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	<title>Archives des Habib Bourguiba - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Habib Bourguiba - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Majdi Boudhina explique les raisons de sa démission du parti de Abir Moussi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 12:22:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le député Majdi Boudhina a été poussé vers la porte du Parti destourien libre par les partisans de la présidente Abir Moussi, en prison. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/tunisie-majdi-boudhina-explique-les-raisons-de-sa-demission-du-parti-de-abir-moussi/">Tunisie | Majdi Boudhina explique les raisons de sa démission du parti de Abir Moussi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis la publication, il y a cinq jours, d’une lettre ouverte adressée à Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), dans laquelle il l’exhortait à ne pas briguer un troisième mandat à la tête du parti, Majdi Boudhina fait face à une levée de boucliers virulente de la part de la majorité des partisans de Mme Moussi, qui est incarcérée depuis le 3 octobre 2026 et poursuivie dans plusieurs affaires.</em></strong></p>



<span id="more-19189650"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Membre du bureau politique du parti et ancien député du Parlement dissous, élu sur une liste de Nabeul 2, M. Boudhina a fait valoir que <em>«le leadership ne se mesure pas au simple fait de se maintenir à un poste, mais aussi à la capacité de prendre une décision ouvrant la voie au renouveau et préservant l’image du parti»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction des partisans de Mme Moussi a été, comme il devait lui-même s’y attendre, d’une grande virulence, allant jusqu’à l’accuser de trahison et d’agir pour le compte d’autrui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la publication de nombreux messages exhortant cette majorité à faire preuve de raison — en soulignant qu’un troisième mandat d’Abir Moussi risquait de nuire tant à elle qu’au parti, et en appelant à faire primer les intérêts politiques et organisationnels — toutes ses tentatives ont échoué. Aujourd’hui, Boudhina a décidé de jeter l’éponge et de se retirer du PDL, comme l’indique sa dernière publication sur les réseaux sociaux : <em>«Le bon côté des choses, c’est que l’histoire retiendra mon passage au sein du parti de l’une de ces deux manières seulement : soit comme un traître, un agent, un mercenaire, un infiltré&#8230; soit comme le seul à avoir osé&#8230; En attendant ce moment-là, c’est terminé, et je vous souhaite le meilleur.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour rappel, voici le message adressé par l’ex-député à la présidente du PDL traduit de l’arabe : </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«À Mme Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre — actuellement détenue arbitrairement pour s’être opposée au pouvoir en place : j’ai appris que le parti s’apprête à tenir son congrès dans les semaines à venir et que vous comptez briguer un troisième mandat à sa présidence, à l’instar de la plupart de ses dirigeants. Cette situation m’amène à m’interroger sur les principes et les bonnes pratiques que nous avons longtemps prônés concernant la nécessité de respecter la loi ainsi que l’alternance au pouvoir et le renouvellement des responsabilités.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Si telle est notre propre attitude, comment pouvons-nous critiquer ou contester l’intention de Kaïs Saïed de briguer un troisième mandat présidentiel ? Sur quelle base pourrions-nous nous opposer à ses partisans — qui l’inciteront à briguer un troisième mandat, voire à gouverner à vie — alors que nous n’avons pas su tirer les leçons de l’expérience et des conséquences liées à des dirigeants tels que Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali (que Dieu ait leur âme) ? Ces derniers se sont accrochés au pouvoir au lieu de choisir une sortie honorable, comme l’ont fait de nombreux autres dirigeants dans le monde.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ne pensez-vous pas que le moment est venu de réformer en profondeur les statuts du parti – initialement conçus sur mesure – en y insufflant un vent de fraîcheur et en donnant la parole aux énergies, aux personnalités et aux jeunes talents capables de dynamiser le parti et de relever les défis posés par l’évolution de la situation, tant au niveau international que national&nbsp;? (Bien entendu, je ne me porte pas candidat à un poste quelconque, afin de ne pas être accusé de convoiter une position.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ne pensez-vous pas que nous avons — tout comme les autres partis — lamentablement échoué en laissant passer des occasions ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sauver la Tunisie de Kaïs Saïed et de ses acolytes, tout en reconquérant la confiance du peuple, exige davantage d’abnégation, d’intégrité et une remise en question critique. Le moment n’est-il pas venu pour nous tous de prendre du recul et de passer le relais à d’autres figures du parti — qui ne manquent pas ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Ne prêtez pas l’oreille à ce même chœur qui a fait du ‘‘zaim’’ [leader, par allusion à Bourguiba, Ndlr] un président à vie et maintenu Ben Ali au pouvoir pendant vingt-trois ans ; ce sont des hypocrites mus par des intérêts mesquins. Élevez-vous au-dessus du simple statut de chef de parti pour devenir un véritable leader. Prenez cette décision — un geste noble qui vous assurera une place dans l’histoire et dans le cœur de tout le peuple tunisien — à moins, bien sûr, que vous ne pensiez qu’il n’y a personne d’autre capable d’accomplir cette tâche.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je suis conscient que ce message pourrait me coûter mon poste au sein du parti ; néanmoins, j’appelle au renouvellement et à la restructuration de toutes les instances du parti, en commençant par ma propre fonction.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Bien que je sache que cette lettre finira probablement à la corbeille, je vous exhorte — alors que vous entamez un troisième mandat — à mettre de côté votre statut d’avocate et de professeure de droit pour privilégier une approche économique et sociale.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je demande que les activités du parti se concentrent sur les enjeux auxquels le peuple tunisien est confronté, plutôt que sur les préoccupations élitistes et les agendas politiques qui ont épuisé tant le parti que ses membres.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Ce sont les conditions de vie des citoyens — leur coût de la vie, leur bien-être, leur sécurité et leur tranquillité d’esprit — qui changent la donne et vous assurent le soutien du public. Si, toutefois, vous nourrissez le désir ardent de rester à la tête du parti pour les années à venir, je vous exhorte à ne pas organiser ce congrès ; personne ne vous en tiendrait rigueur, compte tenu de votre situation actuelle — qui vous empêche même de signer légalement la convocation de l’assemblée. S’il vous plaît, abstenez-vous simplement de briguer un troisième mandat illégitime, car une telle démarche vous porterait préjudice, à vous comme au parti.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«En fin de compte, être président ou non, à mon avis, importe moins que de maintenir le leadership. Cela requiert un minimum d’altruisme et une grande capacité à former de nouveaux leaders, dont aucun n’a jamais occupé de poste de haut niveau.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai tiré la sonnette d&rsquo;alarme, convaincu que nous sommes tous partenaires au sein de ce parti, unis par nos luttes, celles de nos pères et grands-pères, et par mon amour pour la Tunisie et pour sauver Abir de ses propres démons et de la prison.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>«Mon roi, vous n&rsquo;êtes qu&rsquo;un homme.»</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/tunisie-majdi-boudhina-explique-les-raisons-de-sa-demission-du-parti-de-abir-moussi/">Tunisie | Majdi Boudhina explique les raisons de sa démission du parti de Abir Moussi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un regard inédit sur les émeutes du pain de 1984 en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/06/un-regard-inedit-sur-les-emeutes-du-pain-de-1984-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 06:10:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Mzali]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Rouai]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’économiste Sadok Rouai propose dans un livre une relecture documentée de la crise des émeutes du pain de janvier 1984 en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/06/un-regard-inedit-sur-les-emeutes-du-pain-de-1984-en-tunisie/">Un regard inédit sur les émeutes du pain de 1984 en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Près de quarante-deux ans après les émeutes du pain de janvier 1984, un nouvel ouvrage remet en perspective l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire contemporaine tunisienne. Dans ‘‘Tunisie – Émeutes du pain de janvier 1984 : Mythes et réalités sur le rôle du FMI et de la BCT’’, l’économiste Sadok Rouai propose une relecture documentée de cette crise, fondée sur les archives officielles et son expérience au sein des grandes institutions financières internationales.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-19154779"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Les événements de janvier 1984 restent associés à une explosion sociale déclenchée par la hausse des prix des produits de première nécessité, notamment le pain. Rapidement étendue à plusieurs régions du pays, la contestation avait pris une ampleur nationale avant d’être sévèrement réprimée, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés. Longtemps résumés à une réaction populaire face à une mesure économique impopulaire, ces événements font ici l’objet d’une relecture plus approfondie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une analyse nourrie par une expérience institutionnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ancien cadre de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Sadok Rouai est diplômé de la Faculté de droit et des sciences économiques de Tunis ainsi que de l’Institut technique des banques de Paris. Il a poursuivi sa carrière au Fonds monétaire international (FMI), où il a exercé pendant plus de trente ans comme conseiller principal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fort de ce parcours, l’auteur confronte les récits politiques aux documents issus des archives du FMI et de la BCT. Il replace les événements dans le contexte économique du début des années 1980, marqué par les déséquilibres budgétaires, la pression de la dette extérieure et la mise en place, à l’instigation du FMI, des politiques d’ajustement structurel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des pages, l’ouvrage analyse les mécanismes ayant conduit à la hausse des prix des produits subventionnés. Il interroge le rôle des recommandations internationales, les marges de manœuvre des autorités tunisiennes et les arbitrages politiques opérés dans un contexte de forte contrainte financière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur examine également les alternatives économiques envisageables à l’époque ainsi que les effets durables de ces choix sur les politiques publiques du pays. Cette démarche vise à dépasser les lectures simplifiées de l’histoire pour mettre en lumière la complexité des interactions entre décisions nationales et contraintes internationales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un débat toujours d’actualité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la dimension historique, l’ouvrage ouvre une réflexion plus large sur les rapports entre souveraineté économique et institutions financières internationales. Dans un contexte mondial toujours marqué par les questions de dette et de réformes économiques, cette publication résonne avec des enjeux toujours actuels, notamment le refroidissement (sinon le gel) des liens entre le FMI et la Tunisie depuis l’accession de Kaïs Saïed à la présidence de la république.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, ce dernier rejette les injonctions de l’institution financière internationale en matière de réformes politiques (levée progressive des subventions, cession partielle des entreprises publiques déficitaires, réduction de la masse salariale du secteur public…), en ayant sans doute présent à l’esprit les émeutes du pain de 1984, qui ont été provoquées, rappelons-le, par la hausse brutale des prix du pain et des pâtes alimentaires suite à la levée des subventions d’Etat décidée par le gouvernement Mohamed Mzali. Pour calmer les esprits, le président Habib Bourguiba avait dû sortir le soir à la télévision pour annoncer l’annulation de cette décision qu’il avait lui-même défendue publiquement quelques jours auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Publié par les Éditions Arcadia, le livre est disponible en librairie depuis le lundi 29 juin 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Colloque à Paris &#124; Histoire partagée, mémoires plurielles et souverainetés inachevées</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/17/colloque-a-paris-histoire-partagee-memoires-plurielles-et-souverainetes-inachevees/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:31:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelaziz Thaalbi]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
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		<category><![CDATA[Messali Hadj]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, Paris accueille le colloque «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/17/colloque-a-paris-histoire-partagee-memoires-plurielles-et-souverainetes-inachevees/">Colloque à Paris | Histoire partagée, mémoires plurielles et souverainetés inachevées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, le colloque international «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956–2026)», tenu à Paris les 8 et 9 juin 2026, a constitué un moment majeur de réflexion historique sur les héritages coloniaux et leurs prolongements contemporains. Accompagné de l’exposition «Décolonisations en miroir&nbsp;: France/Afrique du Nord (1930–1970)», cet événement scientifique a proposé une lecture croisée des trajectoires de la France, de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong><strong><em></em></strong></p>



<span id="more-18966722"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’une simple commémoration, cette rencontre a invité à penser les décolonisations comme des processus connectés, où les histoires des deux rives de la Méditerranée demeurent profondément imbriquées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début des années 1930, l’empire colonial français atteint son extension maximale. L’Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris célèbre alors la puissance impériale et diffuse un imaginaire fondé sur la mission civilisatrice et la hiérarchie des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cartes coloniales, les affiches de propagande et les représentations exotiques du Maghreb révèlent une géographie politique façonnée par la domination européenne. Ces images participaient à une entreprise plus vaste&nbsp;: naturaliser l’ordre colonial et effacer les réalités historiques et culturelles des sociétés colonialisées. Pourtant, cet âge d’or impérial portait déjà les germes de sa propre contestation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paris, laboratoire des nationalismes maghrébins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, la capitale française devient également le lieu où se forgent les élites anticoloniales. Étudiants, intellectuels et militants maghrébins y élaborent les premiers discours nationalistes modernes. Parmi les figures majeures émergent Abdelaziz Thaalbi, Habib Bourguiba ou encore Messali Hadj, dont les parcours témoignent de l’interconnexion des espaces politiques méditerranéens</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, la publication de <em>‘‘La Tunisie martyre’’</em> de Thaalbi en 1920 marque un tournant majeur du nationalisme moderne. La fondation du Destour puis du Néo-Destour structure progressivement la revendication souveraine. C’est à Paris que se forgent les idées de souveraineté qui renverseront l’ordre impérial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Maroc, le Dahir berbère de 1930 cristallise les résistances contre le protectorat. En Algérie, Messali Hadj fonde l’Étoile nord-africaine (ENA) dès 1926 à Paris, ouvrant la voie au nationalisme indépendantiste algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Étoile nord-africaine, dirigée par Messali Hadj, revendique l’indépendance de l’Algérie et la défense des droits des Nord-Africains. Elle marque la naissance d’un nationalisme organisé parmi les colonialisés vivant en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’ordre colonial. Les soldats maghrébins participent à la libération de la France, mais les promesses d’égalité restent sans lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 mai 1945 constitue un tournant majeur&nbsp;: alors que l’Europe célèbre la victoire sur le nazisme, les massacres de Sétif et Guelma annoncent la crise définitive de l’empire colonial. Ces événements marquent l’effondrement de l’illusion réformiste et ouvrent l’ère des guerres d’indépendance.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RBuSeNPA4F"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/05/france-algerie-laborieuse-reconciliation-des-memoires-video/">France-Algérie : laborieuse réconciliation des mémoires (vidéo)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France-Algérie : laborieuse réconciliation des mémoires (vidéo) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/05/france-algerie-laborieuse-reconciliation-des-memoires-video/embed/#?secret=U87QmAdgia#?secret=RBuSeNPA4F" data-secret="RBuSeNPA4F" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Guerres de libération et naissance des souverainetés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre 1954 et 1962, le Maghreb connaît des trajectoires différenciées vers l’indépendance. L’Algérie s’engage dans une guerre longue et violente qui transforme profondément la société française elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, l’indépendance obtenue en 1956 sous la conduite de Bourguiba ne met pas immédiatement fin à la présence française. La bataille de Bizerte de 1961 et l’évacuation des bases militaires en 1963 pachèvent la souveraineté nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les indépendances ne mettent pas un terme aux conflits&nbsp;: ceux-ci se déplacent désormais sur le terrain de la mémoire. En France, la guerre d’Algérie demeure longtemps désignée comme les <em>«événements»</em>. En Algérie, un récit national héroïque se construit autour du FLN et des martyrs de la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu émergent des mémoires longtemps invisibles&nbsp;: harkis, pieds-noirs, Juifs maghrébins, appelés français ou civils déplacés. L’ouverture des archives transforme aujourd’hui profondément les écritures de l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition rappelle également le rôle fondamental des images dans la décolonisation du regard. Le cinéma maghrébin a constitué un espace essentiel de reconquête symbolique. Des œuvres comme <em>‘‘La Bataille d’Alger’’</em> de Gillo Pontecorvo ou<em> ‘‘Chronique des années de braise’’</em> de Lakhdar Hamina ont contribué à faire de l’histoire coloniale un patrimoine universel de la lutte pour la liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une mémoire partagée ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des blessures et des silences, le colloque a montré que les décolonisations ne relèvent pas seulement du passé&nbsp;: elles constituent un enjeu majeur du présent. Les questions migratoires, la francophonie, les archives, les débats sur les réparations ou les reconnaissances mémorielles continuent de structurer les relations entre la France et le Maghreb.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition s’achève sur une convictionforte&nbsp;: reconnaître la douleur de l’autre ne signifie pas renoncer à sa propre histoire.Au contraire, cette reconnaissance constitue peut-être la condition d’une mémoire véritablement partagée entre les deux rives de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien</em>. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CCu3b8R9K2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/">Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/embed/#?secret=wThU2LptPk#?secret=CCu3b8R9K2" data-secret="CCu3b8R9K2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Bourguiba entre histoire et littérature</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/04/bourguiba-entre-histoire-et-litterature/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 08:23:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Habib Bourguiba a souvent intéressé les historiens. Mais aussi les hommes de théâtre et les romanciers. Mais pas de la même façon. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a quelques semaines, je publiais dans ces colonnes une <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tribune consacrée à Habib Bourguiba</a>, à l’occasion des soixante-dix ans de l’indépendance. J’y proposais une lecture en trois images : le bâtisseur de l’État, le despote éclairé, la figure mémorielle disputée. Trois prismes pour tenter de saisir un homme qui continue, un quart de siècle après sa mort, de structurer notre rapport au politique et à l’histoire. Peu après, le séminaire organisé à Beït al-Hikma autour de l’œuvre romanesque d’Amira Ghenim m’a conduit à relire cette démarche avec un regard différent, non pour la remettre en cause, mais pour en mesurer les bords, les limites, et ce qu&rsquo;elle laisse nécessairement dans l’ombre.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Largueche *</strong></p>



<span id="more-18865952"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’historien et le romancier ne font pas le même travail. Mais ils ne font pas non plus un travail opposé. Ils habitent deux régimes de vérité distincts, qui se complètent sans jamais se confondre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l’histoire peut faire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque j’écrivais que les trois images de Bourguiba ne doivent pas être pensées comme des catégories séparées mais comme les dimensions d’une même réalité historique complexe, je formulais une ambition proprement historienne : tenir ensemble la grandeur et les contradictions d’un homme d’État, articuler ce qui paraît inconciliable, restituer la logique interne d’une époque sans l’anachronisme du jugement rétrospectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le propre de la discipline. L’historien travaille sur les faits, les archives, les séries documentaires, les traces que les événements laissent dans le temps. Il cherche à comprendre comment les choses se sont passées, pourquoi elles ne pouvaient peut-être pas se passer autrement, et ce qu’elles ont produit de durable ou de fragile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche a une exigence : la distance. Non pas l’indifférence&nbsp;; l’historien n’est pas une machine, mais le refus de se laisser emporter par l’émotion ou la mémoire au point de perdre la rigueur du regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une force. C’est aussi une contrainte.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="feNzKZfXzI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/">Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/embed/#?secret=nhqLV9LGBc#?secret=feNzKZfXzI" data-secret="feNzKZfXzI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la littérature seule peut atteindre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Amira Ghenim, dans <em>‘‘Les grands hommes meurent en avril’’</em>, ne cherche pas à établir ce qui s’est passé. Elle cherche à faire sentir comment cela a été vécu. Ce n’est pas la même chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où mes trois images de Bourguiba sont des catégories analytiques, des outils pour penser, la romancière construit une présence : multiple, contradictoire, irréductible à toute synthèse. Son Bourguiba n’est pas une thèse sur Bourguiba. Il est la façon dont Bourguiba a traversé les corps, les silences, les mémoires intimes des gens qui l’ont côtoyé ou subi, admiré ou redouté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mohamed Rajaa Farhat, de son côté, restitue dans sa pièce de théâtre <em>‘‘Le dernier cachot’’</em> une voix, celle d’un homme qui continue à se raconter lui-même dans la solitude et la défaite. Ce Bourguiba-là n’est pas un objet d’analyse. Il est un sujet qui résiste à la réduction, qui affirme encore son <em>«je»</em> quand tout le reste lui a été retiré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux œuvres ne viennent pas corriger ou compléter ce que l’historien aurait mal fait. Elles font autre chose. Elles donnent accès à une dimension de l’expérience historique que l’archive ne contient pas : l’intériorité des êtres, la texture émotionnelle du temps vécu, les contradictions que les hommes portent sans les résoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où l’histoire reconstitue les structures, la littérature habite les failles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dialogue sans hiérarchie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le séminaire de Beït al-Hikma a mis en lumière, et ce que la confrontation entre ma tribune d’historien et ces deux œuvres littéraires permet de formuler clairement, c’est ceci : nous n’avons pas à choisir entre l’histoire et la littérature pour comprendre Bourguiba, ni pour comprendre ce que la Tunisie fait de son passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux formes de connaissance ne sont pas en concurrence. Elles ne se valident pas non plus mutuellement, comme si l’une avait besoin de l’autre pour être légitime. Elles sont simplement différentes, et cette différence est précieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’historien pose la question : que s’est-il réellement passé, et selon quelle logique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le romancier pose une autre question : comment cela a-t-il été vécu, et que reste-t-il de cette expérience dans les mémoires et dans les corps ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux questions méritent d’être posées ensemble. Non pas pour les fondre en une réponse unique, mais parce que chacune éclaire ce que l’autre ne peut pas voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans cette complémentarité quelque chose qui dépasse le seul cas Bourguiba. C’est une manière de concevoir la connaissance du passé : non pas comme un domaine réservé à une seule discipline, mais comme un espace partagé où les savoirs se croisent sans se dominer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mémoire comme chantier commun</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À soixante-dix ans de l’indépendance, la Tunisie n’a pas fini de lire son propre passé. La figure de Bourguiba en est le signe le plus visible : elle continue de susciter des débats, des œuvres, des prises de position, des controverses. Elle est vivante, au sens fort, c’est-à-dire encore capable de déranger, d’interroger, de diviser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une chance, non un problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une société qui ne discute plus ses origines, qui a figé son récit fondateur en monument intouchable, a cessé de se penser elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie contemporaine, en relisant Bourguiba à travers l’histoire académique, le théâtre, le roman, le débat public, montre qu’elle est encore en mesure de s’interroger sur ce qu’elle a été, et donc sur ce qu’elle veut devenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce chantier collectif, l’historien et le romancier ont chacun leur place. Non pas l’un au-dessus de l’autre, ni l&rsquo;un à la suite de l’autre, mais côte à côte, chacun portant la partie de la vérité que l’autre ne peut pas atteindre seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être cela, en définitive, la leçon la plus durable de ce moment intellectuel que nous traversons : apprendre à travailler ensemble, sans effacement ni rivalité, dans le respect de ce que chaque forme de connaissance peut et ne peut pas faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba nous y invite, malgré lui, lui qui avait si peu le goût du partage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZoEY54GGfL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/entre-memoire-et-fiction-amira-ghenim-fait-parler-habib-bourguiba/">Entre mémoire et fiction | Amira Ghenim fait parler Habib Bourguiba</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Entre mémoire et fiction | Amira Ghenim fait parler Habib Bourguiba » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/entre-memoire-et-fiction-amira-ghenim-fait-parler-habib-bourguiba/embed/#?secret=yezJZdsRMB#?secret=ZoEY54GGfL" data-secret="ZoEY54GGfL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Omar Sharif &#124; Une nuit orientale à Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 08:55:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Omar Sharif, au centre d'une une création littéraire et scénique pensée comme une traversée des mémoires méditerranéennes. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Jeudi 21 mai 2026 à 21h30, le Mucem de Marseille accueillera, sur le Fort Saint-Jean, une création littéraire et scénique pensée comme une traversée des mémoires méditerranéennes. Présentée dans le cadre du festival ‘Oh les beaux jours !’, la soirée intitulée ‘‘Omar Sharif, ma grand-mère et moi” ne sera jouée qu’une seule fois.</em></strong></p>



<span id="more-18792259"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre de cette proposition, la figure d’Omar Sharif agit comme un fil conducteur reliant récits intimes, imaginaires familiaux et mémoire culturelle du monde arabe et méditerranéen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Star née en Égypte, icône du cinéma international, il devient ici un point de passage entre histoires personnelles et héritages partagés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de cette présence centrale, la soirée accorde une place marquée à la Tunisie et à ses résonances historiques et contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure de Habib Bourguiba traverse le spectacle comme celle d’un fondateur essentiel et controversé. Architecte de la Tunisie moderne, entre mythe national et fin de règne, il incarne une mémoire politique toujours active, interrogée à travers les récits et les écritures de la soirée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création met également en lumière la voix de l’écrivaine Amira Ghenim, dont les textes explorent les tensions entre mémoire intime, histoire sociale et héritages politiques dans l’espace tunisien et maghrébin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour de cet axe tunisien gravitent d’autres figures majeures du monde arabe et méditerranéen : Warda Al-Jazairia, icône de la chanson engagée en Algérie ; Assia Djebar, grande voix littéraire du Maghreb ; ou encore Berlanti Abdelhamid, figure du cinéma égyptien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mise en scène par Amine Adjina, la soirée réunit également Marwan Chahine, Maya Ouabadi, Nassera Tamer et Abdellah Taïa, autour de textes inédits mêlant récits personnels et figures de mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le décor du Fort Saint-Jean, face à la mer, cette création compose une cartographie sensible où la Méditerranée devient espace de circulation des voix, des histoires et des héritages. Une seule soirée. Le jeudi 21 mai à 21h30.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Khalifa Chater &#124; Un parcours académique et culturel bien rempli</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/15/khalifa-chater-un-parcours-academique-et-culturel-bien-rempli/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 08:24:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Khalifa Chater]]></category>
		<category><![CDATA[Monastir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la carrière académique et culturelle bien remplie de l'historien Khalifa Chater, qui s’est éteint à l’âge de 90 ans.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le mercredi 13 mai 2026, l’université tunisienne perd un de ses fondateurs, le professeur d’histoire qui a marqué plusieurs générations à la Faculté des lettres et des sciences humains de Tunis, feu Khalifa Chater, qui s’est éteint à l’âge de 90 ans. Le cortège funèbre du défunt quittera aujourd’hui, jeudi 14 mai 2026, de sa maison sise au n° 2, rue Lorca, El Manar 1, Tunis, vers le cimetière de Jellaz après la prière du Dhohr. Retour sur une carrière académique et culturelle bien remplie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Adel Ben Youssef</strong> *</p>



<span id="more-18775265"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef.jpg" alt="" class="wp-image-13131935" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Né le&nbsp;12 mai 1936&nbsp;à cité Errbat à Monastir dans une famille destourienne modeste. Après des études à l’école franco-arabe de la ville, il obtient son certificat de fin d’études primaires en juin 1948. En octobre de la même année, il rejoint le Collège de Sousse en tant qu’élève interne où il obtient son bac lettres session 1954.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cinéphile depuis son jeune âge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement à ses études, Khalifa Chater a évolué au sein la Jeunesse scolaire destourienne et au Ciné-club de Sousse, avec plusieurs élèves de sa génération, dont entre autres, Moncef Charfeddine, Abdeljelil Béhi, Mustapha Nagbou, Moncef Ben Ameur, Hédhili Chaouache et surtout Nouri Zanzouri, qui tous deviennent des cinéphiles <em>«mordus»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il collaborera ensuite à la revue <em>‘‘7ème art’’,</em> lancée en 1964 par le ministère de la culture et dirigée par son camarade d’étude, feu Mustapha Nagbou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès sa nomination en tant que professeur d’histoire-géo à Sfax, il prendra part aux activités du Ciné-club de Sfax dirigé depuis 1951 par le professeur d’arabe, feu Tahar Cheriâa. Il sera, aux côtés de ce dernier, parmi les fondateurs des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), ce rendez-vous arabo-africain du septième art né officiellement à Tunis en 1966, grâce aux efforts de Tahar Cheriâa et de ses camarades parmi les anciens du Ciné-club de Sousse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un très riche parcours académique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1960, Khalifa Chater a été nommé professeur d’enseignement secondaire au lycée secondaire route de Gabès à Sfax, où il a enseigné jusqu’à sa mutation au lycée Alaoui, à Tunis, puis en tant qu’assistant- chercheur en histoire moderne et contemporaine à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis à partir de 1972, puis maitre-assistant, maître de conférences, professeur d’enseignement supérieur et enfin professeur émérite au sein de la même institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1981, il a soutenu une thèse de doctorat d’Etat es-lettres, à Paris-Sorbonne IV, sous la direction du Pr. Dominique Chevalier, intitulée&nbsp;: ‘‘<em>Dépendance et mutations précoloniales : La régence de Tunis de 1815 à 1857</em>’’, qui a été publiée en 1984.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a encadré des dizaines de thèses et de mémoires de fin d’études (CAR, DEA, Masters) et fut membre de plusieurs jurys de soutenance au sein de l’université tunisienne et d’universités étrangères et de commissions nationales de recrutement et de promotion aux différents grades d’historiens-chercheurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Responsabilités académiques et culturelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A côté de l’enseignement, Pr. Khalifa Chater a occupé de nombreux postes culturels, académiques et scientifiques. Il a ainsi été directeur du Centre culturel international de Hammamet en 1978&nbsp;; directeur de l’Institut supérieur de documentation (de 1987 à 1996)&nbsp;; directeur général de la Bibliothèque nationale (de 1997 à 2002).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été co-fondateur, secrétaire général et vice- président de l’Association des études internationales (AEI) aux côtés de Rachid Driss de 1980 à 2010, avant de la présider de 2010 à 2012&nbsp;: et président de Comité national de stratégie de la traduction pour la promotion de la présence culturelle tunisienne sur la scène culturelle mondiale, rattachée à l’Institut de traduction de Tunis (depuis 2008).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Producteur d’émissions radiophoniques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instigation du président Habib Bourguiba, le producteur d’émissions historiques à la Radio Nationale, Pr. Moncef Chennoufi a fait appel à l’historien Khalifa Chater pour donner plus d’éclat à son émission ‘<em>‘Safahat min tarikhina alwatani’’</em> (Pages de notre histoire nationale) depuis le début des années 1980, puis <em> »Al-Hayat Athaqafia »</em> (La Vie culturelle). De 1991 à 1996, il a été producteur d’émissions historiques à Radio Monastir, entre autres <em>‘‘Fi tarikhina alwatani’’</em> (Notre histoire nationale). Dans ses émissions historiques, Pr. Khalifa Chater a vulgarisé la connaissance historique et passé en revue toutes les périodes du mouvement national tunisien (de 1881 à 1956), puis les grandes phases de la construction du l’Etat tunisien moderne à partir de 1956.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Travaux académiques et publications</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement à son travail de professeur d’enseignement secondaire, Khalifa a commencé des recherches en histoire moderne sous la direction de l’éminent Pr Jean Ganiage, alors sommité de la Sorbonne, couronnées par la soutenance d’une thèse de doctorat de troisième cycle intitulée <em>‘‘Insurrection et répression dans la Tunisie du XIX<sup>e</sup> siècle&nbsp;: la Mhalla de Zarrouk au Sahel&nbsp;(1864)’’</em> où il a disséqué avec précision la révolte d’Ali Ben Ghedhahem en 1864 et les fatalités exercées par le général Ahmed Zarrouk sur les populations du Sahel tunisien entre 1864 et 1865.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa thèse d’Etat soutenue en 1984 à Paris IV, sous la direction de Dominique Chevalier, intitulée <em>‘‘Dépendance et mutations précoloniales La Régence de Tunis de 1815 à 1857’’</em>, le chercheur Khalifa Chater a examiné les différentes mutations de l’État tunisien avant le protectorat français. Dans cette thèse incontournable, il ne s’est toutefois pas limité aux archives du XIX<sup>e</sup> siècle, mais il a également recouru aux sources littéraires, européennes et tunisiennes sur cette période cruciale de notre histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a aussi consacré une part importante de sa carrière à l’histoire immédiate et aux grandes figures nationales, notamment le leader Habib Bourguiba, à qui il a consacré un ouvrage intitulé <em>‘‘L’ère Bourguiba’’ </em>(AC éditions, Tunis 2021), posant un regard critique nuancé sur la construction de l’État moderne et l’exercice du pouvoir par le premier président tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>‘‘La dynastie husseinite (1705-1957)’’</em>, l’un de ses plus importants ouvrages, paru en 2025, il a fait la synthèse de plus de deux siècles d’histoire de la dernière monarchie tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est aussi l’auteur d’une biographie&nbsp;: ‘‘<em>Tahar Ben Ammar 1889-1985’’</em>, publiée par les Editions Nirvana à Tunis, en 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 5 volumes de <em>‘‘La Tunisie, à travers l’histoire’’</em>, édités à Tunis par Ceres, en 2005, sont une œuvre collective d’histoire tunisienne préparée sous sa direction par une équipe de 24 professeurs. Il y, également, assuré la rédaction de deux chapitres<em> </em><em>sur «</em><em>Le projet réformateur tunisien XIX<sup>e</sup> siècle».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de ces livres de référence, sa production intellectuelle compte de nombreux articles académiques et chroniques publiés dans des revues tunisiennes et étrangères&nbsp;:<em> Les Cahiers de Tunisie, Maghreb Review, Revue de la Méditerranée, Etudes Internationales, Revue d’Histoire Maghrébine</em> et <em>Acta</em>, en Tunisie, en Suisse, aux Etats-Unis, au Canada, en Egypte, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la revue française <em>Cahiers de la Méditerranée</em>, il a publié, notamment, <em>«Commerce transsaharien et esclavage au&nbsp;XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle, dans les régences de Tunis et de Tripoli’’</em> (n°&nbsp;65,&nbsp; 2002)&nbsp;; ‘<em>‘La perception de ‘l’Autre’ en Egypte et en Tunisie au&nbsp;XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle&nbsp;: l’émergence d’un nouveau paradigme’’</em> (n°&nbsp;66, 2003)&nbsp;; <em>‘‘Changements politiques et exclusion lors de la décolonisation&nbsp;: le cas du Makhzen en Tunisie (1954-1959)’’</em> (n°&nbsp;69,&nbsp;2004)&nbsp;;<em>‘‘La Franc-maçonnerie en Tunisie à l’épreuve de la colonisation (1930-1956)’’</em> (n°&nbsp;72,&nbsp;2006)&nbsp;; <em>‘‘Pensée en exil et décolonisation&nbsp;: le cas maghrébin’’</em> (n°&nbsp;82, 2011).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Khalifa Chater a également contribué dans plusieurs magazines tunisiens notamment <em>Réalités </em>et <em>L’Economiste Maghrébin </em>où il offrait à ses lecteurs des chroniques d’une précieuse richesse sur les questions d’ordres économique et géopolitique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne pouvons passer en revue dans cet article nécrologique la riche contribution du défunt aux publications scientifiques collectives et les nombreuses préfaces qu’il a rédigées aux ouvrages de ses collègues, mais nous devons citer les prix et distinctions qu’il a reçus, notamment le Doctorat honoris causa de l’Université de Montpellier-Paul Valéry (France) en 1993 et le Prix national des lettres et des sciences Humaines (Tunisie) en 1997.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il était très attaché à sa ville natale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré sa résidence à Tunis, feu Pr. Khalifa Chater restait fidèle à sa ville natale où il fréquentait tous les étés les membres de sa famille, ses camarades d’étude primaire et secondaire en tant qu’invité pour assister aux manifestations culturelles officielles ou celles &nbsp;organisées par des associations de la société civile, surtout après 2011, pour donner des conférences au siège de <em>Nadi Al Ajial</em> ou bien dans la grande salle de réunions à la municipalité de Monastir où j’ai l’honneur de présenter, sur sa demande, son ouvrage <em>‘‘L’ère Bourguiba’’,</em> le 3 août 2022.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que Dieu tout puissant le bénisse et le couvre de sa grâce infinie et accorde patience, force et consolation à sa femme Souad Jedidi (ancienne PDG de l’Office national du planning familial jusqu&rsquo;en 1984) et les membres de sa famille, notamment madame Hafidha Chekir et Mr. Khaled Châabane dans ces moments de difficile épreuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Université de Sousse.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hdPoCkl5Z0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/13/deces-de-lhistorien-tunisien-khalifa-chater/">Décès de l’historien tunisien Khalifa Chater</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Décès de l’historien tunisien Khalifa Chater » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/13/deces-de-lhistorien-tunisien-khalifa-chater/embed/#?secret=CTslZvZE2U#?secret=hdPoCkl5Z0" data-secret="hdPoCkl5Z0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 11:09:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région du Maghreb. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de </em></strong><strong><em>légitimation politique</em></strong><em> <strong>plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. </strong></em><strong><em>Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine «numide» ou «punique» est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région.&nbsp;</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ridha Ben Slama</strong> *</p>



<span id="more-18663318"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Faut-il rappeler encore à ceux qui se confinent dans une posture pathétique et feignent d’ignorer que notre pays possède une identité étatique propre, bien antérieure à la colonisation (1881), et ce contrairement à beaucoup d’autres pays&nbsp;? Faut-il répéter que la Tunisie actuelle est l’aboutissement d’une longue succession de civilisations qui ont chacune contribué à son assise territoriale et culturelle&nbsp;? Depuis des millénaires, elle possède l’une des identités étatiques les plus anciennes et les plus continues au monde, dépassant largement le cadre des frontières coloniales du dernier siècle.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">1- La Tunisie (Ifriqiya) le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La justesse de l’approche exige de dépasser un exercice trop contemporain, qui envisage une souveraineté territoriale définie seulement par des frontières, à savoir le <em>«contour extérieur d’une nation pleinement consciente d’elle-même»</em> <sup>(1)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pratiquement, durant des siècles, l’autorité d’un État s’exerçait non sur un espace borné par des frontières identifiées, mais également sur son rayonnement culturel. Les limites de l’État enfermeraient aussi celles, mouvantes, des terrains de parcours de ces tribus vassales à un État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Carthage (IX<sup>e</sup>-II<sup>e</sup> siècle av. J.-C.) avait déjà structuré le territoire sous une forme étatique puissante, avec une administration, une monnaie et une diplomatie propre. Ce n’était pas seulement une cité, mais le centre d’un empire maritime thalassocratique qui comprenait la majeure partie de la Tunisie actuelle (le Zeugitane et la Byzacène). L’empire s’étendait sur toutes les côtes de la Méditerranée occidentale, de l’actuelle Libye (Tripolitaine) jusqu’au sud de l’Espagne, en passant par la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les côtes actuellement algériennes et marocaines.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à Thugga (actuelle Dougga) <sup>(2)</sup>, elle est reconnue par les historiens comme l’une des premières capitales, foyer majeur du <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">royaume Massyle</a> au IV<sup>e</sup> siècle av. J.-C. Elle est décrite par Diodore de Sicile comme une <em>«ville d’une belle grandeur»</em>, servant de résidence royale avant l’unification des différentes tribus. Cette dynastie était traditionnellement une alliée de Carthage. Les rois Massyles participaient grâce à ses cavaliers, réputés au combat, avec les troupes carthaginoises, notamment en Sicile ou en Espagne. Les textes des auteurs de l’antiquité soulignent que des rois comme Zelalsen (grand-père de Massinissa) ou l&rsquo;ancêtre Aylimas y avaient établi leur centre de pouvoir. Le roi Gaïa, père de Massinissa, maintenait cette alliance étroite, envoyant même son fils combattre aux côtés des Carthaginois en Espagne contre Rome. La cavalerie numide, considérée comme l’une des meilleures cavaleries légères de l’Antiquité, reposait sur une organisation unique centrée sur la mobilité extrême et une symbiose parfaite entre le cavalier et sa monture. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’influence carthaginoise à Thugga était manifeste à travers l’architecture et les inscriptions. Le célèbre Mausolée libyco-punique témoigne de ce mélange des cultures libyque et punique au sein de la noblesse massyle. Les Massyles occupaient la région entre l’Ampsaga (correspondant aujourd’hui à l’Oued el-Kebir, dont le Rhummel est le principal affluent en Algérie actuelle) et les terres carthaginoises, avec pour capitale Sarim Batim (actuelle Constantine) qui était le nom donné à la ville par les Carthaginois lorsqu’ils y ont établi un comptoir commercial, bien avant qu’elle ne devienne à une certaine époque la capitale de la Numidie.Né à Thugga, Massinissa servit d’abord dans les rangs de l’armée carthaginoise avant de s’allier à Rome en 206 av. J.-C. après avoir été évincé de son trône par Syphax (roi des Massæsyles soutenu par Carthage). Sa victoire lui avait permis d’unifier les deux royaumes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le revirement de Massinissa a été l’un des tournants majeurs de l’histoire antique. Ce n’était pas une défection soudaine, mais une décision stratégique dictée par la survie du royaume de ses ancêtres mais aussi pour des motifs personnels.&nbsp;Plusieurs facteurs avaient poussé Massinissa à abandonner l’alliance carthaginoise pour rejoindre Scipion l’Africain (Rome). À la mort de son père Gaïa, le trône massyle était disputé entre les héritiers. Les suffètes de Carthage, au lieu de soutenir Massinissa (pourtant l’un de leurs généraux en Espagne), jouèrent double jeu pour garder le contrôle sur la Numidie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Massinissa était d’abord fiancé à la belle Sophonisbe, fille du général carthaginois Hasdrubal Gisco. Pour sceller une alliance politique plus <em>«utile»</em>, Carthage la donna finalement en mariage à son rival, Syphax (roi des Massæsyles). Humilié et spolié de ses terres par Syphax avec l’appui de Carthage, Massinissa rompit définitivement. En combattant en Espagne, il put observer de près la puissance militaire de Rome. Il comprit que le vent tournait et que Rome était un allié plus solide pour réaliser son ambition. Après la guerre, il annexa les territoires de Syphax et unifia les tribus sous un seul sceptre, de la Moulouya jusqu’aux frontières de Carthage. Il poursuivit la sédentarisation des populations et développa l’agriculture. Les quartiers <em>«numides»</em> à Thugga, sous le forum romain, montrent que la ville était déjà une cité organisée et prospère sous son règne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la chute de Carthage en 146 av. J.-C., les Romains conservèrent cette unité territoriale. Le nom <em>«Africa»</em> désignait spécifiquement la Tunisie avant de s’étendre à tout le continent. Situé au cœur de la Méditerranée, le territoire constituait une entité historique qui contrôlait des contrées s’étendant à travers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Cela correspondait au nord et à l’est de la Tunisie actuelle, avant de s’étendre pour inclure l’actuelle Tripolitaine (Libye) et une partie de l’Est actuellement algérien (Constantinois).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Massinissa était donc né à Dougga (Thugga). Pour les historiens, c’est un enfant du pays, à savoir la Tunisie. Pourtant, quelques faussaires prétendent que Massinissa serait <em>«le père de l’État algérien moderne»</em>, puisqu’il avait unifié les tribus numides. Une statue lui a d’ailleurs été érigée au cœur d’Alger en 2021, ce qui a été perçu comme une tentative de <em>«captation»</em> d’une figure massyle, issue d’une dynastie établie à Thugga.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde <em>«captation»</em> est celle de Saint Augustin qui était certes né à Thagaste (Souk Ahras, en Algérie actuelle). Thagaste est située à environ 240 km de Carthage, mais elle faisait partie d’une région profondément <em>«punicisée»</em>. Saint Augustin lui-même, bien que citoyen romain de culture latine, se revendiquait fier de ses origines puniques. Car le punique était encore parlé par les populations rurales autour de Thagaste au IV<sup>e</sup> siècle apr. J.-C., soit plus de 500 ans après la chute de Carthage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Augustin s’était formé intellectuellement à Carthage, y avait enseigné et avait passé une grande partie de sa vie dans la sphère d’influence carthaginoise. Il se définissait lui-même comme un <em>«fils de Carthage»</em> <sup>(3)</sup>, ce qui pousse les historiens tunisiens à rappeler que son héritage philosophique et théologique appartient à l’école de pensée de l’actuelle Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;époque, il se considérait comme un <em>«Africain»</em> au sens de la province d’Africa (Tunisie), et non selon des frontières nationales nées en 1962.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si ces grandes figures appartenaient à une époque où les frontières actuelles n’existaient pas formellement (la Numidie ou l’Afrique proconsulaire), leur existence résulte d’une culture et d’une civilisation punique incarnées par Carthage. Les transformer en <em>«citoyens»</em> d’un pays parce qu’ils auraient vécu, à un certain moment, dans des villes <em>«recouvrées»</em> est une incongruité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques mythomanes invétérés mènent aujourd’hui une politique active de <em>«patrimonialisation»</em> (colloques sur Massinissa, promotion du circuit de Saint Augustin) pour assoir une profondeur historique nationale qui fait défaut dans le récit colonial.&nbsp;Il est indubitable que même leurs concitoyens en Algérie, qui font preuve de discernement, ne peuvent que se dissocier de leurs supercheries. Saint Augustin et Massinissa ont agi dans un cadre géographique et politique dont Tunis-Carthage était le pôle majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette territorialisation de l’histoire, où un pays cherche par tous les moyens à construire un récit national exclusif, est un anachronisme qui sert surtout des agendas politiques douteux. L’objectif serait vraisemblablement de créer un lien fictif direct. Il y a une inexactitude géographique qui utilise les frontières actuelles, imposées par le colonialisme, pour diviser des empires (Carthage, la Numidie, la Proconsulaire).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de légitimation politique plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. Un exemple parmi d’autres, le Haut-Commissariat à l&rsquo;Amazighité en Algérie milite activement pour l’unification de ces concepts dans les manuels afin de consacrer l’image d’un État numide précurseur de l’Algérie ! Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine <em>«numide»</em> ou <em>«punique»</em> est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mise au point sur la situation de toutes ces figures historiques et du patrimoine, permet de distinguer les faits historiques des dynamiques de <em>«nationalisation»</em> de l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept d’Ifriqiya est un patrimoine centralisé à Tunis. Par contre historiquement, le terme<em> «Algérie»</em> est une création administrative bien plus tardive, alors que le terme Ifriqiya (dont dérive le nom Tunisie) désignait un ensemble cohérent incluant l’Est algérien actuel et la Tripolitaine.&nbsp;Quant à la controverse historique sur Cirta, j’ai eu l’occasion de l’aborder amplement dans un article précédent (4).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce procédé apocryphe appliqué à la géographie et à l’histoire sert à faire des raccourcis pour imposer une lecture biaisée. Cela s’apparente à de l’instrumentalisation ou <em>«mésusage»</em> de l’histoire et de la géographie. Lorsqu’on simplifie à l’extrême ou qu’on manipule ces disciplines, l’objectif est généralement de créer un récitqui semble, de premier abord, indiscutable parce qu’il s’appuie sur des <em>«faits»</em> — même si ces derniers sont sortis de leur contexte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On projette arbitrairement des concepts modernes (nations, frontières…) sur des époques anciennes où ils n’existaient pas réellement sous ces formes. Le fait d’utiliser des toponymes anciens ou spécifiques pour nier l’identité actuelle d’un lieu, en modifiant légèrement le curseur, on transforme une analyse complexe en un outil de triviale propagande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les guerres puniques, Carthage fut reconstruite par Rome, devenant l’une des provinces les plus prospères (Africa proconsulaire 146 av. J.-C. &#8211; 439 ap. J.-C.). Puis, elle a été envahie par les Vandales, suivie de la reconquête byzantine sous Justinien I<sup>er</sup> en 533. L’année 698 marqua un tournant définitif avec la fin de l’influence byzantine en Afrique du Nord. La confrontation décisive opposa les armées du Hassan Ibn Numan, aux forces de l’Exarchat de Carthage. Plutôt que de reconstruire Carthage, trop exposée aux attaques maritimes de la flotte byzantine, Tunis fut choisie en tant que site plus protégé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 705, Kairouan devint officiellement la capitale de l’Ifriqiya et la base de rayonnement au Maghreb. Sous la dynastie Aghlabide (800–909), la Tunisie connut une prospérité immense. On lança la conquête de la Sicile, le pays devient une puissance maritime majeure. Kairouan dirigeait la Tunisie, l’Est algérien, la Tripolitaine et avait même conquis la Sicile et Malte. L’Ifrîqiya proprement dite, comprenait les anciennes Proconsulaire (ou Zeugitane) et Byzacène, séparées depuis Dioclétien, d’autre part le Zâb (une province stratégique entre le Sahara et la Méditerranée, servant de carrefour commercial majeur). On rencontre également l’expression d’<em>«Ifrîqiya proprement dite»</em> chez H. R. Idris qui écrit : <em>«À l’Ifrîqiya proprement dite, ensemble de plaines où les communications sont faciles, rares les passages obligés et les massifs fermés, pays fortement organisé autour de Kairouan, s’oppose le Maghreb central, complexe de massifs montagneux, plus ou moins anarchiquement isolés les uns des autres»</em> <sup>(5)</sup>. Il retrouve là une distinction strictement géographique, voire topographique, qui rejoint implicitement des considérations plus politiques (opposition entre l’<em>«organisation»</em> autour de Kairouan et l’<em>«anarchie»</em> à l’ouest).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 909, une nouvelle dynastie s’établit. L’Empire Fatimide avait englobé tout le Maghreb.&nbsp;Il fonda une nouvelle capitale sur la côte, Mahdia, avec son port militaire fortifié. Les Fatimides finirent par partir conquérir l’Égypte pour y fonder Le Caire, laissant la Tunisie sous la gestion des Zirides. Lorsque ces derniers rompirent avec le Caire, le calife fatimide envoya les tribus bédouines des Banu Hilal et des Banu Salim pour punir l’Ifriqiya. Avec les invasions hilaliennes (XI<sup>e</sup> siècle), c’était un tournant dramatique. Ces invasions entrainèrent une désorganisation immense, notamment de l’agriculture sédentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tunis devint la capitale de la Tunisie (Ifriqiya) en deux étapes majeures : elle fut d’abord promue sous les Almohades en 1159, puis son statut est définitivement scellé sous la dynastie des Hafsides en 1228. Les Almohades (1121-1269) chassaient les Normands Tunisie (qui occupaient les côtes) et unifiait le Maghreb. Au cours de cette période la notion de territoire tunisien <em>«central»</em> se cristallisa le mieux sous le nom d’Ifriqiya. L’empire almohade, affaibli militairement et idéologiquement, se désagrégea, perdant sa cohésion sous le règne d’Al-Ma’moun (1227-1232). C’est dans ce contexte de déclin que la Tunisie s’émancipa de fait sous la tutelle de la dynastie hafside.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1229, les Hafsides rejettent l’autorité des Almohades et deviennent maîtres de l’Ifriqiya. L’Empire Hafside (1229-1574) représenta l’âge d’or de l’État tunisien médiéval. À son apogée, le royaume hafside de Tunis s’étendait de Bougie (Béjaïa en Algérie actuelle) à l’ouest jusqu’à Tripoli à l’est. Tunis était alors la capitale culturelle et politique incontestée du Maghreb central et oriental. C’était sans doute la période la plus stable et la plus riche de la Tunisie médiévale. Des liens commerciaux intenses se nouèrent avec les cités italiennes (Venise, Gênes) et l’Espagne. La capitale Tunis était devenue l’une des cités les plus peuplées et les plus riches, au rayonnement intellectuelreconnu. C’est l’époque du grand historien et philosophe Ibn Khaldoun, père de la sociologie moderne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le pouvoir central de Tunis, la frontière incluait la province de Bougie, avec à sa tête un gouverneur doté de compétences élargies. Les premiers souverains hafsides maintinrent un contrôle direct sur cette région. Dès 1280 le sultan nomme son fils gouverneur de Bougie et de sa région, avec une autonomie de commandement (<em>Ibar</em>, VI, p. 685, <em>Berbères</em>, II, p. 384), reconnaissant la nécessité de donner à ce gouverneur les moyens de faire face à la menace des Abdelwadides ou des Mérinides à l’ouest. Vers 1370, le sultan de Tunis nomma à son tour à Bougie son fils aîné. Il lui céda son autorité sur les impôts et sur l’armée<em> (Ibar</em>, VI, p. 88, <em>Berbères</em>, III, p. 88.), lui donna <em>«le commandement absolu </em>[de sa ville et de sa province] <em>et la permission de prendre le titre, le cérémonial et les insignes de la royauté»</em> (<em>Ibar</em>, VI, p. 876, <em>Berbères</em>, III, p. 90.). Ces prérogatives exceptionnelles ne sont pas sans risque. On connaît le passage de la <em>Muqaddima </em>dans lequel Ibn Khaldûn explique que <em>«toute dynastie est plus forte à son centre qu’à ses frontières»,</em> où se manifeste souvent en premier la perte de vitalité de la dynastie <sup>(6)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation provoqua en effet, à plusieurs reprises, des sécessions par rapport à Tunis. Néanmoins ces dernières étaient davantage motivées par les prétentions des émirs de Bougie au sultanat que par une réelle volonté d’indépendance, donc par un sentiment centrifuge. Lorsque le sultan Abû Zakariyâ’ (1228-1249) confie à son fils et héritier Abû Zakariyâ’ Yahyâ le gouvernement de Bougie, il étend la domination de ce dernier à l’ensemble des anciens territoires hammadides, avec des villes comme Alger, Constantine, Bône, et le territoire du Zâb : <em>«il donna à son fils le gouvernement de la marche de Bougie, capitale du royaume des Banû Hammâd et lui confia l’administration de l’ensemble de sa région»</em> (<em>Ibar</em>, VI, p. 619, <em>Berbères</em>, II, p. 329).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibn Khaldûn définit donc ce territoire frontière avant tout par un ensemble de villes dominées par Bougie, avec leurs arrière-pays. L’allégeance de ces villes envers le pouvoir central se manifeste par l’acceptation des gouverneurs envoyés par le souverain et par la <em>bay‘a</em> prononcée au moment de l’accession au trône de ce dernier, renouvelée régulièrement par la <em>khutba </em>prononcée en son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La délimitation du territoire de cette marche occidentale repose donc sur une autre unité de base, la tribu. Mais il serait erroné de considérer ces tribus d’un point de vue purement ethnique, sans référence à l’espace<sup>(7)</sup>. Outre le fait que certaines de ces tribus sont sédentaires, le nomadisme n’exclut nullement la conscience d’un territoire tribal articulé autour de points d’eau et de zones de pâturages, à l’intérieur duquel se font les déplacements saisonniers. Il n’exclut pas plus le fait que ce territoire soit perçu comme faisant partie de l’espace de souveraineté d’un pouvoir d’État auquel la tribu faisait allégeance <sup>(8)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit de relever un fait authentifié, sous les Aghlabides, les Fatimides puis l’État Hafside qui s’étendait sur l’Ifriqiya, ce qui signifie que la Tunisie englobait des territoires allant de Bougie (Béjaïa) jusqu’aux environs de Tripoli, et incluait des zones de la Grande Kabylie notamment Alger et contrôlant des territoires jusqu’à la Grande Syrte (1228 à 1574). Le pays avait maintenu une autonomie politique forte, centrée sur Mahdia, Kairouan puis Tunis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2- Alerte, face aux tentatives d&rsquo;expropriation mémorielle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1574, la Tunisie fut appariée à l’Empire Ottoman, avant d’acquérir une autonomie relative à partir de 1705. Le règne de Hammouda Pacha (1782-1814) marqua l’apogée de la dynastie husseinite en Tunisie. Son autorité a été testée par plusieurs conflits armés contre la Régence d’Alger, où Mustapha Pacha a été assassiné et les chroniques mentionnent Ahmed II Pacha comme successeur, une période marquée par de forte agitation et de successions rapides. La milice des janissaires jouait un rôle prédominant dans la destitution ou l’assassinat des deys d’Alger, rendant le pouvoir instable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cherchant à mettre fin au tribut versé à Alger, Hammouda Pacha fit réparer les remparts de la Médina de Tunis, de la Kasbah, et fit construire de nouvelles casernes comme celle d’El Attarine. Il déclara la guerre au Dey d’Alger en 1807. Le conflit culmina lors de la bataille de Constantine, où les troupes d’Alger subirent une défaite décisive. La victoire la plus emblématique contre les Algériens (ou plutôt Algérois) a été celle de juillet 1807. Le vizir Youssouf Saheb Ettabaâ intercepta l’armée algérienne à l’Oued Sarrat et l’écrasa, l’obligeant à fuir et à abandonner son artillerie. Cette victoire permit à la Tunisie de ne plus payer le tribut annuel à Alger. Une seconde guerre éclata en 1813. Les défenses tunisiennes ont tenu bon. Les troupes algériennes ont tenté de pénétrer en Tunisie mais ont été maintenues à la frontière. Le conflit s’est achevé par un traité en décembre 1813, signé par le Dey Hadj Ali d’Alger et le Bey Hammouda Pacha de Tunis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec les Husseinites, la Tunisie avait agi comme un État quasi indépendant du pouvoir ottoman, avec ses propres traités internationaux et son premier texte constitutionnel en 1861 (le premier de la sphère proche orientale).&nbsp;Il est documenté que cette quête d’autonomie s’est manifestée par des actions symboliques, les navires tunisiens utilisaient leur propre pavillon et refusaient de se conformer strictement à l’usage des fanions ottomans, surtout lors de la période d’autonomie croissante sous Ahmed Bey I (1837-1855). Mais, avec la signature du Traité du Bardo en 1881, la Tunisie fut placée sous domination française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce rapide périple historique, il a été possible de constater que, depuis l’antiquité et durant des siècles, le pouvoir central sur une vaste superficie était basé à Carthage-Dougga, Le Kef, Kairouan, Mahdia puis à Tunis. Par conséquent, son autorité se déployait sur des espaces territoriaux plus vaste que ceux de la Tunisie actuelle, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. Des villes comme Annaba (Hippone) ou Constantine étaient administrativement et culturellement rattachées à la mouvance tunisienne. Cette antériorité historique explique pourquoi de nombreux Tunisiens perçoivent les digressions actuelles comme une tromperie et une forme d’expropriation mémorielle.&nbsp;Dès la fin du Moyen Age, le discours comme la pratique montrent l’émergence d’une appréhension politique de l’espace, qui se développe à l’époque moderne et contemporaine. La marche de Bougie à l’époque hafside en offre un bon exemple <sup>(9)</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années, de nombreux Tunisiens relèvent avec étonnement la diffusion de contrevérités instillées notamment sur les réseaux sociaux, traduisant des tentatives de captation du patrimoine tunisien par certains individus qui manquent de tact et souffrent d’une carence éducative. Cette posture fourbe touche au cœur de l’identité nationale et de la légitimité historique, elle représente une tentative de réappropriation patrimoniale. Ajoutant à ces divagations, les propos d’un ancien parlementaire algérien et expert économique, du nom de Houari Tigharsi, qui ont suscité une vive controverse. En juillet 2022 <sup>(10)</sup>, lors d’une intervention télévisée, ce quidam a qualifié la Tunisie de <em>«wilaya»</em> (province ou gouvernorat) de l’Algérie, dans une interview accordée à la chaîne <em>Sky News Arabia</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que ces propos n’engagent pas -heureusement- l’État algérien, ils ont provoqué une vague d’indignation et ont été largement relayés par des médias comme une ébauche de velléités hégémoniques. Certains observateurs notent que ce type de discours (qualifier la Tunisie de <em>«wilaya»</em>) circule parfois dans des cercles proches du pouvoir des voisins de l’Ouest sans être ouvertement approuvé, ce qui contribue à alimenter les critiques sur une volonté d’hégémonie régionale qui avancerait à pas de loup. Cette <em>«maladresse»</em> n’est pas un hasard. Elle répondrait à un besoin intériorisé de forger une identité nationale (sur le dos des autres) dans une profondeur historique mythique dépassant l’ère coloniale. Surtout, il n’y a pas eu de dénonciation officielle spécifique du gouvernement algérien concernant ces propos, alors qu’ils avaient provoqué une vive indignation en Tunisie, les autorités n’ont pas émis de condamnation publique directe à propos de ses déclarations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de ce personnage, la même expression est parfois utilisée de manière condescendante dans certains débats médiatiques algériens. En mai 2023, l’ambassadeur d’Algérie en Italie avait déclaré que Rome et Alger s’entendaient pour <em>«préserver la stabilité de la Tunisie»</em>, une phrase perçue à Tunis comme une forme d’ingérence (D’aucuns diront&nbsp;: de quoi je me mêle).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de justifications est précisément ce qui alimente régulièrement la rancœur d’une partie importante de l’opinion tunisienne, qui n’y voit non pas un dérapage isolé, mais le reflet d’une certaine perception condescendante persistante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien diplomate Elyes Kasri <sup>(11)</sup> a été l’une des voix les plus critiques, alertant sur ce qu’il perçoit comme une <em>«dérive»</em>, certains observateurs allant jusqu’à évoquer ironiquement une transformation en <em>«70<sup>e</sup> wilaya algérienne»</em>. Il a récemment remis sur le tapis la question des territoires frontaliers (environ 20 000 km²) qui ont été intégrés à l’Algérie après l’indépendance, perçus par certains Tunisiens comme une spoliation historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette perception d’une <em>«main basse»</em> sur le patrimoine tunisien alimente effectivement de vifs débats, où la question de l’appropriation culturelle est devenue un sujet de tension récurrent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le conflit le plus emblématique concerne la zone saharienne et la célèbre Borne 233 (Garet El Hamel).&nbsp;La Tunisie revendiquait une bande de territoire au sud-ouest, s’étendant de la borne 222 (Fort Saint) jusqu’à la borne 233. Ce territoire, riche en ressources pétrolières (gisement d’Edjelé), aurait permis à la Tunisie d’étendre sa souveraineté sur environ 20 000 km². En plein conflit de Bizerte (1961), le président Habib Bourguiba a tenté de matérialiser cette souveraineté en envoyant un commando planter le drapeau tunisien sur la borne 233. Un affrontement armé avec les troupes françaises stationnées sur place fit 13 morts côté tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a lieu de souligner que la frontière tuniso-algérienne a été historiquement une zone complexe, avec des barrages érigés pendant la guerre d’Algérie et des conflits territoriaux passés (1628, 1807). Les frontières actuelles sont en partie le résultat de négociations laborieuses, notamment le traité de 1628 entre la Régence indépendante de Tunis et la Régence du Dey d’Alger, qui est resté la base jusqu’à ce que les autorités militaires françaises en Algérie ne le remettent en cause en 1845.&nbsp;Les frontières modernes commencent à se dessiner, souvent au prix de conflits avec la Régence d’Alger à l’ouest (appelé traité d’Es-Settara), qui mit fin à la guerre et confirma la fixation de l’Oued Serrat comme frontière ouest. Les traités successifs ont fini par fixer les limites que nous connaissons aujourd’hui, bien que les tribus frontalières aient longtemps circulé librement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’examen des documents cartographiques coloniaux révèle que le tracé des frontières actuelles est le produit d’une série de conventions et de décisions administratives françaises qui ont systématiquement favorisé l’Algérie (alors considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Régence de Tunis.&nbsp;La Convention de 1901: un procès-verbal entre le gouverneur général d’Algérie et le résident général de France en Tunisie amorce le détachement de portions territoriales au profit de l’administration algérienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Convention de Tripoli (1910)signée entre le Bey de Tunis et l’Empire Ottoman (pour la Tripolitaine), délimite la frontière sud. Bien qu’elle reconnaisse la borne 233 <sup>(12)</sup> (Garet El Hamel) comme point ultime du territoire tunisien, la France refusa par la suite d’appliquer strictement ce tracé pour conserver le contrôle sur des zones qu’elle considérait comme stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le grignotage du Sahara s’est effectué à travers les conventions successives en 1910 et 1929 qui ont entériné un<em> «découpage imaginaire»</em>. Avant que la France et l’Italie ne figent les frontières par des traités (comme celui de 1910 avec la Libye), les tribus et populations (comme les Werghemma) évoluaient dans un espace fluide, défiant les tentatives coloniales de fixer des limites territoriales strictes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est clairement établi que la France privilégia l’unité administrative de son<em> «département algérien»</em>, annexant de facto des zones de parcours de tribus tunisiennes (comme les Frachich) pour garantir la sécurité des colons en Algérie.&nbsp;Le contentieux majeur portait donc sur une étendue de près de 20 000 km² (soit la superficie d’un pays comme la Slovénie) située au sud.&nbsp;Ce territoire englobe des zones riches comme El Borma, Ouargla et Berkine, piliers de l’actuelle puissance pétro-gazière algérienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la Borne 233, elle demeure le symbole de la spoliation. La France avait juridiquement reconnu son appartenance à la Tunisie, mais a maintenu une ambiguïté pour protéger le triangle stratégique Bir Romane &#8211; Borne 233 &#8211; Fort Saint.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accord de 1964, lors de la conférence du Caire, représentait un arrangement entre Habib Bourguiba et Ahmed Ben Bella. Il prévoyait la restitution de ces 20 000 km² à la Tunisie. Après la chute de Ben Bella en 1965, le nouveau pouvoir algérien (Boumediene) a refusé d’honorer cet accord, s’appuyant astucieusement sur le principe de l’OUA concernant <em>«l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme»</em> pour sanctuariser ces gains territoriaux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces documents montrent que la cartographie n’était pas un simple relevé géographique, mais un outil de gestion des conflits et d’expansion coloniale, transformant des limites de parcours tribaux en frontières d’État rigides au profit de l’entité la plus <em>«française»</em> du Maghreb à l’époque.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut que constater que la Tunisie a dû faire face à des tensions territoriales significatives avec ses voisins, principalement liées au legs de l’administration coloniale française qui avait favorisé l’Algérie (considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Tunisie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, le pouvoir tunisien abandonna ses revendications pour préserver la paix, par des accords successifs : celui de 1970 sur le tracé sud (Bir Romane &#8211; Fort Saint)&nbsp;et celui de 1983 sur le tracé nord (Méditerranée &#8211; Bir Romane).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de toutes ces péripéties, Tunisiens et Algériens dans leur ensemble partagent des liens profonds et sont pour une coexistence pacifique. Car la proximité n’est pas seulement géographique, elle est humaine. Les familles transfrontalières, les mariages mixtes et l’histoire commune de la lutte pour l’indépendance créent un sentiment d’appartenance commune qui dépasse les discours politiques ou les polémiques de réseaux sociaux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les populations des deux pays aspirent avant tout à la paix, au développement économique et à la libre circulation sans arrière-pensées hégémoniques. La coexistence paisible est perçue comme la seule voie viable pour la prospérité régionale dans un monde de plus en plus instable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ces <em>«fauteurs de troubles»</em> qui cherchent à semer la discorde, bénéficient souvent d’une visibilité disproportionnée sur internet, mais ils ne représentent pas la volonté des millions de Tunisiens et d’Algériens qui cultivent le respect et l’amitié au quotidien. Cette notion grotesque de <em>«grand frère»</em> est souvent perçue comme paternaliste et ne correspond pas aux aspirations des sociétés modernes qui privilégient le partenariat et l’égalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une logique de respect mutuel est essentielle pour plusieurs raisons. Chaque nation a son propre parcours, ses défis et sa souveraineté à protéger. Le respect de ces spécificités est la base de toute relation saine et durable, c’est le meilleur rempart contre les malentendus. En se traitant d’égal à égal, la coopération devient plus efficace. Il ne s’agit pas de <em>«donner des leçons»</em>, mais de partager des solutions. Les termes de supériorité ou les tentatives d’ingérence sont souvent ceux qui alimentent les réactions de rejet. Toute tentative perçue comme hégémonique risque de compromettre les relations en brisant la confiance et en créant un déséquilibre qui génère inévitablement résistance et conflits. Ce qui crée un terrain propice aux blocages de communication, nuisant à la relation sur le long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, la force de la relation entre deux États souverains et ses citoyens réside dans cette capacité à se considérer comme des partenaires stratégiques, sans qu&rsquo;une tutelle morale ou politique ne vienne entacher cette amitié. À bon entendeur, salut&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivain.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Lucien Febvre, “Frontières : le mot et la notion”, Bulletin du Centre International de Synthèse, XLV, 1928, repris dans Pour une histoire à entière, Paris, 1962, p. 17-18.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2- Dougga (Thugga). Études épigraphiques<strong> &#8211; </strong>Sous la direction de Mustapha Khanoussi et Louis Maurin, Ausonius Éditions,1997, 278 pages.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3- Saint Augustin, numide universel, La Vie, 16/04/2026.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4- Carthage, la Tunisienne (1-2), Nos ancêtres les Massyles, Kapitalis, 5 et 6 juillet 2025.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>5</em>&#8211; <em>Hady-Roger Idris, La Berbérie orientale sous les Zirides, X<sup>ème</sup>-XII<sup>ème</sup> siècle, Paris, 1962, p. 409.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>6- Ibn Khaldûn, Discours sur l’Histoire universelle. Al-Muqaddima, trad. Vincent Monteil, Paris, 1967-8, p. 318.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>7- Voir notamment les réflexions de Laroussi Amri, et sa critique des thèses d’É.-F. Gautier, Pour une sociologie 8 &#8211; des ruptures. La tribu au Maghreb médiéval, Tunis, 1997, p. 189 sqq.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>8- Sur ce rapport entre allégeance et territoire, voir notamment Vincent Geisser, Rapport préliminaire à l’atelier «formes d’allégeances et territorialisation», Villes et territoires au Maghreb, op.cit., p. 115-117.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>9 &#8211; Cf. Dominique Valérian, Bougie, port maghrébin à la fin du Moyen Age, thèse d’université, Université Paris I, décembre 2000.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>10- Tunisie numérique, 18 juillet 2022.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>11 &#8211;</em> <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/05/carthage-la-tunisienne-1-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Carthage Tunisienne</a>, <em>Kapitalis, 2 nov. 2025.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>12- Ben Salem, Mohamed Mémoire DES de Droit Public : l&rsquo;affaire de la borne 233</em>&#8211;<em>Faculté Droit de Tunis-1971-1972.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fmsJcYGVfb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/">Carthage, la «Tunisienne» | Nos ancêtres les Massyles (2-2)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Carthage, la «Tunisienne» | Nos ancêtres les Massyles (2-2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/embed/#?secret=xdeOCO7syZ#?secret=fmsJcYGVfb" data-secret="fmsJcYGVfb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/20/non-a-la-captation-du-patrimoine-de-la-tunisie/">Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le 9 avril 1938 &#124; Quand le Destour devient Néo</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 12:10:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les émeutes 9 avril 1938 ont marqué un point de rupture dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/le-9-avril-1938-quand-le-destour-devient-neo/">Le 9 avril 1938 | Quand le Destour devient Néo</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 9 avril 1938 marque un point de rupture dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien.&nbsp;Rappel de quelques faits historiques sur ce tournant décisif dans le mouvement national tunisien…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pr Moncef Ben Slimane</strong> *</p>



<span id="more-18605597"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours, avant les manifestations, le 4 avril,&nbsp;Slimane Ben Slimane&nbsp;et Youssef Rouissi sont arrêtés à Souk El Arba (actuelle Jendouba) alors qu’ils organisaient&nbsp;une réunion pour appeler à la désobéissance civile. Le 9 avril, les manifestations sont violemment réprimées. Des figures majeures du mouvement, comme&nbsp;Ali Belhouane,&nbsp;Habib Bourguiba&nbsp;ou encore Salah Ben Youssef sont arrêtées. La direction du Néo-Destour est jugée au cours du fameux procès de Guérin, de Cayla&nbsp;puis emprisonnée pour plusieurs années au Fort Saint-Nicolas, à Marseille. La confrontation avec le pouvoir colonial est désormais ouverte.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Tunisie des années 1930, tous les ingrédients d’une crise majeure sont réunis. La situation économique se dégrade, frappant durement ouvriers, paysans et artisans. En parallèle, les autorités du protectorat français durcissent leur politique et multiplient les atteintes à l’identité nationale. Une compagnie de naturalisation de Tunisiens est lancée, soutenue par les oulémas&nbsp;de la Zitouna avec leur tête le cheikh Tahar Ben Achour.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du réformisme à la désobéissance civile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte tendu, une nouvelle génération de militants nationalistes s’impose. Portée notamment par des figures comme&nbsp;Ali Belhouane, elle remet en cause les méthodes jugées trop prudentes du Destour de Abdelaziz Thaâlbi et prône une action directe contre la domination coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sein du Néo-Destour, les débats s’intensifient. Faut-il continuer à négocier des réformes ou rompre définitivement avec toute forme de compromis ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la fracture devient politique. Une partie des dirigeants néo-destouriens rejette toute solution d’autonomie sous contrôle français et revendique l’indépendance totale. Cette position s’accompagne d’un changement de stratégie : la mobilisation populaire et la désobéissance civile remplacent progressivement les démarches réformistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avril 1938 vient cristalliser cette évolution. Face à l’agitation croissante, les autorités coloniales choisissent la manière forte. Arrestations massives, manifestations réprimées dans le sang, procès politiques : la répression est brutale et systématique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="430" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba.jpg" alt="" class="wp-image-15564605" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba-300x215.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba-580x416.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Slimane Ben Slimane et Habib Bourguiba: restituer la mémoire nationale. </em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Construire une mémoire nationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en cela qu’avril 1938 fait date. Non seulement parce qu’il révèle la violence du système colonial, mais parce qu’il consacre une certitude chez les nationalistes tunisiens : l’indépendance ne se négocie pas, elle s’imposera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, près d’un siècle plus tard, certaines mémoires continuent d’être reléguées dans l’ombre. J’espère que la direction du Centre national de la traduction prendra le temps de lire ces lignes, elle qui refuse de traduire en langue arabe les&nbsp;‘‘<em>Souvenirs politiques’’</em>&nbsp;de&nbsp;Slimane Ben Slimane, au motif de <em>«Qui c’est ce monsieur !? on ne traduit que les choses importantes pour l’histoire de la Tunisie»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de cette réaction banale et classique de l’administration, une autre question demeure : celle de la mémoire. Car une nation ne se construit pas seulement par les luttes qu’elle mène, mais aussi par la manière dont elle choisit de les raconter, de les transmettre et de les reconnaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construire une mémoire nationale exige une démarche rigoureuse, lucide et juste — une démarche qui ne sélectionne pas, n’efface pas, mais restitue la pluralité des engagements, des parcours et des voix qui ont façonné l’histoire de la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À défaut, ce ne sont pas seulement des hommes que l’on oublie, mais des pans entiers de ce qui fait la vérité d’une nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Universitaire.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/le-9-avril-1938-quand-le-destour-devient-neo/">Le 9 avril 1938 | Quand le Destour devient Néo</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bourguiba, un destin hors du commun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 06:46:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
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		<category><![CDATA[Lassaad Ben Osman]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 26 ans nous quittait Habib Bourguiba :  un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 6 avril 2000, Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, tira sa révérence. Il fut le libérateur de la nation, le 20 mars 1956, et le fondateur de la république, le 25 juillet 1957, le jour où l’assemblée nationale constituante abolit la monarchie fondée par Hussein Ben Ali, le 15 juillet 1705. Un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-18590069"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Pour ses nombreux admirateurs comme pour ses détracteurs, il fut un grand leader qui a donné un statut à son pays sur la scène régionale et internationale et œuvré pour la construction d’un État laïque, libéré du tribalisme, respectueux des droits de la femme et porté sur la modernité et le progrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt-six ans après la disparition du <em>«Combattant suprême»</em>, les Tunisiens, ou une écrasante majorité d’entre eux, invoquent son œuvre colossale. Ils le considèrent comme le père de la nation, un homme d&rsquo;État, un visionnaire, un bâtisseur et un homme de progrès, même s’il a été autoritaire, comme la plupart des dirigeants du tiers-monde à son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’aucuns affirment que Bourguiba était un véritable animal politique. Il privilégiait le pragmatisme, le travail de terrain et la lecture lucide des réalités, loin des idéologies qui foisonnaient à son époque. On évoque aujourd’hui encore ses discours prémonitoires et quasi-prophétiques, comme celui prononcé à Jéricho, en Jordanie, en 1965, appelant les Palestiniens à accepter la résolution des Nations Unies sur le partage de la Palestine en deux États, l’un pour les Palestiniens, l’autre pour les Israéliens, comme une étape dans la lutte pour libération totale du territoire, tout comme celui prononcé au Palmarium, à Tunis, en 1972, au cours duquel il a recadré sèchement le colonel Mouammer Kadhafi&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une véritable boule de feu</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme tout grand homme politique, Bourguiba était un fin connaisseur de l’histoire de son pays et des autres nations. Ceux qui l’avaient côtoyé de près durant le combat pour l’indépendance et la construction de l’Etat postindépendance, se souviennent d&rsquo;un homme dynamique et toujours en mouvement, une véritable boule de feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant sa vie, comme élève au collège Sadiki, étudiant en droit et sciences politiques à Paris, militant nationaliste, journaliste, politicien et homme d’État, il a brillé par sa vivacité intellectuelle et son charisme irrésistible. Il avait sillonné la Tunisie en long et en large et plus d’une fois, instauré la méthode du contact direct dont il a fait sa devise et sa méthode, organisé des centaines de meetings populaires, rencontré des dizaines de milliers de gens, tissé de fortes relations avec les notables locaux pour les associer à son combat. Il avait aussi visité des dizaines de pays à travers le monde pour défendre la cause de la Tunisie durant la période coloniale, comme après l&rsquo;indépendance, pour défendre les intérêts de la jeune nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba s’était lié d’amitié avec des dizaines d’hommes d’État et de hauts responsables politiques à travers le monde : De Gaulle, Mendes France, Mitterrand, Chirac, Nasser, Sadate, Mohamed V, Hassan II, Boumediene, Senghor, Arafat, Helmut Kohl, Willy Brant et bin d’autres sommités de son époque&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habib Chatty, son ministre des Affaires étrangères entre 1974 et 1977, souligne dans ses mémoires publiés en France en 2022 que Bourguiba, soucieux du statut international de la Tunisie, avait décliné en dernière minute l’invitation du président de l’Union Soviétique Léonid Brejenev, exigeant d’être reçu par son homologue à l’aéroport et non par le ministre des Affaires étrangères André Gromyko comme le voulait le protocole soviétique, refusant d’être traité comme certains chefs d’État africains à l’époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le temps, grâce à la force de ses idées, la clarté de ses objectifs, la puissance de sa détermination et la rigueur de sa démarche, il avait réussi à bâtir un nouvel État et à faire resusciter une nation trois fois millénaire : la Tunisie, l’héritière de Carthage&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lucide, Bourguiba a misé, depuis son accession à la magistrature suprême, sur la consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat, l’émancipation de la femme, la généralisation de l’éducation et l’instauration du planning familial et du contrôle des naissances, afin de garantir les conditions d’un développement équilibré. Sans cette vision stratégique, la Tunisie compterait aujourd’hui 26 millions d&rsquo;habitants, soit plus que le double de sa population actuelle&nbsp;: 12,5 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien que sur ce plan, l’homme mérite d’être célébré comme un grand bâtisseur à l’échelle de sa petite nation qu’il a sauvée des affres du sous-développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba savait également s’entourer de responsables très compétents comme le furent Hedi Nouira, Mongi Slim, Mahmoud Messadi, Chedly Klibi, Idriss Guiga, Lassaad Ben Osman, Mansour Molla, Chedly Ayari&#8230;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme est aujourd’hui cité dans les annales politiques et diplomatiques parmi les grands chefs d’État au vingtième siècle. Il restera toujours une source de fierté pour notre pays. <em>*</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
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		<title>70 ans d’indépendance &#124; Paroles d’héritiers du mouvement national</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 10:29:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Miled]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre à la librairie Al KItab dans le cadre de la commémoration du 70ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, </p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans le cadre de la commémoration du 70</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em> anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, une rencontre intitulée «Témoignage et hommage aux artisans de la liberté et du mouvement national» sera organisée le dimanche 29 mars 2026 à la Librairie Al Kitab Mutuelleville, à Tunis, afin de rappeler le rôle joué par plusieurs figures marquantes de la lutte anticoloniale.</em></strong></p>



<span id="more-18525233"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Originalité de cette initiative : ce sont les enfants de militants et de leaders du mouvement national qui prendront la parole. À travers leurs témoignages, ils reviendront sur les parcours de leurs parents, évoquant les années de mobilisation politique, les périodes de clandestinité, d’emprisonnement ou d’exil qui ont jalonné la lutte pour la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces hommes et ces femmes provenaient d’horizons politiques variés et ont milité au sein d’organisations différentes — qu’il s’agisse du Néo-Destour, du mouvement syndical ou encore du courant communiste. Malgré cette diversité d’engagements et parfois de visions, tous partageaient une même ambition : mettre fin au protectorat et permettre à la Tunisie d’accéder à la souveraineté nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre permettra également de revenir sur l’itinéraire de plusieurs grandes figures du mouvement national. Parmi elles, Habib Bourguiba, fondateur du Néo-Destour et acteur central de la lutte politique contre le protectorat français. Dès les années 1930, il s’impose comme l’un des principaux dirigeants du mouvement national et joue un rôle déterminant dans le processus qui mènera à l’indépendance de 1956.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le syndicaliste Farhat Hached, fondateur de l’UGTT, sera également évoqué pour le rôle majeur qu’il a joué dans la mobilisation des travailleurs contre la domination coloniale avant son assassinat en 1952. Le parcours du médecin et dirigeant nationaliste Mahmoud El Materi, cofondateur du Néo-Destour, sera rappelé pour sa contribution à l’organisation politique du mouvement national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre évoquera aussi l’engagement de Bahi Ladgham, militant destourien impliqué dans les démarches politiques qui ont accompagné les dernières étapes de la lutte pour l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres figures seront également mises à l’honneur, comme Slimane Ben Slimane, médecin et militant engagé contre le système colonial, Ahmed Ben Miled, acteur actif du mouvement national, ainsi que Ali Jrad, secrétaire général du Parti communiste tunisien avant l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une attention particulière sera également portée à Ahmed Tlili, figure importante du syndicalisme tunisien, ayant contribué à la mobilisation des travailleurs dans le contexte de la lutte pour l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La contribution des femmes à la lutte nationale sera également rappelée à travers la figure de Bchira Ben Mrad, pionnière du mouvement féministe tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la commémoration, cette rencontre ambitionne de proposer une autre manière de revisiter la mémoire nationale, en rupture avec une histoire officielle parfois réductrice, afin de rendre justice à toutes les figures du combat pour la liberté et l’indépendance.</p>
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