<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des hindouisme - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/hindouisme/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/hindouisme/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Oct 2023 07:12:59 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des hindouisme - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/hindouisme/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 07:12:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Arya Samaj]]></category>
		<category><![CDATA[Aryasamajis]]></category>
		<category><![CDATA[brahmanes]]></category>
		<category><![CDATA[Dayanand Saraswati]]></category>
		<category><![CDATA[hindouisme]]></category>
		<category><![CDATA[hindous]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Sikhs]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=10231753</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Inde étant en voie de devenir une puissance mondiale, on ne mesure pas encore toutes les conséquences de la montée du nationalisme hindou dans cet immense pays. . </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/">‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le mouvement de Dayanand Saraswati a non seulement échoué à supprimer le système des castes en Inde, mais il l’a aussi infecté avec le virus d’un nationalisme sectaire qui imprègne actuellement une grande partie de la population, ainsi que le BJP, le parti nationaliste hindou, actuellement au pouvoir. L’Inde étant en voie de devenir une puissance mondiale, on ne mesure pas encore toutes les conséquences de cette évolution. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-10231753"></span>



<p>Comment d’une religion idolâtre reflétant les forces cosmiques, encadrée par un clergé exerçant sur la pensée un contrôle absolu au nom du monopole de l’interprétation du texte sacré&nbsp;et enseignant une notion cyclique du temps, peut-il naître un courant monothéiste doté d’une vision linéaire du temps, et donc du sens (politique) de l’Histoire, et contestant la domination de ce même clergé au nom même du texte qu’il monopolise?</p>



<p>Ce n’est pas d’Akhenaton, de Moïse, ou de Mohamed qu’il s&rsquo;agit, mais d’un obscur prêcheur hindou originaire du Gujarat indien né en 1825, qui un jour à l’âge de 14 ans lors d’une cérémonie hindoue requérant le jeûne et la privation de sommeil, constata dans le temple, en présence d’une assemblée en majorité plongée dans le sommeil, comment une souris, animal impur pour les Hindous, venait consommer les offrandes déposée aux pieds de l’idole locale, en l’occurrence celle du Dieu Shiva.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur les voies du renoncement</h2>



<p>Cette révélation relativement à l’inanité de l’adoration des idoles fut le début d’une quête du savoir qui l’entraîna vers l’étude du sanskrit, puis à l’âge de 21 ans, après le refus du mariage arrangé par ses parents, sur les voies du renoncement et de la mendicité de par les routes de l’Inde, depuis Puna dans le Maharashtra jusqu’à l’Himalaya, afin d’entrer en contact avec les maîtres spirituels les plus connus de leur époque.</p>



<p>Au fil du temps il devint un grand tribun et un  redoutable polémiste utilisant les védas dans son argumentation, dénonçant les aspects les plus critiquables de l’Hindouisme, à savoir les pèlerinages et les bains dans les rivières, les offrandes aux idoles et l’idolâtrie, les castes, les mariages d’enfants, l’interdiction du mariage des veuves, le tantrisme ou culte de la jouissance sexuelle, tout en prônant surtout l’acquisition du savoir par l’instruction, et la foi en un Dieu unique créateur omnipotent et juge des actions humaines, récompensant les bons et châtiant les mauvais. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FRv0zyNbMp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=fmd5S3PVjN#?secret=FRv0zyNbMp" data-secret="FRv0zyNbMp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Evidemment cela lui valut une grande renommée, beaucoup&nbsp;de partisans, tout comme l’inimitié des Brahmanes, les prêtres hindous, dont il sapait la légitimité en dénonçant autant leur cupidité que leurs tentatives d’asseoir dans les esprits des superstitions chargées de pérenniser leur emprise.</p>



<p>Ainsi au cours d’une discussion, évoquant le trait blanc tracé sur les fronts des fidèles de Vishnou et censé les conduire au paradis, il supposa que le blanchiment de la totalité de la face aurait des résultats encore plus extraordinaires. Il fut victime de plusieurs tentatives d’assassinat, mais le dernier lui fut fatal. Néanmoins son succès le conduisit à créer un mouvement en 1875, l’Arya Samaj ou Société des Aryens, chargée de l’instruction des fidèles, de la prise en charge des orphelins, mais aussi de la protection de la vache. Et partout où il se rendait et enseignait, des sections locales étaient créées, afin de convertir les foules, et de les encadrer grâce à l’action sociale et à l’instruction.</p>



<p>Fut-il influencé dans l’établissement de sa révélation nouvelle par l’Islam, le Christianisme, et le Sikhisme, les trois grandes religions monothéistes en Inde? Probablement. Ses critiques des brahmanes ne diffèrent que peu de celles de<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Kabir</a> ou de Nanak. Des membres de la Théosophie, un mouvement considéré par beaucoup comme une supercherie, se sont pendant un certain temps au moins, intéressés à son mouvement, lui conférant une dimension internationale, en particulier lorsqu’il prêchait les valeurs éthiques communes à toutes les religions tout en en dénonçant les tares. Le fait qu’ils aient plus tard pris leur distance peut s’expliquer par le ton de plus en plus spécifiquement hindou du mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Communautarisme, nationalisme et séparatisme   </h2>



<p>La vision historique de l’Arya Samaj, tout à fait étrangère à l’Hindouisme, en considérant l’Inde comme un pays occupé par les étrangers, mérite l’attention. Si les étrangers en question sont bien à l’époque les Anglais, dont d’aucuns parmi les Hindous ont pris l’habitude de vanter les bienfaits de leur occupation pour le pays, les Musulmans sont tout autant considérés en tant qu’étrangers comme l’altérité nuisible, ou à tout le moins comme des Hindous convertis qu’il est licite de faire revenir à leur foi première, l’Hindouisme&#8230; tout comme les Sikhs d’ailleurs. Ainsi beaucoup de militants de l’indépendance, parmi ceux qui ont été exécutés ou sont morts dans les geôles anglaises, ont été Aryasamajis.</p>



<p>Néanmoins l’effort missionnaire visant les Musulmans et les Sikhs au Punjab a eu comme conséquences que ces communautés s’estimant à juste titre menacées ont développé leurs propres structures politiques et sociales pour résister. C’est ainsi que le communautarisme en est sorti renforcé, conduisant plus tard à la création du Pakistan, au mouvement séparatiste Sikh au Punjab, mais aussi à l’accession au pouvoir des partis nationalistes hindous contemporains, investis par les hautes castes défendant leurs intérêts.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UMVlmP3VYN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/embed/#?secret=DzICINKSmC#?secret=UMVlmP3VYN" data-secret="UMVlmP3VYN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est un Brahmane, Godsé, membre d’un parti nationaliste, le RSSS, qui a assassiné le mahatma Gandhi, mais ce sont des idées inspirées par l’Arya Samaj, ainsi que la perte de la vallée de l’Indus au bénéfice du Pakistan, qui expliquent son geste. Ce sont toujours ces mêmes Brahmanes, ainsi que le BJP, le parti nationaliste hindou, actuellement au pouvoir, qui ont mené les foules <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">détruire la mosquée à Ayodhya </a>en 1993.</p>



<p>Aujourd’hui l’Inde s’apparente pour les Musulmans à ce qu’était l’Allemagne pour les Juifs au temps des Nazis:&nbsp;exclusion, persécution, emprisonnement, lynchage.</p>



<p>Dayanand Saraswati&nbsp;avait certes eu pour objectif de débarrasser l’Hindouisme des scories de la superstition, de l’idolâtrie, de la misogynie, afin d’en faire le levier de la puissance de son pays. Néanmoins en cherchant à convertir les minorités, il voulait supprimer la diversité et créer un pays et un Etat exclusivement hindous. Ce faisant, tout en échouant à en supprimer le système des castes, il l’a infecté avec le virus d’un nationalisme sectaire qui imprègne actuellement une grande partie de la population. L’Inde étant en voie de devenir une puissance mondiale, on n’en mesure pas encore toutes les conséquences.&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’, K.C. Yadav Edition, 1987, 134 pages</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B0dpJggBz4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/">Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/embed/#?secret=ukl3bom8Ll#?secret=B0dpJggBz4" data-secret="B0dpJggBz4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/">‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Oct 2023 06:59:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[brahmanes]]></category>
		<category><![CDATA[brahmanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[hindouisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Kabir]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[mystiques]]></category>
		<category><![CDATA[Sikhs]]></category>
		<category><![CDATA[yogis]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=10080880</guid>

					<description><![CDATA[<p>Kabir ne fut ni Brahmane, ni Imam, ni Guru, il fut un représentant de la piété populaire indienne unissant hindous et musulmans. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/">‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le message de fraternité universelle de Kabir dans l’Inde dominée aujourd’hui par un parti politique sectaire hindou d’inspiration nazie, garde donc toute son actualité.&nbsp; En ce sens, s’il fut bien un mystique, le caractère personnel de sa quête du salut et son refus de toute autorité dans le rite en font toujours une alternative au fanatisme, au chauvinisme, et à l’intolérance.&nbsp;</em></strong> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-10080880"></span>



<p>Il y a toujours une difficulté indéniable à cerner un enseignement qui fait appel à des concepts philosophiques et religieux qu’en dehors de l’Inde l’on ne maîtrise qu’imparfaitement. Un exemple en est le bestiaire hindou où le singe constitue le caprice, le cygne la précision, le héron la trahison, et où le serpent, sourd de nature, danse en suivant les mouvements du musicien, et représente donc l’illusion.</p>



<p>La difficulté supplémentaire est que Kabir représente en Inde un cas atypique puisqu’étant tisserand, donc de basse caste, il empiète sur les prérogatives des Brahmanes, ces&nbsp;prêtres consacrés de l’hindouisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amour de Dieu</h2>



<p>Kabir fut il un soufi musulman ou un sage hindou du XVe siècle ? S’il fut musulman, il n’accorda jamais d’importance autre que symbolique aux versets du Coran, à la pratique religieuse et la célébration des rites, selon lui sans liens avec le plus important, l’éthique personnelle. S’il fut hindou, il s’attaqua au système des castes, à l’hypocrisie et à l’avidité des Brahmanes et des yogis,&nbsp;et au formalisme d’un rite dénué de sens.</p>



<p>La récitation des Vedas ne fut jamais pour Kabir un acte méritoire et la vache représenta parfois l’illusion, parfois l’ignorance, tout comme la distinction entre Turcs et Hindous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Tsa5PK271v"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=AyDI39vKc5#?secret=Tsa5PK271v" data-secret="Tsa5PK271v" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Néanmoins si Kabir utilise un vocabulaire complexe avec des allusions souvent difficiles&nbsp;à saisir que&nbsp;son inimitié avec les Brahmanes aide à comprendre, sa terminologie est fondamentalement&nbsp;hindoue puisque selon lui le salut se situe dans la fusion avec un maître indéfinissable de l&rsquo;univers,&nbsp;dont la révélation illumine comme la vision d’un diamant pur&nbsp; parfait. C’est évidemment le renoncement, la méditation et la contemplation qui y font accéder, mais le chemin en est ardu. Il faut oublier le besoin, la haine, la rancune, l’orgueil, l’égoïsme, l’avidité, l’ambition, et se concentrer sur le nom divin grâce à la poésie et à la musique célébrant l’amour de Dieu.</p>



<p>La notion la plus difficilement&nbsp;saisissable dans le contexte du monothéisme abrahamique bien entendu, c’est&nbsp; l’état de détachement où le bien comme le mal considérés de la même manière n’ont plus d’intérêt. Dans cette indifférence, où situer l’amour de Dieu, fondement&nbsp; de la mystique Soufi? Mais peut être&nbsp;cette égalisation du bien et du mal n’est-elle&nbsp;inspirée que par le détachement&nbsp; bouddhiste.</p>



<p>Cependant,&nbsp;&nbsp;pour peu que la fusion de l’âme dans l’Éternel soit la finalité de l’hindouisme, la vénération de son nom n’en constitue pas moins un acte méritoire chez les musulmans, et pas seulement soufis. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le salut de soi-même</h2>



<p>Kabir peut donc tout aussi bien avoir été un musulman soufi qui pour se faire comprendre par la masse hindoue fit appel à la symbolique qui lui est la plus familière, sans susciter chez lui aucune gêne. Mais le concept nouveau qu’il semble introduire dans cette dévotion pourtant personnelle, c’est bien celui d’un intercesseur qu’il appelle le Guru, seul à connaître et révéler les desseins du&nbsp;divin. Et cela étonne puisque d’un autre côté, il prétend établir une relation personnelle directe avec le divin dont le but est le salut de soi-même.</p>



<p>Néanmoins, le Guru de Kabir apparaît nimbé de mystère, et de toute évidence, il n’est pas humain. Dans le chiisme, l’intercesseur est l’imam, et il semble qu’il l’ait hérité du Zoroastrisme, dont en tant que religion des Aryens un substratum commun&nbsp; est partagé avec l’hindouisme, où l’acquisition&nbsp;de la connaissance se fait toujours sous l’autorité d’un Maître, en règle un Brahmane.</p>



<p>Kabir, n’étant qu&rsquo;un tisserand, n’était pas reconnu en tant qu’enseignant, et&nbsp; son antipathie pour les prêtres, les brahmanes, en fut exacerbée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5J7vluE4hT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/">Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/embed/#?secret=Tk49UmJfCo#?secret=5J7vluE4hT" data-secret="5J7vluE4hT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cependant, selon un récit apocryphe, grâce&nbsp;à un subterfuge, il a pu acquérir le cordon d’un célèbre yogi lui permettant d’enseigner. Se considérait-il lui-même comme un Guru? Il prétendait détenir la vérité et apprendre aux autres la voie de la libération. Néanmoins, l’institutionnalisation de la fonction du Guru, si on peut s’exprimer ainsi ne s’est faite que plus tard avec l’avènement de la confraternité sikh, ce terme voulant par ailleurs dire<em> «élève»</em>, qui prétendait gommer les différences de castes&nbsp;ou de religion entre musulmans et hindous. Mais si Kabir ne fut pas un gourou sikh, ces derniers n’hésitèrent pas à compiler plusieurs de ses écrits en les intégrant&nbsp;dans leur livre saint, le Guru Granth.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fraternité universelle</h2>



<p>Au final, s’il ne fut ni Brahmane, ni Imam, ni Guru, il fut un représentant de la piété populaire indienne unissant, quoiqu’on en dise aujourd’hui, hindous et musulmans, dans une même ferveur, comme par exemple lors du festival annuel célébré sur le tombeau de M&rsquo;uin&nbsp;al din Chishti, à Ajmer, et qui fut le théâtre d’un attentat à la bombe perpétré en 2007 par des fanatiques hindous.</p>



<p>Le message de fraternité universelle de Kabir dans l’Inde dominée aujourd’hui par un parti politique sectaire hindou d’inspiration nazie, garde donc toute son actualité.&nbsp; En ce sens, s’il fut bien un mystique, le caractère personnel de sa quête du salut et son refus de toute autorité dans le rite en font toujours une alternative au fanatisme, au chauvinisme, et à l’intolérance.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<h1 class="wp-block-heading"><em> »Kabir: Une expérience mystique au-delà des religions », de &nbsp;Michel Guay,&nbsp;éd. Albin Michel, Paris 2 mai 2012, 304 pages.</em></h1>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/">‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 06:57:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[hindouisme]]></category>
		<category><![CDATA[hindous]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Jawaharlal Nehru]]></category>
		<category><![CDATA[Mahatma Gandhi]]></category>
		<category><![CDATA[mosquée d’Ayodhya]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Vinay Lal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=5481169</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le cas de l'Inde démontre, même à l’ère de l’Internet, que l'Histoire est indissociable de la politique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La destruction d’un lieu de culte par une foule déchaînée est en soi un événement suffisamment rare au XXIe siècle pour ne pas attirer l’attention, quelles que soient les convictions ou les motivations. Lorsque cette destruction se fait sous les yeux impassibles de milliers de policiers, censés l’empêcher, c’est la politique de l’Etat en cause qui est questionnable.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-5481169"></span>



<p>L’affaire de la mosquée d’Ayodhya en Inde, rasée le 6 décembre 2003 par une foule composée de centaines de milliers d’excités venus de toutes parts à l’appel de partis politiques et d’organisations hindous, continue 30 ans après d’avoir des répercussions sur la paix civile, le système judiciaire, ainsi que les relations intercommunautaires en Inde.</p>



<p>Il est donc nécessaire d’analyser autant les ressorts psychologiques qui ont mené à cette&nbsp;frénésie collective contre une minorité religieuse, qui a fait dans les jours qui ont suivi près de 2000 morts, que les objectifs politiques poursuivis par l’État, constitutionnellement démocratique, qui à tout le moins ne l’a pas empêchée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Historiographie coloniale et conscience nationale</h2>



<p>L’objet du contentieux que les partis et les organisations culturelles hindous entretiennent contre les musulmans se rapporte en réalité à la lecture de l’Histoire, telle que rapportée au XIXe siècle par les historiens anglais Mill, McAuliffe, Elphinstone, et autres.</p>



<p>Selon ces auteurs les Hindous n’ont jamais été plus qu’une race grossière&nbsp;dénuée de toute conscience historique, la preuve en étant que, contrairement aux traités de philosophie, de mathématiques, de religion, de grammaire, de lois, aucun document se rapportant à des faits historiques n’ait jamais été rédigé par des Hindous, à l’exception d’un traité du XIIe siècle se rapportant à une dynastie du Kashmir. Cela expliquerait, selon les Anglais, leur manque de combativité, sinon leur caractère efféminé, ainsi que l’occupation continuelle de leur pays tout au long de l’Histoire par des étrangers, qui ne sont autres que les musulmans.</p>



<p>C’est à partir du XIXe siècle que les Hindous avec la dissémination des écoles anglaises et les progrès de l’éducation ont commencé à prendre conscience de leur histoire racontée par les Anglais, par le biais des plus éduqués parmi eux, en général des Bengalis. Et avec les deux guerres mondiales et la lutte pour l’indépendance, des historiens hindous tels que Munshi, Majumdar, Bankim Chandra, ont écrit le récit de l’épopée du peuple appelé à diriger l’Etat nation en devenir,&nbsp;promis à l’indépendance, l’Inde.</p>



<p>La plupart de ces historiens ont divisé l’histoire de l’Inde en trois époques, la première brillante&nbsp;hindoue, la seconde musulmane&nbsp;correspondant à la période sombre et se résumant dans les destins emblématiques de trois personnages hâtivement schématisés&nbsp;: Akbar le musulman éclairé, Aurangzeb le fanatique, et Shivaji le résistant hindou, la troisième moderne débutant avec l’arrivée des Anglais puis marquée par la lutte pour l’indépendance qu’ils ont appelée combat pour la liberté, et dont le personnage central a été le Mahatma Gandhi, adepte de la non-violence et promouvant la coexistence pacifique entre les différentes communautés vivant au sein de l’Inde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle controversé de Gandhi</h2>



<p>Cependant le rôle de Gandhi est demeuré controversé, certains historiens lui ayant attribué la&nbsp;responsabilité de la création du Pakistan et la perte conséquente de la vallée de l’Indus, tout en déléguant le mérite de l’indépendance aux combattants tels que Subhas Chandra Bose qui s’était rallié aux Japonais et avait créé l’Armée nationale indienne.</p>



<p>En fin de compte, Gandhi avait été assassiné par les chauvinistes Hindous de l’organisation paramilitaire RSSS&nbsp;(corps des volontaires hindous) justement pour ces mêmes raisons, selon eux la complaisance envers les musulmans et le Pakistan. Son assassin, Nathuram Godse, fut exécuté. Les chauvinistes hindous étaient subséquemment, de par ce crime qu’ils avaient inspiré, demeurés dans l’ombre pendant l’époque du pouvoir de Nehru, et de sa fille Indira, jusqu’en 1977, et après sa démission,&nbsp; les élections qui avaient suivi l’Etat d’urgence avaient été remportées par un parti nationaliste, le Janata Sangh présidé par Morarji Desai.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8hKKGKZTGm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=HI2oItfsy1#?secret=8hKKGKZTGm" data-secret="8hKKGKZTGm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est à ce moment-là que des voix au plus haut sommet ont commencé à se faire entendre pour la révision des manuels scolaires d’Histoire, jugés défavorables au caractère hindou de l’Inde. Mais c’est quelques années après, avec les protestations et les émeutes contre l’attribution de quotas d’inscriptions aux basses castes hindoues dans les universités, que le concept de l’<em>hindutva</em>, la nation hindoue, allait&nbsp; véritablement prendre son essor et aboutir aux triomphes&nbsp;électoraux des partis nationalistes hindous, et à la réécriture de l’Histoire qui en résulterait dans un sens valorisant la virilité de la nation à travers les combats menés contre les envahisseurs étrangers, autrement dit les musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La montée des partis nationalistes</h2>



<p>Comme dans le même temps ce concept de nation hindoue, définie par la religion, exigeait l’élaboration d’un récit historique millénaire, ses tenants ont jugé nécessaire de considérer les personnages jusque-là vénérés comme des héros et des dieux dans le Mahabharata et le Ramayana, des livres sacrés, comme de véritables personnages historiques, à l’instar des prophètes Jésus ou Mohamed, l’hindouisme devenant alors une religion révélée semblable au christianisme ou à l’islam. C’est ainsi que le Dieu Rama est devenu à leurs yeux un personnage dont le lieu de naissance se situerait à Ayodhya selon une version du Ramayana, au lieu même où la mosquée dite Babri objet du litige avait été érigée en 1528 par Mir Baqi, avec les matériaux issus de la destruction du temple hindou qui occupait les lieux, sur l’ordre à ce qu’on dit de l’empereur musulman Baber.</p>



<p>L’affaire de la mosquée qui est réapparue&nbsp;dans les temps modernes à partir de 1950 avec une plainte en justice en contestant la propriété, et l’introduction d’idoles dans le lieu du culte musulman, a donc opposé deux récits. D’une part, il y a celui des historiens séculiers&nbsp; pour qui il n’y a aucune preuve objective de l’existence ancienne d’un temple préalablement à la construction de la mosquée, ce que les fouilles réalisées après sa destruction ont bel et bien confirmé, tout autant d’ailleurs que les écrits de Tulsidas, un hindou renommé qui avait vécu à la même époque et qui n’aurait pas manqué de signaler un événement de cette importance.</p>



<p>D’autre part, il y a le récit des communalistes qui se basent sur les témoignages d’un prêtre chrétien jésuite (??!), Joseph Tiefenthaler, en 1750, puis, de plusieurs voyageurs anglais (!!!), pendant le XIXe et le XXe siècles, rapportant la vénération du lieu de naissance de Rama situé dans une mosquée portant à l’intérieur des symboles hindous du temple qui lui préexistait.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aLLvIuNsb3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/"> »Amritsar, Mrs Gandhi last battle » : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="«  »Amritsar, Mrs Gandhi last battle » : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/embed/#?secret=ap8B1D39LX#?secret=aLLvIuNsb3" data-secret="aLLvIuNsb3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il est vrai que les colonnes de la mosquée portaient effectivement de tels symboles mais les stupas bouddhistes ou les temples jains n’en étaient pas non plus dépourvus et rien n’interdit de penser que les matériaux disponibles issus de monuments anciens en ruine aient été utilisés&nbsp;dans ladite construction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle toxique des historiens</h2>



<p>Les écrits de PN Oak l’historien négationniste affirmant que le Taj Mahal et tous les monuments musulmans en Inde, et il y en a plus de deux mille, soient à l’origine des temples hindous détruits, sont dénués de toute preuve historique, et prennent même un caractère loufoque avec l’affirmation que la Kaaba, le Vatican, et même l’abbaye de Westminster, le soient tout autant.</p>



<p>Néanmoins, ces opinions à partir des Electronic Network de la communauté hindoue américaine sont aujourd’hui diffusées à l’échelle mondiale sur Internet et sont largement partagées par les militants de l’Hindutva. Elles expliquent largement que 30 années après la destruction de la mosquée à Ayodhya, aucun responsable politique n’ait été condamné. Plus que cela, la Cour Suprême indienne a statué qu’un temple hindou serait reconstruit à la place de la mosquée détruite.</p>



<p>Evidemment les écrivains séculiers qui défendent la laïcité de l’Etat ont utilisé des arguments rationnels contre ce qu’ils tiennent pour des mythes d’usage dangereux en politique. Sharma et Romila Thapar ont par exemple écrit que le <em>Rig Veda</em>, un des livres saints hindous, n’interdisait&nbsp;pas la consommation de viande de vache, et que les anciens aryens, tenus pour être les ancêtres des hindous, en mangeaient sans restriction, et cela remet évidemment en question la croyance la plus fondamentale des foules hindoues, celle du caractère sacré inviolable de la vache. Cela explique tout autant&nbsp; que ces historiens soient demeurés marginaux et leur argumentation à propos des mythes s’est avérée à double tranchant. Car en fin de compte, même l’histoire de l’Inde à l’époque musulmane contée par les écrivains <em>«objectifs» </em>s’est basée sur les écrits des Anglais&nbsp;reprenant ceux antérieurs des musulmans. Et si on se réfère&nbsp;à ces écrits, il n’y a&nbsp; pas eu plus de vingt quatre temples hindous détruits en 10 siècles, souvent parce qu’ils furent des nids de rébellion, tout comme le Temple d’Or d’Amritsar le fut en 1984 par l’armée indienne parce qu’il avait servi de refuge à des terroristes sikhs. Cela, ce sont les hindous laïcs qui l’ont affirmé. Et par ailleurs, l’empereur Aurangzeb considéré par les Anglais et les Hindous comme la brute fanatique musulmane par excellence avait employé à son service dans une proportion de près de 37% des clercs hindous, beaucoup plus que ne l’avait fait Akbar, tenu pour le modèle de tolérance musulmane; mais durant le règne du premier, tout comme celui du second, beaucoup de temples hindous avaient reçu des riches dotations et d’importantes sommes d’argent.</p>



<p>Le plus étrange demeure donc que dans la construction de leur identité nationale au début de leur indépendance politique, les Hindous aient utilisé les écrits des&nbsp; colonisateurs anglais. Dans ce cas, il est évident que l’invocation des mythes à usage politique ne soit que relative, et qu’entre les visions historiques du traditionaliste terroriste&nbsp;Vir Savarkar pour qui les musulmans doivent être chassés de l’Inde, et celle du moderniste&nbsp;libéral Jawaharlal Nehru garantissant le gouvernement du pays par la majorité hindoue grâce à des institutions démocratiques, il n’y a qu’une différence de degrés. Ce sont d’ailleurs les élections qui ont permis l’accession au pouvoir du parti nationaliste hindou, le BJP, qui grâce à ce qu’il appelle le registre national, est en train d’enfermer dans des camps de concentration dignes des nazis des millions de musulmans sous le prétexte de leur incapacité à établir leur nationalité.</p>



<p>Naturellement tout cela renvoie aux mécanismes de construction de la Vérité et ainsi que le cas indien le démontre, même à l’ère de l’Internet, celle-ci est indissociable de la politique, et l’Histoire est bien souvent son champ d’action privilégié. C’est dire combien le rôle des historiens pour résoudre une querelle politique puisse être hors de propos.</p>



<p><em>** Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><em><strong>‘‘The History of History: Politics and Scholarship in Modern India’’, de Vinay Lal, &nbsp;éd. Oxford University Press, 29 septembre 2005.</strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
