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	<title>Archives des Hedi Baccouche - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Hedi Baccouche - Kapitalis</title>
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		<title>Hommage à Hafedh Tarmiz, vingt ans après sa mort (1931-2004)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jun 2024 06:13:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gommage à Hafedh Tarmiz, figure peu connue du combat pour l démocratie en Tunisie.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/06/hommage-a-hafedh-tarmiz-vingt-ans-apres-sa-mort-1931-2004/">Hommage à Hafedh Tarmiz, vingt ans après sa mort (1931-2004)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Quoique tardif, cet hommage à titre posthume de mon cher et regretté professeur au Lycée Cité Ezzahra à Sousse (l’actuel lycée Abdelaziz El-Béhi) dans les classes terminales (sixième et septième années de l’enseignement secondaire de l’ancien régime), feu Hafedh Tarmiz, vingt ans après son décès, relève du devoir de mémoire envers un militant et une figure de proue du mouvement étudiant tunisien, qui fut malheureusement relégué au lendemain de l’indépendance de la Tunisie malgré son militantisme pour l’émancipation de son pays du joug du colonialisme français et ses compétences multiples.</em></strong></p>



<p><strong>Adel Ben Youssef </strong>*</p>



<span id="more-13131923"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef.jpg" alt="" class="wp-image-13131935" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/06/Adel-Ben-Yioussef-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Hafedh Tarmiz vit le jour à Sousse le 30 octobre 1931&nbsp;dans une famille moyenne, sinon modeste.</p>



<p>Comme le voulait la tradition conservatrice de ce temps-là, ce fut le garçon, et non pas sa sœur aînée, qui fréquenta les bancs de l’école franco-arabe de Sousse. Rapidement, l’enfant se révéla studieux et brillant à tel point que son maître recommanda à son père de l’inscrire au concours d’entrée au Collège de Sousse avant de terminer la dernière année du cycle primaire. Et c’est ainsi qu’il accéda au Collège de Sousse qui dispensait à cette époque une double formation arabe et française.</p>



<p>Malheureusement, les événements dramatiques se succédèrent. La maison familiale fut bombardée au cours de la deuxième guerre mondiale. Le père décéda des suites d’une erreur médicale et le petit hôtel dont la propriété du fonds de commerce lui revenait fut squatté par son jeune apprenti. Hafedh Tarmiz n’avait alors que 14 ans et sa famille perdit quasiment toutes ses ressources. Mais, il s’accrocha à ses études.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Etudes primaires et secondaires à Sousse</h2>



<p>Au Collège de Sousse, au cours de la deuxième moitié des années 40, alors que se préparait la bataille décisive de l’indépendance, d’éminents enseignants veillaient à semer la graine du nationalisme chez leurs élèves. A la tête de ces dernières vint son jeune professeur d’arabe, qui vient de rentrer de la Sorbonne, feu Ahmed Ben Salah, qui sera, comme plusieurs élèves du lycée, son disciple et instigateur puis un ami très proche jusqu’à son décès en 2004.</p>



<p>Dans la foulée, Jean de Hautecloque, le plus belliqueux des résidents généraux français arriva à Tunis. Puis, les événements sanglants du 18 janvier 1952 éclatèrent et la rue s’embrasa.</p>



<p>Les élèves sur tout le territoire tunisien, déjà imprégnés de la chose publique, s’agitèrent dans tous les lycées et affrontèrent l’occupation française.</p>



<p>Le bilan était lourd. Des lycéens furent emprisonnés et d’autres renvoyés. Hafedh Tarmiz, qui devait passer son baccalauréat cette année-là, était de ces derniers. Et son rêve de poursuivre ses études faillit voler en éclats.</p>



<p>Mais grâce à l’encadrement des enseignants tunisiens, il se présenta aux épreuves du baccalauréat en candidat libre et obtint son diplôme en 1952. La même année, muni d’une bourse de l’Association caritative El-Kolla, il partit en France pour préparer une licence de d’histoire-géographie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Etudes supérieures&nbsp;en France </h2>



<p>A Paris, au 115 Boulevard Saint-Michel (le siège de l’Association des étudiants musulmans nord-africains, Aemnaf, et la cellule du Néo-Destour), où se réunissait l’élite nord-africaine, s’ouvrit un nouveau chapitre pour le jeune bachelier.</p>



<p>Au cours de l’année 1952-1953, les étudiants tunisiens dont la majorité se trouvait en France, s’étaient attelés à préparer le congrès constitutif de l’Union générale des étudiants de Tunisie (Uget) et lancèrent un journal dénommé <em>“L’Étudiant Tunisien”</em>.</p>



<p>Hafedh Tarmiz s’activa dans ce sens. Il fut membre aussi bien de la commission chargée de préparer ledit congrès que du comité de rédaction du journal clandestin. En juillet 1953, il fut élu membre du premier bureau exécutif de l’Uget.</p>



<p>Étant une organisation nationale engagée dès sa création dans le mouvement national, l’Uget se réclama d’une certaine indépendance vis-à-vis du parti nationaliste. A partir de cette orientation, plutôt à gauche du Néo-Destour, que commencèrent les divergences de Tarmiz avec Habib Bourguiba. La première confrontation entre le jeune étudiant et le futur président aurait eu lieu en 1955.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Confrontations avec Bourguiba</h2>



<p>Les pourparlers pour l’autonomie interne touchaient à leur fin. La dissidence yousséfiste (en référence au numéro 2 du Néo-Destour, Salah Ben Youssef) commençait à se faire sentir. Bourguiba, rentrant de son dernier exil parisien. Il voulait déjà tout contrôler, même la composition du bureau de l’Uget. Les étudiants n’étaient pas tous d’accord sur l’intervention du leader. Ayant eu vent de ce désaccord, ce dernier les réunit dans sa suite au Continental.</p>



<p>La tension fut forte. Chedly Zalila fut le premier à hausser le ton. Tarmiz, alors président de la Fédération de France de l’Uget, fut parmi les intervenants. Témoin oculaire, Hamed Zghal <sup>(1)</sup> dira dans ses mémoires <em>‘‘La génération de la révolution’’</em>, qu’en écoutant Tarmiz défendre la démocratie et le respect des élections, Bourguiba devint furieux et son cri se fit entendre dans tout l’hôtel.</p>



<p>Mohamed Harbi <sup>(2)</sup>, sociologue algérien et ancien conseiller de Ahmed Ben Bella, parle aussi de cet épisode. Il dit que&nbsp;<em>«Tarmiz fut chassé par Bourguiba de sa suite à coup de quolibets»</em>, rien que pour avoir refusé le changement de la composition du bureau syndical.</p>



<p>La deuxième confrontation intervint à la fin de l’année 1956. Bourguiba était chef du gouvernement et Tarmiz, secrétaire général de l’Uget. L’affaire cette fois-ci portera plus clairement la couleur des orientations politiques.</p>



<p>En effet, peu après le congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), tenu à Tunis du 20 au 23 septembre 1956, Bourguiba commença à cultiver une double crainte. D’une part, d’un virage à gauche du syndicat ouvrier suite à l’adoption du programme économique et social; d’autre part, de la montée d’un concurrent potentiel portant le nom de Ahmed Ben Salah. Il décida de l’écarter alors qu’il était en mission au Maroc et de le remplacer par Ahmed Tlili. L’Uget interpréta cela comme une mainmise du nouveau pouvoir sur les organisations nationales. Aujourd’hui c’est l’UGTT, demain ça sera au tour de l’Uget!</p>



<p>Les étudiants affichèrent donc leur opposition à cette manœuvre de Bourguiba, qui n’accepta pas cette attitude. Lors d’un meeting à El-Mallassine, quartier populaire à la lisière de la médina, il tire à boulets rouges sur les étudiants.</p>



<p>Mohamed Sayah<sup> (3)</sup>, qui fut parmi ceux qui prirent position contre Bourguiba, dira que Hafedh Tarmiz était celui qui paya seul le prix d’une décision collective. En effet, pour l’historien Mohamed Dheifallah <sup>(4)</sup>, la crise entre le gouvernement et les étudiants se solda par la présentation de Hafedh Tarmiz comme un bouc émissaire.</p>



<p>Il faut dire que les étudiants savaient déjà que l’Uget garantissait l’accès à des postes importants. La concurrence pour le poste de secrétaire général de l’Uget était donc rude en disant devant les membres de l’organisation estudiantine qui lui sont très proches : <em>«Qui c’est ce Tarmiz, dites lui qu’il se taise sinon je vais le ‘tarmizer’ (نطرمزو)»</em> en pensant à ‘le tamiser’ (c’est-à-dire le filtrer et l’éliminer)!</p>



<p>Dans ce contexte, Tahar Belkhodja aurait joué un rôle dans la déchéance de Tarmiz.</p>



<p>D’après Hedi Baccouche <sup>(5)</sup>, juste après cet épisode, Belkhodja rendra compte de toutes les activités de Hafedh Tarmiz à Bourguiba lequel devint convaincu de la nécessité de son écartement. Cerise sur le gâteau car l’Histoire est écrite par les vainqueurs, Belkhodja supprimera le nom de Tarmiz des documents du 4<sup>e</sup> congrès de l’Uget, tenu au mois de juillet 1957 <sup>(6)</sup>. A ce propos, il avait déclaré dans son entretien avec Michel Camau et Vincent Geisser :<em> «Il est vrai que le secrétaire général qui m’a précédé, Hafedh Tarmiz, était attaché à la personne de Ben Salah. Mon élection au secrétariat général répondait à une volonté de préserver l’Uget du conflit. L’Uget&nbsp;soutenait l’UGTT mais pas forcément Ben Salah. Je n’étais pas&nbsp;‘‘le&nbsp;candidat du parti’’ qui avait d’ailleurs son propre candidat: Mohamed&nbsp;Amamou. Je fus élu pour sauvegarder l’indépendance de notre organisation estudiantine vis-à-vis du parti, tout en soutenant Bourguiba&#8230;»</em> <sup>(7)</sup>. Il ajouta&nbsp;: «Toutefois, Bourguiba ne pouvait pas laisser&nbsp;évoluer une organisation&nbsp;telle que la nôtre en dehors du ‘‘système’’. Prétextant l’inauguration de&nbsp;nos nouveaux locaux, il nous a rendu inopinément visite, le 8 juillet 1957,&nbsp;et scellé ainsi la réconciliation.» <sup>(8)</sup></p>



<p>Ce fut la fin de la vie politique de Tarmiz, le début de celle de Belkhodja. Mais, le pouvoir Bourguibien ne pardonnera pas à Tarmiz sa prise de position. Car Hédi Baccouche rapporte que même plus de dix ans après, lors de la crise de l’expérience socialiste, la police lui sortit un témoignage qualifié de stalinien selon lequel il fut, sa vie durant, avec Tarmiz et contre Bourguiba.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’enseignant,&nbsp;l’opposant et le citoyen&nbsp;:</h2>



<p>A 25 ans, Hafedh Tarmiz fut écarté des premières lignes. Rentré au bercail, il se consacra à l’enseignement. Mais, il sera quand même élu au conseil municipal de sa ville natale plus d’une fois et il assurera la présidence du Stade Soussien (en 1964 et 1965).</p>



<p>Quand le socialisme trouvait encore écho, il fut nommé, en 1968, directeur d’administration centrale au secrétariat d’Etat de l’Education nationale sur ordre de son ancien professeur au Lycée de Sousse et ministre d’Etat, Ahmed Ben Salah. En juillet 1969, il fut décoré des insignes d’Officier de l’Ordre de la République. Toutefois, ce moment agréable ne va pas durer. En effet, suite à l’arrestation de <em>«l’architecte»</em>&nbsp;du coopérativisme des années soixante, le 9 septembre 1969, et son procès en mars 1970, Tarmiz se retire en silence du Néo- Destour (auquel il a adhéré depuis l’âge de 15 ans) et se consacre à l’enseignement et à la vie associative et culturelle à la Perle du Sahel.</p>



<p>Peu de temps après la fuite de Ahmed Ben Salah de la prison civile de Tunis en février 1973, Tarmiz s’entend bien avec les objectifs du Mouvement d’unité populaire (MUP) lancé par son ancien professeur depuis Paris, en mai 1973.</p>



<p>Devant le harcèlement de tous les sympathisants avec ce parti clandestin d’opposition au régime de Bourguiba (le procès célèbre de ses adhérents, entre juin et août 1977), il finit par se retirer définitivement de la scène politique et se contente d’évoluer au sein du syndicat de l’enseignement secondaire de Sousse.</p>



<p>D’octobre 1969 à 1992, il fut successivement professeur d’histoire-géographie au lycée de Garçons de Sousse, à l’Ecole normale d’instituteurs de Sousse et au lycée Cité Ezzahra (l’actuel lycée Abdelaziz El-Béhi), où il enseigna des générations d’élèves de Sousse et du Grand Sahel. A la fin de sa carrière professionnelle, il fut nommé directeur régional de l’Enseignement à Zaghouan jusqu’à son départ à la retraite en juillet 1992.</p>



<p>Retraité, Tarmiz restait chez lui où il se consacrait à sa petite famille, recevait des chercheurs en sciences sociales et politiques, des professeurs stagiaires…, qui préparaient leurs thèses ou mémoires pédagogiques, lisait, écrivait, allait au cinéma, voyageait et visitait ses amis et proches.</p>



<p>Lors de la préparation de ma thèse en histoire contemporaine sur <em>«L’élite tunisienne moderne&nbsp;: le cas des étudiants tunisiens de l’université française (1880-1956)»</em>, et au terme d’une série d’entretiens avec lui en 1998, il m’a confié ceci&nbsp;: <em>«Si nous, la génération des années 1930, on a milité pour l’émancipation de la Tunisie et l’autonomie des organisations nationales, la liberté d’opinion et d’expression, etc., vous</em> [la génération des années 1960 et 1970]<em>, vous êtes appelés à assurer la relève pour la sauvegarde de ces idéaux et principes nobles pour lesquels nous nous sommes battus, tout d’abord contre les autorités coloniales, puis contre le régime de Bourguiba et son parti unique…»</em>&nbsp;!</p>



<p>Hafedh Tarmiz décédera le 23 mai 2004 à l’âge de 73 ans. Aujourd’hui, une rue à Sousse sise à Sahloul porte son nom. Que son âme repose dans la paix éternelle et que Dieu tout puissant protège sa femme, ses enfants (Hasna, Assad et Emna), ainsi que leurs descendants.</p>



<p>S’il nous a quittés depuis une vingtaine d’année, ses bons souvenirs sont restés gravés à jamais dans la mémoire de sa petite famille, ses proches et tous ceux qui l’avaient connu de près ou croisé son chemin, ses amis et notamment ses élèves, qui lui sont tous redevables et dont je suis, car comme l’a dit Paul Valéry&nbsp;(1871- 1945) : <em>«Les bons souvenirs sont des bijoux perdus».</em> Ou encore Euripide, poète et homme de lettres grec&nbsp;(480- 406 avant J.-C.): <em>«Le temps n’efface pas la trace des grands hommes»</em>.</p>



<p><em>* Historien, université de Sousse.</em></p>



<p><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p><em>1- </em><em>حامد الزغل، جيل الثورة: ذكريات مناضل، سراس للنشر، تونس 2001.</em></p>



<p><em>2 &#8211; Mohamed Harbi, ‘‘Une vie debout’’, éditions La Découverte, Paris, 2001.</em></p>



<p><em>3- </em><em>المولدي الأحمر، محمد الصياح، الفاعل والشاهد، سراس للنشر، تونس 2012.</em></p>



<p><em>4- </em><em>محمد ضيف الله، الطلبة التونسيون ومخاضات الوطن في منتصف القرن العشرين، مكتبة تونس، تونس &#8211; 2016.</em></p>



<p><em>5 Hédi Baccouche, “En toute franchise”, Sud Editions, Tunis, 2018.</em></p>



<p><em>6 &#8211;</em><em>شهادة السيّد محمّد بلحاج عمر في مسيرة الاتحاد العام لطلبة تونس: شهادات بعض المؤسّسين والقياديين، سيمنارات الذاكرة الوطنية وتاريخ</em></p>



<p><em>الزمن الحاضر، مؤسسة التميمي، تونس 2010.</em></p>



<p><em>7 &#8211; Entretien réalisé&nbsp;par Michel Camau et Vincent Geisser en janvier 2002. <a href="http://www.habib-bourguiba.net/interview-tahar-belkhodja/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Transcription revue et corrigée par Tahar Belkhodja</a>. </em></p>



<p><em>8 &#8211; <a href="http://www.habib-bourguiba.net/interview-tahar-belkhodja/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ibid</a>.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/06/hommage-a-hafedh-tarmiz-vingt-ans-apres-sa-mort-1931-2004/">Hommage à Hafedh Tarmiz, vingt ans après sa mort (1931-2004)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Bataille au sein de l&#8217;Etat profond ou les néo-libéraux à la manœuvre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/03/tunisie-bataille-au-sein-de-letat-profond-ou-les-neo-liberaux-a-la-manoeuvre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2020 11:07:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie a aujourd’hui, jeudi 3 septembre 2020, un nouveau chef de gouvernement, Hichem Mechichi, un énarque ayant fait toute sa carrière dans la fonction publique. C’est le 3e locataire du Palais de la Kasbah en moins d’une année, après Youssef Chahed et Elyes Fakhfakh. Selon son discours d’investiture, mardi, à l’Assemblée des représentants du...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/03/tunisie-bataille-au-sein-de-letat-profond-ou-les-neo-liberaux-a-la-manoeuvre/">Tunisie : Bataille au sein de l&rsquo;Etat profond ou les néo-libéraux à la manœuvre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Elyes-Fakhfakh-Youssef-Chahed-Mehdi-Jomaa.jpg" alt="" class="wp-image-314863"/><figcaption><em>Elyes Fakhfakh / Youssef Chahed / Mehdi Jomaa.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>La Tunisie a aujourd’hui, jeudi 3 septembre 2020, un nouveau chef de gouvernement, Hichem Mechichi, un énarque ayant fait toute sa carrière dans la fonction publique. C’est le 3e locataire du Palais de la Kasbah en moins d’une année, après Youssef Chahed et Elyes Fakhfakh. Selon son discours d’investiture, mardi, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), il va poursuivre dans la même voie libérale ou socio-libérale de ses prédécesseurs.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-314859"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>Le concept d’État profond est a priori malsain parce qu’il est utilisé abusivement par les complotistes, l’extrême-droite et l’extrême gauche, mais dans cet article, sa signification est claire : il s’agit de lobbys non élus démocratiquement qui agissent derrière la scène politique.</p>



<p>L’auteur évoque dans ces lignes l’affrontement entre les partisans de l’Etat social et ceux d’une aile néolibérale, qui agit dans la sphère politique insidieusement et bien représentée, jusque-là, par 3 chefs de gouvernement : Mehdi Jomaa, Youssef Chahed et Elyes Fakhfakh. Le quatrième, qui ne semble pas envisager de changement, reste à mettre à l’épreuve.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’affaiblissement de l’Etat est devenu visible au quotidien</h3>



<p>Depuis 2011, le pays ne cesse de s’enfoncer dans une crise politique, économique et sociale. Pourquoi cette instabilité politique ? Qui pousse à la corruption et au développement de l’économie parallèle? Qui a intérêt à ce que l’insécurité devienne le sujet quotidien dans les cafés du pays ? L’affaiblissement de l’Etat est devenu visible dès que vous sortez de chez vous le matin. Les débats inutiles dans certains partis politiques et médias, comme celui récurrent sur l’identité, ont-ils pour objectif de détourner le regard des Tunisiens des vrais problèmes et défis qu’affronte le pays ?</p>



<p>Non, la bataille au sein de l’Etat profond ne concerne pas la lutte pour le pouvoir entre islamistes et progressistes ou laïcs… Cette bataille est autour des choix socio- économiques et du modèle de société pour un avenir proche…</p>



<p>L’élite tunisienne est aujourd&rsquo;hui composée de deux fronts, celui qui prône le statu quo: un État social et national dirigée par une haute administration que l’on pourrait presque qualifier de social-démocrate. En Face, le nouveau front arrivé sur la scène politique après 2011 incarné parfaitement par 3 chefs de gouvernement : Mehdi Jomaa, Youssef Chahed et Elyes Fakhfakh. Outre le fait qu’ils sont tous trois des ingénieurs franco-tunisiens, ce sont des managers néolibéraux, déguisés en socio- démocrates avec un discours rassurant sur les acquis des Tunisiens… Leur ambition est de réitérer l’expérience carrément néolibérale du Chili et de l’Argentine après la chute des dictatures…</p>



<p>Ces nouveaux managers tunisiens ont beaucoup compté sur un allié de poids : les islamistes d’Ennahdha, traditionnellement grand partisan de l’économie de bazar ou de l’économie compradore. Et c’est ainsi que les trois chefs de gouvernement nommés ci-haut étaient devenus presque les otages politiques des islamistes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Affrontement entre les néolibéraux et les partisans de l’Etat-social</h3>



<p>Dans la tradition néolibérale, l’Etat n’est pas tenu d’intervenir dans le champ socio-économique qu’à minima. Selon les néolibéraux, l’Etat serait coûteux, les fonctionnaires incompétents, les services publics désuets face à la concurrence. La bataille est aussi entre une bourgeoisie nationale qui défend ses monopoles et les nouveaux partisans de la mondialisation effrénée… Et l’UGTT dans tout ça…?</p>



<p>Depuis l’indépendance de la Tunisie, la centrale syndicale avait rompu avec la classe ouvrière et était devenue un syndicat de fonctionnaires… La crise qu’elle avait connue en 2008 avec les grévistes des mines de phosphates à Gafsa était une fâcheuse illustration de sa rupture avec les ouvriers. Aujourd&rsquo;hui avec cette crise de l’État profond, l’UGTT navigue à vue… Face à une situation socio-économique inédite que connaît le pays depuis 2011, elle est devenue un syndicat classique, malgré sa stratégie monopolistique, elle ne se préoccupe que des augmentations salariales et tente de jouer le rôle de modérateur entre les deux camps, employés et employeurs, mais elle ne parvient toujours pas à convaincre ses interlocuteurs…?</p>



<p>La corruption, l’économie parallèle et l’affaiblissement de l’État seraient pour les néolibéraux <em>«une méthode» </em>comme une autre pour arrimer leur navire…</p>



<p>La non-maîtrise des dépenses publiques, le déficit des entreprises étatiques, l’injustice fiscale mèneront le pays dans une impasse et c’est là que les néolibéraux interviennent avec l’appui des institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale…) et les créanciers privés pour exécuter leur plan …</p>



<p>Cet affrontement entre les néolibéraux et les partisans de l’ancien Etat-social n&rsquo;est ni déclaré, ni visible, c’est un affrontement à fleuret moucheté, personne ne doit blesser l’autre…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Accélération de l’orientation néolibérale en Tunisie depuis 2011</h3>



<p>L’année de 2011 a fait émerger une nouvelle classe bourgeoise qui voudrait bousculer l’ancienne… Depuis le début des années 1990, nous avons observé une accélération de l’orientation néolibérale dans les pays qui avaient affronté une instabilité (sécuritaire, terrorisme ou guerre civile) ou politique.</p>



<p>L’endettement est aussi un bon levier pour les partisans du <em>«démantèlement de l’Etat-social»</em>… Il faut reconnaître que cette bataille au sein de l’Etat profond n’avait pas commencé en 2011. Sa genèse remonte à la fin des années 1980… Au mois de septembre 1989, l’ancien Premier ministre Hédi Baccouche a déclaré à Sfax qu’«il faudrait un accompagnement social au Plan d’ajustement structurel (PAS)», passé avec le FMI… Quelques heures plus tard, il a été congédié.</p>



<p>Comme les néoconservateurs américains, ces politiques font feu de tout bois parce que l’une de leur stratégie est la<em> «fabrication»</em> de crises successives qu’elles soient institutionnelles ou économiques. Et les manipuler en amont et en aval… Autre spécialité des néolibéraux : l’inondation des médias et de l’espace public avec des débats inutiles, sur l’identité, l’insécurité, le sentiment national… Parfois, ils soutiennent derrière les rideaux des petits partis extrémistes ou des think-tanks bienveillants… Et enfin, leur plus grand étendard est le mot magique de liberté, la liberté sans responsabilité sociale, bien sûr…</p>



<p>Il faudrait dire que les régimes pseudo-socialistes de certains pays arabes – qui étaient, en fait, des régimes de juntes militaires (Nasser, Saddam Hussein…) leur ont donné du grain à moudre en confondant étatisation et nationalisation des entreprises: dans une entreprise nationalisée, c’est le conseil d’administration qui décide avec un directeur général, un contrat d’objectifs avec l’Etat. Or, dans une entreprise <em>«étatisée»,</em> ce sont les ministres et leur administration qui gèrent directement le bien public… La nuance n’est pas claire pour de nombreux décideurs…</p>



<p>Enfin, arrêtons de confondre le capitalisme du XIXe siècle avec le libéralisme triomphant après la 2e guerre mondiale et l’offensive néolibérale des années 1980 avec l’ancien président américain Ronald Reagan et la Première ministre britannique Margaret Thatcher. À titre d’exemple, l’Allemagne est un pays libéral, mais la cohésion sociale est sacro-sainte. La centrale syndicale IG Métall vient de demander, récemment, à la chancelière Angela Merkel la semaine de travail de 4 jours. Pendant la crise de la Covid-19, celle-ci avait débloqué 500 milliards d’euros de soutien aux entreprises. Les entreprises américaines attendent toujours le plan de relance économique de Donald Trump.</p>



<p>Sur un autre plan, méfions-nous d’un autre concept à la mode en Europe : le social-libéralisme, une entourloupe<em> «sémantique»</em> derrière laquelle se cache des néolibéraux en herbe, qui resteront à jamais opposés à la régulation des marchés financiers et au rôle de l’Etat et des gouvernements dans les choix socioéconomiques et le modèle de développement… Leur slogan non-avoué est que le consommateur a déjà remplacé le citoyen.</p>



<p>Un ministre a débarqué un jour dans le bureau de l’ancien président Béji Caïd Essebsi pour lui dire : <em>«J’ai une banque privée étrangère disponible pour nous aider, mais ce sera elle qui mettra en place le Plan Quinquennal».</em> L’ancien président l’avait envoyé planter ses choux, pire, il fit <em>«fuité»</em> l’information via les médias. C’était l’affaire de l&rsquo;ancien ministre Yassine Brahim et de la Banque Lazard.</p>



<p>Une phrase de Ronald Reagan résume bien le cynisme néolibéral. Il avait prononcée à propos des SDF – les pauvres sans domicile fixe qui vivent dans la rue – : <em>«C’est un choix de vie»</em>.</p>



<p>Pour notre trio d’anciens chefs de gouvernement, le mot néolibéral n’est pas péjoratif, mais il semble que ce sont les corps intermédiaires qui avaient décidé de se liguer pour leurs mettre les bâtons dans les roues… Malheureusement, les dégâts causés par leur passage à la tête du gouvernement sont énormes…</p>



<p><em>* Ancien journaliste à Paris.</em></p>



<p><strong><em>Sources </em></strong>:<em> ‘‘Le Démantèlement de l’Etat Démocratique’’ de Ezra Suleiman, éditions Le Seuil, et ‘‘Foucault et Bourdieu et la question néo-libérale’’ de Christian Laval, éditions La Découverte.</em></p>



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