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	<title>Archives des économie de rente - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des économie de rente - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Pour une régularisation exceptionnelle du commerce parallèle en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jan 2026 07:32:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[amnistie financière]]></category>
		<category><![CDATA[commerce parallèle]]></category>
		<category><![CDATA[économie de rente]]></category>
		<category><![CDATA[évasion fiscale]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, le commerce parallèle constitue un système économique à part entière, structuré, ancien et profondément enraciné.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/15/pour-une-regularisation-exceptionnelle-du-commerce-parallele-en-tunisie/">Pour une régularisation exceptionnelle du commerce parallèle en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans de nombreux pays du Sud, y compris en Tunisie, le commerce parallèle n’est plus une activité marginale : il constitue un système économique à part entière, structuré, ancien et profondément enraciné. Après plusieurs décennies de tolérance implicite, voire de complicité passive, ce secteur a généré des fortunes colossales échappant totalement à l’autorité fiscale, bancaire et réglementaire de l’État.</em></strong> <em>(Ph. Souk de la rue d&rsquo;Espagne, Tunis).</em></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong> *</p>



<span id="more-18239932"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’enjeu n’est donc plus moral mais structurel : comment un État peut-il gouverner, investir, redistribuer et planifier, alors qu’une part significative de la richesse nationale circule hors de son champ de vision ?</p>



<p>Plus grave encore, comment préserver la cohésion sociale lorsque les citoyens ordinaires supportent l’impôt pendant que d’autres accumulent en dehors de toute règle ?</p>



<p>Face à cet état de fait, les solutions classiques — répression, contrôles, campagnes moralisatrices — ont montré leurs limites. Je propose au contraire une solution pragmatique, exceptionnelle et souveraine, fondée sur une amnistie financière unique, suivie d’un changement de billets, permettant à la fois à l’État de récupérer des ressources vitales et à l’économie réelle de se réinjecter massivement en liquidités légales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie née de la défaillance de l’État</h2>



<p><strong>Origines historiques&nbsp;</strong>: le commerce parallèle n’est pas le produit d’une <em>«culture de l’illégalité»</em>, mais bien le symptôme d’un État défaillant. Bureaucratie excessive, fiscalité instable, corruption administrative, accès limité au crédit bancaire : autant de facteurs qui ont poussé des milliers d’acteurs économiques vers l’informel (Schneider &amp; Enste, 2000).</p>



<p>Dans le cas tunisien, les décennies 1980–2000 ont vu l’émergence de véritables réseaux transfrontaliers, reliant ports, zones frontalières et marchés intérieurs, avec une accumulation progressive de liquidités non bancarisées.</p>



<p><strong>Une économie de survie devenue économie de rente</strong>&nbsp;: ce qui était au départ une économie de subsistance s’est transformé en économie de rente. L’absence de traçabilité monétaire a permis l’accumulation de cash hors banques&nbsp;; l’évasion fiscale massive&nbsp;; l’investissement informel dans l’immobilier, la contrebande et parfois la politique.</p>



<p>Comme l’a montré Hernando de Soto, l’informalité n’est pas seulement un problème économique : elle constitue un verrou institutionnel empêchant la transformation du capital informel en capital productif légal (<em>The Mystery of Capital</em>, 2000).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites des réponses classiques</h2>



<p><strong>La répression</strong>,<strong> coûteuse et inefficace&nbsp;</strong>: l’approche répressive repose sur une illusion : croire que l’on peut détruire un système économique sans alternative crédible. Or, les expériences internationales montrent que la répression &nbsp;déplace l’informel sans le réduire&nbsp;; alimente la corruption&nbsp;; fragilise davantage les petits acteurs que les grands détenteurs de capitaux.</p>



<p><strong>Les amnisties fiscales ordinaires</strong> : un échec répété&nbsp;: de nombreuses amnisties fiscales ont été tentées, souvent sous l’impulsion d’organisations internationales comme le Fonds monétaire international. Elles ont échoué pour une raison simple : elles ne changent pas les règles du jeu.</p>



<p>Sans mécanisme contraignant ni rupture monétaire, les détenteurs de fortunes parallèles préfèrent attendre, convaincus que l’État reculera encore.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Régularisation massive et changement de billets</h2>



<p>Le principe général : ma proposition repose sur une idée forte : </p>



<p>1- assumer le fait accompli, non pour le cautionner, mais pour le neutraliser définitivement.</p>



<p>Le mécanisme serait le suivant : annonce officielle d’une opération exceptionnelle, non renouvelable ; période limitée à une semaine, durant laquelle les détenteurs de liquidités non déclarées déposent leur argent dans les banques, 20 % sont prélevés par l’État à titre de contribution exceptionnelle, 80 % sont légalisés, sans poursuites ; </p>



<p>2- à l’issue de la semaine, changement de billets de banque : toute somme non déposée devient inutilisable. Ce point est crucial : le changement de billets transforme l’amnistie en obligation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi cette solution est économiquement rationnelle</h2>



<p><strong>Un gain immédiat pour l’État&nbsp;</strong>: contrairement à l’impôt classique, long et incertain, cette opération permet une recette massive immédiate, sans endettement et sans condition extérieure.</p>



<p>Ces ressources peuvent être affectées aux fonds sociaux, à la santé, à l’éducation ou à la réduction de la dette.</p>



<p><strong>Une injection de liquidités légales dans l’économie&nbsp;</strong>: les 80 % légalisés ne resteront pas sous les matelas. Bancarisés, ils pourront financer l’investissement productif, soutenir les PME, dynamiser la consommation légale.</p>



<p>On transforme ainsi un capital mort en capital économique actif, conformément aux analyses keynésiennes sur la circulation monétaire (Keynes, 1936).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une logique de compromis social</h2>



<p><strong>L’État gagne en souveraineté : </strong>il récupère des ressources, une visibilité monétaire, et une crédibilité politique. Il montre qu’il gouverne par l’intelligence plutôt que par l’impuissance.</p>



<p>Les détenteurs de capitaux gagnent en sécurité&nbsp;: les acteurs de l’informel obtiennent une légalité définitive, une protection juridique, et un accès au crédit et à l’investissement officiel.</p>



<p>C’est un compromis, non une capitulation.</p>



<p><strong>La société gagne en équité :</strong> les citoyens ordinaires verront enfin un effort demandé aux plus riches, une redistribution tangible, une réduction du sentiment d’injustice fiscale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conditions de réussite</h2>



<p><strong>Une crédibilité politique absolue :</strong> l’opération doit être unique, irréversible, et constitutionnellement encadrée. Toute ambiguïté ruinerait la confiance.</p>



<p><strong>Un système bancaire prêt et sécurisé : </strong>les banques doivent être techniquement prêtes, juridiquement protégées, et numériquement sécurisées.</p>



<p>Le rôle de la Banque Centrale de Tunisie serait ici central.</p>



<p><strong>Une communication nationale claire :</strong> il ne s’agit pas d’une mesure punitive mais d’un pacte national de redémarrage économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Objections et réponses </h2>



<p><strong>Objection morale</strong> : <em>«On récompense les fraudeurs»</em>.</p>



<p>L’alternative n’est pas la justice parfaite, mais l’impuissance durable. Mieux vaut récupérer 20 % aujourd’hui que 0 % éternellement (Stiglitz, 2012).</p>



<p><strong>Objection inflationniste :</strong> l’injection est déjà existante dans l’économie, mais cachée. </p>



<p>La bancarisation permet au contraire un meilleur contrôle monétaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rupture nécessaire pour repartir</h2>



<p>Ma proposition n’est ni laxiste ni naïve. Elle est réaliste, audacieuse et profondément politique. Elle reconnaît une vérité dérangeante : l’État ne peut pas effacer trente ans d’économie parallèle par décret, mais il peut la transformer en levier de reconstruction nationale.</p>



<p>Dans un contexte de crise budgétaire, de défiance citoyenne et d’urgence sociale, cette mesure exceptionnelle pourrait constituer un nouveau contrat entre l’État et la société, fondé non sur l’illusion morale, mais sur l’efficacité collective.</p>



<p><strong>Bibliographie indicative&nbsp;:</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>De Soto, H. (2000). <em>The Mystery of Capital</em>. Basic Books.</li>



<li>Keynes, J. M. (1936). <em>The General Theory of Employment, Interest and Money</em>. Macmillan.</li>



<li>Schneider, F., &amp; Enste, D. (2000). “Shadow Economies”. <em>Journal of Economic Literature</em>.</li>



<li>Stiglitz, J. (2012). <em>The Price of Inequality</em>. W.W. Norton.</li>



<li>Tanzi, V. (1999). “Uses and Abuses of Estimates of the Underground Economy”. <em>The Economic Journal</em>.</li>
</ul>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Oi2UtgBoUg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/26/contrefacon-contrebande-et-speculation-une-guerre-perdue/">Contrefaçon, contrebande et spéculation : une guerre perdue ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Contrefaçon, contrebande et spéculation : une guerre perdue ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/26/contrefacon-contrebande-et-speculation-une-guerre-perdue/embed/#?secret=H0Fp59qfte#?secret=Oi2UtgBoUg" data-secret="Oi2UtgBoUg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/15/pour-une-regularisation-exceptionnelle-du-commerce-parallele-en-tunisie/">Pour une régularisation exceptionnelle du commerce parallèle en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Note de l’Ites &#124; L’économie de rente freine la croissance en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/08/note-de-lites-leconomie-de-rente-freine-la-croissance-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Nov 2025 11:52:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[économie de rente]]></category>
		<category><![CDATA[Ites]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Selon un think-tank, l’économie tunisienne est freinée par la prédominance d’une économie de rente qui pèse lourdement sur son développement. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/08/note-de-lites-leconomie-de-rente-freine-la-croissance-en-tunisie/">Note de l’Ites | L’économie de rente freine la croissance en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«L’économie tunisienne connaît depuis plusieurs décennies une dynamique freinée par la prédominance d’une économie de rente qui pèse lourdement sur son développement», a souligné l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites), dans une note qu’il vient de publier sur «<a href="https://www.admin.ites.tn/api/uploads/6908833f3717b4939e7e074a.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La politique de lutte contre l’économie de rente en Tunisie»</a>.</em></strong></p>



<span id="more-17851849"></span>



<p><em>«Plus de 50% des secteurs économiques en Tunisie sont soumis à des restrictions d’accès, ce qui empêche les nouveaux entrants de concurrencer les acteurs établis et limite la dynamique entrepreneuriale»</em>, ce qui entraîne <em>«un manque à gagner de 5% de la productivité et la non création de 50&nbsp;000 emplois annuels»</em>, souligne d’emblée la note.</p>



<p><em>«L’économie de rente se traduit par la captation de richesses par des groupes bénéficiant de privilèges liés à des monopoles, des licences d’importation, des subventions ciblées, des crédits à taux préférentiels, ou encore des barrières administratives complexes»</em>&nbsp;; ce qui <em>«bloque la concurrence, limite l’investissement productif, freine l’innovation, crée des distorsions de marché et nourrit les inégalités sociales»</em>, relève encore l’Ites, faisant écho aux déclarations du président de la république Kaïs Saïed qui, en recevant, jeudi 6 octobre 2025, au palais de Carthage, le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, et la ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, a pointé, une nouvelle fois, les <em>«pratiques de spéculation et de monopole»</em> et les <em>«lobbies et forces rétrogrades cherchant par tous les moyens à faire éroder la confiance que les citoyens placent en l’appareil administratif de l’Etat»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rente détourne la richesse</h2>



<p><em>«La Tunisie fera face au creusement des inégalités économiques et sociales, à l’amoindrissement des capacités d’innovation dans l’économie, à la désaffection progressive des investisseurs privés, à la polarisation accrue du marché du travail, et au maintien d’une croissance faible»</em>, avertit l’Ites, ajoutant que <em>«la rente détourne la richesse nationale vers des groupes minoritaires aux dépens de la majorité»</em>.</p>



<p>Afin de faire face à ce problème, le think tank rattaché à la présidence de la république recommande une série d’actions, à dessein de renforcer la concurrence, améliorer la gouvernance économique, protéger la classe moyenne, stimuler l’innovation, et favoriser une croissance durable et inclusive.</p>



<p>Il s’agit, tout d’abord de promouvoir une concurrence réelle et assainie, à travers le renforcement de l’indépendance du Conseil de la Concurrence, la révision des régulations sectorielles pour éliminer les protections excessives des groupes d’intérêt, l’interdiction formellement de toute exemption légale aux lois anti-cartels…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les recommandations de l&rsquo;Ites</h2>



<p>L’Institut recommande, aussi, de garantir la contestabilité des marchés (éviter les barrières à l’accès de nouveaux professionnels aux marchés publics…), grâce à la simplification des procédures d’attribution de concessions, licences…, à la lutte contre les barrières informelles (clientélisme…) par des mécanismes d’audit indépendants, à la facilitation de l’accès aux financements pour les PME et les start-ups, et à la mise en place des critères transparents pour l’éligibilité aux appels d’offres publiques.</p>



<p>Par ailleurs, l’Ites conseille de refondre le système fiscal pour restaurer l’équité, en veillant à supprimer progressivement les niches fiscales injustifiées, à renforcer la progressivité de l’impôt sur le revenu et les taxes sur la propriété, à numériser et centraliser les données fiscales pour réduire l’évasion, à mettre en place des dispositifs transparents de contrôle, et à lutter contre les privilèges fiscaux accordés à certains groupes, via des arrangements opaques.</p>



<p>L’Ites propose, en outre, de réorienter la politique d’investissement vers la valeur ajoutée, en simplifiant et unifiant le cadre réglementaire pour les investissements, en recentrant les aides et les subventions sur les secteurs à fort potentiel technologique et les PME locales, et en mettant en place un guichet unique dématérialisé pour l’ensemble des démarches, afin d’accélérer la création des entreprises.</p>



<p>Il recommande, également, d’améliorer la gouvernance économique et la transparence, à travers l’instauration d’un portail d’open data regroupant toutes les informations publiques, la publication régulièrement des bénéficiaires des concessions, marchés publics…, et la création des instances multiparties pour le suivi des réformes.</p>



<p>L’effort doit être orienté, aussi, selon l’Ites, vers la réforme du système bancaire en renforçant la transparences sur les critères d’octroi de crédits et en instaurant des dispositifs spécifiques d’accès au financement pour les PME innovantes…. &nbsp;La réforme administrative doit aider à réduire les contacts physiques entre les acteurs économiques et l’administration, à assurer l’archivage et l’auditabillité numérique de toutes les procédures économiques…), à réaliser la réforme foncière en publiant les prix fonciers par zone géographique, en mettant en place une taxation différenciée sur les plus-values foncières non productives ou spéculatives…, et en réformant le capital humain (transparence dans les recrutements publics, lutte contre les rentes d’accès au marché du travail, via les réseaux informels…).</p>



<p>L’Ites assure, finalement, que la lutte contre l’économie de rente <em>«est un chantier majeur et complexe, nécessitant une coordination entre les différentes composantes de l’Etat, le secteur privé, la société civile, et les partenaires internationaux»</em>, ajoutant que <em>«le succès dépendra non seulement des réformes techniques, mais aussi d’une volonté politique constante et partagée»</em>.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> (avec Tap).</p>



<p class="has-text-align-left"><a href="https://www.admin.ites.tn/api/uploads/6908833f3717b4939e7e074a.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Télécharger le texte de l&rsquo;étude en PDF.</a> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/08/note-de-lites-leconomie-de-rente-freine-la-croissance-en-tunisie/">Note de l’Ites | L’économie de rente freine la croissance en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Kaïs Saïed et la dichotomie déstructurante de l’économie tunisienne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/25/kais-saied-et-la-dichotomie-destructurante-de-leconomie-tunisienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2024 10:48:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[agences de notation]]></category>
		<category><![CDATA[bailleurs de fonds]]></category>
		<category><![CDATA[économie de rente]]></category>
		<category><![CDATA[Feryel Ouerghi Sebai]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A propos de la dichotomie entre les politiques économiques du gouvernement tunisien et les conceptions socialisantes du président Kaïs Saïed.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/25/kais-saied-et-la-dichotomie-destructurante-de-leconomie-tunisienne/">Kaïs Saïed et la dichotomie déstructurante de l’économie tunisienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’économie tunisienne actuelle souffre, entre autres maux structurels, d’une dichotomie entre les politiques du gouvernement, qui sont foncièrement libérales, et les conceptions socialisantes du chef de l’Etat. Le hiatus est énorme, qui s’exprime au cœur même de l’exécutif.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong>   </p>



<span id="more-12577380"></span>



<p>Le président Kaïs Saïed a exprimé une nouvelle fois son hostilité à ce qu’il qualifie d’<em>«économie de rente»</em>, en s’en prenant aux <em>«quelques familles»</em> qui, selon lui, accaparent l’essentiel de la richesse nationale.</p>



<p>Lors d’une rencontre, mercredi 24 avril 2024, au Palais de Carthage, avec le ministre de l’Economie et du Plan, Feryel Ouerghi Sebai, le chef de l’Etat a appelé à ce que les décisions économiques soient purement nationales, fondées sur de nouvelles visions qui rompent avec celles qui prévalaient dans le passé et <em>«auxquelles, malheureusement, certains s’efforcent encore de revenir»</em>, a-t-il déclaré, selon le communiqué de la présidence de la république publié à l’issue de la rencontre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Haro sur les instances économiques internationales!</h2>



<p>L’économie de rente ne crée jamais de richesse et ne peut être un pilier de l’économie et de la croissance, a souligné Saïed. De plus, ceux qui en bénéficient sont quelques familles et les taux de croissance ne sont pas calculés sur la base de la richesse nationale mais sur celle que ces familles ont accumulée, a ajouté le président, sans qu’on comprenne de quoi il parle exactement, son style imagé ouvrant la porte aux interprétations les plus inattendues. </p>



<p>Le président de la république met-il en doute l’authenticité et la précision des chiffres publiés par l’Institut national de la statistique (INS)? On peut sérieusement le penser, d’autant que, dans sa propension à critiquer les instances économiques, nationales et internationales, Saïed a stigmatisé, une nouvelle fois, les <em>«<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/tunisie-ommek-sannafa-maintient-la-pression/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">organismes autoproclamés de notation</a> et de classement qui plaçaient la Tunisie dans des rangs avancés et lui attribuaient des marques d’approbation parce que ces familles étaient associées à des milieux étrangers»</em>, selon ses termes, mettant ainsi en doute les notations et les classements internationaux de la Tunisie sous les anciens régimes, qui étaient meilleures que ce qu’elles sont devenues aujourd’hui. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JIzs4tslLq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/08/agences-de-notation-kais-saied-veut-casser-le-thermometre-video/">Agences de notation: Kaïs Saïed veut casser le thermomètre! (vidéo)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Agences de notation: Kaïs Saïed veut casser le thermomètre! (vidéo) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/08/agences-de-notation-kais-saied-veut-casser-le-thermometre-video/embed/#?secret=Yth6EzjVb8#?secret=JIzs4tslLq" data-secret="JIzs4tslLq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est comme si le président de la république met en doute les indicateurs actuels de l’économie tunisienne, qui sont, pour la plupart, parmi les plus faibles jamais atteints depuis la crise des années 1980. Si ces indicateurs étaient objectifs et scientifiques, la situation d’un certain nombre d’entreprises publiques ne serait pas celle qu’elle est aujourd&rsquo;hui, a-t-il d’ailleurs expliqué. Sachant que les <em>«organismes autoproclamés de notation»</em> ont toujours, hier comme aujourd&rsquo;hui, alerté contre la mauvaise gouvernance sévissant dans nos entreprises publiques&#8230;, sans jamais être écoutées par les gouvernements qui se sont succédé à la Kasbah au cours des vingt dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Croissance et /ou justice sociale </h2>



<p>Saïed, qui plaide pour un partage plus équitable des richesses nationales, a souligné la nécessité d’accélérer l’élaboration de plans de développement équitables dans lesquels le rôle social de l’Etat ne serait pas négligé. <em>«Il ne peut y avoir de véritable croissance sans justice sociale et pas de croissance économique sans que l&rsquo;État assume son rôle social dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports et autres»</em>, a-t-il souligné.</p>



<p>Il reste donc à Madame le ministre de mettre en œuvre ces recommandations présidentielles. Or, tous les experts constatent une dichotomie entre les politiques économiques du gouvernement, qui sont foncièrement libérales, conformément aux engagements de notre pays, vis-à-vis de l&rsquo;Union européenne et des autres bailleurs de fonds internationaux, et les conceptions socialisantes du chef de l’Etat. Et l’on se demande jusqu’à quand cette dichotomie <em>«déstructurante»</em> de l&rsquo;économie tunisienne va-t-elle se poursuivre. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3F2DqtgIT5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/16/pourquoi-leconomie-tunisienne-ne-parvient-elle-pas-a-se-reformer/">Pourquoi l&rsquo;économie tunisienne ne parvient-elle pas à se réformer ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pourquoi l&rsquo;économie tunisienne ne parvient-elle pas à se réformer ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/16/pourquoi-leconomie-tunisienne-ne-parvient-elle-pas-a-se-reformer/embed/#?secret=E2gjKqcJ4w#?secret=3F2DqtgIT5" data-secret="3F2DqtgIT5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/25/kais-saied-et-la-dichotomie-destructurante-de-leconomie-tunisienne/">Kaïs Saïed et la dichotomie déstructurante de l’économie tunisienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : 1 090 plaintes relatives à des abus commis par des banques</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/20/tunisie-1-090-plaintes-relatives-a-des-abus-commis-par-des-banques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 09:47:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alert]]></category>
		<category><![CDATA[banques]]></category>
		<category><![CDATA[cartel bancaire]]></category>
		<category><![CDATA[économie de rente]]></category>
		<category><![CDATA[frais bancaires]]></category>
		<category><![CDATA[Louay Chebbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'ONG a reçu 1 090 plaintes concernant des violations commises par les banques tunixiennes.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/20/tunisie-1-090-plaintes-relatives-a-des-abus-commis-par-des-banques/">Tunisie : 1 090 plaintes relatives à des abus commis par des banques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’organisation Alert de lutte contre l’économie de rente en Tunisie a reçu 1 090 plaintes concernant des violations de la loi et des atteintes aux droits des personnes commises par des banques commerciales au détriment des intérêts de leurs clients.</em></strong></p>



<span id="more-9850132"></span>



<p>Prenant la parole lors d’une conférence de presse tenue mardi 19 septembre 2023 dans le cadre de la campagne de menée par l’organisation contre ce qu’elle appelle le <em>«cartel bancaire en Tunisie»</em>, son président Louay Chebbi a indiqué que des négociations seront menées avec les banques concernées pour trouver des arrangements, sinon des actions en justice seront lancées pour protéger les intérêts et les droits des de citoyens.</p>



<p>Chebbi a indiqué que les plaintes concernent la fermeture de comptes sans respecter les conditions légales, l’augmentation des frais bancaires et le non-calcul de la valeur réelle des transactions des clients. <em>«Tout d’abord, nous négocierons avec les banques au nom des plaignants. Si nous ne parvenons pas à un compromis, nous engagerons des poursuites judiciaires contre elles»</em>, a-t-il déclaré.</p>



<p>Malgré les défis économiques et la crise des prix auxquels le pays est confronté, les banques réalisent d’énormes profits sans contrôle strict de la part des instances de régulation, a-t-il souligné, ajoutant que la Banque centrale de Tunisie (BCT) ne met pas en œuvre de politiques appropriées de contrôle des banques.</p>



<p>L’objectif d’Alert se donne pour objectif de dénoncer les dérives au sein du système économique rentier tunisien en sensibilisant la collectivité et en collaborant avec les institutions de l&rsquo;État.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/20/tunisie-1-090-plaintes-relatives-a-des-abus-commis-par-des-banques/">Tunisie : 1 090 plaintes relatives à des abus commis par des banques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Alert : «La banque centrale n’est pas indépendante de l’Etat  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/14/alert-la-banque-centrale-nest-pas-independante-de-letat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Sep 2023 07:36:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alert]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[cartel des banques]]></category>
		<category><![CDATA[économie de rente]]></category>
		<category><![CDATA[politique budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alert estime que la Banque centrale n'est pas indépendante du gouvernement (et ne doit pas l'être). </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/14/alert-la-banque-centrale-nest-pas-independante-de-letat/">Alert : «La banque centrale n’est pas indépendante de l’Etat  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans sa guerre contre ce qu’elle appelle «l’économie de rente» et «le cartel des banques», responsables selon elle de tous les maux de l’économie tunisienne, l’organisation Alert soutient la position du président Saïed concernant l’«indépendance» de la Banque centrale. </em></strong>   </p>



<span id="more-9784445"></span>



<p>La Banque centrale de Tunisie (BCT) n’est pas indépendante de l’Etat ou du gouvernement en matière de politique monétaire, a souligné l’organisation Alert, spécialisée dans la lutte contre l’économie de rente, soutenant ainsi la position récemment exprimée par le président de la république à ce sujet et qui a provoqué une vive controverse dans le pays.</p>



<p>Dans une note publiée mardi 13 septembre 2023, Alert souligne que le débat sur l’indépendance de la BCT part d’une approche contradictoire, d’autant que la composition du directoire de la BCT montre que 6 de ses 9 membres sont nommés par décret gouvernemental après examen par un conseil des ministres.</p>



<p>Selon Alert, la BCT n’est pas indépendante du gouvernement, puisque les deux-tiers des membres de son conseil d’administration sont nommés par le gouvernement.</p>



<p>Le directoire de la BCT est composé du gouverneur, du vice-gouverneur, du président du Conseil du marché financier, du directeur chargé de la gestion de la dette publique au ministère des Finances, du directeur chargé de la prévision au ministère du Développement économique, deux professeurs des universités spécialisés en finance et en économie nommés par décret gouvernemental après délibération du Conseil des ministres réuni sur proposition du gouverneur et après avis du ministre de l’Enseignement supérieur, et deux membres ayant travaillé antérieurement dans une banque et ayant au moins 10 ans d’expérience dans le domaine bancaire ou financier.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="j5607n2KMT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/09/tunisie-kais-saied-va-t-il-remettre-en-question-lindependance-de-la-banque-centrale/">Tunisie : Kaïs Saïed va-t-il remettre en question l&rsquo;indépendance de la Banque centrale ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed va-t-il remettre en question l&rsquo;indépendance de la Banque centrale ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/09/tunisie-kais-saied-va-t-il-remettre-en-question-lindependance-de-la-banque-centrale/embed/#?secret=fw9NXFNpxk#?secret=j5607n2KMT" data-secret="j5607n2KMT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces deux membres sont nommés par décret gouvernemental, le premier sur proposition du Gouverneur et le second sur proposition du président de l’Association tunisienne des &nbsp;professionnels des banques et établissements financiers (ATPBEF).</p>



<p>Selon l’organisation, la composition du conseil d’administration de la BCT corrobore l’idée selon laquelle <em>«la banque centrale n</em><em>’</em><em>est pas indépendante du gouvernement, puisque celui-ci nomme les deux tiers de son conseil d</em><em>’</em><em>administration»</em>, explique Alert.</p>



<p>L’organisation appelle également à mettre fin à <em>«la politique financière schizophrène et contradictoire de la BCT, qui, d’une part, asphyxie l’économie et les citoyens en appliquant des taux d’intérêt excessifs visant à réduire la masse monétaire et, d’autre part, permet l&#8217;emprunt public à travers le financement automatique des bons du Trésor par les banques. Ce qui a maintenu à la hausse les niveaux de l&rsquo;inflation, en raison du recours à la planche à billets pour financer le budget (et les salaires), d&rsquo;un côté, et de l&rsquo;autre, l&rsquo;asphyxie de l&rsquo;économie en raison des taux d&rsquo;intérêt élevé qui dissuadent les entreprises d&rsquo;investir<em>/»</em></em> </p>



<p><em>«Ainsi, la banque centrale a échoué à maîtriser les prix et à soutenir la croissance économique et l&#8217;emploi, deux missions inscrites dans son statut»</em> , conclut Alert. </p>



<p>Lors de sa visite au siège de la BCT, le 8 septembre, le président de la république avait appelé à une révision de l’article 25 des statuts de la BCT, promulgué en 2016.</p>



<p><em>«Le rôle principal de la BCT a été de contrôler l</em><em>’</em><em>inflation. Toutefois, il est nécessaire d</em><em>’</em><em>améliorer et de développer les textes juridiques pour que la banque puisse jouer pleinement son rôle, en tant qu</em><em>’</em><em>établissement public autonome, mais non indépendant de l&rsquo;Etat»</em>, a déclaré le chef de l’Etat, appelant à <em>«distinguer entre indépendance de la politique monétaire et indépendance de la politique budgétaire»</em>, laissant entendre que l’Etat pourrait relever directement auprès de l’Institut d’émission les fonds dont il aurait besoin pour financer son budget, alors que jusqu’ici il devait passer par un emprunt obligataire via les banques de la place. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Saied a également déclaré, dans ce contexte, que les dispositions de la loi de 1958 étaient meilleures que celles de 2016, qui, selon lui, servent les intérêts des banques commerciales.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong>  </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mDLKyfGviL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/12/tunisie-la-bct-cedera-t-elle-sous-les-assauts-repetes-de-kais-saied/">Tunisie : la BCT cèdera-t-elle sous les assauts répétés de Kaïs Saïed ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la BCT cèdera-t-elle sous les assauts répétés de Kaïs Saïed ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/12/tunisie-la-bct-cedera-t-elle-sous-les-assauts-repetes-de-kais-saied/embed/#?secret=UsVXZez9Lz#?secret=mDLKyfGviL" data-secret="mDLKyfGviL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/14/alert-la-banque-centrale-nest-pas-independante-de-letat/">Alert : «La banque centrale n’est pas indépendante de l’Etat  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : les dettes de l’Etat envers les banques représentent 80% de ses ressources</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/06/tunisie-les-dettes-de-letat-envers-les-banques-representent-80-de-ses-ressources/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jul 2023 06:49:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alert]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[banques tunisiennes]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[dettes de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[économie de rente]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les dettes de l’Etat tunisien envers les banques représentent 80% de ses ressources propres totales.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/06/tunisie-les-dettes-de-letat-envers-les-banques-representent-80-de-ses-ressources/">Tunisie : les dettes de l’Etat envers les banques représentent 80% de ses ressources</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Les bénéfices des banques sur les prêts à long terme à l’Etat tunisien ont enregistré une hausse de 58,12% au cours de la dernière décennie. Cependant, ces banques pourraient être exposées à des risques en capital si l’Etat ne rembourse pas», a déclaré l’Association de lutte contre l’économie de rente en Tunisie (Alert).</em></strong></p>



<span id="more-8681610"></span>



<p>Le montant global des bons du trésor assimilables (BTA), utilisés par les banques comme outil de prêt à long terme à l’Etat, a atteint 23 908,85 milliards de DT de 2011 à 2022, tandis que la production de ces BTA s’est élevée à 1 894,93 milliards de DT, a indiqué Alert lors d’une conférence récemment organisée.</p>



<p>L’association a estimé que les bénéfices réalisés par les banques tunisiennes durant cette période (58,12%) dépassaient largement ceux réalisés par des banques similaires au Maroc (23,6%) et en France (10,23%).</p>



<p>Elle a également averti que l’entrée en vigueur attendue d’IFRS 9 &#8211; Instruments financiers aurait un impact négatif sur les banques si elles continuaient à financer l’État et à distribuer les bénéfices aux actionnaires.</p>



<p>Ces chiffres montrent l’importance des marges bénéficiaires des banques réalisées grâce aux souscriptions de bons du trésor, puisant dans le besoin de liquidités de l’État pour combler le déficit budgétaire, qui est passé de 3,1% en 2011 à 7,6% en 2022, selon les données publiées par le ministère des Finances.</p>



<p>Alert a précisé que les dettes de l’Etat envers les banques représentent 80% de ses ressources propres totales.</p>



<p>Les données publiées le 4 juillet par la Banque centrale de Tunisie (BCT) ont révélé que le total des bons du trésor s’élevait à près de 2 446,5 milliards de DT, contre 1 926,7 milliards de DT en 2022.</p>



<p>Les mêmes données montrent en outre que le volume de refinancement de la BCT pour les banques s’est élevé à 15 306,5 millions de DT en 2023, contre 9 937,6 millions de DT en 2022.</p>



<p><strong><em>D’après Tap.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/06/tunisie-les-dettes-de-letat-envers-les-banques-representent-80-de-ses-ressources/">Tunisie : les dettes de l’Etat envers les banques représentent 80% de ses ressources</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie: crise économique et crise des économistes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/06/tunisie-crise-economique-et-crise-des-economistes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Mar 2022 12:34:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
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		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[James C. Davies]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Najla Bouden]]></category>
		<category><![CDATA[réformes structurelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est grave, les économistes tunisiens sont de moins en moins crédibles. Le président de la république Kaïs Saïed, n’a pas un seul économiste patenté dans son équipe. Idem pour la cheffe de gouvernement Najla Bouden. Face au FMI, qu&#8217;elle sollicite pour un nouveau prêt dont ses finances publiques a vivement besoin, la Tunisie discute sans...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/06/tunisie-crise-economique-et-crise-des-economistes/">Tunisie: crise économique et crise des économistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Economiste-Investissement.jpg" alt="" class="wp-image-382931"/></figure></div>



<p><strong><em>C’est grave, les économistes tunisiens sont de moins en moins crédibles. Le président de la république Kaïs Saïed, n’a pas un seul économiste patenté dans son équipe. Idem pour la cheffe de gouvernement Najla Bouden. <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2022/02/27/tunisie-le-fmi-en-pompier-pyromane/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Face au FMI,</a> qu&rsquo;elle sollicite pour un nouveau prêt dont ses finances publiques a vivement besoin, la Tunisie discute sans économistes, sans vision économique structurée et sans vrais experts en économie! Alors que le pays est techniquement en faillite! C’est gravissime…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-382930"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Les économistes tunisiens ne donnent pas la bonne image de leur métier. Ils ne s’entendent pas au sujet de quoi faire, ou pas faire, pour sortir la Révolte du Jasmin de l’impasse économique où elle se trouve, dix ans après. Si l’opinion publique s’insurge contre le marasme économique, ces économistes se déchirent, amplifiant les risques: chacun sa paroisse, chacun sa théorie et chacun sa rhétorique. Les uns par opportunisme politique, d’autres par incompétence, et bien d’autres par indifférence! En jeu, les réformes structurelles à initier et le partage des sacrifices liés.</p>



<p>Gros plan sur une communauté divisée, instrumentalisée et de plus en plus discréditée</p>



<h2 class="wp-block-heading">Révolte du Jasmin, un défi pour l’économie?</h2>



<p>Les économistes tunisiens n’ont pas vu venir la Révolte du Jasmin. Ensuite, ils n’ont pas pu concevoir les outils empiriques et conceptuels pour composer avec les ambitions du Printemps arabe. Leur valeur ajoutée sociétale s’est retractée lamentablement.</p>



<p>L’économiste américain James C. Davies a, depuis les années 1960, dévoilé les liens révoltants entre crises économiques, crise de la pensée économique au regard du bien-être des peuples.</p>



<p>Davies explique que les révoltes populaires, à l’image de celle de la Révolte du Jasmin, surviennent après une longue période de croissance économique, suivie de récession brusque, inattendue et brutale. Récession que les économistes ne voient pas venir, tellement qu’ils sont pris dans la prédiction du futur par le passé.</p>



<p>Davies ajoute que pour réussir la post-révolution, les économistes des pays concernés doivent sortir des sentiers battus, sortir du cadre… pour dire comment expliquer, repenser et restructurer en profondeur les systèmes productifs, pour impérativement créer de la richesse et générer le bien-être collectif.</p>



<p>Plusieurs révolutions sont passées par là! En Europe, en Amérique latine et en Asie. Mais aucun pays dans du monde arabo-musulman.</p>



<p>La Tunisie ouvre la voie, mais en trébuchant fortement. Avec des économistes pas toujours avertis de l’importance des réformes structurelles pour rallumer les bougies d’une économie qui ronronne et qui manque de tonus. Avec beaucoup de séminaires bidons et de débats télévisés pipés d’avance.</p>



<p>Pour sortir du guêpier de l’islam politique, l’économie doit se restructurer : réhabiliter l’esprit d’entreprise, réduire le léviathan de la bureaucratie,<strong> </strong>promouvoir les gains de productivité, l’investissement tous azimuts, la compétitivité et le progrès technologique…</p>



<p>La Révolte du Jasmin en Tunisie (2011) est née après une gestation marquée par une longue période de croissance (2000-2007), suivie par une abrupte crise économique mondiale de 2007-2009 (crise des subprimes). Mais, l’après-Révolte du Jasmin, et dix après, les décideurs et les économistes du sérail ont eu tout faux, tout hors sujet… Et les indicateurs sont tous au rouge.</p>



<p>Le Tunisien moyen a perdu presque 60% de son pouvoir d’achat réel entre 2010 et 2020. Les données de la World Bank illustrent ce constat par la mesure du PIB per capita (en $US). Le taux de chômage atteint les 30-40% dans les régions intérieures, celles qui ont, par leur insurrection, permis de mettre à la porte l’ancien régime et sa nomenklatura.</p>



<p>Les services publics ont reculé drastiquement. avec une chute de presque 40% (dépenses per capita en santé, en éducation, etc.), entre 2010 et 2020, alors que la pression fiscale est passée de 22% du PIB, en 2010, à 33% aujourd’hui (World Bank 2021).</p>



<p>La politique monétaire a écrasé le dinar (perte de 40%), augmenté les taux d’intérêt, pour atrophier l’investissement de presque 50% (en % PIB), et autoriser les banques à siphonner des profits exceptionnels (12 à 20% du chiffre d’affaires), alors que les taux croissance sont en moyenne proche de zéro.</p>



<p>La dette publique est passée de 38% du PIB en 2010 à quasiment 112% en 2020 (secteur public et sociétés d’État). Une dette gérée avec opacité et discrétions, hors de tout contrôle. Une dette pour payer des salaires d’une bureaucratie pléthorique et inefficace.</p>



<p>Les politiques économiques initiées depuis 2011 ont échoué et avorté la tendance de la courbe ascendante de la courbe J.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chapelles théoriques et paroisses politiques</h2>



<p>La communauté des économistes tunisiens est fragmentée et divisée comme jamais! Une communauté qui dit tout et son contraire, à quelques jours près, dépendamment des plateaux et débats sur les ondes de radios concurrentes. Une communauté incapable de dire de manière consensuelle et scientifique quelles sont les réformes économiques à initier pour créer de la richesse et honorer les promesses de la Révolte du Jasmin.</p>



<p>Les outillages conceptuels, hypothèses de travail et compétences empiriques de nombreux de ces économistes sont questionnables et l’arbre se mesure à ses fruits.</p>



<p>Des confusions patentes et des discours contradictoires. Certains miroitent le spectre de l’<em>«économie de rente»</em> comme principal problème de l’économie tunisienne, alors que le problème, dans ce cas, est plutôt un problème de défaillance de concurrence libre et démocratique (monopole, oligarchie, dysfonctionnement du marché, corruption des fonctionnaires, etc.).</p>



<p>Les rentes et les rentiers ne sont que des symptômes du problème de l’imperfection de la concurrence.</p>



<p>Autre exemple, pointer le secteur parallèle comme le problème à solutionner, alors que celui-ci n’est rien d’autre que le produit des lourdeurs et tracasseries bureaucratiques, et finit par menacer les emplois de 40% de la population active occupée en Tunisie.</p>



<p>En économie, confondre le problème avec ses symptômes (ou ses causes) est un péché majeur.</p>



<p>Cette confusion fausse les remèdes prescrits. Comme si pour soigner une hémorragie intestinale aiguë, on se limite à baisser la fièvre. La fièvre est un symptôme du problème.</p>



<p>Pour ne pas se mouiller, beaucoup de ces ingénieurs, avocats, gestionnaires et experts-comptables, qui se présentent comme économistes en Tunisie, considèrent implicitement la crise économique</p>



<p>du pays comme une crise conjoncturelle et passagère n’exigeant pas plus que des mesures cosmétiques.</p>



<p>C’est pourquoi de nombreux économistes tunisiens passent sous silence les réformes économiques structurelles, celles qui sont impopulaires, mais très porteuses pour sortir l’économie de sa paralysie.</p>



<p>Ceux-ci ne veulent surtout pas toucher aux enjeux brûlants tels que la réduction des effectifs des fonctionnaires, l’abolition des monopoles, la libéralisation des initiatives, la réduction des taux d’intérêt, la rémunération au rendement, la privatisation des entreprises publiques, l’assainissement du climat des affaires, etc.</p>



<p>Les désaccords manifestés par les économistes sur les ondes des radios et télévisions ont au moins quatre graves conséquences.</p>



<p>Un, le discours discordant brouille le message et n’aide pas le citoyen à comprendre les enjeux économiques et à se préparer pour les conséquences. Dans ce cas, le citoyen ne sait plus à quel saint se vouer&#8230; ou malsaint à éviter!</p>



<p>Deux, l’absence de consensus entre ces experts ajoute de l’incertitude et du risque qui démobilisent les acteurs économiques (investisseurs, épargnants, producteurs, etc.). Un discours qui démoralise et qui amplifie l’incertain.</p>



<p>Trois, ces dissonances brouillent l’action gouvernementale et arrivent même à mettre en cause la pertinence de ce qui est fait ou à faire.</p>



<p>Quatre, ce paysage érode la confiance et discrédite les économistes, et la science economique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dualisme, arrivisme et aliénation!</h2>



<p>Trois <em>«clans»</em> dominent l’arène de l’<em>«expertise économique»</em> en Tunisie. De plus en plus organisés en réseau, ils s’opposent frontalement au sujet des réformes économiques à initier pour sauver la Révolte du Jasmin de sa déchéance économique.</p>



<p>Comme si la science économique n’est pas une science sociale à part entière, un champ de connaissance fondé sur des théories, des modèles et des évidences qui transcendent l’histoire et la géographie. C’est pourquoi l’économie est la seule sociale qui est récompensée par le Prix Nobel.</p>



<p><em><strong>1- Économistes du sérail. </strong></em>Premier clan et le plus dominant est celui des économistes du sérail. Il s’agit d’un grand nombre de ces <em>«experts économistes»</em> qui occupent les ondes et les plateaux et qui se permettent de dire la chose et son contraire, au gré des contingences et des consignes des sponsors institutionnels (privés, publics, académiques, partis, alliés internationaux, etc.). Souvent des larbins, qui changent de position au gré du vent dominant.</p>



<p>2- <em><strong>Melting-pot.</strong></em> Ce clan compte plus d’experts-comptables (très professionnels dans leurs domaines comptables), d’ingénieurs de grandes écoles (ayant suivi au mieux deux cours en économie), de banquiers politisés, d’hommes d’affaires, de gestionnaires d’entreprises, d’avocats d’affaires, que d’économistes! Avec seulement très peu d’économistes patentés et ayant à leur actif des analyses économétriques et publications scientifiques avec arbitrage par les pairs.</p>



<p>La plupart de ces <em>«économistes»</em> mis en scènes ont aujourd’hui parrainés par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), un think-tank proche des entreprises, avec beaucoup de proximité avec les partis dominants ayant gouverné le pays depuis 2011.</p>



<p>Pour beaucoup de ces experts, les problèmes économiques de la Tunisie d’aujourd’hui sont des problèmes conjoncturels, qu’on peut solutionner par un <em>«trait de crayon»</em>, par la création de commissions, le vote d’une loi, la mobilisation de comités… qui généreront à leur tour d’autres comités et commissions.</p>



<p>Un clan qui ne propose rien de substantiel et qui tient la route au regard des réformes structurelles attendues en Tunisie et par ses partenaires internationaux (IMF, WB, etc.). Des économistes qui évitent de froisser les partis politiques au pouvoir. Des économises inexistants sur les plateformes de la publication scientifique jugée par les pairs. des économistes improvisés et prêts à tout!</p>



<p>Pis, beaucoup de ces carriéristes veulent se positionner dans l’échiquier politique, espérant pouvoir occuper des postes ou récolter des dividendes de situation. Ils ont les médias dominants en poche, et peuvent ainsi parader sur les plateaux de télévision et radio, pour parler, débiter les mots clefs, sans rien dire au final.</p>



<p><strong>3- Économistes outsiders</strong>. Deuxième clan, un ensemble d’économistes qui publient sur les réseaux sociaux, sur les journaux électroniques et conférences internationales pour proposer leurs points de vue.</p>



<p>Très présents et très actifs sur les réseaux sociaux (avec des pages qui comptent des milliers d’abonnés), ces économistes n’ont rien à perdre, et rien à gagner. Ils s’installent en outsiders qui veulent débusquer les manœuvres et briser l’asymétrie d’information économique.</p>



<p>Ils sont sur Facebook pour s’exprimer de manière volontaire et libre. Ces économistes des réseaux sociaux communiquent des infos, commentent des statistiques, sans présenter nécessairement d’analyses empiriques et porteuses de recommandations capables de parcourir toutes les étapes de la prise de décision.</p>



<p>Un autre groupe de ce même clan publie dans des revues internationales. Avec un excellent facteur d’impact international pour leur publication. Ceux-ci sont consultés, respectés et reconnus comme experts par des organisations internationales et interviennent dans des conférences internationales, en pointant sans détour les réformes structurelles que le gouvernement tunisien doit engager dans les plus brefs délais. Des réformes souvent impopulaires et qui peuvent menacer les pouvoirs établis et les partis ayant gouverné depuis 2011.</p>



<p>Ces économistes reconnus à l’international sont plutôt boycottés par les médias de l’estalishment politique et médiatique et politique. Ceux-ci, souvent inspirés par la pensée Public choice et ses ramifications (new public management notamment) sont pragmatiques et vont droit au but, pour brasser les cartes, proposer des réformes structurelles et pour raisonner en <em>«dehors du cadre»</em> et du mainstreaming imposés par les médias et leurs relais dans du premier clan, décrit précédemment.</p>



<p>Ce clan d’économistes propose une réduction drastique de la taille de l’État, une libéralisation totale des conditions d’entrée dans les filières bloquées par des lobbies ayant mis main basse sur plusieurs pans de l’économie et des centres décisionnels au sein des ministères clefs responsables de l’octroi des licences et autorisations diverses.</p>



<p>Ce clan fustige la mal-gouvernance du secteur public et incriminent les passe-droits des acteurs dominants (banquiers, sociétés d’État, syndicats, et monopoles économiques).</p>



<p>Les économistes de ce groupe sortent du wishfulthinkings et se démarquent du fatalisme omniprésent chez plusieurs économistes proches du pouvoir exécutif, ou à la merci des partis dominants.</p>



<p>Les deux clans d’économistes tunisiens ne s’entendent pas toujours au sujet des problèmes économiques et leurs solutions. Les estimations, les opinions et les recommandations avancées par chacun de ces clans et <em>«écoles de pensées»</em> sont très disparates et témoignent de l’importance d’organiser la profession d’économistes dans un pays où l’opinion publique a besoin de savoir quels sont les tenants et les aboutissants des réformes économiques structurelles à initier pour sortir le pays de son marasme économique.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>



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		<title>Pourquoi l&#8217;économie tunisienne ne parvient-elle pas à se réformer ?</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Nov 2021 09:05:35 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[économie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Patrice Bergamini]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les programmes d&#8217;ajustement successifs envisagés par la Tunisie avec le Fonds monétaire international (FMI) depuis 2011 ont déçu les principaux partenaires économiques internationaux de notre pays, de Washington à Bruxelles, en passant par Paris, Rome et Berlin. Et pour cause, le bilan de ces programmes est globalement décevant. Et les raisons en sont nombreuses, nous...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Bureaucratie.jpg" alt="" class="wp-image-293282"/><figcaption><em>La bureaucratie clientéliste et l&rsquo;économie de rente paralyse la Tunisie. </em> </figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Les programmes d&rsquo;ajustement successifs envisagés par la Tunisie avec le Fonds monétaire international (FMI) depuis 2011 ont déçu les principaux partenaires économiques internationaux de notre pays, de Washington à Bruxelles, en passant par Paris, Rome et Berlin. Et pour cause, le bilan de ces programmes est globalement décevant. Et les raisons en sont nombreuses, nous en citeront les principales.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Amine Ben Gamra</strong> *</p>



<span id="more-370031"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Amine-Ben-Gamra-1.jpg" alt="" class="wp-image-360984"/></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading">Une bureaucratie lourde et paralysante</h2>



<p>L&rsquo;OCDE, de son côté, pointe une liste interminable de licences et autorisations&nbsp;nécessaires pour investir ou obtenir des crédits bancaires. Le décret 218-417, publié il y a trois ans, est le texte juridique le plus long de l&rsquo;histoire de la Tunisie avec ses 221 pages. Son objectif, qu&rsquo;on a totalement échoué à atteindre, était d&rsquo;améliorer l&rsquo;environnement des affaires. Ce texte répertorie 243 licences et autorisations, dont seulement 6 ont été supprimées dans les deux ans suivant sa publication.</p>



<p>Le contrôle bureaucratique, et le pouvoir de la fonction publique d&rsquo;accorder (ou non) des licences, des autorisations, des crédits ou une dérogation douanière constituent autant d&rsquo;obstacles à l&rsquo;émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux investissements.</p>



<p>De là à alimenter les critiques, du reste très fondées, selon lesquelles l&rsquo;Etat est au service d&rsquo;une oligarchie de privilégiés, il y a un pas que beaucoup franchissent allégrement, en parlant même d&rsquo;<em>«</em><em>économie de rente</em><em>»</em> qui paralyse l&rsquo;initiative et empêche l&rsquo;émergence d&rsquo;une nouvelle classe d&rsquo;opérateurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Obstacles à l’émergence de nouveaux opérateurs</h2>



<p>Cela a été dit et redit, et même par un ancien ambassadeur de l&rsquo;Union européenne en Tunisie, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2019/07/10/lambassadeur-bergamini-pointe-les-positions-dententes-et-de-monopoles-en-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Patrice Bergamini </a>pour ne pas le nommer, qui a dû sortir de son devoir de réserve lié à sa fonction diplomatique pour dénoncer, dans un entretien avec le journal <em>Le Monde</em> (10 juillet 2019), la domination de l&rsquo;économie tunisienne par un groupe de familles et le maintien d&rsquo;un <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/09/10/ces-rentiers-qui-empechent-les-reformes-economiques-en-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">système de rente</a> qui fonctionne grâce à une réglementation restreignant la concurrence. Un système fondé sur la capture, la collusion, l&rsquo;exclusion, le traitement discrétionnaire et la non-concurrence sur le marché.</p>



<p>En d&rsquo;autres termes, la captation de l&rsquo;État prive les jeunes entrepreneurs, qui sont censés être l&rsquo;avenir du pays, de réelles opportunités, puisque le marché est réellement verrouillé au profit d&rsquo;une minorité d&rsquo;acteurs déjà fortement installés et disposant de relais clientélistes au sein de l&rsquo;Etat et de l&rsquo;administration publique. Cela explique, en partie, pourquoi de jeunes opérateurs tunisiens qualifiés quittent le pays en nombre croissant, et souvent en expatriant leur idées de projets avec eux.</p>



<p>Cela, on l&rsquo;imagine, constitue une grosse perte pour le pays dont le tissu économique ne se renouvelle pas assez, tombe en désuétude et dépérit à vue d&rsquo;oeil, séquence à laquelle nous assistons depuis la fin des années 1990, sans qu&rsquo;aucun gouvernement n&rsquo;ait jugé urgent de secouer le cocotier ou d&rsquo;ouvrir les fenêtres pour laisser entrer un peu d&rsquo;air frais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le secteur public vampirise la vie économique</h2>



<p>Pour changer cette situation qui a plongé le pays dans la crise et l&rsquo;a mené à une quasi-impasse, avec des déficits structurels cumulés, un surendettement extérieur excessif et une incapacité à créer de la richesse, c&rsquo;est la forme même de l&rsquo;État créé par Habib Bourguiba après l&rsquo;indépendance en 1956 qui doit être réexaminée. Elle était et reste très centralisée et pèse lourdement sur toute l&rsquo;activité économique qu&rsquo;elle finit par phagocyter et freiner.</p>



<p>Cette crise profonde de l&rsquo;État tunisien explique pourquoi plus des deux tiers des 15-24 ans sont au chômage, pourquoi l&rsquo;économie informelle continue de détruire des pans entiers de l&rsquo;industrie nationale, pourquoi la majorité des entreprises publiques sont en quasi-faillite, et pourquoi l&rsquo;Etat ne parvient plus à réunir les recettes fiscales nécessaires au financement de son budget, où la hausse continue des dépenses de fonctionnemement (salaires, etc.) ne cesse de réduire l&rsquo;investissement public, jadis moteur de croissance.</p>



<p>On ne cesse d&rsquo;identifier les dysfonctionnements, de pointer les goulots d&rsquo;étranglement et d&rsquo;envisager les solutions adéquates, souvent d&rsquo;ailleurs mises en route aileurs avec un certain succès, mais les gouvernements se succèdent et ne font pratiquement rien pour changer la donne, comme s&rsquo;ils craignent de heurter certains intérêts. Faut-il s&rsquo;étonner dès lors que les indicateurs économiques et financiers du pays continuent de clignoter au rouge, sans véritable perspective de sortie de la crise ?</p>



<p>* <em>Expert comptable, commissaire aux comptes, membre de l&rsquo;Ordre des experts comptable de Tunisie.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis:</em> </h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NrcQxKG7V7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/01/pour-sortir-de-la-crise-la-tunisie-doit-mettre-le-paquet-sur-linvestissement-exterieur/">Pour sortir de la crise, la Tunisie doit mettre le paquet sur l’investissement extérieur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour sortir de la crise, la Tunisie doit mettre le paquet sur l’investissement extérieur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/01/pour-sortir-de-la-crise-la-tunisie-doit-mettre-le-paquet-sur-linvestissement-exterieur/embed/#?secret=jf0u8Vfrtj#?secret=NrcQxKG7V7" data-secret="NrcQxKG7V7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Qk6waCWX88"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/25/pourquoi-la-tunisie-doit-elle-accelerer-sa-transition-energetique/">Pourquoi la Tunisie doit-elle accélérer sa transition énergétique ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pourquoi la Tunisie doit-elle accélérer sa transition énergétique ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/25/pourquoi-la-tunisie-doit-elle-accelerer-sa-transition-energetique/embed/#?secret=7SOJXA1MZV#?secret=Qk6waCWX88" data-secret="Qk6waCWX88" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JtQfO3uIy8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/08/leconomie-tunisienne-va-t-elle-profiter-de-la-reprise-en-europe/">L&rsquo;économie tunisienne va-t-elle profiter de la reprise en Europe ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;économie tunisienne va-t-elle profiter de la reprise en Europe ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/08/leconomie-tunisienne-va-t-elle-profiter-de-la-reprise-en-europe/embed/#?secret=GKJeOlDGdY#?secret=JtQfO3uIy8" data-secret="JtQfO3uIy8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Ces rentiers qui empêchent les réformes économiques en Tunisie ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Sep 2021 07:31:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous sommes confrontés aujourd&#8217;hui en Tunisie à un grand paradoxe : une partie infime des Tunisiens est presque aussi riche que l&#8217;Etat, qui, lui, ne parvenant pas à collecter suffisamment d&#8217;impôt pour financer son budget, survit (difficilement) grâce à l&#8217;endettement extérieur qui a explosé au cours des dix dernières années, passant de 35% du PIB en...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/10/ces-rentiers-qui-empechent-les-reformes-economiques-en-tunisie/">Ces rentiers qui empêchent les réformes économiques en Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/09/Riches-et-pauvres.gif" alt="" class="wp-image-362294"/></figure></div>



<p><strong><em>Nous sommes confrontés aujourd&rsquo;hui en Tunisie à un grand paradoxe : une partie infime des Tunisiens est presque aussi riche que l&rsquo;Etat, qui, lui, ne parvenant pas à collecter suffisamment d&rsquo;impôt pour financer son budget, survit (difficilement) grâce à l&rsquo;endettement extérieur qui a explosé au cours des dix dernières années, passant de 35% du PIB en 2010 à plus de 100% aujourd&rsquo;hui. Comment est-on arrivé à cette situation qui dénote un grave dysfonctionnement au niveau de la gouvernance économique ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Rebaï </strong>*</p>



<span id="more-362293"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/05/Mohamed-Rebai.jpg" alt="" class="wp-image-213697"/></figure></div>



<p>Dans un entretien accordé au journal <em>« Le Monde »</em> publié le 10 juillet 2019, Patrice Bergamini, ex-ambassadeur de l&rsquo;Union Européenne en Tunisie, a parlé avec une franchise peu diplomatique de certaines familles qui, selon lui, empêchent les jeunes entrepreneurs de percer dans le monde des affaires. Il a, aussi, critiqué «<em>les positions d’ententes et de monopoles» </em>qui entravent une transition économique aujourd’hui à la traîne par rapport à la transition politique. Ses propos ont déplu au chef du gouvernement de l&rsquo;époque, Youssef Chahed, et à la direction de l&rsquo;Union tunisienne de l&rsquo;industrie, du commerce et l&rsquo;artisanat (Utica). Et ils ont très vite été oubliés. Or, on aurait sans doute beaucoup gagné en les prenant au sérieux et en mettant en route les chantiers de réforme requis pour redresser cette situation. On a perdu deux ans pour rien&#8230; pour nous retrouver aujourd&rsquo;hui à parler d&rsquo;économie de rente, de positions d&rsquo;entente et de spéculation à tous les étages.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Positions d&rsquo;entente, dites-vous ?</h3>



<p>Qui sont ces Tunisiens hyper-riches et comment le sont-ils devenus ?</p>



<p>D&rsquo;abord, il y a une quarantaine de chefs de familles qui contrôlent une grande partie de l&rsquo;économie du pays. Chacune de ces familles possède des dizaines de sociétés opérant dans plusieurs domaines d&rsquo;activité, allant de l&rsquo;industrie au commerce en passant par les services. Ayant occupé le terrain du fait de l&rsquo;antériorité de leur enrichissement, ces familles – car le capitalisme en Tunisie reste foncièrement familial – continuent d&rsquo;engranger d&rsquo;énormes bénéfices grâce aux autorisations administratives dont elles ont bénéficié au cours des quarante dernières années et aux situations de rente qui en ont découlé, et peu d&rsquo;entre elles ont réinvesti ne fût-ce qu&rsquo;une partie de leurs bénéfices dans les zones dites défavorisées, malgré les encouragements consentis par l&rsquo;Etat.</p>



<p>Rien n&rsquo;échappe au champ d&rsquo;intervention de ces groupes économiques familiaux. Ce champ va des concessions automobiles aux banques, en passant par les industries manufacturières (textiles, alimentaires, électro-mécaniques, électroniques&#8230;), les travaux publics, le tourisme, la grande distribution, les TIC, la téléphonie mobile, la promotion immobilière et l&rsquo;exportation des produits agricoles (huile d&rsquo;olive, agrumes, dattes&#8230;).</p>



<p>Ces groupes règnent ensemble sur quelques milliers d&rsquo;entreprises dans un marché exigu de 12 millions d&rsquo;habitants, qu&rsquo;ils se partagent entre eux. Et cela n&rsquo;est pas un fait anodin, puisqu&rsquo;il est difficile voire impossible pour de nouveaux venus de pénétrer dans ces territoires confisqués et soigneusement gardés, ou bousculer leurs quasi-monopoles, sous peine de se casser les reins. D&rsquo;où l&rsquo;échec récurrent de beaucoup de jeunes entrepreneurs qui ont cru pouvoir lancer des petites et moyennes entreprises et leur assurer une place parmi les mastodontes occupant déjà le terrain. Certains d&rsquo;entre eux, dont les tentatives ont essuyé un cuisant échec, vous diront que la route est barrée à tout projet qui marche sur les plate-bandes de tel ou tel puissant groupe.</p>



<p>Ces capitaines d&rsquo;industrie ou leurs héritiers, dont la plupart détiennent d&rsquo;importantes participations dans les banques privées de la place, tiennent aussi, indirectement, la manivelle du financement et peuvent donc vous fermer la porte d&rsquo;un crédit susceptible de financer une activité touchant à leurs intérêts. Ils ont également les mains longues pour anticiper et tuer dans l’œuf toute forme de concurrence économique. La plupart possèdent les terres les plus fertiles du pays, souvent cédées par l’État à des prix défiant toute concurrence, sous formes d&rsquo;encouragements à l&rsquo;investissement. Certains financent des partis et se font même élire eux-mêmes à l&rsquo;Assemblée pour mieux défendre leurs intérêts par des lois taillées sur mesure.</p>



<p>Pour ne s&rsquo;être pas réveillé plus tôt et avoir raté plusieurs trains, le reste de la population pourra continuer à bosser pour ces privilégiés avec des salaires de misère, d&rsquo;autant que l&rsquo;ascenseur social est depuis longtemps en panne.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des rentiers de père en&#8230; petit-fils</h3>



<p>Parmi ces rentiers de père en fils et, depuis peu, en petit-fils, il y a les exportateurs d&rsquo;agrumes, d&rsquo;huile d&rsquo;olives et de dattes, qui bénéficient en amont de larges subventions de l’État et dont l&rsquo;argent ne rentre pas intégralement au pays, délit facilement détectable en fouinant dans les virements reçus. Les services de contrôle de la Banque centrale et de l’État peuvent jouer un grand rôle à cet égard, encore faut-il leur donner de vraies prérogatives et non pas limiter leur mission à la production de maigres rapports morts-nés.</p>



<p>Les importateurs de matières premières, de produits semi-finis, de machines-outils, de pièces de rechange industrielles et automobiles gardent souvent, eux aussi, une ristourne à l&rsquo;étranger. Avoir un petit pactole en devises est simple comme bonjour. Il suffit de surfacturer les achats. Nombreux sont ceux ces <em>«privilégiés des autorisations»</em> qui possèdent des logements en France, en Espagne et ailleurs.</p>



<p>Dans cette foire aux escrocs, certains hôteliers ont la palme d&rsquo;or. Ils sont très riches, mais ne paient pas leurs crédits et sont à l&rsquo;origine de la débandade des banques d&rsquo;investissement. Certains ne paient pas non plus leur dû au fisc, à la CNSS, à la Steg et à la Sonede. Ils louent souvent leurs hôtels, construits grâce aux aides de l’État et aux prêts bancaires non-remboursés, à des tours-opérateurs étrangers et s&rsquo;arrangent pour se faire rétrocéder une partie des frais annuels de location qui n&rsquo;arrivent jamais dans les banques en Tunisie.</p>



<p>Les barons de la contrebande, quant à eux, contrôlent près de 50% du commerce, ne paient pas d&rsquo;impôts, ne s&rsquo;acquittent pas des droits de douane et leur argent opaque ne transite pas par les circuits bancaires. Ils agissent souvent en plein jour et, pour ne pas être inquiétés, alimentent les circuits de corruption de l&rsquo;administration publique. Et Dieu sait (et les chefs de gouvernement successifs savent) que cette administration baigne dans la corruption de la tête aux pieds.</p>



<p>En effet, certains grands commis de l’État, qui sévissent dans certains secteurs sensibles de la vie économique et sociale et que le commun des mortels connaît nommément, profitent de ce système vicié et veillent sur sa pérennité. Campant dans les interstices de l&rsquo;administration publique, ils font eux aussi leur miel, en siphonnant l&rsquo;argent du contribuable qu&rsquo;ils partagent avec des hommes de paille à qui ils octroient de juteux marchés publics.</p>



<p>Les politiciens véreux et solubles dans l&rsquo;argent, que les Tunisiens ont vomis en descendant en masse dans la rue le 25 juillet dernier pour appeler à la dissolution de l&rsquo;Assemblée et au limogeage du chef du gouvernement, appel d&rsquo;ailleurs entendu par le président Kaïs Saïed&#8230; ces politiciens, dis-je, poussent leur tentacules de pieuvres en s&rsquo;acoquinant avec les contrebandiers et les spéculateurs, pour faire perdurer la crise, entretenir la pénurie et continuer à voler les contribuables.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Commençons par nettoyer l&rsquo;écurie d&rsquo;Augias</h3>



<p>Comment nettoyer cette immense écurie d&rsquo;Augias aux dimensions d&rsquo;un pays qui se targue d&rsquo;être démocratique ? Pour ma part, je propose pour commencer, tant la tâche est monumentale et les réformes difficile à mener concomitamment :</p>



<p>1- de mettre en place une brigade spécialisée chargée de contrôler les transactions commerciales avec l&rsquo;étranger dont la part du lion (75%) revient à l&rsquo;Union européenne – on sait maintenant qu&rsquo;une bonne partie de l&rsquo;argent dérobé atterrit souvent en France qui continue ainsi de vivre de la corruption sévissant dans ses anciennes colonies;</p>



<p>2- de promulguer des lois qui identifient, qualifient et sanctionnent lourdement les crimes financiers graves;</p>



<p>3- d&rsquo;auditer toutes les transactions commerciales à l&rsquo;import et à l&rsquo;export effectuées au cours des dix dernières années.</p>



<p>L&rsquo;appauvrissement de la Tunisie est un phénomène qui a commencé depuis bien longtemps. Il remonte à l&rsquo;époque beylicale. Pour faire face à cette situation, il nous faut garantir des frontières économiques et financières moins poreuses. Et frapper lourdement les cartels qui se rendent coupables d&rsquo;ententes criminelles, tout en veillant à préserver et à protéger le tissu économique sain qui assure une partie des emplois et de la croissance. Car beaucoup d&rsquo;opérateurs économiques sont honnêtes, travailleurs, patriotes et qui aimeraient voir le système économique du pays enfin assaini, car ce seront eux qui en seront les premiers bénéficiaires.</p>



<p>* <em>Économiste.</em></p>



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		<title>Tunisie : au-delà des apparences de «démocratie», le règne de la médiocratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2020 07:17:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Cour constitutionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[économie de rente]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Fakhfakh]]></category>
		<category><![CDATA[fakhfakhisme]]></category>
		<category><![CDATA[ghannouchisme]]></category>
		<category><![CDATA[médiocratie]]></category>
		<category><![CDATA[réconciliation économique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2011, la Tunisie négocie à son rythme le processus de démocratisation et nul ne peut nier les progrès de la transition vers la démocratie. Mais l’élite politique semble se complaire de la lenteur et des lourdeurs d’une progression, marquée par la non- ou mal-gouvernance, la multiplication des conflits d’intérêts et des scandales de corruption...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/30/tunisie-au-dela-des-apparences-de-democratie-le-regne-de-la-mediocratie/">Tunisie : au-delà des apparences de «démocratie», le règne de la médiocratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/fakhfakh-ghannouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-280429"/><figcaption><em>Elyes Fakhfakh et Rached Ghannouchi : les symboles actuels de la médiocratie tunisienne. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Depuis 2011, la Tunisie négocie à son rythme le processus de démocratisation et nul ne peut nier les progrès de la transition vers la démocratie. Mais l’élite politique semble se complaire de la lenteur et des lourdeurs d’une progression, marquée par la non- ou mal-gouvernance, la multiplication des conflits d’intérêts et des scandales de corruption à tous les niveaux. Plaidoyer pour une autre gouvernance plus rationnelle, plus éthique et plus axée sur les résultats.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Najah Attig,</strong> Ph. D.</p>



<span id="more-305792"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Najah-Attig.jpg" alt="" class="wp-image-304913"/></figure></div>



<p>Paradoxalement et malgré un discours pompeux et des apparences de <em>«démocratie»</em>, la Tunisie est encore engluée par le règne de la médiocrité politique et idéologique et par le clanisme qui ne cesse d’affaiblir les institutions démocratiques, compromettant un développement durable fondé sur l’équité, sur la justice sociale et le progrès immédiat du bien-être des citoyens.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Tunisie mérite mieux</h3>



<p>Aujourd’hui, les médias et les politiciens sont sourds, muets et myopes face à une gouvernance qui recycle des modèles désuets, des logiques surannées et surtout une culture institutionnelle dominée par un héritage colonial qui a façonné les mentalités, figé l’administration publique et castré l’innovation, dans tous les champs et secteurs d’activités.</p>



<p>Même si certains se félicitent de la révolution du jasmin, une vraie démocratie ne se fera pas sans un cadre institutionnel efficace et un changement de culture démocratique. Les soupçons de scandales, d’enrichissement illicite, et d’abus de pouvoir et d’information privilégiée ne font qu’aggraver un pessimisme ambiant et une morosité généralisée par rapport à l’élite politique et à sa capacité de créer un changement réel (du moins pour le meilleur).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Neutraliser les vampires de la politique</h3>



<p>La situation actuelle est marquée de nombreux prédicteurs de déstabilisation de l’ordre politique. Pour l’éviter, la Tunisie doit retrouver sa sagesse pour initier un changement radical et forcer une rupture avec les vampires de la politique qui perçoivent la nation comme une vache à lait !</p>



<p>Seuls ceux qui sont au pouvoir semblent satisfaits de «la roue carrée» de la démocratie actuelle, parce qu’elle leur permet de manipuler les institutions en place pour rester au pouvoir le plus longtemps possible et repousser aux calendes grecques les alternatives démocratiques qui favorisent un développement durable et inclusif.</p>



<p>Faute d’un vrai changement, la période de transition peut continuer de faire du sur-place, ou dérailler les processus de démocratisation par dépit pour les uns, par défiance pour les autres.</p>



<p>Certes, il est difficile pour l’élite politique de valider sa légitimité dans une zérocratie (où ceux qui obtiennent des 0% dans les élections), sans développer une économie prospère et un système politique basé sur l’égalité des chances, sur un ordre fondé sur le mérite, une transparence totale et sur une reddition de comptes complète axée sur les résultats…</p>



<p>Et cela nécessite un changement radical de paradigme aussi bien au niveau des leaders politiques qu’au niveau des institutions.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les priorités nationales sont connues… juste, agir !</h3>



<p>Trois priorités majeures. La principale priorité est celle d’une gouvernance éthique, moderne et axée sur les résultats. L’État doit repenser sa bureaucratie, réduire son train de vie et neutraliser dans l’État et ses rouages les affaires louches et les pressions partisanes. Assez de politiques politiciennes, pour le pouvoir et rien que pour le pouvoir.</p>



<p>La deuxième priorité c’est celle qui renforce le pouvoir d’achat, plutôt que la paupérisation des citoyens, comme c’est le cas depuis 2011.</p>



<p>La troisième priorité est celle d’un État centré sur ses missions essentielles : éducation, santé, services sociaux, sécurité, défense, affaires extérieures… et pas les services marchands qui peuvent être délégués aux mécanismes du marché concurrentiel, sans lobbys, sans mandarins et sans couleurs religieuses.</p>



<p>Avec le scandale Fakhfakh (et sa quarantaine de ministres), le temps est venu pour arrêter de faire ce qui n’a pas marché dans le passé, lointain ou récent.</p>



<p>N’est-il pas temps de créer la cour constitutionnelle? N’est-il pas temps de changer/adapter la loi électorale? N’est-il pas temps pour une initiative de réconciliation économique et d’en finir avec l’économie de rente ? N’est-il pas temps d’engager des réformes pour améliorer l’efficacité du système de santé et favoriser la médecine préventive? N’est-il pas temps de penser au pragmatisme du modèle anglo-saxon et de commencer un divorce avec la rigidité du modèle francophone? N’est-il pas temps d’engager de vraies initiatives pour moderniser nos infrastructures, digitaliser efficacement l’économie et les services administratifs, réformer le système d’éducation pour accentuer l’employabilité de la main d’œuvre, créer des opportunités pour valoriser le potentiel des centaines de milliers d’étudiants qui <em>«chôment»</em> durant des vacances de très longue durée ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Il est temps d&rsquo;engager des processus de <em>«destruction-créatrice»</em></h3>



<p>Bref, le <em>momentum</em> est là ! Sans tarder la Tunisie compte des élites capables d’engager des processus de <em>«destruction-créatrice»</em> pour favoriser l’innovation, un développement équitable et inclusif, et une démocratie économique fondée sur l’égalité des chances, sur la réduction des disparités sociales et sur un ordre de mérite transparent et vérifiable pour faire face aux diktats d’un Ghannouchisme désuet et d’un Fakhfakhisme douteux… et à toute autre forme d’opportunisme et de malversation en politiques publiques.</p>



<p>Il faudra manifestement le répéter souvent, pour en arriver, la Tunisie a besoin de courages et de mobilisation d’initiatives pour repenser les contours de la relation entre le légal et l’éthique, entre le politique et l’économique, entre le marché et l’État, entre une administration archaïque et un État moderne et centré sur le citoyen… Les élites politiques d’aujourd’hui sont à des années-lumière de ces enjeux et préoccupation.</p>



<p>Ultimement, l’action collective doit se centrer, et sans tergiversation, sur une vie publique transparente, exemplaire et balisée par de nouveaux mécanismes de contrôle pour contrecarrer l’impunité, l’enrichissement illicite, les malversations pour les entreprises qui font affaire avec le gouvernement, et avec l’argent des contribuables.</p>



<p>Un cri de cœur pour arrêter la mal-gouvernance de l’administration et des entreprises publiques, et briser la morosité et rebâtir la confiance du peuple tunisien… Un peuple dynamique et intelligent qui ne doit accepter de refaire les mêmes choses et s’attendre à des résultats différents.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/30/tunisie-au-dela-des-apparences-de-democratie-le-regne-de-la-mediocratie/">Tunisie : au-delà des apparences de «démocratie», le règne de la médiocratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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