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	<title>Archives des Mahsa Amini - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mahsa Amini - Kapitalis</title>
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		<title>Épuisés financièrement, les Iraniens investissent les rues !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 08:47:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face à la crise économique qui s’aggrave et à un pouvoir politique qui avoue son impuissance, les Iraniens sortent en masse manifester. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/epuises-financierement-les-iraniens-investissent-les-rues/">Épuisés financièrement, les Iraniens investissent les rues !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Face à la crise économique et financière qui s’éternise et s’aggrave, à la dégringolade historique du rial iranien devenu une monnaie de singe, à une forte paupérisation de la population et à un pouvoir politique qui avoue son impuissance, les Iraniens sortent en masse manifester. Pour ne rien arranger, le gouverneur de la Banque centrale Mohamed Reza Farzin a jeté l’éponge lundi 29 décembre 2025.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18177016"></span>



<p>Les premiers à être sortis dans les rues sont les commerçants dont les marchands du Bazar pourtant réputés conservateurs et qui furent jadis les premiers à rallier la révolution islamique mais ça, c’était en 1979 il y a presque 50 ans ! Il n’y a pas que les sanctions américaines qui ont causé cette situation financière désastreuse, il y a aussi des choix politiques contestables et une corruption endémique. L’Iran connaît aussi un conflit générationnel latent qui est en train d’exploser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dépréciation rapide du rial et flambée des prix</h2>



<p>Le <a href="https://www.washingtonpost.com/world/2025/12/31/iran-spreading-protests-economy-pezeshkian/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a> a fait état de l’ampleur croissante des manifestations en Iran, alimentées par la dépréciation rapide du rial et la flambée des prix.</p>



<p>Les protestations ont débuté par des grèves de commerçants à Téhéran avant de s’étendre rapidement aux étudiants, aux ouvriers et à plusieurs villes du pays.</p>



<p>Le <em>WP</em> revient également sur la réaction des autorités et leurs tentatives pour contenir les manifestations alors que la pression s’accentue sur le gouvernement face à des indicateurs économiques laissant présager une crise imminente.&nbsp;</p>



<p>Dans son reportage, Yeganeh Torbati note que des manifestations antigouvernementales ont éclaté en Iran cette semaine, à commencer par des protestations de commerçants -dont les marchands du Bazar- à Téhéran contre la forte baisse de la valeur de la monnaie iranienne. Mercredi 31 décembre, les protestations s’étaient étendues aux étudiants, aux ouvriers et à d’autres segments de la société dans tout le pays.</p>



<p>Depuis des années, les Iraniens souffrent d’une forte inflation, d’une faible croissance économique et d’un isolement international, largement imputés à la mauvaise gestion, à la corruption et aux sanctions imposées par les États-Unis et d’autres pays en raison du programme nucléaire iranien.</p>



<p>Les chiffres officiels indiquent que l’inflation a atteint 50% cette année, tandis que l’économie s’est légèrement contractée. Cependant, la crise s’est fortement aggravée ces derniers jours, le rial iranien s’effondrant et atteignant à plusieurs reprises des niveaux records.</p>



<p>La frustration accumulée a explosé en manifestations publiques dimanche 28 décembre, lorsque des vidéos diffusées par des militants sur les réseaux sociaux ont montré des commerçants fermant leurs boutiques dans plusieurs centres commerciaux de la capitale. Les manifestants scandaient des slogans tels que <em>«N’ayez pas peur, n’ayez pas peur ! Nous sommes tous ensemble»</em> et appelaient les autres commerçants à fermer leurs magasins en signe de solidarité.</p>



<p>Il s’agit d’un événement rare dans l’histoire de la République islamique d’Iran, fondée en 1979, car les protestations ont été initiées par la classe commerçante en l’occurrence celle des marchands du Bazar.</p>



<p>Mehdi Ghodsi, économiste à l’Institut viennois d’études économiques internationales, a déclaré que l’initiative de protestation des commerçants témoigne du fait que les graves difficultés économiques ne se limitent plus aux plus démunis mais touchent désormais des groupes auparavant relativement plus aisés. Il a ajouté que les précédentes vagues de protestations économiques en Iran, notamment en 2017, étaient le fait des populations les plus pauvres comme les ouvriers et les agriculteurs. <em>«Même ceux qui ont un revenu ne parviennent plus à joindre les deux bouts»</em>, a affirmé M. Ghodsi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La grogne des commerçants, alliés historiques du régime </h2>



<p>Parmi les premières manifestations, on compte celles qui ont éclaté parmi les vendeurs de téléphones portables dans un complexe du centre de Téhéran, près de zones où des manifestations avaient déjà eu lieu. M. Ghodsi a expliqué que ce groupe est particulièrement touché par la dépréciation du rial car il vend des produits importés. Ces dernières semaines, leurs activités sont devenues quasiment non rentables après la chute du rial à 1,38 million pour un dollar samedi 27, puis à 1,44 million pour un dollar dimanche 28.</p>



<p>L’étincelle qui s’est allumée dimanche a rapidement donné lieu à des manifestations d’une ampleur et d’une portée considérables. Des vidéos diffusées lundi montraient d’importantes foules défilant dans le centre de Téhéran, ainsi que des manifestations hors de la capitale, notamment sur l’île de Qeshm, dans le golfe Persique et dans les villes de Zanjan et Hamadan à l’ouest du pays. Mardi, d’autres vidéos montraient que les protestations s’étendaient à d’autres grandes villes dont Kermanshah, Shiraz, Yazd et Ispahan.</p>



<p>Un habitant de Téhéran, a décrit ce dont il a été témoin lundi après-midi alors qu’il faisait ses courses au bazar principal de la ville. Il a raconté que les commerçants du rayon vêtements ont commencé à fermer leurs boutiques en scandant des slogans et en défilant. Il a ajouté que la foule a atteint environ 150 personnes, exhortant les autres commerçants à fermer également.<em> «S’ils refusaient, ils étaient insultés et s’ils obtempéraient, les slogans redoublaient d’intensité»</em>, a également dit le jeune homme. Comme d’autres personnes interrogées pour ce reportage, Yasser a demandé à être identifié uniquement par son prénom afin d’éviter d’attirer l’attention des autorités. Il a ajouté que la plupart des manifestants, notamment ceux qui les menaient étaient de jeunes commerçants dont les entreprises étaient relativement récentes, tandis que les commerçants plus riches et plus établis brillaient par leur absence. La grande majorité des manifestants étaient des hommes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les slogans ciblent désormais le régime politique</h2>



<p>Les slogans ont rapidement dépassé le cadre des préoccupations économiques pour cibler le régime en place dans son ensemble. Des images filmées lundi dans un centre commercial fermé de Téhéran montraient des chants <em>‘‘Mort au dictateur’’</em>, tandis que d’autres vidéos prises dans les rues montraient des chants à la gloire de la monarchie iranienne, renversée et remplacée par le régime islamique actuel. Lundi soir, des étudiants, moteur essentiel des précédentes manifestations, ont rejoint le mouvement. Le syndicat représentant les chauffeurs routiers iraniens a également publié un communiqué soutenant les manifestations du bazar mais sans appeler à la grève.</p>



<p>Mardi, plusieurs entreprises en Iran ont annoncé sur les réseaux sociaux leur fermeture en signe de solidarité avec les manifestants, notamment des magasins, des cliniques médicales, des concessions automobiles, des cafés et des restaurants.</p>



<p>Ces manifestations sont les plus importantes depuis l’attaque israélienne contre l’Iran en juin, connue sous le nom de Guerre des Douze Jours, et les plus intenses depuis l’automne 2022, lorsque la mort d’une femme en garde à vue Mahsa Amini à cause de ses vêtements avait déclenché des protestations massives qui ont duré des mois. Auparavant, l’Iran avait connu des manifestations de grande ampleur en 2017 et 2019, alimentées par un mécontentement économique.</p>



<p>Face à l’escalade des manifestations, le gouvernement a déployé des forces de sécurité à moto à Téhéran lundi. Des vidéos ont montré l’utilisation de gaz lacrymogène et des tirs. Pour l’instant, aucun blessé n’a été signalé, bien qu’une vidéo ait montré une confrontation chaotique entre les forces de sécurité et des manifestants à Hamadan.</p>



<p>Une image a particulièrement marqué les esprits : un homme, assis seul, jambes croisées, au milieu d’une rue de Téhéran, face à une vingtaine de policiers en uniforme à moto. La tête baissée, il a même, à un moment donné, rabattu sa veste sur son visage. Cette image a immédiatement suscité des comparaisons en ligne avec <em>«l’Homme au char»</em> des manifestations de la place Tiananmen en 1989 en Chine.</p>



<p>Malgré cette démonstration de force, les médias d’État se sont jusqu’à présent abstenus de qualifier les manifestants d’émeutiers, contrairement à ce qu’ils avaient fait lors de précédents troubles. Un reportage diffusé à la télévision d’État a qualifié les manifestants de marchands, tandis que l’agence de presse Fars, liée au Corps des gardiens de la révolution islamique, a employé un terme relativement neutre dans un article publié lundi.</p>



<p>Dans un message publié tôt mardi matin sur la plateforme X, le président Massoud Pezeshkian a écrit que <em>«le bien-être du peuple est ma préoccupation quotidienne»</em> et que le gouvernement travaille afin de trouver des mesures pour réformer les systèmes monétaire et bancaire iraniens. Il a indiqué avoir chargé le ministre de l’Intérieur de dialoguer avec des représentants des manifestants afin d’écouter leurs <em>«revendications légitimes»</em>.</p>



<p>Cependant, des avertissements ont été lancés sur un ton plus ferme. Les Gardiens de la révolution, généralement chargés de gérer les troubles internes, ont averti les <em>«ennemis» </em>de l’Iran qu’ils s’opposeraient <em>«à toute sédition, trouble à l’ordre public, guerre de l’information, menace à la sécurité ou agression contre le territoire»</em>. Les autorités iraniennes utilisent fréquemment le terme <em>«sédition»</em> pour désigner la dissidence interne.</p>



<p>Le gouvernement a également annoncé mercredi la fermeture généralisée des commerces et des administrations à Téhéran et dans d’autres régions, invoquant une vague de froid et la nécessité d’économiser l’énergie. Cette annonce a toutefois été largement perçue comme une tentative de réduire la présence du public dans les rues.</p>



<p>Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui détient le pouvoir décisionnel ultime au sein du régime iranien, est resté jusqu’à présent silencieux face aux manifestations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le gouvernement avoue son impuissance</h2>



<p>Selon l’enquête du <em>WP</em>, des indicateurs s’accumulaient depuis des semaines, laissant présager que l’économie approchait d’un point critique. Le gouvernement Pezeshkian avait proposé un budget pour le prochain exercice fiscal iranien prévoyant une réduction de facto des salaires du secteur public et une augmentation de la pression fiscale sur les consommateurs. Il avait également récemment réduit les subventions sur les carburants, entraînant une flambée des prix.</p>



<p>Dans un discours virulent prononcé dimanche devant le Parlement, Pezeshkian a pointé du doigt une longue liste de responsables politiques, déclarant :<em> «Certains ont des problèmes de subsistance, de vie et de santé. Ils sont confrontés à mille difficultés. C’est la faute des décisions prises par les gouvernements, le parlement et nous, les décideurs»</em>. Il a ajouté : <em>«On nous reproche d’imposer trop d’impôts. Eh bien, nous en imposons trop. Et ensuite, on nous demande d’augmenter les salaires. Mais où vais-je trouver l’argent?».&nbsp;</em></p>



<p>Cependant, le Parlement a rapidement rejeté le projet de budget, invoquant les difficultés économiques rencontrées par les Iraniens et d’autres facteurs.</p>



<p>Dans une lettre adressée au Parlement et publiée mardi, Pezeshkian a déclaré être d’accord sur la nécessité de restructurer le budget et que les réformes incluraient des augmentations des salaires et des subventions du secteur public. Cependant, le financement de ces changements restait flou. Un porte-parole de Pezeshkian a également annoncé que le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Mohamed Reza Farzin, qui a démissionné serait remplacé par l’ancien ministre de l’Économie, Abdolnasser Hemmati.</p>



<p>Parsa, un étudiant de 23 ans qui travaille comme barista à Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran, a évoqué les difficultés rencontrées par sa génération. Il a expliqué gagner environ 100 millions de rials par mois dans un café, soit l’équivalent d’environ 70 dollars au taux de change actuel. Il a raconté une soirée où, sorti avec un ami, l’addition pour une pizza, une salade et deux sodas s’était élevée à 10,5 millions de rials, soit environ la moitié de son salaire hebdomadaire. Il a ajouté se souvenir d’une époque où il pouvait acheter une PlayStation pour 10 millions de rials.</p>



<p>Parsa a évoqué une récente altercation avec un professeur d’université, surpris par la colère des jeunes face à la situation économique. Il a raconté avoir répondu au professeur : <em>«On se lève à sept heures du matin, on regarde le taux de change du dollar, et ça nous gâche la journée»</em>. Il a ajouté : <em>«Je lui ai dit: Professeur, votre génération nous a tout gâché»</em>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="E5pUrDuTXS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/23/face-a-la-multiplication-des-crises-le-president-iranien-se-dit-impuissant/">Face à la multiplication des crises, le président iranien se dit impuissant !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Face à la multiplication des crises, le président iranien se dit impuissant ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/23/face-a-la-multiplication-des-crises-le-president-iranien-se-dit-impuissant/embed/#?secret=BTyYtHLlPB#?secret=E5pUrDuTXS" data-secret="E5pUrDuTXS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Le réformateur Masoud Pezeshkian élu président, alternance à l’iranienne!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jul 2024 07:23:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Iran vient d’élire un nouveau président en la personne de Masoud Pezeshkian appartenant au camp réformateur. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Iran, puissance régionale au Moyen-Orient et protagoniste important sur la scène internationale, vient d’élire un nouveau président en la personne de Masoud Pezeshkian appartenant au camp réformateur et qui succède au conservateur Ibrahim Raïssi tué dans le crash d’un hélicoptère le 19 mai dernier. Quoique ces deux termes, en Iran, n’ont pas la même signification qu’ailleurs, un réformateur est juste moins dogmatique et moins sectaire qu’un conservateur.  </em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-13525841"></span>



<p>Les Iraniens ont ainsi fait le choix de l’alternance. Pazeshkian appartenant à la minorité azéri, chirurgien cardiaque de profession et prétendant avoir évolué sur les thèmes sociétaux affirme veut panser les plaies de son pays et le réunifier. Une mission qui n’est pas gagnée d’avance surtout que les conservateurs, puissants institutionnellement, ne le portent pas dans leur cœur.&nbsp;</p>



<p>Le journal britannique <em>The Observer</em>, version du weekend du <em><a href="https://www.theguardian.com/world/article/2024/jul/06/masoud-pezeshkian-the-former-heart-surgeon-who-became-president-of-iran" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Guardian</a></em>, s’est intéressé dans un article du rédacteur en chef diplomatique Patrick Wintour au profil du nouveau président iranien. L’auteur affirme que la victoire surprise du candidat réformateur Masoud Pezeshkian est autant un témoignage pour sa personnalité que pour sa politique. </p>



<p>Le chirurgien cardiaque et ancien ministre de la Santé est apparu dans les débats télévisés comme un homme d’une grande intégrité et humilité qui voulait unir son pays divisé tant au niveau intérieur qu’extérieur.</p>



<p>En fin de compte, seule la crainte de ses adversaires quant à sa popularité continue aidera Pezeshkian à exercer son influence dans le dédale qu’est la politique notoirement multifactionnelle de l’Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gagner la confiance de la majorité silencieuse</h2>



<p>Le nouveau président sera confronté à une tâche ardue. Même si la participation au second tour a été plus élevée qu’au premier tour, il s’agit du deuxième plus faible taux de participation des campagnes présidentielles iraniennes ce qui montre que de nombreux Iraniens restent sceptiques à l’égard des hommes politiques.</p>



<p>L’auteur estime que la vie de Pezeshkian a été marquée par la tragédie qui l’a façonnée. Sa femme qu’il a rencontrée alors qu’ils étudiaient en médecine et leur fils sont décédés il y a 30 ans dans un accident de voiture après avoir heurté un rocher sur la route près de Tabriz. Sa femme était médecin gynécologue et sa perte l’a si profondément affecté que, jusqu’à présent, les larmes lui viennent aux yeux chaque fois qu’il se souvient d’elle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MERf0Jhkek"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/24/la-succession-de-layatollah-khamenei-veritable-enjeu-de-la-republique-islamique-diran/">La succession de l’ayatollah Khamenei, véritable enjeu de la République islamique d’Iran</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La succession de l’ayatollah Khamenei, véritable enjeu de la République islamique d’Iran » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/24/la-succession-de-layatollah-khamenei-veritable-enjeu-de-la-republique-islamique-diran/embed/#?secret=0FvByEvYim#?secret=MERf0Jhkek" data-secret="MERf0Jhkek" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pezeshkian ne s’est jamais remarié et a pris soin de ses enfants et les a élevés seul, il a appris à cuisiner et les a bien éduqués. Sa fille Zahra, portant un hijab et lui tenant la main, l’a accompagné sur le chemin pour enregistrer son nom à la présidence. Elle est titulaire d’une maîtrise en chimie et est perçue comme sa conseillère politique. L’homme parle plusieurs langues. Outre l’azéri et le persan, il parle kurde et arabe. Son père est azéri et sa mère est kurde.</p>



<p>Lors d’un débat télévisé, il s’est exprimé couramment en anglais et a cité la phrase d’Einstein selon laquelle <em>«la définition de la folie consiste à faire la même chose encore et encore et à espérer des résultats différents»</em>.</p>



<p>C’était la deuxième campagne de Pezeshkian pour accéder à la présidence. L’homme est entré en politique pour la première fois en 2006 en tant que représentant de Tabriz, où il a construit sa base politique lors d’élections successives. Bien qu’il ait la langue acérée lorsqu’il s’en prend à la corruption et aux marchands de sanctions, son attitude générale est adaptée au rôle d’un coopérateur affirmant souvent qu’il s’en remettra aux experts sur la manière de résoudre les problèmes économiques du pays. Il a souvent laissé à ses partisans les attaques les plus virulentes contre l’opposition talibane.</p>



<p>Toutefois, il aura une tâche difficile à accomplir pour unifier le pays car ses rivaux conservateurs n’aiment pas être décrits comme des talibans par un réformateur qu’ils considèrent, lui et ses partisans, comme des agents de l’Occident et comme des gens qui ont capitulé face au contenu occidental sur internet.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ekpRL9gKBw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/21/y-a-t-il-des-taupes-au-sein-des-gardiens-de-la-revolution-iraniens/">Y a-t-il des taupes au sein des Gardiens de la révolution iraniens?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Y a-t-il des taupes au sein des Gardiens de la révolution iraniens? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/21/y-a-t-il-des-taupes-au-sein-des-gardiens-de-la-revolution-iraniens/embed/#?secret=hWWSYpmYPS#?secret=ekpRL9gKBw" data-secret="ekpRL9gKBw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Par conséquent, Wintour dit que Pezeshkian doit décider s’il doit se réconcilier avec les Gardiens de la révolution.</p>



<p>Pezeshkian est né en 1954 à Mahabad, une ville de l’ouest de l’Azerbaïdjan, une région à majorité azerbaïdjanaise et kurde. Il a toujours mis l’accent sur son héritage azéri. Bien que Mahabad soit une ville à majorité kurde, il a souvent insisté sur sa vision de l’Iran comme un État unifié et est partisan de la protection des droits des minorités comme moyen de préserver l’unité du pays.</p>



<p>À l’âge de 19 ans, il a effectué une période de conscription obligatoire sous le règne du Shah dans la ville de Zabul, considérée comme l’une des villes iraniennes les plus pauvres de la province du Sistan-Baloutchistan, une période qui a façonné sa conscience politique.</p>



<p>Il est retourné dans sa ville pour compléter sa formation médicale et a servi comme combattant pendant la guerre contre l’Irak. Après la guerre, il commence à exercer la médecine comme chirurgien cardiologue à Tabriz. En 1994, il assume le poste de directeur administratif de l’université et devient le représentant de Tabriz. Là, il a reconnu dans une vidéo publiée par ses ennemis avoir imposé le hijab et menacé d’expulsion de l’université quiconque refuserait de le porter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas forcer les femmes à se couvrir la tête</h2>



<p>Plus tard, il a déclaré que ses opinions avaient évolué depuis lors et qu’il s’est opposé à la répression des manifestations qui ont éclaté en 2019 en raison de l’augmentation des prix du carburant et aux manifestations de 2022 qui ont éclaté en raison de l’assassinat de la jeune femme Mahsa Amini dans un commissariat de police religieuse. Il a déclaré: <em>«Les filles et les femmes sont parmi nous et ne sont pas des étrangères. Nous n’avons pas le droit de forcer les filles et les femmes concernant leurs droits de citoyenneté et nous ne pourrons pas forcer les femmes à se couvrir la tête.»</em></p>



<p>La police religieuse tente d’imposer le hijab avec plus ou moins de succès si l’on regarde la rue iranienne et une fois investi président, il devra faire face à l’épreuve du changement du climat de coercition.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eKejYEfEkt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/11/moyen-orient-jusquou-ira-linfluence-de-laxe-pro-iranien-video/">Moyen-Orient : Jusqu’où ira l’influence de l’Axe pro-iranien? (vidéo)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Moyen-Orient : Jusqu’où ira l’influence de l’Axe pro-iranien? (vidéo) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/11/moyen-orient-jusquou-ira-linfluence-de-laxe-pro-iranien-video/embed/#?secret=HSUhjh3yQO#?secret=eKejYEfEkt" data-secret="eKejYEfEkt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Malgré les tentatives de ses opposants de le présenter comme un représentant de la continuité de la politique du président réformateur Hassan Rohani (prédécesseur d’Ebrahim Raïssi), il n’a pas travaillé dans le gouvernement de ce dernier, qui a duré huit ans. Il a plutôt été ministre de la Santé entre 2001 et 2005 sous la présidence de Mohammad Khatami. Il a tenté de se présenter aux élections de 2013 et 202. La deuxième fois il a été empêché par l’Assemblée d’experts de 12 personnes chargée d’examiner les candidatures, exclusion dont il avait demandé l’explication </p>



<p>La nomination de Javad Zarif (ancien ministre des Affaires étrangères de Rohani, artisan de l’accord sur le nucléaire iranien et honni par les conservateurs) comme conseiller lui a été utile et lui a fourni un cadre d’analyse à travers lequel il a discuté des relations entre les pays, d’économie ainsi que de la nécessité de meilleures relations avec l’Occident. Cela l’a aidé à présenter son rival Saeed Jalili comme un partisan de <em>«l’économie de siège»</em>.</p>



<p>Il a déclaré que pour atteindre un taux de croissance de 6%,<em> «nous avons besoin d’investissements annuels d’une valeur de 200 milliards de dollars ce qui est impossible dans les circonstances actuelles et il est donc nécessaire de résoudre les problèmes internationaux»</em>. Traduire&nbsp;: résoudre le conflit de l’Iran avec les puissances occidentales.</p>



<p>Une nouvelle alternance s’ouvre donc en Iran et dont seul l’avenir dira si elle aura fait évoluer la donne sur le plan interne mais aussi régional et international ou bien si elle se heurtera aux limites inhérentes à la nature du régime théocratique iranien et surtout à la puissance du camp conservateur très enraciné dans le cœur des institutions de la république islamique d’Iran.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qhVrfTBufi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/13/liran-repliquerait-il-aux-incessantes-provocations-disrael/">L’Iran répliquerait-il aux incessantes provocations d’Israël ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Iran répliquerait-il aux incessantes provocations d’Israël ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/13/liran-repliquerait-il-aux-incessantes-provocations-disrael/embed/#?secret=xoxM6nnhMq#?secret=qhVrfTBufi" data-secret="qhVrfTBufi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Iran : le hijab, un instrument de contrôle politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Oct 2022 08:11:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au contraire des Tunisiennes qui portaient le voile pour protester contre la dictature de Ben Ali, les Iraniennes défient les ayatollahs en retirant leur foulard.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Contrairement aux jeunes femmes tunisiennes qui, au milieu des années 2000, portaient le voile pour protester contre la dictature de Ben Ali, les Iraniennes défient aujourd&rsquo;hui les ayatollahs en retirant leur foulard.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Anna Mahjar-Barducci</strong> *</p>



<span id="more-4474569"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/10/Anna-Maria-Barducci.jpg" alt="" class="wp-image-4474582" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/10/Anna-Maria-Barducci.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/10/Anna-Maria-Barducci-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/10/Anna-Maria-Barducci-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<p>Le hijab est un outil politique utilisé par la République islamique d’Iran pour garder une emprise stricte sur sa population. Les sources coraniques recommandent aux femmes de porter des vêtements modestes, mais il n’y a aucune mention spécifique du type de vêtement. Pourtant, le hijab est présenté comme un précepte religieux, même si, de facto, c&rsquo;est un instrument politique.</p>



<p>Dans un célèbre discours des années 1950, le président panarabiste égyptien Gamal Abdel Nasser évoquait sa rencontre avec le Guide suprême des Frères musulmans et la requête de ce dernier d’imposer le port du hijab.<em> «La première chose qu’il a demandée, c’est que le port du hijab soit rendu obligatoire en Égypte et que chaque femme marchant dans la rue soit tenue de porter un foulard. Chaque femme qui marche!»</em>, s’indignait Nasser. Cela décrit parfaitement la stratégie séculaire et ouvertement pratiquée par l’islam politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le hijab domine l’espace visuel</h2>



<p>Sur une note personnelle, en 2007, j’étais en visite en Tunisie, qui à l’époque était encore sous le pouvoir de l’autocrate laïc Zine El Abidine Ben Ali. La principale opposition et menace à son régime était représentée non seulement par la société civile démocratique, mais principalement par les islamistes.</p>



<p>Lors de ma visite, une professeure d’université tunisienne m’a expliqué que de nombreuses jeunes femmes avaient commencé à porter le hijab en signe d’opposition au régime de Ben Ali. Elle avait dit que ces femmes (dont beaucoup venaient de familles pro-Bourguiba) avaient décidé de porter le hijab en tant que déclaration politique, afin de dominer l’espace visuel – c’est-à-dire que chaque hijab vu en public était une victoire claire et visible pour le les islamistes contre la dictature laïque de Ben Ali, et contre le concept même de laïcité.</p>



<p>La même tactique est employée à présent par la République islamique d’Iran. Le hijab domine l’espace visuel comme symbole contre la sécularisation et l’occidentalisation.</p>



<p>Depuis plus d’un an et demi, les Iraniens de tout l’Iran protestent contre la pénurie d’eau, de nourriture, d’emplois et de respect des droits de l’homme. Craignant de perdre son contrôle, le régime a décidé de renforcer encore son emprise sur la population. Pour cette raison, le président Ebrahim Raisi a publié un décret en août dernier sur la loi iranienne sur <em>«le hijab et la chasteté»</em>, ajoutant une liste de nouvelles restrictions au code vestimentaire iranien pour les femmes.</p>



<p>Cependant, à la suite du meurtre de Mahsa Amini, la jeune femme qui a été arrêtée et battue à mort par la <em>«police des mœurs»</em> pour ne pas avoir porté <em>«correctement»</em> son hijab, les manifestations ont resurgi dans tout le pays avec une intensité accrue.</p>



<p>Les femmes en particulier sont descendues dans la rue sous le slogan <em>«Les femmes, la vie, la liberté»</em> et elles brûlent courageusement leurs hijabs, qu’elles sont obligées de porter depuis la révolution islamique de 1979 et qui sont le symbole politique le plus puissant du régime iranien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle des femmes est central</h2>



<p>Au contraire, des jeunes femmes de la Tunisie de Ben Ali, les Iraniennes défient les ayatollahs en retirant leur foulard.</p>



<p>Une fois que les hijabs ne seront plus vus dans les rues – une fois que les femmes iraniennes auront dégagé l’espace visuel de ce symbole – ii deviendra clair que la République islamique, son idéologie et ses messages sont sur le point de crouler.</p>



<p>De ce fait, dans ce soulèvement contre le régime, le rôle des femmes est central. Les dictatures ne peuvent pas survivre, du moins pas pour longtemps, sans leurs symboles, et aucun symbole politique islamique n’est plus puissant, oppressant et identifiable que le hijab. Ainsi, une fois que les Iraniennes retireront le hijab, pilier de la dictature, la République islamique finira par s’effondrer. </p>



<p>* <em>Journaliste italienne d’origine marocaine.</em></p>
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