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	<title>Archives des élites - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des élites - Kapitalis</title>
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		<title>La démocratie doit-elle se protéger du peuple ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des vagues de populisme traversent le monde avec une puissance inédite. Plaidoyer pour une démocratie entre élites à l’ère du populisme.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des vagues de populisme traversent aujourd’hui le monde avec une puissance inédite. Aucun continent n’est épargné, aucun régime démocratique n’est à l’abri. De l’Amérique à l’Europe, de l’Inde à l’Amérique latine, le discours politique se simplifie, se durcit, se radicalise. Les slogans remplacent les programmes, l’émotion supplante l’argumentation, et la colère devient une ressource électorale. C’est le triomphe inquiétant du nombre et la défaite de la raison. Plaidoyer pour une démocratie entre élites à l’ère du populisme.</em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-18307009"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le populisme se nourrit d’un paradoxe fondamental : il prétend incarner le peuple tout en détruisant les conditions mêmes d’un jugement politique éclairé. Il érige l’opinion immédiate en vérité, la majorité numérique en légitimité morale, et transforme toute complexité en suspicion. Dans ce climat, l’intellectuel devient un ennemi, l’expert un traître, le scientifique un manipulateur.</p>



<p>Face à cette dérive, une question longtemps jugée indécente mérite aujourd’hui d’être posée sans faux-semblants : la démocratie peut-elle survivre lorsqu’elle abdique toute exigence intellectuelle ? Et plus encore : une démocratie fondée sur des élites instruites, responsables et contrôlées serait-elle plus démocratique que le règne aveugle du nombre ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le populisme : une pathologie interne de la démocratie</h2>



<p>Contrairement à une idée répandue, le populisme n’est pas l’ennemi extérieur de la démocratie. Il en est une dérive interne, un excès logique. Il surgit lorsque la souveraineté populaire est réduite à sa forme la plus brute : le comptage des voix, indépendamment de la qualité du jugement qui les fonde.</p>



<p>Déjà, Platon voyait dans la démocratie athénienne un régime instable, vulnérable à la démagogie. Dans <em>La République</em>, il compare la cité démocratique à un navire confié à une foule ignorante, sourde à la compétence du pilote. Ce n’est pas le peuple en tant que tel que Platon critique, mais l’abandon de toute hiérarchie du savoir.</p>



<p>Plus près de nous, le politicien français Alexis de Tocqueville (1805-1859) identifie un danger majeur des sociétés démocratiques modernes : la <em>tyrannie de la majorité</em>. Celle-ci n’opprime pas par la force, mais par la norme, étouffant toute pensée dissidente sous le poids du consensus numérique (<em>De la démocratie en Amérique</em>).</p>



<p>Le populisme contemporain pousse cette logique à son extrême : il confond volonté générale et opinion majoritaire instantanée, souvent façonnée par les réseaux sociaux, les algorithmes et les émotions collectives. La démocratie devient alors un réflexe, non un processus de délibération.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’égalité politique et le mythe dangereux de l’égalité cognitive</h2>



<p>L’un des dogmes les plus intouchables de la modernité démocratique est l’idée que toutes les opinions se valent. Or cette affirmation, si elle est moralement séduisante, est intellectuellement intenable.</p>



<p>Être citoyen confère des droits égaux, mais ne produit pas automatiquement une compétence égale. Confondre égalité juridique et égalité cognitive revient à nier l’expérience, l’éducation, la formation, l’effort intellectuel. Cette confusion est au cœur du triomphe populiste.</p>



<p>Le philosophe et économiste britannique John Stuart Mill (1806-1873) l’avait parfaitement compris. Dans <em>Considerations on Representative Government</em> (1861), il propose un suffrage plural, où le vote des citoyens les plus instruits aurait un poids supérieur. Non par mépris social, mais par souci d’efficacité politique. Mill pose une question dérangeante mais rationnelle : pourquoi refuser à la politique ce que l’on exige de la médecine, de l’ingénierie ou du droit ?</p>



<p>On ne choisit pas un chirurgien par acclamation populaire. On ne confie pas un pont à un vote majoritaire. Pourquoi alors accepter que le destin d’une nation soit décidé sans exigence minimale de compétence ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La révolte des masses et la fin du jugement</h2>



<p>Le populisme est aussi un phénomène culturel profond. Le philosophe espagnol José Ortega y Gasset (1883-1955) dans <em>La révolte des masses</em> (1930), décrit l’avènement de l’<em>«homme-masse»</em> : un individu convaincu de son droit à décider de tout, sans effort préalable de compréhension.</p>



<p>L’homme-masse ne rejette pas seulement l’élite ; il rejette l’idée même d’excellence. Toute distinction est perçue comme une offense. Toute compétence devient arrogance. Cette mentalité trouve aujourd’hui un terrain idéal dans les réseaux sociaux, où la visibilité remplace la légitimité, et où la viralité tient lieu de vérité.</p>



<p>Dans ce contexte, la démocratie cesse d’être un régime de responsabilité pour devenir un théâtre d’indignations successives. Le jugement politique, qui exige lenteur, mémoire et complexité, est sacrifié au profit de réactions immédiates.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Effondrement du sens politique et banalisation de l’irresponsabilité</h2>



<p>La germano-américaine Hannah Arendt (1906- 1975) a montré, notamment dans <em>La crise de la culture</em>, que le mal politique moderne ne procède pas toujours de la monstruosité, mais de la banalité, c’est-à-dire de l’absence de pensée.</p>



<p>Le populisme prospère précisément sur cette absence. Il ne demande pas aux citoyens de comprendre, mais de réagir. Il ne sollicite pas la raison, mais l’affect. Le vote devient un geste cathartique, non un acte réfléchi.</p>



<p>La démocratie, ainsi vidée de son exigence intellectuelle, devient vulnérable à toutes les manipulations. Elle se transforme en machine à légitimer l’irresponsabilité collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faut-il alors confier la démocratie aux élites ?</h2>



<p>Le mot <em>«élite»</em> est aujourd’hui presque imprononçable. Il évoque immédiatement l’arrogance, la domination, l’entre-soi. Pourtant, refuser toute forme d’élite revient à accepter implicitement le règne de l’incompétence.</p>



<p>Il faut ici être clair : il ne s’agit ni d’une élite de naissance, ni d’une élite de richesse. Il s’agit d’une élite de savoir, de responsabilité et d’éthique. Une élite sans privilèges héréditaires, soumise au contrôle, révocable, évaluée.</p>



<p>Dans toute société complexe, des élites existent de fait : scientifiques, ingénieurs, médecins, enseignants, juristes. La question n’est donc pas leur existence, mais leur place dans la décision politique.</p>



<p>Refuser leur rôle au nom d’un égalitarisme abstrait, c’est livrer la démocratie à ceux qui crient le plus fort, non à ceux qui comprennent le mieux.</p>



<p>Modèles possibles d’une démocratie protégée du populisme</p>



<p>Imaginer une démocratie entre élites ne signifie pas abolir le peuple, mais réintroduire des filtres rationnels.</p>



<p>Plusieurs modèles sont envisageables :</p>



<p>1. Un bicaméralisme renforcé : une chambre élue au suffrage universel, et une chambre de compétence (scientifiques, juristes, philosophes, économistes), avec droit de veto argumenté.</p>



<p>2. Un suffrage pondéré par le niveau d’instruction ou la formation civique.</p>



<p>3. Des conseils citoyens qualifiés, tirés au sort mais formés longuement avant toute décision.</p>



<p>4. Une démocratie délibérative, où le vote n’intervient qu’après un processus obligatoire d’information et de débat.</p>



<p>Ces modèles ne sont pas antidémocratiques ; ils sont antipopulistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le danger inverse : technocratie et déshumanisation</h2>



<p>Toute réflexion honnête doit reconnaître les risques d’une démocratie des élites. L’expertise peut devenir froide, déconnectée du vécu. Les élites peuvent se fossiliser, se reproduire, perdre tout contact avec le réel social.</p>



<p>Le théoricien de la politique, l’allemand Carl Schmitt (1888, 1985) rappelle que la politique ne peut jamais être réduite à une simple gestion technique. Elle implique des choix existentiels, des valeurs, des conflits irréductibles.</p>



<p>C’est pourquoi une démocratie entre élites ne peut être viable que si elle reste ouverte, pluraliste, contrôlée, et si le peuple conserve un droit de regard et de sanction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Penser contre la foule pour sauver la démocratie</h2>



<p>Il est temps d’oser une vérité inconfortable : la démocratie n’est pas sacrée par nature. Elle n’est qu’un outil fragile, qui ne fonctionne que si les citoyens sont capables de discernement.</p>



<p>Lorsque l’ignorance devient majoritaire, lorsque l’émotion remplace la raison, lorsque la compétence est méprisée, la démocratie se suicide lentement sous les applaudissements.</p>



<p>Peut-être faut-il alors accepter cette idée provocante : le salut de la démocratie viendra parfois d’une minorité lucide, et non de la majorité aveugle. Penser contre la foule n’est pas trahir la démocratie. C’est peut-être aujourd’hui la seule façon de la préserver.</p>



<p>* Universitaire. </p>



<p><strong>Références bibliographiques </strong>(indicatives)&nbsp;<strong>:</strong></p>



<p>Platon, <em>La République.</em></p>



<p>Alexis de Tocqueville, <em>De la démocratie en Amérique.</em></p>



<p>John Stuart Mill, <em>Considerations on Representative Government.</em></p>



<p>José Ortega y Gasset, <em>La révolte des masses.</em></p>



<p>Hannah Arendt, <em>La crise de la culture</em> ; <em>Eichmann à Jérusalem.</em></p>



<p>Carl Schmitt, <em>La notion de politique.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wl21m8AxFu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/ce-populisme-lancinant-et-abrasif-en-tunisie/">Ce populisme lancinant et abrasif en Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce populisme lancinant et abrasif en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/ce-populisme-lancinant-et-abrasif-en-tunisie/embed/#?secret=RFGOgnK8TE#?secret=wl21m8AxFu" data-secret="wl21m8AxFu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Désespérance et incivilité des élites en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 07:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie traverse une crise silencieuse où la désespérance des élites et l’incivilité quotidienne des citoyens. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/20/desesperance-et-incivilite-des-elites-en-tunisie/">Désespérance et incivilité des élites en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie traverse une crise silencieuse où la désespérance des élites et l’incivilité quotidienne des citoyens se combinent pour façonner une culture de la laideur. Les architectes, intellectuels et autres acteurs culturels ont un rôle décisif pour transformer ce désordre latent en projet collectif. Ignorer cette dynamique, c’est laisser la société se réinventer par défaut, dans le désordre et la gabegie.</em></strong> <em>(Ph. Cité Ennasr, à Tunis : Quand chacun fait comme il veut, c’est la société tout entière qui apprend à tolérer l’inacceptable.)</em></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-17291680"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Nous ne savons plus où nous allons, mais nous continuons à marcher comme si tout était normal.</p>



<p>La bourgeoisie tunisienne, traditionnellement formée et privilégiée, exprime un désarroi profond. Architectes, cadres et intellectuels continuent de se projeter dans les cercles de pouvoir sans mettre à jour leurs méthodes, leurs pratiques ou leur rapport au travail. Le prestige académique et les titres ne suffisent plus.</p>



<p>Le travail devient précaire, mal reconnu, et souvent déconnecté des réalités sociales. Pendant ce temps, la population, elle-même en quête de repères, ne trouve ni sens ni reconnaissance dans ces élites déphasées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Incivilité et normalisation des comportements</h2>



<p>Quand chacun fait comme il veut, c’est la société tout entière qui apprend à tolérer l’inacceptable.</p>



<p>L’incivilité quotidienne n’est pas un simple problème moral : elle est le symptôme d’une société qui expérimente de nouvelles normes dans l’ombre des institutions défaillantes. Frustration, absence de projet collectif et détachement des élites transforment le quotidien en laboratoire social.</p>



<p>Ce qui était autrefois marginal devient progressivement toléré, visible, et, à terme, normalisé. La Tunisie ne subit plus seulement une politique défaillante : elle fabrique sa propre inculture par défaut, dans laquelle comportements et pratiques s’imposent plus vite que la loi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’architecte comme révélateur et acteur</h2>



<p>Ce que je fais à une maison, je le fais à un corps. Ce que je fais à la société, je le fais à son avenir, dirait l’architecte qui, en tant qu’acteur culturel, occupe une place cruciale. Une formation élitiste et théorique ne suffit plus à légitimer un travail souvent précaire et mal valorisé. Ceux qui se limitent à la posture du prestige risquent d’alimenter le désordre latent.</p>



<p>À l’inverse, ceux qui réinventent leur rôle, adaptent leurs savoir-faire aux réalités locales et ouvrent le dialogue avec la population peuvent devenir des leviers de renaissance culturelle et civique. L’architecte peut alors transformer l’incivilité et la frustration en création et en projet collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un projet collectif</h2>



<p>Ignorer cette dynamique, c’est laisser la société se réinventer par défaut. Et si rien n’est fait, la frustration, l’incivilité et la désespérance peuvent devenir la norme.</p>



<p>Le véritable défi pour les élites et pour l’architecte est de transformer cette énergie négative en un projet collectif tangible et intelligible. Avant que la culture émergente par défaut ne s’impose, il est urgent de reconstruire des repères communs et de réinventer le rôle de chacun dans la société tunisienne.</p>



<p><em>* Ancien président de l’Ordre des Architectes de Tunisie.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cbb9DwGDGY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/27/tunisie-la-crise-culturelle-un-miroir-brise/">Tunisie | La crise culturelle, un miroir brisé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | La crise culturelle, un miroir brisé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/27/tunisie-la-crise-culturelle-un-miroir-brise/embed/#?secret=3Fa5aFe00N#?secret=cbb9DwGDGY" data-secret="cbb9DwGDGY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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