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	<title>Archives des Moncef Machta - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Moncef Machta - Kapitalis</title>
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		<title>Tahar Bekri &#124; De l’errance et la sérénité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 06:10:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans ‘‘Le battement des années’, Tahar Bekri invite le lecteur à une déambulation à travers un Paris transformé par l’imagination du poète. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/30/tahar-bekri-de-lerrance-et-la-serenite/">Tahar Bekri | De l’errance et la sérénité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>D’un bout à l’autre du dernier recueil de Tahar Bekri, ‘‘Le battement des années’’, le lecteur est invité à suivre, pas à pas, une sorte de déambulation à travers un Paris transformé par l’imagination créatrice du poète en un lieu correspondant parfaitement à son état d’âme. Cette promenade est loin d’être celle d’un touriste à la recherche du pittoresque. Les lieux parisiens sont plutôt transfigurés par le regard d’un poète en quête du plus profond de lui-même, dans un espace intime, dans lequel il fut contraint de passer une grande partie de sa vie, d’une part et d’autre, ces mêmes lieux renferment tant de mystère, ne cessent de l’interpeller. </em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Moncef Machta *</strong></p>



<span id="more-18542339"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta.jpg" alt="" class="wp-image-16264519" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il s’agit donc d’une poésie de l’errance qui rappelle cet accent lyrique dans le vers de Guillaume Apollinaire, extrait de<em> ‘‘La chanson du mal-aimé’’</em>&nbsp;:</p>



<p><em>«J’erre à travers mon beau Paris sans avoir le cœur d’y mourir».</em></p>



<p>Cette errance semble n’avoir aucune motivation particulière, à part celle mobilisée par l’état d’âme du poète qui éprouve un profond sentiment de mal-être, d’être, en quelque sorte, dans l’entrave, dans l’impossibilité de prendre son élan, de revenir sur les mêmes lieux, les mêmes rues, les mêmes monuments&nbsp;:</p>



<p><em>«D’une rue à l’autre</em></p>



<p><em>&nbsp;L’errance jamais souveraine&nbsp;»</em></p>



<p><em>Nous découvrions les mêmes lieux</em></p>



<p><em>Les mêmes devantures les mêmes portes&nbsp;»</em></p>



<p><em>Nous déambulions».</em></p>



<p>Le poète est comme empêché dans son mouvement, se compare aux péniches qui longent la Seine, fixées au bord, enchainées à l’anc<em>re&nbsp;:</em></p>



<p><em>«Les péniches qui vont et viennent</em></p>



<p><em>Les cordes qui nous enchainent à l’ancre&nbsp;».</em></p>



<p>Les lieux de la déambulation sont nommés, les uns après les autres, tantôt ils ont une consonance particulière&nbsp;; <em>«Rue Gît-le-Cœur&nbsp;», «Rue Saint-André des arts»</em>, tantôt, ils font référence à des artistes, comme Picasso et son atelier. Les lieux se réfèrent aussi à l’Histoire, au nom ancien de la capitale&nbsp;: <em>«A Lutèce»</em>. Le passé surgit du fin fond de l’Histoire.</p>



<p>D’autres lieux se référent à des personnages historiques&nbsp;; comme Voltaire, Bonaparte ou à des poètes comme Apollinaire, Victor Hugo, Verlaine ou Baudelaire, Sartre et Simone de Beauvoir, Rimbaud, le poète aux semelles de vent. A travers cette errance, le poète met ses pas dans les leurs, va sur leur trace dans les lieux qu’ils avaient fréquentés.</p>



<p>Au hasard de la déambulation, il va à la rencontrer du marchand de châles de Russie, et c’est l’occasion de s’évader vers les terres lointaines, les paysages du Nord, cela, à la simple vue d’objets sur les étals :</p>



<p><em>«Poils de chèvres cachemire de laine</em></p>



<p><em>Petrouchka chapka gants</em></p>



<p><em>Et peaux de rennes &nbsp;</em></p>



<p><em>D’étal en étal</em></p>



<p><em>Nous abolissions les frontières»</em></p>



<p>Cette écriture représente les différents visages du poète. Le poème se veut à la fois, une traversée dans le besoin de rejoindre l’autre et dans le même temps, un pont qui permet de rejoindre l’autre rive. Le poète est, de ce fait, tantôt celui qui agit, tantôt, celui qui regarde agir. Il est aussi bien celui qui se laisse porter par les flots, que celui qui tient le gouvernail. Il est celui qui se définit par son caractère aérien qui lui permet de maintenir la tête hors de l’eau que celui qui renonce à poursuivre sa route, de peur d’être englouti par les flots.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La peur de ne plus se retrouver</h2>



<p>A travers cette errance, le poète nous révèle la crainte de perdre ses repères jusqu’à ne plus se reconnaître, ni reconnaître le monde qui l’entoure. C’est la peur de ne plus être en mesure de reconnaître les choses les plus familières. Cette difficulté se traduit par la récurrence de tous les termes en rapport à une certaine difficulté à retrouver les repères, voire, les nommer&nbsp;: <em>«nommer les arbres sans les reconnaître»</em>.&nbsp;Récurrence des termes en rapport à la mémoire et à l’amnésie&nbsp;: <em>«Marcher sur l’oubli»</em>, titre d’un autre recueil.</p>



<p>Il se produit ainsi une véritable course éperdue à la recherche du mot juste, à même de traduire, de définir avec exactitude les sensations qu’il éprouve. D’où cet inventaire de mots qui expriment ce dont on est incapable d’exprimer&nbsp;:</p>



<p><em>«Mots qui tombent</em></p>



<p><em>Comme des pétales dans la rue»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La quête d’un paradis perdu</h2>



<p>Mais le poète se rend compte qu’en définitive, tous les mots qu’il recherche ne font que converger vers ce qui est susceptible de fonder son être, à savoir, le pays natal. Et là, ce sont les retrouvailles heureuses avec Gabès, la ville qui l’a fait naître. Evocation de son enfance et des palmiers de son grand-père&nbsp;: <em>«Je te retrouve»</em>. Un îlot, un havre, un espace de quiétude, plein de sensations susceptibles de mobiliser tous ses sens. Chaleur et lumière du couchant, paix, silence, frémissement des arbres, odeur de henné. De là, des envolées lyriques&nbsp;s’adressant aux éléments comme s’ils étaient des êtres vivants :&nbsp;<em>«De quelle mélancolie es-tu faite, terre&nbsp;?», «Je reviens te voir, jardin».</em></p>



<p>Le désir de retrouvaille avec le pays natal est associé à la douleur ressentie devant les atteintes portées par l’homme à la nature. Il semble trembler devant les dégâts subis par la palmeraie, dus à la pollution causée par l’industrie chimique.</p>



<p>L’évocation, d’une part, de moments de bonheur marqués par <em>«l’allégresse juvénile»</em> et d’autre, de moments plus douloureux marqués par la maladie de la mère&nbsp;: <em>«Mère souffrante et douleur retenue»</em>. Il y a comme une jonction dans la douleur, la souffrance&nbsp;:</p>



<p><em>«Voici la mer qui vomit ses algues</em></p>



<p><em>Tant de sables alourdis d’huile gluante»</em></p>



<p>Ce qu’il souhaite, par contre, c’est de retrouver sa terre natale par les étés brûlants, la mer&nbsp;<em>«sans algues gluantes, sans soufre, sans fumées»</em> noires ou jaunes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le battement des années</h2>



<p>En définitive, toute cette quête se trouve constamment travaillée par le rythme des années qui passent, dont les résonances se font au plus profond de soi. Les <em>«battements des années»</em> sont associés au rythme du cœur, <em>«vibrant de mille mélancolies»</em>, où la liberté est toujours présente. Ils rappellent les battements d’ailes d’un oiseau, à la recherche d’un envol qui déploie une grande sérénité, une ouverture sur le monde.</p>



<p>Le recueil est une poésie qui invite à la contemplation, qui résiste au fracas du monde, appelle à la dimension solaire, empreinte de clarté, laissant de côté ce qui a trait au brouillard et à la confusion. C’est une poésie où la mélancolie et l’écriture de l’exil opposent à la tourmente, un besoin de paix verlainienne, qui n’est pas loin de rappeler ses vers&nbsp;:</p>



<p><em>«Le ciel est par-dessus le toit</em></p>



<p><em>Si bleu si calme»</em>.</p>



<p><em>* Universitaire</em></p>
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		<title>Tahar Bekri &#124; La braise et la brûlure</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/23/tahar-bekri-la-braise-et-la-brulure/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 06:51:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Machta]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec son nouveau recueil, ‘‘Mon pays, la braise et la brûlure’’, nous livre des fragments se rapportant à différents épisodes de sa vie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/23/tahar-bekri-la-braise-et-la-brulure/">Tahar Bekri | La braise et la brûlure</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Avec son nouveau recueil, ‘‘Mon pays, la braise et la brûlure’’, composé de 53 brefs poèmes, Tahar Bekri nous livre des fragments se rapportant à différents épisodes de sa vie, allant de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Ils tournent autour de l’exil, l’attachement à la terre qui l’a vu naître et grandir, une terre qu’il a dû quitter, suite à différents aléas qu’il évoque en filigranes, qui demeurent, néanmoins, toujours présents dans sa mémoire. Tantôt d’une manière directe, tantôt suggérée. Ainsi, le pays quitté est présenté comme un paradis perdu ressenti avec la même intensité, la même charge d’amour et de tendresse. Un pays qui n’a jamais cessé de l’habiter.</em></strong></p>



<p><strong>Moncef Machta *</strong></p>



<span id="more-16264467"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta.jpg" alt="" class="wp-image-16264519" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Moncef-Machta-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le recueil est inauguré par le verbe <em>«porter»</em> conjugué, ici au présent <em>«Je te porte pays»</em>, là, au passé <em>«Je te portais pays»</em>, une patrie à laquelle il s’adresse tout le long de ce périple, d’une manière intime, en la tutoyant, une patrie qui se caractérise par le brassage des diverses civilisations qui l’ont traversée. Un pays <em>«arc-en-ciel»</em>, <em>«mosaïque solidaire»</em>, un paysage lumineux, dans lequel il se reconnait à travers les visages avenants des gens aimés qu’il a dû quitter à un moment crucial de sa vie et qui constituent le fondement même de son être.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exil vécu comme une déchirure</h2>



<p>Son exil est d’abord vécu comme une douleur, une déchirure, celle d’être séparé de sa terre, des siens. Il se présente comme un moyen de déjouer une situation sans issue lorsque les portes de la faculté, où il étudiait, lui ont été fermées, à la suite du mouvement estudiantin auquel il avait participé.</p>



<p>Dans les affres de l’exil, il ne trouve meilleur remède que de s’adresser à son pays comme à un être cher. Le seul à même de le consoler, de le protéger, de compatir à sa souffrance :</p>



<p><em>«Dans la déchirure j’emportais ta voix</em></p>



<p><em>Baume contre la froidure</em></p>



<p><em>Je te cherchais.</em></p>



<p><em>Je cherchais ta Méditerranée</em></p>



<p><em>Sur l’Atlantique</em></p>



<p><em>M’arrivaient les cigognes</em></p>



<p><em>Me parvenait ta complainte».</em></p>



<p>Un exil qui va rendre encore plus fort son amour pour le pays. Son attachement est tel qu’il se compare à un oiseau qui cherche à survoler les longues distances qui l’en séparent afin de le retrouver :</p>



<p><em>«Avais-je des ailes pour survoler</em></p>



<p><em>Ce qui nous sépare</em></p>



<p><em>Et te rejoindre, pays?»</em></p>



<p>La séparation ne fait que raffermir le cordon ombilical qui le rattache à la mère patrie. Cette dernière va exacerber le désir de rejoindre le pays qu’il aime, d’où la métaphore de la <em>«brûlure»</em> et de la <em>«braise»</em> annoncée dans le titre du recueil.</p>



<p><em>«Nous guettions tes nouvelles</em></p>



<p><em>Dans les convictions juvéniles</em></p>



<p><em>Comme les aiguilles d’une boussole»</em>.</p>



<p>L’évocation du pays est assimilée à une musique harmonieuse qui le berce :</p>



<p><em>«J’entendais tes luths</em></p>



<p><em>Je libérais tes cordes</em></p>



<p><em>Pour faire vibrer tes sons».</em></p>



<p>Le pays devient ensuite un livre ouvert, une fontaine qui abreuve celui qui a soif de sa terre :</p>



<p><em>«Je lisais tes pages ouvertes</em></p>



<p><em>Comme des fontaines</em></p>



<p><em>Et m’abreuvais à toutes les sources</em></p>



<p><em>Les racines jamais satisfaites</em></p>



<p><em>De rester sous terre»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Enfance</h2>



<p>Le passé vécu dans sa terre natale remonte à sa prime enfance, où il se revoit sur <em>«les bancs de l’école»</em>, la nouvelle école de la république, fréquentée par des élèves de condition modeste, aux <em>«corps menus»</em> qui se tiennent <em>«en rang»</em> et auxquels le nouvel Etat indépendant offrait pendant les récréations du lait en poudre, servi dans des <em>«tasses d’aluminium»</em>.</p>



<p>Le poète est reconnaissant à l’instruction qu’il a eue, il fait partie de ces enfants qui ont soif de connaissances, apprenant les mots nouveaux qui disent l’amour du pays.</p>



<p>L’enfance évoquée dans le recueil représente le début de l’éveil des sens, le plaisir de découvrir le monde à travers les voyages par train, évoqués dans l’un des fragments où nous retrouvons les sensations que tous les enfants du monde éprouvent dans un voyage par train: le plaisir de contempler des paysages qui défilent à l’infini. Ici c’est l’adulte qui se remémore, comme si c’était hier, l’émerveillement qu’il éprouvait quand il admirait son pays <em>«Je reconnaissais tes paysages un à un», «Collé à la fenêtre»</em>. Le regard de l’adulte et celui de l’enfant se superposent et s’entremêlent. Evocation de <em>«trains cahoteux»</em> montés sur <em>«des rails de fortune»</em>, regards <em>«scrutant»</em> des oliveraies s’étendant à l’infini. Les voyages partrain éveillent en lui des souvenirs douloureux, des souvenirs relatifs aux départs difficiles. Lepère muté, du fait de son emploi de cheminot, de ville en ville, de gare en gare. L’enfantdevait alors quitter des lieux familiers vers d’autres. Un arrachement qu’il avait du mal àvivre, un chagrin qui marque certains épisodes de son enfance. Presque déjà, l’exil et ledéchirement.</p>



<p>L’enfance est associée à des éléments qui lui sont chers, à des sensations qui le marquent de leurs empreintes indélébiles, tel ce citronnier qu’il voit grandir et auquel il associe le sourire de son grand-oncle, dans la palmeraie de Gabès. L’arbre semble illuminer son enfance par la couleur de ses fruits, par le parfum délicieux qui émane de ses feuilles quand il les frotte entre les mains.</p>



<p>L’enfance est ainsi marquée par des moments heureux faits d’insouciance, de légèreté, de plaisirs, à la fois, simples et intenses, à l’instar de ses promenades en vélos où il a l’impression que la selle se transforme en tapis volant :</p>



<p><em>«Le vélo t’emportait ou tu l’emportais»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amour du pays, des siens</h2>



<p>Dans cette poésie, l’amour du pays s’exprime à travers différents moments vécus, aussi bien durant l’enfance heureuse, que plus tard, lorsqu’il il évoque, par exemple, la préparation militaire, quand il était élève. Le poète nous livre le regard d’un lycéen qui accepte la formation à laquelle il était tenu de se conformer. Il cherche à nous dire son sentiment d’appartenance à une patrie à protéger, à défendre. Ce sentiment n’est pas, en revanche, de nature à l’enfermer dans un nationalisme obtus, Il est plutôt l’occasion d’exprimer très fort son pacifisme et son amour de la paix :</p>



<p><em>«Ma guerre à moi était plus qu’une guerre».</em></p>



<p>L’amour du pays est associé au respect et à l’empathie dus à son père et à tous les travailleurs.</p>



<p>Evocation du dur métier du père. Il se souvient de cet homme qui passait la nuit à surveiller la bonne marche vers le port des trains de marchandises chargées d’alfa. Un immense respect le submerge en vis-à-vis de celui qui accomplit cette pénible tâche. Le même sentiment est éprouvé à l’endroit des paysans aux mains rugueuses qui ramassent l’alfa, cette plante difficile des steppes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ouverture sur le monde par les voyages</h2>



<p>D’autres souvenirs se rapportent à différents moments de sa vie d’adulte :</p>



<p><em>«Des années plus tard», «Tu repenses», «tu revois»</em>, et le poète de nous inviter à le suivre dans un va-et-vient dans le passé lointain, ou le présent proche, à travers ses activités culturelles comme par exemple, participer à des rencontres dans différents pays, avec d’autres écrivains: de la Martinique, à Hammamet autour du thème de l’exil où Rachid Mimouni, qui n’est pas nommé, parle du <em>‘‘Fleuve détourné’’</em>, de l’exil rebelle.</p>



<p>A d’autres moments dans le recueil, le poète est un voyageur qui part à la découverte de lieux chargés d’Histoire, à l’instar de Carthage. Le poème prend de l’ampleur pour exprimer, avec une profonde émotion, la grandeur et la majesté des sites romains ou puniques, comme rappel de l’Histoire:</p>



<p><em>«J’élevais mes mots sur l’autel des sacrifices</em></p>



<p><em>Par-dessus les collines sentinelles</em></p>



<p><em>Loin des urnes funéraires loin des stèles».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un exil fécond, créateur</h2>



<p>Ce qui ressort de ce recueil, est que l’exil, vécu par le poète, n’est pas que source de douleur, il est aussi source d’enrichissement et d’ouverture sur la beauté du monde, sur la culture humaine qu’il a découverte et qui l’a marqué, une culture qui n’a pas effacé sa culture mère.</p>



<p>Elle l’a plutôt enrichi grâce à un appel constant à la tolérance et à la fraternité. Sa poésie est un chant du monde, un hymne à la terre et aux êtres auxquels il est attaché :</p>



<p><em>«Il y a des êtres</em></p>



<p><em>Comme des rayons du soleil</em></p>



<p><em>Nécessaires à la vie</em></p>



<p><em>Ouvre le jour</em></p>



<p><em>Pour leur dire</em></p>



<p><em>Le monde est une merveille».</em></p>



<p>* <em>Universitaire</em>. </p>



<p><strong><em>Tahar Bekri, Mon pays, la braise et la brûlure, Ed. Edern, Bruxelles, 16 euros.</em></strong></p>



<p></p>
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