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	<title>Archives des Frachiches - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Frachiches - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Rétrospective : les Beni Khémir ou l’âpreté au combat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Feb 2023 08:52:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Beni Khémir (ou Kroumirs) tiennent de leur origine un amour considérable pour leur indépendance et un esprit très batailleur. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/28/retrospective-les-beni-khemir-ou-laprete-au-combat/">Rétrospective : les Beni Khémir ou l’âpreté au combat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les Beni Khémir (ou Kroumirs), habitants des montagnes du nord-ouest tunisien, tiennent de leur origine un amour considérable pour leur indépendance et un esprit très batailleur. Seuls les Frachiches, habitants du centre-ouest, les égalent dans l’âpreté au combat et l’amour du pays. Ces grands patriotes tunisiens ont aussi longtemps essuyé le mépris et la négligence des pouvoirs successifs de Tunis.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Abdellaziz Guesmi</strong> *</p>



<span id="more-6725287"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg" alt="" class="wp-image-5434153" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Selon la légende, pour un Kroumir,<em> «mourir dans son lit, c’est mourir en charogne (gifa)»</em>. Pour mourir en homme, il fallait être tué. De préférence en défense de l’honneur de la famille et celui de l’islam.</p>



<p>Les Kroumirs ont frappé l’opinion publique française à la fin du 19<sup>e</sup> et au début du 20<sup>e</sup> siècle, aux premiers temps du protectorat imposé à la Tunisie en 1881, par leur âpreté aux combats et leur refus de la frontière avec l’Algérie et de <em>«faire la paix!»</em> avec l’envahisseur.&nbsp;</p>



<p>Le pays des Beni Khémir forme un gros massif montagneux dans le nord-ouest de la Tunisie, à la frontière avec l’Algérie. Il tire son nom des Beni Khémir, une confédération tribale qui vit à cheval sur la frontière et rassemble les tribus Ouchtata, M’rassen, Khezara, El Abidi, Zouaoui, Ouled Soltan, Hafsouni, Chiachia, Herzi, Selloul, Atatfa, Debabsa, Bouzazi, Ouled Amer, Makni, Nefzi, Fatnassa, Hedhil, Mersni, Amdoun&#8230; Les villes  de la région sont : El Kala (en Algérie), Tabarka, Ghardimaou, Aïn Draham, Nefza, Amdoun, Sejnane, Joumine et Fernana.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’esprit rebelle des tribus</h2>



<p>En 1881, Jules Ferry (Ah la gauche&nbsp;!) décide de punir la Tunisie pour les intrusions des Beni Khémir en Algérie. Alors que Logerot attaquait le Kef, à l’ouest, la division Delebecque est chargée d’attaquer les Kroumirs.</p>



<p>Les tribus viennent à la rencontre de l’agresseur et se battent parfois avec des bâtons contre un adversaire bien équipé. Les pertes humaines sont élevées. Mais rien n’arrête les Beni Khémirs dont l’ardeur au combat est redoublée lorsque la soldatesque s’attaque aux femmes, aux enfants et aux lieux saints. Le 8 mai, le sanctuaire de Sidi Abdallah, lieu saint, est profané et incendié avec des femmes et des enfants refugiés à l’intérieur.</p>



<p>Le crime est absolu. L’insurrection est alors totale.</p>



<p>Les tribus des régions montagneuses de Sakiet Sidi Youssef-Touiref-Ghardimaou (les Ouergha, Charen, Zoghlama…) accourent mais se font mitraillées. Les tribus algériennes qui aliment les Tunisiens en armes sont sauvagement réprimées. L’armée de Jules Ferry commet de graves exactions contre les civils, incendie les douars et les stocks alimentaires, tue des femmes et des enfants, sans parvenir à dominer le terrain. Face à des Tunisiens qui pratiquent la guérilla et les attaques suicides, les combats sont très durs.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="400" data-id="6725523" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-2.jpg" alt="" class="wp-image-6725523" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-2.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-2-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-2-580x387.jpg 580w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="600" height="400" data-id="6725522" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-3.jpg" alt="" class="wp-image-6725522" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-3.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-3-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-3-580x387.jpg 580w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
</figure>



<p>L’ennemi recule. Le Kroumir devient le diable. Impossible de le soumettre, alors on transforme son nom en une insulte&nbsp;: en français, Kroumir est synonyme de voyou, de sale type ou… de chausson porté par les égoutiers&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>Face à cette situation imprévue, par la France, le risque est alors grand de voir l’Algérie se soulever en soutien aux tribus <em>«de l’autre côté»</em>, ce qui incite l’armée française à se replier. Seuls 15&nbsp;000 hommes sont laissés sur place pour tenir le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une expédition punitive</h2>



<p>Ces forces sont réparties en huit points, tous situés dans le nord du pays : Manouba, Bizerte, Mateur, Aïn Draham, Fernana, Tabarka, Ghardimaou et Le Kef. C’était mal connaître l’esprit des tribus, dépositaires de l’honneur et de la responsabilité de la défense de l’islam. Surtout que le Bey a refusé clairement d’assumer la défense du pays.</p>



<p>Des réunions enflammées se tiennent sur les souks hebdomadaires où les appels à la résistance sont lancés.  Les caïds (guaides), ces représentants de l’Etat fantoche du Bey, n’osent plus rejoindre leurs postes et se réfugient dans les villes. Beaucoup de soldats de l’armée beylicale désertent, humiliés de n’avoir pu défendre leur pays. Bientôt le sud et le nord du pays se soulèvent.</p>



<p>Leader de la tribu des Ouled Ayar près de Makthar, Ali Ben Ammar s’évade de prison et rejoint sa tribu début août.</p>



<p>Son charisme et son autorité lui permettent de réunir autour de lui jusqu&rsquo;à 6&nbsp;000 combattants venus de toutes les tribus. La confédération des Frachiches et des Majer envoie 3000 hommes, <em>«fanatisés»</em>, dira la presse française.</p>



<p>Ben Ammar décide alors d’isoler la garnison française du Kef en envoyant un contingent de 1 600 hommes couper la route entre Tunis et Le Kef. Dans le même temps, il assiège l’armée <em>«tunisienne»</em>, commandée par Ali Bey, qui campe à Testour pour garder la voie ferrée.</p>



<p>Le 30 septembre, la gare d’Oued Zarga est attaquée par les résistants. Neuf employés européens sont massacrés : un Maltais, six Italiens et deux Français. La ligne est coupée et les renforts militaires sont assiégés lorsque le train qui les amène déraille. Ils doivent évacuer à pied. Il faut plusieurs jours pour reprendre possession de la voie ferrée.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="400" data-id="6725550" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-4.jpg" alt="" class="wp-image-6725550" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-4.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-4-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-4-580x387.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="400" data-id="6725549" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-5.jpg" alt="" class="wp-image-6725549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-5.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-5-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Kroumirs-5-580x387.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
</figure>



<p>Le 20 octobre 1881, une colonne militaire partie du Kef et commandée par le colonel La Roque affronte les combattants de Ben Ammar dans le défilé du Khanguet El Gdim, à 18 kilomètres du Kef. Les Tunisiens sont battus et laissent plusieurs dizaines de morts sur le terrain.</p>



<p>Etonnant précédent: en avril 1864, lors de la révolte commandée par Ali Ben Ghedham, le gouverneur du Kef, le général Ferhat est capturé par les insurgés à Khanguet El Gdim. Il est massacré avec huit hommes de sa suite. L’olivier criblé de balles devant lequel il a été exécuté, a été coupé et brûlé vers 1950, car devenu lieu de pèlerinage.&nbsp;</p>



<p>Jules Ferry ne profite pas longtemps de cette victoire car les députés ne lui pardonnent pas de les avoir entraînés dans une guerre de conquête au lieu de l&rsquo;expédition punitive annoncée.</p>



<p>Quant aux Beni Khémir – et les Frachiches – ils sont toujours fiers de leurs traditions et chérissent leur belle montagne. Ils sont aussi toujours négligés par les pouvoirs successifs et leur mémoire effacée par la grâce d’un enseignement public… à l’ouest !</p>



<p>* <em>Proviseur à Grenoble.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="x5h5OIjLkC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/retrospective-la-revolte-des-frachiches-de-1906/">Rétrospective : la révolte des Frachiches de 1906  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rétrospective : la révolte des Frachiches de 1906   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/retrospective-la-revolte-des-frachiches-de-1906/embed/#?secret=B1v51JsUR3#?secret=x5h5OIjLkC" data-secret="x5h5OIjLkC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/28/retrospective-les-beni-khemir-ou-laprete-au-combat/">Rétrospective : les Beni Khémir ou l’âpreté au combat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rétrospective : la révolte des Frachiches de 1906  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Feb 2023 09:03:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la révolte des Frachiche à Thala en 1906. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/retrospective-la-revolte-des-frachiches-de-1906/">Rétrospective : la révolte des Frachiches de 1906  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Hier, c’était le colon français la source de tous les malheurs. Aujourd’hui le colon est parti et c’est l’élite incompétente qui en est la cause. Le passé peut éclairer le présent et montrer la voie du futur pour une nation tunisienne qui n’a pas fini de manger son pain noir.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Abdelaziz Guesmi</strong> *</p>



<span id="more-6706329"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg" alt="" class="wp-image-5434153" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>À Thala, l’hiver 1906 est exceptionnellement rigoureux. La neige tombe sans discontinuer du 6 au 10 février. Des congères de 2,50 mètres de hauteur se forment autour des maisons. Certaines s’effondrent sous le poids de la neige. La ville est complètement isolée du reste du pays pendant huit jours. Quant aux animaux domestiques qui n’étaient déjà pas en très bon état au début de l’hiver, des milliers succombent aux intempéries et au manque de nourriture, les pâturages étant cachés. Les Frachiches perdent ainsi 9 000 moutons et 9 000 chèvres. Certains n’ont plus que des betteraves sauvages pour se nourrir.</p>



<p>En 1906, 10 000 hectares des meilleures terres ont changé de mains, passant des paysans tunisiens  aux colons français! Même les terrains de parcours des tribus sont concédés à des colons qui refusent d’y recevoir le bétail des Tunisiens à moins de payer une taxe. De plus, les deux dernières années de récolte ont été très mauvaises et les habitants sombrent dans la misère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Brutalité des colons </h2>



<p>Un colon, cité par le journal français <em>Le Temps</em> du 23 février 1907, déclare : <strong><em>«</em></strong><em>Moi, peur ? Ah non ! Je ne crains rien. J’ai mon revolver. Au premier bicot que je vois s’avancer vers moi dans le bled, je tire dessus. Ah ! Si je pouvais compter toutes les balles que je leur ai flanquées dans la peau ! C’est comme cela que je les civilise»</em>. Ce colon sait de qui tenir. De Jules Ferry, élu de la<em> «gauche progressiste»</em> (sic), qui déclarait le 28 juillet 1885, devant la Chambre (assemblée Nationale) : <em>«Messieurs, je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures»</em>.</p>



<p>Tout ceci crée un climat de tension entre Tunisiens et colons. L’un de ces derniers, Lucien Salle, est connu comme un homme brutal et violent et d’une rapacité insatiable alors que son voisin, le colon Bertrand, fait de son mieux pour gagner la sympathie des Ferchichi.</p>



<p>L’administration coloniale reste insensible aux souffrances des Tunisiens et des prêts de semence sont refusés. Le mépris de l’administration va servir alors de détonateur au désespoir de la population.</p>



<p>La tension est palpable. La population est abandonnée. Le régime illégitime du Bey du Bardo n’a jamais eu la moindre prise sur les Tunisiens de l’intérieur. Alors ils se défendront seuls. Le baroud parlera. Il sera meurtrier.</p>



<p>Le 26 avril 1906, des Ferchichi, des fractions des Ouled Néji, des Gmata des Hnadra et des Hrakta, campant dans la plaine de Foussana, non loin de Kasserine, attaquent la ferme Salle à douze kilomètres de là. À l&rsquo;arrivée des insurgés, c’est son frère Henri qui va à leur rencontre. Il est tout de suite tué d’un coup de feu. Lorsque leur domestique Domenico Mira tente de se porter à son secours, il est tué. La mère de Lucien Salles est tuée aussi. Un domestique, Tournier, qui travaille aux environs est fait prisonnier. La ferme est alors pillée. Trois employés, Graffaud, Martin et Sagnes, qui vivent à proximité sont faits prisonniers. Les insurgés se dirigent alors vers la ferme Bertrand. Les trois occupants s’excusent pour leur comportement de colons pour échapper à la mort. Ils ont <em>«l’aman»</em>, un sauf-conduit. Un maçon italien, Delrio refuse de se rendre, il est tué. La virée se termine à la mine du Jebel Chaambi.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-6706427" width="600" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Siege-du-Controle-civi-de-Thala-en-1925l.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Siège du Contrôle civil de Thala en 1925.</em></figcaption></figure></div>


<h2 class="wp-block-heading">Mobilisation des tribus </h2>



<p>Le lendemain,  encouragés par leurs succès, des Frachiches attaquent les bureaux de l’administration coloniale à Thala. Ils se heurtent à un camp retranché où des dizaines de colons français et d’ouvriers italiens les fusillent à bout portant, laissant une vingtaine de morts sur le terrain.</p>



<p>La mort de ces 20 Ferchichi entraîne la mobilisation, tardive, de leurs alliés Jlass et cousins Majri. La France craint le pire et mobilise ses troupes et ses supplétifs : les Ferchichi, les Jlass et les Majri sont réputés pour leur vaillance et leur ardeur aux combats et, fait plus grave (pour la France), les tribus algériennes<em> «de l’autre côté»</em> s’agitent par solidarité avec leurs cousins tunisiens.</p>



<p>L’armée coloniale et ses supplétifs imposent le siège du territoire des Frachiches et des Majri afin d’éviter la jonction avec les tribus insoumises du Nord-Ouest tunisien, proches de l’Algérie, telles les Cherni, Ouergha, Zoghlami, ou Bni Khémir (Ouchtata, M&rsquo;rassen, Khezara, El Abidi, Zouaoui, Makni…).</p>



<p>La répression de l’armée coloniale sera aveugle, massive et sauvage. Des morts par centaines, des douars et des récoltes incendiés et de nombreux Frachich déportés. La justice sera sans pitié.</p>



<p>Lors du simulacre du procès des 60 accusés, tenu à Sousse, le procureur, M. Liautier, <em>«défenseur de la civilisation contre la barbarie»</em> dit-il, requière la peine de mort pour certains meneurs. Le verdict prononcé au nom du peuple français, le 12 décembre 1906, est expéditif.</p>



<p>Aujourd’hui, la Tunisie est dans la tourmente. La crise qui la frappe est protéiforme&nbsp;: elle est politique, sociale et économique mais aussi culturelle et identitaire. Il suffit de jeter un œil sur les TV locales, où le téléachat domine, pour se rendre compte que le pays a perdu son identité, son âme et sa force.</p>



<p>Hier, c’était le colon la source de tous les malheurs. Aujourd’hui le colon est parti et ce sont l’incompétence des élites et la dépendance de l’étranger qui en sont les causes.</p>



<p>Les régions toujours oubliées de Thala-Kasserine ou des Bni Khémir… ont payé le prix du sang pour vivre dans la dignité, mais pour leurs héritiers, la justice sociale est une notion bien abstraite.</p>



<p>Et pourtant la solution est à portée de main&nbsp;: il suffit de tirer les leçons du passé et de compter sur ses propres moyens, surtout sur le peuple tunisien qui a toujours fait preuve d’une&nbsp; exceptionnelle capacité de résilience.</p>



<p>* <em>Proviseur à Grenoble.  </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/27/retrospective-la-revolte-des-frachiches-de-1906/">Rétrospective : la révolte des Frachiches de 1906  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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