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	<title>Archives des G5 Sahel - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des G5 Sahel - Kapitalis</title>
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		<title>Mali : des militaires sous pression internationale</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Aug 2020 10:24:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est sous la pression internationale que le nouveau CNSP s’est installé à Bamako, sous les applaudissements d’une partie de l’opposition, mais sommé par l’Onu de rendre le pouvoir aux civils. Par Hassen Zenati Mal assuré, visage rond, large moustache et barbe de plusieurs jours, enveloppé dans la tenue kaki des forces spéciales de l’armée malienne,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Assimi-Goita.jpg" alt="" class="wp-image-313073"/><figcaption><em>Assimi Goïta, le nouvel homme fort du Mali.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>C’est sous la pression internationale que le nouveau CNSP s’est installé à Bamako, sous les applaudissements d’une partie de l’opposition, mais sommé par l’Onu de rendre le pouvoir aux civils.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-313072"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p>Mal assuré, visage rond, large moustache et barbe de plusieurs jours, enveloppé dans la tenue kaki des forces spéciales de l’armée malienne, les <em>«bérets verts»</em>, une unité d’élite, dont il est le chef, sachant qu’il est un parfait inconnu au bataillon politique, commence par se présenter lui-même aux journalistes dans un décor spartiate: <em>«Je me présente: je suis le colonel Assimi Goita, président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP)».</em> Il donne ainsi un nouveau visage aux tombeurs la veille le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) – après le bref intermède assuré par le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l&rsquo;air, qui s’était présenté à chaud comme le porte-parole des putschistes. Suivent quelques phrases auto-justificatrices d’un coup d’Etat que personne n’a vu venir : <em>«Le Mali traversait une crise politique et sécuritaire»</em> (sous-texte : légitimant l’intervention de l’armée) et une promesse que l’on entend souvent dans la bouche de ceux qui fondent leur intervention sur les erreurs des autres en s’engageant à ne pas tomber dans les mêmes ornières: <em>«Nous n’avons pas le droit à l’erreur».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le colonel Goïta, un proche des Américains</h3>



<p>Assimi Goïta a la quarantaine. Il a participé à la formation Flintlock, assuré et financée par les Etats-Unis. Les plus attentifs l’ont même repéré posant aux côtés d’officiers américains, qui parlent de lui comme d’un <em>«partenaire clé».</em></p>



<p>Le CNSP, qui n’a apparemment aucune expérience politique, va devoir travailler sous le pesant fardeau de la pression internationale. Il est sommé de revenir à <em>«l’ordre constitutionnel»</em>, en libérant, pour commencer, le président Keïta et les autres dirigeants qu’il retient dans une villa d’un camp militaire proche de Bamako, à l’abri d’une éventuelle vindicte populaire, et en restituant le pouvoir aux civils.</p>



<p>Cependant, à la lecture des positions des uns et des autres, on se rend compte que le CNSP garde des marges de manœuvres pour satisfaire les uns sans mécontenter les autres, en poursuivant l’application de sa feuille de route, qu’il s’est gardé de détailler pour l’instant.</p>



<p>Il s’est contenté à minima d’affirmer que «tous les accords passés» seront respectés, et que toutes les forces engagées actuellement au Mali : la Minusma, la force anti-jihadiste française Barkhane, le G5 Sahel regroupant cinq pays de la région (Mali, Niger, Burkina, Tachad, Mauritanie), la force Takuba, groupement de forces spéciales européennes censées accompagner les Maliens au combat, <em>«demeurent nos partenaires»</em>.</p>



<p>Le CNSP s’est déclaré par ailleurs <em>«attaché au processus d’Alger»</em>, l’accord de paix signé en 2015 entre le pouvoir central et les groupes armés du nord du pays prévoyant notamment une décentralisation, l’intégration des groupes armés rebelles au sein de l’armée nationale, le développement des régions déshéritées, théâtres des affrontements.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La communauté internationale attachée au retour à la légalité constitutionnelle</h3>



<p>L’Union Africaine (UA) a suspendu le Mali «jusqu&rsquo;au retour de l’ordre constitutionnel». Le Conseil de sécurité de l’Onu, qui déploie une force de 15.000 hommes sur le terrain, la Minusma, aussi nombreuse qu’inefficace, convoqué à la demande de la France, a appelé à la libération<em> «immédiate»</em> du président renversé, et <em>«souligné la nécessité pressante de rétablir l’État de droit et d’aller vers un retour de l’ordre constitutionnel».</em></p>



<p>Les pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), dont l’échec de la <em>«médiation»</em> entre le pouvoir d’IBK et l’opposition, a sans doute convaincu les militaires de franchir le Rubicon, l’Union Européenne (UE), le Etats-Unis se sont alignés sur les mêmes positions. L’Algérie, qui partage 1400 km de frontières avec le Mali et a joué un rôle important dans les pourparlers de paix dans ce pays, <em>«réitère son ferme rejet de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement», </em>alors que le Maroc a appelé à une<em> «transition civile pacifique, permettant un retour rapide et encadré à l’ordre constitutionnel».</em></p>



<p>Chef d’orchestre de l’opération Barkhane, déclenchée en 2013 par son prédécesseur François Hollande, au nom d’un partenariat privilégié avec le Mali pour lutter contre les groupes jihadistes au Sahel, le président Emmanuel Macron, estime que <em>«la lutte contre les groupes terroristes et la défense de la démocratie et de l’État de droit sont indissociables. En sortir, c’est provoquer l&rsquo;instabilité et affaiblir notre combat. Ce n’est pas acceptable».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Connivence de l’opposition avec les militaires</h3>



<p>De l’autre côté de la barricade, l’opposition s’est rapidement ralliée aux militaires, qui lui auront tiré les marrons du feu. Elle manifestait depuis des mois en vain pour demander <em>«un changement démocratique»</em>. La répression qu’elle a subie a fait depuis juillet entre 11 et 20 morts. Sa connivence avec les militaires est pour l’instant évidente.</p>



<p>En effet, dès que l’armée a appelé la population à <em>«vaquer à ses occupations»</em>, cesser les pillages et le vandalisme pour revenir à une <em>«vie normale»</em>, de mystérieux mots d’ordre l’invitant à obtempérer ont fusé aux quatre coins du pays. Comme par miracle, tout semble être rentré dans l’ordre depuis mercredi sous l’œil vigilant des patrouilles lourdement armées.</p>



<p>Estimant que le coup d’Etat militaire <em>«parachevait»</em> sa propre lutte pour obtenir le départ d’IBK, la principale coalition d’opposition, le Mouvement du 5-Juin – Rassemblement de forces patriotiques (M5-RFP), <em>«prend acte de l’engagement» </em>du CNSP <em>«d’ouvrir une transition politique civile».</em> Elle a appelé la population à célébrer sa<em> «victoire»</em> dans la rue vendredi. Avec un double enjeu : montrer sa capacité de mobilisation au sein de la population, et assurer le CNSP d’une base populaire lui permettant de faire éventuellement face aux pressions internationales redoutées.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un pays dirigé comme une «fédération de familles»</h3>



<p>Depuis l’enlèvement du chef de file de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, le 25 mars dernier, c’est un imam charismatique, ancien président du Haut conseil islamique (HCIM) : Mahmoud Dicko, qui mène le combat contre le régime, après avoir réussi à coaliser autour de lui au M5-RFP des petits partis sans influence jusque-là, mais qui comptent désormais sur la scène politique. Son discours moralisateur surfe sur le ras-le-bol de la population à l’égard d’une guerre dont on présentait la fin proche, mais qui semble s’éterniser, la dégradation des services publics, la corruption généralisée, l’effondrement de l’emploi et de la production agricole.</p>



<p>Le multipartisme échevelé (176 partis) a dévoyé la démocratie malienne, qui de gouvernement d’union nationale, en gouvernement d’union nationale, n’a pas trouvé ses repères, se contentant de reprendre les mêmes pour recommencer à chaque fois que survenait une crise politique, en attendant la prochaine. Depuis des années, en effet, le pays est dirigé comme une <em>«fédération de familles»</em>, préoccupées par leurs seuls intérêts en tentant de tirer le maximum de profit de tout ce qui vient de l’étranger.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur sur le même sujet : </em></h4>



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		<title>Mali : L’opération Barkhane recentrée et sa stratégie revue</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jan 2020 09:14:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De Pau, aux pieds des Pyrénées, le 13 janvier 2020, à l’occasion de la réunion du G5 Sahel, Emmanuel Macron a lancé un message assorti d’une menace implicite de retrait, pour faire taire les opposants locaux à l’intervention française au Sahel : la France est au Sahel pour assurer la stabilité et la sécurité, et...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/G5-Sahel-Pau.jpg" alt="" class="wp-image-274052"/><figcaption><em>Réunion du G5 Sahel à Pau: Macron et ses pairs du Sahel.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em> De Pau, aux pieds des Pyrénées, le 13 janvier 2020,  à l’occasion de la réunion du G5 Sahel, Emmanuel Macron a lancé un message assorti d’une menace implicite de retrait, pour faire taire les opposants locaux à l’intervention française au Sahel : la France est au Sahel pour assurer la stabilité et la sécurité, et n’a pas d’agenda particulier, a-t-il dit.</em></strong></p>



<p>  Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-274046"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> <em>«Je sais qui est tombé pour la sécurité des Maliens, des Nigériens, des Burkinabé. Des soldats français. Les déclarations que j’ai eu à entendre ces dernières semaines sont indignes. Ils sont combattus avec beaucoup de fermeté par vos dirigeants. Ils servent d’autres intérêts, soit ceux des groupes terroristes, soit ceux d’autre pays qui voudraient voir l’Europe plus loin, parce qu’ils ont d’autres agendas, des agendas de mercenaires </em>(allusion à la présence de plus en plus voyante d’armées privées, mises à la disposition de certaines capitales de la région par la Russie, Ndlr).<em> L’armée française est là pour la sécurité et la stabilité. Je n’ai pas d’autres agendas»</em>, a dit le président français. </p>



<p> Lèvres serrées et visage fermé, Emmanuel Macron, excédé, le geste tranchant, entouré de ses homologues du G-5 Sahel : Idriss Déby (Tchad), Mahamadou Issoufou (Niger), Ibrahim Boubacar Keita (Mali), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), a répondu sans prendre de gants, à l’interpellation d’un journaliste malien qui l’interrogeait sur les oppositions de plus en plus vives affichées par la population contre l’intervention française au Sahel.</p>



<p> Le déploiement des troupes françaises, à la demande du Mali, avait été ordonné par le prédécesseur d’Emmanuel Macron, François Hollande, pour donner un coup d’arrêt à la progression d’une alliance de séparatistes azaoued (touaregs) et de jihadistes islamistes, qui voulaient prendre de force Bamako, après s’être assuré le contrôle du nord du pays. <br> Malgré un accord de paix signé en 2015 entre ces rebelles et le gouvernement central, mais jamais mis en œuvre, de nouveaux groupes armés se sont constitués, puis ont essaimé au centre du Mali, du Burkina Faso et du Niger. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une crise humanitaire imminente</h3>



<p> Le nombre de victimes dans les deux camps, se chiffre désormais en milliers, sans compter les civils qui subissent les dégâts collatéraux de cette guerre asymétrique, menée aussi par des trafiquants de drogue et des trafiquants d’être humains parmi les innombrables migrants traversant la zone en quête d’un refuge en Europe. </p>



<p> Outre les migrants, les Organisations non-gouvernementales (ONG) sur le terrain, estiment à plusieurs centaines de milliers le nombre de déplacés internes en 2019, forcées de fuir les combats et les exactions : 500.000 au Burkina Faso, plus de 80.000 au Mali. Ils ont délaissé toute activité, ce qui pourrait être le prélude à une crise humanitaire imminente. Des centaines d’écoles ont été abandonnées dans les trois principaux pays concernés : Mali, Burkina Faso, Niger, laissant sur le carreau plusieurs milliers d’élèves déscolarisés. Depuis le début de son intervention, la France a perdu 41 hommes.</p>



<p> Depuis plusieurs semaines, les remontés du terrain faisaient état d’interrogations diffuses, d’inquiétudes voire de franche hostilité d’un nombre croissant de sceptiques locaux concernant l’opération Barkhane, dont ils attendaient beaucoup pour juguler la poussée terroriste dans leur région, mais dont les résultats, sept ans après, restaient à leurs yeux, peu probants. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une «guerre-éclair» ensablée dans un territoire hostile</h3>



<p> Menée à la hussarde, dans une atmosphère d’euphorie, ponctuée de communiqués de victoire, l’opération, présentée d’abord comme une «guerre-éclair», s’est vite ensablée dans un territoire grand comme l’Europe. Le 10 janvier, la capitale malienne Bamako était de nouveau le théâtre d&rsquo;un rassemblement de plusieurs centaines de manifestants, Place de l’Indépendance, stigmatisant l’intervention militaire française, ainsi que la présence de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) aux cris : <em>«France dégage».</em></p>



<p> Pour Emmanuel Macron, il fallait rapidement <em>«clarifier la situation politique»</em>, en obtenant des cinq pays concernés une déclaration commune soulignant que la France agit à la demande de leurs dirigeants, et légitimer ainsi, ou plus exactement re-légitimer, son intervention au Sahel. Comme l’a indiqué la ministre française des Armées, Florence Parly, il fallait<em> «obtenir des responsables de la région une position nette de ce qu’ils aiment ou n’aiment pas»</em>. Sollicité pour renforcer son soutien aux opérations françaises, l’Allemagne réclamait aussi une telle re-légitimation. Et, c’est avec un soulagement non-feint que le chef de l’Etat français pouvait, à la fin d’un long huis-clos aux pieds des Pyrénées, exhiber d’une déclaration commune dans laquelle les présidents africains exprimaient <em>«leur souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel»</em> et plaidaient pour un «renforcement de la présence internationale» à ses côtés, ce qui correspondait exactement aux vœux de leur hôte. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Une révision de la stratégie de Barkhane</h3>



<p> Seule ombre au tableau, l’annonce, en plein sommet de Pau, par les Etats-Unis de sa décision de réduire sa présence miliaire en Afrique, ce qui ne manquera d’avoir son effet sur son engagement au Sahel. Un retrait qui, s’il est confirmé, sera regretté, car la présence américaine était<em> «cruciale»</em> et <em>«offrait des capacités critiques, non-substituables»</em>, notamment en matière de renseignements, se sont empressé à faire valoir les chefs d’Etat, en exprimant leur <em>«reconnaissance à l’appui apporté jusque-là par les Etats-Unis»</em>, et le <em>«souhait» </em>de le voir se poursuivre. Emmanuel Macron a promis qu’il poursuivra ses efforts pour convaincre Donald Trump de rester au Sahel.</p>



<p> Ces professions de foi politiques, se sont accompagnées d’une révision de la stratégie de Barkhane, comprenant son recentrage géographique et une redéfinition de ses objectifs prioritaires. L’opération phare du Sahel sera ainsi insérée dans un nouveau cadre baptisé <em>«Coalition pour le Sahel», </em>rassemblant les pays du G-5 Sahel, la France, ses autres partenaires déjà engagés dans la région, ainsi que les pays qui voudront les rejoindre. La Coalition sera placée sous un<em> «commandement conjoint»</em>, ce qui devrait démultiplier sa réactivité face à un ennemi imprévisible. Son rôle sera de planifier, encadrer et superviser les opérations de Barkhane, des éléments des armées des pays concernés, et pas seulement ceux mis à la disposition de la force conjointe. En clair, elle pourra puiser à sa guise dans le vivier des armées nationales sahéliennes. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Empêcher les groupes terroristes de «faire leur beurre»</h3>



<p> Paris a décidé d’envoyer 220 soldats supplémentaires, immédiatement opérationnels, pour l’épauler, en attendant l’arrivé d’une<em> «task force» </em>européenne destinée à renforcer les désormais 4.720 militaires français enrôlés dans Barkhane. La force européenne, baptisée d’un nom touareg, Takouba (Sabre), sera formée de forces spéciales, qui s’occuperont de la formation de futurs commandos maliens, nigériens, mauritaniens etc. Les nouvelles unités ainsi réunies doivent se concentrer sur la zone des «trois frontières», aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, d’où sont parties les grandes <em>«razzia»</em> des dernières semaines. Son objectif principal est la destruction des groupes armés de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS), qui sont les plus structurés et les mieux armés, et dont la proximité des groupes armés libyens en font un gibier redoutable, difficilement saisissable. Ainsi réaménagé, le dispositif sera musclé par un contingent tchadien et une montée en puissance de troupes de l’Onu au nord du Mali, à Kidal, accompagné d’un retour sur place de l’armée malienne chassée par les terroristes.</p>



<p> En première ligne contre le terrorisme en Afrique – nourris de plus en plus par les résidus de Daech au Proche-Orient – les pays du G-5 Sahel figurent parmi les plus pauvres du monde. Ils manquent de tout sur un territoire immense aux trois quart désertique et vivent depuis leur indépendance des crises politiques récurrentes alimentées par des clivages entre communautés et ethnies. C’est en s’insérant dans ces conflits que les groupes terroristes parviennent à <em>«faire leur beurre».</em> L&rsquo;un des quatre piliers de la nouvelle stratégie Barkhane est précisément de rétablir l&rsquo;autorité des Etats sur leur territoire et de leur permettre d&rsquo;y exercer leur pleine souveraineté.   </p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h3>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Zvw75aAsnu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/02/france-mali-retraite-strategique-en-vue/">France &#8211; Mali : Retraite stratégique en vue ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France &#8211; Mali : Retraite stratégique en vue ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/02/france-mali-retraite-strategique-en-vue/embed/#?secret=nXLzEuksFq#?secret=Zvw75aAsnu" data-secret="Zvw75aAsnu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Face aux coups de boutoir des jihadistes, le G-5 Sahel se rebiffe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Dec 2019 11:14:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Attendus à Pau (sud de la France), c’est devant les tombes de 71 soldats nigériens tombés, sous les balles des «jihadistes» que les chefs d’Etat du G-5 Sahel se sont réunis à Niamey pour clamer leur angoisse devant l’évolution de la situation et appeler au secours. Plus qu’un symbole. Par Hassen Zenati En ce dimanche...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/G5-Sahel-Niamey-15-dec-2019.jpg" alt="" class="wp-image-266145"/><figcaption><em>Dépouilles des 71 soldats victimes de la tuerie d’Inates (nord-ouest du Niger).</em></figcaption></figure>



<p><strong><em> Attendus à Pau (sud de la France), c’est devant les tombes de 71 soldats nigériens tombés,  sous les balles des «jihadistes» que les chefs d’Etat du G-5 Sahel se sont réunis à Niamey pour clamer leur angoisse devant l’évolution de la situation et appeler au secours. Plus qu’un symbole. </em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-266141"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> En ce dimanche 15 décembre 2019, à Niamey, au Niger, ils étaient tous là, les mains tournées vers le ciel dans une <em>«fatiha»</em> (ouverture du Coran) recueillie devant 71 tombes de soldats victimes l’avant-veille de la tuerie d’Inates (nord-ouest du Niger) perpétrée par des groupes jihadistes, suivie d’une minute de silence, qui semblait s’éterniser dans une ambiance lourde de reproches et de malentendus. </p>



<p> Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Mahamadou Issoufou (Niger), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie) et Idriss Déby Itno (Tchad) auraient dû se trouver à Pau (sud de la France), le lendemain 16 décembre, où ils avaient été invités par le président français Emmanuel Macron, qui voulait <em>«clarifier leur position» </em>à l’égard de l’intervention militaire française connue sous le nom de code de Barkhane, au lendemain de la mort de treize soldats français dans ce qui avait été présenté comme un accident d’hélicoptère dans le ciel malien.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/G5-SAHEL-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-266147" width="500"/><figcaption><em>Les chefs d&rsquo;Etat des 5 pays du Sahel attendent plus de soutien face aux groupes jihadistes.  </em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading"> La responsabilité occidentale dans le chaos au Sahel</h3>



<p> Mais, le ton employé par le chef de l’état français, reçu comme une <em>«convocation»</em> plus qu’une<em> «invitation»</em> entre pairs, et le fait qu’ils aient découvert l’information dans la presse, au lieu qu’elle fasse l’objet d’un courrier officiel comme l’exige le protocole, les a tellement agacés qu’ils se sont rebiffés, contraignant Paris à reporter le sommet prévu au 13 janvier 2020, et à se résigner à voir les cinq intéressés se réunir pour se concerter au préalable entre eux sans témoin. Les présidents ouest-africains tenaient par ailleurs à exprimer in situ leur solidarité au Niger en deuil. Ils se sont quittés en appelant la communauté internationale à<em> «renforcer son soutien»</em> à leurs pays confrontés à une menace terroriste persistante, et en redemandant à l’Onu de renforcer le mandat de sa force militaire conjointe et de celui de la Minusma, dont les pouvoirs et les moyens restent limités, selon eux. Ils ont également «réitéré leur volonté de tout mettre en œuvre pour améliorer la coordination entre la force conjointe, les forces nationales et les forces internationales alliées», et prévenir ainsi le <em>«chaos» </em>qui, selon eux, se profile dans la région depuis l’intervention militaire occidentale en Libye et la chute du régime de Mouammar Kadhafi.</p>



<p> Autant de points qui figureront aussi à l’ordre du jour de la conférence de Pau, une ville des Pyrénées Atlantiques, qui été choisie symboliquement parce qu’elle abrite le 5e Régiment d’hélicoptères de combat (RHC), dont venaient sept des treize soldats français tués au Mali.</p>



<p> Selon Paris, ce sommet franco-africain <em>«aura pour objectif de réévaluer le cadre et les objectifs de l’engagement français au Sahel. Il permettra également de poser les bases d’un soutien international accru aux pays du Sahel»</em>. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, le président du Conseil européen, Charles Michel, le vice-président de la Commission européenne et Haut-représentant pour les Affaires étrangères, Josep Borrel, y ont également été conviés.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La France se sent plus en plus seule au Mali</h3>



<p> Arrivée en fanfare pour une intervention qui ne devait durer que quelques mois, la France se sent plus en plus seule au Mali, au seuil de l’enlisement, alors que la <em>«zone jihadiste»</em> ne cesse de s’étendre, alimentée en hommes et en armes à partir de la Libye, transformée en sanctuaire et en marché à ciel ouvert pour l’acquisition des arsenaux de matériels soviétiques laissés à l’abandon par l’armée libyenne à la dérive. Les groupes jihadistes y sont adossés à des passeurs et des trafiquants de tout acabit, notamment d’êtres humains vers l’Europe.</p>



<p> Alors que les attaques jihadistes se font plus fréquentes et plus meurtrières, le président Macron doit tenir compte d’une défiance accrue à l’égard de la France, non seulement parmi la population, mais aussi au plus haut niveau des états. Le ministre de la Défense du Burkina Faso s’est ainsi demandé à voix haute si Paris n’a pas d’agenda caché au Sahel, qui va, selon lui, au-delà de sa mission affichée de lutte anti-terroriste. </p>



<p> Les 4.500 soldats français de la force Barkhane, épaulés ponctuellement par les Américains et les Britanniques, ne suffisent plus à la tâche dans un territoire désertique grand comme cinq fois la France, où les jihadistes ciblent en priorité le maillon faible de la chaîne : les armées locales, mal équipées, peu entraînées et mal protégées. Ces attaques se concentrent dans la zone dite des <em>«trois frontières»</em>, où se rencontrent sans délimitation physique visible, les territoires du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Elles sont menées par trois groupes identifiés, dont le plus visible est l’Organisation de l’Etat islamique Daech au Grande Sahara (EIGS). </p>



<p> Au cours du second semestre, les principaux assauts ont fait, en novembre, 49 tués dans l’attaque contre la garnison d’Indelimane (Mali), 38 morts, en octobre, à Boulikessi (Burkina Faso), et 24 morts, en août, dans une attaque contre la base de Koutougou, près de la frontière malienne. Le sous-secrétaire général de l’Onu pour l’Afrique, Bintou Keita, indique que le Burkina Faso a enregistré 489 incidents opposant groupes armés et forces régulières, contre 150 à la même période en 2018, tandis que le Niger connaissait 118 attaques, contre 69 en 2018. Chassés en 2012 des trois grandes villes du nord du Mali, Tombouctou, Gao et Kidal, certains groupes islamistes y sont revenus en force. Ils se sont ré-enracinés localement et y appliquent une gouvernance de l’ombre à coup d’oukases religieux. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Pour Macron, l’heure n’est pas au repli stratégique au Sahel</h3>



<p> Lancé dans l’euphorie, le G5 Sahel n’est pas parvenu à s’imposer comme force capable de garantir la stabilité dans la région. La coordination opérationnelle souhaitée avec les forces étrangères sur le terrain s’est avérée laborieuse, sinon impossible à cause d’une disparité évidente de niveaux de formation et d’équipement. L’interopérabilité est nulle, selon les experts. Les financements promis font encore défaut. Plusieurs pays de l’Union européenne qui ont promis 414 millions de dollars traînent les pieds, l’Arabie saoudite s’est désistée, invoquant ses lourdes charges au Yémen. </p>



<p> C’est ce qui explique les coups de gueule successifs poussées par Emmanuel Macron, contre l’Allemagne, d’abord, et tout dernièrement contre l’Otan, décrit tout récemment comme une organisation<em> «en état de mort cérébrale»</em>, insensible aux souffrances endurées par les armées françaises. Au nom de la sécurité de l’Europe, il les appelle en renfort au risque de se laisser déborder par des groupes très mobiles, de plus en plus aguerris et de mieux équipés. Une <em>«brigade européenne»</em> de forces spéciales d’une dizaine de pays viendrait ainsi rompre l’isolement des troupes françaises. Pour Macron, en effet, l’heure n’est pas au repli stratégique au Sahel, malgré la lourdeur du fardeau, les coups reçus et les polémiques récurrentes que l’opération<em> «précipitée»</em>, selon ses adversaires, ordonnée par son prédécesseur Français Hollande, suscite dans la classe politique, et jusqu’au sein de sa propre majorité.</p>



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