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	<title>Archives des Djamila Boupacha - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Djamila Boupacha - Kapitalis</title>
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		<title>Appel à donner le nom de Gisèle Halimi à une artère de la ville de La Goulette</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2020 12:24:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un groupe de personnalités féminines et de militantes féministes tunisiennes ont adressé à la maire de La Goulette, Amel Limam, une lettre ouverte où elles lui demandent de donner le nom de l&#8217;avocate et militante féministe française d&#8217;origine tunisienne Gisèle Halimi, décédée récemment, le nom d&#8217;une artère de cette ville balnéaire du nord de Tunis...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/24/appel-a-donner-le-nom-de-gisele-halimi-a-une-artere-de-la-ville-d-la-goulette/">Appel à donner le nom de Gisèle Halimi à une artère de la ville de La Goulette</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/gisele-halimi.jpg" alt="" class="wp-image-247348"/></figure>



<p><strong><em>Un groupe de personnalités féminines et de militantes féministes tunisiennes ont adressé à la maire de La Goulette, Amel Limam, une lettre ouverte où elles lui demandent de donner le nom de l&rsquo;avocate et militante féministe française d&rsquo;origine tunisienne Gisèle Halimi, décédée récemment, le nom d&rsquo;une artère de cette ville balnéaire du nord de Tunis où la défunte est née au début du siècle dernier. Nous reproduisons ci-dessous cette lettre ouverte.  </em></strong></p>



<span id="more-317785"></span>



<p>Madame le maire,</p>



<p>La Goulette vient de perdre une de ses filles. Zeiza Gisèle Élise Taïeb n’est plus.</p>



<p>Le monde, lui, qui connaît mal les registres d’état civil de votre ville, a perdu Gisèle Halimi.</p>



<p>Est-il encore permis, après plusieurs centaines d’hommages qui ont afflué de toutes parts, de rappeler qui elle fut ? La Goulette, sa ville de naissance, le sait mieux que personne. Car Gisèle Halimi aimait particulièrement Antoine de Saint-Exupéry. Et nous savons qu’elle connaissait ces lignes de Pilote de guerre : « L&rsquo;enfance, ce grand territoire d&rsquo;où chacun est sorti ! D&rsquo;où suis-je ? Je suis de mon enfance. Je suis de mon enfance comme d&rsquo;un pays… »</p>



<p>Gisèle Halimi était de son enfance goulettoise. Fortunée et Edouard, ses parents tunisiens pauvres d’origine juive et berbère, furent consternés de cette seconde naissance dans leur foyer : c’était une fille… En 1927, il s’agissait à ce point d’une mauvaise nouvelle qu’ils mirent deux semaines à l’annoncer. Ils mirent plus longtemps encore à accepter qu’elle joue au foot pieds nus dans les rues de la ville, ou qu’elle refuse de servir les hommes de sa famille. Elle les contraignit radicalement : à treize ans, une grève de la faim déclarée pendant trois jours lui permit de cesser de faire le lit de son frère… Aussi, lorsqu’à 18 ans, elle partit étudier le droit, les lettres et les sciences politiques à Paris, personne ne tenta de la retenir. Après-guerre, le mot <em>«avocate»</em> n’existait pas : elle l’imposa, en revêtant la robe à Tunis en 1948. Car Gisèle Halimi était de son enfance : elle revint exercer dans son pays, dont elle épousa le destin. Défenseure des syndicalistes tunisiens, elle devint l’avocate des nationalistes au sein des tribunaux militaires. Emprisonnés suite à la flambée de violence et de répression en 1952, l’un de ses clients demeurera proche d’elle toute sa vie : Habib Bourguiba.</p>



<p>Quelques années plus tard, c’est en Algérie que l’émancipation des peuples engendrera des tragédies. La voix de Gisèle Halimi s’élève alors dans les prétoires d’Alger pour sauver de la mise à mort des militants du Mouvement national algérien et du Front de libération nationale. Parmi eux, Djamila Boupacha, qui reconnaît en elle <em>«une sœur»</em>, devint l’icône d’une Algérie debout face au colonisateur.</p>



<p>Si Gisèle Halimi fut de son pays, elle fut aussi de son enfance de jeune fille maltraitée. Au début des années 1970, elle cofonda avec Simone de Beauvoir le mouvement <em>«Choisir la cause des femmes»</em>, signa le Manifeste des 343 femmes qui revendiquaient la légalisation de l’avortement, risquant ainsi la prison. La lutte incessante de la fille de la Goulette ouvrit le chemin en France à la loi Veil, en 1975, et à la reconnaissance du viol comme un crime et non plus comme un simple délit. L’internationalisme de cette féministe née dans un pays colonisé ne se démentira jamais : qualifiant les Palestiniens de <em>«peuple aux mains nues en train de se faire massacrer</em>», elle s’associe au comité Bertrand Russell pour la Palestine en 2009, et devient l’une des avocates de Marwan Barghouti.</p>



<p>Madame le maire, nous savons que nous ne vous apprenons rien à propos de votre compatriote.<br></p>



<p>Mais nous sommes sûrs qu’il vous paraîtra regrettable, comme à nous, qu’aucun des quinze ouvrages de Gisèle Halimi ne soit traduit en arabe. Car il nous semble que cette avocate, cette militante et cette femme politique – elle fut également députée – franco-tunisienne a tout fondé aux sources de la Goulette, y puisant sa soif d’égalité pour les femmes et pour les peuples. Gisèle Halimi était à la fois de la Goulette et du monde entier : son combat universel est née sur les rives de votre ville, au bord de cette Méditerranée que les Romains appelaient <em>«Notre Mer»</em>, signifiant qu’elle nous est commune. La communauté de Gisèle Halimi fut l’humanité. Et les vagues qui viennent s’échouer aux pieds de votre ville, qui l’ont tant de fois consolée, nous racontent qu’elles n’y sont pas étrangères.</p>



<p>Madame le maire, nous ne vous cachons pas que le 4 juillet 2018, nous avions été particulièrement heureux que pour la première fois de son histoire, votre ville soit dirigée par une femme. Aussi rêvons-nous d’un acte hautement symbolique : si vous donniez le nom de Gisèle Halimi à une rue de la Goulette, ce serait un message extraordinaire à l’attention des jeunes filles et jeunes garçons tunisiens. Naître à la Goulette, c’est naître au monde. Et nous savons que lorsque Gisèle Halimi verra la première femme maire de la Goulette dévoiler la plaque, où qu’elle se trouve, elle sourira.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nGkLSndUgq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/28/la-fille-de-la-goulette-gisele-halimi-nest-plus/">La fille de La Goulette, Gisèle Halimi n’est plus</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La fille de La Goulette, Gisèle Halimi n’est plus » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/28/la-fille-de-la-goulette-gisele-halimi-nest-plus/embed/#?secret=FqFlkJZ0gC#?secret=nGkLSndUgq" data-secret="nGkLSndUgq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7jMENJASKn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/28/deces-de-lavocate-et-militante-feministe-gisele-halimi/">Décès de l&rsquo;avocate et militante féministe, Gisèle Halimi</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Décès de l&rsquo;avocate et militante féministe, Gisèle Halimi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/28/deces-de-lavocate-et-militante-feministe-gisele-halimi/embed/#?secret=6FPhlNelnn#?secret=7jMENJASKn" data-secret="7jMENJASKn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>La fille de La Goulette, Gisèle Halimi n’est plus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2020 12:41:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tunisienne de naissance et de cœur, engagée dans les luttes anticolonialistes et militante féministe de la première heure, Gisèle Halimi, femme de caractère et avocate courageuse au service de ses idées progressistes, s’est éteinte à Paris à 93 ans. Par Hassen Zenati «Ma mère a eu une belle vie», a déclaré le fils de Gisèle...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/07/Gisele-Halimi.jpg" alt="" class="wp-image-309718"/></figure>



<p><strong><em>Tunisienne de naissance et de cœur, engagée dans les luttes anticolonialistes et militante féministe de la première heure, Gisèle Halimi, femme de caractère et avocate courageuse au service de ses idées progressistes, s’est éteinte à Paris à 93 ans.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-309717"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p><em>«Ma mère a eu une belle vie»</em>, a déclaré le fils de Gisèle Halimi, Emmanuel Faux, ancien journaliste à Europe-1, en annonçant son décès. De fait, l’avocate et militante féministe a eu une vie bien remplie avant de tirer sa révérence, laissant le souvenir d’une femme de conviction, ouverte et réticente au politiquement correct.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une fervente militante pour les libertés</h3>



<p>Née à La Goulette le 27 juillet 1927, Gisèle Halimi, élève du lycée des jeunes filles de Tunis, diplômée de la faculté de droit et de lettres et de l’Institut d’études politiques de Paris, est entrée au barreau à Tunis en 1949, avant de poursuivre sa carrière d’avocate à Paris en 1956. Elle fait son entrée en politique en militant pour l’indépendance de la Tunisie, en compagnon de route fidèle du Néo-Destour et de Habib Bourguiba. Ce qui la conduira à s’engager aux côtés du Front de libération nationale (FLN) contre la torture et pour l’indépendance de l’Algérie et à se rapprocher du mouvement nationaliste marocain. Elle prendra une part active dans la défense des détenus politiques du FLN, notamment Djamila Boupacha. Avec Simone de Beauvoir, elle cosignera un livre d’hommage à sa <em>«cliente»</em>. Elle prendra ensuite la défense de la cause palestinienne après avoir dénoncé les crimes de guerre américains au Vietnam. Elle figurait parmi les membres du comité de parrainage du Tribunal Russel sur la Palestine en 2009. Le militant palestinien, Maourane Barghouthi, détenu depuis des années dans une prison israélienne, lui a demandé d’être parmi ses avocats.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les « Salopes» font entendre leurs voix</h3>



<p>À partir des années 1970, elle prend une grande part dans la fondation et l’expansion du mouvement féministe français, en signant notamment en 1973 le Manifeste des 343 – dit par défi <em>«Manifeste des 343 Salopes»</em> &#8212; publié par le Nouvel Observateur. Il s’agit d’une pétition signée par 343 femmes célèbres ou anonymes – un <em>coming out</em>, dirions-nous aujourd’hui – qui déclarent s’être fait avorter, en violation de la loi interdisant l’avortement. Elles voulaient faire évoluer cette loi et reprendre la liberté totale de leur corps, en décidant elles-mêmes de leur procréation. Son nom figurait notamment aux côtés de Simone de Beauvoir, de Françoise Sagan, Catherine Deneuve et Jeanne Moreau. En 1975, les<em> «Salopes»</em> auront gain de cause en arrachant la dépénalisation de l’avortement, le droit à l’avortement et enfin l’interruption volontaire de grossesse.</p>



<p>Dans ces années-là, Gisèle Halimi sera la vedette de plusieurs procès intentés à des jeunes femmes ayant pratiqué l’avortement après un viol ou victimes de viol. Elle fera reconnaître ce dernier comme un crime et non plus comme un délit.</p>



<p>Militante pour la paix, elle était aussi parmi les fondateurs d’Attac, l’association altermondialiste opposée à la mondialisation sauvage. Déçue par François Mitterrand, elle s’engagera une dernière fois en politique aux côtés de Jean-Pierre Chevènement dans le mouvement Citoyen, à l’occasion d’une élection européenne.</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><em>Souvenirs de Tunisie</em></h2>



<p>J’avais onze ans lorsque éclata, à Tunis, la grande répression du 9 avril 1938 <em>[une date charnière dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien]</em>. Des mitraillettes tiraient dans la rue, des tanks barraient le boulevard Bab-Benat, des soldats — beaucoup de Noirs, des Sénégalais, j’en avais été frappée — sillonnaient, l’arme au poing, les ruelles de la Médina. Le sang coula, notamment à la Zitouna [université religieuse située alors dans la mosquée éponyme], où plusieurs étudiants furent abattus. (…) Je me souviens encore de cette journée nationaliste (…). Au parc Gambetta, aux portes nord de la ville, un peuple joyeux et mêlé se pressait. Femmes voilées de blanc, vieillards, intellectuels, dockers, <em>yaouled </em>avec leur boîte à cirage de chaussures, tous convergeaient vers l’esplanade. Venant de la Kasbah, ils descendaient participer à leur première kermesse de la liberté. Bourguiba et d’autres leaders avaient harangué la foule. La Tunisie voulait un Parlement, des libertés démocratiques, un gouvernement. Après le meeting, tout rentra dans l’ordre sans le moindre incident. Je regardais, étonnée, les places cernées par les tanks et les rues pleines de camions militaires, sans imaginer la tuerie qui s’ensuivrait, décidée pour le lendemain, à froid. La troupe tira sur les étudiants, sur les femmes désarmées, sur des enfants qui couraient, affolés par le sifflement des balles. (…)</p>



<p><em>[En 1957, au palais de Carthage, l’auteure, devenue avocate, aborde avec le président Bourguiba la question du combat des nationalistes algériens.] </em>Dans un français châtié, il me résume Mao. Compter sur ses propres forces, d’abord. Le reste viendra de surcroît. Et, de ce reste, il prendra sa part. J’insiste, maladroite. Il s’enflamme : <em>«Ça suffit l’Algérie !… Après tout, vous êtes tunisienne, non?»</em> Debout, il ordonne <em>: «Et ne l’oubliez pas ! Enti, taana, tu nous appartiens.»</em> Je rengaine mes arguments sur l’importance de sa médiation, sur son prestige de chef arabo-occidental, j’abrège et nous dînons. Dîner morose. Je prends congé très vite. Il ajoute seulement : <em>«Bourguiba prendra ses responsabilités, tout le monde le sait, ça.»</em></p>



<p><strong><em>Extraits de l’ouvrage de Halimi ‘‘Le Lait de l’oranger’’, Gallimard, Paris, 1988</em></strong>.</p>



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