<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Dominique Strauss-Kahn - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/dominique-strauss-kahn/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/dominique-strauss-kahn/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Fri, 22 Sep 2023 12:08:26 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Dominique Strauss-Kahn - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/dominique-strauss-kahn/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Maroc: l’instabilité n’est pas que géologique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/22/maroc-linstabilite-nest-pas-que-geologique/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/22/maroc-linstabilite-nest-pas-que-geologique/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Sep 2023 12:08:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[André Azoulay]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Strauss-Kahn]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Guillaume Lozato]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed VI]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=9872355</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec Mohammed VI, l’Europe et les États-Unis peuvent s’appuyer sur une personnalité utile à la vraie collaboration avec l’Afrique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/22/maroc-linstabilite-nest-pas-que-geologique/">Maroc: l’instabilité n’est pas que géologique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La terre a tremblé au Maroc à une amplitude autour de 7 degré sur l&rsquo;échelle de Richter, d’après les spécialistes. Les dégâts ont été considérables dans le sud du pays, ravivant inégalités sociales et rivalités internationales.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Jean-Guillaume Lozato</strong> *</p>



<span id="more-9872355"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Jean-Guillaume-Lozato-1.jpg" alt="" class="wp-image-241349"/></figure></div>


<p>Oubliant le principal, c’est-à-dire le drame humain et son cortège de défunts, le monde s’est concentré, dès les toutes premières heures de l’événement, sur le comportement du gouvernement marocain vis-à-vis des réactions extérieures.</p>



<p>Marrakech et sa région. Des morts. Des blessés. Des dégâts matériels considérables. Du désespoir. Le désespoir. Des miraculés. Tout ça suite aux violentes secousses telluriques qui se sont produites.</p>



<p>Les circonvolutions géopolitiques ont succédé aux condoléances en empruntant les voies du cynisme et de l’indécence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fierté ou orgueil démesuré ?</h2>



<p>Tout est question de formulation, d’interprétation. Les spécialistes en communication vous le diront. Les autorités marocaines ont exprimé le souhait de n’accepter l’aide officielle de seulement quatre pays: le Royaume-Uni, le Qatar, l’Espagne, les Émirats arabes unis.</p>



<p>De cette liste ressort un aspect sélectif. Cependant, il convient d&rsquo;en noter le côté varié, à soupeser consciencieusement. L’Occident et l’Orient y sont représentés à parts strictement égales. Par conséquent, nul ne saura reprocher une quelconque mauvaise foi ethnocentrique.</p>



<p>Si on affine l’analyse, alors on perçoit une primauté de la monarchie. D’abord dans sa place officielle. Puis dans sa version ploutocrate avec la catégorie si particulière de la pétromonarchie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="86JqUQxK5J"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/19/le-maroc-est-un-modele-a-suivre-pour-la-tunisie/">Le Maroc est un modèle à suivre pour la Tunisie  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Maroc est un modèle à suivre pour la Tunisie   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/19/le-maroc-est-un-modele-a-suivre-pour-la-tunisie/embed/#?secret=7IwSa80dS9#?secret=86JqUQxK5J" data-secret="86JqUQxK5J" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Vient alors l’aspect géographique des choses. L’Espagne est une voisine directe. L’Angleterre accompagnée de ses vassaux anglophones se trouve sur l’Atlantique comme l’Empire Chérifien. Maroc et Royaume-Uni ont en outre le point commun de s’être rallié chacun à sa manière aux États-Unis d’Amérique; l’un en étant le premier Etat à en reconnaître l’indépendance, l’autre en entretenant un lien de quasi-filiation.</p>



<p>En fait, le Maroc a soupesé le pour et le contre d’une situation d’urgence, et a préféré la neutralité, le pragmatisme au contraire d’une collaboration s’envisageant moins sereine avec l’Algérie pourtant frontalière et la France. Une triangulation où les autorités marocaines semblent renvoyer un boomerang en direction de la France avec qui elle est en froid et avec l’Algérie à qui elle veut démontrer que la fierté nationale n’est pas son seul apanage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fausse manœuvre de la France </h2>



<p>La nation anciennement dirigée par Charles de Gaulle du temps où elle comptait encore des colonies n’a pas su mettre à profit les relations poussées positives construites sous le règne de feu sa Majesté le Roi Hassan II. De l’Indépendance à la fin du second mandat chiraquien, les relations s’étaient pourtant élaborées autour d’un réchauffement continu. Des hommes politiques comme Chirac ou Jack Lang y ont séjourné assidument. Des célébrités, des membres de la Jet Set s’y sont fait remarquer, surtout à Marrakech : Cristiano Ronaldo, le footballeur portugais, ou son confrère italien Marco Verratti, ce qui prouve l’aura marocaine en Europe, tout comme le DJ français Michel Challe ou le couturier Yves Saint-Laurent. Une dimension festive qui a donné une nouvelle image au pays maghrébin, mais recentrée sur la fulgurance d’une superficialité nocive. C’est justement cette localité et ses environs qui ont été frappés par un séisme de grande ampleur, cristallisant les erreurs de jugement trop hâtives d’Européens ne comprenant pas que le sud marocain ne se limitait pas seulement à son chef-lieu. Et que le Royaume comptait plusieurs régions, plusieurs facettes. Et que les temps avaient changé depuis le décès du père de l’actuel régent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UuoWIhkoNJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/07/the-commander-of-the-faithful-diviser-pour-regner-au-maroc/">‘‘The Commander of the Faithful’’ : diviser pour régner au Maroc</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The Commander of the Faithful’’ : diviser pour régner au Maroc » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/07/the-commander-of-the-faithful-diviser-pour-regner-au-maroc/embed/#?secret=fbO8aqxoIg#?secret=UuoWIhkoNJ" data-secret="UuoWIhkoNJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Nous sommes entrés depuis 1999 dans l’ère de Mohammed VI. Un monarque plus communicant, plus proches des gens humbles que son prédécesseur, qui lui s’était trouvé dans l’obligation de recadrer un territoire entier au lendemain de la décolonisation. Hassan II était resté proche de la France car maniant à merveille la langue de Molière et connaissant bien des arcanes de la culture hexagonale. Son successeur connaît lui aussi très bien la patrie de Vercongétorix, Louis XIV et Napoléon. Pour preuve son abnégation à lire des romans en langue française déjà perceptible dans les reportages sur sa scolarisation pendant les années soixante-dix où il déclarait être en train de lire <em>‘Le chien des Baskerville’’</em> de l’Anglais Conan Doyle autour de son personnage phare Scherlock Holmes. Le célèbre détective devrait justement prêter sa loupe aux observateurs occidentaux afin qu’à l’aide d’un grossissement sur l’enfant devenu homme, ils s’aperçoivent que non seulement il fait preuve de plus d’ouverture, mais que de surcroît, il s’agit d’un élargissement d’horizon puisqu’il ne s’intéresse à beaucoup d’endroits du monde, et non plus prioritairement à la France. Ce que cette dernière n’a pas forcément réalisé.</p>



<p>De plus, un peu à la façon d’un autisme gouvernemental héréditaire, les gouvernements français ont œuvré le plus souvent en faveur de l’Algérie, dans le cadre d’une relation compliquée. Faisant cohabiter culpabilité et opportunisme. Un paradoxe illustré par la personne de l’ancien président de la république François Mitterrand d’abord ayant été favorable à l’exécution de membres du FLN pendant la colonisation, puis ayant contribué à faire acheter le gaz algérien selon un montant situé au-dessus de son prix réel de l’époque.</p>



<p>Par sa méconnaissance de l’international et ses hésitations avec le monde arabe, le président Emmanuel Macron s’inscrit dans la lignée de beaucoup de politiciens mais aussi de bien des membres de l’Union européenne (UE) ne prêtant attention au Maghreb que lorsque les migrants frappent à leurs portes.</p>



<p>Quant au reste de l’Europe les compétences et les incompétences se télescopent, quand ce n’est pas l’ignorance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquences et perspectives</h2>



<p>Cette étape aux accents humanitaires sera peut-être l’occasion pour le plus à l’Ouest des États arabes de prouver sa valeur en se relevant de façon fulgurante. Insistons sur l’expression<em> «peut-être»</em>, en accord avec un fataliste et dévoué <em>«inchallah»</em>.</p>



<p>Le manque de certitude se présente comme entretenu par plusieurs facteurs… &nbsp;</p>



<p><strong>1- Les aléas climatiques</strong> (cette année, le Maroc a connu une canicule d’un type exceptionnel, avec un air étouffant des plus surprenants au bord de l’Atlantique) et géologiques indépendants de la bonne volonté du Palais Royal.</p>



<p><strong>2- L’économie </strong>: malgré des signes encourageants propulsés par l’afflux d’investisseurs étrangers et un agenda politique minutieusement élaboré par le Makhzen, une catastrophe naturelle a les facultés de ralentir n’importe quelle croissance. Le Maroc prouvera ou non qu’il a les capacités pour rebondir.</p>



<p><strong>3- La diplomatie, la géopolitique en général</strong> : a- les rapports avec les Etats-Unis sont cordiaux, même bons, et des échanges avec le Canada se bâtissent de plus en plus dans le cadre de la recherche scientifique. Toutefois, ces deux États se trouvent loin, car l’Atlantisme est une référence aussi vaste que la superficie de l’Atlantique. L’Occident ne se limite pas uniquement à l’Europe mais cette dernière est la plus proche territorialement; b- le Roi bénéficie d’une aura évidente auprès de la Cedeao. Mais est-ce suffisant pour avoir assez de poids internationalement aux yeux des observateurs mondiaux?; c- les relations avec Israël tendent à se normaliser à grande vitesse. Cela contient un aspect à double tranchant. Logiquement, cela détient les capacités de déboucher sur d’importantes collaborations dans le domaine économique, sécuritaire, pharmaceutique. Mais est-ce que ça ne peut pas contribuer le pays à se faire ostraciser à moyen terme par d’autres nations arabes réfractaires à ce type de processus ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gnmO4cKZBJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/03/la-presence-accrue-disrael-en-afrique-du-nord-aggrave-le-differend-entre-lalgerie-et-le-maroc/">La présence accrue d’Israël en Afrique du Nord aggrave le différend entre l&rsquo;Algérie et le Maroc</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La présence accrue d’Israël en Afrique du Nord aggrave le différend entre l&rsquo;Algérie et le Maroc » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/03/la-presence-accrue-disrael-en-afrique-du-nord-aggrave-le-differend-entre-lalgerie-et-le-maroc/embed/#?secret=UomLUfSZsA#?secret=gnmO4cKZBJ" data-secret="gnmO4cKZBJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pour livrer une synthèse de ces tous derniers points, faisons référence à cette déclaration de Dominique Strauss-Kahn&nbsp;: <em>«Les relations France-Maroc sont exécrables»</em>. Cela préfigure-t-il un isolement&nbsp;? Ou bien une réorientation générale&nbsp;?</p>



<p>Mohammed VI a bien besoin d’encouragement, d’un droit de réponse. De paix. Et d’un respect primordial. Assurer avec fierté la représentativité du pays dont la charge fait partie du code déontologique de n’importe quel haut dirigeant.</p>



<p>La catastrophe survenue au Maroc relève de la malédiction et de la bénédiction selon les interprétations, si l’on se réfère à la sensibilité des premiers concernés donc premiers autorisés à s’exprimer sur le sujet&nbsp;: les Marocains.</p>



<p>Le sismographe n’est pas fait que pour détecter les ondes de choc marocaines. Il en va de la géomatique comme de la vie économique et politique si l’on apporte un sens figuré. Tout pays est vulnérable un jour ou l’autre, à plus ou moins grande échelle, devant la puissance de la nature. Il en va de même pour les circonstances géostratégiques.</p>



<p>L’actuel souverain marocain se pose en leader arabe, et l’Occident tient là l’opportunité de négocier avec un personnage moins fantasque que le Guide de la Libye Mouamar Khadafi, dont le pays vient justement tout juste d’être ravagé par une tempête.</p>



<p>Avec Mohammed VI, l’Europe et les États-Unis peuvent s’appuyer sur une personnalité utile à la vraie collaboration avec l’Afrique (et non une collaboration tronquée comme avec l’ancien dirigeant libyen). De plus, il détient le titre de Commandeur des Croyants, ce qui peut atténuer d’éventuelles velléités consacrées à la récupération religieuse de mouvements politiques internes ou externes.</p>



<p>Dominique Strauss-Kahn, qui avait grandi à Agadir, est retourné s’installer au Maroc et a les capacités pour jouer un rôle déterminant en tant qu’éminent spécialiste de l’économie mondiale tout droit sorti du FMI pour affiner de vraies relations Maroc/Europe et Maroc/Maghreb. En plus des conseils de l’ancien ministre français, d’obédience hébraïque (ce qui serait un avantage pour servir de tampon entre Orient et Occident , n’oublions pas le rôle du conseiller du Roi Hassan II, le Juif Marocain André Azoulay), la relecture d’un ouvrage comme <em>‘‘Stupeurs et tremblements’’</em> allierait le ludique à l’utile&nbsp;: dans ce roman tant d’apprentissage qu’autobiographique (dont l’adaptation portée à l’écran avait révélé l’actrice Sylvie Testud), on découvre comment une salariée française qui perçoit les codes du monde du travail japonais en travaillant ses facultés d’adaptation et d’observation. Une histoire qui s’est déroulée au Japon, pays à la forte activité sismique&#8230;</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/22/maroc-linstabilite-nest-pas-que-geologique/">Maroc: l’instabilité n’est pas que géologique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/22/maroc-linstabilite-nest-pas-que-geologique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>4</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cul-de-sac de l’orthodoxie monétariste en Tunisie !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 14:21:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Strauss-Kahn]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[monétarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Blanchard]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'inflation]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'intérêt directeur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=319476</guid>

					<description><![CDATA[<p>La dernière baisse du taux d’intérêt directeur (TID) par la Banque centrale de Tunisie (BCT) est économiquement inefficace. Une négligeable baisse de 50 points de base, pour amener le TID à 6,25%, au lieu de 6,75% en septembre et 7,75% en mars. Pas plus qu’une opération de Com., voulant absorber la grogne liée au fiasco...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/">Cul-de-sac de l’orthodoxie monétariste en Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/01/Banque-centrale.jpg" alt="" class="wp-image-37045"/><figcaption><em>Banque centrale de Tunisie</em>, temple de l&rsquo;orthodoxie monétariste.</figcaption></figure>



<p><strong><em>La dernière baisse du taux d’intérêt directeur (TID) par la Banque centrale de Tunisie (BCT) est économiquement inefficace. Une négligeable baisse de 50 points de base, pour amener le TID à 6,25%, au lieu de 6,75% en septembre et 7,75% en mars. Pas plus qu’une opération de Com., voulant absorber la grogne liée au fiasco des politiques monétaristes orthodoxes adoptées en Tunisie post-2011. Une politique qui fait saigner l’économie aux quatre veines. La BCT trahit sa vocation historique en martelant que «la priorité, c’est la guerre contre l’inflation, tout le reste est secondaire!»! Trop peu et trop tard pour certains! Tout faux pour d’autres! Explication…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph. D.</p>



<span id="more-319476"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>La BCT affiche une rhétorique monétariste à fond la caisse. Elle ne veut rien savoir des évaluations démontrant explicitement la dangerosité de l’actuelle politique monétaire. Tellement elle est déviatrice pour la croissance de l’économie et pour la création de l’emploi.</p>



<p>Qui aurait cru que 10 ans après la révolution du Jasmin, le TID tunisien soit 5 fois plus pénalisant que le TID au Maroc!</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le gouverneur de la BCT plaide l’inflation pro domo sua …</h3>



<p>En Tunisie, consommateurs et investisseurs restent sur leur faim : les taux d’intérêt bancaires restent à deux chiffres (entre 10 et 14%), avec un chômage explosif (19%), et des tensions sociales qui n’augurent rien de bon! Les agences de notation dégradent, jour après jour, la cote de crédit de la Tunisie post-2011, et ce pour raisons de risques politiques grandissants.</p>



<p>Ironie de l’histoire, la BCT a été créée par Bourguiba en 1958, pour décrocher la Tunisie de la Zone Franc et pour défendre des principes de croissance endogène et des valeurs de souveraineté nationale en matière de politique monétaire et économique. Les pays qui sont restés dans la Zone Franc disposent aujourd’hui des TID trois fois moins élevés qu’en Tunisie démocratique.</p>



<p>Aujourd’hui, cette même BCT tourne sa veste pour se mettre à la solde du FMI, et autres bailleurs de fonds, ayant pris la Tunisie démocratique comme un simple laboratoire, où les prêts sont distillés au compte-gouttes, sous forme de placebos expérimentaux dans le contexte de pays arabo-musulmans exposés au Printemps arabe.</p>



<p>Le gouverneur de la BCT s’obstine à ne regarder que l’arbre (inflation); un arbre qui cache la forêt des risques gravissimes qui menacent la paix sociale et la transition démocratique en Tunisie, pays berceau et seul rescapé du Printemps arabe. De quoi défier le bon entendement de l’efficacité économique.</p>



<p>Par ailleurs, la BCT sait que le TID en Tunisie est surestimé d’au moins 1,5% (marge d’erreur reconnue)! L’institution sait aussi que le taux d’inflation est manipulé volontairement par les acteurs politiques, notamment pour booster les augmentations salariales de la fonction publique (800.000 fonctionnaires). Un taux d’inflation exagérément surestimé, mais un taux qui permet de rémunérer comme il se doit les banques et leurs puissants lobbies!</p>



<p>La trentaine de banques commerciales en Tunisie engrangent des rentes et bénéfices colossaux (à deux chiffres), alors que l’économie et les entreprises du pays sont étouffées par le manque de financement et de soutien financier.</p>



<p>Pour les<em> «faucons»</em> du monétarisme de la BCT, l’inflation reste un phénomène purement monétaire qui se règle uniquement par le TID et par l’assèchement des liquidités monétaires dans le marché.</p>



<p>Ceux-ci sont <em>«endoctrinés» </em>par le monétarisme de Milton Friedman, un économiste connu de par le monde! Un économiste ayant marqué son temps (1960-1970), il a été notamment le conseiller du président Nixon et du dictateur chilien Pinochet, militaire ayant ruiné la transition démocratique de son pays et ceux des démocraties de l’Amérique latine, pour excès d’acharnement monétariste. Friedman a justifié le coup de l’État contre le président Salvador Allende pour justement lutter contre l’inflation, cet ennemi éternel!</p>



<p>Tous en Tunisie voient les empreintes de la <em>«main invisible» </em>du FMI, de la Banque mondiale… dans les décisions de la BCT, 10 ans après la révolte du Jasmin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi c’est trop peu?</h3>



<p>La baisse de 50 points de base pour le TID en Tunisie est inefficace économiquement parlant! Les taux d’intérêt bancaire facturés aux entreprises et consommateurs varient de 10 à 14%.</p>



<p>Pas plus qu’un petit coup de pied dans l’eau de la marée haute de la récession économique, et plusieurs secteurs industriels qui coulent à pic!</p>



<p>Trop peu aussi, parce que les économies des pays compétiteurs bénéficient d’un TID très favorable à l’investissement : 1,5% au Maroo, 3% au Sénégal, 2% en Jordanie, etc. Dans ces pays comparables, les industriels, les consommateurs ne paient pas plus que 4 à 5% de taux d’intérêt. Dans ces pays, les opérateurs économiques ont accès au financement bancaire, deux à trois fois moins cher que leurs homologues en Tunisie.</p>



<p>Deux exemples pour démontrer l’inefficacité de la dernière baisse du TID.</p>



<p><strong><em>Exemple 1 </em></strong>: un agriculteur tunisien achète un tracteur agricole en contractant un prêt de 80.000 dinars tunisiens (DT). Avec un taux d’intérêt bancaire de 12%, cet agriculteur paiera le double, soit 160.000 dinars au bout de 6 ans : 80.000 DT pour le fabricant et 80.000 DT pour les intérêts bancaires. Son homologue marocain paiera 4% d’intérêt : et donc pas plus que 21.225 DT aux banquiers, soit donc 4 fois moins.</p>



<p><strong><em>Exemple 2</em></strong> : une famille construit une maison, pour élever correctement ses enfants (capital humain), et qui contracte un prêt de 100.000 dinars à 12%, doit payer 200.000 DT au bout de 6 ans, encore une fois la banque prend l’équivalent du prêt, juste en intérêts bancaires. Pour le même montant emprunté, la famille marocaine paiera en 6 ans l’équivalent de 26.531 DT, soit le quart de son homologue tunisien.</p>



<p>Avec la baisse annoncée par la BCT (-50 points), l’agriculteur et le chef de ménage tunisiens ne verront pas vraiment la différence dans leurs remboursements aux banques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi c’est trop tard ?</h3>



<p>Il a fallu un texte analytique paru dans de nombreux médias, et traitant du <em>«fiasco de la politique monétaire» </em>pour que la BCT commence à réaliser les dégâts qu’elle a causés à l’économie tunisienne, depuis qu’elle est devenue indépendante du gouvernement tunisien et de plus en plus sous tutelle des diktats du FMI et de la Banque mondiale.</p>



<p>La politique monétaire menée par la BCT est devenue dangereuse depuis 2016 (avec la Loi sur la BCT).</p>



<p>Et pour preuve, les engagements signés par l’actuel gouverneur de la BCT, le 18 juillet 2019 (rapport accessible-IMF country Report No. 19/223, 2019), dans une lettre signée et adressée au FMI. La BCT valorise son monétarisme extrémiste et explicitement (p.64) <em>«En l&rsquo;espace de 12 mois, le taux directeur a été augmenté trois fois pour un total de 275 points de base, le portant à 7,75% en février 2019… La BCT n’hésitera pas à relever son taux directeur pour contenir les pressions inflationnistes…».</em> La lettre ajoute que la BCT s’engage à réduire la masse monétaire mise à la disposition des banques… et donc des investisseurs.</p>



<p>Au sein de la BCT, la culture managériale est encore peu rompue à la consultation des opérateurs économiques (parties prenantes) concernés. La BCT gère à vue, sans évaluation de ses politiques monétaires. Elle ne veut rien savoir de ses échecs pour faire mieux à l’avenir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Désacraliser l’inflation</h3>



<p>Durant les dernières années et pour les politiques monétaires des pays démocratiques, la lutte contre le chômage, par des mesures contre-cycliques et expansionnistes, a pris le dessus sur la lutte contre l’inflation. Et ce, un peu partout dans les pays démocratiques. Les gouvernements comme les gouverneurs des Banques centrales se sont engagés dans cette nouvelle perspective. Tout faux : la BCT est une institution qui manque de proactivité et de l’anticipation rationnelle et réaliste.</p>



<p>Tous les anciens directeurs et penseurs du FMI, et les économistes des Banques centrales de par le monde ont, les dernières années, décrié l’inefficacité des politiques monétaires obnubilées par un taux d’inflation à minimiser en dessous de 2%. Tous appellent à désacraliser l’inflation.</p>



<p>Ensemble, ils ont signé l’acte de décès de la Courbe de Philips (du nom d’un économiste australien), une courbe géométrique qui a identifié durant les années 1960 une relation inversement proportionnelle entre les politiques expansives créatrices d’emplois et le taux d’inflation.</p>



<p>Cette courbe adulée tant par les économistes s’est désormais «aplatie», son coefficient de régression (corrélation pondérée) approche du zéro. Et cela n’est pas anodin : une telle évolution met hors-jeu les institutions et politiques monétaires fanatisées par la lutte contre l’inflation, comme seul objectif et unique raison d’être.</p>



<p>On retient l’avis de trois économistes ayant marqué l’histoire du FMI et qui se sont désolidarisé de l’acharnement monétariste axées sur la lutte à l’inflation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sortir la politique monétaire de l’ornière</h3>



<p>À la merci… ou encore à la «solde» du FMI, la BCT met toutes ses billes dans la lutte contre l’inflation, par un TID exagérément élevé. Rien pour le reste : investissement, emploi, développement régional, etc.</p>



<p>Pire encore : le lien économétrique entre inflation et TID en Tunisie n’est pas démontré! Ce lien est plutôt contredit par des évaluations des politiques monétaires de par le monde.</p>



<p>Durant les derniers mois, les milliers de milliards de dollars injectés par les Banques centrales dans les pays occidentaux, pour contrer les méfaits de la Covid-19, n’ont pas généré de l’inflation! Et c’est la preuve : l’inflation reste muette face à ces milliards de dollars et euros imprimés par les Banques centrales et injectés par <em>«hélicoptère»</em> dans l’économie, et sans aucune contrepartie de production additionnelle!</p>



<p>Le gouverneur de la BCT fait tabula rasa de ces évidences empiriques. L’inflation en Tunisie serait principalement générée par les dynamiques informelles, par des<em> «banques clandestines»</em>, par ses<em> «barons»</em> et par ses <em>«institutions»</em> qui imposent leurs règles monétaires et financières propres, jusqu’au sommet de l’État. Le marché informel sévit et continue de faire sa loi avec toujours plus de réseaux de blanchiment d’argent et toujours plus de financement d’origine douteuse!</p>



<p>La BCT a tout faux dans son diagnostic des déterminants de l’inflation. Le FMI et la BCT manquent d’arguments : ils n’ont pas osé évaluer la relation empirique liant l’inflation et le TID en Tunisie. Une telle évaluation aurait pu élucider les hiatus quant au signe et niveau de signification statistique de la relation entre TID fixé unilatéralement par la BCT et l’inflation en Tunisie post-2011.</p>



<p>Pour la Tunisie, la BCT et le FMI donnent l’impression qu’ils pilotent à vue (et de Washington), avec toujours plus de convictions théoriques plus faciles à scander qu’à vérifier sur le terrain de l’économie réelle, et au jour le jour en Tunisie!</p>



<p>Deux citations exprimées par de grands responsables du FMI portent à croire que l’inflation peut en contexte de crise, devenir une solution… et pas un problème!</p>



<p>Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur général du FMI, ne tarit pas d’éloges au sujet des mérites de l’inflation en temps de crise. Il s’est exprimé en avril dernier, dans la revue <em>«Politique internationale»</em>, au sujet de la relance de l’économie pendant le confinement lié au Covid-19 : <em>«Bien entendu, une partie du soutien (public pour contrer les méfaits des confinements) finira en hausse des prix. Quand l’offre est contrainte par le confinement, la capacité de production est obligatoirement limitée. Mais cette pression à la hausse des prix, outre qu’elle ne sera pas malvenue par ailleurs, constituera un soutien à l’appareil productif aussi efficace que les mesures financières qui lui seront proposées.»</em></p>



<p>Olivier Blanchard, un macro-économiste mondialement connu, étant l’économiste en Chef au sein du FMI recommande aux banques centrales du monde entier de se de défaire du fanatisme monétariste voulant fixer le taux d’inflation à seulement 2%. Il a écrit à ce sujet, suite à la crise économique de 2008-2009 : <em>«The only way (to fight crisis) is higher inflation… If I were to choose inflation target, I’d strongly argue for 4%, not for 2%».</em></p>



<p>La BCT doit évoluer… doit évaluer ses politiques monétaires au regard de leurs impacts sur les activités économiques et les perspectives stratégiques liées à la transition démocratique. Elle doit réviser à la baisse son taux directeur (200 points de base), procurer plus de liquidités à une économie exsangue par des taux d’intérêt usuraire et injuste, historiquement parlant.</p>



<p>*<em> Universitaire au Canada.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/">Cul-de-sac de l’orthodoxie monétariste en Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
