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	<title>Archives des Edgar Morin - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Edgar Morin - Kapitalis</title>
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		<title>La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2025 07:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Fracture aujourd'hui oppose les élites intellectuelles et savantes aux populistes qui prétendent porter la parole du peuple. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/la-nouvelle-lutte-des-classes-entre-elites-et-populistes/">La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans notre monde actuel, la lutte des classes ne disparaît pas, elle se transforme. Si Marx voyait l’opposition entre bourgeoisie et prolétariat, notre époque connaît une fracture nouvelle : entre une élite académique qui produit des questionnements complexes et un peuple qui, dans sa quête de réponses immédiates, bascule vers le populisme.</em></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-17573277"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Lorsque Karl Marx et Friedrich Engels publiaient en 1848 le ‘‘<em>Manifeste du Parti communiste’’</em>, ils posaient une thèse devenue centrale pour comprendre l’histoire : <em>«L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes»</em>. Cette affirmation, fondée sur le conflit entre bourgeoisie et prolétariat, a profondément marqué la pensée politique et sociale du XIX<sup>e</sup> et du XX<sup>e</sup> siècle. Mais au XXI<sup>e</sup> siècle, alors que les grandes révolutions industrielles et ouvrières se sont estompées dans les sociétés occidentales, un autre clivage émerge, plus subtil, mais non moins décisif.</p>



<p>Il s’agit d’une nouvelle <em>«lutte des classes»</em> : non plus seulement économique, mais cognitive et culturelle. D’un côté, une élite académique, constituée de chercheurs, d’intellectuels, d’experts et de technocrates, élabore des questionnements complexes, nourris de références théoriques, de concepts abstraits et de raisonnements systématiques. De l’autre, une base populaire qui, se sentant exclue de ces débats, répond par des solutions simples, accessibles, souvent populistes, et qui trouvent un écho immédiat dans la vie quotidienne.</p>



<p>Cette fracture n’est pas anodine. Elle nourrit des tensions politiques majeures, alimente la méfiance envers les élites et favorise l’émergence de partis qui s’affichent comme les porte-voix du <em>«peuple réel»</em> face à des institutions jugées éloignées des préoccupations concrètes.</p>



<p>Nous nous proposons d’explorer cette mutation contemporaine de la lutte des classes, en mobilisant des arguments théoriques et empiriques issus de la philosophie, de la sociologie et des sciences politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Héritage théorique de la lutte des classes</h2>



<p>La notion de lutte des classes, telle que formulée par Marx, repose sur un rapport de domination économique. La bourgeoisie, détentrice des moyens de production, impose sa logique au prolétariat, qui ne possède que sa force de travail. Cette opposition structurelle devait, selon Marx, déboucher sur une révolution et l’instauration d’une société sans classes (Marx &amp; Engels, 1848).</p>



<p>Au XX<sup>e</sup> siècle, la théorie s’est enrichie et transformée. Antonio Gramsci, dans ses ‘‘<em>Cahiers de prison’’</em> (1971), a insisté sur l’importance de l’idéologie et de l’hégémonie culturelle. Selon lui, la domination de la bourgeoisie ne s’exerçait pas seulement par l’économie, mais aussi par la capacité à imposer une vision du monde, des valeurs et des normes sociales. La lutte des classes devenait alors aussi une lutte pour le sens.</p>



<p>Aujourd’hui, certains penseurs considèrent que le terrain de la lutte s’est déplacé. Si les inégalités économiques persistent, elles se doublent désormais d’inégalités cognitives et culturelles. Les fractures sociales se lisent dans l’accès à l’éducation, à l’information, aux ressources symboliques.</p>



<p>Pierre Bourdieu, dans ‘‘<em>La distinction’’</em> (1984), avait déjà montré que la culture est un marqueur de classe, et que les élites se distinguent par un goût cultivé qui exclut les classes populaires.</p>



<p>Ce déplacement amène à reformuler la lutte des classes : elle oppose désormais non seulement des intérêts matériels, mais aussi des régimes de savoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II. La classe académique et ses questionnements</h2>



<p>La <em>«classe académique»</em> peut être définie comme l’ensemble des acteurs qui produisent, diffusent et contrôlent le savoir : professeurs, chercheurs, intellectuels, experts techniques, hauts fonctionnaires. Leur rôle, dans une société moderne, est essentiel : ils formulent des problématiques complexes, construisent des modèles explicatifs, orientent les politiques publiques par leurs diagnostics.</p>



<p>Cependant, leur rapport au savoir est marqué par une forte abstraction. Habermas, dans ‘‘<em>Théorie de l’agir communicationnel’’</em> (1981), souligne l’importance du langage rationnel et argumentatif pour structurer le débat démocratique. Mais ce langage, trop technique, trop codifié, échappe souvent au grand public. Les élites académiques s’expriment dans des revues spécialisées, des conférences internationales, des comités restreints, produisant une distance avec la population.</p>



<p>Cette distance s’accroît à mesure que les enjeux deviennent globaux et complexes : dérèglement climatique, intelligence artificielle, gouvernance économique mondiale, bioéthique. Ces thèmes exigent une compréhension interdisciplinaire, mais laissent une partie du public dans l’impression d’un discours hors-sol.</p>



<p>Le fossé se traduit aussi par un langage distinctif. Comme l’explique Bourdieu, le capital culturel des élites se manifeste dans l’usage d’un vocabulaire spécifique, difficilement accessible aux classes populaires. Or, cette barrière symbolique alimente un sentiment d’exclusion et d’incompréhension.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III. La réponse populiste et la superficialité assumée</h2>



<p>Face à ces questionnements complexes, le populisme apparaît comme une stratégie discursive et politique qui simplifie radicalement la réalité. Ernesto Laclau, dans ‘‘<em>La raison populiste’’</em> (2005), définit le populisme comme une logique qui oppose le <em>«peuple»</em> au <em>«pouvoir»</em>, en construisant une identité collective contre une élite accusée de confiscation.</p>



<p>Le populisme ne se cache pas d’être superficiel. Au contraire, il revendique un langage clair, accessible, direct. Les slogans remplacent les argumentaires, les solutions immédiates supplantent les analyses structurelles. Cette superficialité est en réalité un instrument d’efficacité politique : elle donne le sentiment de redonner la parole au peuple.</p>



<p>Ainsi, sur des sujets aussi complexes que l’immigration, la mondialisation ou la transition écologique, le populisme offre des réponses terre à terre : fermer les frontières, protéger l’économie nationale, rejeter les accords internationaux. Là où les élites déploient des centaines de pages de rapports, le populisme condense en une phrase : <em>«On va reprendre le contrôle» </em>(Brexit).</p>



<p>Cette dynamique n’est pas nouvelle. Déjà dans l’histoire, des figures comme Juan Perón en Argentine ou plus récemment Hugo Chávez au Venezuela ont incarné cette logique. Mais l’ère numérique et les réseaux sociaux amplifient considérablement cette tendance, donnant au populisme une caisse de résonance mondiale (Mudde &amp; Kaltwasser, 2017).</p>



<h2 class="wp-block-heading">IV. L’émergence de partis politiques populistes</h2>



<p>La fracture entre élites académiques et masses populaires a trouvé une traduction institutionnelle : l’essor de partis populistes.</p>



<p>En Europe, le Mouvement 5 Étoiles en Italie s’est construit sur la dénonciation des élites politiques et technocratiques, en prônant la démocratie directe. En France, le Rassemblement National mobilise un discours qui simplifie les enjeux migratoires et sécuritaires en réponses immédiates et radicales.</p>



<p>En Amérique latine, le populisme a pris des formes variées : le péronisme en Argentine, le chavisme au Venezuela, ou encore le bolsonarisme au Brésil ont mis en avant un discours de rupture avec les élites et d’identification au peuple.</p>



<p>Ces tendances s’installent dans le paysage, car elles incarnent une alternative crédible pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans le langage académique des élites. Elles tirent leur force de leur capacité à traduire les aspirations populaires en propositions simples, même si celles-ci sont souvent irréalistes ou réductrices (Taggart, 2000 ; Rosanvallon, 2020).</p>



<h2 class="wp-block-heading">V. Entre élites et masses : une fracture politique et cognitive</h2>



<p>Cette fracture est d’abord une fracture de langage. Les élites s’expriment dans un code scientifique, normatif, institutionnel. Les masses populaires préfèrent le langage émotionnel, narratif, imagé. Cette asymétrie rend le dialogue difficile.</p>



<p>C’est aussi une fracture médiatique. Les élites s’appuient sur des publications spécialisées, des institutions internationales. Le peuple utilise Facebook, TikTok, WhatsApp, où circulent rumeurs, slogans et récits simplifiés.</p>



<p>Enfin, c’est une fracture politique. L’incapacité des élites à vulgariser leurs analyses conduit à un rejet croissant des experts, accusés de technocratie. La pandémie de Covid-19 a illustré cette défiance : entre discours scientifiques évolutifs et scepticisme populaire, le fossé s’est creusé.</p>



<p>Comme le note Pierre Rosanvallon (‘‘<em>Le siècle du populisme’’</em>, 2020), nous vivons un moment où la démocratie représentative est contestée non seulement pour ses résultats, mais pour sa manière même de produire du sens politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">VI. Vers une réconciliation possible ?</h2>



<p>Face à cette fracture, la question est de savoir s’il est possible de réconcilier élites et masses.</p>



<p>La première piste est la médiation. Des intellectuels publics, des vulgarisateurs, des journalistes pédagogues peuvent jouer le rôle d’intermédiaires, traduisant les analyses académiques en termes compréhensibles. L’histoire a montré l’importance de ces figures, de Jean Jaurès à Edgar Morin, capables de penser la complexité tout en restant accessibles.</p>



<p>La deuxième piste est l’éducation démocratique. John Dewey, dans ‘‘<em>Democracy and Education’’</em> (1916), insistait sur l’importance de former des citoyens capables de comprendre les enjeux de leur temps. Cela suppose une école qui ne se limite pas à transmettre des savoirs, mais qui développe la pensée critique et l’autonomie intellectuelle.</p>



<p>Enfin, la troisième piste est l’écoute. Les élites doivent aussi reconnaître que les aspirations populaires, même exprimées de manière simpliste, traduisent des angoisses réelles. Amartya Sen (‘‘<em>Development as Freedom’’</em>, 1999) rappelle que le développement n’est pas seulement économique, mais aussi la capacité des individus à participer aux choix qui les concernent.</p>



<p>La réconciliation passe donc par un double mouvement : vulgarisation des élites et responsabilisation des masses.</p>



<p>La lutte des classes ne disparaît pas, elle se transforme. Si Marx voyait l’opposition entre bourgeoisie et prolétariat, notre époque connaît une fracture nouvelle : entre une élite académique qui produit des questionnements complexes et un peuple qui, dans sa quête de réponses immédiates, bascule vers le populisme.</p>



<p>Cette tension est source de dangers, car elle alimente la méfiance, polarise la société et fragilise la démocratie. Mais elle est aussi une opportunité : celle de repenser la médiation entre savoir et vécu, entre théorie et expérience, entre élites et masses.</p>



<p>À l’heure où la démocratie traverse une crise mondiale, la question n’est pas de savoir si cette lutte des classes peut être résolue, mais comment elle peut être transformée en dialogue. Car c’est seulement en réconciliant savoir et vécu, réflexion et expérience, que nous pourrons construire une société capable de répondre aux défis du XXI<sup>e</sup> siècle.</p>



<p><strong><em>Références bibliographiques principales :</em></strong></p>



<p>Taggart, P. (2000). <em>Populism</em>. Buckingham : Open University Press.</p>



<p>Bourdieu, P. (1984). <em>La distinction</em>. Paris : Minuit.</p>



<p>Dewey, J. (1916). <em>Democracy and Education</em>. New York : Macmillan.</p>



<p>Gramsci, A. (1971). <em>Cahiers de prison</em>. Paris : Gallimard.</p>



<p>Habermas, J. (1981). <em>Théorie de l’agir communicationnel</em>. Paris : Fayard.</p>



<p>Laclau, E. (2005). <em>La raison populiste</em>. Paris : Seuil.</p>



<p>Marx, K. &amp; Engels, F. (1848). <em>Manifeste du Parti communiste</em>. Londres.</p>



<p>Mudde, C. &amp; Kaltwasser, C. (2017). <em>Populism: A Very Short Introduction</em>. Oxford University Press.</p>



<p>Norris, P. &amp; Inglehart, R. (2019). <em>Cultural Backlash</em>. Cambridge University Press.</p>



<p>Rosanvallon, P. (2020). <em>Le siècle du populisme</em>. Paris : Seuil.</p>



<p>Sen, A. (1999). <em>Development as Freedom</em>. Oxford University Press.</p>



<p>Sloterdijk, P. (2010). <em>Colère et temps</em>. Paris : Fayard.</p>
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		<title>Sofiane Bouhdiba sur les pas de Abdelwahab Bouhdiba : aux sources de la sociologie maghrébine moderne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/10/sofiane-bouhdiba-sur-les-pas-de-abdelwahab-bouhdiba-aux-sources-de-la-sociologie-maghrebine-moderne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2022 06:49:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sofiane Bouhdiba, professeur de démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, vient de consacrer un ouvrage biographique à son père (et professeur), «Abdelwahab Bouhdiba : L&#8217;enfant de Kairouan» (éditions L&#8217;Harmattan, Paris, 2022), le célèbre sociologue ayant lui-même enseigné tout au long de sa carrière à la même Faculté, publié de nombreux ouvrages...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Abdelwahab-et-Sofiane-Bouhdiba.jpg" alt="" class="wp-image-383386"/></figure></div>



<p><strong><em>Sofiane Bouhdiba, professeur de démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, vient de consacrer un ouvrage biographique à son père (et professeur), «Abdelwahab Bouhdiba : L&rsquo;enfant de Kairouan» (éditions L&rsquo;Harmattan, Paris, 2022), le célèbre sociologue ayant lui-même enseigné tout au long de sa carrière à la même Faculté, publié de nombreux ouvrages de référence et formé plusieurs générations d&rsquo;enseignants et de chercheurs en sciences humaines.</em></strong></p>



<span id="more-383385"></span>



<p>Ce livre est d’abord un hommage au sociologue tunisien de réputation mondiale, disparu en le 17 décembre 2020. Il se veut également un outil pour le chercheur ou l’étudiant en sciences humaines et sociales qui souhaite approfondir ses connaissances en matière de sociologie maghrébine.</p>



<p>Le livre contient deux grandes parties, à peu près équilibrées. La première, organisée autour de sept chapitres, s’apparente à une biographie détaillée – parfois romancée – de Abdelwahab Bouhdiba, suivant pas à pas son parcours depuis sa naissance sous le protectorat français à Kairouan, jusqu’à son accès à de hautes fonctions académiques à Beit al Hikma ou à l’Unesco, en passant par la dure expérience universitaire de Janson de Sailly.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un apport original à la pensée sociologique </h2>



<p>La deuxième partie du livre, également partagée en sept chapitres, est davantage orientée vers l’œuvre monumentale du sociologue. Elle examine d’une manière méthodique les principales thématiques traitées par le professeur Abdelwahab Bouhdiba, et en particulier l’émancipation de la femme arabe, la sexualité en islam, les paradoxes de la famille nucléaire maghrébine, les perspectives de l’islam politique, et plus récemment l’histoire sociale du parfum dans le monde arabe.</p>



<p>Il s’agit notamment de mettre en valeur l’apport original de Abdelwahab Bouhdiba dans la pensée sociologique maghrébine moderne, et de réfléchir sur l’héritage qu’il lègue aux générations futures. Et qui mieux que son fils et disciple pour effectuer ce travail nécessaire, non seulement pour faire vivre la mémoire d&rsquo;un grand penseur parmi la génération d&rsquo;enseignants et de chercheurs qui n&rsquo;ont pas eu le privilège de le côtoyer et de recevoir son enseignement, mais aussi pour faire revivre cet enseignement.</p>



<p>Des personnalités scientifiques de premier plan, telles que Gaston Bachelard, Edgar Morin, Paul Ricœur ou Sleïm Ammar, qui ont toutes à un moment ou un autre, croisé la destinée de Abdelwahab Bouhdiba, apparaissent également d’une manière éparse dans l’ouvrage. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Sofiane-et-Abdelwahab-Bouhdiba.jpg" alt="" class="wp-image-383387" width="500"/></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading">Une dette personnelle  </h2>



<p>Enfin, le lecteur trouvera tout au long des pages de ce livre quelques photographies en noir et blanc inédites du professeur Abdelwahab Bouhdiba, issues des archives familiales. Ce qui donne à cet ouvrage une dimension à la fois scientifique et personnelle, l&rsquo;auteur ayant une dette personnelle envers celui qui avait accompagné ses premiers pas d&rsquo;homme et de chercheur, rigoureux et exigeant.</p>



<p>Cet ouvrage est le 17<sup>e</sup> publié par le professeur Sofiane Bouhdiba, mais à ce jour il a toujours écrit en employant la première personne du pluriel. Il se conformait à ce que ses maîtres lui ont appris, l’idée étant de donner plus de prestige au texte. Pour la première fois, Sofiane Bouhdiba emploie ici la première personne du singulier, un <em>«je»</em> humble lui semblant davantage respectueux envers la personnalité de son père et mentor.</p>



<p>Enfant, Sofiane Bouhdiba avait découvert progressivement que son père n’était pas une personne ordinaire. Plus tard, il a compris que son grand-père était lui aussi un personnage hors du commun, un intellectuel et un humaniste. Il commence également à comprendre que c’est à Kairouan, dans un mystérieux quartier du nom de Bab El-Qidda, que tout avait commencé.</p>



<p>Assurément, les sciences humaines sont une affaire de famille chez les Bouhdiba et ce, depuis le XVIII<sup>e</sup> siècle. Suivant une longue tradition familiale, le professeur Sofiane Bouhdiba a bien tenté de suivre les pas de son père. Mais les géants ont ceci de particulier qu’une vie ne suffit pas pour faire un seul de leurs pas…</p>



<p>L&rsquo;auteur conclue l&rsquo;hommage à son père avec les propres paroles de ce dernier qui résonnent encore dans son esprit, et qu’il lui arrive encore souvent de méditer longuement : <em>«Une recherche sociologique quelle qu’elle soit ne se réduit jamais à une pensée du social. C’est une pensée sociale. Mieux encore, elle est un acte social. Elle participe à l’histoire en acte. Une épistémologie consciente des rapports de la sociologie avec son environnement refusera de s’enfermer dans une coupure épistémologique quelconque.»</em></p>



<p>Sofiane Bouhdiba a enseigné dans de nombreuses universités en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis, et participé à un grand nombre de conférences internationales sur diverses thématiques liées à l’étude des populations, et notamment la mortalité.</p>



<p>Consultant international aux Nations Unies, spécialiste de la mortalité, il a écrit de nombreux livres et plusieurs dizaines d’articles scientifiques en français et en anglais, publiés dans des revues internationales.</p>



<p>Il est membre de nombreuses sociétés scientifiques internationales, telles que l&rsquo;Association internationale des démographes de langue française (Aidelf), l’American Institute of Maghrebian Studies (AIMS), l&rsquo;African Studies Centre Community (ASC), le&nbsp;Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique&nbsp;(Codesria), la Population Association of America (PAA), l&rsquo;Arab Council for the Social Sciences (ACSS), l’Union des études de la population africaine (UEPA), l&rsquo;Union internationale pour l&rsquo;étude scientifique de la population (UIESP) et l&rsquo;African Studies Association (ASA).</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/10/sofiane-bouhdiba-sur-les-pas-de-abdelwahab-bouhdiba-aux-sources-de-la-sociologie-maghrebine-moderne/">Sofiane Bouhdiba sur les pas de Abdelwahab Bouhdiba : aux sources de la sociologie maghrébine moderne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Réponse à une tribune parue dans « Le Monde » à propos de la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/18/reponse-a-une-tribune-parue-dans-le-monde-a-propos-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 09:15:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce texte est une réponse d&#8217;un intellectuel tunisienne à une tribune publiée par le journal français Le Monde du 10 octobre 2021 sur la situation en Tunisie, développant des analyses mal-informées, unilatérales voire spécieuses. En appelant au retour à «la norme» d’avant le 25-Juillet, elle exprime des positions objectivement réactionnaires, indépendamment des bonnes intentions de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/18/reponse-a-une-tribune-parue-dans-le-monde-a-propos-de-la-tunisie/">Réponse à une tribune parue dans « Le Monde » à propos de la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/Kais-Saied-Gouvernement-Najla-Bouden-Prestation-de-serment.jpg" alt="" class="wp-image-365876"/><figcaption><em>Kais Saied présidant la cérémonie de prestation de serment du gouvernement Najla Bouden. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Ce texte est une réponse d&rsquo;un intellectuel tunisienne à une tribune publiée par le journal français Le Monde du 10 octobre 2021 sur la<a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/10/la-communaute-internationale-ne-doit-plus-detourner-le-regard-sur-le-durcissement-autoritaire-et-la-regression-des-droits-en-tunisie_6097793_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> situation en Tunisie</a>, développant des analyses mal-informées, unilatérales voire spécieuses. En appelant au retour à «la norme» d’avant le 25-Juillet, elle exprime des positions objectivement réactionnaires, indépendamment des bonnes intentions de certains de ses signataires.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Mustapha Alaoui </strong>*</p>



<span id="more-366532"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/Mustapha-Alaoui-Portrait.jpg" alt="" class="wp-image-366533"/></figure></div>



<p>Quand on trouve parmi les signataires de la tribune du <em>Monde</em> les noms de François Burgat, défenseur sans réserve des islamistes quoi qu’ils fassent, et de Taoufik Ben Brik, supporteur de Nabil Karoui, candidat à la présidence en 2019 actuellement en prison en Algérie, on peut se faire une première idée sur l’orientation de la tribune et on peut se permettre de penser que certains intellectuels européens et arabes se sont manifestement <em>«fait piéger»</em>, peut-être par manque d&rsquo;informations en la signant (nous pensons notamment à Edgar Morin et à Jean Ziegler).</p>



<p>Le contenu de l’analyse de cette tribune pousse aussi à s’interroger sur l’identité des vrais rédacteurs du texte. En effet, une telle analyse ne peut pas être celle de Morin ni de Ziegler. L’argumentation juridique sur laquelle repose cette analyse est unilatérale voire spécieuse. On présente l’interprétation du président comme «<em>lui </em>[étant]<em> propre</em>» et faite <em>«en dehors de toute légalité»</em> et on ajoute que <em>«de nombreux constitutionnalistes s’accordent à dire que rien ne justifie un tel accaparement du pouvoir»</em> et dénoncent <em>«une interprétation délibérément faussée de la norme suprême.»</em> En fait, la majorité des Tunisiens savent que tel n’est pas le cas car d’autres constitutionnalistes, non moins éminents que les contestataires, approuvent l’interprétation du président.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On pointe le résultat et on oublie la cause</h2>



<p>Observons que la position des auteurs de la tribune, quand ils présentent la lecture de la constitution que fait Saied comme <em>«une interprétation faussée»</em>, est partiale: ils ne disent aucun mot sur les raisons politiques, économiques, sociales et internationales qui justifient cette interprétation spécifique. Les rédacteurs se sont contentés de concéder que <em>«personne ne conteste que, depuis 2011, le pays a peiné à se doter d’une Constitution et à rassembler un personnel politique qui lui assure stabilité et cohésion, et lui permette de poursuivre son virage vers une démocratie moderne.»</em> Ils passent sous silence tout le mal qui a été fait au nom de la constitution et contre la stabilité et la cohésion du pays! Ils se contentent d’un <em>«jugement de valeur»</em> en invoquant <em>«l’instrumentalisation démagogique par l’actuel président du sentiment légitime de désenchantement»</em>. Cette <em>«démagogie»</em> s’inscrirait, selon eux, <em>«dans la lignée des régimes populistes qui, au nom de la défense des intérêts du peuple, court-circuitent ou anéantissent tous les contre-pouvoirs et foulent aux pieds l’intérêt public.»</em> Ils ne se disent rien sur les raisons qui sont à l’origine de cette situation exceptionnelle.</p>



<p>Il est clair que l’analyse que contient cette tribune pointe le résultat et non la cause et ne fait aucune allusion aux multiples abus dont la jeune démocratie en Tunisie a été l’objet. En effet, les islamistes et leurs alliés ont, au nom de la légalité, commis toutes sortes de préjudices, nui gravement à l’intérêt public et ne se sont pas gênés de se salir les mains. Ils ont, par là, dépouillé de leur caractère démocratique des élections qui les ont portés au pouvoir! Les auteurs de la tribune s’offusquent de <em>«l’instrumentalisation démagogique»</em> opérée par le président mais semblent admettre que cette jeune démocratie soit instrumentalisée par des réseaux et des partis corrompus, clientélistes et mafieux ! Ne pas souligner cette autre forme d’instrumentalisation revient à blanchir l’ancienne majorité parlementaire et l’ancien gouvernement présidé et à innocenter des criminels.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Association fallacieuse des islamistes à un Prix Nobel décerné&#8230; contre eux</h2>



<p>En plus de cette <em>«omission»</em> qui n’a rien d’innocent, les rédacteurs de la tribune tiennent un discours fallacieux en évoquant la situation politique du pays. Dans un premier temps, ils comparent entre deux moments de l’histoire actuelle de la Tunisie en rappelant qu’<em>«en 2015, le prix Nobel de la paix avait été remis, pour son rôle après la révolution de 2011, au quartet pour le dialogue national…» </em>alors qu&rsquo;actuellement <em>«la captation des pouvoirs à l’œuvre et les mesures employées promettent désormais à la Tunisie le retour à une forme d’âge de pierre intellectuel, rompant avec les idéaux portés par la révolution de 2011»</em>. Ils oublient de mentionner le fossé qui séparait le quartet récompensé par le prix Nobel et les islamistes qui avaient le pouvoir à cette époque et qui ont continué à gouverner jusqu’au 25 juillet dernier – les islamistes d’Ennahdha ont bénéficié, après 2019, du renfort du bloc encore plus à droite d’Al-Karama en plus du parti de Nabil Karoui, actuellement emprisonné en Algérie (Quel bel âge de fer intellectuel regrettent les auteurs de la tribune!).</p>



<p>Décidément, les rédacteurs de ce <em>«manifeste»</em> induisent leurs lecteurs en erreur&nbsp;: le prix Nobel a récompensé un effort qui a été fait contre les politiciens de l’avant 25 juillet. Ce jeu sur la périodisation et cet amalgame qui va jusqu’à associer implicitement les islamistes à un Prix Nobel décerné contre eux est indigne d’un intellectuel qui se respecte.</p>



<p>Pire encore&nbsp;: les rédacteurs de la tribune n’ont rien dit sur la position des organisations du quartet vis-à-vis du 25 juillet : celles-ci ont adopté une position de <em>«soutien critique»</em> et aucune d’elles n’a parlé de putsch réactionnaire (cela a été caché par les auteurs de la tribune qui ont donc instrumentalisé le prix Nobel attribué au quartet tunisien).</p>



<p>Dans un deuxième temps, les mêmes rédacteurs opposent l’ancien président Béji Caid Essebsi à l’actuel président Kais Saied en écrivant : <em>«l’histoire se rappellera également que le président Béji Caïd Essebsi, mort en juillet 2019, avait été à l’initiative du projet de loi sur l’égalité en matière d’héritage. Kaïs Saïed a enterré ce projet, provoquant la consternation des associations féministes. Au sujet de la peine capitale, le président tunisien avait déclaré :  »Je ne pense pas que la solution soit […] de ne pas imposer la peine de mort. » Kaïs Saïed est également opposé à la dépénalisation de l’homosexualité»</em>, et les auteurs du texte concluent qu’il est <em>«consternant que la Tunisie, qui avait allumé la première lumière du  »printemps arabe », dont les acteurs de la société civile ont montré depuis longtemps leur attachement aux principes fondamentaux de la démocratie et au respect des droits des femmes et des minorités, connaisse aujourd’hui une telle régression»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Désinformation, mensonge et instrumentalisation&nbsp;</h2>



<p>Par cette façon de soulever ces problèmes, les auteurs de ce texte trompent leurs lecteurs encore une fois car ils ne leur disent pas que la plupart de tous ceux que Saied a démis le 25 juillet, les islamistes en l&rsquo;occurrence, étaient hostiles aux projets modernistes proposés par Béji Caïd Essebsi. En réalité, ces derniers sont beaucoup plus conservateurs que Kais Saied. Dans cette comparaison, il y a un mensonge et une instrumentalisation&nbsp;: les auteurs du texte, par leur façon de présenter ces questions, se servent des propositions modernistes faites par feu Béji Caid Essebsi pour glorifier la période qui a précédé l’arrivée de Kais Saied (de facto cette glorification rejaillit aussi sur les islamistes qui avaient entre les mains l’essentiel du pouvoir pendant le mandat en question).</p>



<p>Tout est bon, ainsi, pour insinuer qu’il y a eu une <em>«régression»</em>. Que Kais Saied soit plus conservateur que Béji Caïd Essebsi sur certains points est une chose, mais que cette comparaison soit faite dans cet esprit, sans que soient dénoncés explicitement Ghannouchi , Karoui, Makhlouf et consorts, cela frise une démagogie encore plus exécrable que celle de Saied, si tant est que celui-ci ne soit qu’un démagogue.</p>



<p>Rappelons ici que Caid Essebsi a été trahi par Ghannouchi et Karoui et qu’il n’a lui-même rien fait contre la corruption et que par le pacte qu’il a passé avec Ghannouchi à Paris, en présence de Karoui, il est, en grande partie, responsable de ce qui se passe actuellement en Tunisie.</p>



<p>Bref, il y a donc régression et régression. Quant à <em>«la lumière»</em> tunisienne du <em>«printemps arabe»</em>, elle devrait être évaluée non seulement en fonction de la constitution qui est bonne sans être impeccable, mais aussi et surtout en fonction de ce qui a été fait pour répondre aux revendications des jeunes que le slogan le plus important de la révolution <em>«Travail, liberté et dignité nationale»</em> illustre parfaitement.</p>



<p>Tout en comprenant la crainte d’une dérive vers l’autoritarisme et le despotisme exprimée par certains politiciens et journalistes, il est surprenant de remarquer qu’en parlant de ces déviations et de régimes politiques qui ne se ressemblent pas, des différences pourtant importantes ne sont pas soulignées entre les formes du populisme (de droite, de centre et de gauche, selon C. Mouffe par exemple) et du césarisme (progressiste ou réactionnaire, selon A. Gramsci, par exemple). Il serait utile, dans ce sens, de rappeler qu’il y a une distinction à faire entre conservatisme, populisme ou césarisme <em>«partiels»</em> et <em>«complets»</em> et une différence entre <em>«l’idéal type»</em> et la réalité historique, surtout si cette réalité ne fait que commencer comme c’est le cas pour la Tunisie.</p>



<p>Au lieu de cela, nous nous trouvons avec cette tribune face à des jugements hâtifs. Ce qui devrait être une alerte ou une prévention est exprimé comme si l’éventualité ou le risque de la dérive était une déviation vers le despotisme déjà accomplie.</p>



<p>La question essentielle est, à notre avis, la suivante : quelle est la place réservée dans cette tribune à l’hypothèse <em>«césarienne progressiste»</em>, <em>«populiste de centre, voire de gauche»</em> ?</p>



<p>La réponse : aucune !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une césarienne risquée mais probablement nécessaire</h2>



<p>Le fait qu’une telle hypothèse soit écartée est dû, selon nous, à la sacralisation de la norme constitutionnelle qui régit la démocratie représentative parlementaire même si la constitution et la démocratie sont instrumentalisées par des forces rétrogrades qui cherchent à déstructurer une société et à ruiner un État. Pour se défendre, celui-ci peut, dans une situation particulière, n’avoir de solution entre ses mains que la césarienne, douloureuse, risquée, mais probablement nécessaire face au blocage démocratique causé par une classe politique dégénérée et corrompue.</p>



<p>La métamorphose – ce concept cher à E. Morin qu’il préfère au concept de révolution – espérée de la société tunisienne ne peut se faire que si notre pays réalise dans le cadre d’un régime démocratique, une partie, au moins, des objectifs que le slogan <em>«travail, liberté et dignité nationale»</em> résume bien. La voie qui peut y mener n’est jamais certaine et encore moins droite, et les dérives, vers un sens ou un autre, sont toujours possibles dans le cours réel de l’histoire de tout pays.</p>



<p>Que faire contre les dérives? Les dénoncer et les combattre si elles sont réelles, les prévenir si elles sont virtuelles et empêcher qu’elles deviennent un fait accompli.</p>



<p>Le 25 juillet 2021 en Tunisie est un processus <em>«non-idéal»</em> dans une démocratie républicaine parlementaire car il a conduit au gel du parlement, à la dissolution de l’ancien gouvernement, à l’arrêt de l’application intégrale de la constitution et à son remplacement par les décrets présidentiels, etc., selon une lecture spécifique de l’article 80 de la constitution suite aux dangers réels que sont devenus le gouvernement et le parlement.</p>



<p>Il y a eu des erreurs commises par Kais Saied et il y en aura, il y a aussi une tendance césarienne, populiste (mais de quels types?!), et les dérives autoritaires (qui ne sont encore jusque-là ni autocratiques ni despotiques au sens propre de ces mots) sont possibles. Précisons aussi que la restauration de la situation d’avant le 25 juillet signifie le retour à une <em>«configuration démocratique»</em> qui favorisait la corruption mafieuse, donnait le pouvoir politique à une classe dégénérée et, par là, livrait le pays en pâture aux axes régionaux et internationaux.</p>



<p>Ce que Kais Saied a fait est un mal nécessaire pour le pays. Cependant, l’état d’exception actuel ne doit pas durer, ne doit pas se transformer en état ordinaire, et en même temps, il n’est pas question de revenir à la situation politique d’avant le 25 juillet. Le pays est dans une phase critique qui nécessite un sauvetage <em>«césarien»</em> urgent de type nouveau : un césarisme civil et temporaire, qui évite autant que possible la dérive autoritaire et focalise sur la corruption politico-mafieuse locale (soutenue par des puissances étrangères) tout en garantissant les droits et les libertés individuelles et collectives.</p>



<p>Avouons-le, il s’agit là d’une aventure, d’un pari historique où rien n’est garanti. Seule la lutte des élites et de la société civile peut contribuer à créer les conditions d’une issue favorable à ce processus. La pression internationale dans laquelle s’inscrit la tribune du journal <em>Le</em> <em>Monde </em>ne fait qu’aggraver une situation de blocage causée essentiellement la gangrène de la corruption qui ronge tous les secteurs du pays.</p>



<p>Prendre ce risque vaut mieux qu’accepter que le paysage désolant d’avant le 25 juillet se perpétue et transforme le pays en un champ de ruines.</p>



<p>La tribune du journal <em>Le Monde</em> voit les choses sous un angle alarmiste. Au lieu d’exiger une feuille de route, des garanties démocratiques, une approche coopérative et participative, comme le demande par exemple le quartet, elle incite au retour à <em>«la norme»</em> d’avant le 25 juillet et, dans ce sens, elle est objectivement réactionnaire indépendamment des bonnes intentions de certains de ses signataires.</p>



<p>* <em>Doctorant, assistant de recherche et auxiliaire d’enseignement au département de sciences des religions à l’université du Québec à Montréal.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/18/reponse-a-une-tribune-parue-dans-le-monde-a-propos-de-la-tunisie/">Réponse à une tribune parue dans « Le Monde » à propos de la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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