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	<title>Archives des Mahdi Elleuch - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mahdi Elleuch - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#8211; Rencontre-débat : «Un président omnipotent… Et maintenant ?»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2022 12:43:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Ben Haj Yahia]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mahdi Elleuch]]></category>
		<category><![CDATA[Maher Hanin]]></category>
		<category><![CDATA[Maryam Ben Salem]]></category>
		<category><![CDATA[Nachez Dissonances]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré l’euphorie de surface qui semble porter encore le président Kaïs Saïed, la fracture sépare une société exsangue d’un État bavard.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/27/tunisie-rencontre-debat-un-president-omnipotent-et-maintenant/">Tunisie &#8211; Rencontre-débat : «Un président omnipotent… Et maintenant ?»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Le pays est fracturé comme jamais; non pas divisé, mais fracturé. Voilà le constat premier qui s’impose plus d’une année après l’état d’exception instauré par Kaïs Saïed (KS) depuis le 25 juillet 2021. Malgré l’euphorie de surface qui semble porter encore le président de la république, la fracture sépare une société exsangue d’un État bavard».</em></strong> <em>(Ph. Reuters).</em></p>



<span id="more-4281730"></span>



<p>C’est en ces termes que les responsables de l’association Nachez Dissonances organise une rencontre sur le thème&nbsp;: <em>«Un référendum, une constitution, un président omnipotent… Et maintenant&nbsp;?», qui se tiendra samedi 1<sup>er</sup> octobre 2022, à partir de 9h30, à l’espace El Téatro, au Belvédère, à Tunis. &nbsp;</em></p>



<p>On annonce la participation de Maryam Ben Salem, politologue universitaire, Mahdi Elleuch, chercheur, chroniqueur à Legal Agenda, et Maher Hanin, chercheur en philosophie sociale.<br>Nous reproduisons ci-dessous la note de présentation de cette rencontre qui sera animé par Fathi Ben Haj Yahia.</p>



<p>Le paysage politique – partis et <em>«société civile»</em> – s’apparente à un archipel. Depuis longtemps déconnecté des mouvements sociaux, il est soufflé par les vents contraires.</p>



<p>Un autoritarisme de type nouveau, monopolise aujourd’hui l’État. KS, engagé dans une course folle pour imposer son projet au pays et à la société, a procédé au redéploiement de l’article 80 pour en faire une <em>«constitution»</em> et pérenniser (ou normaliser) l’état d’exception sous la forme d’un présidentialisme échevelé. Tout en veillant à effacer l’identité civile de l’État, il se pose en interprète des normes sociales dans le sens du conservatisme religieux qu’il avait explicitement affiché à maintes occasions (entretien à <em>Echaraa Al-Magharibi </em>en 2019, discours du 13 août 2020, allocution à l’aéroport en juin 2022).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Reconduction de pratiques d’ancien régime</h2>



<p>L’emphase du verbe révolutionnaire répétée <em>ad nauseam</em> cache mal la reconduction de pratiques d’ancien régime: ancien régime, le pouvoir d’un seul; ancien régime, la police omniprésente; ancien régime, les choix économiques; ancien régime, le mépris des corps intermédiaires et de la société civile&#8230;</p>



<p>Pour le reste, les réformes sociales sont, pour l’heure, purement discursives; la lutte contre la corruption se réduit à des rodomontades ou à des règlements de compte (contre les juges, par exemple).</p>



<p>Quant à la politique extérieure, elle baigne dans le cafouillage, dans un contexte gros de périls. Même si, se profilent quelques alignements géopolitiques encore ambigus.</p>



<p>Pour autant, la notion de <em>«restauration»</em> ne suffit pas à épuiser le sens du <em>saïedisme</em> qui peut encore se prévaloir d’un soutien populaire relatif, mais réel.</p>



<p>À l’heure qu’il est, on est bien en présence d’un régime populiste adossé aux deux piliers de la violence d’ancien régime: la police de Ben Ali et l’armée (en surplomb).</p>



<p>Face à cette nouvelle donne, l’opposition des vieux partis de la décennie écoulée est écartelée et semble tourner à vide, incapable d’inverser le rapport de force politique comme l’ont prouvé, d’une certaine manière les résultats du référendum. Les suffrages se prêtent, en effet, à plusieurs interprétations : s’ils n’assurent guère de légitimité réelle au chef de l’État, ils ont également dévoilé l’assise populaire étriquée de l’ancien establishment partidaire.</p>



<p>• D’abord les tenants de la <em>«légalité»</em> défunte et du statut quo ante institutionnel : les mobilisations répétées démontrent juste un fait connu d’avance : les troupes d’Ennahdha existent encore, mais elles sont clairsemées et n’ont plus le mordant de naguère. Quant aux nouveaux alliés de l’ancienne troïka parlementaire, ils servent de cache-misère et de porte-parolat à un islam politique glissant sur la pente du déclin et contraint au profil bas.</p>



<p>Dans ce conglomérat, le mélange des genres, des figures et des mots (d’ordre) est moins le signe d’un engrenage vertueux ou d’un nouveau 18-Octobre, que du désarroi consécutif à la faillite de la troïka parlementaire qui a jeté le pays dans les bras de KS.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une légalité usée jusqu’à la corde</h2>



<p>• Guère très loin, on trouve le quintet ou le marais social démocrate flanqué de micros formations du post-gauchisme qui rejettent le diktat de KS tout en refusant le retour à une légalité usée jusqu’à la corde. Cette alliance est à son tour fragilisée par son incapacité à impulser une mobilisation d’envergure. Aux yeux de l&rsquo;opinion du <em>«peuple»</em> ou de la rue (figures interchangeables en ces temps de brouillard lexical), ces formations sont tout aussi comptables de <em>«la décennie noire»</em>.</p>



<p>Ainsi va l’histoire, rusée ou injuste : de la même manière que KS est investi d’une aura du combattant (contre la misère, la corruption et des suppôts d’ancien régime) qu’il n’a jamais été, ceux-là même qui ont dénoncé les turpitudes d’Ennahdha et consort sont voués aux mêmes gémonies que leurs adversaires. Ravages du ressentiment populaire contre le <em>«système»</em>.</p>



<p>Pour l’heure, cette composante démocratique et sociale de l’opposition s’attelle à donner corps à une nouvelle coalition et peaufine ses mots d’ordre de résistance. Et surtout à raviver une mobilisation aujourd’hui poussive, voire introuvable.</p>



<p>• <em>Last but not least</em>, le pôle Abir Moussi, si l’on peut parler vraiment de pôle. Acculée à courir derrière un électorat hier prometteur et aujourd’hui captif de KS, Moussi pâtit à l’évidence de la monopolisation par ce dernier de la posture populiste et se retrouve réduite à l’incantation incohérente : un anti-islamisme intact, la mise en cause de la légalité du président et les appels au reste de l’opposition à la fois courtisée (cf. la proposition de pacte anti-KS) et conspuée pour son attachement à une révolution responsable de tous les malheurs selon la passionaria des sondages, aujourd’hui en perte de vitesse.</p>



<p>Paysage éclaté sur fond de crise</p>



<p>Ce paysage éclaté se déploie sur fond de crise économique et sociale endémique qui menace de mener le pays vers la banqueroute.</p>



<p>En contre-champ, se profile une UGTT retranchée sur sa fonction corporatiste après avoir capitulé en rase campagne (sous la pression d’une partie de ses cadres et du chantage présidentiel) et renoncé à un rôle politique arbitral garant jusque-là d’un certain équilibre démocratique.</p>



<p>Le mouvement féministe (qui est le premier dans le viseur du nouveau cours réactionnaire) et les composantes actives de la société civile semblent également réduites à la guéguerre des communiqués quand elles ne sont pas en proie aux dissensions internes (cf. la déconfiture de la LTDH).</p>



<p>L’expression politique des nouveaux activistes issus de la gauche semble également en berne depuis les années Manich msameh. La liberté négative qu’ils ont acquise en s’émancipant des carcans du post-gauchisme n’ouvre pas jusque-là sur l’émergence d’un nouvel acteur qui pèse sur la scène vieillie de leurs aînés.</p>



<p>Au-delà de ces différents acteurs, l’atonie aurait-elle gagné les mouvements sociaux, rattrapés par la lassitude ou réduits au silence par la déferlante populiste, après une décennie d’effervescence ? On a pu le penser un moment : janvier 2022 n’a-t-il pas dérogé à la règle par rapport aux mobilisations régulières tout au long des dernières années et surtout par rapport à la levée de la jeunesse de janvier 2021 ? Gageons que la lutte des classes, il n’y a pas d’autre mot, reprendra ses droits dans les mois qui viennent : ça et là dans les quartiers populaires, déjà la colère monte contre l’inflation et la pénurie.</p>



<p>Le tableau est sombre. En fait, le pays est entré dans une zone de turbulences sourdes, grosses de périls et de promesses. On ne peut se résoudre à penser que le 17 décembre et le 14 janvier n’auront été qu’une parenthèse, un défouloir social et politique grandeur nature avant le retour de l’ordre établi et des atavismes autoritaires. La révolution a bien eu lieu et les jeux sont loin d’être faits.</p>



<p>Mais ce credo ne peut pas nous dispenser de dévisager la crise sans précédent qui frappe tous les secteurs de la vie sociale et politique. L’exercice politique, en lui-même est aujourd’hui mis en crise par le nihilisme populiste comme il ne l’a jamais été auparavant.</p>



<p>Nous n’avons cessé de répéter que le cogito de la révolution est son horizon social. C’est dire que la question des inégalités se re-déploie dans toute son ampleur. Sacrifiée par la Troïka première manière au profit de la controverse identitaire dans un premier temps, puis à celui le consensus libéral-islamiste par la suite, la question des inégalités a été timidement portée par les différentes composantes d’une gauche enrôlée, à son corps défendant, dans le circuit fléché et aporétique de la transition qui s’étirait en longueur comme une journée sans pain.<br>La même question se pose donc aujourd’hui à nouveaux frais. En effet, considérer KS comme le nouveau défenseur des pauvres est un tragique contresens. </p>



<p>Le peuple qui sature ses discours n’a aucune consistance. Il tourne à vide avant de s’incarner dans le corps impassible et la voix oraculaire du locataire de Carthage. En un mot, ce peuple discursif ne fait qu’escamoter le conflit social et occulter les inégalités qui minent la société. La vieille classe politique est cliniquement morte (le sait-elle encore ?) de n’avoir pas su ou pu mesurer cet enjeu vital.</p>



<p>Après ce bref (et provisoire) état des lieux du paysage politique, nous nous contenterons, ici, de formuler quelques questions qui nous semblent incontournables dans l’immédiat.</p>



<p>• Le discours de la <em>«transition démocratique»</em> a-t-il encore quelque pertinence face à la prégnance du moment populiste ? Le dépassement de cette ornière qui enserrait le champ politique, occultait la question sociale et confortait le consensus mortifère entre le camp dit <em>«moderniste»</em> et l’islam politique, est aujourd’hui à l’ordre du jour.</p>



<p>Face à l’offensive populiste cette notion est caduque et l’évidence première qui résiste au doute est la suivante : toute politique qui ne remet pas au centre l’enjeu-inégalités est vouée à l’échec. La nécessaire construction démocratique et la défense des libertés aujourd’hui en péril, n’auront de sens que si elles s’adossent à lutte contre les inégalités. <em>«Défendre la société»</em> suppose l’articulation de ces deux impératifs.</p>



<p>• Le mot d’ordre <em>«tous contre KS»</em> a-t-il quelque chance d’impulser une dynamique de résistance contre le présidentialisme populiste, alors qu’une grande partie de la société civile rejette, tour à tour, l’alliance avec les islamistes, responsables de la « décennie perdue », ou l’inclusion du PDL porte-voix revanchard de l’ancien régime ?</p>



<p>• En quels termes (re)penser la Révolution alors que la société est travaillée par le démon du populisme, la nostalgie de l’homme fort ou simplement le désenchantement et soucieuse surtout de la survie quotidienne loin de la Révolution, de ses promesses, de ses bruits et de ses fureurs&#8230;?</p>



<p>• Et la gauche dans tout ça ? Sera-t-elle capable de sortir de la crise par le haut ? Pourra-t-elle prendre la mesure de la fracture générationnelle et repenser les figures, les mots et les lieux de la lutte ? En d’autres termes, l’épreuve du populisme autoritaire sera-t-elle l’opportunité pour la gauche pour se débarrasser de son propre populisme idéologique qui l’a éloignée et du peuple et des jeunes ?</p>



<p><strong><em>Nachaz/Dissonances</em></strong>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/27/tunisie-rencontre-debat-un-president-omnipotent-et-maintenant/">Tunisie &#8211; Rencontre-débat : «Un président omnipotent… Et maintenant ?»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Avant et après les mesures de Kaïs Saïed : les deux impasses ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/05/avant-et-apres-les-mesures-de-kais-saied-les-deux-impasses/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Nov 2021 13:31:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amel Grami]]></category>
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		<category><![CDATA[Mahdi Elleuch]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Slimane]]></category>
		<category><![CDATA[Nachaz Dissonances]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De quoi le 25 juillet est-il le nom ? On épiloguera longtemps sur la question. Les polémiques enflent : coup d’État («constitutionnel» ou pas) ? Révolution dans la révolution ? Coup d’arrêt du cycle de renoncement social? Nouveau souffle dans la réhabilitation de l’État? Ou inauguration d’une autocratie populiste après une décennie de ploutocratie sournoise?...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/05/avant-et-apres-les-mesures-de-kais-saied-les-deux-impasses/">Avant et après les mesures de Kaïs Saïed : les deux impasses ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Kais-Saied-Avenue-Bourguiba-25-juillet-2021.jpg" alt="" class="wp-image-357386"/><figcaption><em>Kais Saied, 25 juillet 2021, après l&rsquo;annonce des mesures exceptionnelles. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>De quoi le 25 juillet est-il le nom ? On épiloguera longtemps sur la question. Les polémiques enflent : coup d’État («constitutionnel» ou pas) ? Révolution dans la révolution ? Coup d’arrêt du cycle de renoncement social? Nouveau souffle dans la réhabilitation de l’État? Ou inauguration d’une autocratie populiste après une décennie de ploutocratie sournoise?</em></strong></p>



<span id="more-368809"></span>



<p>Ce qu’il faut retenir pour l’heure est que l’acte de Kais Saied est venu sanctionner la faillite de la classe dirigeante qui tenait les rênes du pouvoir depuis 2011. Plus largement, il dévoile l’incurie des oppositions, l’épuisement du dispositif partisan en place, et surtout l’aversion que la <em>«transition»</em> institutionnelle inspire désormais à une grande partie des citoyens. Ce sentiment recouvre un profond ressentiment : et s’il dénote certes un désir d’État social, il recèle en même temps une disponibilité populaire à l’aventure populiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il fallait une issue pour sortir de l’impasse</h2>



<p>Le psittacisme de Kais Saied, depuis son discours de décembre 2020 à Sidi Bouzid valorisant l’insurrection sociale du 17/10 et rabaissant la symbolique démocratique du 14/11, semble donc (durablement ?) conforté.</p>



<p>Ce qu’il faut noter en second c’est l’adhésion d’un grand nombre de jeunes et leur alignement derrière le panache blanc de Kais Saied. Ne focalisons pas sur les officines sécuritaires et fascisantes qui parasitent les réseaux sociaux et entretiennent un climat de fanatisme autour du président et de diabolisation de toutes les sensibilités critiques. Il y a un engouement réel au (non) projet Kais Saied. Même si le ressentiment, encore une fois, perce souvent derrière l’euphorie. La révolte n’est pas toujours portée par l’espérance, elle recèle aussi des passions tristes.</p>



<p>Mais, l’accaparement du pouvoir par Kais Saied s’est déroulée comme chacun sait en deux temps.</p>



<p>Le 25 juillet, la désinvolture juridique, dans l’interprétation de l’article 80 de la Constitution, est avérée. Mais le geste du président de la république pouvait invoquer, à raison, un dysfonctionnement institutionnel devenu périlleux pour le devenir de l’État et une situation politique désastreuse qui précarisait toujours plus la vie quotidienne des Tunisiens, surtout dans le contexte pandémique que l’on sait.</p>



<p>Le président pouvait également se prévaloir d’un soutien massif aux mesures d’exception qu’il a décidées. Que cet enrôlement populaire soit éphémère ou durable, qu’il procède d’un désir d’autorité, quelle qu’en soit la forme, ou d’une aspiration à la moralisation de la vie politique… il est indubitable. Et on ne peut pas, au nom des valeurs démocratiques, écarter d’un revers de main l’acteur éponyme de la démocratie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le risque de se trouver de nouveau dans l’impasse</h2>



<p>On en était là : avant le 25/7, il fallait une issue pour sortir de l’impasse dans laquelle l’État s’est enferré. Le coup d’arrêt, hautement contestable juridiquement, a néanmoins suscité une adhésion réelle au-delà des soutiens zélés du Président. Puis advint le 22 septembre et le décret présidentiel 117 : l’issue qui se profile n’augure rien de bien démocratique et risque de mener de nouveau vers l’impasse.</p>



<p>Le pays évolue ainsi sous le signe du <em>double bind</em>, souligné par les commentateurs les plus nuancés.</p>



<p>L’attachement au droit est nécessaire, mais le droit seul ne permet pas d’élucider la situation sociale et politique dans laquelle s’enlise le pays. Le juridisme qui a imprégné le processus de démocratisation a pris un coup. Tant mieux ou tant pis ! Nous devons, en tout état de cause faire attention au risque de voir le souci du droit, et de l’État du même nom, partir avec l’eau du bain de la <em>«transition»</em>. La disqualification de l’ensemble du texte constitutionnel et le lynchage symbolique des juristes qui prolifère dangereusement sur les réseaux sociaux, n’annonce, à cet égard, rien de bon. On est passé du fétichisme de la constitution à la haine populiste des normes.</p>



<p>Le populisme affectionne l’anomie parce que la conception du <em>«peuple» </em>qu’il colporte n’est comptable d’aucune identification sociale, culturelle et encore moins juridique de ce vocable. Le peuple du populisme est purement discursif. Et le discours de Kais Saied procède, en l’espèce, d’un populisme chimiquement pur.</p>



<p>Bien avant les élections de 2019, la scène post-révolutionnaire et sa devanture médiatique résonnaient d’un populisme polyphonique. Les différents discours populistes se présentaient comme autant de versions exacerbées de courants politiques préexistants. Le moment Saïed apparaît comme celui de la monopolisation de la parole populiste, les populismes concurrents étant piteusement réduits à l’argumentaire de défense des droits et libertés qu’ils vouaient, hier encore, aux gémonies. Il faut ajouter que cette tendance est renforcée par le raidissement souverainiste suscité par les marques de défiance des capitales occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les partis en pleine déconfiture</h2>



<p>Certes, le séisme a redessiné la cartographie politique en place : discrédité et profondément divisé, l’islam politique se retrouve sur la défensive et ses alliés en pleine déconfiture ; l’opposition et la centrale syndicale sont tétanisées et acculées à l’attentisme, le Parti destourien libre (PDL) perd pied et en est réduit à de vaines vociférations (même s’il continue à jouir d’une assise électorale confortable selon les sondages)…</p>



<p>S’agissant de la société civile, qui nous intéresse ici en premier, des clivages en pointillés semblent affirmés et opposent les défenseurs de la légalité démocratique aux activistes décidés à en découdre avec l’establishment responsable de la <em>«décennie perdue»</em>. Ces derniers approuvent, ostensiblement, ou <em>mezzo voce</em>, et soutiennent avec un entrain inégal le coup de Kais Saied. Cette dispersion est une épreuve pour les solidarités précaires, intermittentes ou ambiguës.</p>



<p>La société civile est traversée par des lignes de partages qui ne recoupent pas toujours celles de la société politique : la défense des droits et liberté versus l’attachement à la question sociale est compliquée, dans le contexte de l’après 25/7, par l’opposition (parfois factice) entre l’attachement au droit existant et la volonté de renouer avec l’inspiration sociale première de la révolution.</p>



<p>Au lendemain du 25/7, malgré ces clivages de surface, la ligne de partage des eaux issue de l’insurrection de 2010/2011 demeurait à peu près la même épousant la même configuration triangulaire : les épigones de l’ancien régime, l’islam politique et les diverses nuances du camp démocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Saïed ne débat pas, ses supporters applaudissent</h2>



<p>Le 22 septembre en revanche risque d’affecter autrement le paysage politique et civil en cristallisant de nouveaux regroupements. La rue est aujourd’hui partagée entre les opposants au <em>«putsch présidentiel»</em> appuyés par les perdants politique du 25/7 (grossièrement, feue <em>«la troïka parlementaire»</em>) et les supporters hétéroclites de Kais Saied, fédérés par la haine commune de l’islam politique, galvanisés par des officines très actives sur les réseaux sociaux (impromptues ou manipulées ?) et par la parole oraculaire et vindicative du président. Une parole suivie parfois d’actes arbitraires aussitôt salués comme autant de prouesses.</p>



<p>Ce face-à-face escamote l’enjeu démocratique : Saïed ne débat pas, il accuse et ses supporters n’argumentent pas, ils applaudissent. D’une certaine manière, le moment que nous vivons est un arrêt, un figement de la politique.</p>



<p>Une sidération bipolaire dont la première conséquence est l’évacuation de quantité d’acteurs qui ne peuvent se résoudre à la double contrainte leur intimant de choisir entre la légalité constitutionnelle au risque de réhabiliter le statu quo ante et les mesures d’exception au risque de bénir la dérive autocratique.</p>



<p>Les silences, les hésitations, et même la sourde colère contre le solipsisme présidentiel (pour dire les choses par un euphémisme) sont significatifs du grand désarroi démocratique face au bouleversement brusque de la règle du jeu et de la mise en crise de nos vieux cadres de pensée et d’action.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas entériner l’illusion populiste du <em>«sauveur suprême»</em></h2>



<p>La difficulté qu’il importe de surmonter est de dévisager et de déconstruire les tensions entre nos formes de mobilisation conventionnelles reposant sur l’idée que la réforme institutionnelle est le sésame du changement social et la créativité radicale des nouveaux acteurs qui n’est pas elle-même à l’abri des errements et des impasses. Car pour beaucoup de mouvements de jeunes, il s’agit d’investir le 25/7 d’un sens qui va au-delà de l’horizon Kais Saied. Il faudra écouter cette espérance-là. Sans pour autant entériner l’illusion populiste du <em>«sauveur suprême»</em>.</p>



<p>Le face-à-face entre le président et le peuple des <em>«supporters»</em> abolissant tout corps intermédiaire souligne a contrario le besoin d’une société civile entreprenante, audacieuse et capable de s’arracher de la torpeur démocratique.</p>



<p>A l’heure qu’il est, plusieurs scénarios sont possibles : un cafouillage institutionnel et juridique de longue durée; la voie plébiscitaire et la mise en place d’un régime présidentiel glissant sur la pente naturelle du présidentialisme; une autocratie bavarde et pusillanime s’appuyant sur les forces armées (en surplomb) et se prévalant du soutien populaire…</p>



<p>Quoi qu’il advienne, qu’il parle au nom du peuple ou qu’il soit plébiscité par le peuple, un diktat est un diktat.</p>



<p>Le scénario alternatif de la reprise d’une construction démocratique arrimée aux réformes sociales, dépendra en grande partie de la capacité de mobilisation de la société civile et de la société de résistance dans son ensemble.</p>



<p>Au fond la question Saïed serait simple s’il n’y avait pas le soutien d’une grande partie de la jeunesse au personnage. Ce soutien est indexé sur la vocation ambiguë du <em>«saïedisme»</em> à affronter le <em>«système»</em> (sa police d’ancien régime et sa justice à plusieurs vitesses). On peut même parier sur la lucidité et le pragmatisme des mouvements de jeunes dont les ressources nous échappent souvent. Ce sont ces ressources qu’il faudra interroger. Et c’est avec eux qu’il faut penser et agir demain.</p>



<p>Afin de confronter les idées et les visions sur le 25 juillet, le 22 septembre, la question Saïed…, le collectif associatif Nachaz Dissonances organise une rencontre-débat le samedi 6 novembre 2021 à partir de 9H30 au siège de la Bibliothèques nationale, au boulevard du 9-Avril à Tunis (3e étage), avec la participation de Amel Grami, universitaire (islamologie et études de genre), Moncef Ben Slimane, universitaire, président de l&rsquo;association Lam echaml, et Mahdi Elleuch, juriste, chroniqueur à Legal Agenda.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Nachaz-Dossonances-1024x534.jpg" alt="" class="wp-image-368810" width="500"/></figure></div>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/05/avant-et-apres-les-mesures-de-kais-saied-les-deux-impasses/">Avant et après les mesures de Kaïs Saïed : les deux impasses ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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