux pouvoirs se sont révélés très coopératifs dans la reconduction des politiques d’ouverture économique, de libre échange inégal et d’insertion dans la globalisation qui servent prioritairement les intérêts occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La finalité de cette entreprise était de préserver l’hégémonie occidentale jugée menacée par l’émergence des Brics ainsi que la résurgence des aspirations indépendantistes dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer ces évolutions et les déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers monde à une véritable indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce premier article a pour point de départ la marginalisation croissante en Tunisie de l’indépendance qui, en tant que tournant historique, n’a pas bénéficié à mon sens de l’intérêt qu’elle mérite auprès des historiens et des économistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le protocole du 20 mars 1956 a été, à mon sens, le premier acte d’insertion de la Tunisie dans la mondialisation laquelle revêtait, dès le départ, une double dimension économique et diplomatique. Sa finalité première, était, du point de vue français, destinée à maintenir la Tunisie dans le giron de la France et l’Occident tant dans le domaine des orientations stratégiques économique qu’en politique étrangère. D’où l’inclusion des conventions sur l’autonomie interne en tant que partie intégrante de ce protocole qui est fondé sur le concept d’<em>«interdépendance»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’indépendance dans l’interdépendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis de nombreuses décennies, la fête de l’indépendance de la Tunisie, acquise en vertu du protocole du 20 mars 1956, n’est plus célébrée en tant que moment historique fondateur de l’histoire tunisienne. Cette situation remonte en vérité à l’époque de l’ex-Président Ben Ali qui a laissé cet évènement sombrer dans un quasi oubli au profit du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987, lequel s’était substitué dans le discours officiel à toutes les autres dates clés symbolisant notre lutte de libération nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit là d’une des caractéristiques de la classe politique dirigeante tunisienne qui a tendance à marginaliser ou déprécier sans distinction, toute référence aux évènements historiques précédents ainsi qu’aux acquis réalisés par ses prédécesseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses mémoires, Hédi Baccouche – ancien &nbsp;Premier ministre et l’un des artisans du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987 – confirme que la décision d’écarter le Président Bourguiba du pouvoir avait été prise car il n’était plus en mesure d’assumer les responsabilités inhérentes à ses fonctions en raison de sa sénilité et de son âge avancé <sup>(1)</sup>. Mais il est maintenant admis que les principaux partenaires de la Tunisie, notamment les USA et l’Union européenne, ainsi que ses alliés occidentaux membres du G7 – qui ont toujours exercé une influence considérable sur les centres de pouvoir en Tunisie – avaient reçu des assurances préalables quant à la préservation de leurs intérêts ainsi que le respect par la Tunisie de ses engagements internationaux dans le cadre de la continuité de l’Etat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons que le Président Bourguiba était par conviction hostile au communisme et avait revendiqué, dès son accession au pouvoir, son attachement aux valeurs politiques et démocratiques associées aux choix économiques libéraux d’insertion dans l’économie de marché qui étaient promues par les USA et l’Occident<sup> (2)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, il était fermement attaché à l’indépendance de décision de la Tunisie dans la détermination de sa politique étrangère ainsi que le choix de ses partenaires dans le domaine de la coopération internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cet effet, il avait introduit, la notion de coopération librement consentie entre nations souveraines dans le préambule de la constitution de 1959 au nombre des principes fondateurs de la République tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La constitution de 1959 proclamait en effet – dans son préambule qui définissait les orientations stratégiques de la Tunisie indépendante – la volonté du peuple tunisien qui s’est libéré de la domination étrangère grâce à sa puissante cohésion et à la lutte qu’il a livrée à la tyrannie, à l’exploitation et à la régression&nbsp;d’<em>«instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basée sur la séparation des pouvoirs»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En politique intérieure et étrangère, la constitution réaffirme la volonté du peuple de <em>«consolider l’unité nationale et de demeurer fidèle aux valeurs humaines qui constituent le patrimoine commun des peuples attachés à la dignité de l’homme, à la justice et à la liberté et qui œuvrent pour la paix, le progrès et la libre coopération des nations»</em>. De même, elle proclame<em> «la volonté du peuple tunisien de demeurer fidèle aux enseignements de l’Islam, à l’unité du Grand Maghreb, à son appartenance à la famille arabe, à la coopération avec les peuples qui combattent pour la justice et la liberté»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soulignons que la référence, dans le préambule de la constitution, à la <em>«libre coopération des nations»</em> revêtait une importance capitale dans la mesure où elle exprimait le rejet de la notion d’interdépendance introduite dans le protocole d’indépendance sur insistance de la France. Elle traduisait également l’attachement de la Tunisie à sa pleine souveraineté décisionnelle dans le domaine de la coopération économique internationale ainsi que dans les domaines de la diplomatie, de la sécurité et de la défense. D’où son opposition à la volonté affichée par la France, soutenue par ses alliés occidentaux, de maintenir des rapports de dépendance et de domination avec ses anciennes colonies en les empêchant de varier leurs partenariats internationaux et d’acquérir les attributs d’une véritable indépendance politique, économique, diplomatique et financière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soulignons toutefois que le Président Bourguiba, n’aura jamais recours à une politique de rupture avec la France même dans les moments de tensions extrêmes notamment lors de la bataille de Bizerte ainsi que celle de la nationalisation des terres agricoles<sup>(3)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, les USA se sont toujours déployés pour empêcher que les divergences tuniso-françaises n’affectent les orientations de la diplomatie tunisienne qui sont demeurées étroitement ancrées à l’Occident<sup>(4) </sup>.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hostilité occidentale à l’indépendance tunisienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a accédé à l’indépendance en mars 1956 dans un contexte géopolitique régional et international défavorable aux pays arabes et africains qui souhaitaient bâtir des relations équilibrées, respectueuses de leur souveraineté et mutuellement bénéfiques avec les puissances coloniales et en particulier avec la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il importe de rappeler la nature de ces contraintes d’ordre interne et international qui ont lourdement hypothéqué le processus de décolonisation et de construction des édifices d’un Etat national tunisien démocratique et souverain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nombre de ces facteurs, la détermination des responsables français à préserver, sous des formes aménagées, le contrôle de leur empire colonial dont les ressources sont jugées nécessaires à la reconstruction<sup>(5)</sup> et au maintien de la France au rang de grande puissance dans la nouvelle reconfiguration du monde après la seconde guerre mondiale. Or la France n’avait pas les moyens de cette ambition du fait qu’elle était sortie de ce conflit, ainsi que l’Europe, défaite, sous domination américaine et économiquement sinistrée. Mais ne pouvant résister à la vague de décolonisation d’après-guerre, elle va œuvrer à maintenir sous tutelle ses anciennes colonies en ne leur concédant que des indépendances de façade à l’instar des pays d’Europe de l’Est qui ont été soumis au statut d’Etats à <em>«souveraineté limitée»</em> par l’URSS durant la guerre froide.<sup>(6)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la France va œuvrer à mettre en place un nouveau cadre de gestion de ses relations avec l’Afrique lui permettant d’exercer une sorte de tutelle politique, économique et sécuritaire sur ses colonies africaines .</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai évoqué cet aspect méconnu de la stratégie française d’après-guerre en ces termes&nbsp;: <em>«En vérité, il est maintenant admis que les responsables français étaient, pour des raisons économiques et stratégiques, déterminés à conserver des liens étroits et indéfectibles avec leurs anciennes colonies. L’historiographie française et contemporaine nous apprend en effet, que la France, sortie dévastée, ruinée et affaiblie des deux conflits mondiaux ne pouvait réussir sa reconstruction et retrouver un statut de grande puissance sans garder le contrôle des marchés et des ressources de son empire. Ce qui a hypothéqué les aspirations à l’indépendance de ses anciennes colonies»</em><sup> (7)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son ouvrage publié en 2015 Pierre Vermeren – professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation – révèle que la France, considérablement affaiblie par la seconde guerre mondiale avait besoin de conserver le contrôle de son empire colonial pour pouvoir se reconstruire. Je le cite <em>«pour les autorités françaises la France, occupée, détruite et humiliée n’a aucune chance de se relever sans son empire»</em>. Il précise qu’en 1945 la France était menacée de révolution car occupée par l’armée américaine, elle était dépourvue de capitaux, de monnaie, d’armée indépendante sans compter ses infrastructures dévastées, son peuple vieillissant, et ses élites majoritairement compromises durant l’occupation. Dès lors, <em>«l’appel à l’empire se révèle donc plus crucial encore que dans les années 1930»<sup> (8)</sup></em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, les responsables français de l’époque estimaient, pour des considérations stratégiques vitales, qu’un désengagement total de ses possessions coloniales, priverait la France de ressources humaines et matérielles nécessaires à sa renaissance économique et à la préservation de son statut de grande puissance au plan régional et mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’agissant de la Tunisie, cette politique va se traduire par la conclusion en juin 1955 des conventions sur l’autonomie interne qui seront à l’origine de graves dissensions au sein du mouvement national tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Diplomate et ancien ambassadeur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Hédi Baccouche&nbsp;: ‘‘En toute franchise’’, Sud Editions, 2018 : «Le pays connait une grave instabilité. Le Président, du fait de sa maladie et de sa sénilité, peut prendre des décisions irréfléchies, inopportunes et imprévues, compliquer davantage la situation. La menace islamiste est réelle. Ben Ali pense devoir prendre les devants et écarter Bourguiba du pouvoir. Habib Ammar l’approuve Pour ma part, après beaucoup d’hésitation, et privilégiant la Tunisie sur le Président si grand soit- il, je me solidarise avec eux» (P. 405).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2- Michel Collon et Grégoire Lalieu&nbsp;: ‘‘La stratégie du chaos. Impérialisme et Islam. Entretiens avec Mohamed Hassan, Investig’ Action – Couleur&nbsp; Livres, 2011 (P. 171 et s.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3- Abdelaziz&nbsp; Chenguir&nbsp;: ‘‘La politique extérieure de la Tunisie 1956-1987, L’Harmattan, 2004 (. P. 77- 91).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4- Ibid (P 51-65).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>5 &#8211; Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations.&nbsp; De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>6- Sophie Guillermin-Golet : <a href="https://les-yeux-du-monde.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La doctrine Brejnev, ou doctrine de la souveraineté limitée’’</a>. Voir également l’article publié en date du 5 mai 1980 sur le site du quotidien Le Monde :<a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1980/05/05/la-souverainete-limitee_2820833_1819218.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La souveraineté limitée’’</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>7- Ahmed Ben Mutapha&nbsp;: ‘‘L’histoire méconnue des négociations tuniso-européennes depuis l’indépendance’’, étude parue dans l’ouvrage collectif&nbsp;‘‘Economie et relations internationales.&nbsp; Histoire et mutations nouvelles’’, L’Harmattan, 2021 (P. 309).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>8- Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.).</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/">Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Les cicatrices encore ouvertes de la décolonisation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 06:26:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[gaullisme]]></category>
		<category><![CDATA[guerre d’Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Raffy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une balle dans la nuque. Un cadavre sur les quais de la Seine. Des secrets d’État longtemps enfouis surgissent brutalement. </p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une balle dans la nuque. Un cadavre sur les quais de la Seine. Des secrets d’État longtemps enfouis surgissent brutalement. C’est la trame de ‘‘L’odeur de la Sardine’’, dernier roman de Serge Raffy, à paraître le 3 septembre 2025 chez Fayard France.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal&nbsp;Guettala</strong></p>



<span id="more-17297143"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>‘‘L’odeur de la Sardine’’</em>, Serge Raffy met en scène la mort de Charles Bayard, ancien policier et figure discrète de l’État profond, retrouvé assassiné à Paris. Cette disparition tragique n’est pas un simple fait divers : elle ouvre sur un labyrinthe de dossiers confidentiels, de réseaux parallèles et de zones d’ombre liées à la guerre d’Algérie et aux affaires internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Raffy transforme le polar en prisme pour explorer la mémoire enfouie de l’État et les non-dits de l’Histoire, offrant au lecteur une plongée dans les tensions politiques, sociales et morales d’une époque tourmentée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le commissaire Julien Sarda, chargé de l’enquête, est confronté à un passé tentaculaire où se mêlent luttes de pouvoir, secrets d’État et alliances opaques. Avec l’aide d’un journaliste, dernier confident du défunt, il navigue entre documents classés, dossiers oubliés et révélations inattendues, découvrant la face cachée du gaullisme et les mécanismes subtils du pouvoir. Chaque avancée dans l’enquête révèle la manière dont les décisions et les silences d’hier continuent de résonner dans le présent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les dettes de l’Histoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le lecteur franco-algérien ou maghrébin en général, ce roman résonne particulièrement. Raffy restitue les cicatrices encore ouvertes de la décolonisation et les tensions persistantes entre Paris et l’Afrique du Nord. Il ne se contente pas de reconstituer un fait historique : il propose une véritable réflexion sur l’influence du passé, sur les dettes de l’Histoire et sur la manière dont les secrets d’État façonnent les sociétés contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>‘‘L’odeur de la Sardine’’</em> est à la fois enquête, fresque historique et réflexion politique. Entre intrigue haletante et analyse fine, Serge Raffy confirme son talent pour combiner rigueur documentaire et narration captivante. Son roman rappelle avec force que certaines vérités, même enfouies, finissent toujours par refaire surface, et que comprendre l’Histoire implique de confronter les silences et les zones d’ombre laissés par les hommes au pouvoir.</p>
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		<title>Quand Saïed affirme que «la Tunisie n’est ni une ferme ni un jardin»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Apr 2025 09:05:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Franz Fanon]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Manel Albouchi]]></category>
		<category><![CDATA[mohamed ali Nafti]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand le président Kaïs Saïed affirme que «la Tunisie n’est ni une ferme ni un jardin», il ne s’agit pas seulement d’un rejet de l’ingérence étrangère. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/29/quand-saied-affirme-que-la-tunisie-nest-ni-une-ferme-ni-un-jardin/">Quand Saïed affirme que «la Tunisie n’est ni une ferme ni un jardin»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 28 avril 2025, au palais de Carthage, le président Kaïs Saïed reçoit le ministre des Affaires étrangères Mohamed Ali Nafti. Le cadre est solennel, la parole ferme. Elle se dresse, verticale, défensive : «</em></strong><strong><em>Tunis n’est ni une bourgade, ni un verger.» Pas un jardin pour diplomates. Pas une colonie de vacances.</em></strong><strong><em>&nbsp;</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>Il y a des discours qui ne parlent pas au citoyen. Ils s’adressent, sans le savoir peut-être, à l’inconscient collectif.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Manel Albouchi * </strong>&nbsp;</p>



<span id="more-16339797"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Quand le président Kaïs Saïed affirme que <em>«la Tunisie n’est ni une ferme ni un jardin»</em> et propose d’envoyer à son tour des observateurs dans les pays qui se disent inquiets [de la situation des droits humains en Tunisie, Ndlr], il ne s’agit pas seulement d’un rejet de l’ingérence étrangère. Les mots résonnent comme un écho lointain de la décolonisation, de ses tensions non résolues, de ses blessures ouvertes. Ce discours est une révolte contre le regard de l’Autre, celui qui observe, juge, classe, prescrit. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La phrase gratte là où la mémoire brûle : celle de la domination. Fanon, dans son langage tranchant, écrivait : <em>«La décolonisation est la rencontre de deux forces, opposées par leur nature, qui se heurtent de front, violemment.»</em>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Parole politique et inconscient</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choc se rejoue ici. Dans la forme même du discours. Dans son ton. Dans son refus d’adopter les codes attendus de la diplomatie. Ce refus est un symptôme. Il dit : je ne veux plus être vu comme une périphérie maladroite. Il dit aussi : je souffre d’un regard.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être faut-il lire cet événement politique à travers une autre lentille : celle de Freud. L’humain, écrivait-il, est traversé par deux pulsions : Éros, la pulsion de vie; et Thanatos, la pulsion de mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté, dans cette lecture, devient un champ de bataille entre deux dynamiques contradictoires : d’un côté, le désir de cohésion, de maîtrise, de dignité; de l’autre, la tentation du repli, du rejet de l’autre, de la désocialisation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rejet des observateurs étrangers peut être lu comme un acte de résistance. Mais aussi comme un mécanisme de défense : une tentative de survie d’un Moi national encore fragile, blessé, sous pression. La souveraineté se présente alors comme un réflexe de préservation. Un retour vers l’intérieur, pour se protéger d’un regard devenu insupportable. Mais ce repli, s’il dure, devient aussi un enfermement. Et peut glisser vers la pulsion de mort : celle qui nie l’altérité et refuse la complexité du monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On me dira que la politique n’est pas un cabinet d’analyse. C’est vrai. Mais elle s’exprime dans un corps social traversé par ses peurs, ses transferts, ses projections.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire non digérée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président parle peut-être à l’ancienne puissance coloniale. Mais il s’adresse aussi à une histoire non digérée, à une honte collective, à une humiliation héritée. À ce que Lacan appelait le manque fondamental, celui qui structure le sujet mais aussi les peuples.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si ce discours n’était pas qu’une stratégie? Et s’il était l’émergence brutale d’un imaginaire insurgé, tentant de se réapproprier un territoire symbolique? Une tentative de redonner forme à une souveraineté non seulement juridique, mais aussi psychique?&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une question, alors : qu’a-t-il voulu exorciser, en prononçant ces mots?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être cette vérité cruelle, que Fanon formulait avec un sarcasme prophétique :&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Les derniers seront les premiers.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Psychothérapeute, psychanalyste.  </em></p>
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		<item>
		<title>Forum mondial à Tunis : les valeurs démocratiques à l’épreuve du «test» Gaza</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/04/forum-mondial-a-tunis-les-valeurs-democratiques-a-lepreuve-du-test-gaza/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 May 2024 10:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Cour internationale de justice]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
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		<category><![CDATA[Forum social Maghreb-Machrek]]></category>
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		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A Tunis, session extraordinaire du Forum social Maghreb-Machrek sur le thème:  «Palestine, notre avenir : les valeurs démocratiques et l’humanité devant le ‘‘test’’ Gaza»</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/04/forum-mondial-a-tunis-les-valeurs-democratiques-a-lepreuve-du-test-gaza/">Forum mondial à Tunis : les valeurs démocratiques à l’épreuve du «test» Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Forum social Maghreb-Machrek organise une session extraordinaire «Palestine, notre avenir : les valeurs démocratiques et l’humanité devant le ‘‘test’’ Gaza», du 10 au 13 mai 2024, au Palais des Congrès à Tunis, en présence de plusieurs personnalités de France, Belgique, Canada, Maroc, Algérie et Palestine. Outres les séminaires et les ateliers thématiques le programme du forum prévoit  diverses activités culturelles.  </em></strong></p>



<span id="more-12681903"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’initiative de l’organisation de la session extraordinaire <em>«Palestine, notre avenir»</em> du Forum social <em>«Maghreb-Machrek»</em> intervient dans le sillage du mouvement de solidarité d’une grande partie de l’opinion publique mondiale suscité par la guerre sur Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les événements de la 16<sup>e</sup> édition du Forum social mondial au Népal ont confirmé cette tendance exprimée par tous les présents qui partagent l’intime conviction que l’avenir du monde entier réside en la Palestine. C’est l’essence dégagée par la déclaration <em>«Palestine»</em> publiée par les membres du Conseil international du Forum social mondial le 19 et 20 février à Katmandu, Népal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle intervient aussi par notre conscience que nous vivons un tournant décisif de l’histoire nationale palestinienne et mondiale, déterminant pour la définition des conditions de vie selon des valeurs communes dans un monde juste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Parti-pris des puissances hégémoniques mondiales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, et de par notre intime conviction, nous considérons que la survie de l’ancien monde et sa permanence signifient la poursuite de la guerre voire son extension dans la région, la poursuite des crimes de génocide, de déplacement forcé, de blocus et de punition collective commis par l’armée d’occupation israélienne contre le peuple palestinien avec le soutien continu depuis des décennies des Etats-Unis et de l’Occident, mais d’une manière sans précédent, cette fois-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’épreuve de Gaza met à l’épreuve les valeurs démocratiques et humaines ainsi que celles de la justice internationale et révèle le parti-pris évident des puissances hégémoniques mondiales en faveur de l’Etat d’occupation, ignorant le droit palestinien et l’ampleur de la catastrophe humanitaire à Gaza. Ce parti-pris a dépassé les frontières des gouvernements le soutenant sur le plan politique, financier et militaire pour s’étendre à de larges pans de l’opinion publique arabe et mondiale, au point d’arriver à l’abandon choquant par plusieurs militants des droits de l’homme, des anticolonialistes, des intellectuels et des penseurs de leurs convictions démocratiques et humanitaires et des valeurs universelles qui nous avaient unis, et leur alignement, après le 7 octobre, derrière le récit du gouvernement de droite israélien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde entier n’a pas réussi à arrêter la guerre qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui, ou de stopper et de condamner le génocide le plus atroce depuis la deuxième guerre mondiale. Même la plupart des tentatives d’imposer l’entrée des aides médicales et humanitaires nécessaires ou d’imposer l’arrêt des approvisionnements militaires de l’armée d’occupation a échoué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le monde a découvert la mort du système obsolète des Nations-Unies et l’obstruction de ses horizons devant la domination idéologique et économique du système capitaliste contemporain qui a fait d’Israël un acteur principal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système officiel arabe, avec toutes ses composantes, a démontré, encore une fois, son impuissance voire sa complicité dans un contexte marqué par la faiblesse de la rue et l’absence de sociétés civiles fortes et efficaces.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’avenir du nouveau monde commence par la Palestine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette guerre sauvage a enraciné la conviction chez un large nombre d’acteurs du nord et le sud global que l’avenir du nouveau monde commence par la Palestine, par la victoire du mouvement de libération nationale palestinien et de la justice internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les récentes intersections concrétisées par le mouvement de solidarité mondial, en particulier parmi la jeunesse, et entre les luttes politiques, syndicales, humanitaires, féministes, culturelles, écologiques, décoloniales et antiracistes ont constitué pour nous un choc positif et une source terrifiante pour les puissances hégémoniques. Elles ont démontré que la boussole des forces du changement du monde aujourd’hui est la Palestine. Car elle est la preuve de l’âme vive et légitime de la résistance pour le droit à l’autodétermination et contre toutes les formes d’hégémonie entre tous les peuples. En même temps, elle révèle l’héritage persistant des politiques coloniales et xénophobes, et la volonté d’hégémonie culturelle et ses expressions nouvelles en Palestine et ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’autre face des malheurs de Gaza et de l’injustice persistante contre les Palestiniens depuis 1948 est l’absence d’un monde juste et l’intensification des tendances des affrontements religieux, nationaux et raciaux, le sens lointain de notre soutien au droit à la légitime lutte contre l’occupation est l’instauration d’une éthique de la résistance civile et pacifique mondiale qui transcende les nationalismes, les religions et les continents en faveur d’un monde juste dont la première entrée est la Palestine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fondement de cet engagement militant solidaire reste la conviction autour de laquelle nous nous sommes réunis dans cet espace mondial qui s’oppose au néolibéralisme et à la domination hégémonique coloniale, et en faveur des droits des peuples, des minorités et des citoyens, basé sur les valeurs humaines universelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur cette base, nous souhaitons que le prochain Forum de Tunis déclare sa totale solidarité avec Gaza et la Palestine. Nous souhaitons qu’il soit un espace pour l’interaction, la discussion et la concertation entre des opinions intellectuelles et humanitaires militantes du nord au sud sur les leçons de la dernière guerre et les mutations du conflit israélo-palestinien dans un contexte marqué par la montée de l’extrémisme racial, les menaces aux droits de l’homme et aux valeurs de justice et de démocratie, et le creusement des disparités entre les classes touchant autant les pays du nord que ceux du sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous souhaitons qu’il soit également le lieu d’un débat franc sur les causes et les manifestations de l’abandon par le centre occidental des valeurs de justice et des droits de l’homme, et sur l’avenir des valeurs universelles communes ainsi que sur les causes des soulèvements arabes et le retour de l’autoritarisme sous différentes formes après deux vagues de mouvements sociaux en 2011 et 2019, qui avaient suscité de grands espoirs, rapidement avortés. Afin de fournir les conditions pour la tenue de ce débat et la détermination de ses objectifs attendus, nous proposons de le structurer autour de groupes de travail qui se pencheront sur les thématiques suivantes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Israël en tant que réalité coloniale contemporaine : </strong>Ce thème visela mise en évidence des similitudes entre le projet colonial en Palestine et les expériences coloniales modernes et les manifestations de l’hégémonie postcoloniale sur les plans économique, politique et culturel, ainsi que l’importance du lien entre la lutte nationale palestinienne d’aujourd’hui avec l’héritage de la lutte des mouvements de libération et les tâches des mouvements antiracistes et décoloniaux en devenir.</li>



<li><strong>Les Nations-Unies</strong> <strong>et l’impuissance de la justice internationale sur la Palestine et les mutations géopolitiques actuelles :</strong> Ce que l’on attend de la discussion autour de ce thème consiste dans la démonstration de la politique des deux poids deux mesures et l’analyse des relations entre l’immunité dont bénéficie Israël malgré la violation des lois internationales et la soumission de la gouvernance du monde aux intérêts du colonialisme ancien et nouveau. Il s’agira de s’arrêter sur la signification de l’initiative de l’Afrique du Sud pour la traduction d’Israël devant la Cour Internationale de Justice.</li>



<li><strong>La catastrophe humanitaire totale à Gaza : </strong>Ce thème est considéré comme le plus important pour démontrer l’étendue de la tragédie et de la catastrophe humanitaire totale dans la bande de Gaza afin d’abattre le masque de la complicité réelle et immorale de l’Occident qui a abandonné les principes du droit international humanitaire en faveur du gouvernement israélien extrémiste de droite.</li>



<li><strong>Le parti-pris des médias occidentaux et la domination du récit israélien sur l’espace public du nord :</strong> Ce thème constitue une bonne introduction à l’analyse de la guerre médiatique déclenchée contre les Palestiniens et la façon dont elle a étouffé les voix qui leur sont favorables. Elle a montré la relation organique entre les forces financières hégémoniques et les forces de droite dans le monde médiatique d’aujourd’hui, et l’importance d’une réflexion sur des solutions médiatiques alternatives.</li>



<li><strong>Le mouvement mondial de la jeunesse opposé à Israël et soutenant la cause palestinienne, sa diversité et ses recoupements : </strong>Il s’agit ici de faire l’inventaire de l’ensemble des mouvements émergents en faveur de la Palestine au nord et au sud, leurs divers soubassements intellectuels et leur efficience sur le terrain y compris les forces politiques, les syndicats et les campagnes. Il s’agit de saisir tout ce qu’ils ont représenté comme changement qualitatif dans la mobilisation des nouvelles ressources au sein de l’opinion publique mondiale et échanger les expériences et les horizons de recoupements possibles.</li>



<li><strong>La crise des mutations démocratiques et la lutte pour les droits de l’homme dans la région arabe :</strong> Il est important dans le sillage de ce thème de s’arrêter sur les causes et les signes de la contre-révolution dans la région Maghreb-Machreq après les espoirs suscités par les soulèvements et les mouvements sociaux dans la région, ainsi que le danger représenté par l’instrumentalisation de la cause palestinienne pour réprimer les libertés fondamentales et civiles. Ce nouveau contexte a influé sur le soutien de la Palestine, ce qui démontre l’importance de l’implication des forces civiles dans des processus croisés de lutte entre le local et le mondial en faveur de la liberté, de la démocratie, de la justice sociale et de la souveraineté des peuples.</li>



<li><strong>Les voies arabes de la normalisation et les stratégies de résistance :</strong> A travers la discussion de ce thème, nous chercherons à revenir sur le débat sur le concept de normalisation, son évolution historique dans la région et son influence sur l’isolement de la cause palestinienne.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’objectif le plus important du Forum demeure celui de faire le premier pas et d’élaborer un plan en vue de créer un espace mondial permanent pour la réflexion collective. Il convient de construire des intersections entre les réseaux d’acteurs au sein desquels, en tant qu’acteurs arabes, nous jouerons un rôle important dans des luttes communes et des stratégies de mobilisation pour le soutien de la Palestine et pour la défense des valeurs de la démocratie, des droits de l’homme et des peuples, et pour un monde juste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Communiqué du comité d’organisation.</em></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Final cut » aux JTC 2022 : Le récit intime de Myriam Saduis sur la décolonisation en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/06/final-cut-aux-jtc-2022-le-recit-intime-de-myriam-saduis-sur-la-decolonisation-en-tunisie/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/06/final-cut-aux-jtc-2022-le-recit-intime-de-myriam-saduis-sur-la-decolonisation-en-tunisie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fawz BenAli]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Dec 2022 12:37:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[JTC 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Myriam Saduis]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre belge]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre du monde]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=5516468</guid>

					<description><![CDATA[<p>La pièce de théâtre belge « Final cut » de Myriam Saduis a été présentée hier soir, lundi 5 décembre, à la Cité de la Culture à Tunis, dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage (JTC 2022). La metteuse en scène nous raconte sa propre histoire et celle de la Tunisie durant la décolonisation française. Présentée...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/06/final-cut-aux-jtc-2022-le-recit-intime-de-myriam-saduis-sur-la-decolonisation-en-tunisie/">« Final cut » aux JTC 2022 : Le récit intime de Myriam Saduis sur la décolonisation en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>La pièce de théâtre belge « Final cut » de Myriam Saduis a été présentée hier soir, lundi 5 décembre, à la Cité de la Culture à Tunis, dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage (JTC 2022). La metteuse en scène nous raconte sa propre histoire et celle de la Tunisie durant la décolonisation française.</strong></em></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Présentée hors compétition, <em>Final cut</em> est l’un des plus belles pièces de théâtre de la 23<sup>e</sup> édition des JTC qui a démarré samedi dernier. Il s’agit d’un projet construit autour de l’histoire familiale de Myriam Saduis qui a conçu et écrit la pièce, avec une collaboration à la mise en scène d’Isabelle Pousseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Auréolée du prix du meilleur spectacle et de la meilleure actrice du Maeterlinck Belgique, la pièce connaît depuis sa création en 2018 un véritable succès en Belgique et en Europe, grâce à un récit intime, bouleversant et sincère livré par Myriam Saduis. Cette dernière a décidé de raviver les plaies en nous racontant le chemin d’une adolescente puis une adulte qui cherche sa vérité dans la confusion d’une famille traumatisée par la fin de la colonisation française en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La petite histoire et la grande histoire vont de pair dans ce monologue à travers lequel l’artiste aborde les thèmes de l’identité, de la décolonisation, du métissage et de la quête de soi.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>F.B</strong></p>
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