<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Emir Abdelkader - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/emir-abdelkader/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/emir-abdelkader/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Sun, 01 Mar 2026 08:38:07 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.1</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Emir Abdelkader - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/emir-abdelkader/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Le poème du dimanche &#124; ‘‘Jugurtha’’ de Rimbaud</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/01/le-poeme-du-dimanche-jugurtha-de-rimbaud/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/01/le-poeme-du-dimanche-jugurtha-de-rimbaud/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 06:28:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[colonisation française]]></category>
		<category><![CDATA[Emir Abdelkader]]></category>
		<category><![CDATA[Jughurtha]]></category>
		<category><![CDATA[Numidie]]></category>
		<category><![CDATA[Rimbaud]]></category>
		<category><![CDATA[Victor Hugo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18420987</guid>

					<description><![CDATA[<p>Arthur Rimbaud célèbre dans ce poème écrit à 15 ans le chef numide, Jugurtha, héros de la lutte contre Rome.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/01/le-poeme-du-dimanche-jugurtha-de-rimbaud/">Le poème du dimanche | ‘‘Jugurtha’’ de Rimbaud</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Quand il écrit ce poème en 1869, Arthur Rimbaud (1854-1891) n’a pas quinze ans&nbsp;! Le jeune prodige participe à un Concours académique, en latin. Et bien sûr, il le gagne. Son poème, en 75 vers, célèbre le Numide, Jugurtha (160 av J.-C.&nbsp;– 104 av J.-C.) héros de la lutte contre Rome.</em></strong></p>



<span id="more-18420987"></span>



<p>En réalité, le jeune poète rend hommage au <em>«second»</em> Jugurtha, l’Emir Abdelkader (1808-1883), héros de la résistance algérienne à la colonisation française de 1830 et qui a duré jusqu’à 1847, date de sa reddition.</p>



<p>La colonisation, présente, dans la littérature, curieusement, n’était pas condamnée, même pas par Victor Hugo ! Etonnant donc ce <em>‘‘Jugurtha’’</em>, mais qui prédit l’engagement et la révolte de Rimbaud, qui rejoindra La Commune de Paris à 16 ans, en 1870. Autre événement historique qu’il célèbrera dans de nombreux poèmes.    </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p><em>Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;<br>et la brise légère a dit : « Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !&#8230; »</em></p>



<p><em>Il y avait peu de temps que s’était élevé dans les airs<br>celui qui bientôt pour la nation et la patrie arabe devait être<br>le grand Jugurtha, quand son ombre apparut à ses parents<br>émerveillés, au-dessus d’un enfant, &#8211; l’ombre du grand Jugurtha ! &#8211;<br>et raconta sa vie et proféra cet oracle :<br>«O ma patrie ! ô ma terre défendue par mes peines !&#8230;»<br>Et sa voix, interrompue par le zéphyr, se tut un moment&#8230;<br>« Rome, auparavant impure tanière de nombreux bandits,<br>avait rompu ses murs étroits, et, répandue tout à l’entour,<br>s’était annexé, la scélérate ! les contrées voisines.<br>Puis elle avait embrassé dans ses bras rob0ustes l’univers,<br>et l’avait fait sien. Beaucoup de nations refusèrent<br>de briser le joug fatal : celles qui prirent les armes<br>répandaient leur sang à l’envi, sans succès,<br>pour la liberté de la patrie : Rome, plus grande que l’obstacle,<br>brisait les peuples, quand elle ne faisait pas alliance avec les cités.»</em></p>



<p><em>Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;<br>et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !&#8230; »</em></p>



<p><em>«Moi-même, longtemps, j’avais cru que ce peuple possédait une âme<br>noble ; mais quand, devenu homme, il me fut permis<br>de voir cette nation de plus près, une large blessure se révéla<br>à sa vaste poitrine !&#8230; &#8211; Un poison funeste s’était insinué<br>dans ses membres : la fatale soif de l’or !&#8230; Tout entière sous les armes,<br>en apparence !&#8230; &#8211; Cette ville prostituée régnait sur toute la terre :<br>c’est moi qui ai décidé de me mesurer avec cette reine, Rome !<br>J’ai regardé avec mépris le peuple à qui obéit l’univers !&#8230; »</em></p>



<p><em>Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;<br>et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !&#8230;»</em></p>



<p><em>«Car lorsque Rome eut entrepris de s’immiscer<br>dans les conseils de Jugurtha pour tenter de s’emparer peu à peu par ruse<br>de ma patrie, conscient, j’aperçus<br>les chaînes menaçantes, et je résolus de résister à Rome :<br>je connus les profondes douleurs d’un cœur angoissé !<br>Ô peuple sublime ! mes guerriers ! ma sainte populace !<br>Cette terre, la reine superbe et l’honneur de l’univers,<br>cette terre s’effondra, &#8211; s’effondra, soûlée par mes présents.<br>Oh ! comme nous avons ri, nous, Numides, de cette ville de Rome !<br>Ce barbare de Jugurtha volait dans toutes les bouches :<br>Il n’y avait personne qui pût s’opposer aux Numides !&#8230;»</em></p>



<p><em>Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;<br>et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !&#8230;»</em></p>



<p><em>«C’est moi qui, convoqué, ai eu la hardiesse de pénétrer en territoire<br>romain et jusque dans leur ville, Numides ! A son front superbe<br>j’ai appliqué un soufflet, j’ai méprisé ses troupes mercenaires.<br>&#8211; Ce peuple enfin s’est levé pour prendre ses armes, longtemps en oubli.<br>Je n’ai pas déposé le glaive. Je n’avais nul espoir<br>de triompher ; mais du moins j’ai pu rivaliser avec Rome !<br>J’ai opposé des rivières, j’ai opposé des rochers aux bataillons<br>romains : tantôt ils luttent dans les sables de Libye,<br>tantôt ils emportent des redoutes perchées au sommet d’une colline.<br>Souvent ils teignirent de leur sang versé les campagnes de mon pays ;<br>et ils restent confondus devant la ténacité inaccoutumée de cet ennemi&#8230; »</em></p>



<p><em>Il naît dans les montagnes de l’Arabie un enfant, qui est grand ;<br>et la brise légère a dit : «Celui-là est le petit-fils de Jugurtha !&#8230; »</em></p>



<p><em>«Peut-être aurais-je fini par vaincre les cohortes ennemies&#8230;<br>Mais la perfidie de Bocchus&#8230; À quoi bon en rappeler davantage ?<br>Content, j’ai quitté ma patrie et les honneurs royaux,<br>content d’avoir appliqué à Rome le soufflet du rebelle.<br>&#8211; Mais voici un nouveau vainqueur du chef des Arabes,<br>la France !&#8230; Toi, mon fils, si tu fléchis les destins rigoureux,<br>tu seras le vengeur de la Patrie ! Peuplades soumises, aux armes !<br>Qu’en vos cœurs domptés revive l’antique courage !<br>Brandissez de nouveau vos épées ! Et, vous souvenant de Jugurtha,<br>repoussez les vainqueurs ! versez votre sang pour la patrie !<br>Oh ! que les lions arabes se lèvent pour la guerre,<br>et déchirent de leurs dents vengeresses les bataillons ennemis !<br>Et toi, grandis, enfant ! Que la Fortune favorise tes efforts !<br>Et que le Français ne déshonore plus les rivages arabes !&#8230;»</em></p>



<p><em>Et l’enfant en riant jouait avec son épée recourbée&#8230;</em></p>



<p><em>II</em></p>



<p><em>Napoléon !&#8230; Oh ! Napoléon !&#8230; Ce nouveau Jugurtha<br>Est vaincu !&#8230; Il croupit, enchaîné, dans une indigne prison !<br>Voici que Jugurtha se dresse à nouveau dans l’ombre devant le guerrier<br>et d’une bouche apaisée lui murmure ces mots :<br>«Rends-toi, mon fils, au Dieu nouveau ! Abandonne tes griefs !<br>Voici surgir un meilleur âge&#8230; La France va briser<br>tes chaînes&#8230; Et tu verras l’Algérie, sous la domination française,<br>prospère !&#8230; Tu accepteras le traité d’une nation généreuse,<br>grand aussitôt par un vaste pays, prêtre<br>de la Justice et de la Foi jurée&#8230; Aime ton aïeul Jugurtha<br>de tout ton cœur&#8230; Et souviens-toi toujours de son sort !</em></p>



<p><em>III</em></p>



<p><em>Car c’est le Génie des rivages arabes qui t’apparaît !»</em></p>



<p><em>Rimbaud Jean-Nicolas-Arthur, externe au collège de Charleville. Professeur : M. Duprez.</em></p>



<p><em>Traduit du latin par<strong> Jules Mouquet</strong>, Rimbaud, ‘‘Œuvres complètes’’, Classiques Modernes, 1999.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/01/le-poeme-du-dimanche-jugurtha-de-rimbaud/">Le poème du dimanche | ‘‘Jugurtha’’ de Rimbaud</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/01/le-poeme-du-dimanche-jugurtha-de-rimbaud/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
