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	<title>Archives des Hafedh Ben Salah - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Hafedh Ben Salah - Kapitalis</title>
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		<title>In Memoriam &#124; Sadok Belaid tel que je l’ai connu</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 10:09:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Doyen Sadok Belaid restera toujours l’exemple à suivre par toute personne imbue d’amour pour la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/02/in-memoriam-sadok-belaid-tel-que-je-lai-connu/">In Memoriam | Sadok Belaid tel que je l’ai connu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Hommage au Doyen Sadok Belaid, décédé le 7 mars 2026 à 87 ans, que j’avais eu comme&nbsp;professeur de droit constitutionnel&nbsp;en première&nbsp;année&nbsp;à Faculté de droit et des sciences politiques et économiques de Tunis (1977), de droit international public, en troisième année&nbsp;(1979) et&nbsp;de&nbsp;droit international en DEA (1982).</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty </strong>*&nbsp;&nbsp;</p>



<span id="more-18574732"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>A l’époque, il&nbsp;n’avait&nbsp;que 33 ans, quand il succéda à Chedly Ayari, appelé&nbsp;à&nbsp;des fonctions ministérielles, au poste&nbsp;de Doyen. Son nom était sur toutes les lèvres. Il avait&nbsp;la stature&nbsp;et la réputation&nbsp;d’un grand professeur et&nbsp;d’un&nbsp;excellent&nbsp;manager. Étudiants comme enseignants, maîtres de conférences, maitres -assistants&nbsp;et assistants&nbsp;lui vouaient un grand respect, car il était le premier Tunisien agrégé en droit public&nbsp;de l’université&nbsp;de la Sorbonne.</p>



<p>L’homme, réputé pour sa rigueur&nbsp;et sa fermeté, tenait la faculté en main&nbsp;et rien ne lui échappait. Ceux&nbsp;qui l’avaient&nbsp;côtoyé de près&nbsp;se&nbsp;félicitaient de son honnêteté intellectuelle, de son intelligence portée par un remarquable esprit de synthèse, de ses capacités&nbsp;de&nbsp;gestion et de son sens aiguë du rôle&nbsp;que doit jouer l’université dans la vie de la nation.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un grand maître.</h2>



<p>Par&nbsp;sa présence, son aura, son choix vestimentaire (il était souvent en costume noir), le sérieux et la rigueur qu’il dégageait, sa science et sa pédagogie, il ne passait pas inaperçu. C’était ce qu’on appelle un grand maître.</p>



<p>Chaque fois qu’il&nbsp;entrait dans l’amphithéâtre 1, à 9 heures tapantes, toujours&nbsp;ponctuel, pour&nbsp;son cours de droit constitutionnel, il posait son porte-documents&nbsp;en cuir noir sur&nbsp;le pupitre et entamait ses conférences&nbsp;devant&nbsp;plusieurs centaines d’étudiants.&nbsp;Les portes de l’amphithéâtre&nbsp;étaient aussitôt refermées&nbsp;et aucun&nbsp;retardataire ne se hasardait&nbsp;à s’annoncer, sachant&nbsp;que celles&nbsp;et ceux qui avaient osé le faire furent&nbsp;renvoyés&nbsp;sèchement et illico presto, le Professeur Belaid&nbsp;ne tolérant aucun retard et avait horreur&nbsp;de voir&nbsp;ses conférences perturbées&nbsp;de quelque manière&nbsp;que ce soit.&nbsp;</p>



<p>Les étudiants, pour leur part, se précipitaient&nbsp;pour&nbsp;être&nbsp;aux&nbsp;premières&nbsp;loges. Ils prenaient plaisir à suivre&nbsp;studieusement ses conférences qui&nbsp;étaient&nbsp;bien structurées, claires et concises, alliant&nbsp;érudition, rigueur&nbsp;et pédagogie.&nbsp;</p>



<p>Le Professeur Belaid, qui&nbsp;maniait brillamment la langue&nbsp;de Molière, ce qui lui permettait de familiariser les étudiants que nous étions aux concepts&nbsp;de sa discipline, le droit constitutionnel. Il avait d’ailleurs beaucoup de facilité à faire comprendre les idées&nbsp;et les thèmes qu’il développait avec une évidente aisance. Il faut dire que cette aisance était le fruit d’un grand travail, car il préparait minutieusement ses conférences&nbsp;et ne laissait rien au hasard. Il était d’autant plus exigeant avec les autres qu’il l’était, d’abord, avec lui-même. Son but fondamental&nbsp;était que les étudiants&nbsp;disposent&nbsp;des clés indispensables pour&nbsp;se familiariser avec&nbsp;la discipline&nbsp;enseignée, en&nbsp;comprendre&nbsp;les tenants&nbsp;et&nbsp;aboutissants et&nbsp;ne&nbsp;pas se perdre&nbsp;dans&nbsp;les détails&#8230;&nbsp;Sa méthode&nbsp;nous aidait beaucoup&nbsp;dans les recherches&nbsp;que nous faisions et dans nos lectures des ouvrages spécialisés de grands juristes français comme&nbsp;Maurice&nbsp;et André Hauriou, Georges&nbsp;Burdeau, Maurice Duverger et autres Marcel Waline.</p>



<p>Le Professeur Belaid&nbsp;dispensait ses conférences comme&nbsp;un&nbsp;mathématicien soucieux de logique et de&nbsp;sens.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ironie, drôlerie et finesse d&rsquo;esprit </h2>



<p>Le sérieux&nbsp;qui caractérisait sa démarche&nbsp;n’excluait pas&nbsp;un humour fin. Qui ne se souvient&nbsp;de ses réparties sarcastiques pleines de finesse, comme&nbsp;de ses réactions&nbsp;virulentes lorsque&nbsp;des étudiants étrangers&nbsp;à&nbsp;la faculté envahissaient l’amphithéâtre pour faire sortir de force&nbsp;les étudiants et les obliger à assister&nbsp;aux assemblées générales qu’ils tenaient&nbsp;dans&nbsp;l’enceinte de la faculté ?</p>



<p>Dans&nbsp;de telles circonstances, le Professeur Belaid&nbsp;agit en démocrate en s’adressant, micro&nbsp;en main,&nbsp;à l’amphithéâtre pour inviter les étudiants&nbsp;voulant&nbsp;participer aux&nbsp;AG&nbsp;à le faire&nbsp;de plein&nbsp;gré. Comme&nbsp;très&nbsp;peu&nbsp;d’étudiants&nbsp;se laissaient intimider&nbsp;par les appels&nbsp;des organisateurs des AG&nbsp;et&nbsp;préféraient suivre&nbsp;le cours, le Professeur Belaid en prenait&nbsp;immédiatement&nbsp;acte,&nbsp;donnait l’ordre aux agitateurs&nbsp;de quitter immédiatement&nbsp;l’amphithéâtre&nbsp;et continuait&nbsp;calmement à donner sa&nbsp;conférence, comme si&nbsp;de rien n’était.&nbsp;</p>



<p>Interpellant, un jour, une&nbsp;étudiante&nbsp;qui, voulant se faire remarquer, défonça&nbsp;la porte de l’amphithéâtre, vingt minutes après le commencement du cours, il lui intima l’ordre&nbsp;de quitter les lieux en prenant soin&nbsp;de lui faire remarquer : <em>«Mademoiselle, la faculté a ses règles&nbsp;qui&nbsp;doivent être respectées.»</em></p>



<p>Aux étudiants qui s’inquiétaient&nbsp;de la grande sélection&nbsp;aux épreuves&nbsp;de première et&nbsp;de deuxième année, le pourcentage&nbsp;des admis&nbsp;en premier cycle (Deug)&nbsp;ne&nbsp;dépassant jamais les 25% du nombre des candidats,&nbsp;sessions&nbsp;de juin et de septembre comprises,&nbsp;il répondait&nbsp;de manière sarcastique : <em>«Ne vous en faites pas, vous serez licenciés d’une manière ou d’une autre !»</em>. Ainsi, tout le monde savait&nbsp;à quoi s’en tenir et redoublait d’effort&nbsp;pour&nbsp;traverser le cap.</p>



<p>Quant&nbsp;aux&nbsp;sujets qu’il donnait&nbsp;pour les examens de&nbsp;fin d’année,&nbsp;souvent redoutés par les étudiants, ils étaient souvent axés&nbsp;sur&nbsp;des&nbsp;questions transversales&nbsp;qui faisaient&nbsp;appel&nbsp;à l’intelligence&nbsp;des étudiants et à leur capacité de synthèse. Il accordait&nbsp;une grande importance&nbsp;à la manière&nbsp;avec laquelle ses étudiants&nbsp;abordaient ces&nbsp;sujets.</p>



<p>Lors&nbsp;de&nbsp;la correction&nbsp;des épreuves, il était&nbsp;intraitable sur la question&nbsp;du plan en deux parties, tout comme&nbsp;sur l’esprit de synthèse, la rigueur&nbsp;de l’analyse et la clarté&nbsp;de la dissertation.</p>



<p>Je&nbsp;me rappelle, à titre d’exemples, de ces&nbsp;sujets&nbsp;que nous avions eu à traiter :&nbsp;<em>«Constitutions coutumières et coutumes constitutionnelles»&nbsp;ou encore «Un État peut-il vivre sans Constitution ?»</em> Celles&nbsp;et&nbsp;ceux&nbsp;qui&nbsp;obtenaient&nbsp;une&nbsp;bonne&nbsp;note,&nbsp;c’est-à-dire 16/20&nbsp;dans le meilleur des cas, étaient félicités&nbsp;par leurs&nbsp;camarades&nbsp;qui cherchaient&nbsp;à connaître les secrets&nbsp;de leur performance.&nbsp;</p>



<p>A ce sujet, le Professeur Belaid avait pris coutume&nbsp;de&nbsp;dire : <em>«L’essentiel ce&nbsp;n’est pas de travailler, mais&nbsp;plutôt&nbsp;de savoir comment travailler. Je veux des têtes bien faites et non des têtes pleines.»</em></p>



<p>Par&nbsp;ailleurs, celles&nbsp;et&nbsp;ceux qui&nbsp;ont l’honneur de préparer des mémoires de troisième cycle ou&nbsp;des thèses de doctorat sous&nbsp;sa direction&nbsp;se rappellent toujours des&nbsp;séances harassantes et exigeantes qu’ils&nbsp;ont&nbsp;eues avec lui,&nbsp;travaillant&nbsp;au peigne fin leurs brouillons, ne&nbsp;laissant rien&nbsp;passer&nbsp;sans le soumettre&nbsp;à la loupe&nbsp;de la rigueur&nbsp;et&nbsp;de la méthode, exigeant&nbsp;de tout&nbsp;doctorant de grands&nbsp;efforts&nbsp;pour apporter du nouveau&nbsp;et&nbsp;s’éloigner des sentiers battus.</p>



<p>Chaque thèse&nbsp;de doctorat&nbsp;prenait quatre années de travail acharné&nbsp;pour voir le jour. Le récipiendaire&nbsp;pouvait&nbsp;légitimement&nbsp;se targuer d’avoir&nbsp;eu pour directeur de thèse le Doyen&nbsp;Belaid.&nbsp;A ce propos, feu Lazhar Bououny, futur&nbsp;professeur de droit, Doyen et ministre,&nbsp;et qui fut son assistant de droit constitutionnel&nbsp;en 1976/1977, me racontait les souffrances&nbsp;endurées&nbsp;lors&nbsp;de la préparation de sa thèse&nbsp;de doctorat&nbsp;sous&nbsp;la direction du Doyen Belaid, pour qui il avait un profond respect.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il a formation&nbsp;de hauts cadres de la nation</h2>



<p>Je me rappelle toujours de la soutenance&nbsp;de thèse de doctorat d’État de droit public&nbsp;de Hafedh Ben Salah, devenu ultérieurement doyen de la Faculté de droit et ministre. Ce dernier avait travaillé&nbsp;sous le patronage&nbsp;du Doyen Belaid. Son travail était de l’avis de tous réellement un chef d’œuvre&nbsp;de rigueur. Cela n’avait pas empêché un membre du jury,&nbsp;lors de la soutenance, devant une salle archicomble, en présence de hauts magistrats, d’universitaires et de certains ministres,&nbsp;de lui lancer des fléchettes, pour entendre le Doyen Belaid&nbsp;lui rétorquer : <em>«Maintenant&nbsp;que vous&nbsp;avez&nbsp;lancé vos fléchettes au candidat,&nbsp;je souhaite vous dire que nous les recevons&nbsp;avec&nbsp;bonheur.»</em> Ce à quoi, le concerné, qui était assis à l’extrême droite de la table,&nbsp;est monté au créneau pour signifier&nbsp;avec&nbsp;tact au Doyen&nbsp; Belaid&nbsp;: <em>«Ni la gauche ni la droite ne soutiennent&nbsp;le centre»</em>,&nbsp;allusion faite au Professeur Belaid&nbsp;qui&nbsp;était&nbsp;assis,&nbsp;ce jour-là, au centre&nbsp;de la table du jury. Le prenant&nbsp;à la lettre, ce dernier lui&nbsp;rétorqua&nbsp;: <em>«Le centre&nbsp;n’a&nbsp;pas&nbsp;besoin de soutien, du&nbsp;fait qu’il se tient de lui-même»</em>, au&nbsp;grand bonheur des présents, qui avaient apprécié ce tic-au-tac entre deux grands juristes. </p>



<p>En pleine&nbsp;année universitaire 1979,&nbsp;des rumeurs&nbsp;ont couru qui&nbsp;prêtaient&nbsp;au Professeur Belaid&nbsp;d’avoir&nbsp;refusé le poste&nbsp;de ministre de l’Enseignement supérieur que venait&nbsp;de lui proposer le Premier ministre de l’époque, Hedi&nbsp;Nouira. Ces rumeurs&nbsp;étaient fondées.&nbsp;Les milieux universitaires&nbsp;en étaient&nbsp;au courant.&nbsp;Le poste&nbsp;est reviendra au vice-doyen&nbsp;de la Faculté de droit, Abdelaziz Ben Dhia, professeur de droit civil&nbsp;et ami&nbsp;de longue date du Doyen Belaid&#8230;</p>



<p>Ce dernier croyait fermement au rôle&nbsp;de l’université&nbsp;dans la formation&nbsp;de hauts responsables de la nation,&nbsp;des cadres rigoureux, disciplinés, honnêtes, ayant le sens&nbsp;de l’honneur et&nbsp;du travail bien accompli&nbsp;et capables de&nbsp;jouer pleinement leurs rôles dans le développement&nbsp;de la Tunisie. Il avait&nbsp;largement&nbsp;contribué à doter notre pays&nbsp;de centaines de cadres supérieurs qui lui sont redevables de ce qu’ils sont devenus.</p>



<p>Le Doyen Belaid restera&nbsp;toujours l’exemple à suivre&nbsp;par toute personne imbue d’amour&nbsp;pour&nbsp;son pays. Paix à son âme. Puisse&nbsp;le Tout Puissant lui accorde miséricorde&nbsp;et l’accueillir dans son éternel&nbsp;paradis.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur. &nbsp;</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EcY6U7sCBT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/sadok-belaid-tire-sa-reverence-ou-la-fin-des-illusions/">Sadok Belaïd tire sa révérence ou la fin des illusions</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sadok Belaïd tire sa révérence ou la fin des illusions » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/sadok-belaid-tire-sa-reverence-ou-la-fin-des-illusions/embed/#?secret=EvmzpwOaVj#?secret=EcY6U7sCBT" data-secret="EcY6U7sCBT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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