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	<title>Archives des délestages - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des délestages - Kapitalis</title>
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		<title>Pénurie d’électricité en Tunisie &#124; Une centrale flottante n’est pas la solution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2026 06:43:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour faire face à la pénurie d'électricité en Tunisie, la location d’une centrale flottante serait une solution coûteuse et qui arrive tard. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/30/penurie-delectricite-en-tunisie-une-centrale-flottante-nest-pas-la-solution/">Pénurie d’électricité en Tunisie | Une centrale flottante n’est pas la solution</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pendant que la Steg publie, chaque jour, ses calendriers de délestage tournant, une idée – en espérant que ce ne soit déjà une décision – se prépare loin du débat public : la location d’une centrale électrique flottante, un navire-usine amarré au large et raccordé au réseau national. Présentée comme une bouée de sauvetage pour passer l’été, cette option est en réalité l’une des plus coûteuses du marché mondial de l’électricité. Et, dans le cas tunisien, elle cumule trois défauts qui devraient suffire à l’écarter : elle n’est pas justifiée techniquement&nbsp;; elle arrivera trop tard&nbsp;; et elle est négociée dans des conditions qui n’offrent aucune garantie de transparence.</em></strong> <em>(Photo : Centrale électrique flottante de l’entreprise turque Karadeniz Powership Gökhan Bey).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong><em></em></p>



<span id="more-19532715"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le déficit tunisien n’est pas d’abord un déficit de mégawatts installés. Il est le produit de trois facteurs cumulés : le vieillissement du parc thermique et la dégradation de sa disponibilité, la fragilité du réseau de transport aux heures de pointe estivale, et surtout le blocage quasi total, depuis 2019, des projets de production nouvelle. Les appels d’offres renouvelables ont été retardés, renégociés, parfois abandonnés. Les projets de cycles combinés attendent leurs financements et leurs autorisations. Le résultat était prévisible : chaque été, la pointe se rapproche un peu plus de la limite du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Louer un bateau ne corrige aucun de ces trois facteurs. Un navire-usine n’améliore pas la disponibilité du parc existant. Il ne renforce pas une seule ligne de transport. Il ne remplace pas un mégawatt de production nouvelle : il le loue, à un tarif de location, pour une durée déterminée, après quoi il repart. Autrement dit, on transforme une dépense d’investissement, qui aurait laissé un actif au pays, en dépense d’exploitation qui ne laisse rien. La réponse ne traite donc pas le problème&nbsp;; elle le reporte momentanément.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un mauvais timing et une location au prix exorbitant </h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument avancé pour justifier le gré à gré est celui de l’urgence : il faudrait sécuriser la pointe. Encore faudrait-il que le calendrier tienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre la signature d’un contrat, la mobilisation du navire, son transit, l’aménagement du poste d’amarrage, le raccordement au réseau haute tension, l’approvisionnement en combustible et les essais de mise en service, les délais réels se comptent en mois, et non en semaines. L’expérience gabonaise récente l’illustre : les seuls travaux de raccordement de l’unité de 150 MW ont connu des reports successifs pour des contraintes techniques. Appliqué au cas tunisien, cela signifie une mise en service utile après le passage de la pointe estivale, c’est-à-dire au moment précis où le besoin invoqué pour justifier la dépense aura disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On paierait donc au prix fort une capacité qui arriverait à contretemps, et qu’il faudrait ensuite continuer à rémunérer pendant toute la durée du contrat, y compris en hiver, y compris quand elle ne sert à rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle économique de la centrale flottante repose sur une redevance de capacité, due que le navire produise ou non, à laquelle s&rsquo;ajoute le combustible, facturé séparément. Les estimations qui circulent pour la Tunisie situent la seule redevance de location autour d’un milliard de dinars par an, hors combustible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rapportée au mégawatt installé, cette dépense annuelle est du même ordre de grandeur que le coût d’investissement d’une capacité neuve, avec une différence essentielle : au terme du contrat, l’État n’est propriétaire de rien. Le même montant orienté vers un cycle combiné, vers un programme solaire assorti de stockage, ou simplement vers la remise à niveau du réseau de transport, produirait un actif durable, une baisse structurelle du coût moyen de production, et une moindre exposition à la facture d’hydrocarbures importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi rappeler qui paie. Une charge de cette nature ne disparaît pas dans les comptes de la Steg : elle se traduit tôt ou tard par une subvention budgétaire supplémentaire, une dette fournisseur, ou une hausse tarifaire. Dans le contexte actuel des finances publiques, aucun de ces trois canaux n’est indolore.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une procédure qui interroge et un précédent international à examiner</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur le volet procédural que le dossier devient le plus difficile à défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agirait d’un marché probablement de gré à gré, sans appel à la concurrence, soumis ensuite au conseil d’administration pour approbation. Ce séquencement n’est pas neutre : il fait porter la responsabilité juridique de la décision aux administrateurs, alors que l’impulsion initiale est venue d’ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, selon les informations disponibles, le premier contact autour de ce dossier n’est pas passé par un canal technique, ni par une consultation de marché, les experts consultés par la Steg auraient exprimé un avis défavorable, pour les deux raisons exposées plus haut, le coût et le calendrier. Si cet avis a bien été rendu et qu’il a été écarté, la question centrale n’est plus technique. Elle devient une question de gouvernance : qui a décidé de passer outre, sur quelle base, et avec quelle traçabilité écrite ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne serait pas le premier pays à emprunter cette voie. Le Liban, l’Irak, le Ghana, la Gambie, la Sierra Leone, le Mozambique, la Guinée-Bissau, le Soudan, le Gabon et Cuba y ont eu recours. Le point commun de ces expériences n’est pas rassurant : la solution flottante y a été adoptée en situation de crise, elle a soulagé temporairement, et elle n’a réglé aucune des causes structurelles du déficit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs de ces contrats ont par ailleurs donné lieu à des controverses publiques, à des recours ou à des procédures d’enquête sur les conditions d’attribution, notamment en Afrique du Sud, au Gabon et au Liban. En Gambie, le contrat n’a pas été renouvelé en 2025, faute d’accord sur les conditions financières et techniques. Ces précédents ne préjugent en rien du dossier tunisien, mais ils commandent, au minimum, un niveau d’exigence procédurale supérieur à la moyenne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la transparence exige</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat ne porte pas sur le fait de savoir s’il faut de l’électricité cet été. Il porte sur le fait de savoir si l’on veut continuer à financer des rustines coûteuses, ou reconstruire enfin un système de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois exigences minimales devraient conditionner toute suite donnée à ce dossier :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; la publication du dossier technique</em></strong> <em>:</em> étude d’adéquation offre-demande, calendrier réaliste de mise en service, coût complet du kilowattheure livré, combustible inclus, et comparaison chiffrée avec les alternatives disponibles&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <strong>la publication des avis des experts consultés</strong>, ainsi que des motifs pour lesquels ils auraient été écartés&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&#8211; la justification juridique du recours au gré à gré</strong>, au regard de la réglementation des marchés publics, et l&rsquo;identification claire de l&rsquo;autorité qui assume la décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À défaut, les administrateurs appelés à approuver ce contrat prendraient un risque personnel considérable pour une opération dont ni l’utilité technique ni la rationalité économique n’ont été démontrées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a des ressources solaires et éoliennes parmi les meilleures du bassin méditerranéen, un projet d’interconnexion avec l’Italie en cours, et un besoin urgent de capacité pilotable. Le milliard de dinars annuel envisagé pour louer un bateau financerait une part significative de cette transition. Le choix n’est pas entre l’électricité et l’obscurité. Il est entre une dépense qui s’évapore et un investissement qui reste. Entre la raison économique et l’absurdité politique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/30/penurie-delectricite-en-tunisie-une-centrale-flottante-nest-pas-la-solution/">Pénurie d’électricité en Tunisie | Une centrale flottante n’est pas la solution</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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