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	<title>Archives des Mohammed Ben Zayed - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mohammed Ben Zayed - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>L’Arabie saoudite écrase les sécessionistes yéménites soutenus par les Émirats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 07:35:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Saoudiens ont écrasé les sécessionistes du sud du Yémen et leur chef Aïdarous al-Zoubaïdi et donné une fessée aux Émiratis. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/23/larabie-saoudite-ecrase-les-secessionistes-yemenites-soutenus-par-les-emirats/">L’Arabie saoudite écrase les sécessionistes yéménites soutenus par les Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les Saoudiens ont donné une fessée aux Émiratis au Yémen. La métaphore n’est pas exagérée puisque les Saoudiens ont écrasé les sécessionistes du sud et leur chef Aïdarous al-Zoubaïdi, homme lige des Émirats au Yémen. Convoqué à Riyad, il a préféré prendre la fuite pour Abou Dhabi. Le vaudeville de Zoubaïdi et ses sbires marque une déroute géopolitique pour les Émirats et une victoire pour l’Arabie saoudite qui est déterminé à limer les ongles de son rival et de l’exclure de ses sphères d’influence notamment dans la Corne de l’Afrique.</em></strong> <em>(Ph. Des partisans d&rsquo;un mouvement séparatiste yéménite se rassemblent à Aden, au Yémen, le 16 janvier, pour protester contre les forces pro-saoudiennes dans la région. L&rsquo;un d&rsquo;eux brandit une photo du chef séparatiste Aidarous al-Zoubaidi.)</em></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18277941"></span>



<p>Le <a href="https://www.latimes.com/world-nation/story/2026-01-20/emirati-rescue-saudi-fury-middle-east-heavyweights-split-over-yemen" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Los Angeles Times</a> a publié une analyse de Nabih Bulos sur la crise saoudo-émiratie au Yémen considérant que l’aide apportée par les Émirats arabes unis pour exfiltrer le chef séparatiste du Sud reflète une divergence de politiques entre deux pays considérés comme parmi les plus importants alliés des États-Unis au Moyen-Orient. </p>



<p>Alors qu’Aïdarous al-Zoubaïdi était bloqué à l’aéroport d’Aden à l’invitation de l’Arabie saoudite, il ne pouvait –mais désirait ardemment– ​​refuser. Il tenta de gagner du temps, examinant minutieusement les détails du protocole, ce qui retarda le départ de l’avion du Yémen de plusieurs heures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La poudre d’escampette</h2>



<p>Al-Zoubaïdi, qui dirige un groupe séparatiste soutenu par les Émirats mais en conflit avec l’Arabie saoudite, savait que ce qui l’attendait à Riyad ne lui conviendrait pas, et il continua donc de tergiverser. Puis il reçut un appel l’informant que le plan d’évasion était prêt.</p>



<p>Al-Zoubaïdi s’enfuit précipitamment, emmenant avec lui cinq de ses principaux collaborateurs, vers une base militaire à Aden. De là, il a organisé deux convois de diversion, puis s’est rendu en voiture à la côte voisine, sous la surveillance d’un drone émirati. Au petit matin, il embarquait à bord d’un navire à destination de la Somalie, d’où il s’est envolé pour Abou Dhabi, la capitale des Émirats.</p>



<p>L’évasion d’Al-Zoubaïdi ce mois-ci, dont les détails ont été confirmés par des responsables basés à Aden, des milices, des dockers et par des déclarations indignées de responsables militaires saoudiens, a marqué un tournant dans un conflit de plus en plus âpre entre deux des plus importants alliés des États-Unis au Moyen-Orient, un conflit qui remet en question l’existence même du Yémen, tout en menaçant d’aggraver les souffrances d’une population déjà confrontée à l’une des pires crises humanitaires au monde.</p>



<p><em>«&nbsp;Je n’ai jamais vu les Saoudiens aussi en colère. C’est indéniable&nbsp;»</em>, a déclaré Mohammed Al-Basha, expert basé aux États-Unis et fondateur d’<em>Al-Basha Report</em>, un cabinet de conseil américain spécialisé dans la gestion des risques au Moyen-Orient et en Afrique, cité par le journal américain.</p>



<p>Les Saoudiens estiment que les Émirats n’ont pas joué un rôle de médiateur impartial au Yémen et au-delà, et ils se sentent trahis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Alliés proches ou adversaires acharnés</h2>



<p>Le <em>Los Angeles Times</em> ajoute que ce différend, né de profondes divergences géopolitiques et commerciales qui ont transformé Riyad et Abou Dhabi, d’alliés proches à rivaux puis à adversaires acharnés, a tendu les relations au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie du Sud-Est. La concurrence entre les deux plus grands producteurs et exportateurs d’énergie au monde risque de perturber les marchés et les investissements et de compromettre les projets du président américain qui considère ces deux pays comme des partenaires clés en matière de commerce et de diplomatie.</p>



<p>Les tensions se sont considérablement exacerbées le mois dernier lorsque le Conseil de transition du Sud (CTS), dirigé par Aïdarous al-Zoubaïdi, a pris le contrôle d’une grande partie du sud du Yémen, auparavant contrôlé par le gouvernement yéménite internationalement reconnu, et semblait prêt à proclamer un État sécessionniste dans cette région riche en ressources.</p>



<p>L’offensive a pris Riyad au dépourvu car l’Arabie saoudite s’était alliée à Abou Dhabi il y a plus de dix ans dans une campagne militaire dévastatrice contre les Houthis, la faction soutenue par l’Iran qui avait pris le contrôle de la capitale yéménite, Sanaa, en 2014.</p>



<p>Le CTS, formé en 2017 pour promouvoir un État indépendant dans le sud du Yémen et soutenu par les Émirats, a rejoint la campagne contre les Houthis en 2022 aux côtés du gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite. Cependant, les lignes de front sont restées globalement inchangées jusqu’à la récente avancée du CTS. L’Arabie saoudite semblait initialement se satisfaire du pari du CTS de s’emparer de davantage de territoire, y compris une zone limitrophe de son propre territoire. Cependant, elle lança rapidement des frappes aériennes contre ce qu’elle prétendait être une cargaison d’armes émiraties destinées aux séparatistes (accusation que les Émirats ont démentie), suivies d’une offensive rapide et brutale qui chassa le CTS de tout le territoire qu’il contrôlait, permettant aux forces gouvernementales de s’emparer de son bastion à Aden.</p>



<p>Parallèlement, le gouvernement yéménite exigea que les Émirats mettent fin à leur présence militaire dans le pays. Les séparatistes étant presque totalement vaincus, l’Arabie saoudite convoqua –ou, selon certains témoignages, ordonna– à al-Zoubaïdi et à plus de 50 autres délégués du CTS à Riyad pour discuter de l’avenir du Yémen du Sud. Al-Zoubaïdi avait de bonnes raisons de craindre l’emprisonnement ou au moins une reddition forcée, et c’est pourquoi il s’est enfui. L’Arabie saoudite le qualifie désormais de <em>«&nbsp;fugitif&nbsp;»</em>, tandis que le gouvernement yéménite l’accuse de haute trahison.</p>



<p>Le lendemain, le délégué du CTS à Riyad est apparu à la télévision d’État yéménite pour annoncer la dissolution du Conseil. De nombreux membres du Conseil, hors d’Arabie saoudite, ont contesté la validité de cette décision, la jugeant prise sous la contrainte et sous la pression de l’Arabie saoudite qui retenait la délégation en otage. Cependant, dimanche, les membres du Conseil à Riyad ont participé, avec d’autres personnalités politiques yéménites, à une réunion présentée comme <em>«&nbsp;consultative&nbsp;»</em> sur l’avenir du Yémen du Sud, une initiative qui vise, selon les observateurs, à nier toute coercition de la part de Riyad.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une force déstabilisatrice</h2>



<p>Le <em>Los Angeles Times</em> souligne qu’au cœur du différend entre l’Arabie saoudite et les Émirats réside une divergence de vision entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed ben Zayed. Dès sa nomination au poste de ministre saoudien de la Défense en 2015, Ben Salmane a adopté une politique étrangère offensive, marquée notamment par une offensive infructueuse contre les Houthis et l’enlèvement du Premier ministre libanais Saad Hariri. En 2017, l’Arabie saoudite s’est alliée aux Émirats et à Bahreïn pour imposer un blocus de quatre ans au Qatar. Toutefois, son approche a évolué depuis, privilégiant la stabilité régionale au nom de la prospérité économique.</p>



<p>Les Émirats, quant à eux, se sont révélés être une force déstabilisatrice. Non contents d’avoir normalisé leurs relations diplomatiques avec Israël durant le premier mandat du président Trump, violant ainsi les conditions posées de longue date par l’Arabie saoudite pour parvenir à une paix arabe globale avec Israël, ils ont consacré la dernière décennie à bâtir un réseau de groupes armés, de bases militaires, de ports et d’actifs secrets en mer Rouge et à travers l’Afrique, menaçant les gouvernements de nombreux pays.</p>



<p>Cela est particulièrement flagrant au Soudan, où l’opposition critique le soutien apporté par les Émirats aux Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire accusé de génocide durant la guerre civile. Les Émirats nient toute assistance aux FSR, affirmant que leur objectif est de préserver l’intégrité territoriale du Soudan, malgré des preuves accablantes du contraire.</p>



<p>Depuis le début de la crise yéménite, l’Arabie saoudite et les Émirats se livrent à une violente guerre médiatique. Influenceurs et journalistes s’échangent des accusations sur les réseaux sociaux, tandis que les chaînes d’État diffusent des reportages biaisés. Lundi, l’Arabie saoudite a organisé une visite de presse à Mukalla, ville portuaire du sud du Yémen, où le gouvernement yéménite a accusé les Émirats de gérer une prison secrète. Ailleurs dans la région, les relations et les alliances connaissent une restructuration rapide.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déloger les Émiratis  </h2>



<p>Peu après la fuite d’al-Zoubaïdi, le gouvernement somalien a annoncé la suspension de sa coopération sécuritaire et commerciale avec les Émirats, notamment la concession accordée au géant portuaire émirati DP World d’opérer depuis le port de Berbera, port par lequel al-Zoubaïdi s’était enfui. Les observateurs ajoutent que les Émirats ont apparemment perdu leurs droits de survol militaire de l’Égypte, du Soudan et de l’Arabie saoudite. L’administration de l’aéroport d’Al-Kufra en Libye, qui était devenu un maillon essentiel de la chaîne logistique des Émirats vers leurs alliés soudanais, a annoncé sa fermeture pour un mois. Tandis que l’Arabie saoudite s’efforce de démanteler le réseau militaire des Émirats, elle met simultanément en place le sien.</p>



<p>Le journal américain cite un responsable somalien, ayant requis l’anonymat pour évoquer la dynamique régionale, selon lequel l’Arabie saoudite envisage une alliance militaire avec l’Égypte et la Somalie, et que les autorités saoudiennes ont fait pression sur le Somaliland pour empêcher Israël d’établir des bases militaires sur son territoire. La Turquie réalise également des progrès significatifs dans ses relations avec l’Arabie saoudite, un changement radical par rapport à la position de ces deux rivaux acharnés. Riyad prévoit d’acheter des avions de chasse chinois au Pakistan pour équiper le Yémen.</p>



<p>Parallèlement, l’Arabie saoudite s’efforce de réduire l’influence émiratie au Yémen.</p>



<p>Des commandants militaires à Aden ont déclaré au <em>Los Angeles Times</em> que Riyad avait accepté de prendre en charge les salaires de tous les combattants, soit environ 80 millions de dollars par mois.</p>



<p>Des personnalités politiques soutenues par les Émirats arabes unis ont également été écartées du Conseil présidentiel yéménite et remplacées par des personnes plus favorables à l’Arabie saoudite.</p>



<p>Le journal américain ajoute qu’il est difficile de prévoir si les Émirats accepteront de perdre leur influence au Yémen après la défaite du Conseil de transition du Sud. Al-Basha a déclaré : <em>« Les Émirats arabes unis semblent actuellement privilégier le soft power dans le sud-ouest du Yémen, comme ils l’ont fait au Somaliland. La question demeure : cela se traduira-t-il, à terme, par un soutien à une insurrection armée? »</em>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ogzLSa2OMT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/">Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/embed/#?secret=V5O45ZNYDR#?secret=ogzLSa2OMT" data-secret="ogzLSa2OMT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/23/larabie-saoudite-ecrase-les-secessionistes-yemenites-soutenus-par-les-emirats/">L’Arabie saoudite écrase les sécessionistes yéménites soutenus par les Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Normalisation entre Israël et les pays arabes : Le mur du refus se fissure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Feb 2020 11:04:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une normalisation rampante entre Israël et des pays du Golfe progresse sur le dos des Palestiniens, pour parer à une menace iranienne, prétendent ses promoteurs, qui guettent l’ouverture d’une fenêtre de tir pour annoncer leur reconnaissance officielle de l’Etat juif, traité naguère d’«ennemi de la nation arabe». Par Hassen Zenati Il ne s’agit plus de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/21/normalisation-entre-israel-et-les-pays-arabes-le-mur-du-refus-se-fissure/">Normalisation entre Israël et les pays arabes : Le mur du refus se fissure</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Netanyahu-chez-lui-dans-le-monde-arabe-1.jpg" alt="" class="wp-image-282631"/><figcaption><em>Les responsables israéliens multiplient les visites dans les pays arabes.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em> Une normalisation rampante entre Israël et des pays du Golfe progresse sur le dos des Palestiniens, pour parer à une menace iranienne, prétendent ses promoteurs, qui guettent l’ouverture d’une fenêtre de tir pour annoncer leur reconnaissance officielle de l’Etat juif, traité naguère d’«ennemi de la nation arabe».</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati </strong></p>



<span id="more-282622"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> Il ne s’agit plus de savoir si plusieurs grands Etats arabes du Golfe vont reconnaître officiellement Israël, mais quand ils le feront, mettant ainsi fin à une longue ambiguïté et beaucoup de mensonges quant à leur attitude réelle à l’égard de l’Etat juif depuis sa création en 1948. </p>



<p> Dernier épisode de ce glissement fatal, à l’œuvre depuis des décennies: la participation probable d’Israël à la prochaine <em>«Exposition Universelle des Emirats»</em>, qui se déroulera d’octobre 2020 à avril 2021 à Dubaï. Israël y plantera pour la première fois en terre arabe son drapeau frappé de l’étoile de David, parmi ceux de 192 pays invités. Il y aura son pavillon propre, qui ressemblera à une dune de sable, avec plafond d’écrans diffusant des images d’un pays <em>«rayonnant de bonheur et de santé» </em>au milieu de la poudrière du Proche-Orient. Le pavillon a été conçu par l’architecte David Knafo pour, a-t-il dit, refléter l’enracinement de l’Etat hébreu au Moyen-Orient en même temps que son ouverture sur ses voisins.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les Palestiniens désormais seuls face à «l’ogre» israélien</h3>



<p> Ce sera la première manifestation publique d’un pays officiellement <em>«ennemi»</em> dans cet Etat du Golfe, les Emirats arabes unis (EAU), qui orchestre depuis des années ce rapprochement, avec pour leitmotiv la nécessité de parer à la «menace» iranienne. Celle-ci est classée désormais bien plus haut dans l’échelle de ses priorités de sécurité nationale que le «danger sioniste» de jadis. Depuis les accords de paix signés avec Israël par l’Egypte en 1979, puis par la Jordanie en 1994, c’est le premier grand coup porté au consensus arabe implicite en faveur des Palestiniens, maintenu contre vents et marées. </p>



<p> En 2018, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait inauguré la nouvelle séquence historique, provoquant la stupeur et l’indignation parmi les Palestiniens, qui se sentent de plus esseulés face à «l’ogre» israélien. Il s’est affiché accompagné de sa femme Sara, à Mascate, capitale du Sultanat d’Oman, aux côtés de son hôte, le sultan Qabous, disparu depuis. </p>



<p> Auparavant, c’est la ministre de la Culture et des sports israélienne, Miri Regev, représentante de la droite sioniste extrême, vêtue d’une <em>abaya</em> locale rouge, les cheveux à peine dissimulés sous un léger voile blanc, qui se photographiait se pavanant sur l’esplanade de marbre de la monumentale mosquée Cheikh Zayed d’Abou Dhabi, encadrée par deux<em> «anges gardiens» </em>de la police des Emirats en kamis et keffieh blancs. C’est cette même Miri Regev qui avait qualifié d’<em>«aboiements de chiens»</em> les appels à la prière de l’imam de la mosquée d’Al Aqsa de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam. Elle qui s’était exhibée aussi au festival de Cannes habillée d’une robe floquée d’une carte de Jérusalem portant la légende: <em>«capitale éternelle d’Israël»</em>, un statut que la légalité internationale ne lui reconnaît pas. Mais Miri Regev est une spécialiste de la provocation anti-palestinienne et des défis à la légalité internationale. Elle n’était pas à son premier essai.</p>



<p> Les tractations et contacts secrets n’en finissent pas dans les suites à plusieurs milliers d’euros la nuit, des hôtels de luxe de Dubaï, en Egypte, à Washington et même en Ouganda. Netanyahu s’y est rendu récemment en personne pour rencontrer le président du Conseil militaire de transition soudanais, le général Abdul Fattah El-Burhan, proche de l’Arabie Saoudite et des EAU et membre de la coalition militaire qui se bat au Yémen contre les rebelles Houthistes. Sous l’un des prédécesseurs d’El-Burhan, le Soudan avait consenti de servir de plate-forme au transfert vers Israël de 8.000 Juifs éthiopiens (Falashas), dans une opération baptisée <em>«Moïse»</em> largement médiatisée. </p>



<p> Tel-Aviv a toujours gardé un œil sur le Soudan, allié traditionnel de l’Egypte, qu’il alimente en eaux du Nil, objet depuis quelques années d’un sourd affrontement entre le Caire et Addis Abeba (Ethiopie), l’autre pilier de la diplomatie israélienne dans la Corne de l’Afrique, autour de la répartition des eaux de ce fleuve indispensable à la survie des Egyptiens. Dès l’antiquité, l’historien et voyageur grec Hérodote proclamait que <em>«l’Egypte est un don du Nil».</em> La maîtrise du fleuve a de tout temps été une donnée stratégique fondamentale pour les gouvernants égyptiens.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Miri-Regev-aux-Emirats.jpg" alt="" class="wp-image-282638" width="500"/><figcaption><em> La ministre israélienne Miri Regev à la mosquée Cheikh Zayed d’Abou Dhabi.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading"> Un sommet arabo-israélien serait en préparation au Caire </h3>



<p> Mi-février, des médias israéliens rapportaient du Caire que des préparatifs seraient en cours pour la tenue prochaine d’un sommet arabo-israélien, avec la participation du président égyptien Abdelfattah Al-Sissi, de l’Emir Mohammed Ben Zayed (EAU) et du Prince-héritier d’Arabie Saoudite Mohammed Ben Salmane (MBS), vice-roi et homme fort du Royaume. </p>



<p> L’information reste à confirmer, mais ce serait la dernière pièce du puzzle que le Premier ministre du Likoud s’emploie à rassembler pour conforter sa position chancelante avant les prochaines élections législatives du 2 mars 2020 – les troisièmes en une année – qui pourraient sonner le glas de sa très longue carrière à la tête du gouvernement israélien, selon des analystes locaux.</p>



<p> Pour se maintenir en place, Netanyahu a déjà bénéficié de deux «coups de pouce» successifs de son allié et ami Donald Trump, président des Etats-Unis, qui a d’abord décidé le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, et l’a invité ensuite à la Maison Blanche pour annoncer le <em>«deal du siècle»</em>, un <em>«accord de paix»</em>, qui ferait de la Palestine une suite discontinue de bantoustans sous le contrôle de fer de l’armée israélienne. Plusieurs ambassadeurs du Golfe assistaient détendus à la cérémonie, qui constitue un nouveau jalon dans l’abandon de la Palestine à son tragique destin. La Ligue arabe, plongée dans une profonde léthargie, n’a même pas estimé nécessaire de réunir un sommet pour étudier la situation. Elle s’est contentée d’une réunion des ministres des Affaires étrangères, qui ont publié un communiqué à l’eau tiède rejetant la proposition américaine.</p>



<h4 class="wp-block-heading"> Les brèches se multiplient dans le mur du «refus arabe»</h4>



<p> La première brèche dans le mur que l’on croyait en béton du «refus» anti-israélien, mais qui était en réalité construit à coup de communiqués sans lendemain, fut creusée par Shimon Peres, <em>«père»</em> de la bombe atomique israélienne, lorsqu’il s’est rendu au Maroc en 1986 pour une rencontre improbable avec le roi Hassan II. Dans un livre publié il y a deux ans en anglais, sous un titre reprenant une citation du Talmud :<em> ‘‘Rise and kill first : the secret history of Israel’s targetted assassinations’’</em>, un ancien chroniqueur militaire israélien, Ronen Bergman, a révélé que la coopération entre services israéliens et marocains était encore plus ancienne. Il affirme qu’en septembre 1965, lors du Sommet arabe de Casablanca, les dirigeants arabes avaient été placés sur écoutes israéliennes avec la connivence de leurs collègues marocains, ce qui permit à l’armée israélienne de recueillir à la source, quelques précieux secrets sur les armées arabes, avant de déclencher son offensive éclair de juin 1967 contre l’Egypte.</p>



<p> Dans un autre registre, un tribunal de Bahreïn vient de condamner à trois ans de prison ferme un manifestant bahreïni qui avait brûlé un drapeau israélien au cours d’une manifestation en faveur  de la Palestine. L’acte a été qualifié d’<em>«atteinte à l’ordre public»</em> dans cet émirat à majorité chiite, gouverné par une famille sunnite. </p>



<p> En Egypte, la justice s’en est prise pour sa part à un footeux qui, dans un accès d’enthousiasme, avait brandi un emblème palestinien sur les gradins d’un stade du Caire, à l’occasion d’une rencontre entre l&rsquo;Egypte et l&rsquo;Afrique du Sud. </p>



<p> Un imam de la mosquée Ibn Hazm de Oudjda (Maroc) a par ailleurs été révoqué par le ministère des Affaires religieuses pour avoir critiqué de son <em>«minbar»</em> le <em>«deal du siècle»</em>. Et pour avoir rappelé aux dirigeants arabes qui laissent faire qu’ils ont l’obligation de défendre les lieux saints musulmans d’Al Qods menacés de judaïsation par les extrémistes religieux juifs, qui multiplient les incursions intempestives sur l’esplanade des mosquées et encouragent les fouilles archéologiques illégales en sous-sol, en menaçant les fondations des lieux. Président du <em>«Comité Al-Qods»</em>, censé défendre ces lieux saints, le Maroc est depuis des années aux abonnés absents. </p>



<p> Un imam saoudien vient de son côté de proclamer publiquement sans avoir été repris par son roi,<em> «Serviteur des deux Lieux Saints»</em> (Mecque et Médine), selon son titre officiel, qu’Al Qods n’entrait pas dans cette catégorie et qu’elle ne méritait pas que l’on se batte pour la conserver. Il est vrai que dans l’histoire officielle de l’islam, Al Qods n’est que le 3e lieu saint musulman, mais néanmoins la première Qibla, vers laquelle se prosternaient les pratiquants avant de se tourner vers La Mecque.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La banalisation de la normalisation avec Israël est en marche</h3>



<p> Dans le sillage de la visite à Jérusalem en 1977 du président Anouar el Sadate, un dramaturge égyptien Ali Salem encourageait ses concitoyens à se rendre en Israël, qui<em> «n’est plus un Etat ennemi»,</em> à ses yeux, et qui ne constitue plus<em> «une menace pour la sécurité égyptienne à aucun niveau»</em>. <em>«Les Egyptiens et les Hébreux sont les peuples les plus anciens sur Terre. La relation entre eux est réelle. Je n’ai jamais vu personne aimer les Egyptiens autant que les Hébreux»</em>, statuait-il aussi en 2015 dans un entretien à la télévision égyptienne. </p>



<p> Dans la même veine, l’écrivain Youssef Idriss, proche de Sadate, après l’avoir été de Gamal Abdel Nasser, appelait les Egyptiens à lire les auteurs israéliens, afin de se renseigner sur la philosophie qui les anime et de se familiariser avec leur pensée politique. Le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz lui-même n’hésitait pas à appeler à la<em> «réconciliation»</em> entre Egyptiens et Israéliens. </p>



<p> Depuis ces ouvertures des centaines de travailleurs égyptiens se sont établis au delà du Sinaï, prenant au passage le travail laissé jusque-là aux Palestiniens. Des artistes arabes, notamment parmi les binationaux, ont participé nombreux ces derniers temps à des festivals en Israël et des sportifs arabes ne refusent plus d&rsquo;affronter leurs pairs israéliens dans des compétitions internationales. Certains plus discrètement que d&rsquo;autres.     </p>



<p> La banalisation se met ainsi en place selon des étapes de plus en plus rapprochées. Les dirigeants israéliens jouent comme sur du velours sur la peur panique suscitée par l’Iran auprès des dirigeants du Golfe. Téhéran est en effet accusé de vouloir constituer autour de lui un <em>«croissant chiite»,</em> qui couvrirait l’Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie, le Yémen et Bahreïn, et de reprendre aux Sunnites le pouvoir qu’ils ont perdu à l’aube de l’islam, il y quinze siècles. Si la <em>«normalisation»</em> de relations avec Israël était jusque-là le but ultime d’un processus de paix incluant l’érection d’un Etat palestinien dans ses frontières de 1967, avec Al Qods comme capitale, la diplomatie israélo-américaine a de toute évidence réussi à renverser l’ordre des facteurs en agitant l’épouvantail iranien. On <em>«normalisera»</em> d’abord et on verra plus tard pour la paix et les droits des Palestiniens.</p>
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