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	<title>Archives des Monia Kallel - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Monia Kallel - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Quand les Tunisiennes réécrivent Beauvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 06:47:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le 13 août, la question est  : qu'a-t-on donné aux Tunisiennes ? Et que sont-elles  prêtes à défendre et à conquérir ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/15/quand-les-tunisiennes-reecrivent-beauvoir/">Quand les Tunisiennes réécrivent Beauvoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 13 août 2026, la Tunisie a célébré les 70 ans du Code du statut personnel, promulgué le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance et près d’un an avant la proclamation de la République. Tout a été dit sur le caractère exceptionnel de ce texte et sur l’audace de Bourguiba, qui s’est attaqué à des règles que l’on croyait intangibles. Mais cette année, quelque chose trouble la célébration.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monia Kallel</strong> *</p>



<span id="more-19438976"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg" alt="" class="wp-image-14872475" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Jamais peut-être la fête du 13-Août n’aura suscité autant de controverses. La femme tunisienne est à nouveau sommée de se justifier : sur ses acquis, ses vêtements, son corps. Les gardiens de la morale, de plus en plus décomplexés, ne se contentent plus de regarder : ils prescrivent.<br>Dans le même temps, les voix qui réclament une révision du CSP se font plus audibles, et de plus en plus radicales. Mais le plus inquiétant n’est peut-être pas que le CSP soit ouvertement remis en question. C’est que la contestation se déplace, gagne du terrain, change de visage — et qu’elle trouve parfois des alliées parmi celles-là mêmes qui ont bénéficié de ses avancées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le corps féminin, territoire à surveiller</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a d’abord cette campagne virulente autour des vêtements des femmes. Le corps féminin redevient un territoire à surveiller, à commenter, à corriger. On ne dit plus seulement à la femme ce qu’elle doit faire : on lui dit comment elle doit être vue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moralisme se mêle au prosélytisme. On le perçoit aussi dans ces voix qui réclament le retour à ce qui fut, en 1956, l’une des ruptures les plus audacieuses avec la tradition juridique : la polygamie. Celle-ci redevient un sujet de discussion ; même des députés s’en mêlent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a l’autre front, plus fort encore : celui qui conteste l’égalité dans l’héritage. Là, la situation devient presque vertigineuse. Car ce ne sont pas seulement les adversaires traditionnels des droits des femmes qui la contestent. De nombreux <em>«modernistes»</em>, hommes et femmes, s’opposent à cette revendication. Et lorsqu’une responsable féministe affirme que l’égalité dans l’héritage doit désormais être au cœur du combat, elle se retrouve au centre d’une cabale qui dépasse largement la discussion juridique. Voilà le paradoxe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes tunisiennes sont légitimement fières du CSP. Elles savent ce qu’il a changé dans leur vie et dans celle de leurs mères et de leurs grands-mères. Elles célèbrent l’audace de Bourguiba lorsqu’il a transgressé, interprété le texte, contextualisé, fait entrer le droit dans une société nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais lorsqu’il s&rsquo;agit de l’héritage, lorsqu’il s’agit de franchir un pas de plus, certaines invoquent soudain la règle <em>«claire et nette»</em> du texte religieux. Comme si l’histoire, l’évolution, le temps devaient s’arrêter exactement là où commencent nos hésitations et nos craintes. Comme si la famille tunisienne de 2026 était encore celle de 1956. Elle ne l’est évidemment plus. La structure de la famille a changé. Le rôle économique des femmes a changé. Leur niveau d’instruction, leur accès au travail, leur contribution aux revenus familiaux, leur espérance de vie, leur place dans l’espace public ont changé. La société elle-même a changé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi donc l’histoire serait-elle convoquée pour justifier certaines transgressions et congédiée lorsqu’il faudrait en accomplir une nouvelle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être là le paradoxe le plus profond de notre rapport aux droits des femmes. Nous aimons les droits lorsqu’ils nous arrivent sur un plateau d’argent. Nous les célébrons lorsqu’un État les inscrit dans la loi. Nous sommes fières lorsque l’histoire nous les offre. Mais sommes-nous prêtes à nous battre pour ceux qui ne sont pas encore acquis ? C’est une autre affaire.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="usjujfsiBU"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/">70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/embed/#?secret=XXEWvk5Qru#?secret=usjujfsiBU" data-secret="usjujfsiBU" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des droits jamais vraiment acquis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1949, Simone de Beauvoir écrivait : <em>«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis.»</em> La Tunisie pourrait ajouter aujourd’hui quelque chose à cette phrase. Les droits des femmes sont d’autant plus fragiles lorsqu’ils ont été accordés par un pouvoir qui, même lorsqu’il se voulait progressiste, demeurait un pouvoir masculin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CSP est l’une des grandes réussites de ce que l’on a appelé le féminisme d’État. Mais le féminisme d’État comporte une ambiguïté fondamentale : il peut faire gagner aux femmes plusieurs décennies en quelques années, mais il ne leur apprend pas nécessairement à devenir les sujets politiques de leurs propres droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CSP de 1956 n’est pas le produit d’une évolution spontanée de la société tunisienne : il est le résultat d’une volonté politique extraordinairement forte. Bourguiba a assumé une lecture politique et réformatrice de l’islam. Et nous continuons à en parler comme si le <em>zaïm</em> était encore là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être notre problème. Le <em>«sauveur»</em> est une figure tenace. Chez les conservateurs, il prend parfois la forme du religieux qui vient expliquer aux femmes comment être de bonnes musulmanes. Chez les modernistes, il peut prendre celle du dirigeant éclairé qui vient expliquer aux femmes comment être libres. Dans les deux cas, le mécanisme est étrangement proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba est justement célébré parce qu’il a osé. Mais qui, après Bourguiba, osera ? Et surtout : pourquoi faudrait-il encore attendre qu’un homme ose à notre place ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que la réflexion de Simone de Beauvoir, si précieuse, paraît à la fois prophétique et incomplète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit pas de rester vigilantes. Il faut devenir actrices de la construction, de la défense et de l’extension de nos droits.<br>Car un droit que personne ne porte politiquement devient rapidement un droit que d’autres peuvent redéfinir. Et un droit dont les principales bénéficiaires ne se sentent pas responsables peut finir par paraître étranger à celles-là mêmes qu’il protège.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que sommes-nous prêtes à conquérir ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà pourquoi la bataille actuelle ne se résume pas au CSP. Le CSP traversera probablement cette tempête. Il a traversé bien d’autres vents contraires. Et l’égalité successorale finira, tôt ou tard, par devenir une réalité, parce que les sociétés changent, parce que les familles changent, parce que les femmes changent, et parce que le droit ne peut indéfiniment prétendre que le monde est demeuré celui d’hier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question est ailleurs. Sommes-nous capables de défendre ce que nous avons reçu et de conquérir ce que nous n’avons pas encore reçu ? Sommes-nous capables de passer du statut de bénéficiaires à celui de citoyennes qui savent que les droits ne sont pas des cadeaux ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 13 août ne devrait donc pas être seulement la fête d’une femme à qui l’État a donné des droits. Il devrait être le jour où les Tunisiennes se demandent ce qu’elles sont prêtes à faire pour que ces droits deviennent réellement les leurs. Car il existe une autre manière de perdre ses droits que de les voir supprimer par une loi. C’est de renoncer à les défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ennahdha peut renaître de plusieurs manières. Ce parti conservateur peut renaître d’une crise politique, d’une crise économique, d’une poussée religieuse. Mais il peut aussi renaître d’une abdication beaucoup plus silencieuse : celle des femmes elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le 13 août, la question n’est plus seulement : que nous a-t-on donné ? Mais : que sommes-nous prêtes à défendre et à conquérir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivaine. </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wXem8FDcMi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/tunisie-le-combat-pour-legalite-en-matiere-dheritage-se-poursuit/">Tunisie | Le combat pour l’égalité en matière d’héritage se poursuit  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le combat pour l’égalité en matière d’héritage se poursuit   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/tunisie-le-combat-pour-legalite-en-matiere-dheritage-se-poursuit/embed/#?secret=9lQn6ccHA8#?secret=wXem8FDcMi" data-secret="wXem8FDcMi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>De l’injustice à l’obscurité </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/de-linjustice-a-lobscurite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 05:57:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le noir qui tombe sur les villes n’est plus seulement une panne électrique. Il devient l’image d’un pays dont l’horizon s’assombrit.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le noir qui tombe sur les villes n’est plus seulement une panne électrique. Il devient l’image d’un pays dont l’horizon s’assombrit. Car l’obscurité n’est pas seulement l’absence de lumière. Elle est aussi, peut-être, l’ombre portée de l’injustice.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monia Kallel</strong> *</p>



<span id="more-19317956"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg" alt="" class="wp-image-14872475" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En ce 25 juillet, il est difficile de célébrer. &nbsp;Les&nbsp;coupures d’électricité, les pénuries d’eau, la flambée des prix, la disparition de produits essentiels et de certains médicaments imposent un autre registre : celui de la réflexion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, les mots <em>propreté,</em> <em>nettoyage,</em> <em>probité,</em> <em>transparence</em> occupent le discours public, même lorsqu’ils ne sont pas explicitement prononcés. Ils dessinent un imaginaire de la pureté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait penser au livre de Colette, <em>Le Pur et l’Impur.</em> Il est des titres qui traversent le temps et finissent par vivre d’une vie propre parce qu’ils interrogent ces vieux rêves qui traversent les sociétés : la pureté, l’ordre parfait, l’homme sans tache.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pureté est une catégorie morale. Lorsqu’elle devient une catégorie politique, elle cesse d’être une exigence personnelle pour devenir un instrument de classement. Le monde se partage alors entre les purs et les impurs, les loyaux et les traîtres, les patriotes et les vendus. La politique ne cherche plus à convaincre ; elle désigne. Elle ne demande plus : <em>Que fait-on ?</em> , mais : <em>De quel côté êtes-vous ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute politique de la pureté a besoin de son impur. Il lui faut une menace, un repoussoir, une figure qui justifie le tri. Ici, c’est la <em>«décennie noire»</em>, sans cesse convoquée moins comme une période de notre histoire à comprendre que comme une peur à entretenir. Le passé n’éclaire plus le présent ; il le dispense d’être interrogé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire est jalonnée d’entreprises de purification. Toutes ont fini par transformer l’injustice en nécessité. Ce qui, hier encore, aurait paru arbitraire devient acceptable parce qu’il participe du <em>«nettoyage»</em>. Les mots changent avant les consciences. Rendre des comptes se confond avec punir. L’emprisonnement devient l’horizon naturel de la justice. Peu à peu, l’injustice cesse même d’être perçue comme telle, dès lors qu’elle frappe ceux que l’on a préalablement désignés comme impurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La langue arabe ménage une proximité saisissante entre <strong>ظلم</strong> (<em>dhulm</em>), l’injustice, et  <strong>ظلام</strong> (<em>dhalâm</em>), l’obscurité. Plus qu’une parenté de racine, on y entend une résonance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a l’obscurité des villes soudain privées d’électricité, les quartiers plongés dans le noir, les foyers qui attendent le retour de la lumière. Mais il est une autre obscurité, plus lente, moins visible. Celle qui s’installe lorsqu’une société s’habitue à l’injustice, lorsqu’elle consent à la privation de liberté au nom de la pureté, lorsqu’elle accepte qu’une partie des siens soit exclue de la protection du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors le noir qui tombe sur les villes n’est plus seulement une panne. Il devient l’image d’un pays dont l’horizon s’assombrit. Car l’obscurité n’est pas seulement l’absence de lumière. Elle est aussi, peut-être, l’ombre portée de l’injustice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivaine.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="A7KkhaaCml"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/">La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/embed/#?secret=VtVoaTOaaH#?secret=A7KkhaaCml" data-secret="A7KkhaaCml" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Les révolutions de la «liberté totale» à la «totale destruction»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/14/les-revolutions-de-la-liberte-totale-a-la-totale-destruction/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Dec 2024 09:18:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Albert Camus]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
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		<category><![CDATA[révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La révolte, loin d’être une exaltation destructrice, est avant tout un appel à préserver ce qui rend la vie humaine supportable.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/14/les-revolutions-de-la-liberte-totale-a-la-totale-destruction/">Les révolutions de la «liberté totale» à la «totale destruction»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La révolte, loin d’être une exaltation destructrice, est avant tout un appel à préserver ce qui rend la vie humaine supportable. À protéger l’équilibre fragile entre justice et liberté. Et, surtout, à refuser que la violence, même au nom des idéaux les plus nobles, devienne une fin en soi.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monia Kallel *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-14872461"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg" alt="" class="wp-image-14872475" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Camus nous regarde. Il nous observe avec les yeux brillants de l’analyste qui a démonté les ressorts (historiques, idéologiques et psychologiques) des révolutions européennes des XIXe et XXe siècles. Qui a interrogé les discours et les actes des révolutionnaires (français, russes, allemands, italiens, espagnols). Qui a disséqué les mécanismes transformant les révoltes en révolutions, et les révolutions en tragédies.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Camus nous observe et nous interpelle, lui pour qui l’art n’est pas <em>«une réjouissance solitaire»</em>, mais un moyen d’émouvoir les hommes et de leur offrir <em>«une image privilégiée des souffrances et des joies communes»</em> (discours de réception du prix Nobel, 1957).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La religion révolutionnaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la légèreté d’un danseur, la patience d’un artisan et les scrupules d’un sculpteur de pierre, il nous décrit les manifestations et les dangers de ce qu’il appelle <em>«la religion révolutionnaire»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Pour tous les opprimés, la révolution est la fête, au sens sacré du mot. Une fête sans commencement ni fin»</em> nourrie par <em>«la joie de tout détruire»</em>. Les révolutionnaires aspirent à la <em>«liberté totale»</em> à travers la <em>«totale destruction»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Camus, le Français d’Algérie, qui fut marginalisé de son vivant — trop antisoviétique pour les uns, trop silencieux sur la question algérienne pour les autres —, a-t-il une chance d’être entendu aujourd’hui?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce XXIe siècle, où les espoirs soulevés par les révoltes arabes s’effacent, où résonnent ici et là le tumulte des villes saccagées, les craquements des effigies du pouvoir déboulonnées, le crépitement des mitrailleuses, les hurlements de victoire ou de détresse, la voix de Camus persiste : ténue, fluette, mais vibrante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle vibre dans les murmures des citoyens hésitants, dans la solitude de ceux qui placent les principes au-dessus des résultats, et dans le silence de ceux qui n’adhèrent pas aux trompeuses logiques binaires : maîtres/esclaves, vainqueurs/vaincus, bons/méchants&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les nouveaux inquisiteurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Tout détruire, c’est se vouer à construire sans fondations; il faut ensuite tenir les murs debout, à bout de bras. Celui qui rejette tout le passé sans en rien garder de ce qui peut servir à vivifier la révolution, celui-là se condamne à ne trouver de justification que dans l’avenir et, en attendant, charge la police de justifier le provisoire»,</em> écrit le Prix Nobel de littérature<em>.</em> Et de conclure, sans équivoque : <em>«Le nihilisme s’achève en terrorisme.»</em> Les<em> «nouveaux inquisiteurs»</em>, théoriciens, idéologues et hommes d’action, ont planté la roue infernale des révolutions qui, précise-t-il, va <em>«de la liberté illimitée»</em> au <em>«despotisme illimité»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur de <em>‘‘L’Homme révolté’’</em> (1951) ne propose pas de solutions, mais il nous offre une précieuse boussole : la révolte, loin d’être une exaltation destructrice, est avant tout un appel à préserver ce qui rend la vie humaine supportable. À protéger l’équilibre fragile entre justice et liberté. Et, surtout, à refuser que la violence, même au nom des idéaux les plus nobles, devienne une fin en soi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Universitaire.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="l0uAKGYK9m"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/19/crepuscule-de-philippe-claudel-verite-efficiente-et-verite-effective/">‘‘Crépuscule’’ de Philippe Claudel : «vérité efficiente» et «vérité effective»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Crépuscule’’ de Philippe Claudel : «vérité efficiente» et «vérité effective» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/19/crepuscule-de-philippe-claudel-verite-efficiente-et-verite-effective/embed/#?secret=FGrqK1QWRi#?secret=l0uAKGYK9m" data-secret="l0uAKGYK9m" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>‘‘Crépuscule’’ de Philippe Claudel : «vérité efficiente» et «vérité effective»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Sep 2024 05:51:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Crépuscule]]></category>
		<category><![CDATA[Monia Kallel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La «vérité effective» finit toujours par triompher, quelle que soit l’épaisseur des  «mensonges acceptables par le plus grand nombre», où on la noie.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La <em>«vérité effective» finit toujours par triompher, quelle que soit l’épaisseur des «vérités efficientes», c’est-à-dire des «mensonges acceptables par le plus grand nombre», où l’on croit pouvoir la noyer.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monia Kallel</strong> *</p>



<span id="more-14019145"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman de Philippe Claudel,&nbsp;<em>‘‘Crépuscule’’</em> (‎Stock.&nbsp; 2023) se déroule dans une petite ville&nbsp;aux confins d’un pays baptisé, l’Empire. Tous les personnages sont aux abois et se posent la même question&nbsp;: <em>«On s’approchait du bord d’un abîme, c’était certain, mais lequel ?»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chargé d’enquêter sur le meurtre du curé, le policier Nourio, qui rêvait d’avancement dans sa carrière (peu reluisante), se plie à&nbsp; ce qu’on appelle la <em>«vérité efficiente». «J’en suis venu à la conclusion qu’est vrai ce qui est demandé et acceptable par le plus grand nombre.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme la majorité chrétienne demande et veut que le coupable soit un Musulman, l’ennemi de toujours, Nourio bâcle l’enquête, évite ou oublie de s’investir dans la recherche du meurtrier, qui s’avère être une petite meurtrière <em>«presque nubile»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, malgré l’implacable système de contrôle mis en place par l’Empire, malgré le silence malsain des autorités, le brouillard, cette ambiance crépusculaire, <em>«entre chien et loup»</em>, la vérité finit par exploser. Et la justice&nbsp;par triompher, réglant les compte aux méchants et aux déloyaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le curé, ce <em>«rigide ministre du divin»</em> qui refusé la sépulture à la mère de Lémia, parce qu’elle s’est suicidée, vient le tour des adeptes de la <em>«vérité efficiente»</em>, et à leur tête, l’opportuniste policier assassiné par son adjoint, pour avoir préféré le confort de l’opinion générale aux risques de son métier : le dévoilement de la <em>«vérité effective»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Philippe Claudel signe un grand et beau roman allégorique, poétique, humoristique. Il y traite de multiples problématiques actuelles, la manipulation de l’information, la falsification de l’histoire, les tensions religieuses, les violences sexuelles… et examine l’âme humaine en descendant dans ses zones les plus sombres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Universitaire.</em></p>
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