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	<title>Archives des Hassan Sabbah - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Hassan Sabbah - Kapitalis</title>
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		<title>‘‘Histoire des Fatimides’’ &#124; Du conflit de légitimité à l’arabisation, ou la cruelle nécessité de l’Histoire</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Apr 2025 07:06:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui eût cru que les guerriers berbères de Koutama seraient allés combattre au Moyen-Orient contre les Arabes, les Turcs, et les Byzantins? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/13/histoire-des-fatimides-du-conflit-de-legitimite-a-larabisation-ou-la-cruelle-necessite-de-lhistoire/">‘‘Histoire des Fatimides’’ | Du conflit de légitimité à l’arabisation, ou la cruelle nécessité de l’Histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>Qui eût cru que les guerriers berbères de Koutama seraient&nbsp;allés combattre au Moyen-Orient contre les Arabes, les Turcs, et les Byzantins? Ce fut en fait cela, l’empire Fatimide, debout seul contre tous, luttant inlassablement pour la victoire de l’Imamat et de la lignée d’Ali, le cousin du prophète, et de son épouse Fatma.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16164334"></span>



<p>C’est ainsi que la petite ville syrienne de Salmiya fut la pépinière par le biais de laquelle les prédicateurs légitimistes ismaéliens de la lignée de Ali s’étaient élancés vers les territoires les plus lointains de l’empire musulman à la recherche de partisans avec un objectif: abattre la dynastie des Abbassides usurpateurs et la remplacer par celle du prophète.</p>



<p>Néanmoins, avant cela, une crise s’était produite : l’imam Jaafar Sadek avait déshérité son fils Ismaïl au profit de Moussa, et de cette contestation naîtront les Ismaéliens imbus d’ésotérisme, de philosophie platonicienne et de gnosticisme d’un côté, et les chiites duodécimains de l’autre, imbus de légitimisme, dont le dernier Imam, Mohamed Ben Al Hanafia, sera occulté, ainsi que le disent les fidèles, pour céder la place au clergé chiite dans le leadership politique et l’interprétation des textes sacrés (falsifiés selon eux), avant son retour&nbsp; à la fin des temps.</p>



<p>Les Fatimides, et leurs frères ennemis, les Qarmates, se situeront dans la mouvance ismaélienne dont un nouveau schisme issu du terrible calife Al Hakim donnera naissance par le biais d&rsquo;un certain Mohammed Ben Ismail, aux Druzes, adeptes de la transmigration.</p>



<p>D&rsquo;un schisme ultérieur dans la dynastie fatimide apparaîtront les Nizarites, partisans de Nizar, un autre Imam déshérité et assassiné, dont se réclameront&nbsp;les partisans de Hassan Sabbah, les Hachichines ou Assassins, pour contester la légitimité fatimide. Il n’a pas suffi que les Fatimides supplantent les Aghlabides dans la partie Est de l’Algérie actuelle, près de Setif et Béjaia, après le travail préparatoire effectué par leurs envoyés durant la vingtaine d’années précédant&nbsp;l’arrivée du Mahdi, pour mobiliser les Koutama de l’Aurès, abattre le pouvoir des Aghlabides de Kairouan, des Rostémides de Tiaret et des Midrarides, de Sijilmassa, tous kharidjites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De Mahdia au Caire  </h2>



<p>Oubeydallah Al Mahdi d’origine probablement yéménite, qui se proclame Calife est le fondateur de la dynastie en 909 de l’ère universelle, supprime toute dissidence, réprime toute révolte, y compris en massacrant ses propres partisans, et gouverne l’ensemble du Maghreb d’une main de fer. Il installe sa capitale à Mahdia, Kairouan n’étant pas sûre. </p>



<p>Seuls Ceuta et Melilla, les avant-postes de l&rsquo;État Omeyyade de Cordoue dirigé par le Calife Abderrahmane III, échappent alors à son pouvoir. La Sicile et le Sud de l’Italie subissent son autorité grâce à une marine de guerre aussi entreprenante qu’efficace contre la flotte byzantine. </p>



<p>Mais l’objectif du Mahdi et de ses successeurs est bien évidemment Bagdad, le Califat suprême, au détriment des Abbassides. Après sa mort, la grande révolte Zenata du Maghreb Central dirigée par un berbère, Abou Yazid, dit l’Homme à l’Âne, éclate, soutenue par les reliquats aghlabides et l’émirat de Cordoue, elle dure une dizaine d’années. Il faut reconquérir tout le pays et grâce à l&rsquo;appui des tribus Sanhaja les Fatimides rétablissent leur autorité.</p>



<p>Mais à partir de 970 sous le Calife Al Moez, celui qui brandit son épée en s&rsquo;écriant : <em>«Voici ma lignée !»</em> et qui s’exclama en jetant des poignées de pièces d’or: <em>«Voici ma légitimité !»</em>, les Fatimides, après avoir abattu l’État des Ikhshidides, émigrent en Egypte et laissent un Maghreb pacifié et unifié sous l&rsquo;autorité des Sanhaja. Ils se heurtent au royaume chrétien de Nubie au sud, aux Hamdanides d’Alep, aux Byzantins, aux Buwayhides et aux Abbassides d’Irak, et surtout à leurs frères ennemis, les Qarmates du Bahreïn et de Syrie qui ne reconnaissent pas la légitimité de la dynastie des nouveaux maîtres du  Caire.</p>



<p>L’histoire des Farimides ne sera alors plus qu&rsquo;une succession de flux et de reflux dont l’élément militaire principal sera constitué d’abord par les Berbères, qui seront supplantés par les Soudanais et même les Arméniens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Intrigues, guerres civiles et trahisons </h2>



<p>En effet, l’Etat fatimide, semblable en cela aux impérialismes européens, s’avère singulièrement tolérant envers les minorités et confère à ses communautés juive et chrétienne une place éminente y compris dans le domaine politique. Cela ne va pas sans susciter des réactions parfois sanglantes. Mais petit-à-petit les Califes fatimides sont mis à l&rsquo;écart des affaires par des ministres entreprenants de différentes communautés, plus soucieux de leurs intérêts personnels que de celui de l’Etat qu’ils servent et qui instaurent un climat d’intrigues, si ce n’est de guerres civiles, et même de trahison en pactisant avec les ennemis. </p>



<p>Le principal enjeu de la bataille se situe en Syrie du Nord dans l’espace séparant l’Oronte de l’Euphrate et dont Alep constitue la ville principale, quand les offensives et les contre-offensives se succèdent sans faire la décision.</p>



<p>Naturellement, les envahisseurs Croisés, réussissent à prendre Edesse dans la Djazira mésopotamienne mais ne s’y maintiennent pas plus de 50 ans, puis Jérusalem au prix d’un bain de sang. En fait, ils finissent par déplacer les opérations militaires vers la façade méditerranéenne du Moyen-Orient, dont ils occupent toutes les villes, ainsi que celle de&nbsp; l’Egypte.</p>



<p>La marine Fatimide, au départ l’une des plus puissantes de son temps qui disputait à Byzance la maîtrise de la Sicile et des îles de la Méditerranée, ne peut plus, après les chutes de Tyr et d’Ashkelon aux mains des Croisés, influer sur le cours des événements.</p>



<p>Néanmoins, l’élément décisif qui inverse le cours de la guerre est évidemment l’irruption des Turcs islamisés en Irak, puis en Syrie, et surtout la collaboration militaire entre l’atabeg de Mossoul Noureddine Zengi et son représentant à Damas, le Kurde Shirkuh, oncle de Salaheddine ou Saladin, le futur sultan d’Egypte.</p>



<p>En fait, la chute du califat fatimide d’Egypte consacre l’union de ce pays avec le Cham sous la même autorité Ayyoubide, sans laquelle les Croisés&nbsp;n’auraient pu être battus ni expulsés. Du moins c’est ainsi que les peuples arabes actuels situent ces faits de l’Histoire. On peut même penser qu’en fut inspirée l’idée de la République arabe unie censée assurer l’équilibre&nbsp;stratégique&nbsp;avec l’ennemi&nbsp;sioniste et qui s’est terminée malencontreusement&nbsp;par la sécession syrienne de 1961, ourdie par la CIA.</p>



<p>En 1973, l’alliance militaire syro-égyptienne fut à l’origine du cauchemar israélien de la guerre du Kippour. Et si on veut rechercher l’origine de la chute toute récente de Bachar Al-Assad, il faut en revenir à la crainte sioniste de l’encerclement, fatal aux royaumes croisés, et à sa volonté de neutraliser le théâtre d’opérations syrien contre toute alliance irakienne ou égyptienne, en y maintenant un Etat faible isolé et déchiré par la guerre civile et l’intervention étrangère.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que le Califat Fatimide fut un facteur de division et de guerre d’abord à l’intérieur même de l’Islam, en commençant par le Maghreb dont il élimina les royaumes kharidjites, même si on peut lui faire crédit d’avoir supporté seul le poids des terribles invasions byzantines aux X<sup>e</sup> et XI<sup>e</sup> siècle, de la Riviera levantine. Cela n’empêche pas d’essayer de rechercher en quoi il pût être positif dans l’Histoire de la Tunisie ou du Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des malvenus opportunistes ?</h2>



<p>Sans vouloir entrer plus en avant dans les considérations théologiques de la doctrine ismaélienne qui ne constituent pas le sujet de ce livre, les Fatimides sont toujours considérés comme des malvenus opportunistes dont la Tunisie ne fut qu’un tremplin, une étape provisoire dans leur grand dessein oriental, et qui plus est, pour le punir d’avoir à juste titre secoué la tutelle politique et religieuse des despotes du Caire, envoyèrent contre elle les tribus bédouines sauvages des Banou Hilal, dont le seul <em>«mérite»</em> que nos manuels d’Histoire leur reconnaissent d’une manière très contestable fut d’y avoir ancré la langue arabe.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que les Mourabitoun et surtout les Mouahidines, des Berbères, s&rsquo;inspireront plus tard de la légitimité de l’Imam pour fonder leurs États;&nbsp; tout comme le fera la monarchie marocaine actuelle sunnite d’ascendance alaouite.&nbsp;</p>



<p>Ainsi pour résumer, le Califat Fatimide ne fut que le mal nécessaire aux dépens&nbsp;duquel l’Islam qui compte, celui d’obédience sunnite, apura d’une manière fonctionnelle le contentieux jusque-là insoluble de la légitimité héritée de la Fitna, et, menacé de disparition, réussit à assurer la coordination minimale syro-égyptienne nécessaire à sa pérennisation et à l’expulsion des Croisés, jusqu’à l’époque moderne.&nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘Histoire des Fatimides en Afrique du Nord, Egypte et Levant’’, de Mohamed Souhail Taqouche, en arabe, éditions Nafaes, 560 pages.</em></strong></p>
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		<title>Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 07:03:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien-document avec Amin Maalouf, récemment élu secrétaire perpétuel de l'Académie française.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/">Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf vient d’être élu secrétaire perpétuel de l’Académie française. Consécration méritée pour ce conteur hors pair, romancier de grand talent et essayiste qui a su analyser avec courage, pondération et responsabilité les grands bouleversements de son temps auxquels il a été d’ailleurs lui-même mêlé. A cette occasion, nous donnons à lire à nos lecteurs cet entretien qu’on a eu avec lui, il y a près de 35 ans, au tout début de sa carrière littéraire. Et publié au quotidien ‘‘Le Temps’’ le 2 mars 1989. Toute sa pensée est déjà en place…</em></strong></p>



<p>Propos recueillis par <strong>Ridha Kefi &nbsp;</strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<span id="more-10022695"></span>



<p>L’Orient fascine toujours ceux qui en occident en font l’objet de leurs fantasmes érotico-religieux. Et pour cause&nbsp;: le berceau des Mille et une nuits garde encore ses secrets. Tous ceux qui s’y sont aventurés&nbsp; (voyageurs, chroniqueurs, missionnaires, soldats, contrebandiers, marchands ou vendeurs de rêves) en sont revenus transformés, touchés par sa grâce millénaire, de sorte que le fameux <em>«appel de l’Orient»</em> s’en trouve à chaque fois, plus insistant, irrésistible. Byron, Nerval, Rimbaud, Loti, Genet, Le Clézio… ont, chacun à sa manière, répondu à l’appel. Infatigable, la même vague continue&nbsp; encore de battre les rivages sud de la Méditerranée. Les malentendus, les conflits, les calculs géostratégiques… n’ont jamais altéré le voluptueux désir d’une rencontre possible entre deux mondes que tout semble diviser et unir à la fois. A la fascination attisée par la peur semble répondre un besoin de compréhension, sinon comment expliquer la passion&nbsp; et l’intérêt que suscite une certaine littérature&nbsp; orientale ou <em>«orientalisante»</em> auprès de la masse des lecteurs occidentaux&nbsp;? N’est-il pas significatif que parmi les bestsellers en France de ces trois dernières années, on compte deux livres d’auteurs d’expression française&nbsp;? J’ai nommé <em>‘‘La nuit sacrée’’</em> de Tahar Ben Jelloun et <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> d’Amin Maalouf.</p>



<p>Grâce au dynamisme de la Mission culturelle française, le public tunisien a pu rencontrer le premier il y a moins d’un an. Idem pour le second qui vient d’animer plusieurs rencontres à Tunis, Sfax et Carthage qu’un grand public a suivi avec intérêt.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’ai rencontré Amin Maalouf pour la première fois&nbsp; au mois de juillet 1986. Il était venu au CCI de Hammamet, sur invitation de la 1<sup>ère</sup> session de l’Université d’été&nbsp; euro-arabe, présenter Hassan Al Wazzan alias <em>«Léon l’Africain»</em> auquel il venait de consacrer un livre, le second après <em>‘‘Les Croisades vues par les Arabes’’</em>.</p>



<p>On connaissait bien le journaliste-reporter au grand parcours, directeur d’<em>Annahar arabe et international </em>et rédacteur en chef de <em>Jeune Afrique</em>, et on découvrait un romancier v de grand talent, conteur né et observateur «exact» de l’Histoire. Son troisième livre <em>‘‘Samarcande’’</em> publié l’année dernière a encore valu à Amin Maalouf la première place des meilleures ventes&nbsp; de livres en France et, surtout, une critique des plus enthousiastes. Le conteur virtuose s’est doublé d’un fin styliste.</p>



<p>A Tunis, ceux qui ont aimé <em>‘‘Les Croisades…’’</em>, <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> et <em>‘‘Samarcande’’</em> ont découvert un auteur qui, loin de jouer la vedette, sait dépassionner un débat et nuancer une opinion. « Je suis un homme d’interrogation et non de conviction», dira-t-il dans l’entretien qu’il nous a accordé et dont nous publions ici la partie qui nous semblé la plus significative de sa démarche et de sa pensée. Ecoutons-le&#8230;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg" alt="" class="wp-image-10056061" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-768x480.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-580x363.jpg 580w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>Amin Maalouf à l&rsquo;Université d&rsquo;été euro-arabe à Hammamet en 1986. </em></p>



<p><strong><em>Ridha Kéfi : Pour commencer cet entretien, j’aimerais vous poser une question d’ordre général : vis trois livres publiés jusque-là évoquent des périodes historiques allant du 9<sup>e</sup> au 16<sup>e</sup> siècle. De la part d’un homme qui, de par son travail journalistique, a été longtemps confronté à l’actualité  l plus brûlante du monde contemporain, ce saut dans le moyen-âge  peut paraître inattendu ?</em></strong></p>



<p><strong>Amin Maalouf&nbsp;</strong>: Il y a chez moi un désir de revenir au passé qui tient de plusieurs raisons. Tout d’abord, j’ai l’impression qu’en connaissant mieux le passé, on a des clés pour le présent et peut-être aussi, certaines raisons d’espérer pour l’avenir. Mais cela dit, je ne me limiterai pas au moyen-âge. D’ailleurs, ce que nous appelons aujourd’hui le moyen-âge (dans l’acceptation des historiens) n’a pas la même valeur ni la même signification&nbsp; concernant l’histoire du monde islamique. Le moyen-âge&nbsp; désigne, quand on parle d’histoire occidentale, une période&nbsp; de décadence située entre d’une part les gloires de l’antiquité&nbsp; et celles de la renaissance&nbsp; d’autre part.</p>



<p>S’il fallait définir le moyen-âge pour le monde arabe, ce ne serait certainement pas le 11<sup>e</sup> ou le 12<sup>e</sup> siècle, mais plutôt la période&nbsp; qui a commencé après Ibn Khaldoun et qui finira avec la renaissance que nous espérons. Je pense que quand je ne reviens pas au passé, en fait je reviens au moyen-âge. C’est un peu, pour un auteur occidental, l’équivalent d’un retour à l’antiquité tel qu’il pouvait s’opérer&nbsp; à la fin du moyen-âge et le désir de redécouvrir une époque glorieuse où la civilisation arabe était l’une des plus avancées dans le monde sur le plan scientifique et technologique et celui des idées également. On était même à certains moments&nbsp; dans cette partie du monde, les phares de la pensée. Les personnages que je choisis sont des personnages qui préfigurent une renaissance.</p>



<p><strong><em>Cette sorte d’«antiquité» arabe serait une période exemplaire pour vous, vu le nombre d’enseignements qu’on peut en tirer pour appréhender le présent du monde arabe&nbsp;?</em></strong></p>



<p>C’est vrai, quoique le terme <em>«enseignements»</em> est un peu délicat à manier. Il y a toujours un risque à vouloir partir des évènements du passé pour pouvoir&nbsp; tirer des conclusions et donner des leçons quant au présent. Ce n’est pas tout à fait ma démarche. J’essaie seulement de comprendre un peu mieux el présent en étudiant le passé, et trouver encore des raisons d’espérer en me disant que cette civilisation&nbsp; qui a donné de grands moments&nbsp; de vitalité créatrice, comme ceux de la première période abbasside ou de l’Andalousie, peut donner d’autres grands moments d’ouverture, d’expansion et, disons plus simplement, de participation effective et significative à la civilisation universelle.</p>



<p><strong><em>Vos trois livres appréhendent d’une façon ou d’une autre la question religieuse dans son aspect politique&nbsp;: Dans ‘‘Les Croisades…’’ c’est l’affrontement pur et simple de deux aires religieuses; dans ‘‘Léon l’Africain’’ on retrouve ce même affrontement à travers la vie et la personnalité d’un homme au destin insolite pour son époque&nbsp;; dans ‘‘Samarcande’’, enfin, la question religieuse apparaît dans la foi très particulière de votre personnage principal Omar Khayam et dans l’expression violente d’une mystique activiste représentée par Hassan Sabbah.</em></strong></p>



<p>Je pense que c’est vrai…&nbsp; Je dirai que la préoccupation métaphysique et l’intérêt que je porte effectivement au phénomène religieux est une réalité qui transparaît à travers tout ce que j’écris. Et se sera également ainsi pour le livre que je commence à préparer. Même s’il est prématuré d’en parler, d’autant que le sujet n’est pas encore très clair dans mon esprit, je peux quand même affirmer qu’il y aura une place dans ce livre pour la préoccupation religieuse.</p>



<p>Je pense qu’il y a dans mes livres une présence&nbsp; de la religion comme une présence de la politique, de l’art, de la poésie, et d’autres thèmes encore, comme la tradition et la modernité. Sans énumérer ces thèmes, je pense que la religion en est un, et je conviens avec vous que c’est pour moi un thème très central, quoique je ne l’aborde jamais directement. Je ne suis pas un spécialiste de la religion et il n’est pas dans mes intentions d’élaborer des idées religieuses. Mais je ne peux pas être insensible&nbsp; à la présence réelle de la préoccupation et des idées religieuses dans les époques auxquelles je m’intéresse.</p>



<p><strong>Je me demande si votre biographie personnelle (votre naissance libanaise, la guerre dont vous avez observé le déclenchement dans votre pays&nbsp; et qui a un caractère confessionnel entre autres) n’est pas derrière cette fascination devant l’expression politique de la religion&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est tout à fait vrai. Je pense, effectivement, que quelqu’un qui a vécu comme moi au Liban, qui est parti de son pays à cause d’une guerre qui a un aspect confessionnel, et qui s’est trouvé contraint à l’immigration du fait d’un conflit de ce type, ne peut pas être insensible à la place de la religion et de la guerre des religions dans l’Histoire – même si au Liban, on ne peut parler d’une guerre de religions, mais d’une guerre qui a une dimension ou une coloration religieuse, au moins partiellement.</p>



<p>Quand je parle de croisades, c’est-à-dire d’une guerre menée sur des thèmes religieux, il est évident que c’est une préoccupation vitale pour moi, et non pas une observation froide de l’Histoire. Cela est aussi vrai de ‘‘Léon l’Africain’’ où j’évoque un personnage né à Grenade, au sein d’une civilisation islamique à son apogée, enlevé par des pirates et ramené à Rome où il a commencé à vivre dans une culture tout çà fait différente… Là encore, la question de la religion, de l’immigration, du passage d’un monde culturel à un autre, ne m’est pas indifférente. Ce n’est donc pas par hasard que j’ai choisi&nbsp; ce personnage plutôt qu’un autre&nbsp; pour écrire mon roman. Mais en voulant raconter l’histoire de ce personnage historique, je n’ai pas cherché à introduire mes propres idées, mais essayé de redécouvrir le personnage et son histoire. Idem pour <em>‘‘Samarcande’’</em> qui est un livre sur l’islam iranien, son passé proche et lointain.</p>



<p>Là encore, il est impossible pour quelqu’un qui vit notre époque contemporaine de ne pas être sensible à la place de la religion dans le monde iranien, surtout que les événements des dix dernières années ont montré que c’est un aspect qu’il fallait absolument mieux étudier pour mieux le comprendre. Je pense que tous ceux qui l’ont observé de manière superficielle se sont trompés avec les conséquences graves que l’in sait.</p>



<p>L’expression politique su phénomène religieux est donc une préoccupation constante pour moi. Car le fait de vivre dans le monde&nbsp; d’aujourd’hui&nbsp; où l’in se tue encore pour des raisons religieuses, m’a amené à m’intéresser à des périodes de l’Histoire où se déroulaient des événements – non pas semblables à ceux que l’on observe aujourd’hui, l’Histoire ne se répétant jamais, mais qui peuvent aider à les comprendre.</p>



<p><strong><em>En étudiant certains événements&nbsp; du passé, on peut retrouver des motivations, des éléments de comportement, des aspects qui nous permettent de mieux comprendre que ce soit les rapports de l’Orient et de l’Occident, que l’évolution du monde iranien, ou celle du monde arabe, que les relations internes, dans certains pays, entre des communautés religieuses différentes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Pour clore ce chapitre de la question religieuse, on constate dans vos livres un ton humaniste assez prononcé. Evoquant vos personnages et leurs itinéraires, vous ne prenez jamais le ton du jugement ou celui de la condamnation. On sent chez vous un besoin de compréhension qui va jusqu’à la justification de certains comportements qui pourraient paraître excessifs.</p>



<p>&nbsp;C’est une question de conviction et de tempérament. J’aime observer et le passé et le présent&nbsp; avec le même désir de compréhension. J’ai un intérêt réel pour tout ce que j’observe. Dans <em>‘‘Samarcande’’</em> par exemple, il y a des personnages très différents, notamment Omar Khayam et Hassan Sabbah.</p>



<p><strong><em>Ils sont tous deux mystiques mais de deux façons opposées.</em></strong></p>



<p>Ils représentent les deux faces différentes d’un même problème. C’est évident que je me sens plus proche et que je voue plus de sympathie pour Omar Khayam, mais cela&nbsp;n’empêche qu’en observant le personnage de Hassan Sabbah, je n’essaie pas de le juger, de le condamner, de le caricaturer pour le rendre odieux. J’essaie d’approcher autant que possible de ce qu’il a été réellement, de m’écarter autant que possible de éléments de mystification et de légende qui se sont ajoutés , de comprendre ses motivations, ses comportements. En un sens, je lui montre de l’attachement, de la sympathie et peut-être également de l’amour. J’aime tous ces personnages et j’ai de la compréhension pour toutes leurs démarches. Mais encore une fois, comme vous l’avez dit au début, ma tendance profonde est l’humanisme , c’est-à-dire que je suis pour la tolérance, la non-violence et la rencontre des cultures, à condition évidemment que cela se passe sur la base de l’égalité, du respect mutuel &nbsp;et de la compréhension de l’un pour l’autre.</p>



<p><strong><em>Cette conviction et ce tempérament humanistes expliquent sûrement votre option pour le genre romanesque &nbsp;et non pas pour l’essai historique pur et dur. Des ‘‘Croisades’’ à ‘‘Samarcande’’, on constate d’ailleurs une nette évolution en direction du romanesque, de la fiction, de l’imaginaire. L’imagination du romancier prend, pour ainsi dire, le relais de l’observation historique, afin de combler ses lacunes.</em></strong></p>



<p>C’est exact. Cette évolution est réelle. Si la place de l’Histoire demeure importante dans ce que j’écris, la place de la fiction est de plus en plus importante. Et je crois que ça va l’être davantage dans l’avenir&nbsp;? Je ne suis certainement pas un homme de certitudes, mais d’interrogation, de réflexion, de toute aussi. Je ne cherche pas à écrire des traités à l’issue desquels, je me mets à donner des vérités ou des convictions, mais à réfléchir sur une époque, à la raconter, en laissant à chacun le soin d’y réfléchir à son tour et de tirer soit les mêmes conclusions soit des conclusions différentes. là le roman est beaucoup plus souple que le roman historique. Dans le roman, je restitue une époque et évoque des personnages historiques, en essayant autant que possible de ne pas les caricaturer. J’ai certes une préférence pour Omar Khayam dans <em>‘‘Samarcande’’</em>, pour Léon l’Africain dans le roman qui porte son nom, pout Oussama et Salaheddine dans <em>‘‘Les Croisades’’</em>, mais j’admets tout à fait qu’un lecteur ait plus de sympathie pour Nizam Al Molk ou pour Hassan Sabbah ou pour tel ou tel autre. Même si on n’est jamais totalement objectif, je présente les personnages que je n’aime pas particulièrement sans haine et sans parti-pris. Il y a un personnage dans <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> qui est très éloigné de mes convictions. C’est le cheikh Astaghfiroullah (personnage de roman inventé, quoique basé sur certaines données de l’époque) que je ne présente à aucun moment de manière totalement négative. Je serais malhonnête de la caricaturer et d’en faire moi-même un être détestable et de dire aux gens&nbsp;: Détestez-le&nbsp;! Finalement, qu’est-ce que les gens détesteraient&nbsp;? C’est sûrement ce que moi j’ai inventé. Cela est aussi vrai pour Hassan Sabbah. C’est un personnage terrifiant par certains côtés, et je n’aurais jamais aimé être sous sa coupe. Mais j’essais de le comprendre, lui et l’époque qui l’a produit.</p>



<p>Quand on vit dans des pays où les gens peuvent s’exprimer librement, on imaginerait difficilement&nbsp; comment les gens pouvaient réagir à des époques où les gens n’avaient aucun moyen de s’exprimer aussi librement. C’est facile aujourd’hui de dire qu’on est moins violent. Moi-même je suis non-violent, mais dans un monde où l’on peut arriver à beaucoup de choses sans le recours à la violence. Malheureusement, ça n’a pas toujours été le cas. Aurais-je prêché la non-violence à la résistance française de 1940&nbsp;?&nbsp;Cela n’aurait eu aucun sens. Car il y a des moments où la violence devient l’un des agents de l’Histoire et où on ne peut y échapper. Il n’empêche que, personnellement, j’essaie, autant que possible, de pousser dans le sens d’une moindre violence et de plus de compréhension, et de favoriser à chaque fois (dans les limites modestes de les moyens) des relations différentes entre les peuples.</p>



<p><strong><em>A propos d’intolérance et de violence, on ne peut s’empêcher, actualité oblige, de vous demander votre opinion sur la polémique provoquée par le roman de Salman Rushdie ‘‘Les versets sataniques’’. &nbsp;</em></strong> </p>



<p>Je comprends totalement que l’on soit scandalisé par un livre comme <em>‘‘Les Versets sataniques’’ </em>de Salman Rushdie, même su je ne peux accepter des appels au meurtre qui, à mon avis, ne sont certainement&nbsp; pas le meilleur moyen de faire face à ce livre. Je pense, au contraire, que cela n’a fait qu’augmenter considérablement sa diffusion. J’ai été irrité par la lecture de certains extraits – car je n’ai pas lu le livre en entier – publiés par les journaux. Ce livre contient des choses qui bousculent et qui sont de l’ordre de la provocation. Je suis, par tempérament et par conviction, contre toute forme de provocation.</p>
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		<title>A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2020 08:29:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le contexte arabe, quand des terroristes passent à l’action, il est communément admis par l’individu commun qu’il le fasse à l’instigation d’une personne morale ou physique, et plus précisément au nom de l’autorité qu’elle exerce, et de l’obéissance qu’ils lui doivent, en vertu d’un savoir religieux supérieur. Un homme comme Ghannouchi correspond parfaitement à...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Ghannouchi-Sabbah.jpg" alt="" class="wp-image-315596"/><figcaption><em>Rached Ghannouchi &#8211; Hassan Sabbah : le terrorisme islamiste est un éternel recommencement. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Dans le contexte arabe, quand des terroristes passent à l’action, il est communément admis par l’individu commun qu’il le fasse à l’instigation d’une personne morale ou physique, et plus précisément au nom de l’autorité qu’elle exerce, et de l’obéissance qu’ils lui doivent, en vertu d’un savoir religieux supérieur. Un homme comme Ghannouchi correspond parfaitement à ce profil.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-315595"></span>



<p>Deux gardes nationaux ont été écrasés, dimanche dernier, 6 septembre 2020, à Akouda (Sousse), par un véhicule bélier, même si dans le contexte le terme peut paraître incongru, conduit par des personnes qui ne les connaissaient pas, mais qui n’ont pas hésité à leur infliger des dommages corporels atroces, pour la simple raison qu’ils représentent l’ordre politique, économique, social, sécuritaire d’un Etat qu’ils abhorrent. Et les agresseurs ont succombé dans l’affrontement qui a suivi avec les forces de l’ordre, en vertu d’un scénario à peu près immuable, qui en se répétant de nombreuses fois dans divers pays et sociétés, a fait acquérir le label du terrorisme à une part importante de l’humanité qui occupe ce vaste espace qui s’étend de Casablanca, au Maroc, à Makassar, en Indonésie.</p>



<p>Seifeddine Makhlouf, un député proche de certains milieux bien connus, avant de se résoudre à publier le classique martyrologue de circonstance, avait incriminé, selon un processus bien rodé, des services de renseignement étrangers, mais Ali Larayadh et Hamadi Jebali n’avaient pas dit autre chose lors des assassinats de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">C’est désormais un rituel bien codifié</h3>



<p>Cependant les photos des corps des terroristes abattus prouvaient bien qu’il ne s’agissait pas de James Bond ou d’Arnold Schwarzenegger. Et c’est désormais un rituel bien codifié : Rached Ghannouchi est toujours le premier à condamner les attentats contre les membres des forces de sécurité, à leur délivrer le qualificatif de martyrs, et à prier pour l’accueil de leurs âmes au paradis. C’est déjà un indice : au paradis ceux qui sont tombés victimes de l’attentat risquent ainsi de croiser ceux qui l’ont perpétré dans l’espoir d’y gagner leur place pour l’éternité.</p>



<p>Et tout comme Ghannouchi et Makhlouf ont prié pour le salut des âmes des gardes nationaux, d’autres ont aussi sûrement dû prier pour le camp d’en face. Mardi, au cimetière de Moknine, au moment de l’inhumation de l’un des gardes, la foule s’est d’ailleurs révélée divisée. Alors que des voix s’élevaient contre le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), qualifié d’ennemi de Dieu, d’autres, sans doute des Nahdaouis, essayaient de les couvrir en scandant les noms d’Allah et du Prophète.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sur les pas de Hassan Sabbah, le Vieux de la Montagne</h3>



<p>À l’instar de la justice anglaise, il y a donc des gens qui pensent toujours que Ghannouchi, malgré sa trajectoire politique d’islamiste, ne partage aucun lien avec les assassins. Assassins? Il s’agit bien de cela ! Entre le XIe et le XIIIe siècle l’imam ismaélien Hassan Sabbah, le Vieux de la Montagne, et ses successeurs, de la forteresse d’Alamout, non loin de Rey, en Iran, avaient terrorisé, c’est bien le mot, le Moyen-Orient en envoyant leurs sicaires semer la mort parmi leurs ennemis.</p>



<p>Hassan Sabbah recrutait ses agents en les endormant grâce à une décoction au haschich puis il les faisait transporter en un lieu idyllique secret où ils passaient quelques heures avec de jeunes beautés, puis les faisait endormir de nouveau. À leur réveil, les recrues étaient ainsi convaincues des pouvoirs divins de l’imam et se révélaient prêtes à mourir pour lui afin de gagner le droit à la vie éternelle dans le paradis dont elles avaient eu un avant-goût. En général elles adoptaient une fausse identité qui leur permettait de s’approcher de la victime désignée, et lorsque l’occasion se présentait, elles l’exécutaient au poison ou au poignard, en général discrètement, mais parfois au vu et au su de l’assistance, comme le font si bien les terroristes d’aujourd’hui.</p>



<p>Il y a donc une réalité indéniable : en islam les gens sont capables de tuer et de mourir pour aller au paradis. Certes, cela s’est toujours su, et il n’y a qu’à lire par exemple la sourate ‘‘Al Anfal’’ du Coran, l’une des plus emblématiques, pour lever toute équivoque. Mais en réalité, ils le font pour accomplir la volonté politique de leur commanditaire; il suffit de se prévaloir pour cela de l’autorité de Dieu et du Prophète, et l’histoire des Hashashins (Assassins) le prouve amplement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Ruines-de-la-forteresse-Alamut-pres-de-la-ville-de-Qazvin-en-Iran.jpg" alt="" class="wp-image-315603" width="500"/><figcaption><em>Ruines de la forteresse de Alamut, près de la ville de Qazvin, en Iran.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Ghannouchi : une version moderne de l’histoire du Vieux de la Montagne ismaélien</h3>



<p>Ceci veut aussi dire autre chose : dans le contexte arabe, quand des terroristes passent à l’action, il est communément admis par l’individu commun qu’il le fasse à l’instigation d’une personne morale ou physique, et plus précisément au nom de l’autorité qu’elle exerce, et de l’obéissance qu’ils lui doivent, en vertu d’un savoir religieux supérieur. Un homme comme Ghannouchi correspond parfaitement à ce profil. Son verbe jadis charismatique dans les mosquées et ses écrits datant de 1970 faisaient l’apologie de cette jeunesse en rupture de ban avec la société qualifiée de l’ignorance (jahilyya) dans laquelle elle évoluait et qui devait fortifier sa foi par l’étude de l’islam confondu avec la vision très particulière qu’en partageaient Sayyed Qutb et Abul’ala El Mawdoudi et qui aboutissait au takfirisme, c’est-à-dire à la haine de l’autre, qu’il soit ou non musulman. Et selon le Ghannouchi, de l’époque qui s’exprimait dans la revue ‘‘El Maarifa’’, ce jeune musulman-là dans sa quête de la vérité devait acquérir la force physique et spirituelle, le savoir moderne et la connaissance, mais le but ultime devait en être sa capacité à servir la cause de l’islam, autrement dit à obéir à son message ou à ceux à qui serait reconnue dans le cadre d’une organisation, les Frères Musulmans ou la Daawa Pakistanaise par exemple, l’autorité de l’interpréter.</p>



<p>Ce n’est là en réalité qu’une seconde version de l’histoire du Vieux de la Montagne ismaélien. Mais avec l’utilisation d’internet cette autorité est devenue virtuelle. Et les images de mort remplacent efficacement le message. C’est le principe universellement compris du meurtre ritualisé sur les sites de l’Etat islamique, qui en fait désormais office et qui explique que régulièrement ici et ailleurs dans le monde il fasse des émules, et que grâce aux médias et aux réseaux sociaux qui en amplifient l’effet, cela soulève l’émotion dans le monde entier. Et il n’est plus besoin de lire ou de parler l’arabe pour le comprendre. Mais même si les victimes d’accidents de la circulation sont des millions de fois plus nombreuses que celles d’attaques terroristes, ce sont bien celles-ci que partout dans le monde on juge les plus menaçantes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le terrorisme islamiste est étroitement lié au meurtre sacré issu du texte</h3>



<p>Phénomène moderne ou pas il y a indubitablement un fond invariable inhérent au terrorisme islamiste qui est étroitement lié au meurtre sacré issu du texte, en l’occurrence celui qui dès le VIIe siècle a engendré la Fitna (discorde), cette guerre de succession pour le califat au nom de la religion. Et le texte a été institutionnalisé le jour ou le futur Calife Muawiya, en passe d’être vaincu par son rival Ali, avait utilisé une ruse de guerre en faisant brandir à la pointe des lances de son armée des exemplaires du Coran, afin d’en obtenir l’arbitrage.</p>



<p>La sourate des Batailles, dite Al-Anfal, ou le Butin, est pourtant explicite sur bien des détails, et d’une manière souvent surprenante. Le devoir d’obéissance à Allah et à son Prophète, à force d’être rappelé, y est érigé en vertu suprême, certes, mais c’est dans un contexte militaire, de guerres, de batailles, et surtout de trahisons et de ruptures des traités appelant les contre-mesures les plus extrêmes, ainsi que la prudence, et la vigilance. Le respect des traités conclus impose même qu’il ne soit pas porté assistance à ses propres coreligionnaires résidant hors du territoire de la Communauté dans le cas où ils seraient agressés par une des parties signataires.</p>



<p>Deux versets sont à cet égard explicites des devoirs que les musulmans doivent aux pays qui les accueillent : les parties qui accueillent et qui soutiennent ceux qui ont cru, immigré, et lutté, sont considérées comme appartenant à la propre communauté des croyants. Ceci aurait dû normalement faire réfléchir les islamistes, en particulier ceux résidant au Danemark, en Suède, et en Grande-Bretagne, sur leurs manières de se comporter dans ces pays, et d’y affronter les parties hostiles. Mais dans ces pays, tout comme en Tunisie, il est clair que certains parmi ceux qui se sont arrogé l’interprétation du texte sacré dont ils tirent leur légitimité veulent la confrontation, parce que c’est là leur intérêt. Cette caste sacerdotale est étrangère à une religion censée l’avoir abolie mais pourtant elle est bien là, accrochée au pouvoir, elle s’est drapée dans la dignité de la démocratie et du suffrage universel, elle a constitué ses propres partis politiques, et maintient son électorat mobilisé grâce à des moyens d’information du financement desquels après plusieurs années on ignore toujours l’origine.</p>



<p>Des attentats ayant fait régulièrement des victimes parmi les serviteurs de l’Etat ont été perpétrés par des gens se réclamant des mêmes idées et usant des mêmes symboles qu’elle fait partager en les diffusant régulièrement sur les chaînes qu’elle contrôle, mais aucun de ses membres n’a jamais été ne serait ce qu’interrogé par la justice sur le sujet. Et après le dernier en date des attentats on s’est borné à parler d’un fond en faveur des familles des membres des forces de l’ordre victimes, de la loi sur la protection des forces de sécurité, dont on veut nous faire croire qu’il s’agit d’une arme imparable qui assurera leur invulnérabilité, et deux jours après, on en est passé à la phase ultime de l’enterrement, celui de l’oubli.</p>



<p>Abir Moussi avait invoqué une loi repoussée par le secrétariat du parlement sur la criminalisation des Frères Musulmans. En faisant abstraction du fait que Ghannouchi s’était réfugié à Londres pendant 20 ans et qu’il y a jusqu’à présent gagné tous les procès intentés contre ses détracteurs, c’était sans compter qu’une telle loi avait été repoussée par le Congrès des Etats Unis. Chacun en tirera toutes les conclusions qui lui semblent s’imposer. Mais la République de Dieu est en train de ressembler de plus en plus à celle de ses serviteurs.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>
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