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	<title>Archives des énergie nucléaire - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des énergie nucléaire - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Tabarka l Formation de 60 chercheurs arabes à la physique des plasmas et de la fusion nucléaire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/04/tabarka-l-formation-de-60-chercheurs-arabes-a-la-physique-des-plasmas-et-de-la-fusion-nucleaire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2025 09:56:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La cinquième édition de l’École de physique des plasmas et de la fusion de la région Mena se tient à Tabarka en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/04/tabarka-l-formation-de-60-chercheurs-arabes-a-la-physique-des-plasmas-et-de-la-fusion-nucleaire/">Tabarka l Formation de 60 chercheurs arabes à la physique des plasmas et de la fusion nucléaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le ministre tunisien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mondher Belaid, a inauguré la cinquième édition de l’École de physique des plasmas et de la fusion de la région Mena (<a href="https://www.mpfus2025.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">MPFuS 2025</a>), qui se tient du </em></strong>30 juin au 4 juillet 2025<strong><em>, à Tabarka, sur la côte nord-ouest de la Tunisie,</em></strong></p>



<span id="more-16950927"></span>



<p>S’exprimant lors de la séance d’ouverture, en présence d’experts et de chercheurs locaux et internationaux de diverses nationalités, le ministre a déclaré que, depuis sa création, cette école est devenue une initiative régionale de référence, fondée sur une vision commune visant à élargir la coopération scientifique entre l’Afrique, le monde arabe, l’Europe et l’Asie.</p>



<p>Elle incarne l’ambition de la Tunisie et des pays participants d’investir dans la science et les technologies de pointe du futur, d’assurer leur souveraineté énergétique, de promouvoir une transition durable et de former les jeunes talents, a-t-il ajouté.</p>



<p><br>L’École de physique des plasmas et de la fusion est une plateforme régionale de partage des connaissances, d’interaction avec les jeunes chercheurs et de création de partenariats durables, capables de soutenir efficacement les économies des pays participants et de créer des alternatives pour l’avenir malgré le contexte difficile actuel. <em>«Le gouvernement tunisien est prêt à soutenir cette école, motivé par ses convictions, ses engagements et sa volonté de renforcer et d’élargir les réseaux de coopération scientifique à travers ce type d’événement, offrant toutes les garanties de succès»</em>, a déclaré M. Belaid à l’agence de presse Tap, rappelant que la Tunisie a été l’un des premiers pays africains à s’intéresser à l&rsquo;utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et qu’elle est membre fondateur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en plus d’avoir récemment ratifié l’Initiative arabe pour l’énergie de fusion (AFEI).</p>



<p>Le directeur général de l’Agence arabe de l’énergie atomique (AAEA), Salem Hamdi, a déclaré que tous les pays arabes s’intéressent à la fusion nucléaire, tant en termes d’utilisation que de formation. Cet objectif pourrait réduire l’écart entre pays développés et pays en développement, a-t-il souligné. </p>



<p>Pour sa part, le directeur général du Centre national des sciences et technologies nucléaires (CNSTN), Adel Trabelsi, a déclaré que la formation actuellement proposée à plus de 60 chercheurs constitue l’un des piliers clés de l’engagement envers ce projet technologique de pointe.</p>



<p>Lors de l’événement, un accord de coopération et de partenariat a été signé sous la supervision du ministre entre l’Agence arabe de l&rsquo;énergie atomique, l’Institut chinois de physique des plasmas, le Commissariat à l’énergie atomique français et le Centre national des sciences et technologies nucléaires.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/04/tabarka-l-formation-de-60-chercheurs-arabes-a-la-physique-des-plasmas-et-de-la-fusion-nucleaire/">Tabarka l Formation de 60 chercheurs arabes à la physique des plasmas et de la fusion nucléaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour réduire son déficit énergétique, la Tunisie doit s’orienter vers le nucléaire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/27/pour-reduire-son-deficit-energetique-la-tunisie-doit-sorienter-vers-le-nucleaire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Feb 2025 08:31:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[électricité]]></category>
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		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie doit désormais s’orienter vers la production de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/27/pour-reduire-son-deficit-energetique-la-tunisie-doit-sorienter-vers-le-nucleaire/">Pour réduire son déficit énergétique, la Tunisie doit s’orienter vers le nucléaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous assistons ces derniers temps à une explosion des prix des carburants à l’échelle internationale. Cette situation a aggravé le déficit énergétique de la Tunisie entraînant la détérioration de sa balance commerciale et la sortie de devises. D’où la nécessité d’opter pour des solutions alternatives et innovantes susceptibles de sortir le pays du cercle vicieux de la dépendance des énergies fossiles.   </em></strong></p>



<p><strong>Atef Hannachi *</strong></p>



<span id="more-15704818"></span>



<p>Notre déficit énergétique a évolué comme suit entre 2010 et 2022 :  </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="500" height="300" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-1-1.jpg" alt="" class="wp-image-15704861" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-1-1.jpg 500w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-1-1-300x180.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure></div>


<p>Ce déficit, dominé par le pétrole et le gaz, se détaille comme suit :</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="500" height="300" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-2-1.jpg" alt="" class="wp-image-15704888" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-2-1.jpg 500w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-2-1-300x180.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure></div>


<p>En 2021, la demande d’électricité a atteint environ 16 442 GWh contre 13 015 GWh en 2010, soit un taux de croissance de 2% par an.</p>



<p>Quant à la structure de la consommation par niveau de tension entre 2010 et 2021, elle a évolué comme suit&nbsp;:</p>



<p>&#8211; baisse de la part de la haute tension de 9,9% à 8,8%;</p>



<p>&#8211; baisse de la part de la moyenne tension de 46,5% à 41,2%;</p>



<p>&#8211; hausse la part de la baisse tension de 43,6% à 50,5%.</p>



<p>La consommation individuelle a, par conséquent, évolué au cours de la même période, sachant que le taux d’électrification rurale a atteint 99,9% en 2021, selon les données du ministère de l’Industrie, des mines et de l’Energie.</p>



<p>On sait aussi que la production d’électricité en Tunisie est aux trois quarts issue de la transformation de sources énergétiques fossiles (gaz et pétrole) comme le démontre le schéma suivant :</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="500" height="300" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-3.jpg" alt="" class="wp-image-15704925" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-3.jpg 500w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Graph-3-300x180.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure></div>


<p>Face à cette situation, l’Etat n’a pas élaboré un programme efficace à moyen terme pour réduire son déficit énergétique et la croissance du pays en a été négativement affectée (1,4% en 2024).</p>



<p>Pour satisfaire nos besoins en énergie, nous continuons d&rsquo;importer, et notamment le gaz et l’électricité de l’Algérie voisine dont notre approvisionnement énergétique dépend beaucoup aujourd’hui.</p>



<p>Les efforts actuellement consentis pour le développement des énergies renouvelables ne permettent pas de satisfaire nos besoins en énergie pour répondre à l’augmentation des besoins et soutenir la croissance économique, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique restant en-dessous de 5%.</p>



<p>A l’échelle internationale, l’énergie nucléaire constitue un fournisseur important d’énergie. En France, par exemple, la production d’électricité d’origine nucléaire a atteint 361.7 TWh en 2024, soit 85% des besoins énergétiques du pays.</p>



<p>L’idée de construire une centrale nucléaire pour produire de l’électricité a été évoquée en Tunisie depuis le milieu des années 1990 et des discussions ont même été menées avec la France à ce sujet, mais le projet a fait pschitt et les autorités semblent même l’avoir abandonné puisqu’elles se sont embarquées depuis peu dans un projet de production massive d’hydrogène vert pour répondre aux besoins de l’Europe. Mais ceci n’empêche pas cela, et notre pays serait bien inspiré de s’orienter vers la production de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire, ne fut-ce que pour diversifier ses sources d’approvisionnement et réduire sa dépendance d’une seule source, sachant que l’hydrogène vert que les Européens nous encouragent à produire en masse, en y mettant les soutiens financiers nécessaires, risque de provoquer de grands problèmes environnementaux, qui plus est, dans un pays qui souffre d’un stress hydrique aigu.</p>



<p>* <em>Expert comptable.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fYQNCztAyk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/28/lhydrogene-vert-en-tunisie-un-nouveau-mecanisme-de-pillage-et-dexploitation/">L’hydrogène vert en Tunisie : Un nouveau mécanisme de pillage et d’exploitation</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’hydrogène vert en Tunisie : Un nouveau mécanisme de pillage et d’exploitation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/28/lhydrogene-vert-en-tunisie-un-nouveau-mecanisme-de-pillage-et-dexploitation/embed/#?secret=iJdl1DovOf#?secret=fYQNCztAyk" data-secret="fYQNCztAyk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>L’ambition nucléaire de l’Arabie saoudite</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/09/lambition-nucleaire-de-larabie-saoudite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Mar 2023 07:54:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les pays arabes pétroliers veulent se doter de réacteurs nucléaires pour développer une industrie freinée par les coûts élevés des carburants.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/09/lambition-nucleaire-de-larabie-saoudite/">L’ambition nucléaire de l’Arabie saoudite</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au moment où l’Europe se tourne vers les énergies renouvelables et le tout-électrique avec en point de mire la neutralité carbone vers l’horizon 2050, l’Arabie saoudite qui tire l’essentiel de ses ressources de l’énergie fossile, ne voudrait pas perdre ce cap. Elle prend les devants et lorgne l’énergie nucléaire.</em></strong> <em>(Illustration : image aérienne du site du réacteur nucléaire de la ville du roi Abdulaziz pour la science et la technologie, en Arabie saoudite. Photographie : Google Earth).</em></p>



<p>Par <strong>Mohsen Redissi</strong> *</p>



<span id="more-6873506"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Mohsen-Redissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-322884"/></figure></div>


<p>Dans une contrée au-delà d’interminables dunes de sable, les pétrodollars coulent à flots au rythme des barils qui quittent les ports et les stations de pompage. Des commandes fermes pour les années à venir sont assurées pour le plus grand exportateur d’or noir et principal régulateur de l’offre et de la demande sur le marché mondial. Les caisses de l’Etat croulent déjà sous la baraka du hadj et ses produits dérivés.</p>



<p>Toutes les études concordent à dire que les énergies fossiles vont être délaissées au profit d’autres combustibles moins polluants dans les années à venir. Ce changement s’opère déjà en Europe, zone qui se tourne vers les énergies renouvelables et le tout-électrique avec en point de mire la neutralité carbone vers l’horizon 2050. L’Arabie saoudite ne voudrait pas perdre ce cap en prenant les devants dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Péninsule atomique</h2>



<p>Répondre à ses besoins toujours croissants d’énergie uniquement en hydrocarbures fragiliserait son indépendance énergétique. Le climat du royaume est rude et sec. La soif de l’eau ne peut être étanchée que par les grands travaux de dessalement voraces en énergie. Il faut ajouter à cela la dernière folie de l’Arabie Saoudite. Le pays organise en 2026 les Jeux asiatiques d’hiver. Une ville nouvelle et éternelle, <em><u><a href="https://www.leaders.com.tn/article/34016-sport-d-hiver-poudre-blanche-au-royaume-de-l-or-noir">The Line</a></u></em>, cité futuriste d’un vaste projet appelé Neom doit sortir du sable brûlant du désert. Elle est déjà visible du ciel, l’atome est le nerf de cette ville ultramoderne qui dépasse l’imaginaire populaire.</p>



<p>Le royaume saoudien regorge d’uranium, minerai détecté dans différents endroits du pays et qu’il compte enrichir pour développer son programme nucléaire civil. Ses responsables veulent diminuer la dépendance aux énergies fossiles et améliorer le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/07/le-maroc-lorgne-le-nucleaire-civil/">mix énergétique</a> à la manière du Maroc. Le combustible nucléaire sera mis sur le marché national comme à l’exportation.&nbsp;</p>



<p>Selon le ministre saoudien de l’Énergie, le royaume compte construire plus d’une quinzaine de réacteurs nucléaires sur deux décennies pour un montant avoisinant les 80 milliards de dollars. Et le ministre d’ajouter que les autorités saoudiennes s’engagent à limiter toutes les activités atomiques à des fins pacifiques. Ryad a déjà commencé à développer deux grands réacteursen toute transparence. Le pays est disposé à s&rsquo;associer à d’autres partenaires pour développer ce vaste chantier conformément aux obligations internationales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le plutonium arabe</h2>



<p>Selon les observateurs, Ryad ne cache pas son intention de devenir une puissance nucléaire. Cette ambition est légitime. Laisser le royaume fabriquer l’arme nucléaire est une option stratégique pour concurrencer le voisin persique et calmer ses ardeurs guerrières. Deux puissances nucléaires s’observant en continu. Mais il n’est pas sûr que la communauté internationale laissera faire.</p>



<p>Israël se méfie et n’a aucune confiance dans un pays musulman possédant l’arme nucléaire. Il a fait part de ses réserves aux responsables américains. Laisser Ryad se doter de l’armement nucléaire donnerait des idées noires aux voisins arabes, des belligérants toujours prêts à gommer Israël. Il faudrait plusieurs années avant de produire une bombe atomique, l’Occident n’aura de répit qu’après avoir réduit ses rêves en cendres.</p>



<p>L’équilibre des forces en présence au Moyen-Orient ne doit jamais basculer en faveur des ennemis d’Israël. Sa survie en dépend. Israël seul doit posséder l’arme de dissuasion massive. Israéliens, Américains et leurs alliés stratégiques sont tous d’accord là-dessus.</p>



<p>Pour les experts du monde arabe, le seul moyen d’empêcher l’Arabie Saoudite de se doter de l’arme nucléaire est d’essayer de lui fournir conseils et assistance en l’espionnant de l’intérieur. Experts et agents de l’Agence internationale de l’énergie atomique, AIEA, la secondent dans son entreprise et restent les garde-fous du programme.</p>



<p>Les pays arabes se bousculent devant la porte de l’AIEA, ce qui laisse le monde perplexe. Ils se sont donné le mot, ils veulent se doter de réacteurs nucléaires pour développer une industrie qui reste à la traîne; les coûts élevés des carburants freinent le plein rendement. L’Arabie saoudite et l’Égypte sont en pourparlers avec les deux puissances sur le marché, la Russie et la Chine. La France souffre toujours du syndrome israélien. En venant au secours de l’un de ses ennemis, elle déclencherait la surchauffe de Tel Aviv dans une réaction en chaîne dévastatrice. Dans cette course effrénée à l’atome, gare à toutes ces puissances nucléaires qui gravitent autour. La collision risque d’être fusionnelle.</p>



<p>* <em>Haut fonctionnaire à la retraite. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/09/lambition-nucleaire-de-larabie-saoudite/">L’ambition nucléaire de l’Arabie saoudite</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Maroc lorgne le nucléaire civil</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/07/le-maroc-lorgne-le-nucleaire-civil/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Nov 2022 08:56:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[accords d&#039;Abraham]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohsen Redissi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le #Maroc envisage de construire des centrales nucléaires pour améliorer son mix énergétique.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>«<em>Le Maroc envisage de construire des centrales nucléaires pour améliorer son mix énergétique à faible émission de carbone et accélérer sa transition vers une économie verte…</em>»</strong></p>



<p>Par <strong>Mohsen Redissi</strong> *</p>



<span id="more-4847754"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Mohsen-Redissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-322884"/></figure></div>


<p>C’est en ces termes que la ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables a justifié les mesures récemment prises par le Maroc de se doter de centrales nucléaires pour enrichir l’uranium à des fins pacifiques.</p>



<p>On est certes encore au premier stade du projet, mais on imagine la polémique qu’une telle annonce pourrait provoquer, notamment dans les pays voisins, qui peuvent déjà se sentir à la merci de quelque nuage radioactif émanant d’une centrale nucléaire, indépendamment de l’endroit où elle se trouvera, même cachée sous terre à l’abri du regard des curieux.</p>



<p>Tous les pays sans exception ne disent pas toute la vérité quand il s’agit de leur programme nucléaire ou de celui des autres. Ils jouent à l’innocent pour faire croire que leur programme est strictement à usage civil; mais fabriquent un scénario catastrophique quant il s’agit d’un pays voisin ou d’un Etat qu’ils redoutent.</p>



<p>Les voisins du Maroc, l’Algérie en tête, ne vont pas tarder à faire part de leurs inquiétudes à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ils pourront aussi être tentés de se doter eux aussi de l’énergie nucléaire.</p>



<p>Pour le Maroc, le recours au nucléaire civil se justifie amplement par son fort déficit énergétique et par la hausse des prix des énergies fossiles. Mais ses voisons l’entendront-ils de cette oreille&nbsp;?</p>



<p>Si le projet aboutit, le Maroc pourrait devenir le second pays arabe détenteur du nucléaire, après les Emirats arabes unis, qui possèdent la première centrale nucléaire arabe reconnue officiellement, mise en marche en 2020 sans grande pompe. Discrétion oblige.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire de fission</h2>



<p>Le club sélect des détenteurs d’une ou plusieurs centrales nucléaires compte 32 pays, d’après le dernier chiffre fourni par les Nations unies.</p>



<p>Ce noyau restreint de 32 pays exploite 443 réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité, parmi eux 13 en sont dépendants à hauteur du quart de leur mix énergétique, pour d’autres elle représente la moitié de leur consommation en électricité. Mais certains autres se seraient bien passés du nucléaire sans grande incidence sur la satisfaction de leurs besoins énergétiques.</p>



<p>Le Maroc n’est pas à sa première tentative. L’idée de doter le royaume d’une centrifugeuse a germé dans l’esprit de feu Hassan II depuis les années 80. La soif qui frappe assez souvent, et qui frappe encore, les hommes, les bêtes et les plantes dans les pays de l’Afrique du Nord, a poussé le royaume chérifien à penser au nucléaire pour dessaler l’eau de mer à moindre frais. Et c’est à la Russie qu’il s’est adressé à l’époque pour avoir la technologie nécessaire pour cela.</p>



<p>Cependant, l’incident de Tchernobyl en 1988 a renvoyé aux calendes grecques les projets du Maroc et faire perdre à la Russie sa crédibilité en matière de sécurité dans un domaine où la moindre erreur est fatale.</p>



<p>En 1998, la Chine a finalisé avec le Maroc, avec la bénédiction de l’AIEA, le projet d’une unité de dessalement au nucléaire à Tan Tan. Mais l’accident nucléaire de Fukushima, survenu à la suite d’un tsunami en 2011, a détruit à nouveau le rêve marocain de voir sa centrale nucléaire sortir du sable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël à la rescousse</h2>



<p>Aujourd’hui, la donne a changé. La crise mondiale de l’énergie semble avoir redoré l’image du nucléaire civil. Le partenaire historique des pays de l’Afrique du Nord, la France en l’occurrence, hésite encore à proposer sa technologie nucléaire au Maroc. Elle temporise, non pas par manque de conviction, mais pour ménager ses relations avec une Algérie qui fournit le gaz à une Europe exposée à la perspective d’un second hiver sans pétrole et gaz russes.</p>



<p>Fatigué d’attendre, Mohamed VI se tourne vers Israël, son nouveau partenaire stratégique, pour bénéficier de son expérience en matière du nucléaire. N’a-t-il pas annexé le Sahara Occidental avec la bénédiction des Etats-Unis en échange de la signature des Accords d’Abraham en 2020? Le moment est donc venu de fêter en apothéose cette amitié retrouvée par un partenariat qui donne plus de crédibilité à ces Accords.</p>



<p>Le Maroc sait pertinemment qu’Israël est un électron libre au Moyen-Orient. Et lorsqu’il s’agit d&rsquo;Israël, l’Occident prend trois postures: il ne voit pas, n’entend pas et ne parle pas. Un blanc seeing dont le royaume chérifien compte tirer profit pendant, au moment où l’Europe a le dos tourné, préoccupée par une guerre ravageuse à sa frontière orientale qui menace son existence même.</p>



<p>Le nucléaire marocain sera-t-il donc israélien? Plus que l’expertise, le capital de sympathie dont jouit l’Etat hébreu auprès de la communauté internationale va dissiper toute hésitation concernant l’avenir de cette entreprise, celle de voir le Maroc se doter d&rsquo;un réacteur nucléaire.</p>



<p>L’accord tacite passé entre Israël et les superpuissances occidentales, gardiennes autoproclamées de l’équilibre stratégique international, selon lequel Israël doit rester la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, va-t-il enfin être rompu par Israël lui-même? <em>Wait and see…</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La société civile marocaine s’inquiète</h2>



<p>En attendant d’y voir plus clair dans les intentions des uns et des autres, les environnementalistes et la société civile au Maroc n’ont pas attendu longtemps pour signifier qu’ils sont foncièrement contre l’exploitation de l’énergie nucléaire dans leur pays. Leur crainte vient des différents accidents qui ont jalonné l’histoire du nucléaire dans le monde dus à des erreurs humaines ou souvent à des facteurs naturels. Ces activistes pensent que le Maroc doit s’orienter davantage vers les sources énergétiques plus propres, lui qui exporte déjà vers l’Europe son surplus de production d’énergie solaire. Leur crainte vient aussi de l’inquiétude omniprésente chez les spécialistes de l’environnement quant à la gestion des résidus nucléaires et leur dangerosité dans un pays qui souffre déjà des répercussions négatives du changement climatique. &nbsp;</p>



<p>* <em>Haut fonctionnaire à la retraite.</em></p>



<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis : </strong></em></p>



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		<title>Tchernobyl : Le risque nucléaire toujours présent !</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Mar 2022 06:54:55 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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<p><strong><em>Depuis l’invasion de l&rsquo;Ukraine par les troupes de la Russie, les centrales nucléaires sont désormais exposées aux bombardements et aux tirs d’artillerie, ranimant la grande peur d&rsquo;un possible accident nucléaire semblable à celui que ce pays a connu à Tchernobyl, durant l&rsquo;ère soviétique, et dont la gestion catastrophique par la bureaucratie communiste de l&rsquo;époque a longtemps alimenté la conscience nationale des Ukrainiens et leur attachement à l&rsquo;indépendance.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-382911"></span>



<p>Tchernobyl est ce village situé en Ukraine à quelques kilomètres de l’actuelle frontière avec la Russie. Aujourd’hui on n’en parle que pour dire qu’il a été occupé par les forces d’invasion russes mais que la centrale y est hors service. Pourtant il est bien plus que cela. C’est en ayant l’esprit ce qui s’ y est passé que l’on comprendra deux faits importants, la volonté d’indépendance par rapport à la Russie et le désarmement nucléaire consenti par l’Ukraine, pour se débarrasser de plus de 1 200 ogives nucléaires dans le cadre de ce qu&rsquo;on a nommé les accords de Bucarest, sous l&rsquo;égide des Etats-Unis d&rsquo;Amérique et de la Fédération de Russie, garantissant l&rsquo;indépendance ukrainienne.</p>



<p>Du temps de l’Union Soviétique, cette frontière n’existait évidemment pas dans le sens présent. Et néanmoins pendant longtemps, il a été de l’intérêt des dirigeants soviétiques d’entretenir l’illusion d’une République Socialiste Ukrainienne librement intégrée certes dans l’union, mais néanmoins disposant d’une voix dans le concert des nations à l’instar de tout pays indépendant. Et le Parti Communiste Ukrainien était parmi les plus puissants et les plus influents au point qu’un grand nombre de ses cadres dirigeants occupaient les postes de responsabilité les plus éminents au sommet de l’Union.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Soviétiques et l&rsquo;option nucléaire en Ukraine </h2>



<p>Rares sont ceux qui se souviennent qu’avant la seconde guerre mondiale ce village était habité majoritairement par des juifs et que plus tard la majorité ont subi le sort réservé aux juifs sous occupation allemande, la déportation et la mort. Mais à partir des années 60, les dirigeants soviétiques, cédant à leur habitude solidement établie de la planification, ont fait le choix du nucléaire afin de couvrir les besoins croissants de l’Union en énergie électrique, et le site de Tchernobyl fut choisi pour la construction de 4 centrales nucléaires.</p>



<p>Le nucléaire était alors considéré comme une technologie sûre par l’autorité politique, en dépit de la catastrophe qui avait secoué Maiak, une petite ville de l’Oural, et qui avait fait un nombre indéterminé de victimes.</p>



<p>L’énergie nucléaire est obtenue par fission de l’uranium, et les neutrons dégagés lors de la réaction sont ralentis par des modérateurs, en graphite dans le cas présent alors que le fluide caloporteur est constitué par de l’eau ou de la vapeur d’eau. Mais pour en augmenter le rendement on a créé des surgénérateurs qui produisent plus de matériaux fissiles qu’ils n’en consomment, grâce aux neutrons créant des isotopes lourds.</p>



<p>C’est pourquoi le parc nucléaire soviétique s’est vu doter de nouveaux surgénérateurs afin de remplacer les réacteurs anciens, et l’accident survenu dans les années 70 dans la centrale américaine de Three Mile Island, occasionné par un réacteur de ce type, ne semble pas avoir dissuadé de recourir à ce type de technologie.</p>



<p>En 1986, en pleine Perestroïka, l’heure était à la modernisation, et on estimait en haut lieu que les centrales nucléaires, fleuron de la technologie soviétique, devaient répondre aux besoins fixés par les bureaucrates et les politiciens de l’Etat, afin de faire de l’Union Soviétique un pays répondant aux normes occidentales du progrès et de la puissance. Mais les planificateurs soviétiques avaient déjà destiné à l’Ukraine, pourtant un territoire agricole riche en cours d’eau importants,&nbsp;le rôle de pourvoir en énergie électrique une grande partie du territoire soviétique, en particulier européen, et plusieurs réacteurs nucléaires avaient été mis soit en service soit en chantier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une équipe technique dépassée</h2>



<p>Pourtant, le 24 avril 1996, un essai devait être réalisé simulant une panne imposant l’arrêt du réacteur n° 2, et on devait utiliser l’eau servant au refroidissement du réacteur afin d’actionner une centrale thermique classique, et éviter l’interruption de l’électricité. Il semble que cet essai ait été mal préparé et mal organisé, et la faute n’en incombe nullement aux techniciens de la centrale mais plutôt à la compagnie d’électricité. C’est donc l’équipe de garde de la centrale qui tard dans la soirée a dû affronter une situation à laquelle elle n’était pas préparée. L’interruption du réacteur a eu lieu mais comme l’électricité menaçait d’être complètement interrompue, il a été réactivé et c’est alors que le réacteur s’est emballé, que la chaleur produite en son cœur a cru du fait de la surproduction de neutrons à haute énergie, et toutes les tentatives pour en obtenir l’arrêt se sont avérées vaines. La température a alors atteint un seuil critique entraînant la fusion du combustible.</p>



<p>En principe dans une situation semblable, il est nécessaire de dégager dans l’atmosphère la vapeur radioactive issue de l’eau de refroidissement, du fait de la surpression et du risque d’explosion. Dans des circonstances dramatiques, ce n’est évidemment pas une décision facile, la contamination de l’atmosphère en résulte, et elle doit toujours avoir la caution de l’autorité politique; d’autant que jusqu’à ce que la catastrophe survienne, il existe toujours un espoir de rétablir le contrôle sur le réacteur sans recourir à des mesures néfastes.</p>



<p>Mais à Tchernobyl, l’équipe technique, affairée vainement à la recherche d’un moyen pour obtenir l’arrêt du monstre en surchauffe, n’avait pas encore eu le temps de prendre la mesure du problème. Une heure après, au milieu de la nuit, une immense explosion envoyait dans les airs le dôme de protection du réacteur n° 2, sans que quiconque ne comprît ce qui arrivait.</p>



<p>C’est uniquement quand on envoya l’équipe d’inspection dans la salle du réacteur, sans les moyens adéquats pour se protéger, qu’on comprit l’étendue des dégâts; le réacteur avait explosé et de ses flancs éventrés et en feu de la fumée noire radioactive se répandait librement et abondamment dans le ciel. Aussitôt les équipes de pompiers se dirigeaient vers le site, pour éteindre l’incendie, mais il apparut très vite qu’elles ne pourraient pas opérer efficacement sans les moyens nécessaires pour les protéger.</p>



<p>Dans une structure de commandement aussi hiérarchisée que l’Union Soviétique, les responsables de la centrale n’avaient aucun pouvoir pour ordonner l’évacuation immédiate de la population. Il fallait d’abord que les responsables locaux du parti communiste en informent leurs supérieurs en Ukraine, que ceux-ci répercutent l’information aux décideurs de Moscou, au plus haut sommet de l’Etat, et en attendent les instructions, le directeur de la centrale avait, comme il en serait plus tard pris acte, bien demandé une telle évacuation dès le début, mais il semble qu’au plus haut sommet de l’Etat Soviétique on se soit préoccupé préalablement aux conséquences humaines, des moyens pour reprendre le contrôle du réacteur en feu.</p>



<p>Un envoyé de Moscou débarqua une dizaine d’heures plus tard pour faire le point et prendre les mesures jugées prioritaires. Il fut vite convenu de tenter de refroidir le réacteur par les moyens conventionnels anti incendie ainsi que par des hélicoptères déversant d’importantes quantités d’eau sur le site, mais tout ceci demeurant sans résultat, la décision d’évacuer la population dans un rayon de plusieurs kilomètres, jusqu’à une vingtaine, ne fut prise qu’environ vingt-quatre heures après et mise à exécution trente six heures après le début de l’accident.</p>



<p>Un black-out sur l’information fut concomitamment appliqué. Et les blessés de la centrale, victimes de graves brûlures, ainsi que tous ceux qui avaient reçu de fortes quantités de radiations, furent envoyés à Moscou et ailleurs, loin de l’Ukraine, pour bénéficier des soins nécessaires. Mais le problème n’était pour autant pas résolu, et la température au cœur du réacteur demeurant élevée, on se décida à en couvrir le cœur par des tonnes de sacs de sable, larguées par hélicoptères. Plusieurs pilotes irrémédiablement irradiés, y laissèrent leur santé ou leur vie. Malgré cela, le réacteur demeurait en état de suractivation, entretenant la menace d’une autre explosion, et la nécessité de l’enfermer dans une chape de plomb et de béton devenait plus évidente. Mais les énormes quantités d’eau utilisées pour le refroidissement fragilisaient le sol sous la centrale et augmentaient le risque de ce qu’on nomme le syndrome chinois, à savoir l’effondrement du cœur du réacteur sous l’effet de son propre poids dans la profondeur du sol, et la contamination des nappes phréatiques, des rivières, et de la mer.</p>



<p>Finalement au prix de grandes difficultés, et avec l’aide de l’armée, l’eau était pompée, et de grandes quantités de béton injectées sous la centrale afin de constituer un support solide susceptible de supporter le poids de la coque qu’on essaierait de construire plus tard autour du réacteur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La propagande soviétique à la manœuvre</h2>



<p>Une semaine après, malgré le mécontentement des dirigeants locaux du parti, les célébrations du Premier Mai étaient tenues à Kiev, alors que le niveau de la radioactivité y atteignait des chiffres intolérables, et que les rumeurs les plus alarmantes circulaient dans la population, et tous ceux qui posaient des questions jugées indiscrètes étaient réduits au silence par le KGB.</p>



<p>En dépit de cela, trois jours après les faits plusieurs centrales nucléaires situées en Suède enregistraient une radioactivité anormalement élevée, et tiraient la sonnette d’alarme.</p>



<p>Immédiatement soupçonnés, les Soviétiques commençaient par nier, puis finissaient par admettre qu’un incident mineur avait bien eu lieu, et que tout était rentré dans l’ordre. Ces explications ne convainquaient personne et la population soviétique, en particulier ukrainienne, apprenait, par le biais de la Voix de l’Amérique, l’étendue du désastre. Mais la machine de propagande soviétique n’en resterait pas là. Il fallait trouver un coupable dédouanant les autorités de leurs carences.</p>



<p>Le directeur de la centrale nucléaire était alors convoqué à Moscou face à une Commission présidée par Gorbatchev lui-même. Celui-ci lui posait une seule question, relativement à sa connaissance ou non de l’accident de Three Miles Island. La Commission décidait de traduire en justice le directeur, le chef de l’équipe de garde, et un membre local du parti.</p>



<p>Le procès, tenu environ une année plus tard dans la région de la centrale de Tchernobyl, condamnait les trois hommes à 10 années de prison pour négligence criminelle. Le procureur et le juge refusaient la thèse exprimée par les accusés, celle d’un défaut de conception du réacteur, et de sa non fiabilité.</p>



<p>Néanmoins, alors que l’Union Soviétique entrait dans l’ère de la Perestroika, les autorités finissaient par admettre l’ampleur de la catastrophe. Une personnalité de premier plan se déplaçait à Vienne et reconnaissait la responsabilité directe de son pays face à la communauté internationale ainsi que sa volonté de coopérer à l&rsquo;avenir afin de maîtriser le risque nucléaire. Elle&nbsp;obtenait une véritable ovation. Mais désavouée à son retour par ses collègues, elle choisissait de se suicider.</p>



<h2 class="wp-block-heading">50.000 morts environ</h2>



<p>Pour en revenir à la catastrophe elle-même, après un sursaut d’activité initial, la chaleur dans le réacteur finissait par baisser progressivement au bout d’une quinzaine de jours, sans aucune garantie contre un emballement ultérieur. Au bout de quelques mois, il était considéré comme suffisamment refroidi pour qu’une coque en béton soit érigée au dessus du dôme, empêchant les émanations radioactives.</p>



<p>Sur le plan humain, la catastrophe fit initialement environ une quarantaine de morts parmi le personnel de l’usine puis dans les semaines qui suivirent une centaine de morts. On ignore le nombre de personnes décédées des suites directes de la radioactivité à laquelle elles furent exposées, mais quelques années plus tard, il semble avoir atteint environ 50.000 morts. Mais l’explosion de Tchernobyl détruisit surtout complètement le peu de crédit que les Soviétiques accordaient encore à leurs autorités, en particulier en Ukraine. On peut dire que son souffle mit à bas l’Union Soviétique, et enflamma la volonté des peuples de la quitter pour fonder des Etats nouveaux.</p>



<p>En 1991 avec la dissolution de l’Union, les cadres techniques et administratifs condamnés furent libérés. D’anciens apparatchiks ukrainiens furent jugés pour cette affaire mais tous furent relaxés. Le nationalisme ukrainien puisa dans le thème écologique sa capacité de mobiliser la population et d’obtenir son adhésion pour le projet de l’indépendance. Le consensus était à la dénucléarisation totale du pays. Mais on finit par s’apercevoir que si la totalité des centrales nucléaires étaient fermées (environ 12), l’approvisionnement en électricité du pays ne serait plus assuré. On décida de laisser les centrales en service, tout en les rénovant selon les normes occidentales de sécurité.&nbsp;</p>



<p>Quant au site de Tchernobyl, il fut définitivement fermé. Et dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres aucune activité humaine n’y est tolérée. Le réacteur n° 2 responsable de la catastrophe toujours surveillé de près a été enfermé dans un véritable sarcophage en béton, avec l’aide de l&rsquo;Union Européenne et nul ne peut encore assurer qu’il ne puisse pas être&nbsp;réactivé de nouveau.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;invasion russe ranime la peur du nucléaire</h2>



<p>Avec les combats sur le sol ukrainien depuis l’invasion russe, les centrales nucléaires sont désormais exposées aux bombardements et aux tirs d’artillerie. Celle de Zaporojiyé près de la ville de Dniepro a subi il y a un jour des coups directs, heureusement sans conséquences, mais cela a ajouté à la panique générale. C’est encore une raison supplémentaire de penser que dans ce conflit ukrainien, aucune des parties n’a véritablement mesuré les conséquences de ses actes. Et la facilité avec laquelle l&rsquo;opinion publique mondiale et les dirigeants politiques se sont accommodés des menaces de l&rsquo;usage des armes nucléaires ne présage rien de bon pour l&rsquo;avenir, fusse-t-il immédiat.&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de pratique libre.</em></p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong><em>« Chernobyl: The History of a Nuclear Catastrophe », de Serhii Plokh, 404 pages, éd. Hardcover, mai 2018.</em></strong></li></ul>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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