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	<title>Archives des isolationnisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des isolationnisme - Kapitalis</title>
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		<title>La politique étrangère des États-Unis, entre rupture et continuité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 08:05:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jamais la politique étrangère des États-Unis n’a suscité autant de critiques et d’incompréhensions que durant les mandats de Donald Trump. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/15/la-politique-etrangere-des-etats-unis-entre-rupture-et-continuite/">La politique étrangère des États-Unis, entre rupture et continuité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>Jamais la politique étrangère des États-Unis n’a</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>suscité autant de controverses, de critiques</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>et d’incompréhensions que durant les mandats du président républicain Donald Trump.</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>Même les alliés les plus solides des États-Unis se sont retrouvés déconcertés par les</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>décisions parfois belliqueuses et imprévisibles de son administration. Du rapprochement</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>avec la Corée du Nord, aux gestes d’amitié envers la Russie sur le dossier ukrainien – en</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>rupture avec les positions de l’O</em></strong><strong><em>tan</em></strong><strong><em> – jusqu’aux mesures de rétorsion contre certains</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>partenaires commerciaux historiques, la politique étrangère américaine semble osciller</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>entre rupture et continuité.</em></strong></p>



<p><strong>Noureddine Horchani</strong><strong> *</strong></p>



<span id="more-17670311"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Au&nbsp; milieu de cette confusion et face à l’imprévisible, notre article se propose de déceler un fil conducteur permettant de trouver de la cohérence entre des décisions de politique étrangère, en apparence contradictoires. Nous explorerons les fondements philosophiques, politiques et juridiques de la politique étrangère américaine afin de déterminer si les transformations apparentes traduisent un véritable changement de cap, ou simplement une adaptation conjoncturelle des mêmes principes stratégiques.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Les fondements philosophiques et politiques : entre le constant et le variable</h2>



<p>En principe, la politique étrangère américaine ne devrait pas être soumise aux aléas électoraux. Les grandes puissances définissent leurs orientations stratégiques sur le long terme.</p>



<p>Toutefois, la personnalité du président et les circonstances historiques peuvent influencer la mise en œuvre de cette politique sans en modifier profondément les fondements.</p>



<p><strong>1- Le multilatéralisme, pilier pragmatique de la diplomatie américaine</strong></p>



<p>Historiquement, les États-Unis ont toujours oscillé entre isolationnisme et multilatéralisme.</p>



<p>Si le discours isolationniste a souvent servi d’argument populiste, il a rarement résisté à la réalité des interdépendances internationales. Depuis George Washington jusqu’à Woodrow Wilson, l’Amérique a tenté de se tenir à l’écart des conflits européens avant de s’y engager par nécessité. Le wilsonisme, avec ses quatorze points, érigea la coopération multilatérale en principe doctrinal. Aujourd’hui encore, le slogan <em>«America First»</em> ne saurait masquer l’implication constante des États-Unis dans les affaires mondiales.</p>



<p>En fait, la politique étrangère américaine, oscillait en permanence, depuis le 5<sup>e</sup> président James Monroe en 1823, un chantre de l’isolationnisme, entre le repli isolationniste de façade et l’implication dans la coopération multilatérale.&nbsp;</p>



<p>Les prises de positions isolationnistes adoptées aujourd’hui en général par les administrations républicaines de la Maison blanche ne s’élèvent pas au rang de politiques ou de stratégies mais&nbsp; constituent des parenthèses vite refermées.</p>



<p>Le retrait américain de l’Unesco en soutien à Israël ou son retrait du traité de Paris sur le climat ont été annulés aussitôt les démocrates revenus au pouvoir.</p>



<p>En fait les présidents américains qui ont le plus prêché l’isolationnisme par populisme ont été les plus interventionnistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Entre illusion isolationniste et fatalité interventionniste</h2>



<p>Les tensions entre unilatéralisme et multilatéralisme traversent toute l’histoire américaine.</p>



<p>Même lorsque certaines administrations républicaines affichent une hostilité envers les organisations internationales comme l’Onu, l’OMS ou l’Unesco, il ne s’agit souvent que de stratégies de pression visant à imposer la ligne américaine.</p>



<p>En réalité, le multilatéralisme demeure la règle, l’unilatéralisme n’étant qu’une exception opportuniste. Comme le soutient si bien Bertrand Badie&nbsp;: <em>«</em><em>Le multilatéralisme constitue, pour le puissant aussi, la</em><em> </em><em>seule stratégie sensée dans un monde interdépendant</em><em>»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Le conflit israélo-palestinien : entre réalisme et légalité internationale</h2>



<p>Le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël constitue une constante stratégique.</p>



<p>Cependant, la guerre à Gaza et la réaction mondiale qui s’en est suivie ont amorcé une inflexion perceptible dans l’opinion publique américaine, y compris au sein du Parti<strong> </strong>démocrate.</p>



<p>Ce changement progressif pourrait, à terme, ouvrir la voie à une approche plus<strong> </strong>équilibrée de la politique américaine au Proche-Orient.</p>



<p>Attachée au réalisme nonobstant la<strong> </strong>couleur politique de ses artisans, la politique étrangère des États Unis ne saurait à terme<strong> </strong>ignorer l’émergence d’un mouvement universel pro palestinien qui nous rappelle mais<strong> </strong>en plus grande dimension, le mouvement de la jeunesse révoltée porteuse de nouvelles<strong> </strong>valeurs des sixtes dans le monde et de Mai 68 en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II. Le containment, une stratégie réaliste à toute épreuve</h2>



<p>La stratégie du containment ou endiguement est &nbsp;un autre fondement sur lequel repose la politique étrangère US. Elle a été conceptualisée par George Kennan puis théorisée par Kenneth Waltz.</p>



<p>Le containment est défini comme l’ensemble de mesures à caractère politique économique, culturelle et militaires, le cas échéant par pays interposés, appliquées à l’encontre d’une puissance hostile. Ce principe vise à contenir l’expansion d’une puissance rivale tout en maintenant l’équilibre des forces. Elle a guidé la politique étrangère américaine durant la guerre froide et continue d’influencer ses rapports avec la Russie et la Chine. Le succès du containment dans la chute de l’URSS illustre la pertinence durable de cette approche pragmatique. Mais le succès des stratégies américaines de politique étrangère n’auraient jamais pu se réaliser sans un socle juridique et constitutionnel les encadrant scrupuleusement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III. Les fondements constitutionnels et institutionnels de la politique étrangère américaine</h2>



<p>La Constitution américaine répartit les compétences en matière de politique étrangère entre le président et le Congrès, selon le principe du check and balance. Le Congrès dispose du pouvoir de déclarer la guerre, de ratifier les traités et de contrôler le budget, tandis que le président conduit la diplomatie au quotidien. En pratique, les circonstances exceptionnelles – guerres, crises internationales, attaques terroristes – ont souvent renforcé l’autorité de l’exécutif au détriment du législatif.</p>



<p>Les élites politiques américaines ont admis depuis des décennies, un relatif&nbsp;dépassement de&nbsp; l’esprit constitutionnel équilibriste et&nbsp;accordent dans certaines circonstances, au président ,confronté à l’urgence de l’actualité, une liberté de manœuvre qui ne tranche qu’en apparence avec l’orthodoxie constitutionnelle.</p>



<p>Pourtant&nbsp; malgré la montée en puissance de la personnalité du président Trump, à tout moment le Congres peut récupérer son leadership sur la politique étrangère en mobilisant les mécanismes constitutionnels que lui offre le texte constitutionnel et la pratique notamment le contrôle de l’allocation du budget fédéral.</p>



<p>Aujourd’hui encore le Sénat refuse de valider le budget 2026 proposé par l’exécutif à quelques jours de la fin de l’échéance de validation provoquant un shutdown (paralysie de l’administration fédérale privée de fonds financiers) que seuls les citoyens américains comprennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>L’analyse de la politique étrangère américaine montre que, malgré les discours populistes et<strong> </strong>les ruptures apparentes, ses fondements demeurent remarquablement stables. Le réalisme,<strong> </strong>plus que l’idéalisme, guide l’action des États-Unis. L’alternance entre démocrates et<strong> </strong>républicains modifie les styles, non les principes. Dans un monde interdépendant, le<strong> </strong>multilatéralisme reste un passage obligé, même pour la première puissance mondiale. Ainsi,<strong> </strong>la politique étrangère américaine oscille entre la recherche d’efficacité stratégique et la volonté de préserver son leadership global – une continuité sous des apparences de rupture.</p>



<p>Paradoxalement la gestion atypique &nbsp;de la politique étrangère par l’administration Trump, aussi chaotique et imprévisible soit elle, reposant sur la force brute, arrive à débloquer des situations complexes &nbsp;comme on l’a vu avec le plan Trump à propos du dossier de Gaza.</p>



<p>Ces <em>«</em><em>succès</em><em>»</em> tranchent avec l’inertie , les échecs et la stérilité des prédécesseurs du président Trump même si on est bien loin avec le plan Trump de tenir compte des droits inaliénables des palestiniens du fait que &nbsp;l’alignement à l’entité sioniste demeure une donnée stratégique.</p>



<p>Assistons nous aujourd’hui&nbsp; au triomphe de la philosophie du chaos <em>«</em><em>productif</em><em>»</em> chère aux néoconservateurs au pouvoir aujourd’hui aux USA et qui se démarque des politiques conformistes, conventionnelles et plus prévisibles qui ont caractérisé les précédentes administrations américaines &nbsp;?</p>



<p>* <em>Enseignant universitaire en science politique. Ancien cadre de banque. </em></p>



<p><strong>Références bibliographiques&nbsp;</strong><strong>:</strong></p>



<p><em>1. Waltz, Kenneth.&nbsp;Man, the State, and War: A Theoretical Analysis. 2001 edition,</em></p>



<p><em>New York, Columbia University Press.</em></p>



<p><em>2. Badie, Bertrand.&nbsp;L’impuissance de la puissance: essai sur les nouvelles relations</em></p>



<p><em>internationales. CERI &#8211; Centre de recherches internationales.</em></p>



<p><em>3. Parmentier, Guillaume. “Politique étrangère et politique intérieure aux Etats-Unis : Revue Politique Étrangère.</em></p>



<p><em>4.Gilles Vandal<strong>: </strong>Rev: <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/">Perspective Monde</a> ‘ “La politique du chaos du président Trump”.</em></p>



<p></p>
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		<title>La fin du rêve américain ou le cauchemar de la Statue de la Liberté</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/24/la-fin-du-reve-americain-ou-le-cauchemar-de-la-statue-de-la-liberte/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 10:01:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump à la Maison blanche annonce le triomphe du repli identitaire, de l’isolationnisme et de l’abandon des idéaux ayant fait la grandeur de l’Amérique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/24/la-fin-du-reve-americain-ou-le-cauchemar-de-la-statue-de-la-liberte/">La fin du rêve américain ou le cauchemar de la Statue de la Liberté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’avènement de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis annonce le triomphe du repli identitaire, de l’isolationnisme et de l’abandon des idéaux qui jadis faisaient la grandeur de l’Amérique&nbsp;: liberté, égalité et dignité.</em></strong></p>



<p><strong>Khémaïs Gharbi *</strong></p>



<span id="more-15270640"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Sous un ciel lourd, oppressant, chargé de nuages sombres qui semblent presser l’horizon, elle marche. Elle a déjà quitté les rivages de Manhattan. La Statue de la Liberté, ce monument d’espoir et de grandeur, avance lentement, une valise dans chaque main, symbole muet d’un exil qu’on n’aurait jamais cru possible. Elle s’éloigne de ce qui fut son royaume, son sanctuaire, ce port où tant d’hommes, de femmes et d’enfants ont cru voir leur salut. Aujourd’hui, pourtant, elle part. Cette image attribuée à Banksy est une déchirure. Elle n’est pas seulement une allégorie, elle est un avertissement brûlant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une valeur universelle abandonnée</h2>



<p>Son visage, bien que figé dans le bronze, semble chargé d’une mélancolie insoutenable. Car cette liberté-là n’a jamais appartenu à une seule nation. Elle parlait à tous : aux sans-papiers, aux sans-patrie, aux sans-voix, aux sans-avenir. À ceux qui, à bout de force, levaient les yeux vers elle et y trouvaient une promesse. <em>«Donnez-moi vos pauvres, vos exténués, vos masses accablées aspirant à respirer libres»</em>, disait-elle depuis le port de New York. <em>«Envoyez-les-moi, les sans-abri, les rejetés par la tempête. Je lève ma lampe près de la porte dorée.»</em></p>



<p>Ces mots gravés à son pied sont devenus un cri universel d’accueil et d’espoir. Mais aujourd’hui, ces promesses résonnent comme un écho lointain, fragilisé par les vents contraires : ceux de l’indifférence, de l’isolationnisme, et de l’abandon des idéaux qui jadis faisaient la grandeur de l’Amérique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la liberté se monnaie en bitcoins</h2>



<p>Elle s’éloigne donc, et son départ résonne comme une gifle. Elle marche, non pas parce qu’elle a renoncé, mais parce qu’elle ne se reconnaît plus ici. Les valeurs qu’elle portait – liberté, égalité, dignité – sont devenues des slogans vidés de leur sens, des mots que l’on agite pour mieux les ignorer. Pire encore, des penseurs à courte vue s’efforcent de remplacer ces grandes valeurs spirituelles, fondées sur l’humanité et la solidarité, par des valeurs bassement mercantiles. Et lorsque même celles-ci semblent insuffisantes, on les réduit à des abstractions numériques, des libertés en bitcoins qui n’ont plus de chair ni d’âme. Son piédestal, laissé vide, n’est plus qu’un vestige. Un symbole creux, perdu dans le tumulte d’une société déchirée par ses propres contradictions.</p>



<p>La liberté qui s’éloigne des rivages américains, jadis accueillants et hospitaliers, n’est pas en colère. Elle n’est pas là pour juger. Son départ est un acte de désespoir, mais aussi de lucidité. Elle sait qu’elle n’a jamais été acquise. Elle était une promesse, un idéal fragile qu’il fallait protéger, nourrir, réinventer sans cesse. Mais nous l’avons oubliée. Nous l’avons réduite à une icône statique, alors qu’elle était vivante. Nous avons cessé d’écouter son message.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un signal pour réinventer la liberté</h2>



<p>Et pourtant, je persiste à croire que son départ n’est pas une fin. Il est un avertissement, mais aussi une invitation à réinventer ce qu’elle symbolise. En quittant son socle, elle ne fait pas que dénoncer nos échecs: elle nous pousse à imaginer un nouvel avenir, une nouvelle manière d’incarner la liberté. Peut-être son message n’est-il pas destiné à l’Amérique seule. Peut-être est-il un appel adressé à toutes les nations, à toutes les consciences, pour construire un monde où ces idéaux ne sont plus enfermés dans le bronze, mais vécus au quotidien.</p>



<p>La liberté ne demande pas de revenir à un passé idéalisé. Elle nous rappelle qu’elle est vivante, qu’elle évolue, qu’elle se réinvente sans cesse. Les défis d’aujourd’hui – inégalités criantes, menaces climatiques, révolutions numériques, repli identitaire – ne peuvent être surmontés qu’en redéfinissant ce que la liberté signifie. Elle n’est pas un privilège individuel, mais une responsabilité collective.</p>



<p>Son départ, au fond, n’est pas une fuite mais un passage de relais. En laissant derrière elle son piédestal vide, elle nous confie la tâche de prendre sa place, de porter son flambeau. Être libre ne se limite pas à proclamer des droits; c’est aussi accepter les devoirs qui en découlent: protéger les plus vulnérables, bâtir des ponts là où d’autres érigent des murs, et ne jamais cesser de croire en la possibilité d’un avenir meilleur. Ainsi, son exil n’est pas un adieu, mais une prière silencieuse : que nous trouvions en nous la force de raviver la flamme qu’elle portait. Le rêve américain, comme tous les rêves, ne peut survivre que si nous le faisons vivre. Et la Liberté, où qu’elle aille, continuera de nous appeler, jusqu’à ce que nous répondions.</p>



<p><em>* Ecrivain et traducteur.</em> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/24/la-fin-du-reve-americain-ou-le-cauchemar-de-la-statue-de-la-liberte/">La fin du rêve américain ou le cauchemar de la Statue de la Liberté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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