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	<title>Archives des masculin - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des masculin - Kapitalis</title>
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		<title>Quand le système tue l’âme │ Ce que nous avons perdu et ce que nous pouvons retrouver</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/19/quand-le-systeme-tue-lame-%e2%94%82-ce-que-nous-avons-perdu-et-ce-que-nous-pouvons-retrouver/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 May 2025 08:16:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Où avons-nous désappris à vivre ? Est-ce que, quelque part, le monde extérieur n’est-il pas le reflet d’un déséquilibre profond entre nos polarités intérieures ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/19/quand-le-systeme-tue-lame-%e2%94%82-ce-que-nous-avons-perdu-et-ce-que-nous-pouvons-retrouver/">Quand le système tue l’âme │ Ce que nous avons perdu et ce que nous pouvons retrouver</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Aujourd’hui, face aux guerres, aux bouleversements climatiques, à la montée du désespoir intérieur, je ne peux m’empêcher de me demander : où avons-nous désappris à vivre ? Est-ce que, quelque part, le monde extérieur n’est-il pas le reflet d’un déséquilibre profond entre nos polarités intérieures ? </em></strong><em> (Ph. « One of a kind », aquarelle sur papier de Natacha St-Amand, Canada). </em> </p>



<p><strong>Manel Albouchi *</strong></p>



<span id="more-16578091"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Masculin et féminin : non pas en tant que genres, mais en tant que forces symboliques; principes qui cohabitent, s’opposent, se cherchent en chacun de nous.&nbsp;</p>



<p>Le déséquilibre entre ces deux pôles semble être devenu une norme. Et peut-être est-ce là que se niche une part de notre mal-être collectif, de notre violence quotidienne, de notre perte de sens.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le patriarcat n’est pas qu’une affaire de genre&nbsp;</h2>



<p>Le principe masculin : maîtrise, rationalité, performance, conquête a pris le dessus, non pas sur les hommes ou les femmes, mais sur la dimension symbolique du féminin : accueil, réceptivité, écoute, lenteur.&nbsp;</p>



<p>Dans une société qui valorise le contrôle, la rentabilité, la domination, où trouve-t-on encore la place pour l’intériorité, le soin, l’intuition ?&nbsp;</p>



<p>Carl Gustav Jung appelait ces deux polarités l’anima et l’animus : les deux pôles énergétiques de notre psyché. L’équilibre entre ces deux polarités est la clé de la santé psychique. Mais aujourd’hui, nous sommes poussés à nier notre anima intérieure, à fuir le silence et l’introspection, englués dans l’<em>overthinking</em> ** et la course à la performance.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La violence comme symptôme&nbsp;</h2>



<p>On peut voir aussi dans le déséquilibre de ces polarités une explication, peut-être partielle, des violences qui se manifestent autour de nous. Prenons la violence verbale, banalisée dans nos rues, dans nos maisons, dans nos gestes, dans notre langage et dans les insultes sexistes qui tournent inlassablement autour du sexe, du phallus, du pouvoir de dominer.&nbsp;</p>



<p>Cette violence symbolique, sourde, qui ne laisse pas de bleus mais qui sape la confiance, détruit l’estime de soi et creuse les fractures sociales, est trop souvent banalisée.&nbsp;</p>



<p>Et moi, en tant que femme, psychologue, citoyenne : je refuse cette banalisation. Je crois que la dignité commence par le respect de la parole, et que le changement commence par une nouvelle éthique de la relation.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La blessure écologique&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Mary Douglas, dans <em>‘‘De la souillure’’</em>, nous montre comment les notions de propre et d’impur ne relèvent pas seulement de l’hygiène, mais de la structure même de nos représentations culturelles.&nbsp;</p>



<p>Le féminin, comme la Terre, est souvent perçu comme trouble, impénétrable, ambigu, et donc potentiellement dangereux. Cette peur de l’indistinct, de l’organique, du cycle, justifie l’exclusion, le contrôle, la violence symbolique et matérielle.&nbsp;</p>



<p>Et cette logique a des conséquences tragiques. Le déséquilibre entre le masculin et le féminin se manifeste aujourd’hui dans l’effondrement de notre monde. La Terre, principe féminin par excellence, féconde, enveloppante, nourricière est blessée.&nbsp;</p>



<p>À Gabès, les nappes phréatiques sont saturées de produits chimiques. Les palmeraies, jadis luxuriantes, étouffent sous les résidus industriels.&nbsp;</p>



<p>Le stress hydraulique devient chronique, les sources se tarissent, les rivières sont détournées ou bétonnées.&nbsp;</p>



<p>Les terres se craquellent, mais la sécheresse est aussi intérieure. Nous vivons une sécheresse des affects. Nos cœurs, à force de surmenage, de performance, d’isolement, se dessèchent.&nbsp;</p>



<p>Nous n’osons plus pleurer, plus écouter, plus sentir. L’émotion devient une faiblesse, l’introspection une perte de temps, la tendresse un luxe.&nbsp;</p>



<p>L’air, la mer, les sols portent les stigmates d’un système fondé sur l’exploitation, la performance, la domination.&nbsp;</p>



<p>Ce que nous faisons à la planète, nous le faisons aussi à notre psyché.&nbsp;</p>



<p>En coupant les arbres, nous avons aussi coupé les liens symboliques, les racines profondes, nous avons stérilisé l’imaginaire.&nbsp;</p>



<p>En empoisonnant la terre, nous avons empoisonné les mémoires affectives, les récits fondateurs.&nbsp;</p>



<p>En maîtrisant les cycles naturels, nous avons nié nos propres rythmes internes. Nous avons oublié la lenteur, la respiration, l’écoute.&nbsp;</p>



<p>Et dans ce saccage, nous avons rendu nos enfants orphelins, orphelins de la Terre, orphelins des grands-mères conteuses, des chants sacrés, des rites de passage, orphelins de l’âme du monde, cette âme nourricière, enveloppante, féminine.&nbsp;</p>



<p>Alors ils partent. Ils partent à la recherche de ce qu’on ne leur a pas transmis.&nbsp;</p>



<p>Ils fuient, parfois, dans des ailleurs numériques ou géographiques. Ils errent, déconnectés, car le tissu symbolique est troué. Et dans cette errance, ils cherchent des repères, un sol, une parole, un sens.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une sagesse perdue&nbsp;</h2>



<p>Mona Chollet, dans ‘‘<em>Sorcières. La puissance invaincue des femmes’’</em>, nous rappelle combien la modernité s’est construite sur l’exclusion de figures féminines libres et puissantes. Les guérisseuses, les sage-femmes, les femmes qui vivaient sans l’ombre du mari, qui n’attendaient pas d’autorisation, ces femmes qui détenaient un savoir ancestral, transmis de bouche à oreille, de ventre à main, ont été systématiquement persécutées.&nbsp;</p>



<p>Ces femmes incarnaient une autre manière d’être au monde : en lien avec la terre, les cycles, les rêves, les intuitions. Elles représentaient une autonomie qui faisait peur, car elle échappait au contrôle des dogmes religieux, médicaux ou patriarcaux.&nbsp;</p>



<p>Le féminin qui soigne a été réduit au silence, au mieux folklorisé.&nbsp;</p>



<p>Pierre Bourdieu, dans <em>‘‘La domination masculine’’</em>, montre comment cette logique d’infériorisation du féminin s’est institutionnalisée. Elle est devenue une norme invisible mais structurante, inscrite dans les lois, les langages, les postures, les imaginaires. Le masculin y est vu comme universel, légitime, objectif; le féminin comme particulier, subjectif, secondaire.&nbsp;</p>



<p>Le corps des femmes est alors codifié, contrôlé, réduit à sa fonction reproductive ou séductrice, mais jamais reconnu comme source de savoir ou de puissance intérieure.&nbsp;</p>



<p>Et puis il y a Carlos Castaneda et ses enseignements. Il a introduit une autre grille de lecture avec la distinction entre le <em>tonal</em> : le monde visible, rationnel, organisé, et le <em>nagual</em> : l’invisible, le rêve, l’énergie subtile, il nous invite à redonner place à l’intuition, à l’écoute des signes, à l’expérience directe du mystère.&nbsp;</p>



<p>Cette vision rejoint celle des traditions mystiques orientales et soufies, où la connaissance passe aussi par le ressenti, le corps, l’expérience de l’inconnu.&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui, cette sagesse ancestrale est à peine audible. Mais elle survit dans les mémoires silencieuses, dans les gestes oubliés, dans les contes, les plantes, les rêves.&nbsp;</p>



<p>Elle attend que nous la reconnaissions à nouveau, non pas comme folklore, mais comme chemin de connaissance, voie de soin, et réponse à la crise du sens.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et maintenant ?&nbsp;</h2>



<p>Je ne prétends pas avoir de solution miracle, mais peut-être pouvons-nous commencer par réapprendre à écouter, à accueillir le silence, à nous reconnecter à la lenteur, à reconnaître la puissance de la vulnérabilité et à oser dire que le féminin en nous, autour de nous, n’est pas une faiblesse, mais un chemin de guérison.&nbsp;</p>



<p>Ce n’est pas une guerre des sexes. Ce n’est pas un appel à renverser le masculin. C’est un appel à l’équilibre. Une invitation à une transmutation intérieure, à une transformation collective.&nbsp;</p>



<p>Car c’est là que, peut-être, se trouvent les réponses durables à la violence, aux conflits, et à la crise écologique : dans ce subtil dialogue entre nos polarités, entre la voix qui affirme et celle qui écoute, entre l’esprit qui contrôle et l’âme qui ressent, entre ce que nous avons perdu… et ce que nous pouvons encore retrouver.&nbsp;</p>



<p>Je nous invite donc à réfléchir, à sentir, et à dialoguer autour de cette question essentielle : comment retrouver cette harmonie en nous et autour de nous ?&nbsp;</p>



<p><em>*&nbsp;Psychothérapeute et psychanalyste.</em></p>



<p><em>** Littéralement le «penser trop», entendu comme la propension à ressasser en boucle, de façon obsessionnelle, un certain nombre de pensées ou sentiments négatifs</em></p>



<p><strong>Sources :</strong>&nbsp;</p>



<p><em>M. Douglas. De la souillure. Essai sur la notion de pollution et de tabou, La découverte.&nbsp;</em></p>



<p><em>P. Bourdieu. La domination masculine, Points.&nbsp;</em></p>



<p><em>C-G. Jung. L’âme et la Vie, Le livre de poche.&nbsp;</em></p>



<p><em>Mona Chollet. Sorcières. La puissance invaincue des femmes, Zones.&nbsp;</em></p>



<p><em>C. Castaneda. Histoires de pouvoir, Folio.&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p><em>Carol Gilligan. Une voix différente. Pour une éthique du care, Champs.&nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/19/quand-le-systeme-tue-lame-%e2%94%82-ce-que-nous-avons-perdu-et-ce-que-nous-pouvons-retrouver/">Quand le système tue l’âme │ Ce que nous avons perdu et ce que nous pouvons retrouver</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Du masculin comme valeur intrinsèque : «Un mâle… même si c’est un petit rat»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/24/du-masculin-comme-valeur-intrinseque-un-male-meme-si-cest-un-petit-rat/</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Oct 2020 10:15:02 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contrairement à la femme «patriarcale», qui jouit de l’assentiment du troupeau et mène une vie paisible dans l’ignorance, sereinement adossée aux évidences sociales, la femme qui se bat ne se satisfait jamais des demi-mesures et ne cherche pas à éluder la confrontation, mais souvent elle s’épuise à chercher la justice et l’égalité. Et s’étiole… Par...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Egalie-des-sexes.jpg" alt="" class="wp-image-321862"/></figure>



<p><strong><em>Contrairement à la femme «patriarcale», qui jouit de l’assentiment du troupeau et mène une vie paisible dans l’ignorance, sereinement adossée aux évidences sociales, la femme qui se bat ne se satisfait jamais des demi-mesures et ne cherche pas à éluder la confrontation, mais souvent elle s’épuise à chercher la justice et l’égalité. Et s’étiole…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Raoudha Elguedri</strong> *</p>



<span id="more-321860"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Raoudha-Elguedri.jpg" alt="" class="wp-image-321861"/></figure></div>



<p>Comme féministe, comme femme différente, comme personne humaine ou humaniste, comme femme qui dit <em>«NON»</em>, qui réfléchit et s’indigne, comme femme qui refuse les normes du troupeau… j’acte la défaite, l’échec, la déception face à l’ordre patriarcal, misogyne.</p>



<p>Je reconnais que la masse dans sa multitude, son inertie et ses croyances fossilisées, est plus forte que les individus différents, même quand ils s’organisent dans des courants de pensée, des syndicats, des associations ou des groupes de travail…</p>



<p>L’échec n’est pas inhérent aux efforts de théorisation, aux textes, au manque de financements ou aux lois…</p>



<p>L’échec dans les détails de la vie quotidienne, dans l’organisation et le partage des tâches, des espaces et au niveau des sentiments qui unissent une femme différente à un homme…</p>



<p>Il est jusqu’au sein de la famille qui ne conçoit pas qu’une femme puisse aspirer à un traitement égalitaire avec les mâles même quand ils sont fautifs, méchants, indifférents et peu reconnaissants…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le culte du mâle solidement ancré dans la société</h3>



<p>Tu as beau faire l’impossible, offrir ton argent, ton énergie, ton affection et ton temps… rien n’y fera. Le culte du mâle, père ou frère, restera solidement ancré comme une évidence qui coule de source. Le mâle n’a pas à bouger d’un iota pour faire ses preuves. Sa valeur intrinsèque est en soi une vérité opposée à toute forme de logique…</p>



<p>Alors, qui vas-tu incriminer ? Ta mère, ton père, tes frères ou tes sœurs ?</p>



<p>Et lorsqu’un homme entre dans ta vie, avec ses conceptions parfois contradictoires, qu’il se réclame du traditionalisme ou du progressisme, tu te sentiras obligée de faire des acrobaties pour adapter ton comportement mille fois par jour… pour ne pas de te perdre… pour ne pas renoncer à tes rêves et à tout ce qui te constitue… pour qu’il ne te taxe pas de «féminisme» et ne t’accuse pas de<em> «haine des hommes»</em>… pour qu’il ne se moque pas ta volonté de <em>«nager à contre-courant»</em>… ne s’offusque pas de ta conception égalitariste qu’il assimile à l’agissement d’un rongeur grignotant peu à peu ses privilèges et sa liberté; liberté indiscutable et légitime, car octroyée naturellement, par tous, individus et institutions.</p>



<p>Lui, il n’est pas un monstre, il n’a aucune mauvaise intention et ne refuse pas catégoriquement la collaboration… Et moi, je crois que ce discours est sincère chez beaucoup d’hommes formidables qui parviennent toujours à se remettre en cause.</p>



<p>Mais l’égalité absolue et entière, celle qui implique que chacun fasse de lui-même ce qu’il est censé faire spontanément, sans attendre qu’on le lui demande, assumer la relation, le foyer, les enfants, les sentiments et l’engagement comme son propre projet de vie pour la réalisation duquel il se bat… cette égalité-là ressemble au mirage d’un été brûlant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le problème est en soi et dans sa propre éducation</h3>



<p>La femme se trouve obligée d’agir parfois avec son homme comme avec un enfant auquel il faut apprendre à faire la cuisine sans la laisser sens dessus dessous, à respecter le rangement dans la maison… Pour ce faire, elle devra choisir les mots et les recommandations pour qu’il ne les ressente pas comme des ordres… Puis elle va s’en vouloir et se détester:<em> «Le problème est en toi, dans tes attentes trop exigeantes, dans ton éducation qui t’avait poussée à te charger de tous les détails du foyer, à t’occuper de tous ceux qui y habitent»</em> … Elle va se dire que c’est sa faute, ou celle de cette éducation contre laquelle elle tente de se révolter, en vain…</p>



<p>Elle se sentira obligée de lui expliquer la souffrance inhérente à la charge, celle de penser à tout ce qui est nécessaire au foyer, aux corps, aux sentiments… et que rien d’y penser est encore plus épuisant que prendre sur elle et l’assumer…</p>



<p>Si je suis en train d’écrire un texte et que, tout à coup, je me rappelle qu’il n’y a plus de lait au frigo, ou qu’il faut prendre un rendez-vous avec le médecin pour un membre de la famille… sachant que si je ne le fais pas, personne d’autre ne le fera… comment pourrais-je me concentrer sur une quelconque production ou une charge professionnelle ?</p>



<p>Et si je souffre de l’absence de signes d’affection car l’autre estime que sa simple présence à mes côtés devrait suffire à me rassurer, comment être sereine et continuer à avancer ?</p>



<p>Après tout cela, tu n’es pas certaine de t’en sortir indemne chère Madame… On pourrait t’accuser de lui donner des ordres, de lui dire ce qu’il doit faire… que simplement tu ne lui avais pas demandé ce que tu lui reproches d’avoir négligé…</p>



<h3 class="wp-block-heading">La femme qui se bat ne se satisfait jamais des demi-mesures</h3>



<p>Comment demander à quelqu’un de s’engager dans un projet avec les conséquences qui en découlent… d’en assumer la réalisation… et de ne pas s’attendre à ce qu’on le lui rappelle ?</p>



<p>Doit-on quémander cet effort de réflexion aussi ?</p>



<p>Dès lors, même la manière douce que tu vas adopter pour ne pas le blesser ou le fâcher ne t’apportera rien…</p>



<p>Et si tu donnes des ordres ou tu te mets en colère, cela non plus ne servira à rien… Si tu décides d’assumer seule votre projet de vie, tu ne sortiras pas de ce choix indemne… Tu t’épuiseras, tu t’en voudras, et tu t’étioleras… car si tu penses comme je suis en train de l’écrire… c’est que tu es une femme qui réfléchit et se bat… Et la femme qui se bat ne se satisfait jamais des demi-mesures, ne cherche pas à éluder la confrontation…</p>



<p>Une question taraudera à jamais la femme : «Pourquoi est-ce à moi d’obéir, de m’adapter, d’adopter un style de comportement particulier, d’être douce et paraître toujours enjouée ?»</p>



<p>À l’inverse, son alter ego, la femme <em>«patriarcale»</em> (solide rempart de la hiérarchisation et des rapports de pouvoir asymétriques) mène une vie paisible dans l’ignorance, sereinement adossée aux évidences sociales. Et même si parfois, épuisée, elle se fâche, elle n’ira jamais jusqu’à renverser l’ordre des rôles. Elle ne ressentira qu’une simple fatigue physique.</p>



<p>Elle ne se triture pas les méninges dans l’attente du partenaire égalitaire… Tout ce qui lui importe c’est d’être avec un homme qui l’aide quelque peu… qui la complimente pour sa bonne cuisine, sa belle robe… sans compromettre sa virilité dans des déclarations d’amour.</p>



<p>La femme<em> «patriarcale»</em> jouit de l’assentiment du troupeau… et de sa ressemblance avec sa mère, sa sœur, sa voisine, et avec toutes les figures féminines véhiculées par les chaînes satellitaires arabes ou autres.</p>



<p>Car le système patriarcal et inégalitaire n’est pas l’apanage des sociétés arabes; il est universel.</p>



<p>Oui, j’ai perdu… J’ai expérimenté des relations avec tant d’hommes de tous les horizons et je suis fatiguée… J’ai douté de moi et de ma manière d’agir … Je l’ai changée, adaptée, adoucie… mais, aujourd’hui, je me sens impuissante…</p>



<p>Je ne peux pourtant pas suivre le troupeau … Je l’ai refusé depuis ma tendre enfance, et cela n’a rien à voir avec la littérature, la poésie, les sciences ou la sociologie …</p>



<p>Mon attachement à la justice et à l’égalité a été précoce… plus précoce que l’aube qui précède le jour… J’en ai récolté des conflits, l’abandon et la solitude…</p>



<p>Réintégrer le troupeau m’est impossible; alors il ne me reste qu’à continuer à négocier encore et toujours, dans la douleur, face à tout nouveau prétendant qui à l’horizon point.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’arabe par</em> <strong>Tahar Ben Meftah.</strong></p>



<p><em>* Enseignante chercheure en sociologie, Doha Institute For Graduate Studies.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/24/du-masculin-comme-valeur-intrinseque-un-male-meme-si-cest-un-petit-rat/">Du masculin comme valeur intrinsèque : «Un mâle… même si c’est un petit rat»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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