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	<title>Archives des Ibrahim Boubacar Keïta - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Ibrahim Boubacar Keïta - Kapitalis</title>
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		<title>La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2012, le Mali vit au rythme de l’insurrection des Touaregs du Front de libération de l’Azawad et le JNIM, lié à Al-Qaïda.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/la-descente-aux-enfers-du-mali-ne-sarrete-pas-depuis-2012/">La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis 2012, le Mali vit au rythme de l’insurrection menée par les Touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et le JNIM, groupe lié à Al-Qaïda. En 2020, des officiers soutenus par la Russie ont mené un coup d’État contre le pouvoir civil de Ibrahim Boubacar Keïta estimant que ce pouvoir soutenu par la France a échoué dans la lutte contre l’alliance des séparatistes et des djihadistes. Cependant, depuis six ans, la junte militaire qui a fait appel à Wagner -remplacé depuis par Africa Corps, un autre groupe paramilitaire russe- a elle-même complètement échoué et la situation n’a fait que se dégrader. </em></strong><em>(Photo : Monument à la gloire de l&rsquo;armée malienne à Bamako. AFP/Getty).</em> </p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18725773"></span>



<p>Dans une enquête sur la situation au Mali, <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/apr/30/mali-bamako-violence" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Guardian</a> évoque le <em>«Grand Bal de Bamako»</em>, nom donné par les organisateurs à la soirée du samedi 25 avril 2026 à l’Hôtel de l’Amitié, dans la capitale malienne, qui devait faire la une des journaux du pays.</p>



<p>De nombreux sponsors, dont Orange Mali, filiale locale de l’opérateur français, avaient financé l’événement. Les organisateurs espéraient qu’il démontrerait la capacité du Mali à organiser de grands événements malgré une crise sécuritaire qui sévit sur plusieurs fronts. La veille du concert, un convoi de voitures est venu chercher la tête d’affiche, le chanteur sénégalais Youssou N’Dour, lauréat d’un Grammy Award, à l’aéroport international Modibo Keita.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combats entre insurgés et forces de sécurité</h2>



<p>Finalement, N’Dour, l’une des voix les plus célèbres du continent, n’a pas pu se produire. Avant le début du concert, les invités se sont levés des tables nappées de blanc et ont quitté les lieux, après avoir appris que la junte au pouvoir avait imposé un couvre-feu de 72 heures dans toute la ville.</p>



<p><em>«Nous sommes confrontés à une situation qui nous échappe»</em>, a déclaré l’organisateur principal. Abdoulaye Guitteye a déclaré sur scène : <em>«Nous avons vraiment fait de notre mieux, nous avons essayé»</em>.</p>



<p>Le couvre-feu a été instauré en réponse à une attaque coordonnée contre plusieurs villes maliennes, menée par une alliance improbable de djihadistes et de séparatistes.</p>



<p>À Bamako, les habitants se sont réveillés à l’aube au son des tirs, le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le JNIM, groupe lié à Al-Qaïda, ayant pris pour cible l’aéroport par lequel N’Dour était arrivé. Selon certaines sources, la junte aurait accordé une autorisation spéciale pour la réouverture temporaire de l’aéroport afin que le chanteur puisse rejoindre Dakar.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6iJ30LAp57"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/26/troubles-au-mali-la-tunisie-doit-securiser-ses-frontieres-terrestres/">Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/26/troubles-au-mali-la-tunisie-doit-securiser-ses-frontieres-terrestres/embed/#?secret=SrOXVq46Jq#?secret=6iJ30LAp57" data-secret="6iJ30LAp57" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un kamikaze tue le ministre de la Défense</h2>



<p>À Kati, ville de garnison hautement sécurisée située à seulement 15 kilomètres de Bamako, de violents combats ont éclaté entre insurgés et forces de sécurité devant la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara. Un kamikaze a ensuite lancé une voiture piégée contre la propriété, tuant Camara et plusieurs membres de sa famille.</p>



<p>Depuis 2012, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des bandes criminelles locales et des groupes indépendantistes. Le JNIM a imposé un blocus de carburant sévère à Bamako l’année dernière mais celui-ci s’était allégé dans la période précédant les attaques du samedi 25 avril.</p>



<p>Camara était une figure clé de la junte et un russophone considéré comme l’artisan du rapprochement de la junte avec la Russie, en particulier son accord avec le groupe de mercenaires Wagner –qui s’est ensuite transformé en Africa Corps, contrôlé par le Kremlin– pour assurer la protection du régime et un soutien à la lutte contre l’insurrection.</p>



<p>À l’instar de ses voisins, le Burkina Faso et le Niger, le Mali avait expulsé les forces françaises et américaines après le coup d’État qui a porté la junte au pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il y a forcément des complices</h2>



<p>Les théories du complot se répandent librement : certains affirment que les djihadistes disposaient de sources proches de Camara qui les ont aidés à pénétrer dans son complexe lourdement gardé. <em>«Les militaires eux-mêmes admettent qu’il y avait forcément des complices»</em>, a déclaré au <em>Guardian</em> un consultant basé à Bamako, sous couvert d’anonymat.</p>



<p>Des attaques simultanées ont eu lieu dans des villes et des villages de tout le pays, notamment à Gao, Mopti, Sévaré et Bourem.</p>



<p>À Kidal, ancien bastion séparatiste près de la frontière avec le sud de l’Algérie, l’armée malienne et l’Africa Corps ont été submergées par les combattants. Les autorités algériennes auraient aidé les troupes à négocier leur retrait de la ville.</p>



<p>Ces attaques –les plus importantes perpétrées dans le pays depuis près de 15 ans– marquent une nouvelle escalade d’un conflit qui a débuté en 2012.</p>



<p>Des Touaregs, se sentant marginalisés depuis l’indépendance du Mali en 1960, ont alors lancé une offensive, aidés par des armes récupérées après la chute du régime Kadhafi en Libye. Des extrémistes du nord ont ensuite instrumentalisé le soulèvement et l’ont amplifié à tel point que les interventions de l’armée française et d’une force de maintien de la paix de l’Onu n’ont pas permis de rétablir l’ordre.</p>



<p>Ce conflit a également conduit à trois coups d’État successifs dont celui de mai 2021 qui a porté Assimi Goïta à la tête de l’État. Quelques années plus tard, il a retiré le Mali de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en même temps que ses homologues chefs de junte au Burkina Faso et au Niger.</p>



<p>Goïta est resté introuvable, alimentant les spéculations : les rebelles auraient-ils déjoué les plans des mercenaires turcs qui le protégeaient ? Ou bien aurait-il été destitué par ses complices putschistes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Russes à la manœuvre</h2>



<p>Mardi après-midi, Goïta a démenti les rumeurs en réapparaissant sur une photo le montrant en compagnie de l’ambassadeur de Russie, photo publiée par la présidence malienne sur X. Il s’est ensuite adressé à la nation, déclarant : <em>«Le plan meurtrier de l’ennemi a été déjoué»</em>. <em>«Ces attaques ne sont pas des incidents isolés mais s’inscrivent dans un vaste plan de déstabilisation conçu et mis en œuvre par des groupes terroristes et des commanditaires, tant extérieurs qu’intérieurs, qui leur fournissent renseignements et soutien logistique»</em>, a-t-il déclaré, reprenant le discours du ministère de la Défense russe, qui affirmait, sans preuve, avoir déjoué un coup d’État soutenu par les forces occidentales.</p>



<p>Les autorités de Bamako et de Moscou ont confirmé des pertes civiles et militaires, sans toutefois communiquer de chiffres précis. L’armée a également annoncé avoir tué plus de 200 terroristes.</p>



<p>Selon les analystes, les Russes vont désormais se concentrer sur la protection de la capitale et de la présidence. Le consultant basé à Bamako doute que la capitale puisse être prise compte tenu de la supériorité numérique des Russes mais il sait que la menace est omniprésente. <em>«Les djihadistes et les séparatistes connaissent les montagnes et les sentiers mieux que l’armée et se déplacent à moto. Ils maîtrisent la situation. Ils s’y étaient préparés»</em>, explique-t-il.&nbsp;</p>



<p>Tandis que la population poursuit ses activités quotidiennes, la ville reste en état d’alerte maximale. <em>«Ce matin encore, les enfants sont allés à l’école mais la panique règne et beaucoup de gens restent chez eux»</em>, a déclaré le consultant, qui vit dans une banlieue de Bamako et n’a pas quitté son domicile depuis samedi 25 avril.</p>



<p>Sur les réseaux sociaux, des vidéos circulent, montrant des djihadistes exhortant la population, en bambara (la langue la plus parlée du pays), à ne pas quitter la capitale. Une vidéo, accompagnée d’une musique entraînante, semble montrer un combattant en train de taguer les panneaux du gouvernement dans le centre de Kidal, tout en faisant le signe de la paix face à la caméra. <em>The Guardian</em> n’a pas pu vérifier l’authenticité de ces images.</p>



<p>Tout au long de la journée du samedi 25 avril, les organisateurs du concert ont résisté aux appels à l’annulation de l’événement face à l’évolution rapide de la situation sécuritaire, notamment parce que le lieu, situé à quelques rues de l’ambassade de France, est considéré comme l’un des plus sûrs de la capitale.</p>



<p>Cette volonté de maintenir le concert témoigne du désir, partagé par de nombreux habitants de Bamako, de mener une vie aussi normale et dynamique que possible. Cette attitude est encouragée par la junte qui cherche depuis longtemps à projeter une image de stabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Continuer à vivre malgré tout</h2>



<p>En décembre, alors même que le blocus des carburants bouleversait le quotidien de millions de personnes, une biennale se tenait dans la cité antique de Tombouctou. Et le week-end dernier, des couples ont célébré leurs mariages à Bamako malgré les violences.</p>



<p>Une habitante de Bamako, présente au festival de Tombouctou, a déclaré cette semaine : <em>«Voici ce que je dis aux gens : Soit nous choisissons de vivre, soit nous choisissons de rester terrorisés. Beaucoup ont également écrit sur les réseaux sociaux : Nous ne céderons pas, nous devons résister, nous devons continuer à vivre!»</em>.</p>



<p>Il est à indiquer que les groupes paramilitaires russes qui se sont succédés à savoir Wagner puis Africa Corps afin de soutenir la junte militaire pro-russe ont non seulement échoué à mater l’insurrection menée par l’alliance des séparatistes et des djihadistes mais ont perpétré beaucoup de crimes au nord du Mali comme nous l’avons vu dans un précèdent article intitulé <em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/12/les-crimes-sans-fin-des-mercenaires-russes-au-mali/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Les crimes sans fin des mercenaires russes au Mali»</a></em>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nv3apuA6WP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/12/les-crimes-sans-fin-des-mercenaires-russes-au-mali/">Les crimes sans fin des mercenaires russes au Mali</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les crimes sans fin des mercenaires russes au Mali » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/12/les-crimes-sans-fin-des-mercenaires-russes-au-mali/embed/#?secret=u5NBl6bV0M#?secret=nv3apuA6WP" data-secret="nv3apuA6WP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/la-descente-aux-enfers-du-mali-ne-sarrete-pas-depuis-2012/">La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Mali : des militaires sous pression internationale</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/22/mali-des-militaires-sous-pression-internationale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2020 10:24:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est sous la pression internationale que le nouveau CNSP s’est installé à Bamako, sous les applaudissements d’une partie de l’opposition, mais sommé par l’Onu de rendre le pouvoir aux civils. Par Hassen Zenati Mal assuré, visage rond, large moustache et barbe de plusieurs jours, enveloppé dans la tenue kaki des forces spéciales de l’armée malienne,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Assimi-Goita.jpg" alt="" class="wp-image-313073"/><figcaption><em>Assimi Goïta, le nouvel homme fort du Mali.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>C’est sous la pression internationale que le nouveau CNSP s’est installé à Bamako, sous les applaudissements d’une partie de l’opposition, mais sommé par l’Onu de rendre le pouvoir aux civils.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-313072"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p>Mal assuré, visage rond, large moustache et barbe de plusieurs jours, enveloppé dans la tenue kaki des forces spéciales de l’armée malienne, les <em>«bérets verts»</em>, une unité d’élite, dont il est le chef, sachant qu’il est un parfait inconnu au bataillon politique, commence par se présenter lui-même aux journalistes dans un décor spartiate: <em>«Je me présente: je suis le colonel Assimi Goita, président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP)».</em> Il donne ainsi un nouveau visage aux tombeurs la veille le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) – après le bref intermède assuré par le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l&rsquo;air, qui s’était présenté à chaud comme le porte-parole des putschistes. Suivent quelques phrases auto-justificatrices d’un coup d’Etat que personne n’a vu venir : <em>«Le Mali traversait une crise politique et sécuritaire»</em> (sous-texte : légitimant l’intervention de l’armée) et une promesse que l’on entend souvent dans la bouche de ceux qui fondent leur intervention sur les erreurs des autres en s’engageant à ne pas tomber dans les mêmes ornières: <em>«Nous n’avons pas le droit à l’erreur».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le colonel Goïta, un proche des Américains</h3>



<p>Assimi Goïta a la quarantaine. Il a participé à la formation Flintlock, assuré et financée par les Etats-Unis. Les plus attentifs l’ont même repéré posant aux côtés d’officiers américains, qui parlent de lui comme d’un <em>«partenaire clé».</em></p>



<p>Le CNSP, qui n’a apparemment aucune expérience politique, va devoir travailler sous le pesant fardeau de la pression internationale. Il est sommé de revenir à <em>«l’ordre constitutionnel»</em>, en libérant, pour commencer, le président Keïta et les autres dirigeants qu’il retient dans une villa d’un camp militaire proche de Bamako, à l’abri d’une éventuelle vindicte populaire, et en restituant le pouvoir aux civils.</p>



<p>Cependant, à la lecture des positions des uns et des autres, on se rend compte que le CNSP garde des marges de manœuvres pour satisfaire les uns sans mécontenter les autres, en poursuivant l’application de sa feuille de route, qu’il s’est gardé de détailler pour l’instant.</p>



<p>Il s’est contenté à minima d’affirmer que «tous les accords passés» seront respectés, et que toutes les forces engagées actuellement au Mali : la Minusma, la force anti-jihadiste française Barkhane, le G5 Sahel regroupant cinq pays de la région (Mali, Niger, Burkina, Tachad, Mauritanie), la force Takuba, groupement de forces spéciales européennes censées accompagner les Maliens au combat, <em>«demeurent nos partenaires»</em>.</p>



<p>Le CNSP s’est déclaré par ailleurs <em>«attaché au processus d’Alger»</em>, l’accord de paix signé en 2015 entre le pouvoir central et les groupes armés du nord du pays prévoyant notamment une décentralisation, l’intégration des groupes armés rebelles au sein de l’armée nationale, le développement des régions déshéritées, théâtres des affrontements.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La communauté internationale attachée au retour à la légalité constitutionnelle</h3>



<p>L’Union Africaine (UA) a suspendu le Mali «jusqu&rsquo;au retour de l’ordre constitutionnel». Le Conseil de sécurité de l’Onu, qui déploie une force de 15.000 hommes sur le terrain, la Minusma, aussi nombreuse qu’inefficace, convoqué à la demande de la France, a appelé à la libération<em> «immédiate»</em> du président renversé, et <em>«souligné la nécessité pressante de rétablir l’État de droit et d’aller vers un retour de l’ordre constitutionnel».</em></p>



<p>Les pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), dont l’échec de la <em>«médiation»</em> entre le pouvoir d’IBK et l’opposition, a sans doute convaincu les militaires de franchir le Rubicon, l’Union Européenne (UE), le Etats-Unis se sont alignés sur les mêmes positions. L’Algérie, qui partage 1400 km de frontières avec le Mali et a joué un rôle important dans les pourparlers de paix dans ce pays, <em>«réitère son ferme rejet de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement», </em>alors que le Maroc a appelé à une<em> «transition civile pacifique, permettant un retour rapide et encadré à l’ordre constitutionnel».</em></p>



<p>Chef d’orchestre de l’opération Barkhane, déclenchée en 2013 par son prédécesseur François Hollande, au nom d’un partenariat privilégié avec le Mali pour lutter contre les groupes jihadistes au Sahel, le président Emmanuel Macron, estime que <em>«la lutte contre les groupes terroristes et la défense de la démocratie et de l’État de droit sont indissociables. En sortir, c’est provoquer l&rsquo;instabilité et affaiblir notre combat. Ce n’est pas acceptable».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Connivence de l’opposition avec les militaires</h3>



<p>De l’autre côté de la barricade, l’opposition s’est rapidement ralliée aux militaires, qui lui auront tiré les marrons du feu. Elle manifestait depuis des mois en vain pour demander <em>«un changement démocratique»</em>. La répression qu’elle a subie a fait depuis juillet entre 11 et 20 morts. Sa connivence avec les militaires est pour l’instant évidente.</p>



<p>En effet, dès que l’armée a appelé la population à <em>«vaquer à ses occupations»</em>, cesser les pillages et le vandalisme pour revenir à une <em>«vie normale»</em>, de mystérieux mots d’ordre l’invitant à obtempérer ont fusé aux quatre coins du pays. Comme par miracle, tout semble être rentré dans l’ordre depuis mercredi sous l’œil vigilant des patrouilles lourdement armées.</p>



<p>Estimant que le coup d’Etat militaire <em>«parachevait»</em> sa propre lutte pour obtenir le départ d’IBK, la principale coalition d’opposition, le Mouvement du 5-Juin – Rassemblement de forces patriotiques (M5-RFP), <em>«prend acte de l’engagement» </em>du CNSP <em>«d’ouvrir une transition politique civile».</em> Elle a appelé la population à célébrer sa<em> «victoire»</em> dans la rue vendredi. Avec un double enjeu : montrer sa capacité de mobilisation au sein de la population, et assurer le CNSP d’une base populaire lui permettant de faire éventuellement face aux pressions internationales redoutées.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un pays dirigé comme une «fédération de familles»</h3>



<p>Depuis l’enlèvement du chef de file de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, le 25 mars dernier, c’est un imam charismatique, ancien président du Haut conseil islamique (HCIM) : Mahmoud Dicko, qui mène le combat contre le régime, après avoir réussi à coaliser autour de lui au M5-RFP des petits partis sans influence jusque-là, mais qui comptent désormais sur la scène politique. Son discours moralisateur surfe sur le ras-le-bol de la population à l’égard d’une guerre dont on présentait la fin proche, mais qui semble s’éterniser, la dégradation des services publics, la corruption généralisée, l’effondrement de l’emploi et de la production agricole.</p>



<p>Le multipartisme échevelé (176 partis) a dévoyé la démocratie malienne, qui de gouvernement d’union nationale, en gouvernement d’union nationale, n’a pas trouvé ses repères, se contentant de reprendre les mêmes pour recommencer à chaque fois que survenait une crise politique, en attendant la prochaine. Depuis des années, en effet, le pays est dirigé comme une <em>«fédération de familles»</em>, préoccupées par leurs seuls intérêts en tentant de tirer le maximum de profit de tout ce qui vient de l’étranger.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur sur le même sujet : </em></h4>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CwxHaUATGP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/19/mali-fin-de-partie-pour-ibk/">Mali : fin de partie pour IBK</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mali : fin de partie pour IBK » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/19/mali-fin-de-partie-pour-ibk/embed/#?secret=WrNrXY5KaE#?secret=CwxHaUATGP" data-secret="CwxHaUATGP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Mali : fin de partie pour IBK</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2020 10:08:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Boubou Cissé]]></category>
		<category><![CDATA[Comité national pour le salut du peuple]]></category>
		<category><![CDATA[coup d'Etat]]></category>
		<category><![CDATA[IBK]]></category>
		<category><![CDATA[Ibrahim Boubacar Keïta]]></category>
		<category><![CDATA[Ismaël Wagué]]></category>
		<category><![CDATA[Mahmoud Dicko]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
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		<category><![CDATA[opération Barkhane]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré l’intercession de ses pairs de l’Afrique de l’Ouest pour le sauver, le soldat IBK a dû jeter l’éponge devant une mutinerie, qui s’est transformée en coup d’Etat militaire, reprenant à son compte des revendications politiques et sociales qu’il ne voulait pas assumer. Par Hassen Zenati L’affaire s’est jouée en moins de vingt quatre heures....</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Ibrahim-Boubacar-Keita.jpg" alt="" class="wp-image-312601"/><figcaption><em>Ibrahim Boubacar Keïta démissionne pour épargner à son pays «l’effusion de sang»</em>.</figcaption></figure>



<p><strong><em>Malgré l’intercession de ses pairs de l’Afrique de l’Ouest pour le sauver, le soldat IBK a dû jeter l’éponge devant une mutinerie, qui s’est transformée en coup d’Etat militaire, reprenant à son compte des revendications politiques et sociales qu’il ne voulait pas assumer.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-312600"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p>L’affaire s’est jouée en moins de vingt quatre heures. Commencée mardi vers dix heures du matin par une révolte dans une garnison proche de la capitale Bamako, elle a rapidement évolué en mutinerie à huis clos, pour finir aux environs de minuit par un coup d’Etat en règle et le limogeage du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Arrêté à son domicile par les mutins qui avaient investi un à un les quartiers de la capitale, ne lui laissant aucune échappatoire, il est apparu à la télévision défait, le visage à moitié mangé par un masque chirurgical, les yeux hagards, s’en remettant <em>«à Allah le tout-puissant pour qu’il vienne en aide et sauve le Mali»</em>.</p>



<p>Auparavant, il avait remis sa démission aux nouveaux maîtres du pays, démis le gouvernement et dissout l’Assemblée nationale, en expliquant que s’il jette l’éponge, c’est uniquement pour épargner à son pays <em>«l’effusion de sang»</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Dans le schéma classique d’un coup d’Etat à l’africaine</h3>



<p>Dans la foulée, les nouveaux hommes forts du pays, dont on connaît peu de choses pour l’instant, ont appelé à une «transition politique civile», et promis des élections dans un <em>«délai raisonnable». «Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire»</em>, a déclaré sur la télévision publique ORTM, celui qui a été présenté comme le porte-parole des militaires, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air. Le précédent coup d’Etat au Mali date de 2012, avec le même canevas.</p>



<p>On est bien dans le schéma classique d’un coup d’Etat à l’africaine, dont les conséquences restent incertaines, alors que les pays de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) étaient impliqués dans une laborieuse <em>«médiation»</em> entre le pouvoir et l’opposition, que la France s’inquiète pour ses 5.500 soldats de la force Barkhane, engagée contre les jihadistes du Nord-Mali, et que l’Algérie, qui a une longue frontière avec ce pays, suit avec une attention soutenue une situation, qui peut à tout instant évoluer en drame. Les chefs d’Etat de la Cédéao doivent se réunir par vidéoconférence pour examiner la situation à la suite du coup d’Etat. Ils ont décidé dans un premier temps de fermer leurs frontières avec le Mali, afin de prévenir toute contagion.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le «mandat de trop» d’IBK</h3>



<p>À 75 ans, élu la première fois en 2013, réélu en 2018, IBK aura fait le <em>«mandat de trop»,</em> passant aux côtés des problèmes de fond submergeant son pays : la rébellion endémique des Touarègues du Nord, l’intégration économique et sociale des vastes régions déshéritées du pays, la professionnalisation de l’armée et sa réorganisation, le développement économique du Mali.</p>



<p>Depuis plusieurs mois des manifestants de l’opposition sillonnaient les rues en réclamant des <em>«changements démocratiques».</em> Ils se sont heurtés à une forte répression qui a fait plusieurs dizaines de victimes, et radicalisé le mouvement. Le 10 juillet, la troisième grande manifestation contre le pouvoir a dégénéré en trois jours en troubles meurtriers à Bamako, les pires qu’à connus la capitale depuis 2012. Ils ont fait 11 morts, selon le Premier ministre Boubou Cissé. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma – 15.000 hommes) parle de 14 manifestants tués. La principale coalition d’opposition le Mouvement du 5 juin du Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RPF) parle pour sa part de 23 morts. Les larmes aux yeux, IBK a expliqué qu’il avait œuvré depuis son élection en 2013 «à redresser le pays, donner corps et vie à l’armée malienne», de toute évidence sans convaincre.</p>



<p>Les pays de la Cédéao, qui ont engagé une médiation entre le pouvoir et l’opposition, pour contenir la contestation ont vu leurs propositions rejetées par les adversaires les plus résolus d’IBK, notamment le M5-RPF. Ils ont expliqué avoir <em>«constaté avec regret, que les recommandations de la Cédéao ne tiennent pas compte de la profondeur et de la gravité de la crise et ne correspondent aucunement aux attentes et aspirations du peuple malien».</em> Réfutant les conclusions de la Cédéao, <em>«ramenant la crise à un simple contentieux électoral de deuxième tour du scrutin législatif»</em> – à l’origine de la contestation –, ils ont exigé au préalable la démission d’IBK et appelé le <em>«peuple malien à demeurer mobilisé et déterminé pour la mise en œuvre de son droit constitutionnel à la désobéissance civile»</em>. Ils ont dénoncé <em>«les conséquences catastrophiques de la mauvaise gouvernance du président Keita, les violations récurrentes de la Constitution de son fait et sous son magistère, la confiscation des principes républicains garantissant l’alternance démocratique, en méconnaissance totale du Protocole de la Cédéao sur la démocratie et la bonne gouvernance».</em></p>



<p>Dirigée par l’imam Mahmoud Dicko, la coalition est qualifiée d’islamiste par le pouvoir d’IBK, un qualificatif utilisé comme <em>«un épouvantail islamo-terroriste, selon elle, pour diluer les revendications populaires républicaines et divertir le peuple malien qui a, depuis des siècles, opté pour la tolérance religieuse et la laïcité».</em></p>



<p>Les 15 présidents de la Cédéao avaient appelé les Maliens à<em> «l’union sacrée»</em> pour régler la crise qui ébranle leur pays depuis juin, en affirmant craindre une déstabilisation du Mali, qu&rsquo;ils considèrent comme l’épicentre de la menace jihadiste au Sahel. La médiation a été rejetée aussi par la Plateforme pro-Bamako et la Coordination des mouvements Azawad, qui revendiquent l’autodétermination et la création d’un état indépendant au Nord-Mali. En quelques semaines, IBK s’est retrouvé seul, isolé, au milieu d’une contestation populaire grandissant, qui avait commencé il y trois ans par la dénonciation du comportement de soldats français de Barkhane dans les quartiers pauvres du pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La France est totalement coincée</h3>



<p>À Paris, l’inquiétude est grande. Pour l’instant, la force Barkhane n’a pas été remise en cause par les responsables du putsch, qui ont affirmé au contraire, leur volonté de respecter les accords internationaux et de travailler dans le cadre du partenariat franco-malien de lutte contre le jihadisme au Sahel. Cependant, la donne politique ayant changé des évolutions peuvent survenir pour aboutir à un ajustement de ces accords militaires et revoir au moins partiellement le partenariat actuel. <em>«Pour la France, ce sera extrêmement compliqué de se maintenir»</em>, croit diagnostiquer un expert de l’Afrique, Antoine Glaser. <em>«La situation est bloquée et la France est totalement coincé»</em>, ajoute-t-il.</p>



<p>La crise malienne, récurrente depuis des décennies, mais relativement bien contenue, s’est soudainement aggravée après l’intervention de l’Otan, conduite par Paris, en Libye. Un flux d’armes s’est déversé de ce pays sur l’ensemble du Sahel, en plus du retour de milliers de soldats subsahariens entretenus par le régime de Mouammar Kadhafi, dont la plupart sont allés conforter les groupes jihadistes contre le pouvoir central.</p>



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