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	<title>Archives des Habib Bourguiba - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Habib Bourguiba - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Il y a 41 ans &#124; La Tunisie faisait condamner Israël à l’Onu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2026 12:42:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 4 octobre 1985, le Conseil de sécurité condamna l’agression israélienne contre le siège de l’OLP en Tunisie. Témoignage de New York...  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/04/il-y-a-41-ans-la-tunisie-faisait-condamner-israel-a-lonu/">Il y a 41 ans | La Tunisie faisait condamner Israël à l’Onu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a 41 ans, jour pour jour… Le 4 octobre 1985, le Conseil de sécurité condamna <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/02/tunisie-il-y-a-41-ans-le-raid-israelien-contre-hammam-chott-fait-68-morts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’agression israélienne</a> contre le siège de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Hammam Chott, dans la banlieue sud de Tunis. Un témoignage vécu à New York…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Mezni *&nbsp;</strong></p>



<span id="more-19750806"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Noureddine-Mezni.jpg" alt="" class="wp-image-19750832" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Noureddine-Mezni.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Noureddine-Mezni-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Noureddine-Mezni-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le 4 octobre 1985, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la résolution 573 (1985), à la suite de la plainte déposée par la Tunisie contre Israël, après l’acte d’agression commis contre sa souveraineté et son intégrité territoriale, <em>«en violation flagrante de la Charte des Nations unies et du droit et des normes de conduite internationaux»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La résolution condamnant l’agression israélienne fut adoptée par quatorze voix, sans aucune voix contre, avec une seule abstention : celle des États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette résolution revêtait une importance particulière puisqu’elle constituait la première résolution du Conseil de sécurité condamnant explicitement l’agression israélienne contre le territoire tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je venais, à cette époque, d’être nommé Représentant adjoint de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) auprès de l’Onu. J’ai donc vécu cet événement historique au siège des Nations unies, à New York.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une position américaine qui avait suscité la consternation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’étais chargé de préparer le texte de l’intervention de mon organisation devant le Conseil de sécurité, réuni pour examiner cette agression israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’oublierai jamais la fierté que j’avais ressentie en recevant les directives de l’administration centrale de l’OCI, dont le siège était alors à Jeddah, pour préparer ce texte. C’était la première tâche de cette importance qui m’était confiée dans le cadre de mes nouvelles fonctions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m’avait le plus choqué, en suivant de près l’extraordinaire couverture médiatique de l’agression israélienne par les chaînes de télévision américaines, était le soutien public et immédiat de la Maison-Blanche à Israël, qui avait qualifié son opération d’<em>«acte légitime d’autodéfense»</em>, après l’assassinat, revendiqué par la Force 17, unité d’élite de l’OLP, de trois civils israéliens à bord de leur yacht, au large des côtes chypriotes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël avait ainsi violé la souveraineté de la Tunisie, pourtant amie de longue date des États-Unis, et tué des dizaines de civils, Tunisiens et Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Habib Bourguiba et plusieurs de ses alliés européens avaient alors exercé de fortes pressions sur l’administration américaine afin qu’elle reconsidère sa position initiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba, ami de l&rsquo;Occident et en particulier des États-Unis d’Amérique, menaça de rompre les relations diplomatiques de Tunis avec Washington au cas où le gouvernement américain opposait son veto à la résolution.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="989" height="544" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Nations-UNies-Hammam-Chott-1985.jpg" alt="" class="wp-image-19751038" style="width:800px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Nations-UNies-Hammam-Chott-1985.jpg 989w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Nations-UNies-Hammam-Chott-1985-300x165.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Nations-UNies-Hammam-Chott-1985-767x422.jpg 767w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Nations-UNies-Hammam-Chott-1985-580x319.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Nations-UNies-Hammam-Chott-1985-860x473.jpg 860w" sizes="(max-width: 989px) 100vw, 989px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Clovis Maksoud et le «temps gagné»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des négociations serrées se déroulaient au moment même où le Conseil de sécurité était réuni pour débattre de cette agression. La ferme condamnation de l’opération israélienne par plusieurs capitales européennes, dès les premières heures, ainsi que l’intervention de Bourguiba auprès de son homologue américain, Ronald Reagan, avaient finalement porté leurs fruits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La délégation tunisienne présente dans la salle du Conseil de sécurité, conduite par Béji Caïd Essebsi, alors ministre des Affaires étrangères, attendait avec impatience l’issue de ces démarches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant cette attente, et afin de gagner du temps avant l’arrivée des instructions de Washington à son représentant au Conseil de sécurité, l’ambassadeur Walter Vernon, la délégation tunisienne avait demandé à l’ambassadeur de la Ligue arabe auprès de l’Onu, le professeur Clovis Maksoud, d’<em>«allonger»</em> au maximum le discours qu’il était en train de prononcer devant les membres du Conseil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le représentant de l’organisation panarabe, parfait anglophone, excella au cours de cette intervention, dont une grande partie fut improvisée pour la circonstance. Il réussit ainsi à retenir l’attention de l’ensemble des membres du Conseil jusqu’à l’arrivée de la réponse de la Maison-Blanche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington avait finalement demandé à son représentant de s’abstenir, permettant ainsi l’adoption de la résolution 573 condamnant l’agression israélienne.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SNRlaLHMIZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/02/tunisie-il-y-a-41-ans-le-raid-israelien-contre-hammam-chott-fait-68-morts/">Tunisie | Il y a 41 ans, le raid israélien contre Hammam Chott fait 68 morts</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Il y a 41 ans, le raid israélien contre Hammam Chott fait 68 morts » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/02/tunisie-il-y-a-41-ans-le-raid-israelien-contre-hammam-chott-fait-68-morts/embed/#?secret=rnrg4Ut6Bi#?secret=SNRlaLHMIZ" data-secret="SNRlaLHMIZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une scène que je n’ai jamais oubliée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je me souviens également d’une scène qui m’avait particulièrement marqué ce jour-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Benjamin Netanyahu, alors représentant permanent d’Israël auprès des Nations unies, avait, immédiatement après l’adoption de la résolution, déchiré le document portant le projet de résolution, dans un geste spectaculaire qui avait surpris la salle du Conseil de sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette scène est restée gravée dans ma mémoire, tant elle témoignait de la tension qui régnait autour de cette résolution historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quarante et un ans plus tard, je garde encore le souvenir très précis de cette journée passée au siège des Nations unies à New York : une journée où, pour la première fois, je me retrouvais directement au cœur d’un dossier majeur porté devant le Conseil de sécurité dans le cadre de mes nouvelles fonctions internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un événement historique dans les annales du Conseil de sécurité des Nations unies, que j’ai eu le privilège de vivre de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Consultant en diplomatie publique internationale et en communication, ancien porte-parole du président de la Commission de l’UA.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Notre regard sur la tentative de coup d’État contre Bourguiba en 1962</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/26/notre-regard-sur-la-tentative-de-coup-detat-contre-bourguiba-en-1962/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 07:06:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[tentative de coup d’État]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son livre ‘‘محاولة الانقلاب على بورقيبة’’, Mohamed El May, rouvre le dossier de la tentative de coup d'Etat contre Bourguiba de 1962. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/26/notre-regard-sur-la-tentative-de-coup-detat-contre-bourguiba-en-1962/">Notre regard sur la tentative de coup d’État contre Bourguiba en 1962</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il est des épisodes de l’histoire nationale qui, parce qu’ils ont été immédiatement enfermés dans un récit officiel, cessent presque de faire l’objet d’une véritable enquête historique. La tentative de coup d’État de décembre 1962 contre Habib Bourguiba est de<br>ceux-là.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-19702296"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’affaire semblait depuis longtemps classée : un groupe de militaires et de civils, conduit par Lazhar Chraïti, aurait projeté d’assassiner le président de la République et de renverser le régime. L’échec du complot, les arrestations, le procès devant le tribunal militaire et les condamnations avaient fourni les éléments d’un récit devenu dominant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mérite premier du nouveau livre de Mohamed El May, <strong>‘‘محاولة الانقلاب على بورقيبة: مؤامرة 1962’’</strong>, publié en 2026, est précisément de rouvrir ce dossier à partir des documents judiciaires et des paroles des principaux protagonistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas seulement un nouveau récit de l’affaire. C’est une invitation à relire une séquence décisive de l’histoire de la Tunisie indépendante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire parler ceux qui avaient été condamnés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’apport le plus important du livre réside dans la publication d’un ensemble documentaire considérable : vingt-cinq interrogatoires de prévenus, quatre plaidoiries de la défense, les dernières déclarations des accusés et le jugement. Ce choix est historiquement précieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, les condamnés de 1962 ont surtout existé dans la mémoire publique à travers les accusations portées contre eux et le récit politique qui accompagna le procès. El May restitue leurs propres paroles. Non pas pour les transformer automatiquement en vérité, encore moins pour les réhabiliter, mais pour permettre à l&rsquo;historien et au lecteur de mesurer la diversité de leurs positions, de leurs motivations et de leurs itinéraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là toute la différence entre une histoire racontée à partir d’un verdict et une histoire qui revient aux sources du dossier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les interrogatoires ne constituent évidemment pas une parole transparente. Un accusé interrogé par les enquêteurs peut chercher à minimiser son rôle, à en charger un autre, à protéger des proches ou à présenter son engagement sous un jour plus favorable. Mais cette limite ne diminue pas leur intérêt. Elle impose au contraire de les confronter entre eux et de les croiser avec la presse de l’époque, les archives et les autres témoignages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette confrontation qui fait naître l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des effets les plus intéressants de la documentation réunie par Mohamed El May concerne la place de <strong>Lazhar Chraïti</strong> dans l’affaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit traditionnel avait fortement personnalisé la tentative autour de sa figure. Or les interrogatoires font apparaître un paysage plus complexe, dans lequel <strong>Omar Bembli</strong> semble jouer un rôle beaucoup plus important que ne le laissait entendre le récit traditionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faudrait cependant éviter de remplacer une simplification par une autre : passer du « complot de Chraïti » au « complot de Ben Bembli » ne ferait que déplacer le problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les documents semblent plutôt révéler, c’est l’existence d’un milieu hétérogène dans lequel se rencontrent des militaires, d’anciens combattants de la lutte nationale, des civils et des hommes issus de sensibilités politiques différentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question historique devient alors plus intéressante : comment des trajectoires aussi différentes ont-elles pu converger, à la fin de 1962, autour de l’idée d’une action contre le pouvoir de Bourguiba ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les frustrations de l’après-indépendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement sur ce terrain que le livre ouvre les pistes les plus fécondes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les témoignages réunis par El May font apparaître, derrière le projet politique, une accumulation de frustrations. Elles ne sont pas toutes de même nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a d’abord des griefs politiques : le règlement de la question de Bizerte, les rapports avec la France, les choix effectués après l’indépendance, la concentration progressive des pouvoirs et la place réservée aux différentes composantes du mouvement national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il existe aussi une autre dimension, plus sociale et personnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains anciens combattants semblent avoir considéré que leur participation à la lutte nationale leur donnait des droits particuliers dans l’État nouvellement indépendant : responsabilités, postes, autorisations, terres, avantages ou reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension est essentielle pour comprendre les tensions de l’après-indépendance. La génération qui avait combattu pour l’indépendance ne partageait pas nécessairement la même conception de ce que devait être l’État indépendant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les uns, l’indépendance devait ouvrir une nouvelle étape de construction institutionnelle. Pour d’autres, ceux qui avaient combattu dans les maquis pouvaient considérer qu’ils étaient les véritables fondateurs de cet État et qu’ils devaient donc en occuper les premières places.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le conflit n’était donc pas seulement un conflit entre des individus et un président. Il touchait à une question beaucoup plus profonde : à qui appartient la légitimité dans un État nouvellement indépendant ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les uns, l’indépendance devait ouvrir une nouvelle étape de construction institutionnelle. Pour d’autres, ceux qui avaient combattu dans les maquis pouvaient considérer qu’ils étaient les véritables fondateurs de cet État et qu’ils devaient donc en occuper les premières places.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le conflit n’était donc pas seulement un conflit entre des individus et un président. Il touchait à une question beaucoup plus profonde : à qui appartient la légitimité dans un État nouvellement indépendant ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de Bizerte apparaît également comme un élément important de cette histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bataille de Bizerte de 1961 avait constitué un moment majeur de la mobilisation nationale. Mais son issue et les accords qui suivirent avaient nourri, dans certains milieux, des interrogations et des frustrations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici distinguer les faits des mémoires politiques qui se sont construites autour d’eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui importe historiquement, c’est que Bizerte apparaît dans les témoignages comme l’un des éléments à travers lesquels certains protagonistes de 1962 exprimaient leur désaccord avec les orientations du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’événement n’était donc pas seulement une affaire de personnes. Il s’inscrivait dans les débats, les déceptions et les recompositions politiques de la Tunisie des premières années de l’indépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le procès est lui aussi un objet d’histoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait cependant incomplet de s’arrêter aux préparatifs du complot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le procès militaire de 1963 constitue lui-même un objet historique majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les interrogatoires, les plaidoiries, les dernières paroles des accusés et le jugement publiés par Mohamed El May permettent de revenir sur la manière dont la justice militaire a traité cette affaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là encore, il faut éviter les conclusions trop rapides. Un procès politique ou militaire ne peut être étudié seulement à travers son verdict. Il faut regarder les conditions de l’instruction, la défense, les catégories d’accusation, les peines prononcées et la manière dont l’affaire fut ensuite intégrée au récit national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, l’historien doit étudier à la fois ce qui s’est passé en 1962 et la manière dont la Tunisie officielle a raconté ce qui s’était passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement l’un des grands intérêts du livre de Mohamed El May.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, un discours prononcé par Bourguiba après la découverte de la conspiration constitue une source particulièrement révélatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba y présente l’affaire comme une menace directe contre sa personne et contre l’existence même de l’État. Il insiste sur les projets d’assassinat et sur la volonté supposée des conspirateurs de provoquer le chaos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais son discours apporte également un éclairage involontairement précieux sur les ressorts du conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il revient longuement sur les anciens combattants, sur ceux qui considèrent que leur participation à la lutte nationale leur confère des droits particuliers et sur les frustrations liées aux postes, aux privilèges ou aux avantages attendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il affirme au contraire un principe qui est au cœur de sa conception de l’État : l’indépendance ne peut signifier la remise du pouvoir à ceux qui ont combattu les armes à la main. Tous les citoyens doivent être égaux devant l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette partie du discours mérite d’être confrontée aux témoignages publiés par El May.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non parce que le discours présidentiel constituerait la clé permettant de résoudre l’affaire, mais parce qu’il montre comment Bourguiba lui-même interprétait le conflit.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19702366" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Lazhar-Chraiti-Bourguiba.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">De la légitimité révolutionnaire à la légitimité de l’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être ici que se trouve le véritable enjeu historique de 1962.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières années de l’indépendance sont marquées par le passage d’une légitimité de la lutte nationale à une légitimité fondée sur l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce passage ne va pas de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui avaient combattu dans la clandestinité, dans les maquis ou dans les réseaux politiques pouvaient considérer que leurs sacrifices leur donnaient une place particulière dans la nouvelle Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba défendait une conception différente : une fois l’indépendance acquise, la légitimité ne devait plus appartenir aux combattants en tant que tels, mais aux institutions de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le conflit de 1962 peut ainsi être lu comme l’un des moments où s&rsquo;affrontent deux conceptions de la légitimité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une s’appuie sur le sacrifice et le combat passé ; l’autre sur la construction d’un État centralisé, organisé et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opposition n’épuise évidemment pas l’affaire. Elle ne doit pas faire oublier les ambitions personnelles, les rivalités politiques, les sensibilités idéologiques et les frustrations sociales qui apparaissent dans les témoignages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais elle permet de replacer l’événement dans une histoire plus large de la construction de l’État tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut enfin saluer une précaution essentielle que devrait conserver toute lecture du livre : rouvrir un dossier n’équivaut pas à réhabiliter ceux qui furent condamnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’historien n’est ni procureur ni avocat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son travail consiste à établir les faits, à confronter les versions, à mesurer les contradictions et à restituer aux acteurs leur complexité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre de Mohamed El May rend possible ce travail parce qu’il redonne accès à des sources qui permettent de dépasser le récit simplifié d’une affaire définitivement close.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne répond pas à toutes les questions. Et c’est précisément ce qui fait sa valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il invite à poursuivre l’enquête : dans les archives de l’État, dans la presse de 1962-1963, dans les archives militaires et judiciaires, dans les mémoires des familles et dans les témoignages ultérieurs des protagonistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une affaire qui mérite enfin de sortir de la légende</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante-quatre ans après les événements, la tentative de 1962 mérite donc autre chose qu&rsquo;une répétition du récit qui s’est imposé au lendemain du procès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre de Mohamed El May ne détruit pas ce récit. Il le met à l’épreuve des documents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est déjà beaucoup.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En faisant entendre les accusés, en faisant apparaître la diversité des trajectoires, en donnant à voir les motivations politiques et sociales qui traversaient la Tunisie de l’après-indépendance et en permettant de revenir sur le procès lui-même, il transforme une affaire longtemps réduite à une « conspiration » en objet d’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement là son apport essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt de 1962 n’est pas seulement de savoir qui voulait renverser Bourguiba. Il est de comprendre pourquoi, quinze ans à peine après le début de la lutte nationale, des hommes issus de cette même histoire en sont venus à envisager une rupture violente avec le pouvoir issu de l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IjgypkUu6N"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/28/in-memoriam-lazhar-chraiti-pere-pardonne-nous/">In memoriam : Lazhar Chraïti, père, pardonne-nous !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« In memoriam : Lazhar Chraïti, père, pardonne-nous ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/28/in-memoriam-lazhar-chraiti-pere-pardonne-nous/embed/#?secret=s3SFngHnym#?secret=IjgypkUu6N" data-secret="IjgypkUu6N" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/26/notre-regard-sur-la-tentative-de-coup-detat-contre-bourguiba-en-1962/">Notre regard sur la tentative de coup d’État contre Bourguiba en 1962</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Colloque à Marseille &#124; Habib Bourguiba, prisonnier au Fort Saint-Nicolas  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/20/colloque-a-marseille-habib-bourguiba-prisonnier-au-fort-saint-nicolas/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Sep 2026 09:15:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[bourguibisme]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fort Saint-Nicolas]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[système colonial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marseille accueille un colloque consacré à l’incarcération de Habib Bourguiba au Fort Saint-Nicolas entre mai 1940 et novembre 1942. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/20/colloque-a-marseille-habib-bourguiba-prisonnier-au-fort-saint-nicolas/">Colloque à Marseille | Habib Bourguiba, prisonnier au Fort Saint-Nicolas  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans le prolongement de l’exposition ‘‘Résistances et Désobéissances’’, la Citadelle de Marseille organise un colloque universitaire consacré à l’incarcération de Habib Bourguiba au Fort Saint-Nicolas entre mai 1940 et novembre 1942, ainsi qu’aux trajectoires politiques, aux mémoires et aux héritages du bourguibisme.</em></strong></p>



<span id="more-19675023"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Réunissant historiennes, historiens, politistes et spécialistes de la Tunisie contemporaine, cette journée intitulée <em>«Bourguiba, leader anticolonial, prisonnier au Fort Saint-Nicolas (1940-1942)</em>», se tiendra le vendredi 9 octobre 2026, au Campus AMU du Pharo (58, boulevard Charles Livon, 13007, Marseille, Amphi C). Elle entend croiser les approches historiques, politiques et mémorielles autour d&rsquo;un épisode majeur de l&rsquo;histoire franco-tunisienne. Les échanges permettront d&rsquo;interroger l&rsquo;expérience carcérale de Habib Bourguiba, les continuités du système colonial, la construction de son leadership politique ainsi que les héritages contemporains du bourguibisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fruit d’une démarche réunissant société civile, artistes, chercheurs universitaires et partenaires culturels de France et de Tunisie, <em>‘‘Résistance et Désobéissances’’</em> est un programme de résidence croisée qui se déroule dans le cadre de la <em>Saison Méditerranée</em>, et&nbsp;prend pour point de départ l’emprisonnement à la Citadelle de Marseille d’Habib Bourguiba.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les panels porteront sur les thématiques suivantes&nbsp;: <em>«Bourguiba, une vie carcérale»&nbsp;; «Prisons et répression d’Etat sous le régime de Bourguiba»</em>&nbsp;; <em>«Bourguiba : émancipateur, autocrate ?»</em>&nbsp;; et <em>«Que reste-t-il aujourd’hui de Bourguiba et du bourguibisme ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les intervenants, on citera Mathilde Rubinstein (directrice déléguée La Citadelle) ; Vincent Geisser (directeur de l’Iremam, AMU-CNRS) ; Antoine Hatzenberger(Université de Strasbourg) ; Habib Kazdaghli (Université de La Manouba, Tunis) ; Kmar Bendana (professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université de La Manouba) ; Cherif Ferjani (président du Timbuktu Institute) ; Michael Ayari (analyste principal, International Crisis Group) ; Éric Gobe (DR CNRS, Iremam) ; Mohamed Haddad (Ceraps, Université de Lille) ; Hichem Abdessamad (écrivain, historien) ; Ikbal Zalila (Isamm, Université de La Manouba, Tunis; François Siino (Iremam, CNRS-AMU) <em>;</em> Hatem Nafti (analyste, doctorant Iremam, CNRS-AMU) ; et Hatem Drissi (chercheur et conservateur des collections du musée du Bardo)</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/20/colloque-a-marseille-habib-bourguiba-prisonnier-au-fort-saint-nicolas/">Colloque à Marseille | Habib Bourguiba, prisonnier au Fort Saint-Nicolas  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Les erreurs d&#8217;hier, l’impuissance d’aujourd’hui</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/tunisie-les-erreurs-dhier-limpuissance-daujourdhui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 07:55:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Guidara]]></category>
		<category><![CDATA[autocratie]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abudine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie fait face aujourd'hui aux difficultés économiques, à la dégradation des services publics, à la fatigue démocratique et au sentiment d’impuissance. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/tunisie-les-erreurs-dhier-limpuissance-daujourdhui/">Tunisie | Les erreurs d&rsquo;hier, l’impuissance d’aujourd’hui</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La crise tunisienne nourrit une tentation familière : regarder le passé comme un âge de stabilité, d’ordre et de prospérité relative. Face aux difficultés économiques, à la dégradation des services publics, à la fatigue démocratique et au sentiment d’impuissance qui traverse le pays, les années Bourguiba et Ben Ali peuvent apparaître, rétrospectivement, comme des périodes plus lisibles et plus protectrices.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ali Guidara *</strong></p>



<span id="more-19548125"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="341" height="512" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png" alt="" class="wp-image-19296482" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png 341w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2-200x300.png 200w" sizes="auto, (max-width: 341px) 100vw, 341px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette nostalgie confond pourtant souvent l’absence de bruit avec l’absence de blocage. La Tunisie d’aujourd&rsquo;hui n’est pas née du seul désordre de la transition démocratique. Elle est aussi l’héritière de fragilités politiques, sociales et économiques constituées bien avant 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnaître les réalisations des pouvoirs passés ne signifie donc pas les absoudre. Cela suppose de tenir ensemble les acquis réels et les failles profondes qu’ils ont laissés derrière eux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’État construit par le sommet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous Habib Bourguiba, la Tunisie indépendante a consolidé un État moderne, une administration structurée et un système éducatif ambitieux. Les progrès accomplis en matière de santé, de scolarisation et de droits des femmes, notamment avec l’adoption du Code du statut personnel, demeurent des repères majeurs de l’histoire nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette période a également consolidé l’idée d’une citoyenneté tunisienne et fourni au pays des instruments de modernisation dont il bénéficie encore. Mais la centralisation du pouvoir, le refus du pluralisme et la prééminence du parti-État ont limité l’émergence d&rsquo;une vie politique autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, les bénéfices de cette modernisation n’ont pas été distribués de manière équitable. Une partie importante de la population est demeurée exclue des circuits de décision, de l’accès aux opportunités économiques et de la redistribution des richesses. La concentration progressive des ressources entre les mains d’une bourgeoisie urbaine et de groupes proches du pouvoir a nourri un sentiment durable de relégation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les catégories populaires, les régions de l’intérieur et les groupes éloignés des réseaux administratifs ou politiques, cette exclusion a fini par anéantir l’espoir d’un changement accessible par les voies ordinaires. Lorsque les institutions ne permettent pas l’expression de la contestation, l’immobilité politique cesse d’apparaître comme une stabilité : elle devient une forme d’enfermement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle de développement a, lui aussi, produit des déséquilibres durables. Il a favorisé le littoral, Tunis et les zones intégrées au tourisme ou à l’industrie, tandis que de nombreuses régions de l’intérieur demeuraient à l’écart des investissements, des infrastructures et des opportunités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État s’est renforcé sans que cette puissance s’accompagne d’un contrôle citoyen véritable, d’un équilibre territorial durable ou d’un renouvellement suffisant des élites capables de démocratiser le pays et le rendre équitable. Une partie des fragilités actuelles se trouve dans cette contradiction : un appareil étatique relativement fort, mais une société longtemps privée des moyens de participer à la définition et au contrôle de l&rsquo;action publique.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="biDrP4EYv7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/la-tunisie-et-le-spectre-du-sous-developpement/">La Tunisie et le spectre du sous-développement</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie et le spectre du sous-développement » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/la-tunisie-et-le-spectre-du-sous-developpement/embed/#?secret=WaZaJyM1Sy#?secret=biDrP4EYv7" data-secret="biDrP4EYv7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La stabilité comme façade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime de Zine El-Abidine Ben Ali a prolongé cette architecture tout en la durcissant. Il a entretenu l’image d’un pays stable, ouvert aux investissements et tourné vers la croissance. Une partie de la population a effectivement connu une amélioration de ses conditions matérielles, particulièrement dans les grands centres urbains et les secteurs liés au tourisme, aux services ou à l’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette stabilité reposait sur des fondations fragiles. L’économie demeurait dépendante de secteurs exposés et insuffisamment créateurs de valeur et d’emplois. L’accès aux marchés, aux autorisations, au crédit et aux opportunités économiques était souvent conditionné par la proximité avec le pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette confiscation des opportunités a progressivement atteint des proportions inédites. Une étude de la Banque mondiale a montré que 220 entreprises liées au clan présidentiel, qui représentaient moins de 1 % de l’emploi salarié, captaient à elles seules 21 % des profits du secteur privé tunisien entre 1996 et 2010 – une emprise économique qui s’étendait aux secteurs les plus stratégiques du pays. Cette concentration des richesses réduisait considérablement l’accès des entrepreneurs et des citoyens aux ressources et aux opportunités économiques. Le népotisme, le clientélisme et la corruption ne relevaient donc pas de pratiques marginales : ils participaient au fonctionnement même du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La répression empêchait, quant à elle, les frustrations sociales, professionnelles et territoriales de trouver une expression politique organisée. Le soulèvement de 2010-2011 n’a donc pas surgi d’un vide. Il a rendu visibles des tensions accumulées pendant des décennies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La promesse inachevée de 2011</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution a ouvert un espace politique inédit. Elle a rendu possibles le pluralisme, la liberté de parole, les élections compétitives et l’émergence d’une société civile plus active. Mais elle n’a pas effacé l’héritage administratif, économique et social du passé. Les gouvernements successifs ont dû composer avec un État fragilisé, des disparités régionales profondes, une économie traversée par les rentes et les privilèges, ainsi qu’une administration peu préparée à une transformation politique de cette ampleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’après-2011 a produit ses propres impasses. L’incompétence de plusieurs responsables, la persistance de pratiques clientélistes, l’incapacité à contenir la corruption et les calculs partisans ont largement affaibli la confiance publique. Trop souvent, l’action gouvernementale a été soumise aux coalitions précaires, aux rivalités d’appareil et aux intérêts de court terme. Les ambitions individuelles et les manœuvres partisanes ont pris le pas sur la construction de compromis durables et sur la préparation de réformes indispensables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie a permis à des problèmes longtemps étouffés de s(exprimer. Elle n’a pas toujours permis de les traiter avec la cohérence, la continuité et la compétence nécessaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autoritarisme n’est pas une solution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait pourtant trompeur de présenter ces défaillances comme la démonstration que l’autoritarisme constituerait une réponse plus efficace. Les régimes autoritaires peuvent imposer le silence, accélérer parfois certaines décisions et donner une impression d’ordre. Mais ils empêchent aussi la correction des erreurs, favorisent les réseaux de loyauté au détriment du mérite et concentrent les responsabilités jusqu’à rendre les institutions dépendantes d’un cercle étroit et souvent corrompu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une stabilité qui ne repose ni sur l’équité territoriale, ni sur des institutions solides, ni sur le respect des droits et libertés, ni sur une économie ouverte aux compétences et aux investisseurs demeure une stabilité précaire. Elle peut durer tant que la répression contient les tensions ; elle ne les résout pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nostalgie de l’ordre oublie souvent le prix de cet ordre : l’absence de transparence, l’étouffement du pluralisme, la confiscation des libertés et des opportunités, et l’impossibilité de demander des comptes à ceux qui gouvernent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pouvoir sans projet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La situation actuelle confirme la nécessité de dépasser les oppositions simplistes entre le passé autoritaire et les désillusions de la transition. Le pouvoir en place semble répondre aux transformations du monde contemporain avec des réflexes hérités d’une autre époque : concentration du pouvoir, verticalité de la décision, méfiance envers les contre-pouvoirs, suspicion à l’égard de l’expertise et conception défensive de l’État-citadelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit pourtant affronter des mutations technologiques, climatiques, financières et géopolitiques rapides. Elle doit retenir ses compétences, attirer des investissements, créer des emplois qualifiés, moderniser ses services publics et restaurer la confiance dans les institutions. Gouverner ne peut plus consister à reconduire des logiques dépassées ni à présenter l’État comme un instrument fermé, centralisé et entièrement soumis à la volonté d’un seul pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne se relèvera ni par la nostalgie ni par la répétition des recettes qui l’ont conduite à l’impasse. Elle ne pourra pas davantage sortir de la crise sous un pouvoir qui reconduit, en les aggravant, certains défauts des régimes antérieurs. À cette dérive s’ajoute une faiblesse plus préoccupante encore : l’absence d’un projet lisible pour répondre aux urgences concrètes du pays et aux transformations du monde.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dLEmrsY1kd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/tunisie-le-double-abandon-de-la-democratie/">Tunisie | Le double abandon de la démocratie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le double abandon de la démocratie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/tunisie-le-double-abandon-de-la-democratie/embed/#?secret=7At5QBZ4sz#?secret=dLEmrsY1kd" data-secret="dLEmrsY1kd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une présidence à rééquilibrer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution de 2022 – élaborée sans véritable consultation – a renforcé les prérogatives du président de la République et réduit les mécanismes de partage et de contrôle qui limitaient auparavant la concentration du pouvoir. Cette architecture institutionnelle pose une question centrale : comment préserver la responsabilité démocratique lorsque l’essentiel de l’orientation politique, de la nomination du gouvernement et de l’arbitrage institutionnel dépend d’un seul centre de décision, dans un système où les contre-pouvoirs sont fortement affaiblis et où la souveraineté populaire est réduite à un principe proclamé plutôt qu’à une réalité institutionnelle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème ne réside pas seulement dans la personne qui occupe la fonction présidentielle ; il est aussi, et peut-être surtout, institutionnel. Un système qui personnalise à l&rsquo;excès le pouvoir nourrit l’illusion de l’homme providentiel et affaiblit les corps intermédiaires – partis, syndicats, associations, médias, justice, collectivités locales – qui devraient structurer la vie politique et contrôler l’exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question du mode de désignation du chef de l’État mérite donc d’être posée. Une démocratie parlementaire renforcée pourrait envisager une désignation encadrée du président et des prérogatives clairement délimitées, afin de rompre avec une tradition présidentielle autocratique qui se reproduit de manière récurrente, à la satisfaction de certains acteurs. Car il est sans doute plus confortable d’avoir un interlocuteur unique, qu’il est possible de mettre sous pression, que d’avoir affaire à un ensemble d’institutions autonomes qui se partagent le pouvoir et se contrôlent mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle réforme devrait toutefois tirer les leçons de la fragmentation parlementaire de la décennie 2011-2021 : la simple désignation du chef de l’État ne suffira pas sans un mode de scrutin propice à des majorités stables et sans une réelle discipline de coalition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, cette réforme ne prendrait tout son sens que dans le cadre d’un ensemble plus large : une justice indépendante, un Parlement doté de véritables pouvoirs de législation et de contrôle, une administration professionnelle et impartiale, des collectivités locales autonomes et des mécanismes de contrôle accessibles aux citoyens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas confondre mémoire et réhabilitation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Critiquer les échecs de la transition démocratique, comme les impasses du présent, est indispensable. Mais cette critique ne doit pas devenir une réhabilitation du passé autoritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les acquis de l’histoire tunisienne – l’État, l’école, la protection sociale et l’émancipation juridique des femmes – méritent d’être préservés et approfondis. En revanche, l’opacité, le centralisme, les privilèges, la dépendance économique, l’exclusion sociale et l’étouffement du pluralisme doivent être identifiés pour ce qu’ils sont : non pas des garanties d’ordre, mais une part des causes de la crise actuelle et de l’affaiblissement de la conscience et de la participation citoyennes dans la vie politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie aura besoin d’un État plus compétent, mais aussi plus ouvert ; plus exigeant, mais plus juste ; plus stratégique, mais moins captif des intérêts particuliers. Surtout, elle devra rendre à la compétence, à l’intégrité et à l’action publique leur place centrale. C’est à cette condition seulement qu’elle pourra sortir du face-à-face stérile entre la nostalgie d’un passé idéalisé et l’impuissance d’un présent sans cap.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> Docteur en politiques publiques</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XhM7Ho79ob"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/25/tunisie-le-piege-du-presidentialisme/">Tunisie | Le piège du présidentialisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le piège du présidentialisme » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/25/tunisie-le-piege-du-presidentialisme/embed/#?secret=aqAgq24lbO#?secret=XhM7Ho79ob" data-secret="XhM7Ho79ob" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/tunisie-les-erreurs-dhier-limpuissance-daujourdhui/">Tunisie | Les erreurs d&rsquo;hier, l’impuissance d’aujourd’hui</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi les Tunisiens bloquent-ils sur l’égalité successorale ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/pourquoi-les-tunisiens-bloquent-ils-sur-legalite-successorale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 06:37:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D'un 13 août à un autre, le dossier de l'égalité dans l'héritage — celui  du patrimoine, de la terre, de l’autonomie économique — reste orphelin. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/pourquoi-les-tunisiens-bloquent-ils-sur-legalite-successorale/">Pourquoi les Tunisiens bloquent-ils sur l’égalité successorale ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 13 août, comme chaque à la même date, la Tunisie a célébré la légende d’un homme seul, Habib Bourguiba, qui aurait un jour décrété la libération de la femme et refermé, d’un trait de plume, des siècles de patriarcat. Ce n’est pas faux. Mais c’est incomplet. Et c’est cette part manquante qui mérite d’être regardée en face, soixante-dix ans après.</em></strong> <em>(Photo: Bourguiba enlève le voile d&rsquo;une femme en pleine rue). </em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ilyes Bellagha</strong></p>



<span id="more-19456938"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le 13 août 1956, moins de cinq mois après l’indépendance, Bourguiba promulgue le Code du statut personnel. Il abolit la polygamie et la répudiation unilatérale, impose le consentement mutuel au mariage, relève l’âge légal du mariage, ouvre l’école aux filles. Rien, dans le monde arabe de l’époque ne ressemble à ce geste. Il ne s’agissait pas d’une réforme prudente : Bourguiba s’attaque au même moment à l’institution religieuse de la mosquée Zitouna, dissout l’enseignement religieux autonome, nationalise les habous ou biens de mainmorte. C’est un homme qui frappe où ça fait mal, sans détour ni ménagement pour les bastions traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste un point, un seul, que Bourguiba n’a jamais touché : l’héritage. La femme tunisienne hérite aujourd’hui encore, par défaut, de la moitié de la part d’un homme de même rang. L’explication convenue veut que Bourguiba ait attendu une caution des autorités religieuses qui ne serait jamais venue — comme si la timidité, chez cet homme-là, avait soudain pris le pas sur l’audace. L’explication ne tient pas seule. Elle ne tient pas face à la Zitouna abolie, aux habous nationalisés, à une répudiation supprimée contre l’avis de tout le corps théologique du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une explication plus dure, et plus cohérente avec l’homme politique qu’il était : Bourguiba a frappé ce qui ne le touchait pas, et laissé intact ce qui touchait sa propre base. Le Néo-Destour s’est construit sur la petite et moyenne bourgeoisie du Sahel, propriétaire terrienne et oléicole — le vivier même de ses cadres, de sa famille politique, de son propre clan. La Zitouna n’était pas son socle ; le patrimoine foncier sahélien, si.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas une thèse abstraite. Une étude de terrain menée par Kalthoum Kennou, Ismahan Ben Taleb et Soumaya Sandli — magistrate, sociologue et avocate — auprès de sept gouvernorats, dont Monastir, la ville natale du père de l’indépendance, documente noir sur blanc le mécanisme : pression familiale pour renoncer à sa part (le <em>«tanaazul»</em>), rôle actif de la mère elle-même dans ce renoncement, subterfuges des frères, terre systématiquement réservée aux mâles <em>«pour que le nom ne sorte pas du clan».</em> Le mécanisme n’est pas propre au Sahel seul — il traverse le pays. Mais il n’épargne pas Monastir. La ville qui a donné son libérateur à la femme tunisienne n’a jamais cessé, sur ce point précis, de la déposséder.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux renoncements, un même mur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2018, Béji Caïd Essebsi rouvre le dossier et dépose un projet d’égalité successorale. Le geste est salué comme audacieux — il ne l’est qu’à moitié. Le patronyme même du président porte la trace d’une autre histoire de classe : l’ancien président descend d’Ismaïl Caïd Essebsi, mamelouk d’origine sarde élevé à la cour beylicale au XIX<sup>e</sup> siècle jusqu’à devenir caïd-gouverneur, lignée absorbée par alliances matrimoniales dans l’aristocratie beldi de Tunis. Contrairement à Bourguiba, l’assise de BCE n’est pas agraire ni sahélienne : c’est une bourgeoisie urbaine, administrative, dont le patrimoine n’est pas la terre du bled mais la position dans l’appareil d’État. Proposer l’égalité ne lui coûtait rien socialement — ce n’était ni son foncier ni celui de sa base qui allait se redistribuer. L’audace du geste a le prix de sa légèreté : BCE meurt en 2019, le texte ne franchit jamais le Parlement, et personne n’en hérite politiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kaïs Saïed, lui, ne fait même pas ce geste. Dès sa campagne de 2019, il affiche son opposition à l’égalité successorale, position qu’il n’a jamais révisée depuis. Le calcul diffère de celui de Bourguiba comme de celui de BCE : sa légitimité ne tient ni à un patrimoine de classe ni à une caution religieuse institutionnelle négociée, mais à une assise populaire diffuse et conservatrice à laquelle il ne veut offrir aucun motif de rupture. Il ne cède rien aux courants intégristes — mais ne leur retire rien non plus : il évite strictement le terrain.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lNVw0zuDvN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/15/quand-les-tunisiennes-reecrivent-beauvoir/">Quand les Tunisiennes réécrivent Beauvoir</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quand les Tunisiennes réécrivent Beauvoir » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/15/quand-les-tunisiennes-reecrivent-beauvoir/embed/#?secret=uKtdQkVK7Y#?secret=lNVw0zuDvN" data-secret="lNVw0zuDvN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce calcul n’a rien de paranoïaque. En Tunisie, le rapport au sacré ne se loge pas seulement dans la pratique affichée — il survit, en sourdine, jusque dans la transgression elle-même. Il n’est pas rare d’entendre, après un rot au détour d’une bière, un <em>«hamdoullah»</em> ou un <em>«Allah yesamah»</em> machinal, comme si le corps demandait pardon avant même que l’esprit n’ait eu le temps de s’en soucier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette religiosité réflexe, qui déborde largement le clivage pratiquant/non-pratiquant, est précisément ce qu’aucun dirigeant, depuis Bourguiba, n’a plus eu les moyens politiques d’affronter de front. Bourguiba avait la légitimité fondatrice d’un homme qui venait d’arracher l’indépendance, et convoquait lui-même les oulémas pour discuter d’<em>ijtihad</em>. Ni BCE ni Saïed ne disposent plus de ce capital : l’un s’éteint avant d’avoir eu à l’engager, l’autre choisit de ne jamais l’exposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence n’est pas que politique, il est aussi démographique. En 1956, le taux d’urbanisation tunisien n’atteignait que 40 % : la majorité de la population vivait encore de la terre, et l’héritage foncier structurait l’existence matérielle des familles. En 2014, ce taux dépasse déjà 67 % — il approche aujourd’hui 72 %, selon le recensement de 2024. Une majorité de Tunisiens, surtout depuis 2011, ont grandi et vécu en ville, souvent locataires ou primo-accédants d’un logement modeste, sans terre agricole ni patrimoine familial substantiel à transmettre. Le sujet même de l’héritage — la terre, l’olivier, le douar — a cessé d’être une préoccupation matérielle concrète pour l’essentiel de la population, devenant un débat de principe porté surtout par les classes moyennes et supérieures urbaines qui détiennent encore un patrimoine réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dilution matérielle explique en partie l’absence de mobilisation populaire massive sur la question, dans un sens comme dans l’autre : presque personne n’a plus intérêt objectif à provoquer un affrontement dont l’enjeu concret s’est largement retiré du quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2018, le débat resurgit régulièrement sous la forme d’un <em>«double régime»</em> : l’égalité par défaut, avec possibilité de choisir l’ancien système. L’idée se veut prudente. Elle est en réalité incohérente. Un État, par essence, ne propose pas : il impose. La loi n’est loi que parce qu’elle s&rsquo;applique de façon identique à tous les citoyens placés dans une situation identique — sans option à la carte. Bourguiba lui-même n’a jamais demandé le consentement collectif pour abolir la polygamie, pourtant explicitement autorisée par le texte coranique. Il a tranché. Aucun double régime n’a été proposé aux hommes qui auraient voulu rester polygames. Le même État qui a eu le pouvoir souverain d’abolir la polygamie et les peines corporelles sans consultation a, de la même main, le pouvoir de trancher l’égalité successorale par la loi, sans option — au nom du même principe qu’il a déjà appliqué ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le folklore du jour et le silence de l’année</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque 13 août, la classe politique tunisienne redécouvre la femme le temps d’un discours. Les uns brandissent des portraits de prisonnières politiques pour habiller un combat qui, le reste de l’année, ne parle jamais du dossier de l’héritage. Les autres célèbrent le folklore officiel, cortèges et hommages, sans toucher au fond. Entre les deux, le dossier réel — celui du patrimoine, de la terre, de l’autonomie économique — reste orphelin. Aucun parti, y compris ceux qui s’étaient prononcés en 2018 en faveur de l’initiative Essebsi, ne porte aujourd’hui ce combat sur la durée. Il resurgit une fois par an, agité comme un symbole, puis rangé jusqu’au 13 août suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mythe du 13 août n’est pas un mensonge. C’est une moitié de vérité qui s’est arrêtée là où elle dérangeait le plus près de chez elle. Soixante-dix ans après, la question n’est plus de célébrer ou de démolir Bourguiba. Elle est de finir ce qu&rsquo;il a commencé — et de ne plus attendre, pour cela, une caution qui n’est jamais venue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Y7jqtm19T6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/">70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/embed/#?secret=rvN6hELg8J#?secret=Y7jqtm19T6" data-secret="Y7jqtm19T6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>70 ans après &#124; Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 11:51:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[abolition de la polygamie]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Code du statut personnel]]></category>
		<category><![CDATA[divorce judiciaire]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Journée nationale de la femme]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>70 ans après la promulgation du CSP , le combat des femmes pour l'égalité est loin d'être achevé en Tunisie? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/">70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Demain, 13 août, la Tunisie célèbre la Journée nationale de la femme ; une date qui revêt cette année une importance particulière, marquant le 70<sup>e</sup> anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (CSP). Il est peu probable qu’il y ait une célébration officielle de cet anniversaire, les autorités ayant d’autres priorités, mais la société civile ne manquera pas de combler la lacune par l’organisation de rencontres et de débats à cette occasion.  Car le combat pour l&rsquo;égalité des sexe est loin d&rsquo;être achevé dans un pays où le conservatisme religieux et social demeure encore vivace. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-19424779"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La promulgation du CSP, quelques mois après l’indépendance de la Tunisie, est l’une des mesures les plus emblématiques adoptées par le jeune Etat tunisien, et ce texte demeure une pierre angulaire de la législation nationale en matière de droits des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Promulgué le 13 août 1956 et entré en vigueur le 1<sup>er</sup> janvier 1957, le Code a introduit des dispositions qui conféraient aux femmes un statut alors exceptionnel dans le monde arabo-musulman. Cet anniversaire ne constitue donc pas seulement une célébration, mais aussi l’occasion de faire le point sur un parcours entamé lors de la construction de l’État tunisien moderne et qui s’est poursuivi — à travers des réformes législatives et des politiques publiques successives — jusqu’aux stratégies actuelles visant l’autonomisation économique et la protection des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la première fois dans un pays arabe, le CSP — vigoureusement défendu par le premier président, Habib Bourguiba — a aboli la polygamie, instauré le principe du consentement mutuel des époux comme condition au mariage et fixé un âge minimum pour se marier. Ce Code a également institué le divorce judiciaire, dépassant ainsi le système de la répudiation unilatérale et reconnaissant des formes spécifiques de protection pour les épouses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme de 1956 a été suivie d&rsquo;autres mesures. En 1993, plusieurs dispositions du Code ont été amendées — concernant notamment la dot, le divorce, la pension alimentaire et la garde des enfants — renforçant ainsi certains droits des femmes au sein de la famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la suite de la révolution de 2011, le principe de la protection des droits des femmes a été réaffirmé dans la Constitution. L’article 46 de la Constitution de 2014 a engagé l’État — du moins sur le papier — à protéger et à promouvoir les droits acquis des femmes, à garantir l’égalité des chances dans l’accès aux postes de responsabilité et à adopter des mesures pour éliminer les violences faites aux femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre étape majeure a été franchie avec la loi organique n° 58 de 2017 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, qui a adopté une approche globale incluant la prévention, la poursuite et la sanction des auteurs, ainsi que la protection et le soutien des victimes. Cette loi reconnaît diverses formes de violence, notamment les violences physiques, psychologiques, sexuelles et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la présidence de Béji Caïd Essebsi, entre 2015 et 2019, un projet de loi pour l’instauration de l’égalité entre l’homme et la femme en matière d’héritage, a achoppé à un conservatisme religieux et social et n’a pu être promulgué dans sa mouture initiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution de 2022, initiée par le président Kaïs Saïed, a maintenu ce cadre législatif antérieur. Mais la distance qui persiste entre le texte de loi et la pratique quotidienne, à tous les niveaux, reste encore à combler, ce qui continue d’alimenter le combat des femmes tunisiennes pour l’égalité réelle.     </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, les politiques publiques se sont davantage concentrées non seulement sur la protection des droits, mais aussi sur l’autonomie économique des femmes. L’une des initiatives clés est le programme national <em>«Raïdet»</em>, consacré à l’entrepreneuriat et à l’investissement féminins. Depuis son lancement en décembre 2022, <em>«Raïdet»</em> a financé 6 629 projets, contribuant à la création de près de 12 000 emplois directs. En 2026, le programme a été renforcé : le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors a ouvert une nouvelle session de candidatures et a annoncé la mise en place de prêts à conditions préférentielles destinés aux jeunes femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/">70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Algérie &#124; Le litige frontalier entre l’histoire et le droit</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-le-litige-frontalier-entre-lhistoire-et-le-droit/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Aug 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Transmed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur les différends territoriaux et énergétiques relatifs aux relations entre l'Algérie et la Tunisie,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-le-litige-frontalier-entre-lhistoire-et-le-droit/">Tunisie &#8211; Algérie | Le litige frontalier entre l’histoire et le droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En réaction à l’article de M. Abderrahmane Fékih intitulé <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Tunisie-Algérie / aux origines d’un contentieux territorial»</a> et à sa prise de position ravivant des griefs territoriaux et énergétiques relatifs aux relations algéro-tunisiennes, ce texte entend apporter un point de vue fondé sur la rigueur du droit international public (uti possidetis juris, Convention de bornage de 1970) ainsi que sur la réalité des enjeux techniques et économiques (gisement d’El Borma, partenariat gazier TransMed). L’objectif de cette contribution est de proposer une analyse objective et apaisée, démontrant que la solidité stratégique entre la Tunisie et l’Algérie repose sur des traités souverains incontestables et ne saurait être altérée par des récits d’amertume ou des tentatives de déstabilisation mémorielle.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Abderrahmane Cherfouh *</strong></p>



<span id="more-19401619"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Ceci dit, M. Fékih, je prends acte avec satisfaction de votre ton courtois et de votre attachement à la fraternité algéro-tunisienne, des sentiments que je partage du fond du cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la <em>«vérité historique»</em> que vous cherchez à me rappeler ne relève pas de faits oubliés, mais d’une grille de lecture anachronique. Rétablir la vérité, ce n’est pas déterrer des griefs éteints par le droit international ; c’est rappeler avec sérénité que la solidité de nos liens repose sur des traités souverains et des engagements que nos deux nations ont réellement choisis d’honorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à des récits qui risquent d’installer une défiance artificielle entre deux peuples frères, l’examen du droit, de la réalité du terrain et de nos accords bilatéraux le prouve : entre l’Algérie et la Tunisie, la solidarité stratégique n’est pas une illusion, mais un choix fondamental scellé par l’Histoire, basé sur le respect mutuel et le bon voisinage.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="y4R5HlRaVo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/">Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les menaces réelles à la stabilité tunisienne   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/embed/#?secret=UPO7SimbmZ#?secret=y4R5HlRaVo" data-secret="y4R5HlRaVo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">I. Le droit international et la souveraineté territoriale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan du droit international, votre position repose sur une confusion majeure entre les différends franco-tunisiens de l’époque coloniale et les obligations d’un État algérien souverain ayant acquis son indépendance en 1962.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En qualifiant de<em> «mauvaise foi»</em> le refus de l’Algérie indépendante de céder des territoires délimités sous la colonisation, vous fermez les yeux sur une règle fondamentale du droit international public : le principe de l’<em>uti possidetis juris</em>&nbsp;(<em>«vous posséderez ce que vous possédiez»</em>). Consacré en Afrique dès juillet 1964 par la Déclaration du Caire de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ce principe veut que les nouveaux États accèdent à l’indépendance dans les frontières administratives héritées de la puissance coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette règle n’a pas été conçue pour avantager l’Algérie aux dépens de la Tunisie ou d’un autre pays, mais pour offrir un cadre clair, capable d’éviter les déchirements, la guerre, les luttes fratricides, le sang et le chaos sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Remettre en cause les tracés hérités au nom de prétentions historiques antérieures ouvrirait une boîte de Pandore aux conséquences imprévisibles pour toute la région — qu’on pense aux découpages coloniaux ayant amputé l’Algérie à l’Ouest au profit de la Moulouya, ou aux dynamiques transfrontalières des populations touarègues au Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément pour prémunir le continent contre ces querelles sans fin que le droit international a tranché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès son accession à la souveraineté le 5 juillet 1962, l’Algérie héritait donc légitimement de son territoire dans ses contours existants. Vouloir opposer un arrangement politique provisoire, discuté dans la douleur de la guerre de libération (comme les échanges entre Ferhat Abbas et Habib Bourguiba), à une norme internationale impérative constitue un anachronisme juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie souveraine du président Bourguiba l’avait d’ailleurs parfaitement compris. En signant la Convention de bornage du 6 janvier 1970, elle réglait définitivement, et dans un esprit de fraternité, la question des frontières communes. Parler aujourd’hui de <em>«spoliation»</em>, c’est méconnaître le droit international, mais c’est aussi effacer la signature de l’État tunisien lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, vous tentez d’expliquer l’abandon des revendications tunisiennes par un soi-disant <em>«rapport de forces» </em>défavorable, suggérant que Habib Bourguiba aurait plié sous la contrainte face à une Algérie menaçante et mieux armée. Cette lecture simpliste fait injure à la mémoire et à la stature diplomatique du Combattant suprême.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1960, l’Algérie sortait à peine d’une guerre de libération éprouvante et se concentrait tout entière sur sa reconstruction. Elle n’a jamais menacé la Tunisie d’une quelconque intention belliqueuse. Habib Bourguiba, fin diplomate, intelligent et respecté sur la scène internationale, n’a pas cédé à la peur. Visionnaire, il a agi en homme d’État (voir mon article publié dans<em> Kapitalis : «Israël-Palestine : Et si les Arabes et les Palestiniens avaient écouté Bourguiba en 1965 ?»</em>). En adhérant à la Charte de l’OUA en 1964 et en signant la Convention de 1970, il a fait le choix de la raison, de la stabilité et de l’avenir du Maghreb. Réduire cette décision mûrie à une capitulation est une contrevérité qui altère la portée d’un engagement historique.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vYtBFAxyBA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/en-diabolisant-lalgerie-on-dessert-les-interets-de-la-tunisie/">En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/en-diabolisant-lalgerie-on-dessert-les-interets-de-la-tunisie/embed/#?secret=gjybr1ujWM#?secret=vYtBFAxyBA" data-secret="vYtBFAxyBA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">II. La réalité technique d’El Borma et les enjeux énergétiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vous allez plus loin dans le procès d’intention en réveillant la légende urbaine du <em>«puits oblique»</em> que l’Algérie aurait creusé pour <em>«détourner le pétrole tunisien»</em> à El Borma. Ce récit spectaculaire, très populaire sur les réseaux sociaux, ne résiste pas un instant à la réalité géologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gisement d’El Borma est un réservoir pétrolier continu qui s’étend de part et d’autre de la frontière. En matière d’hydrocarbures, l’exploitation d’une nappe commune suit les lois de la physique des fluides, pas des scénarios de piraterie industrielle. Loin des théories du complot, la gestion d’El Borma a toujours fait l’objet d’échanges techniques réguliers entre les compagnies nationales des deux pays (Sitep et Sonatrach) pour exploiter la ressource de manière rationnelle et respectueuse de la souveraineté de chacun. Transformer un enjeu technique classique en preuve d’<em>«ingratitude»</em> relève du raccourci politique et déforme la réalité de notre coopération. Les ingénieurs tunisiens ne sont pas si naïfs ni aussi dupes pour ne pas découvrir un soi-disant détournement de pétrole à El Borma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En qualifiant l’attitude de l’Algérie d’<em>«acte prédateur»</em>, vous vous éloignez de la rigueur historique pour privilégier l’émotion et les accusations personnelles. Si l’Algérie s’était comportée en <em>«prédateur»</em>, comment expliquer des décennies de partenariat stratégique, le partage des retombées du gazoduc TransMed qui traverse le territoire tunisien vers l’Europe, ou les approvisionnements énergétiques d’urgence accordés lors des moments critiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas meilleure illustration que le dernier message daté du 4 août 2026 adressé par la Tunisie à l’Algérie : une lettre de remerciement de la Steg aux dirigeants de Sonelgaz pour son soutien décisif en approvisionnement électrique, signée par Fayçal Trifa, PDG de la STEG.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie fraternité ne consiste pas à ignorer les divergences, mais à savoir les résoudre par le dialogue et le droit. Réduire plus de soixante ans de solidarité à une rhétorique de la prédation est une posture qui ne sert ni la vérité, ni les intérêts de nos deux peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En demandant <em>«un peu d’humilité»</em> et en ramenant la coopération énergétique à une simple fatalité géographique, vous faites une erreur de lecture sur la diplomatie interétatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sécurité énergétique et la solidarité régionale ne relèvent ni de la charité paternaliste, ni de la condescendance, mais d’un partenariat réfléchi. Le passage du gaz algérien par la Tunisie via le TransMed est un accord équilibré : il offre à la Tunisie des redevances précieuses et une énergie sécurisée, tout en assurant à l’Algérie un accès fiable au marché européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappeler ces faits n’a rien d’arrogant ; c’est un acte de clarté. L’arrogance consisterait plutôt à balayer d’un revers de la main des décennies d’accords et de solidarité concrète pour nourrir une méfiance artificielle et préfabriquée entre deux peuples voisins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ironisant sur les livraisons de gaz, vous confondez aussi soutien tarifaire et don budgétaire. Personne n’a jamais prétendu que l’Algérie versait une aide directe sans contrepartie. La réalité repose sur deux leviers bien réels : la redevance de transit perçue par la Tunisie sous forme de gaz, et des contrats d’approvisionnement à long terme conclus entre Sonatrach et la Steg.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bénéficier de ces conditions n’a rien d’un mythe : c’est le résultat concret d’une alliance solide. Nier cette réalité sous prétexte qu’il ne s’agit pas de charité relève de la querelle de mots et d’un orgueil mal placé. Sans ces accords stratégiques, la facture énergétique pèserait bien plus lourdement sur les ménages et les finances publiques tunisiennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III. Dépasser le ressentiment et construire le Maghreb</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici une autre perle de votre part : en appelant à <em>«rendre à César ce qui appartient à César»</em> tout en peignant l’État algérien sous les traits d’un voisin dominateur, vous montrez les limites de votre démarche, qui préfère l’amertume à l’examen des faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faudrait-il <em>«rendre»</em> alors que le droit international, la déclaration de l’OUA de 1964 et la Convention de 1970 ont fixé nos frontières de manière claire et définitive ? L’Algérie n’a rien confisqué à la Tunisie, ne lui a rien annexé ; elle a partagé avec elle les épreuves de l’Histoire et les exigences du voisinage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tout état de cause, les relations privilégiées entre la Tunisie et l’Algérie ne font pas que des heureux. Nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil cette entente solide entre les deux États. Il faut porter un regard lucide sur ce phénomène récurrent : il existe des voix et des intérêts qui guettent le moindre grain de sable, la moindre tension diplomatique ou médiatique pour tenter de fragiliser les relations entre nos deux pays et les discréditer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces entrepreneurs de la discorde exploitent chaque faille pour nourrir le ressentiment et affaiblir l’axe algéro-tunisien. Céder à la surenchère mémorielle, c’est offrir une victoire à ceux qui redoutent un Maghreb stable et uni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La critique et le débat sont des droits fondamentaux. Chaque citoyen algérien ou tunisien a le droit de porter un regard exigeant sur l’axe Alger-Tunis, mais l’injure, la provocation, la haine et l’atteinte à la dignité sont à bannir et à dénoncer. La liberté d’expression trouve sa limite lorsqu’elle se transforme en insulte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réduire une alliance stratégique, essentielle à notre sécurité commune et à notre stabilité énergétique, à un procès d’intention est une erreur de perspective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les peuples tunisien et algérien sont unis par des liens fraternels trop anciens pour s’effriter face à des discours d’amertume. Ce que nous devons viser, ce n’est pas le réveil de vieilles querelles, mais une ambition partagée, fondée sur le respect mutuel, la vérité des faits et la souveraineté de nos nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin algérien basé au Canada.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZZgq5g5mKc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/embed/#?secret=m6vNSbJ3sJ#?secret=ZZgq5g5mKc" data-secret="ZZgq5g5mKc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-le-litige-frontalier-entre-lhistoire-et-le-droit/">Tunisie &#8211; Algérie | Le litige frontalier entre l’histoire et le droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#8211; Algérie &#124; Aux origines d’un contentieux territorial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 10:28:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abderrahmane Fekih]]></category>
		<category><![CDATA[Abderrahmen Cherfouh]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[différends frontaliers]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[GPRA]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Houari Boumediene]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'auteur situe les vieux différends frontaliers entre la Tunisie et l'Algérie dans leur contexte historique exact, loin de tout révisionnisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’auteur de cette tribune répond à l’article du Dr Abderrahmen Cherfouh <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/en-diabolisant-lalgerie-on-dessert-les-interets-de-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie’’</a>, qui répondait, pour sa part, à un article de l’ambassadeur Elyes Kasri intitulé <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Les menaces réelles de l’instabilité tunisienne’’</a>, tous deux publiés par Kapitalis. Il situe les relations tuniso-algériennes, et notamment les vieux différends frontaliers entre les deux pays, dans leur contexte historique exact, loin de toute propagande ou de révisionnisme.</em></strong> <em>(Photo : Houari Boumediene revient sur la parole donnée par le GPRA et Ahmed Ben Bella à Habib Bourguiba). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Abderrahmane Fekih *</strong></p>



<span id="more-19383945"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai aucune raison de douter de votre sincérité mais je dois à la vérité d’apporter quelques éclaircissements à votre discours par des faits historiques que vous semblez ignorer, dans le seul but de rétablir la vérité afin de mieux dépasser nos malentendus pour ne pas dire nos différends.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attaché comme vous à des relations algéro-tunisiennes de coopération fraternelle à l’abri de tous risques de conflit mais j’ai du mal à comprendre les faits exposés ci-après à moins que vous ayez des éléments de réponse correctifs que je ne connais pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dimension coloniale des frontières terrestres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Durant l’occupation de l’Algérie par la France celle-ci se croyant installée pour toujours a annexé plus d’un territoire de tous les pays limitrophes à l’Algérie&nbsp;: c’est une vérité historique bien établie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’aube de l’indépendance, la Tunisie a réclamé à la France de lui restituer les territoires <strong>spoliés</strong>, le contentieux n’est-il pas franco-tunisien sur le plan juridique Dr. Cherfouh&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction du GPRA à l’époque fut immédiate, en prétendant que c’est <em>«un coup de poignard dans le dos de&nbsp;l’Algérie combattante»</em> et d’ajouter qu’après l’indépendance de l’Algérie <em>«le problème sera réglé entre frères».</em> La mauvaise foi du GPRA ne peut être plus flagrante car transformer un litige franco-tunisien en litige algéro-tunisien n’est pas la meilleure façon de le résoudre, mais d’<em>«acheter du temps&nbsp;!&nbsp;»</em>. Car la France ayant rogné de façon arbitraire des terres sur le territoire tunisien pour les annexer à l’Algérie, il était de son devoir de corriger son abus de pouvoir d’autant plus qu’elle avait le pouvoir de le faire sans aucune difficulté&nbsp;et sans léser l’Algérie&nbsp;: c’était juste retour à la situation antérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le GPRA n’a rien voulu savoir et a maintenu sa position contre toute logique. Ainsi donc tout se passe comme si le GPRA s’est déjà approprié les territoires annexés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l’Algérie a recouvré son indépendance le gouvernement tunisien a rappelé au gouvernement algérien sa promesse de solution à l’amiable (<em>«entre frères»</em>&nbsp;!) du problème. Mais le gouvernement algérien, au lieu d’honorer son engagement envers la Tunisie (vous savez certainement comme moi le caractère sacré de la parole donnée dans notre culture commune), a préféré se référer au principe de ne pas modifier les frontières héritées de la colonisation décrété par l’Organisation de l’Unité Africaine de l’époque pour éviter à l’Afrique les affres des guerres de frontières. Ce principe étant décrété après l’engagement pris par le GPRA n’est pas opposable à la Tunisie car il ne pouvait pas avoir d’effet rétroactif (vous en convenez j’espère, vous qui semblez si bien connaitre le droit).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devant la position ferme de l’Etat algérien, Bourguiba a préféré contre mauvaise fortune faire bon cœur pour ne pas entrer en conflit (pour ne pas dire en guerre) contre son voisin en déclarant qu’<em>«il renonce à ses revendications (pourtant légitimes) en hommage aux martyres algériens»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’accord du 20 mars 1970&nbsp;: ce dernier n’est pas le résultat d’une négociation (mais d’un rapport de forces&nbsp;!) entre deux partenaires égaux mais entre une Algérie dominante imbue de sa puissance (et non de son droit) et une Tunisie qui n’a pour elle que la légitimité des faits historiques qui ne pèsent pas lourds malheureusement dans les relations internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes l’accord ci-dessus (résultat du rapport des forces de l’époque&nbsp;!) a réglé définitivement le problème sur le plan juridique pour établir la paix entre voisins mais pas sur le plan légitimité. La mémoire populaire en gardera souvenir longtemps comme d’une injustice insupportable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le comble c’est que l’Etat Algérien, pour remercier Bourguiba de son geste de conciliation, n’a pas trouvé mieux que de forer un puit oblique pour pomper le pétrole du seul bassin pétrolier tunisien El Borma !</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas qualifier cet acte de bienveillant ni de fraternel mais bel et bien de prédateur, ne vous en déplaise&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">La sécurité énergétique en question  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sécurité n’est pas due à la magnanimité de l’Algérie ni à sa bienveillance envers la Tunisie mais à la position stratégique dont l’Algérie bénéficie pour exporter son gaz vers l’Europe. Donc un peu d’humilité SVP (pour ne pas dire trêve d’arrogance&nbsp;!).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous prétendez que l’Algérie <em>«subventionne le gaz qui éclaire les foyers tunisiens»</em> sans préciser à quelle hauteur, c’est pour le moins une contrevérité (pour ne pas dire une insulte gratuite aux Tunisiens), car les fournitures de gaz à la Tunisie sont régies par la loi de l’offre et la demande et les prix sur le marché international&nbsp;(je suis bien placé pour le savoir en tant qu’ingénieur ex-chef du Département de la distribution électrique de la Steg à la retraite) : donc l’Algérie ne nous fait pas de cadeaux contrairement à vos insinuations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vérités historiques étant ainsi établies, à mon humble avis les peuples nord-africains resteront unis à jamais par les liens de fraternité, de sang et d’entraide tissés durant des siècles de vie commune malgré les aléas politiques. Mais les responsables algériens seront toujours vus par les Tunisiens comme arrogants, dominateurs et particulièrement malveillants envers la Tunisie, tant qu’ils ne changent pas de comportements sur la base du principe <em>«il faut rendre à César ce qui appartient à César&nbsp;!&nbsp;Est-ce trop demander&nbsp;?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ose espérer que la compétition entre les responsables nord-africains pour exercer leur hégémonie sur la Région se transforme en volonté de servir sincèrement les intérêts bien compris de leurs peuples respectifs loin de tout esprit hégémonique et de toute volonté de puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils gagneraient à réduire leurs égos pour se mettre au service de leurs peuples et non au service de leurs intérêts personnels étroits. Ces derniers ont coûté déjà à la communauté nord-africaine la non-réalisation de son unité décidée pourtant par l’accord de Tanger de 1958, la même année que la création du pool charbon acier fondateur de l’Union Européenne actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que les Européens que tout séparent (langues, religions, histoires tumultueuses, etc.) construisent leur Etat Fédéral patiemment <em>«pierre à pierre et brique à brique»,</em> nos leaders ont perdu leur temps dans des querelles marginales stériles (d’abord querelle de leadership ensuite le problème du Sahara créé de toutes pièces et maintenant le Maroc trouve son intérêt avec le pire ennemi des Arabes et des Musulmans, Israël, et non avec son voisin, l’Algérie, à laquelle tout le lie (géographie, langue, culture, religion, histoire commune, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le statu quo n’est pas dans l’intérêt des peuples nord-africains mais il faut espérer que ces derniers finissent par imposer à leurs leaders les mesures correctives nécessaires pour assurer d’abord la réalisation de l’unité nord-africaine ensuite sa prospérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur, ex-chef du département de la distribution électrique de la Steg à la retraite.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie-Algérie &#124; Les graines de la discorde</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/tunisie-algerie-les-graines-de-la-discorde/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 11:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/tunisie-algerie-les-graines-de-la-discorde/">Tunisie-Algérie | Les graines de la discorde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Khémaïs Gharbi</strong> <strong>*</strong></p>



<span id="more-19337764"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les nations ne sont pas seulement menacées par les armes. Elles le sont tout autant par les mots, les rumeurs, les manipulations et les divisions savamment entretenues. Depuis toujours, les puissances qui convoitent un pays savent qu’il est souvent plus efficace de dresser un peuple contre lui-même ou contre ses voisins que de l’affronter directement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Située au cœur de la Méditerranée, ouverte sur l’Europe, appartenant au Maghreb et au monde arabe, elle occupe une position géostratégique qui suscite naturellement l’intérêt de nombreux acteurs internationaux. Chacun défend ses intérêts, parfois de manière légitime, parfois en cherchant à influencer les équilibres régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les difficultés économiques, les tensions sociales et les incertitudes politiques fragilisent un pays, celui-ci devient plus vulnérable aux campagnes d’influence. Les frustrations populaires peuvent alors être orientées vers des adversaires désignés, parfois sans rapport avec les véritables causes des problèmes. Il devient alors facile de semer les graines de la discorde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des méthodes les plus efficaces consiste à détériorer les relations entre deux peuples qui ont pourtant bâti, au fil des siècles, une histoire commune faite de solidarité, de respect et de bon voisinage. Les liens entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard. Ils se sont forgés dans la géographie, dans l’histoire, dans les échanges humains, économiques et culturels, mais aussi dans les épreuves traversées ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire de solidarité, de respect et de bon voisinage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux peuples n’ont jamais construit leur relation sur la confrontation. Au contraire, ils ont appris à vivre côte à côte, à s’entraider lorsque les circonstances l’exigeaient et à préserver une frontière parmi les plus paisibles de la région. Cette réalité historique mérite d’être protégée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément parce que cette relation est solide qu’elle peut devenir la cible de ceux qui auraient intérêt à la fragiliser. Il suffit parfois d’une déclaration sortie de son contexte, d’une phrase interprétée de manière malveillante, d’une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux ou d’une campagne de désinformation pour tenter de transformer un geste de solidarité en sujet de discorde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment encore, une déclaration du président algérien Abdelmadjid Tebboune **, exprimée dans un esprit de soutien à la Tunisie, a été exploitée par certains pour tenter d’y voir une ingérence ou un motif de polémique. Les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en caisse de résonance où les interprétations les plus excessives ont parfois pris le pas sur la raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de notre région offre pourtant une leçon qu’il serait dangereux d’oublier. Les divergences politiques, même profondes, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel lorsque les intérêts supérieurs d’un peuple sont en jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise de Bizerte en 1961 en est l’une des plus belles illustrations. À cette époque, les relations entre le président Habib Bourguiba et le président Gamal Abdel Nasser étaient particulièrement tendues. Les désaccords étaient publics, parfois virulents, et semblaient difficilement conciliables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais lorsque la Tunisie affronta la France lors de la bataille de Bizerte, les querelles s’effacèrent devant l’intérêt supérieur de la nation tunisienne. L’Égypte apporta immédiatement son soutien politique, militaire et diplomatique à la Tunisie. Bourguiba, le gouvernement tunisien et le peuple accueillirent avec émotion cette solidarité venue d’un pays frère. Ce geste démontrait qu’au-delà des divergences, il existait une conscience commune face à une menace extérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nasser avait cité&nbsp;à cette occasion un proverbe qui illustrait la vieille sagesse du monde arabe : <em>«Moi et mon frère contre notre cousin ; moi, mon frère et notre cousin contre l’étranger.»</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière cette formule se cache une vérité politique intemporelle : les différends entre frères ne doivent jamais devenir une arme entre les mains de ceux qui cherchent à les diviser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire face avec discernement aux tentatives de manipulations </h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément cette sagesse que nous gagnerions à retrouver aujourd’hui. Les désaccords peuvent exister entre gouvernements, les opinions peuvent diverger, mais ils ne devraient jamais conduire les peuples à oublier tout ce que l’histoire, la géographie et les sacrifices communs ont construit entre eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les véritables amis d’un peuple ne cherchent pas à l’isoler de ses voisins ; ils cherchent au contraire à renforcer les liens qui contribuent à sa stabilité. La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire enseigne une leçon simple : les peuples qui se laissent diviser servent souvent les intérêts d’autres qu’eux-mêmes. À l’inverse, ceux qui savent préserver leurs relations de confiance renforcent leur souveraineté et leur capacité à faire face aux défis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tunisiens ont toujours fait preuve de discernement face aux tentatives de manipulation. Il faut espérer qu’ils continueront à exercer cet esprit critique, en refusant les discours qui cherchent à fabriquer des ennemis là où l’histoire a construit des frères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les graines de la discorde ne germent que lorsqu’on les arrose. À chacun de veiller à ce que la sagesse, la mémoire et le respect mutuel soient plus forts que les semeurs de division.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ecrivain et traducteur. </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NJSoChRw1Q"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/">Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les menaces réelles à la stabilité tunisienne   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/embed/#?secret=zVdKVWlQLL#?secret=NJSoChRw1Q" data-secret="NJSoChRw1Q" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Tunisie &#124; Le piège du présidentialisme</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Jul 2026 07:20:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Guidara]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[présidentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De Bourguiba à Saïed, en passant par Ben Ali, la présidence est demeurée le centre de gravité de l’État tunisien , avec les échecs que l'on sait. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/25/tunisie-le-piege-du-presidentialisme/">Tunisie | Le piège du présidentialisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>De Bourguiba à Saïed, en passant par Ben Ali, la présidence est demeurée le centre de gravité de l’État tunisien – la parenthèse démocratique de 2014-2021, trop fragile pour s’enraciner, n’aura pas suffi à rompre ce schéma. Le problème n’est pas seulement la nature des dirigeants qui se sont succédé, mais l’architecture institutionnelle qui, depuis 1959, continue de produire des hommes «providentiels».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ali Guidara</strong> *</p>



<span id="more-19312803"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="341" height="512" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png" alt="" class="wp-image-19296482" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png 341w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2-200x300.png 200w" sizes="auto, (max-width: 341px) 100vw, 341px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La crise politique tunisienne, qui resurgit de décennie en décennie, ne se réduit pas à la personnalité de ses dirigeants successifs : elle trouve sa source dans un choix institutionnel vieux de plus de soixante ans, celui d’avoir fait de la présidence de la République le centre de gravité de l’État. Depuis la première Constitution tunisienne, cette architecture a produit la même mécanique : concentration du pouvoir, personnalisation du régime, et retour cyclique de la figure du <em>«sauveur»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution de 1959 s’inspire largement de la V<sup>e</sup>&nbsp;République française, promulguée un an plus tôt. Comme De Gaulle, Habib Bourguiba est persuadé qu’un exécutif fort est le meilleur rempart contre l’instabilité. Sauf que la France dispose déjà d’une tradition parlementaire ancienne, d’une administration solide, d’une justice indépendante et d’un pluralisme politique capables de contenir un exécutif puissant, malgré des failles certaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie, jeune État sans ces contrepoids, ne dispose d’aucun de ces amortisseurs. En transplantant la philosophie d’une présidence forte sans les institutions censées la limiter, elle ouvre la voie à une concentration du pouvoir sans commune mesure avec le modèle dont elle s’inspirait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chef de l’exécutif, le président nomme et défait le gouvernement, oriente la politique nationale, concentre l’essentiel des leviers de décision. Les révisions constitutionnelles successives ne feront qu’accentuer cette domination – jusqu’à consacrer, en 1975, Bourguiba président à vie – avant de permettre, sous Zine el-Abidine Ben Ali, la consolidation d’un régime pleinement autoritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution de 2011 ouvre une rupture réelle. Les constituants de 2014 ne se contentent pas de chasser un homme : ils tentent de corriger l’architecture même qui avait permis des décennies de pouvoir personnalisé. Pour la première fois depuis l’indépendance, la logique des contre-pouvoirs devient un principe fondateur des institutions tunisiennes, avec un partage des rôles entre président, chef du gouvernement et Parlement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la parenthèse démocratique au retour du chef</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parenthèse démocratique demeure toutefois fragile. Rivalités institutionnelles, instabilité gouvernementale, fragmentation partisane, crise économique : les tensions s’accumulent et nourrissent une désillusion croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’opinion publique, les lenteurs propres au débat démocratique sont lues comme les preuves d’un État impuissant. Face à cette fatigue, l’idée d’un président aux pouvoirs élargis regagne du terrain – portée par la nostalgie diffuse d’un commandement fort et par la conviction, ancrée depuis 1959, qu’un seul homme peut trouver les solutions là où les institutions échouent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution imposée par Kaïs Saïed en 2022 consacre le retour d’une présidence dominante. Le Parlement et le gouvernement sont relégués au second plan ; le pays renoue avec la logique verticale de 1959.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte soumis au référendum n’est d’ailleurs pas celui remis par la commission consultative que Kaïs Saïed avait lui-même chargée d’élaborer. Son président, le juriste Sadok Belaïd, s’en est publiquement désolidarisé, estimant qu’il ouvrait la voie à une dictature. Rappelons que ce référendum n’a mobilisé que 30,5 % des électeurs inscrits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’une rupture, cette confiscation du pouvoir présentée comme une réforme est un retour en arrière – celui d’un État organisé autour d’un chef, et non autour d’un équilibre des pouvoirs et des institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des textes, c’est toute une culture politique que façonne le présidentialisme. Un président élu au suffrage universel direct et détenteur de l’essentiel du pouvoir exécutif dispose d’un blanc-seing sans équivalent. Il cesse de représenter seulement l’État : il finit par incarner, aux yeux d’une partie de la population, la nation elle-même – une conception que les démocraties modernes ont abandonnée depuis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette concentration de légitimité transforme le rapport des citoyens à la politique. Les campagnes électorales cessent de porter sur des projets de société pour se cristalliser autour de personnalités. Chaque crise – économique, sociale, institutionnelle – ravive l’espoir de voir surgir un dirigeant capable de tout résoudre par sa seule volonté. Plus les citoyens attendent tout du président, plus il paraît indispensable ; plus il paraît indispensable, plus les autres institutions perdent en crédit. Le Parlement devient un obstacle, les partis des facteurs de division, les corps intermédiaires des freins à l’action publique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du piège : penser au-delà de l’homme providentiel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba, Ben Ali, Saïed : trois hommes, trois époques, mais une seule architecture institutionnelle, celle qui fait de la présidence l’unique lieu d’exercice réel du pouvoir. Les hommes changent ; le mécanisme, lui, demeure. C’est là tout le piège : chercher à corriger le système en changeant seulement d’homme, c’est se condamner à répéter indéfiniment la même crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rompre durablement avec ce cycle suppose d’interroger la source même d’une légitimité qui, conférée par le suffrage universel direct à une seule personne, écrase par construction toutes les autres institutions. La Constitution de 2014, malgré ses failles, reste à ce jour l’alternative la plus aboutie que la Tunisie ait connue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une évolution vers un véritable régime parlementaire mérite d’être sérieusement posée sur la table : un président élu par le Parlement, cantonné à des fonctions d’arbitrage, de représentation et de garantie constitutionnelle ; un gouvernement issu de la majorité parlementaire, responsable devant les représentants de la nation ; des compétences clairement réparties, chaque institution comptable de ses décisions devant les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne serait pas une solution miracle. Mais l’expérience tunisienne, comme tant d’autres, le confirme : la concentration du pouvoir ne produit pas une stabilité durable, elle produit une dépendance récurrente à des figures providentielles, tôt ou tard tentées par l’abus de pouvoir et condamnées à décevoir, et elle profite, presque immanquablement, à un petit cercle de proches qui prospère à l’ombre du pouvoir et de ses abus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’efficacité d’un État ne se mesure pas à la puissance d’un seul homme, mais à la clarté des responsabilités et à la capacité des institutions à coopérer tout en se contrôlant mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable défi des prochaines réformes n’est pas de trouver un meilleur président. C’est de bâtir des institutions suffisamment solides pour que la Tunisie n’ait plus jamais besoin d’un <em>«sauveur»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;* <em>Docteur en politiques publiques.</em></p>



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