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	<title>Archives des Habib Bourguiba - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Habib Bourguiba - Kapitalis</title>
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		<title>Le 9 avril 1938 &#124; Quand le Destour devient Néo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 12:10:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les émeutes 9 avril 1938 ont marqué un point de rupture dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/le-9-avril-1938-quand-le-destour-devient-neo/">Le 9 avril 1938 | Quand le Destour devient Néo</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le 9 avril 1938 marque un point de rupture dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien.&nbsp;Rappel de quelques faits historiques sur ce tournant décisif dans le mouvement national tunisien…</em></strong></p>



<p><strong>Pr Moncef Ben Slimane</strong> *</p>



<span id="more-18605597"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Quelques jours, avant les manifestations, le 4 avril,&nbsp;Slimane Ben Slimane&nbsp;et Youssef Rouissi sont arrêtés à Souk El Arba (actuelle Jendouba) alors qu’ils organisaient&nbsp;une réunion pour appeler à la désobéissance civile. Le 9 avril, les manifestations sont violemment réprimées. Des figures majeures du mouvement, comme&nbsp;Ali Belhouane,&nbsp;Habib Bourguiba&nbsp;ou encore Salah Ben Youssef sont arrêtées. La direction du Néo-Destour est jugée au cours du fameux procès de Guérin, de Cayla&nbsp;puis emprisonnée pour plusieurs années au Fort Saint-Nicolas, à Marseille. La confrontation avec le pouvoir colonial est désormais ouverte.&nbsp;</p>



<p>Dans la Tunisie des années 1930, tous les ingrédients d’une crise majeure sont réunis. La situation économique se dégrade, frappant durement ouvriers, paysans et artisans. En parallèle, les autorités du protectorat français durcissent leur politique et multiplient les atteintes à l’identité nationale. Une compagnie de naturalisation de Tunisiens est lancée, soutenue par les oulémas&nbsp;de la Zitouna avec leur tête le cheikh Tahar Ben Achour.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du réformisme à la désobéissance civile</h2>



<p>Dans ce contexte tendu, une nouvelle génération de militants nationalistes s’impose. Portée notamment par des figures comme&nbsp;Ali Belhouane, elle remet en cause les méthodes jugées trop prudentes du Destour de Abdelaziz Thaâlbi et prône une action directe contre la domination coloniale.</p>



<p>Au sein du Néo-Destour, les débats s’intensifient. Faut-il continuer à négocier des réformes ou rompre définitivement avec toute forme de compromis ?</p>



<p>Mais la fracture devient politique. Une partie des dirigeants néo-destouriens rejette toute solution d’autonomie sous contrôle français et revendique l’indépendance totale. Cette position s’accompagne d’un changement de stratégie : la mobilisation populaire et la désobéissance civile remplacent progressivement les démarches réformistes.</p>



<p>Avril 1938 vient cristalliser cette évolution. Face à l’agitation croissante, les autorités coloniales choisissent la manière forte. Arrestations massives, manifestations réprimées dans le sang, procès politiques : la répression est brutale et systématique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="430" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba.jpg" alt="" class="wp-image-15564605" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba-300x215.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Slimane-Ben-Slimane-Habib-Bourguiba-580x416.jpg 580w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Slimane Ben Slimane et Habib Bourguiba: restituer la mémoire nationale. </em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Construire une mémoire nationale</h2>



<p>C’est en cela qu’avril 1938 fait date. Non seulement parce qu’il révèle la violence du système colonial, mais parce qu’il consacre une certitude chez les nationalistes tunisiens : l’indépendance ne se négocie pas, elle s’imposera.</p>



<p>Et pourtant, près d’un siècle plus tard, certaines mémoires continuent d’être reléguées dans l’ombre. J’espère que la direction du Centre national de la traduction prendra le temps de lire ces lignes, elle qui refuse de traduire en langue arabe les&nbsp;‘‘<em>Souvenirs politiques’’</em>&nbsp;de&nbsp;Slimane Ben Slimane, au motif de <em>«Qui c’est ce monsieur !? on ne traduit que les choses importantes pour l’histoire de la Tunisie»</em>.</p>



<p>Mais au-delà de cette réaction banale et classique de l’administration, une autre question demeure : celle de la mémoire. Car une nation ne se construit pas seulement par les luttes qu’elle mène, mais aussi par la manière dont elle choisit de les raconter, de les transmettre et de les reconnaître.</p>



<p>Construire une mémoire nationale exige une démarche rigoureuse, lucide et juste — une démarche qui ne sélectionne pas, n’efface pas, mais restitue la pluralité des engagements, des parcours et des voix qui ont façonné l’histoire de la Tunisie.</p>



<p>À défaut, ce ne sont pas seulement des hommes que l’on oublie, mais des pans entiers de ce qui fait la vérité d’une nation.</p>



<p><em>* Universitaire.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/le-9-avril-1938-quand-le-destour-devient-neo/">Le 9 avril 1938 | Quand le Destour devient Néo</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bourguiba, un destin hors du commun</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/bourguiba-un-destin-hors-du-commun/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 06:46:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
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		<category><![CDATA[Lassaad Ben Osman]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 26 ans nous quittait Habib Bourguiba :  un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/bourguiba-un-destin-hors-du-commun/">Bourguiba, un destin hors du commun</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le 6 avril 2000, Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, tira sa révérence. Il fut le libérateur de la nation, le 20 mars 1956, et le fondateur de la république, le 25 juillet 1957, le jour où l’assemblée nationale constituante abolit la monarchie fondée par Hussein Ben Ali, le 15 juillet 1705. Un destin hors du commun qui mérite d’être mis en exergue et médité.</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-18590069"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>Pour ses nombreux admirateurs comme pour ses détracteurs, il fut un grand leader qui a donné un statut à son pays sur la scène régionale et internationale et œuvré pour la construction d’un État laïque, libéré du tribalisme, respectueux des droits de la femme et porté sur la modernité et le progrès.</p>



<p>Vingt-six ans après la disparition du <em>«Combattant suprême»</em>, les Tunisiens, ou une écrasante majorité d’entre eux, invoquent son œuvre colossale. Ils le considèrent comme le père de la nation, un homme d&rsquo;État, un visionnaire, un bâtisseur et un homme de progrès, même s’il a été autoritaire, comme la plupart des dirigeants du tiers-monde à son époque.</p>



<p>D’aucuns affirment que Bourguiba était un véritable animal politique. Il privilégiait le pragmatisme, le travail de terrain et la lecture lucide des réalités, loin des idéologies qui foisonnaient à son époque. On évoque aujourd’hui encore ses discours prémonitoires et quasi-prophétiques, comme celui prononcé à Jéricho, en Jordanie, en 1965, appelant les Palestiniens à accepter la résolution des Nations Unies sur le partage de la Palestine en deux États, l’un pour les Palestiniens, l’autre pour les Israéliens, comme une étape dans la lutte pour libération totale du territoire, tout comme celui prononcé au Palmarium, à Tunis, en 1972, au cours duquel il a recadré sèchement le colonel Mouammer Kadhafi&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une véritable boule de feu</h2>



<p>Comme tout grand homme politique, Bourguiba était un fin connaisseur de l’histoire de son pays et des autres nations. Ceux qui l’avaient côtoyé de près durant le combat pour l’indépendance et la construction de l’Etat postindépendance, se souviennent d&rsquo;un homme dynamique et toujours en mouvement, une véritable boule de feu.</p>



<p>Durant sa vie, comme élève au collège Sadiki, étudiant en droit et sciences politiques à Paris, militant nationaliste, journaliste, politicien et homme d’État, il a brillé par sa vivacité intellectuelle et son charisme irrésistible. Il avait sillonné la Tunisie en long et en large et plus d’une fois, instauré la méthode du contact direct dont il a fait sa devise et sa méthode, organisé des centaines de meetings populaires, rencontré des dizaines de milliers de gens, tissé de fortes relations avec les notables locaux pour les associer à son combat. Il avait aussi visité des dizaines de pays à travers le monde pour défendre la cause de la Tunisie durant la période coloniale, comme après l&rsquo;indépendance, pour défendre les intérêts de la jeune nation.</p>



<p>Bourguiba s’était lié d’amitié avec des dizaines d’hommes d’État et de hauts responsables politiques à travers le monde : De Gaulle, Mendes France, Mitterrand, Chirac, Nasser, Sadate, Mohamed V, Hassan II, Boumediene, Senghor, Arafat, Helmut Kohl, Willy Brant et bin d’autres sommités de son époque&#8230;</p>



<p>Habib Chatty, son ministre des Affaires étrangères entre 1974 et 1977, souligne dans ses mémoires publiés en France en 2022 que Bourguiba, soucieux du statut international de la Tunisie, avait décliné en dernière minute l’invitation du président de l’Union Soviétique Léonid Brejenev, exigeant d’être reçu par son homologue à l’aéroport et non par le ministre des Affaires étrangères André Gromyko comme le voulait le protocole soviétique, refusant d’être traité comme certains chefs d’État africains à l’époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat</h2>



<p>Avec le temps, grâce à la force de ses idées, la clarté de ses objectifs, la puissance de sa détermination et la rigueur de sa démarche, il avait réussi à bâtir un nouvel État et à faire resusciter une nation trois fois millénaire : la Tunisie, l’héritière de Carthage&#8230;</p>



<p>Lucide, Bourguiba a misé, depuis son accession à la magistrature suprême, sur la consécration de l’autorité de l&rsquo;Etat, l’émancipation de la femme, la généralisation de l’éducation et l’instauration du planning familial et du contrôle des naissances, afin de garantir les conditions d’un développement équilibré. Sans cette vision stratégique, la Tunisie compterait aujourd’hui 26 millions d&rsquo;habitants, soit plus que le double de sa population actuelle&nbsp;: 12,5 millions.</p>



<p>Rien que sur ce plan, l’homme mérite d’être célébré comme un grand bâtisseur à l’échelle de sa petite nation qu’il a sauvée des affres du sous-développement.</p>



<p>Bourguiba savait également s’entourer de responsables très compétents comme le furent Hedi Nouira, Mongi Slim, Mahmoud Messadi, Chedly Klibi, Idriss Guiga, Lassaad Ben Osman, Mansour Molla, Chedly Ayari&#8230;.</p>



<p>L’homme est aujourd’hui cité dans les annales politiques et diplomatiques parmi les grands chefs d’État au vingtième siècle. Il restera toujours une source de fierté pour notre pays. <em>*</em></p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>70 ans d’indépendance &#124; Paroles d’héritiers du mouvement national</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/27/70-ans-dindependance-paroles-dheritiers-du-mouvement-national/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 10:29:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Slimane Ben Slimane]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre à la librairie Al KItab dans le cadre de la commémoration du 70ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/27/70-ans-dindependance-paroles-dheritiers-du-mouvement-national/">70 ans d’indépendance | Paroles d’héritiers du mouvement national</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans le cadre de la commémoration du 70</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em> anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, une rencontre intitulée «Témoignage et hommage aux artisans de la liberté et du mouvement national» sera organisée le dimanche 29 mars 2026 à la Librairie Al Kitab Mutuelleville, à Tunis, afin de rappeler le rôle joué par plusieurs figures marquantes de la lutte anticoloniale.</em></strong></p>



<span id="more-18525233"></span>



<p>Originalité de cette initiative : ce sont les enfants de militants et de leaders du mouvement national qui prendront la parole. À travers leurs témoignages, ils reviendront sur les parcours de leurs parents, évoquant les années de mobilisation politique, les périodes de clandestinité, d’emprisonnement ou d’exil qui ont jalonné la lutte pour la liberté.</p>



<p>Ces hommes et ces femmes provenaient d’horizons politiques variés et ont milité au sein d’organisations différentes — qu’il s’agisse du Néo-Destour, du mouvement syndical ou encore du courant communiste. Malgré cette diversité d’engagements et parfois de visions, tous partageaient une même ambition : mettre fin au protectorat et permettre à la Tunisie d’accéder à la souveraineté nationale.</p>



<p>La rencontre permettra également de revenir sur l’itinéraire de plusieurs grandes figures du mouvement national. Parmi elles, Habib Bourguiba, fondateur du Néo-Destour et acteur central de la lutte politique contre le protectorat français. Dès les années 1930, il s’impose comme l’un des principaux dirigeants du mouvement national et joue un rôle déterminant dans le processus qui mènera à l’indépendance de 1956.</p>



<p>Le syndicaliste Farhat Hached, fondateur de l’UGTT, sera également évoqué pour le rôle majeur qu’il a joué dans la mobilisation des travailleurs contre la domination coloniale avant son assassinat en 1952. Le parcours du médecin et dirigeant nationaliste Mahmoud El Materi, cofondateur du Néo-Destour, sera rappelé pour sa contribution à l’organisation politique du mouvement national.</p>



<p>La rencontre évoquera aussi l’engagement de Bahi Ladgham, militant destourien impliqué dans les démarches politiques qui ont accompagné les dernières étapes de la lutte pour l’indépendance.</p>



<p>D’autres figures seront également mises à l’honneur, comme Slimane Ben Slimane, médecin et militant engagé contre le système colonial, Ahmed Ben Miled, acteur actif du mouvement national, ainsi que Ali Jrad, secrétaire général du Parti communiste tunisien avant l’indépendance.</p>



<p>Une attention particulière sera également portée à Ahmed Tlili, figure importante du syndicalisme tunisien, ayant contribué à la mobilisation des travailleurs dans le contexte de la lutte pour l’indépendance.</p>



<p>La contribution des femmes à la lutte nationale sera également rappelée à travers la figure de Bchira Ben Mrad, pionnière du mouvement féministe tunisien.</p>



<p>Au-delà de la commémoration, cette rencontre ambitionne de proposer une autre manière de revisiter la mémoire nationale, en rupture avec une histoire officielle parfois réductrice, afin de rendre justice à toutes les figures du combat pour la liberté et l’indépendance.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/27/70-ans-dindependance-paroles-dheritiers-du-mouvement-national/">70 ans d’indépendance | Paroles d’héritiers du mouvement national</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bourguiba &#124; Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 07:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Habib Bourguiba s’impose comme le bâtisseur de l’État, le despote éclairé, et l’incarnation de la mémoire nationale. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/">Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À l’occasion de 70 ans d’indépendance, la figure de Habib Bourguiba s’impose comme un nœud de mémoire, de débat et d’interprétation. Trois images dominantes : le bâtisseur de l’État, le despote éclairé, et l’incarnation de la mémoire nationale&nbsp;structurent encore aujourd’hui notre compréhension de son héritage. Mais ces figures ne sont ni exclusives ni figées : elles se superposent, se contredisent et révèlent les tensions d’une histoire nationale en construction.</em></strong></p>



<p><strong>Pr. Abdelhamid Largueche</strong> *</p>



<span id="more-18497176"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">1. Bâtisseur de l’État : la fondation d’une modernité politique.</h2>



<p>La première image, largement partagée, est celle du fondateur. Bourguiba est celui qui, au lendemain de l’indépendance en 1956, engage un vaste chantier de construction étatique : centralisation administrative, unification du territoire, consolidation des institutions. Son œuvre est indissociable de réformes majeures, notamment le Code du statut personnel (1956), qui transforme profondément la société tunisienne en matière de droits des femmes, de famille et de rapport à la religion.</p>



<p>Cette vision du <em>«bâtisseur»</em> s’inscrit dans une lecture téléologique de l’histoire nationale : Bourguiba apparaît comme l’homme de la rupture avec l’ordre colonial et traditionnel, mais aussi comme celui de l’entrée dans la modernité.</p>



<p>Toutefois, cette construction s’est opérée au prix d’une forte personnalisation du pouvoir, posant déjà les bases de l’ambiguïté qui caractérise son héritage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Despote éclairé : autoritarisme et rationalité politique</h2>



<p>La seconde idée, celle du <em>«despote éclairé»</em> introduit une tension critique. Elle reconnaît à Bourguiba une vision, une rationalité politique, une volonté de réforme, mais souligne en même temps la nature autoritaire de son régime.</p>



<p>Le pluralisme politique est rapidement étouffé, l’opposition marginalisée, et le parti unique devient le pilier du système.</p>



<p>Cette lecture renvoie à une tradition politique plus large, celle des modernisateurs autoritaires, pour qui la transformation de la société justifie la concentration du pouvoir.</p>



<p>Bourguiba gouverne au nom de la raison, du progrès et de la nation, mais en limitant les libertés publiques. La centralité de sa personne devient alors un instrument de gouvernement, mais aussi une limite structurelle : l’État qu’il construit dépend étroitement de lui.</p>



<p>Ainsi, le qualificatif de <em>«despote éclairé»</em> n’est pas seulement un jugement moral ; il met en lumière une contradiction fondamentale entre modernisation et autoritarisme, qui marquera durablement la trajectoire politique tunisienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Mémoire nationale : entre mythe, héritage et conflits mémoriels</h2>



<p>Enfin, Bourguiba est devenu une figure mémorielle. Il incarne une certaine idée de la Tunisie : souveraine, réformiste, tournée vers l’éducation et la rationalité.</p>



<p>Cette mémoire est mobilisée de manière variable selon les contextes politiques. Après 2011, elle a été réactivée, parfois idéalisée, comme un repère face à l’incertitude.</p>



<p>Mais cette mémoire est loin d’être consensuelle. Elle est traversée par des débats : faut-il célébrer l’homme d’État ou interroger les zones d’ombre de son régime ? Comment articuler mémoire et histoire ? La figure de Bourguiba devient alors un lieu de confrontation entre générations, entre visions politiques, et entre exigences scientifiques et usages publics du passé.</p>



<p>Dans le contexte actuel,&nbsp;Bourguiba illustre parfaitement cette difficulté à construire un récit partagé : il est à la fois un symbole d’émancipation et un objet de critique, un héritage commun mais sans cesse disputé.</p>



<p>Les trois figures de Bourguiba, bâtisseur, despote éclairé, mémoire nationale ne doivent pas être pensées comme des catégories séparées, mais comme les dimensions d’une même réalité historique complexe. Leur coexistence traduit moins une contradiction qu’une richesse interprétative : celle d’un personnage qui, 70 ans après l’indépendance, continue de structurer notre rapport au politique, à l’État et à l’histoire.</p>



<p>Disserter sur Bourguiba, c’est donc moins trancher que comprendre : comprendre comment une figure fondatrice devient un enjeu de mémoire, et comment cette mémoire, à son tour, éclaire les défis du présent.</p>



<p><em>* Professeur&nbsp;émérite d’histoire, conseiller en patrimoine.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/">Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Fatma Riahi &#124; ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/16/fatma-riahi-mon-pere-a-tue-bourguiba/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 06:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dora Bouchoucha]]></category>
		<category><![CDATA[Fatma Riahi]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Lina Chaabane]]></category>
		<category><![CDATA[Mabrouk Riahi]]></category>
		<category><![CDATA[Nomadis Images]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[SVP Production]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La réalisatrice tunisienne Fatma Riahi parle de son deuxième long métrage documentaire ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/16/fatma-riahi-mon-pere-a-tue-bourguiba/">Fatma Riahi | ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans son deuxième long métrage ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’, en cours de développement, la réalisatrice tunisienne Fatma Riahi examine le rôle de son père dans un complot manqué visant à renverser le premier président de la république. Elle analyse l’impact de ses choix politiques sur la famille après son emprisonnement et comment cela a façonné sa propre vie.</em></strong></p>



<span id="more-18478373"></span>



<p>Ce film, produit par la réalisatrice en coproduction avec Nomadis Images (Dora Bouchoucha et Lina Chaabane) et SVP Production (Omar Ben Ali), a été sélectionné pour le Pitching Forum du Festival international du documentaire de Thessalonique, qui s’est déroulé du 5 au 15 mars 2026.</p>



<p><em>‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</em> est un voyage profondément personnel pour la réalisatrice, qui puise dans les archives familiales pour raconter l’histoire de son père, membre d’un groupe ayant planifié un coup d’État militaire en 1987 contre le régime d’Habib Bourguiba, premier président du pays après l’indépendance.</p>



<p>Le complot a échoué – le titre du film est inspiré d’une remarque malencontreuse faite par la petite sœur de la réalisatrice, alors âgée de cinq ans, à un gardien de prison – et pourtant, ses conséquences ont bouleversé la vie familiale et personnelle de Riahi. À partir de photos de famille et de lettres échangées il y a plus de trente ans avec son père alors qu’il était en prison, la réalisatrice tente de comprendre ses choix et leur impact <em>«sur la petite fille que j&rsquo;étais et sur la femme que je suis devenue»</em>, confie-t-elle au magazine <a href="https://variety.com/2026/film/global/my-father-killed-bourguiba-failed-plot-tunisia-1236687834/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Variety</a>, lors d’en entretien à Thessalonique.</p>



<p>Riahi — dont le premier long métrage,<em> ‘‘A Haunted Past’’</em>, a été présenté en avant-première à l’IDFA en 2018 — a expliqué que si <em>‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</em> est intimement lié à la politique de l’époque, <em>«ce n’est pas un film politique»</em>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18478398" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p><strong>Surmonter la fracture</strong></p>



<p><em>«J’ai grandi tiraillée entre deux idées apparemment opposées&nbsp;: la vision politique de mon père et celle que défendait Bourguiba»</em>, a-t-elle déclaré. Et d’ajouter&nbsp;: <em>«Plutôt que de résoudre cette contradiction, le film m’a permis de l’appréhender et d’en accepter toute la complexité.»</em> En confrontant ces points de vue divergents, elle espère que, grâce à ce travail de réflexion, elle et d’autres pourront surmonter la fracture qui continue de diviser la Tunisie aujourd’hui&nbsp;:<em> «Peut-être cela nous aidera-t-il à nous comprendre et à nous accepter mutuellement, malgré nos différences et nos divergences d’opinions»</em>, dit-elle.</p>



<p>Considéré comme le <em>«père de la Tunisie»</em>, Bourguiba a dirigé le pays pendant trois décennies après l’indépendance du pays. Malgré ses idées progressistes, il était largement perçu comme un dirigeant autoritaire et un despote. Le père de Riahi, Mabrouk, était quant à lui membre du «Groupe de sécurité», un mouvement idéologiquement plus conservateur, islamiste en l’occurrence, déterminé à renverser le régime de Bourguiba.</p>



<p>En novembre 1987, la veille du coup d’État que Mabrouk et ses complices projetaient de lancer, le Premier ministre Zine El Abidine Ben Ali réussit à renverser le régime et à assigner Bourguiba à résidence. Deux mois plus tard, Mabrouk et ses acolytes furent arrêtés et emprisonnés par le gouvernement Ben Ali.</p>



<p><strong>Le choix d’un père</strong></p>



<p>Ce fut un tournant pour Riahi et sa famille, qui, dans les années qui suivirent, subirent un harcèlement systématique de la part du régime et de ses partisans – simplement parce qu&rsquo;ils avaient été entraînés dans <em>«un conflit que je n&rsquo;avais pas choisi, un conflit causé par les choix de mon père»</em>, a-t-elle déclaré.</p>



<p>Pourtant, durant toutes ces années tumultueuses – et même après la mort de son père en 2005 – la famille est restée silencieuse sur son calvaire&nbsp;: <em>«Je parlais rarement de ce qui était arrivé à notre famille, sauf à un cercle très restreint d&rsquo;amis proches.</em> <em>Ce silence était dicté par la peur»</em>, a déclaré Riahi.</p>



<p>Tout a basculé en 2011, lorsqu’un soulèvement populaire a finalement renversé le régime honni de Ben Ali. Dans les années qui ont suivi, la Tunisie a mis en place une Commission Vérité et Dignité. Riahi et sa sœur ont été convoquées pour témoigner durant l’été 2017, aux côtés de milliers d’autres opposants au gouvernement de Ben Ali, victimes de persécutions et de harcèlement en raison de leurs opinions. Ce fut, a-t-elle confié, <em>«le moment décisif qui m&rsquo;a poussée à réaliser ce film»</em>.</p>



<p><strong>Punition collective</strong></p>



<p><em>«C’était la première fois que je parlais devant une caméra, devant des inconnus, et même devant ma sœur, de cette période de l’histoire de notre famille»</em>, a déclaré la réalisatrice. En racontant les souffrances endurées par sa famille à cause de la politique de punition collective de Ben Ali, Riahi a <em>«découvert le pouvoir de la confession»</em>. Par la suite, elle a réalisé : <em>«Je voulais en parler davantage.»</em></p>



<p><em>‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</em> n’est cependant pas qu’un dialogue avec le passé. Se remémorant son propre parcours vers la maternité, Riahi a souligné qu’elle réfléchit de plus en plus à l’héritage qu’elle transmet à ses deux enfants, consciente que – pour le meilleur ou pour le pire – ses choix pourraient façonner leur vie, tout comme ceux de son père ont influencé la sienne.</p>



<p><em>«J’essaie de ne pas transmettre de traumatisme, de peur ou de tristesse à mes enfants»</em>, a-t-elle déclaré. <em>«Je parle à mon fils aîné de la révolution, de la Tunisie et de son grand-père, mais je reste très sélective. En même temps, grâce à ce film, mes enfants sont indirectement impliqués dans ce passé, même si ce n’est que symboliquement»</em>, a-t-elle enchaîné. <em>«J’éprouve parfois un sentiment partagé à ce sujet, mais j’y vois aussi un aspect positif. Apprendre l’histoire, pratiquer l’honnêteté et être encouragés à questionner le passé peuvent les rendre plus conscients, moins craintifs et moins silencieux que nous ne l’étions.»</em></p>



<p><em>‘‘A Haunted past (Absences)’’</em>, premier long métrage documentaire de la réalisatrice, est sorti en 2018. C’est le portrait d’une famille tuniso-bosniaque. Taoufik, condamné pour terrorisme, est livré à son sort : il s’occupe seul de ses trois filles, encore en âge d’adolescence.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>L. B.</strong> (Avec <a href="https://variety.com/2026/film/global/my-father-killed-bourguiba-failed-plot-tunisia-1236687834/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Variety</a>). &nbsp;</p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Décès de l’ancien ministre Abderrazak Kéfi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/19/tunisie-deces-de-lancien-ministre-abderrazak-kefi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 11:50:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abderrazak Kefi]]></category>
		<category><![CDATA[Béja]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Jendouba]]></category>
		<category><![CDATA[Kairouan]]></category>
		<category><![CDATA[Radiodiffusion-télévision tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ancien ministre Abderrazak Kéfi est décédé ce jeudi 19 février 2026 à l'âge de 87 ans. Il sera inhumé dans sa ville natale : Kairouan. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/19/tunisie-deces-de-lancien-ministre-abderrazak-kefi/">Tunisie | Décès de l’ancien ministre Abderrazak Kéfi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’ancien ministre Abderrazak Kéfi est décédé ce jeudi 19 février 2026 à l&rsquo;âge de 87 ans. Militant du Néo-Destour, devenu Parti socialiste destourien puis Rassemblement constitutionnel démocratique, il a été associé aux régimes respectifs de Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali. </em></strong></p>



<span id="more-18381354"></span>



<p>Né le 22 avril 1938 à Kairouan, Abderrazak Kéfi a été gouverneur de Béja de janvier à septembre 1969 et gouverneur de Jendouba de 1981 à 1982.</p>



<p>Nommé directeur général de la&nbsp;Radiodiffusion-télévision tunisienne&nbsp;en 1982, il a été ministre de l’Information de 1983&nbsp;à 1986, puis du Transport&nbsp;et du&nbsp;Tourisme&nbsp;de 1987 à 1988.</p>



<p>Le cortège funèbre partira, demain après la prière du vendredi, de son domicile situé au 16, rue Manoubia Ben Nasr, à Kairouan, pour être inhumé au cimetière Qouraich. </p>



<p>La cérémonie du farq aura lieu dimanche soir, à partir de 20 heures, à son domicile tunisois. Que Dieu ait son âme et lui accorde sa miséricorde.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
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		<item>
		<title>Histoire &#124; Bahi Ladgham et «l’affaire Lehmann»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/04/histoire-bahi-ladgham-et-laffaire-lehmann/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 09:08:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Salah]]></category>
		<category><![CDATA[Bahi Ladgham]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Ridha Ben Slama]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Lehmann]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur l’«affaire Lehmann» qui a été instrumentalisée pour justifier le limogeage de l'ancien Premier ministre Bahi Ladgham. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/04/histoire-bahi-ladgham-et-laffaire-lehmann/">Histoire | Bahi Ladgham et «l’affaire Lehmann»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’«affaire Lehmann» s’inscrit dans la période de transition marquant la mise en échec de l’expérience des coopératives, soutenue par Habib Bourguiba et appliquée par Ahmed Ben Salah. Ce revirement avait mené à la restructuration du gouvernement et à la nomination de Bahi Ladgham comme Premier ministre en novembre 1969, avant qu’il ne soit lui-même écarté au profit de Hédi Nouira en novembre 1970. Il n’existe pas trace documentée d’une «affaire Lehmann» (parfois orthographiée Robert Lehman) dans les archives académiques ou historiographiques classiques. Pourtant, cette affaire fait référence à un scandale financier et politique majeur en Tunisie à la fin des années 1960.</em></strong> <em>(Ph. Bourguiba et le gouvernement Ladgham, à droite du président).</em> </p>



<p><strong>Ridha Ben Slama</strong></p>



<span id="more-18321188"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il s’agit d’un homme d’affaires de nationalité étrangère, influent dans les milieux financiers tunisiens de l’époque. Il était lié à des projets de développement industriel et touristique, accusé de malversations financières, de corruption et de transferts illicites de devises. L’affaire est restée dans les mémoires comme l’un des premiers grands scandales de <em>«corruption»</em> ou de<em> «copinage»</em>, servant de levier politique dans les luttes de succession internes.</p>



<p>Selon une source ayant participé à l’enquête sur cette affaire, le traitement de Robert Lehmann a été marqué par une sévérité judiciaire et politique. D’après un ancien haut fonctionnaire qui détient des informations précises et qui préfère garder l’anonymat, Lehmann a été arrêté et incarcéré en Tunisie. Les autorités l’avaient accusé de graves malversations financières, notamment de fraude fiscale, de transferts illégaux de devises vers l’étranger et de corruption de fonctionnaires.</p>



<p>Son procès a été utilisé par le pouvoir pour montrer une volonté de <em>«nettoyage»</em> après l’échec de la politique coopérativiste de Ben Salah.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un homme d’affaires véreux</h2>



<p>Lehmann a été présenté comme un homme d’affaires véreux ayant profité de ses entrées au sommet de l’État. Il a été lourdement condamné à une peine de prison ferme et à des amendes considérables. Les biens qu’il possédait en Tunisie ont été saisis. Après avoir purgé une partie de sa peine, il a été expulsé ou autorisé à quitter le pays, mettant fin à sa présence dans les affaires tunisiennes.</p>



<p>C’était donc un dossier financier et politique sensible qui éclaire la fin du passage de Ladgham à la tête du gouvernement et les tensions internes du régime.</p>



<p>Ladgham est nommé Premier ministre du 7 novembre 1969, poste qu’il n’occupa que jusqu’à novembre 1970, après avoir été un chef du gouvernement de facto pour Bourguiba. Il a été critiqué dans le temps pour son manque de vigilance face aux activités de l’homme d’affaires Lehmann. Après une réunion houleuse avec Bourguiba, il présenta sa démission ainsi que celle de son gouvernement le 26 juillet 1970. Bourguiba la refusa et lui demanda de rester à son poste, pour permettre à son successeur Nouira de prendre la relève, qui survint le 2 novembre 1970.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ostracisation médiatique et politique</h2>



<p>Ladgham jouissait à l’époque d’une certaine popularité, confirmée ensuite lors du congrès de Monastir (11-15 octobre 1971) où il obtint le plus grand nombre de voix. Cette renommée a été perçue, par Bourguiba et son épouse Wassila, comme une menace, conduisant par la suite à son ostracisation médiatique et politique. Bourguiba l’avait progressivement éloigné des affaires intérieures en le chargeant de missions diplomatiques.</p>



<p>Ce n’est que dix ans plus tard que Ladgham se réconcilia avec Bourguiba grâce à l’entremise de Mohamed Mzali. La brouille entre les deux hommes avait duré jusqu’à juin 1981 où Mzali avait joué un rôle pour les concilier. À cette occasion, Bourguiba évoqua les fameux vers de Samawaal (poète ayant vécu pendant la Jahilya, la période antéislamique)&nbsp;:&nbsp;<em>«Si l’honneur d’un homme n’a pas été souillé par la vilénie, tout habit qu’il portera ne sera que magnifique»</em>. Cette allusion a permis aux deux anciens amis de se réconcilier.</p>



<p><strong>إِذا المَرءُ لَم يُدنَس مِنَ اللُؤمِ عِرضُهُ</strong><strong></strong></p>



<p><strong>فَكُلُّ رِداءٍ يَرتَديهِ جَميلُ</strong><strong></strong></p>



<p>L’intérêt de revenir sur cet épisode de l’histoire est de déceler finalement le motif réel, l’étincelle à l’origine de la disgrâce de Ladgham. Le public l’ignore encore et se posait à l’époque des questions au sujet des raisons justifiant cette destitution si précipitée. C’est un exercice salutaire pour mieux appréhender la raison occultée, qui avait été instrumentalisée par les rivaux politiques de Ladgham, motivant sa destitution inattendue par Bourguiba, alors qu’il achevait à peine une année en tant que Premier ministre.</p>



<p>Dans ses mémoires <sup>1</sup>, Ladgham évoque la période 1969-1970, le contexte financier difficile et les pressions internes, en admettant des choix risqués. L’expression <em>«affaire Lehmann»</em> n’apparait en aucun cas dans son livre, c’est ce qui intrigue le plus. Il aurait pu l’évoquer et fournir tout au moins sa version. Le fait de l’omettre suscite des interrogations.</p>



<p>Il faut noter que l’affaire Lehmann n’est pas un titre très médiatisé avec ce mot-clé exact dans les archives publiques. En revanche, les périodes de débat politique entourant Ladgham dans les journaux de l’époque couvrent très probablement les mêmes questions de financements et critiques politiques que cette affaire représente historiquement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menées politiques sur fond de crise financière</h2>



<p>La version sous-jacente de Ladgham donne une lecture défensive à propos des initiatives dictées par l’urgence économique, dans un contexte de crise profonde de liquidités après l’échec de la coopérativisation, et de méfiance des institutions financières classiques envers la Tunisie. Pour lui, la responsabilité est collective (État, Banque centrale, entourage présidentiel). Il minimise les aspects techniques (opacité, commissions, imprudence financière) et insiste surtout sur les menées politiques&nbsp;: <em>«Je vais ici parler de la période que je considère personnellement comme cruciale, à savoir l’année 1969/1970– l’année irritante. Elle fut déplaisante car les valeurs sur lesquelles l’État avait fondé sa politique, et que le peuple tunisien considérait comme les composantes essentielles de sa vie politique et le repère de ses espoirs, avaient changé. Il apparaissait aux citoyens, comme au monde entier, que les politiques de développement menées par le gouvernement tunisien avaient échoué»</em> <sup>2</sup>.</p>



<p>La lecture politique de l’éviction de Ladgham peut être interprétée comme une utilisation de l’affaire Lehmann en tant que prétexte, instrumentalisée par des courants favorables à un virage libéral plus net, incarnés par Nouira.</p>



<p>Au-delà du volet judiciaire, Lehmann a été traité comme un <em>«bouc émissaire»</em> politique. Son cas avait servi d’outil pour discréditer Ladgham (son protecteur présumé), en suggérant que ce dernier avait couvert des activités illicites. Les éléments documentés suggèrent qu’en tant que secrétaire d’État à la Présidence, Ladgham avait une supervision sur les secteurs dans lesquels Lehmann était actif (banque, industrie). Cette position a pu créer une perception de lien étroit entre les deux hommes.</p>



<p>La version de Nouira (discours publics, pratiques gouvernementales, récits indirects) est une lecture technocratique et normative, il ne cite pas cette affaire, mais en tire parti pour dénoncer des dérives du bricolage financier, illustration de la nécessité d’une orthodoxie financière stricte. L’affaire devient un cas d’école négatif, elle incarne les méthodes aventureuses de la transition post-Ben Salah, la Tunisie doit désormais passer par le FMI, la Banque mondiale, restaurer la crédibilité monétaire, bannir les intermédiaires privés douteux.</p>



<p>Nouira évite d’accuser frontalement Ladgham, mais laisse entendre une incompétence technique grave, ce qui justifie un changement d’équipe et de doctrine. Il ne questionne pas la contrainte structurelle (dépendance financière) qui rendait ces montages tentants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’héritage socialisant au tournant libéral</h2>



<p>Les observateurs avisés tendent à voir l’affaire Lehmann comme un symptôme, non une cause de la crise de l’État développemental tunisien à la fin des années 1960. Lehmann n’est ni un accident, ni un simple scandale, mais le produit d’un État en quête de financement rapide dans un contexte de dépendance externe. D’ailleurs, la plupart des travaux récents écartent l’hypothèse d’une corruption personnelle, parlent plutôt d’imprudence, de faiblesse institutionnelle, d’absence de garde-fous juridiques. Ladgham apparaît comme un homme de transition, coincé entre l’héritage socialisant et le tournant libéral et l’affaire Lehmann sert aussi à légitimer à posteriori ce virage, jouant un rôle de détonateur, sinon de cause directe, dans la chute de Ladgham.</p>



<p>On peut aller plus loin que la version <em>«responsabilité politique abstraite»</em> sans tomber dans l’accusation gratuite, à condition de distinguer les niveaux d’implication. Ladgham n’est pas un simple spectateur. Contrairement à l’image longtemps diffusée, il suivait personnellement les dossiers financiers stratégiques après 1969. L’affaire Lehmann n’était pas un dossier technique de second rang, elle touchait à la recherche de financements d’urgence, donc au cœur de l’action gouvernementale. Il est hautement improbable que des engagements financiers de ce type aient été pris sans son aval explicite, même si l’exécution a été déléguée. Il aurait accepté des circuits non orthodoxes en connaissance de cause. Plusieurs témoignages ultérieurs (administration, diplomatie) suggèrent qu’il court-circuite parfois les ministères techniques, qu’il favorise un cercle restreint de décideurs, réduisant les garde-fous.</p>



<p>La position la plus mesurée est que Ladgham, en tant que chef de gouvernement, avait accepté des montages risqués, mal encadrés, dans un contexte de crise, et en avait sous-estimé les conséquences. Aux historiens de défricher les circonstances de cette affaire et de clarifier ses tenants et ses aboutissants. Le recoupement des témoignages et l’examen des preuves matérielles est sollicité pour sortir des passions partisanes et établir une chronologie froide et factuelle des évènements.</p>



<p><em>* Ecrivain.</em></p>



<p><strong><em>Notes : </em></strong></p>



<p>1-  نوفمبر 2019 &#8211; éditions Nirvana &#8211; الزعامة الهادئة &#8211; ذكريات وشهادات وخواطر » &#8211; « </p>



<p>2- Page 525.</p>
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		<item>
		<title>Histoire &#124; Un siècle de présence de Lénine en Tunisie</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 06:35:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis sa mort, en janvier en 1924, jusqu’à nos jours, Lénine est resté présent dans l’espace public en Tunisie. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous reproduisons ci-dessous la contribution de l’historien universitaire Habib Kazdaghli à l’ouvrage collectif intitulé ‘‘L’héritage auquel nous ne renonçons pas’’ (pp. 134-136), publié en anglais, aux éditions Hjalmar Jorge &amp; Patrick Anderson, Daraja Press, 2024. Et ce en marge de la 102<sup>e</sup> anniversaire de la mort de Lénine (21 janvier 1924)</em></strong>. <em>(Ph. Couverture de l&rsquo;ouvrage / La rue Lénine aujourd&rsquo;hui à Tunis investie par le street art). </em></p>



<p><strong>Habib Kazdaghli</strong></p>



<span id="more-18247230"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-7537208" style="width:300px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Le nom de Lénine fut pendant toute une période très populaire en Tunisie, non par adhésion idéologique – même si une frange des élites en Tunisie avait soutenu la révolution bolchevique et s’était ralliée aux idées de Lénine en créant, dès mars 1921, le premier noyau communiste, mais surtout par le fait, que, pendant longtemps, le siège de la Fédération tunisienne de football (FTF) s’est trouvé… dans la <em>«rue Lénine»</em>, en plein centre de Tunis. Le siège de la Fédération était le lieu d’une activité incessante&nbsp;: point de ralliement habituel des responsables des clubs de ce sport, très populaire dans l’ensemble du pays, qui s’y rendaient pour régler des affaires administratives relatives à la gestion de leurs clubs ou pour tenir des réunions.</p>



<p>Le siège de la Fédération avait également servi, par moments, comme point de vente des billets d’entrée aux stades pour certains matches importants. C’étaient donc des dizaines de milliers de Tunisiens qui se rendaient rue Lénine pour acheter leurs billets&nbsp;! En indiquant l’adresse de la Fédération de football, les annonces de ces ventes dans les médias participaient à rendre encore plus familière l’utilisation du nom de Lénine.&nbsp;</p>



<p>Mais d’où vient l’affectation du nom de Lénine à une rue de Tunis ? Cela a toute une histoire, avec sa symbolique et ses raisons politiques.</p>



<p>C’est Habib Bourguiba (1903-2000), premier président de la Tunisie indépendante, qui en a pris la décision, au début des années 60 du siècle dernier. Et il avait éprouvé le besoin de justifier publiquement ce choix, inattendu, il est vrai, de la part du Président connu pour sa proximité des Etats-Unis. Se comparant aux grands hommes du XX<sup>e</sup> siècle, il déclare que c’est une manière de rendre hommage à ce leader hors-pair qui a consacré sa vie, tout comme lui, à lutter pour assurer à son pays le meilleur destin qui lui semblait possible, et, qu’il ne lui appartenait point de <em>«contester à aucun peuple le droit d’installer chez lui un régime communiste, si tel est son désir. Mais nous, nous n’en voulons pas pour nous- mêmes».</em></p>



<p>Il reste cependant, que les militants communistes de Tunisie furent les premiers à vulgariser le nom de Lénine et le rôle qu’il a joué, ainsi que son pays et à montrer combien sa vie et ses idées pouvaient avoir un sens pour la Tunisie, qui était à l’époque sous le joug de la colonisation française.</p>



<p>Au milieu des années quatre-vingt du siècle dernier, alors que j’étais en pleine préparation de ma thèse de doctorat sur l’histoire du Parti communiste tunisien, lorsque j’avais annoncé à un vieux militant communiste, Léon Zana,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; mon intention de me rendre à Moscou pour consulter des archives, il me demanda avec insistance de bien vérifier si le tapis de Kairouan qui fut offert à Lénine à l’occasion du IV<sup>e</sup> Congrès de l’Internationale communiste,&nbsp; en décembre 1922, par Tahar Boudemgha (jeune postier et premier militant communiste&nbsp; tunisien à se rendre à un congrès de l’IC) comme cadeau de la Tunisie, était bien exposé au Musée de la Révolution d’Octobre 1917.</p>



<p>Lors de ma visite, je n’ai pas eu la chance de &nbsp;&nbsp;retrouver de traces de ce tapis, malgré mes demandes répétées aux responsables du musée. Le vieux communiste, me précisait que, de son temps, on racontait que suite à l’intervention du délégué tunisien, marquée notamment par une critique sévère de ce qu’il avait qualifié de <em>«pseudo-communistes de la section de Sidi Bel Abbès»</em> (Algérie, alors sous colonisation française), Lénine lui exprima son estime en lui offrant son manteau.</p>



<p>Durant des années, les dates de la naissance et de la mort de Lénine, ont été célébrés par les journaux communistes en Tunisie. A chacune de ces commémorations, les photos de Lénine ornaient les <em>«Unes»</em> des divers journaux qui se sont succédé : L’<em>Avenir social, L’Avenir de la Tunisie</em>, <em>Liberté</em>, <em>La Voix du peuple, L’ami du peuple, Espoir, Attariq Al jadid (Voie nouvelle), </em>etc&#8230; A titre d’exemple le journal communiste <em>Liberté</em> du 22 au 28 avril 1955, titrait dans sa <em>Une</em> «Il y a 85 ans naissait Lénine», et écrit notamment&nbsp;: <em>«Cet anniversaire est cher au cœur de tous ceux qui luttent pour meilleur libéré de l’exploitation et de l’oppression, un monde vraiment libre et pacifique»</em>. A la fin de l’article l’auteur rappelle que même si <em>«Lénine est mort depuis trente et un ans, le Léninisme est plus vivant que jamais. Il vit dans une moitié de l’Humanité, libérée à jamais de l’impérialisme»</em>.</p>



<p>La tradition de commémorer la naissance de Lénine va se poursuivre après l’indépendance de Tunisie intervenue en mars 1956. C’est ainsi qu<em>’Espoir</em>, journal clandestin des étudiants communistes tunisiens (le P.C.T fut interdit en janvier 1963), publie, en avril 1970, un numéro spécial consacré au centenaire de la naissance de Lénine où la majorité des articles étaient revenus sur son œuvre, son parcours et à ses mérites non seulement pour la Russie mais aussi pour la Tunisie. Il est notamment précisé que <em>«l’héritage théorique de Lénine, d’une richesse et d’une valeur inestimable, constitue un guide précieux et une source inépuisable d’inspiration pour tous ceux qui œuvrent pour les intérêts de leur peuple, pour toute révolution nationale et démocratique ou sociale. Les forces progressistes tunisiennes et en premier lieu les communistes, s’associent avec ardeur et enthousiasme à cette célébration»</em>. L’article n’oublie pas de regretter que cette commémoration ne puisse pas se faire avec grand éclat en Tunisie en raison du contexte anti-démocratique qui prévaut dans le pays puisque <em>«les forces progressistes ont été systématiquement privées de toute possibilité légale pour s’exprimer, à la suite de l’interdiction du Parti communiste tunisien et des journaux de gauche»</em>. Et à l’auteur d’ajouter&nbsp;: <em>«Malgré ces conditions, nous apportons notre contribution à la célébration du centenaire du grand Lénine»</em>.</p>



<p>Quelques années après son retour à la légalité, le PCT se transforma, en 1993, en un parti plus large, le Mouvement Ettajdid (Renovation), qui ne fit plus de référence au léninisme dans ses statuts. Le nouveau parti a, cependant, continué à célébrer régulièrement l’anniversaire de Lénine dans son journal, <em>Attariq al Jadid</em> (<em>Voie nouvelle</em>).</p>



<p>D’autres partis, appartenant à la gauche <em>«radicale»</em>, ont continué, par contre, à se référer au léninisme, tant dans sur le plan idéologique que sur le plan organisationnel.</p>



<p>Au lendemain de la révolution tunisienne de 2011, certains de ces partis, assimilant sans doute cette révolution à <em>«la révolution bourgeoise»</em> de février 1917 en Russie et s’inspirant du fameux mot d&rsquo;ordre de Lénine&nbsp;: <em>«Tout le pouvoir aux Soviets»</em>, ont appelé à l’accélération et à la radicalisation de la révolution, ainsi qu’à l’abolition de la constitution. Ils étaient convaincus qu’ils obtiendraient la majorité dans une future assemblée constituante. Malheureusement, les élections qui eurent lieu en 2011 placèrent largement en tête le mouvement islamiste <em>Ennahdha</em>. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dernièrement et en particulier, depuis l’automne 2019, date de l’accession de monsieur Kaïs Saïed à la présidence de la République, le nom de Lénine est revenu sur la scène médiatique d’une manière inattendue. En effet, monsieur Ridha Chiheb Mekki, surnommé depuis qu’il était étudiant, <em>«Ridha Lénine»</em>, apparaît brusquement sur la scène politique comme étant un grand ami du candidat Saïed aux élections et comme membre de sa campagne électorale. <em>«Ridha Lénine»</em> fait désormais partie du cercle rapproché de Kais Saïed, devenu Président.</p>



<p>Depuis sa mort, en janvier en 1924, jusqu’à nos jours, Lénine est resté présent dans l’espace public en Tunisie, faisant ainsi, une véritable traversée du siècle.</p>
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		<title>Culte de la personne et Etat de droit en Tunisie</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 09:04:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le soutien inconditionnel qu’une partie de la population manifeste à l’actuel chef de l’Etat participe d'une culture bien ancrée dans la population.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/culte-de-la-personne-et-etat-de-droit-en-tunisie/">Culte de la personne et Etat de droit en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En Tunisie, comme dans tout le monde arabe, durant des siècles jusqu’à nos jours, la population qui portait les stigmates du tribalisme, a été à la merci de l’arrogance, de l’arbitraire et de la brutalité, cette mère de toutes les lâchetés, à la merci des sauts d’humeur du «Chef». Les notions de «droit», celle de «dignité humaine», de «citoyenneté», de «raison»… restent jusqu’à aujourd’hui étrangères à notre culture.</em></strong></p>



<p><strong>Salah El Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-18157529"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14811974" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le soutien inconditionnel qu’une partie de la population continue à manifester, bruyamment, à l’actuel chef de l’Etat semble décontenancer, agacer et surtout frustrer les nostalgiques de la <em>«belle époque»</em>, en pensant particulièrement, au leadership du <em>«Combattant suprême»</em>.</p>



<p>Comme ces esprits chagrinés n’ont jamais appris à prendre du recul ni à tirer des leçons du passé, ils sont réduits à être, constamment, dans le déni, en train de débiter les mêmes litanies, vantant tantôt les mérites du <em>«libérateur des femmes»</em>, tantôt <em>«le promoteur de l’enseignement pour tous»</em>&#8230; Et comme si ces zélateurs du <em>«bourguibisme»</em> cherchaient à se donner bonne conscience, ils s’obstinent, désespérément, à laisser entendre que, de toute évidence, Kaïs Saïed ne serait qu’une création in nihilo, un accident de l’Histoire, une sorte d’épiphénomène étrange qui n’a rien à voir avec le plus prestigieux de ses prédécesseurs. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">De fidèles produits du <em>«Système»</em></h2>



<p>Il est vrai que l’actuel Maître du Palais de Carthage offre un profil atypique et a des attitudes et des réactions que certains trouveraient étranges. Il est aussi probant que «<em>la démocratie»</em> est loin d’être le dada du nouveau président. Néanmoins, et malgré les apparences, l’homme reste, fondamentalement, un fidèle produit du <em>«Système»</em>, héritier d’une pratique politique mise en place par <em>«le Combattant suprême»</em> en 1957.</p>



<p>En fait, et contrairement aux apparences, le péché originel, c’était Habib Bourguiba qui l’avait commis, quand ce militant, juriste de formation, qui venait de mettre fin à la présence française, au nom du <em>«droit»</em>, s’était institué comme un <em>«Bey républicain»</em>, en s’octroyant un pouvoir illimité, dans le temps, et ce, au mépris du <em>«droit»</em>.</p>



<p>Depuis, étant donné qu’il était à la tête <em>«d’une poussière d’individus, d’un magma de tributs…»</em>, autrement dit, d’une population qui n’avait jamais connu que le mépris, les brimades et l’injustice, Bourguiba et les siens étaient en terrain conquis d’avance et avaient le loisir d’imposer leurs volontés. Ainsi, malade et sénile, le vieux président allait se cramponner au pouvoir des années durant, avant d’être délogé honteusement.</p>



<p>D’ailleurs, les soutiens échaudés de l’actuel président, sortis le 17 décembre scandant le nom de leur<em> «idole»</em>, nous rappellent, étrangement, les foules surexcités et encadrées par les cellules du <em>«Parti»</em>, prêtant allégeance au <em>«Père de la nation»</em>. Même fausse ferveur, même culte de la personne, même aveuglement face aux vrais défis que le pays affrontait.</p>



<p>Zine El Abidine Ben Ali, le second président, après avoir usurpé le pouvoir, qu’avait-il fait, sinon marcher sur les traces du <em>«Père de la nation»</em>, en faisant fi du droit. Et durant son <em>«règne»</em>, c’était en manipulant l’opinion publique, en manœuvrant et en sévissant contre ses adversaires, qu’il avait réussi à se maintenir jusqu’à ce qu’il fût détrôné, à son tour, en 2011, d’une manière humiliante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déni du droit, répression des libertés</h2>



<p>En fait, comme dans tout le monde arabe, durant des siècles jusqu’à nos jours, la population qui portait les stigmates du tribalisme, a été à la merci de l’arrogance, de l’arbitraire et de la brutalité, cette mère de toutes les lâchetés, à la merci des sauts d’humeur du <em>«Chef»</em>. Les notions de <em>«droit»</em>, celle de<em> «dignité humaine»</em>, de <em>«citoyenneté»</em>, de <em>«raison»</em>… restent jusqu’à aujourd’hui étrangères à notre culture.</p>



<p>Chez nous, on a beau multiplier les institutions qui enseignent le droit, dans son approche moderniste qui assure la justice pour tous et qui promeut le triomphe du droit sur l’arbitraire et la tyrannie, quatre-vingts ans après, on ne fait que barboter. La même désinvolture, la même suffisance et les mêmes pratiques indignes résistent et se perpétuent.&nbsp;</p>



<p><em>«Le droit est le fondement de la civilisation»</em>, disait en substance, Ibn Khaldoun. Par conséquent, l’État de droit n’est pas un luxe, mais une nécessité. Ainsi, mépriser le droit, c’est, en quelque sorte, se priver, de facto, de trois données fondamentales de la civilisation, à savoir, la stabilité, la prospérité et le progrès.</p>



<p>Les révolutions technologiques et les progrès colossaux enregistrés en Occident n’ont été possibles que grâce à l’évolution en matière de droits de l’homme. &nbsp;Alors que les citoyens occidentaux jouissent de la liberté, des bienfaits de l’État de droit, talonnés par une sorte de fatalité historique d’arabo-musulmans, nous restons, encore, soumis aux mêmes pratiques hégémoniques, gisant sous la menace, celles de l’arbitraire et de l’injustice et de l’anarchie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les soubresauts de l’Histoire</h2>



<p>Néanmoins, dans ce monde en ébullition permanente, tous ceux qui continuent à s’opposer à l’inéluctable évolution vers la mise place d’un État de droit ne sont aucunement, à l’abri des soubresauts de l’Histoire. Ainsi, en favorisant le <em>«désordre ordonné»</em> aux dépens de l’État de droit, les despotes finissent, toujours, par être les premières victimes de leur arrogance et de leur propre aveuglement.</p>



<p>Même si, en cette fin d’année 2025, le septuagénaire que je suis reste sceptique, ne nourrissant que peu d’espoir d’assister, de mon vivant, au triomphe de l’État de droit contre l’arbitraire, je continue à croire qu’aussi obstinée fut l’attitude de toute force inique, tôt ou tard, le combat pour le triomphe du droit et des libertés individuelles finira, un jour ou l’autre, par triompher.</p>



<p><em>* Écrivain et essayiste. &nbsp;&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AjmuHBeZPR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/pourquoi-je-soutiens-la-manifestation-du-17-decembre/">Pourquoi je soutiens la manifestation du 17 décembre</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pourquoi je soutiens la manifestation du 17 décembre » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/pourquoi-je-soutiens-la-manifestation-du-17-decembre/embed/#?secret=fjINhGsjt3#?secret=AjmuHBeZPR" data-secret="AjmuHBeZPR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/culte-de-la-personne-et-etat-de-droit-en-tunisie/">Culte de la personne et Etat de droit en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La génération Z est-elle moins chanceuse que celle des baby-boomers ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/22/la-generation-z-est-elle-moins-chanceuse-que-celle-des-baby-boomers/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 09:49:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle Tunisie et quel monde la génération des Baby-boomers, née autour des années 1950, lègue-t-elle à la génération Z actuelle ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/22/la-generation-z-est-elle-moins-chanceuse-que-celle-des-baby-boomers/">La génération Z est-elle moins chanceuse que celle des baby-boomers ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le cycle de la vie est tel que </em></strong><strong><em>chaque génération hérite des rêves et des désillusions de la précédente et chaque génération doit bâtir sur les ruines de la précédente. Quelle Tunisie et quel monde la génération de l’auteur, née autour des années 1950, lègue-t-elle à la génération Z actuelle&nbsp;?</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p><strong>Sadok Zerelli </strong>*</p>



<span id="more-17957706"></span>



<p>Quand on atteint un certain âge, pour ne pas dire un âge certain, on a beaucoup de temps pour se poser des questions d’ordre métaphysique auxquelles on n’aurait jamais pensé quand on avait 30 ou même 50 ans, telles que&nbsp;: d’où je viens ? où je vais&nbsp;? qu’ai-je fais de ma vie&nbsp;? aurais-je pu mieux faire&nbsp;? etc.</p>



<p>Parmi les questions qui me trottent quelquefois dans la tête figure la suivante&nbsp;: <em>si j’avais le choix, aurais-je préféré être né en 1950 et faire partie de ma génération qu’on appelle les «baby-boomers» ou aurais-je préféré être né un demi-siècle plus tard soit vers l’an 2000 et faire partie de ce qu’on appelle la génération «Z» (et non pas Zut comme disait notre Président&nbsp;!)&nbsp;?</em><em></em></p>



<p>Sachant que chaque génération a son lot de défis, de rêves et de désillusions, je partage ci-dessous quelques réflexions que m’inspirent cette question, qui ne prétendent nullement être objectives (chacun ou chacune aura sa réponse en fonction de son vécu) ni faire le tour d’un tel sujet qui se situe sur la frontière entre la sociologie, la philosophe et la psychologie sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La génération des <em>«baby-boomers» </em></h2>



<p>Ma génération née autour de 1950, qu’on appelle les <em>«baby-boomers»</em> par référence au boom démographique qui a suivi la fin de la deuxième guerre mondiale, aujourd’hui à la retraite ou proches de l’être, a eu la chance de vivre dans un monde en pleine expansion, un monde qui croyait encore au progrès, à l’ascension sociale, à un avenir toujours meilleur.</p>



<p>Nous avons largement bénéficié de la rencontre des idées de deux hommes qui ont joué des rôles-clés dans la réussite nos vie, l’économiste anglais John Maynard Keynes et le président Habib Bourguiba.</p>



<p>Le premier, dans un célèbre ouvrage publié en 1936 (<em>Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie)</em> a révolutionné la pensée économique en préconisant, contrairement à l’école néo-classique dominante à l’époque, l’intervention de l’Etat pour corriger les distorsions du marché par le recours à des investissements publics massifs, quitte à les financer par le recours au déficit budgétaire, et la redistribution de revenus grâce à une fiscalité progressive.</p>



<p>Ses idées ont été appliquée avec succès dans tous les pays occidentaux et se sont traduites par ce qu’on appelle encore aujourd’hui avec nostalgies, les «<em>trente glorieuses</em>», soit une trentaine d’années (environ de 1950 au début des années 1980, soit jusqu’à l’arrivée au pouvoir du duo conservateur Thatcher/Reagan respectivement en GB et aux USA qui ont mis fin à cette politique économique et l’ont remplacée par la mondialisation) durant lesquelles ces pays ont connu une croissance économique continue, le plein emploi et une amélioration significative des niveaux de vie et du bien-être général.</p>



<p>Le président Bourguiba, comme beaucoup de leaders de l’époque, a aussi mis en œuvre, probablement sans en connaître l’auteur, les idées keynésiennes de relance de l’activité économique par le lancement de grands travaux d’infrastructures et de la création de pôles de développement régionaux (raffinerie de pétrole à Bizerte, aciérie à Menzel Bourguiba, usine de cellulose à Kasserine, sucrerie à Béja, etc.) et de redistribution des revenus en faveur des classes sociales à faibles revenus qui ont, comme Keynes l’explique<em>, une propension marginale à consommer </em>beaucoup plus élevée que celle des riches, ce qui engendre selon la théorie keynésienne un «<em>effet multiplicateur</em>» des investissements plus grand, une croissance économique plus élevée et un chômage plus faible.</p>



<p>Toujours est-il que pour nous, les enfants de cette génération issus pour la plupart de familles pauvres et nombreuses, cette politique s’est traduite par une scolarité gratuite, des fournitures scolaires souvent gratuites aussi et quelquefois même une prise en charge totale par l’Etat dans les internats des lycées, ainsi que des bourses pour effectuer des études universitaires.</p>



<p>Mais c’est l’avènement de l’indépendance en 1956, grâce à Bourguiba, qui a été le plus bénéfique pour ma génération. En effet, le départ massif des Français qui s’en est suivi a laissé un tel vide dans les administrations et les entreprises qu’il suffisait d’avoir le moindre diplôme pour être recruté et faire une longue carrière.</p>



<p>C’est ainsi que personnellement et à titre d’exemple, avec une simple maîtrise en sciences économiques obtenue en 1972, j’avais le choix entre intégrer la BCT, l’UBCI ou l’ex-ministère du Plan, pour décider finalement de n’accepter aucune offre d’emploi et partir en France pour effectuer des études de troisième cycle et surtout en profiter pour découvrir le monde.</p>



<p>Il faut dire qu’à cette époque, il n’y avait ni visa Schengen, ni risque de VIH-Sida, ni attentats terroristes et qu’à cause du plein emploi régnant partout en Europe, il était très facile de trouver des jobs d’étudiants tels que réceptionniste dans un hôtel ou veilleur de nuit dans une station-service pour survivre sans avoir besoin d’une bourse de l’Etat ou de recevoir de l’argent de sa famille.</p>



<p>Bref, ma génération a passé sa jeunesse dans un monde qui se relevait, un monde où tout semblait à faire, à découvrir, à conquérir.</p>



<p>C’était le temps des luttes contre le colonialisme et l’impérialisme, de l’émancipation des peuples et l’égalité entre les femmes et les hommes, de la révolution sexuelle… C’était le temps où le progrès technologique signifiait d’abord confort, santé, mobilité. Ainsi, ma génération a connu la télévision triomphante, l’arrivée de l’électroménager, la conquête spatiale, les débuts de l’informatique, puis du numérique.</p>



<p>Sur le plan professionnel, nos études ouvraient sur des métiers stables, un salaire régulier, une retraite garantie. Même ceux qui, à l’époque, vivaient modestement pouvaient espérer mieux pour leurs enfants.</p>



<p>Certes, ma génération n’a pas vécu dans un paradis. Nous avons affronté des crises, telle que la crise pétrolière des années 1973, des révolutions sociales telles que la «<em>la révolte du pain</em>» en 1984, des procès politiques pour les plus politiquement engagés contre la monopolisation du pouvoir par Bourguiba.</p>



<p>Le progrès n’a pas tout réglé. Mais il a permis d’espérer, de construire, d’essayer. Les carrières étaient longues, souvent monotones, mais elles existaient. Le chômage n&rsquo;était pas une épée permanente. Les retraites étaient solides. La société, même imparfaite, offrait une structure, un socle, un espace vital pour construire une vie familiale.</p>



<p>La génération Z</p>



<p>La génération Z est celle qui est née entre le début des années 1990, début du phénomène de la mondialisation, et les années 2010, plus exactement avant l’avènement de la crise de 2008, souvent appelée «<em>crise des surprimes</em>», dans un monde dominé sur le plan de la pensée économique par les idées néo-libérales de l’économiste monétariste américain Milton Friedman, conseiller économique de Ronald Reagan.</p>



<p>Cette crise était la plus grave depuis celle de 1929 et s’est traduite par la faillite de plusieurs grandes banques internationales, l’effondrement de la croissance économique mondiale et l’explosion du chômage <em>(pour un aperçu sur l’histoire de la pensée économique, voir mon article publié dans Kapitalis intitulé : </em><strong><em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/quel-modele-de-developpement-economique-pour-la-tunisie-de-kais-saied/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïd ?</a>).</em></strong></p>



<p>A cause des conséquences de cette crise, la génération Z a grandi, étudié et travaille — ou cherche à le faire — dans un contexte de fragmentation constante. L’information est partout, mais la cohérence nulle part. L’avenir est au bout des doigts, mais instable comme une connexion Wifi.<strong><em></em></strong></p>



<p>La révolution numérique lui offre certes une liberté quasi illimitée — mais avec une solitude accrue, un culte de la performance, une exposition permanente au regard social. Le prix de la liberté, c’est souvent le doute et l’épuisement.<strong><em></em></strong></p>



<p>Cette génération a moins de sécurité matérielle, mais plus de conscience critique et de libertés individuelles (identité, genre, expression, mobilité).<strong><em></em></strong></p>



<p>Elle vit dans la crise perpétuelle : climatique, économique, politique, sanitaire. Elle doit jongler entre des diplômes de plus en plus exigeants et un marché du travail de plus en plus précaire. Elle hérite d’un monde en surchauffe, fracturé, endetté. Un monde qu’elle doit «<em>réparer</em>» alors même qu’elle cherche à «<em>se réaliser</em>».<strong><em></em></strong></p>



<p>Ce que nous avons bâti matériellement, ils le questionnent. Ce que nous avons sécurisé socialement, ils le vivent comme fragile. Ce que nous avons cru durable, ils le voient en ruine. <strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mea-culpa de ma génération</h2>



<p>Bien que n’ayant jamais occupé poste de responsabilité dans une administration ou une entreprise quelconque, ayant eu une carrière d’enseignant universitaire suivie par celle de consultant international, je me dois de présenter au nom de toute ma génération un mea-culpa pour toutes les erreurs de décisions commises que la génération Z doit réparer ou en payer le prix.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous avons souvent confondu le «<em>mieux vivre</em>» avec le «<em>plus avoir</em>» et nous avons trop souvent vécu sous le masque des apparences. C’était à qui construisait la plus belle villa à El Menzah ou à Hammamet, roulait dans la plus belle voiture, portait les vêtements les plus chics, etc.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous avons cru que la croissance économique pouvait tout résoudre et nous avons confondu confort et bonheur, technologie et sagesse.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous avons bâti une société de fausse abondance sans voir qu’elle consommait les maigres ressources du pays et détruisait l’environnement. <strong><em></em></strong></p>



<p>Nous laissons des mers et des plages polluées, comme à Gabès, Sfax etc., des forêts détruites, un climat déréglé, et des inégalités régionales et sociales plus profondes qu’avant.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous devons l’humilité d’admettre que notre modèle de développement n’était pas durable.<strong><em></em></strong></p>



<p>Sur le plan politique, ma génération a volé votre révolution de 2011, en a confisqué les fruits et vous laisse un système où le manque de liberté n’a d’égal que l’incertitude de l’avenir. <strong><em></em></strong></p>



<p>Et maintenant, vous, la génération Z, devez avancer dans un univers sans repères fixes et réparer les dégâts que nous avons causés à notre chère Tunisie par notre aveuglement, notre égoïsme sans limites et notre soif de consommation et de monopole du pouvoir.<strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mot de la fin</h2>



<p>Ma génération a connu la montée en puissance du monde matériel, la génération Z vit l’épuisement du modèle. Ma génération a bâti, la génération Z doit réparer. <strong><em></em></strong></p>



<p>Si j’ai un conseil à donner à la génération Z je dirai ceci&nbsp;: ne rejetez pas tout ce que nous avons été et prenez ce qu’il y a eu de bon – la solidarité, la curiosité, l’ambition – et transformez-le.<strong><em></em></strong></p>



<p>Vous êtes la génération du doute, mais aussi celle de la vérité, le miroir de nos erreurs, mais aussi peut être la promesse de notre rédemption.<strong><em></em></strong></p>



<p>Chaque génération hérite des rêves et des désillusions de la précédente et chaque génération doit bâtir sur les ruines de la précédente, a<em>insi va le monde&nbsp;!</em><strong><em></em></strong></p>



<p>* <em>Economiste universitaire et consultant international.</em> </p>



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