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	<title>Archives des Jawaharlal Nehru - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Jawaharlal Nehru - Kapitalis</title>
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		<title>Inde &#124; La génération Z remet en selle Rahul Gandhi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 06:35:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Inde, la génération Z ébranle Narendra Modi et semble trouver en Rahul Gandhi son nouveau leader.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/08/inde-la-generation-z-remet-en-selle-rahul-gandhi/">Inde | La génération Z remet en selle Rahul Gandhi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis près de vingt ans, Rahul Gandhi, fils de Rajiv et petit-fils d’Indira, est dépeint comme un homme politique privilégié et inefficace voire raté, incapable aussi bien de relancer le Parti du Congrès que de concurrencer le Premier ministre Narendra Modi et de faire vaciller son pouvoir. Le dirigeant nationaliste dirige l’Inde d’une main de fer depuis mai 2014. Toutefois, la donne semble enfin changer grâce à la génération Z qui ébranle Modi et qui semble trouver en Rahul Gandhi son nouveau leader. Ce dernier assume enfin l’héritage de sa famille et tisse des liens avec de jeunes électeurs désabusés. Gandhi, va-t-il faire sa mue d’un chef de l’opposition faible à un chef de l’opposition coriace ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19590883"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une tribune publiée par le <a href="https://www.washingtonpost.com/opinions/2026/09/03/rahul-gandhi-indian-youth-are-reviving-opposition-modi/?itid=ap_rana-ayyub_article-list_1_0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a>, Rana Ayyub affirme que le paysage politique indien est témoin d’une transformation remarquable de l(image du chef de l’opposition, Rahul Gandhi, après qu’il ait été moqué et dénigré pendant des années de la part des partisans du Premier ministre Narendra Modi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gandhi, longtemps dépeint comme un héritier politique incapable de défier Modi, a commencé à se défaire de cette image l’année dernière, profitant notamment du mécontentement croissant des jeunes Indiens face au chômage, au coût élevé des études, aux fuites d’examens et à la diminution des perspectives d’ascension sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Relier les luttes quotidiennes des jeunes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ayyub attribue ce changement à l’émergence de la génération Z qui, selon elle, se détache de l’image stéréotypée de Gandhi et interagit avec lui d’une manière spontanée via les réseaux sociaux. Elle souligne également que Gandhi lui-même a modifié son image publique, abandonnant une image politique traditionnelle pour une tenue plus jeune, afin de se rapprocher d’une génération qui a le sentiment que l’ancienne classe politique ne comprend ni son langage ni ses problèmes.&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournant décisif remonte à la Bharat Jodo Yatra (La Marche pour l’unité de l’Inde), marche que Gandhi a entreprise à travers l’Inde et qui s’est achevée début 2023 et au cours de laquelle, ses échanges avec les étudiants, les chômeurs et les travailleurs précaires lui ont permis de prendre conscience de l’ampleur de la frustration économique chez les jeunes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>Washington Post</em> soutient que les récentes manifestations de la jeunesse ont offert à Gandhi une opportunité politique majeure, lui permettant de recentrer sa campagne sur les jeunes et d’aborder des problèmes tels que la fraude aux examens, le chômage et la hausse des frais universitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, il a lancé la campagne <em>«La Voix des Étudiants»</em>, étendant ainsi son action aux étudiants de centaines de villes indiennes. Il cherche également à relier les luttes quotidiennes des jeunes à un problème plus vaste à savoir la concentration des richesses, du pouvoir et des opportunités économiques entre les mains d’une minorité.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xLHn7MlASC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/inde-narendra-modi-perd-la-majorite-absolue-les-musulmans-soufflent/">Inde : Narendra Modi perd la majorité absolue, les musulmans soufflent!</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Inde : Narendra Modi perd la majorité absolue, les musulmans soufflent! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/inde-narendra-modi-perd-la-majorite-absolue-les-musulmans-soufflent/embed/#?secret=Zj2OkvwXbA#?secret=xLHn7MlASC" data-secret="xLHn7MlASC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’héritier des traditions démocratiques et laïques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, Gandhi a commencé à renouer avec l’héritage politique de sa famille plutôt qu’à le défendre. Il invoque l’histoire de son arrière-grand-père, Jawaharlal Nehru, Premier ministre de l’Inde, ainsi que les sacrifices de sa grand-mère, Indira Gandhi, et de son père, Rajiv Gandhi, pour se présenter comme l’héritier des traditions démocratiques, laïques et constitutionnelles, et non simplement comme l’héritier d’une dynastie politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayyub soutient que cela représente une tentative de renverser l’un des principaux arguments de Modi contre Gandhi, transformant l’histoire de sa famille, utilisée pour le dépeindre comme un politicien privilégié, en un moyen de souligner les sacrifices de sa famille pour l’Inde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayyub met toutefois en garde contre les limites de cette évolution notamment dans la relation de Rahul Gandhi avec la jeunesse musulmane. S’il s’exprime ouvertement sur la discrimination envers les Dalits*, il reste moins loquace sur la persécution des musulmans. Elle estime que si Gandhi veut convaincre les jeunes musulmans que sa défense de la Constitution et de la démocratie les inclut, il doit faire preuve de clarté dans ses déclarations publiques, au lieu de limiter ses véritables positions aux réunions de son parti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, Gandhi est largement parvenu à se défaire de l’image dénigrante que ses adversaires lui ont forgée. Cependant, se débarrasser de cette image de <em>«politicien raté»</em> ne signifie pas nécessairement qu’il soit désormais capable de construire une opposition forte au gouvernement de Modi. Son véritable défi réside dans sa capacité à transformer les divers problèmes auxquels sont confrontés les jeunes –du chômage aux fuites d’examens, en passant par l’impunité policière et la persécution des dissidents– en un seul enjeu politique lié à l’érosion des institutions démocratiques caractérisée par l’affaiblissement progressif des contre-pouvoirs et de l’État de droit par le pouvoir en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il y parvient, la génération qui a mis au jour la vulnérabilité du gouvernement Modi pourrait aussi avoir fait émerger le chef de l’opposition que Modi n’a jamais eu à affronter.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Les Dalits, encore appelés Intouchables, sont des groupes d’individus considérés, du point de vue du système des castes, comme hors castes et affectés à des fonctions ou métiers jugés impurs. L’Inde compte 200 millions de Dalits.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Cc0zjaDIZC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/28/le-nouveau-parti-populaire-des-cafards-secoue-linde/">Le nouveau Parti populaire des Cafards secoue l’Inde</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le nouveau Parti populaire des Cafards secoue l’Inde » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/28/le-nouveau-parti-populaire-des-cafards-secoue-linde/embed/#?secret=m3tQn7ylPs#?secret=Cc0zjaDIZC" data-secret="Cc0zjaDIZC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 06:57:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[hindouisme]]></category>
		<category><![CDATA[hindous]]></category>
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		<category><![CDATA[Jawaharlal Nehru]]></category>
		<category><![CDATA[Mahatma Gandhi]]></category>
		<category><![CDATA[mosquée d’Ayodhya]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Vinay Lal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cas de l'Inde démontre, même à l’ère de l’Internet, que l'Histoire est indissociable de la politique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La destruction d’un lieu de culte par une foule déchaînée est en soi un événement suffisamment rare au XXIe siècle pour ne pas attirer l’attention, quelles que soient les convictions ou les motivations. Lorsque cette destruction se fait sous les yeux impassibles de milliers de policiers, censés l’empêcher, c’est la politique de l’Etat en cause qui est questionnable.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-5481169"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire de la mosquée d’Ayodhya en Inde, rasée le 6 décembre 2003 par une foule composée de centaines de milliers d’excités venus de toutes parts à l’appel de partis politiques et d’organisations hindous, continue 30 ans après d’avoir des répercussions sur la paix civile, le système judiciaire, ainsi que les relations intercommunautaires en Inde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc nécessaire d’analyser autant les ressorts psychologiques qui ont mené à cette&nbsp;frénésie collective contre une minorité religieuse, qui a fait dans les jours qui ont suivi près de 2000 morts, que les objectifs politiques poursuivis par l’État, constitutionnellement démocratique, qui à tout le moins ne l’a pas empêchée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Historiographie coloniale et conscience nationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’objet du contentieux que les partis et les organisations culturelles hindous entretiennent contre les musulmans se rapporte en réalité à la lecture de l’Histoire, telle que rapportée au XIXe siècle par les historiens anglais Mill, McAuliffe, Elphinstone, et autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon ces auteurs les Hindous n’ont jamais été plus qu’une race grossière&nbsp;dénuée de toute conscience historique, la preuve en étant que, contrairement aux traités de philosophie, de mathématiques, de religion, de grammaire, de lois, aucun document se rapportant à des faits historiques n’ait jamais été rédigé par des Hindous, à l’exception d’un traité du XIIe siècle se rapportant à une dynastie du Kashmir. Cela expliquerait, selon les Anglais, leur manque de combativité, sinon leur caractère efféminé, ainsi que l’occupation continuelle de leur pays tout au long de l’Histoire par des étrangers, qui ne sont autres que les musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à partir du XIXe siècle que les Hindous avec la dissémination des écoles anglaises et les progrès de l’éducation ont commencé à prendre conscience de leur histoire racontée par les Anglais, par le biais des plus éduqués parmi eux, en général des Bengalis. Et avec les deux guerres mondiales et la lutte pour l’indépendance, des historiens hindous tels que Munshi, Majumdar, Bankim Chandra, ont écrit le récit de l’épopée du peuple appelé à diriger l’Etat nation en devenir,&nbsp;promis à l’indépendance, l’Inde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart de ces historiens ont divisé l’histoire de l’Inde en trois époques, la première brillante&nbsp;hindoue, la seconde musulmane&nbsp;correspondant à la période sombre et se résumant dans les destins emblématiques de trois personnages hâtivement schématisés&nbsp;: Akbar le musulman éclairé, Aurangzeb le fanatique, et Shivaji le résistant hindou, la troisième moderne débutant avec l’arrivée des Anglais puis marquée par la lutte pour l’indépendance qu’ils ont appelée combat pour la liberté, et dont le personnage central a été le Mahatma Gandhi, adepte de la non-violence et promouvant la coexistence pacifique entre les différentes communautés vivant au sein de l’Inde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle controversé de Gandhi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant le rôle de Gandhi est demeuré controversé, certains historiens lui ayant attribué la&nbsp;responsabilité de la création du Pakistan et la perte conséquente de la vallée de l’Indus, tout en déléguant le mérite de l’indépendance aux combattants tels que Subhas Chandra Bose qui s’était rallié aux Japonais et avait créé l’Armée nationale indienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de compte, Gandhi avait été assassiné par les chauvinistes Hindous de l’organisation paramilitaire RSSS&nbsp;(corps des volontaires hindous) justement pour ces mêmes raisons, selon eux la complaisance envers les musulmans et le Pakistan. Son assassin, Nathuram Godse, fut exécuté. Les chauvinistes hindous étaient subséquemment, de par ce crime qu’ils avaient inspiré, demeurés dans l’ombre pendant l’époque du pouvoir de Nehru, et de sa fille Indira, jusqu’en 1977, et après sa démission,&nbsp; les élections qui avaient suivi l’Etat d’urgence avaient été remportées par un parti nationaliste, le Janata Sangh présidé par Morarji Desai.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8hKKGKZTGm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=HI2oItfsy1#?secret=8hKKGKZTGm" data-secret="8hKKGKZTGm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à ce moment-là que des voix au plus haut sommet ont commencé à se faire entendre pour la révision des manuels scolaires d’Histoire, jugés défavorables au caractère hindou de l’Inde. Mais c’est quelques années après, avec les protestations et les émeutes contre l’attribution de quotas d’inscriptions aux basses castes hindoues dans les universités, que le concept de l’<em>hindutva</em>, la nation hindoue, allait&nbsp; véritablement prendre son essor et aboutir aux triomphes&nbsp;électoraux des partis nationalistes hindous, et à la réécriture de l’Histoire qui en résulterait dans un sens valorisant la virilité de la nation à travers les combats menés contre les envahisseurs étrangers, autrement dit les musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La montée des partis nationalistes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dans le même temps ce concept de nation hindoue, définie par la religion, exigeait l’élaboration d’un récit historique millénaire, ses tenants ont jugé nécessaire de considérer les personnages jusque-là vénérés comme des héros et des dieux dans le Mahabharata et le Ramayana, des livres sacrés, comme de véritables personnages historiques, à l’instar des prophètes Jésus ou Mohamed, l’hindouisme devenant alors une religion révélée semblable au christianisme ou à l’islam. C’est ainsi que le Dieu Rama est devenu à leurs yeux un personnage dont le lieu de naissance se situerait à Ayodhya selon une version du Ramayana, au lieu même où la mosquée dite Babri objet du litige avait été érigée en 1528 par Mir Baqi, avec les matériaux issus de la destruction du temple hindou qui occupait les lieux, sur l’ordre à ce qu’on dit de l’empereur musulman Baber.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire de la mosquée qui est réapparue&nbsp;dans les temps modernes à partir de 1950 avec une plainte en justice en contestant la propriété, et l’introduction d’idoles dans le lieu du culte musulman, a donc opposé deux récits. D’une part, il y a celui des historiens séculiers&nbsp; pour qui il n’y a aucune preuve objective de l’existence ancienne d’un temple préalablement à la construction de la mosquée, ce que les fouilles réalisées après sa destruction ont bel et bien confirmé, tout autant d’ailleurs que les écrits de Tulsidas, un hindou renommé qui avait vécu à la même époque et qui n’aurait pas manqué de signaler un événement de cette importance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autre part, il y a le récit des communalistes qui se basent sur les témoignages d’un prêtre chrétien jésuite (??!), Joseph Tiefenthaler, en 1750, puis, de plusieurs voyageurs anglais (!!!), pendant le XIXe et le XXe siècles, rapportant la vénération du lieu de naissance de Rama situé dans une mosquée portant à l’intérieur des symboles hindous du temple qui lui préexistait.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aLLvIuNsb3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/"> »Amritsar, Mrs Gandhi last battle » : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="«  »Amritsar, Mrs Gandhi last battle » : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/embed/#?secret=ap8B1D39LX#?secret=aLLvIuNsb3" data-secret="aLLvIuNsb3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il est vrai que les colonnes de la mosquée portaient effectivement de tels symboles mais les stupas bouddhistes ou les temples jains n’en étaient pas non plus dépourvus et rien n’interdit de penser que les matériaux disponibles issus de monuments anciens en ruine aient été utilisés&nbsp;dans ladite construction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle toxique des historiens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les écrits de PN Oak l’historien négationniste affirmant que le Taj Mahal et tous les monuments musulmans en Inde, et il y en a plus de deux mille, soient à l’origine des temples hindous détruits, sont dénués de toute preuve historique, et prennent même un caractère loufoque avec l’affirmation que la Kaaba, le Vatican, et même l’abbaye de Westminster, le soient tout autant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, ces opinions à partir des Electronic Network de la communauté hindoue américaine sont aujourd’hui diffusées à l’échelle mondiale sur Internet et sont largement partagées par les militants de l’Hindutva. Elles expliquent largement que 30 années après la destruction de la mosquée à Ayodhya, aucun responsable politique n’ait été condamné. Plus que cela, la Cour Suprême indienne a statué qu’un temple hindou serait reconstruit à la place de la mosquée détruite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Evidemment les écrivains séculiers qui défendent la laïcité de l’Etat ont utilisé des arguments rationnels contre ce qu’ils tiennent pour des mythes d’usage dangereux en politique. Sharma et Romila Thapar ont par exemple écrit que le <em>Rig Veda</em>, un des livres saints hindous, n’interdisait&nbsp;pas la consommation de viande de vache, et que les anciens aryens, tenus pour être les ancêtres des hindous, en mangeaient sans restriction, et cela remet évidemment en question la croyance la plus fondamentale des foules hindoues, celle du caractère sacré inviolable de la vache. Cela explique tout autant&nbsp; que ces historiens soient demeurés marginaux et leur argumentation à propos des mythes s’est avérée à double tranchant. Car en fin de compte, même l’histoire de l’Inde à l’époque musulmane contée par les écrivains <em>«objectifs» </em>s’est basée sur les écrits des Anglais&nbsp;reprenant ceux antérieurs des musulmans. Et si on se réfère&nbsp;à ces écrits, il n’y a&nbsp; pas eu plus de vingt quatre temples hindous détruits en 10 siècles, souvent parce qu’ils furent des nids de rébellion, tout comme le Temple d’Or d’Amritsar le fut en 1984 par l’armée indienne parce qu’il avait servi de refuge à des terroristes sikhs. Cela, ce sont les hindous laïcs qui l’ont affirmé. Et par ailleurs, l’empereur Aurangzeb considéré par les Anglais et les Hindous comme la brute fanatique musulmane par excellence avait employé à son service dans une proportion de près de 37% des clercs hindous, beaucoup plus que ne l’avait fait Akbar, tenu pour le modèle de tolérance musulmane; mais durant le règne du premier, tout comme celui du second, beaucoup de temples hindous avaient reçu des riches dotations et d’importantes sommes d’argent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus étrange demeure donc que dans la construction de leur identité nationale au début de leur indépendance politique, les Hindous aient utilisé les écrits des&nbsp; colonisateurs anglais. Dans ce cas, il est évident que l’invocation des mythes à usage politique ne soit que relative, et qu’entre les visions historiques du traditionaliste terroriste&nbsp;Vir Savarkar pour qui les musulmans doivent être chassés de l’Inde, et celle du moderniste&nbsp;libéral Jawaharlal Nehru garantissant le gouvernement du pays par la majorité hindoue grâce à des institutions démocratiques, il n’y a qu’une différence de degrés. Ce sont d’ailleurs les élections qui ont permis l’accession au pouvoir du parti nationaliste hindou, le BJP, qui grâce à ce qu’il appelle le registre national, est en train d’enfermer dans des camps de concentration dignes des nazis des millions de musulmans sous le prétexte de leur incapacité à établir leur nationalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Naturellement tout cela renvoie aux mécanismes de construction de la Vérité et ainsi que le cas indien le démontre, même à l’ère de l’Internet, celle-ci est indissociable de la politique, et l’Histoire est bien souvent son champ d’action privilégié. C’est dire combien le rôle des historiens pour résoudre une querelle politique puisse être hors de propos.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Médecin de libre pratique. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>‘‘The History of History: Politics and Scholarship in Modern India’’, de Vinay Lal, &nbsp;éd. Oxford University Press, 29 septembre 2005.</strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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