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	<title>Archives des multilatéralisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des multilatéralisme - Kapitalis</title>
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		<title>Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 06:13:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/04/ingerences-etrangeres-en-afrique-entre-defense-de-lautonomie-et-pressions-geostrategiques/">Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales. Les Etats-Unis,&nbsp;L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Najiba Ben Hassine *</strong></p>



<span id="more-19372435"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine.jpg" alt="" class="wp-image-19372459" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Najiba-Ben-Hassine-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique berceau des civilisations et riche en ressources naturelles a été le théâtre d’interactions complexes avec les puissances étrangères depuis des siècles façonnant son histoire politique, économique et sociale, affectant ses structures socio-économiques et entravant son développement. Depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, les nations africaines ont été le théâtre de rivalités géopolitiques et économiques et de stratégies de puissances émanant de multiples acteurs internationaux, engendrant des défis complexes et des enjeux confus pour l’Afrique et ses peuples. La reconnaissance de la pleine autodétermination, gage incontournable de la coexistence pacifique et du développement des Etats, implique que chacun possède dans l’ordre mondial l’égale plénitude et exclusivité des compétences étatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept de l’autonomie reflète à notre sens une réalité politique qui transcende les considérations purement juridiques découlant du concept de souveraineté. Il incarne l’idée de la liberté d’action, d’autonomisation et d’autodétermination des peuples concernés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autonomie est, en outre un concept relatif, variable et flexible, dépendant des contextes et des aspirations des groupes ou entités concernés. Il s’ensuit que l’évaluation de l’autonomie et la mesure de sa signification juridique et politique demeurent imprécises et controversées. L’autonomie s’exerce dès lors pour faire face à un acte d’ingérence qui signifie <em>«l’action de s’immiscer, c&rsquo;est-à-dire de s’introduire indûment, sans en être requis ou en avoir le droit, dans les affaires des autres»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conséquence, l’autonomie génère un statut juridique requérant l’acquisition d’un certain degré de puissance. La <em>puissance </em>va plus loin que la simple réunion des éléments constitutifs d’un Etat souverain, et implique la conscience d’un rôle à jouer, d’une mission à remplir et d’un ordre à établir dans un contexte complexe de rapportsinternationaux rappelant à chaque Etat l’obligation de se positionner par rapport à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est pertinent de rappeler à cet égard que la Charte de l’Organisation des Nations Unies (Onu) a interdit l’intervention dans les affaires intérieures des Etats et a érigé cette interdiction en un corollaire du principe de l’égalité souveraine des Etats et une condition essentielle de l’établissement de la paix et de la sécurité internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article 4 de la Charte de l’Union africaine (UA) a pris soin également de réaffirmer les principes de l’<em>«égalité souveraine et interdépendance de tous les Etats membres de l’Union»</em> ainsi que celui de la <em>«non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, l’Afrique est la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales, Pendant la période coloniale, les puissances coloniales ont exploité les ressources du continent africain&nbsp;; ils ont laissé derrière elles des divisions artificielles source de tensions et de conflits. Dans la période postcoloniale, en dépit de l’acquisition de l’indépendance, la domination et l’ingérence étrangère persistaient sous de nouvelles formes, souvent perpétués par le néocolonialisme. Les Etats-Unis,&nbsp;L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingérence étrangère revêt différentes formes politique, économique, diplomatique militaire et culturelle. Ainsi, on se trouve confronté à une Afrique de plus en plus impliquée dans la mondialisation et très convoitée par les grandes puissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ingérence étrangère a toujours constitué un facteur déstabilisant du continent noir et un frein à son développement et à l’exercice de sa pleine souveraineté sur ses ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faire face à cette dépendance vis-à-vis de l’étranger, le panafricanisme se présente&nbsp;comme un mouvement politique unitaire, permettant de relever collectivement les défis de la mondialisation, du développement, de la sécurité et la consolidation des acquis précaires de l’exercice des souverainetés nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UA, s’inscrivant dans une gouvernance multilatérale, s’efforce d’ériger l’autonomie et la libération en leviers du développement et de stabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l’autonomie des Etats africains à l’épreuve de l’ingérence étrangère nous parait hasardeuse à traiter. La disparité des Etats africains implique, un traitement différentié à géométrie variable de situations divergentes voire antagonistes, aggravés par le poids de l’héritage colonial auquel s’ajoutent les clivages culturels et les frontières artificielles entre les nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le continent africain compte 54 Etats appartenant à des civilisations différentes et connaissant des niveaux de développement variés voire disparates ; on note cinq grandes régions : Afrique du Nord, Afrique de l&rsquo;Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe. L’amplification des regards et des intérêts externes qui pèsent sur le continent ainsi que la pluralité, la diversité et les interférences des entités interventionnistes complexifient encore notre analyse : les Etats, les organisations et les institutions financières internationales&#8230; Il est légitime, dès lors, de questionner la liberté d’action des Etats africains contre toute forme d’ingérence étrangère ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">I- L ’ingérence étrangère : entrave incessante de l’autonomie des Etats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est opportun dans ce contexte de traiter la pluralité des formes de l’ingérence étrangère et son impact déstabilisant sur le continent. Cette ingérence a marqué l’espace africain revêtant des formes très variées et attestant de stratégies interventionnistes établies d’une manière différenciée en tenant en compte les particularités de chaque Etat africain et de l’étendue des liens historiques politiques et économiques qui les rattachant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence politique</strong></em> présentée comme <em>«une intervention tendant, directement ou indirectement, à imposer un régime démocratique à une entité souveraine par des pressions multiformes (conditionnalités, menaces ou recours à la force)»</em>, remettant en cause le principe de l’autonomie constitutionnelle des Etats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conditionnalité démocratique de l’aide au développement représente une manifestation spectaculaire de l’ingérence étrangère dans la mesure où elle a été consacrée dans des convention internationales ou régionales qui mettent en exergue l’exigence démocratique comme condition de l’application desdites conventions ou accords à l’image de la Convention ACP/UE signée le 23 juin 2000 et l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE signé en 1995. &nbsp;L’institutionnalisation de l’ingérence démocratique en direction de l’Afrique&nbsp;la transforme en&nbsp;un enjeu de débat public international légitimant l’intervention d’acteurs transnationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A titre d’illustration, la gouvernance internationale des élections dans le Golf du Guinée (Nigéria, Cameroun, RDC) s’est imposée comme un moyen de reconstruction des Etats en faillite. Néanmoins, ces ingérences ont souvent contribué à l’établissement d’une forme de tutelle politique et d’un clientélisme entre les agents électoraux internationaux et les élites électorales internes, au détriment de la prise en considération de la souveraineté des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France et des États-Unis ont entretenu un interventionnisme discriminatoire qui amène à stigmatiser certains États non démocratiques et à tolérer d’autres attestant de l’instrumentalisation et de l’ambivalence de la conditionnalité démocratique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, au-delà du transfert des valeurs démocratiques, se dévoile la quête par les <em>«entrepreneurs de la cause démocratique»</em> d’un positionnement géostratégique et d’une hégémonie idéologique, politique et économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence humanitaire </strong></em>vise dans sa conception initiale à influencer, à contrôler les actes d’un gouvernement étranger qui enfreignent gravement lois d’humanité.  Néanmoins la politisation de cette pratique risque de camoufler les motifs réels de l’intervention, d’autant plus que le flou juridique qui entoure cette notion pourrait conduire à s‘en servir pour légitimer une ingérence dans les affaires des Etats autorisant des programmes impérialistes au nom de valeurs universelles. Il en atteste pleinement la sélectivité dans le choix des théâtres d’intervention humanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>L’ingérence militaire </strong></em>s’exerce également en dépit de l’affirmation intensive du principe du non recours à la force armé dans l’ordre juridique internationale. Cette forme d’ingérence trouve une légitimation internationale. Le continent africain est le théâtre d’affrontements militaires les plus atroces et les plus meurtriers dans le monde. La quasi-totalité de ces conflits surgissent via l’appui de grandes puissances, ou en leur nom. Le cas du Rwanda est le plus emblématique de par le caractère génocidaire du conflit aggravé par une ingérence militaire française.Les conflits armés au Soudan et au Mali provoquent la crise humanitaire la plus grave et la plus atroce dans le continent les transformant en terrains de tensions géopolitiques.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a, également, <em>l’ingérence économique et monétaire. </em>Il s’avère pertinent de rappeler dans ce contexte que la résolution adoptée par l’AG de l’Onu le 12 décembre 1974 énonce que <em>«chaque Etat détient et exerce librement une souveraineté entière et permanente sur toutes ses richesses, ressources naturelles et activités économiques».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, on assite à&nbsp;une course contre la montre entre les puissances étrangères pour s’implanter dans les différents pays d’Afrique par des accords militaires ou des partenariats économiques &nbsp;Pour tous les pays industriels entrés dans l’ère de l’électronique et du numérique, les gisements de minéraux&nbsp; à usages industriels rendent l’Afrique plus attractive créant ainsi des rivalités entre les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, la France, le Royaume-Uni, et la Turquie &nbsp;en tissant des relations d’affaires avec les Etats africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingérence non seulement freine mais entrave le développement équitable durable&nbsp;&nbsp; du continent africain. Elle alimente en outre l’insécurité, les tensions et les conflits armés source de fragmentation et de morcellement de Etats africains&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’entrave au développement</em> :</strong> les partenariats entretenus entre les Etats africains ont été conçus dans une logique de déséquilibre et de domination négligeant les enjeux et les défis confrontés par les Etats africains et traduisant une surexploitation des ressources au détriment d’une véritable coopération inclusive et intégrée se fondant sur une gouvernance des échanges économiques sociaux et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans une pauvreté multidimensionnelle, dont 51 % (soit environ 588 millions de personnes) résident sur le continent africain</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, un fossé est en train de se creuser entre les pays à revenus moyens en plein essor et les Etats fragiles et les moins développés, aggravant ainsi les déséquilibres socioéconomiques du continent et le poids de la dette souveraine et de l’inflation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partenariats UE/ Afrique demeurent aussi déséquilibrés. L’accord de Samoa signé le 15 novembre 2023 s’est succédé à l’accord Cotonou, en visant entre autres à lutter contre le changement climatique, protéger l’environnement et garantir une gestion durable des ressources naturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, si cet accord se présente comme un accord de partenariat, il lie des puissances inégales tout en conservant la dépendance et la démarche débiteur/créancier qui caractérisent les accords de Cotonou, et pourrait influencer le processus de l’autonomie décisionnel des Etats ACP dans les instances internationales. En 2019, l’Afrique représentait 2,8% du commerce mondial.&nbsp;Le commerce intra régional de l&rsquo;Afrique ne représentait que 4,4% du commerce continental total.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’escalade de la violence et des conflits</em> </strong>alimentent la fragmentation et l’affaiblissement des structures étatiques centrales et locales et génèrent un continent instable dont la paix est confisquée. La perpétration des coups d’État aggrave encore l’instabilité et l’insécurité et creuse davantage le fossé d’incertitude et de méfiance entre les gouvernants et les gouvernés et les différents acteurs nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1950,&nbsp;l’Afrique a connu 220 des 492 tentatives de coup d&rsquo;État recensées dans le monde. On recense, de surcroît, une hausse de 45% du nombre de situations de conflits armés en Afrique depuis 2020, provoquant le déplacement de quelque 35 millions de personnes sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme par les parties belligérantes lors de conflits armés en Afrique laisse présager une atmosphère d’impunité et de stigmatisation du continent et des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système de la responsabilité internationale est accusé d’être sélectif et discriminatoire en se focalisant sur les crimes internationaux perpétrés sur le continent africain et en passant sous silence ceux commis ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, il nous semble que cette situation d&nbsp;insécurité et de guerre est stimulée par les puissances interventionnistes afin de pérenniser leur mainmise sur les ressources du continent : étant fragilisé et fragmenté sa domination devient de plus en plus aisée.&nbsp; L’effacement des entités étatiques et la montée en puissance de groupes armées irréguliers et de milices, la perte par l’État du monopole légitime de la contrainte représentent des handicaps majeurs au développement durable et à l’établissement de la paix et de la sécurité à l’échelle régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II- Les palliatifs visant à renforcer l’autonomie des Etats africains </h2>



<p class="wp-block-paragraph">On opte dans ce contexte pour une étude sélective de ces palliatifs en mettant en exergue les plus influents, à savoir l’apport de la gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA et le renouvellement des résistances nationalistes à l’échelle étatique&nbsp;: <strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>La gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA</strong> : </em>depuis le milieu du XX<sup>e</sup> siècle, le multilatéralisme régional s’est progressivement affirmé comme le mode privilégié de coopération internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’indépendance, les responsables politiques des nouveaux Etats africains se sont servis des idées du panafricanisme pour défendre l’unité du continent et la formation d’une organisation d’intégration africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article 3 de l’acte constitutif de l’UA énonce parmi les objectifs de l’Union <em>«de défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance de ses Etats membres»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée de l’intégration régionale a été toujours présentée comme corollaire du développement, de stabilité et de solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le multilatéralisme tente de mobiliser les Etats africains pour préserver leur autonomie en assumant pleinement les responsabilités découlant de leur autonomie moyennant une reconceptualisation du principe de souveraineté. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le rôle de l’UA dans la consolidation de l’autonomie des Etats africains et la sécurité du continent se manifeste dans son action opérationnelle guidée par une conception de la souveraineté-responsabilité centrée sur l’homme. Elle défend l’idée de souveraineté partagée enrichie par l’exigence du sentiment d’humanité et de responsabilité pour faire face à des défis qu’un Etat seul ne peut pas relever et qui doivent être traités collectivement dans un esprit de solidarité et de complémentarité tels que la pauvreté, l’insécurité, les crimes internationaux, la pollution…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création du Conseil de Paix et de sécurité par l’Acte constitutif de l’UA marque un tournant décisif dans le renforcement système de sécurité collective africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, l’adoption de l’accord portant création de la ZLE continentale africaine signé en 2018 visant à pallier aux vulnérabilités des économies africaines…</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UA est, toutefois, confrontée à des défis majeurs tenant à sa capacité à s’ériger en une véritable puissance régionale, à gérer efficacement les disparités et tensions entre les Etats africains. &nbsp;Encore faut-il craindre l’enchainement vers un simple mimétisme du modèle d’intégration européenne sans une prise de conscience des particularités du contexte africain, en transformant l’organisation indirectement en un outil de domination et d’ingérence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Le renouvellement du nationalisme africain</strong> </em>a aujourd’hui conduit à placer l’identité ethnique, nationale et religieuse au cœur de tout projet politique, défendant l’autonomie des Etats africains dans son acception de résistance aux tentatives du néocolonialisme et aux ingérences étrangères<sup>, </sup>et répondant aux aspirations de leurs populations à l’autonomie et la prospérité. Ce qui se manifeste en particulier dans le discours politique et la remise en cause d’accords conclus avec les   anciennes colonies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée du nationalisme reflète dans le discours politique des leaders africains une réponse à la domination et aux ingérences étrangères et une quête d’une position respectable sur la scène internationale. Il en atteste la dénonciation en cascade des accords de défense par les États africains qui marque une rupture historique avec les anciennes colonies et en particulier avec la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le président sénégalien Bassirou Diomaye Faye annonçait le départ des troupes françaises du Sénégal. Il a estimé que la présence militaire française<em> «ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l&rsquo;indépendance»</em>.Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a annoncé la rupture de l’accord de défense entre le Tchad et la France. Il a qualifié cette décision d’<em>«acte souverain, mûrement réfléchi et entièrement assumé»</em>. Ces décisions ont été précédées du retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso puis du Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impact de ces tendances nationalistes africaines sur la réaffirmation et le renforcement des souverainetés nationales devrait être, sans doute, mesuré à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, il est permis de craindre l’avènement d’un nationalisme sélectif dissuasif à l’égard de certaines puissances interventionnistes mais permissif à l’égard d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De surcroît, ce nationalisme devrait être impérativement accompagné de politiques nationales de réforme et de consolidation des structures étatiques internes et d’une gouvernance dans la gestion des ressources nationales ainsi qu’une internalisation et africanisation des valeurs démocratiques. Il devrait aller de pair également avec une reconfiguration profonde des partenariats établis avec les Etats tiers ou les groupements interétatiques fondée sur l’égalité souveraine et la préservation des richesses africaines pour les générations futures ainsi qu’un développement durable et équitable du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, Une stratégie autonomiste mais ouverte au monde extérieur ne peut réellement s’affermir qu’au moyen d’une solidarité panafricaine globalisée qui transcende les divergences et les tensions entre les Etats africains. Etant confrontés à des défis énormes et partageant un sort commun, ces Etats doivent en conséquence s’engager dans une <em>autonomisation </em>propre au continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Maitre-assistante en droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Sousse.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>La politique étrangère des États-Unis, entre rupture et continuité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/15/la-politique-etrangere-des-etats-unis-entre-rupture-et-continuite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 08:05:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jamais la politique étrangère des États-Unis n’a suscité autant de critiques et d’incompréhensions que durant les mandats de Donald Trump. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Jamais la politique étrangère des États-Unis n’a</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>suscité autant de controverses, de critiques</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>et d’incompréhensions que durant les mandats du président républicain Donald Trump.</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>Même les alliés les plus solides des États-Unis se sont retrouvés déconcertés par les</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>décisions parfois belliqueuses et imprévisibles de son administration. Du rapprochement</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>avec la Corée du Nord, aux gestes d’amitié envers la Russie sur le dossier ukrainien – en</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>rupture avec les positions de l’O</em></strong><strong><em>tan</em></strong><strong><em> – jusqu’aux mesures de rétorsion contre certains</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>partenaires commerciaux historiques, la politique étrangère américaine semble osciller</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>entre rupture et continuité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani</strong><strong> *</strong></p>



<span id="more-17670311"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Au&nbsp; milieu de cette confusion et face à l’imprévisible, notre article se propose de déceler un fil conducteur permettant de trouver de la cohérence entre des décisions de politique étrangère, en apparence contradictoires. Nous explorerons les fondements philosophiques, politiques et juridiques de la politique étrangère américaine afin de déterminer si les transformations apparentes traduisent un véritable changement de cap, ou simplement une adaptation conjoncturelle des mêmes principes stratégiques.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Les fondements philosophiques et politiques : entre le constant et le variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En principe, la politique étrangère américaine ne devrait pas être soumise aux aléas électoraux. Les grandes puissances définissent leurs orientations stratégiques sur le long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la personnalité du président et les circonstances historiques peuvent influencer la mise en œuvre de cette politique sans en modifier profondément les fondements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1- Le multilatéralisme, pilier pragmatique de la diplomatie américaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Historiquement, les États-Unis ont toujours oscillé entre isolationnisme et multilatéralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le discours isolationniste a souvent servi d’argument populiste, il a rarement résisté à la réalité des interdépendances internationales. Depuis George Washington jusqu’à Woodrow Wilson, l’Amérique a tenté de se tenir à l’écart des conflits européens avant de s’y engager par nécessité. Le wilsonisme, avec ses quatorze points, érigea la coopération multilatérale en principe doctrinal. Aujourd’hui encore, le slogan <em>«America First»</em> ne saurait masquer l’implication constante des États-Unis dans les affaires mondiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, la politique étrangère américaine, oscillait en permanence, depuis le 5<sup>e</sup> président James Monroe en 1823, un chantre de l’isolationnisme, entre le repli isolationniste de façade et l’implication dans la coopération multilatérale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prises de positions isolationnistes adoptées aujourd’hui en général par les administrations républicaines de la Maison blanche ne s’élèvent pas au rang de politiques ou de stratégies mais&nbsp; constituent des parenthèses vite refermées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le retrait américain de l’Unesco en soutien à Israël ou son retrait du traité de Paris sur le climat ont été annulés aussitôt les démocrates revenus au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait les présidents américains qui ont le plus prêché l’isolationnisme par populisme ont été les plus interventionnistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Entre illusion isolationniste et fatalité interventionniste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les tensions entre unilatéralisme et multilatéralisme traversent toute l’histoire américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même lorsque certaines administrations républicaines affichent une hostilité envers les organisations internationales comme l’Onu, l’OMS ou l’Unesco, il ne s’agit souvent que de stratégies de pression visant à imposer la ligne américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, le multilatéralisme demeure la règle, l’unilatéralisme n’étant qu’une exception opportuniste. Comme le soutient si bien Bertrand Badie&nbsp;: <em>«</em><em>Le multilatéralisme constitue, pour le puissant aussi, la</em><em> </em><em>seule stratégie sensée dans un monde interdépendant</em><em>»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Le conflit israélo-palestinien : entre réalisme et légalité internationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël constitue une constante stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la guerre à Gaza et la réaction mondiale qui s’en est suivie ont amorcé une inflexion perceptible dans l’opinion publique américaine, y compris au sein du Parti<strong> </strong>démocrate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce changement progressif pourrait, à terme, ouvrir la voie à une approche plus<strong> </strong>équilibrée de la politique américaine au Proche-Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attachée au réalisme nonobstant la<strong> </strong>couleur politique de ses artisans, la politique étrangère des États Unis ne saurait à terme<strong> </strong>ignorer l’émergence d’un mouvement universel pro palestinien qui nous rappelle mais<strong> </strong>en plus grande dimension, le mouvement de la jeunesse révoltée porteuse de nouvelles<strong> </strong>valeurs des sixtes dans le monde et de Mai 68 en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II. Le containment, une stratégie réaliste à toute épreuve</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie du containment ou endiguement est &nbsp;un autre fondement sur lequel repose la politique étrangère US. Elle a été conceptualisée par George Kennan puis théorisée par Kenneth Waltz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le containment est défini comme l’ensemble de mesures à caractère politique économique, culturelle et militaires, le cas échéant par pays interposés, appliquées à l’encontre d’une puissance hostile. Ce principe vise à contenir l’expansion d’une puissance rivale tout en maintenant l’équilibre des forces. Elle a guidé la politique étrangère américaine durant la guerre froide et continue d’influencer ses rapports avec la Russie et la Chine. Le succès du containment dans la chute de l’URSS illustre la pertinence durable de cette approche pragmatique. Mais le succès des stratégies américaines de politique étrangère n’auraient jamais pu se réaliser sans un socle juridique et constitutionnel les encadrant scrupuleusement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III. Les fondements constitutionnels et institutionnels de la politique étrangère américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution américaine répartit les compétences en matière de politique étrangère entre le président et le Congrès, selon le principe du check and balance. Le Congrès dispose du pouvoir de déclarer la guerre, de ratifier les traités et de contrôler le budget, tandis que le président conduit la diplomatie au quotidien. En pratique, les circonstances exceptionnelles – guerres, crises internationales, attaques terroristes – ont souvent renforcé l’autorité de l’exécutif au détriment du législatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élites politiques américaines ont admis depuis des décennies, un relatif&nbsp;dépassement de&nbsp; l’esprit constitutionnel équilibriste et&nbsp;accordent dans certaines circonstances, au président ,confronté à l’urgence de l’actualité, une liberté de manœuvre qui ne tranche qu’en apparence avec l’orthodoxie constitutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant&nbsp; malgré la montée en puissance de la personnalité du président Trump, à tout moment le Congres peut récupérer son leadership sur la politique étrangère en mobilisant les mécanismes constitutionnels que lui offre le texte constitutionnel et la pratique notamment le contrôle de l’allocation du budget fédéral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore le Sénat refuse de valider le budget 2026 proposé par l’exécutif à quelques jours de la fin de l’échéance de validation provoquant un shutdown (paralysie de l’administration fédérale privée de fonds financiers) que seuls les citoyens américains comprennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse de la politique étrangère américaine montre que, malgré les discours populistes et<strong> </strong>les ruptures apparentes, ses fondements demeurent remarquablement stables. Le réalisme,<strong> </strong>plus que l’idéalisme, guide l’action des États-Unis. L’alternance entre démocrates et<strong> </strong>républicains modifie les styles, non les principes. Dans un monde interdépendant, le<strong> </strong>multilatéralisme reste un passage obligé, même pour la première puissance mondiale. Ainsi,<strong> </strong>la politique étrangère américaine oscille entre la recherche d’efficacité stratégique et la volonté de préserver son leadership global – une continuité sous des apparences de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement la gestion atypique &nbsp;de la politique étrangère par l’administration Trump, aussi chaotique et imprévisible soit elle, reposant sur la force brute, arrive à débloquer des situations complexes &nbsp;comme on l’a vu avec le plan Trump à propos du dossier de Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces <em>«</em><em>succès</em><em>»</em> tranchent avec l’inertie , les échecs et la stérilité des prédécesseurs du président Trump même si on est bien loin avec le plan Trump de tenir compte des droits inaliénables des palestiniens du fait que &nbsp;l’alignement à l’entité sioniste demeure une donnée stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assistons nous aujourd’hui&nbsp; au triomphe de la philosophie du chaos <em>«</em><em>productif</em><em>»</em> chère aux néoconservateurs au pouvoir aujourd’hui aux USA et qui se démarque des politiques conformistes, conventionnelles et plus prévisibles qui ont caractérisé les précédentes administrations américaines &nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Enseignant universitaire en science politique. Ancien cadre de banque. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références bibliographiques&nbsp;</strong><strong>:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1. Waltz, Kenneth.&nbsp;Man, the State, and War: A Theoretical Analysis. 2001 edition,</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>New York, Columbia University Press.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2. Badie, Bertrand.&nbsp;L’impuissance de la puissance: essai sur les nouvelles relations</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>internationales. CERI &#8211; Centre de recherches internationales.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3. Parmentier, Guillaume. “Politique étrangère et politique intérieure aux Etats-Unis : Revue Politique Étrangère.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4.Gilles Vandal<strong>: </strong>Rev: <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/">Perspective Monde</a> ‘ “La politique du chaos du président Trump”.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/15/la-politique-etrangere-des-etats-unis-entre-rupture-et-continuite/">La politique étrangère des États-Unis, entre rupture et continuité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie-UE &#124; 30 ans d’association, un bilan mitigé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Jul 2025 09:20:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On sait ce que la Tunisie a gagné de son accord d'association avec l'Union européenne, mais sait-on vraiment ce qu'elle y a perdu ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/19/tunisie-ue-30-ans-dassociation-un-bilan-mitige/">Tunisie-UE | 30 ans d’association, un bilan mitigé</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie et l’Union européenne (UE) viennent de célébrer le 30<sup>e</sup> anniversaire de leur Accord d’association, signé le 17 juillet 1995 et considéré comme une pierre angulaire du partenariat euro-méditerranéen. Cet anniversaire aurait dû donner lieu, côté tunisien, à une évaluation objective des retombées dudit accord d’association sur l’économie du pays, en crise depuis le milieu des années 2000, et qui a de plus en plus mal à se relancer malgré l’importance des financements extérieurs, européens et autres, dont le principal impact jusque-là est d’avoir aggravé son endettement extérieur et sa dépendance vis-à-vis de ses bailleurs de fonds étrangers. Cette évaluation tarde malheureusement à être faite, et c’est la vision de l’UE et ses intérêts qui continuent de prévaloir dans cette relation très déséquilibrée.       </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-17064291"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le 30<sup>e</sup> anniversaire de l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, dans un monde marqué par la crise du multilatéralisme, la remise en cause des droits fondamentaux et la pression de défis mondiaux tels que le changement climatique et les flux migratoires, indique le service de presse et d’information de la délégation de l’UE en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué rappelle que, premier du genre au Maghreb, l’Accord d’association UE-Tunisie a offert, au fil des ans, un cadre privilégié pour renforcer le dialogue politique et promouvoir une coopération multisectorielle, fondée sur des valeurs communes&nbsp;: le développement durable, la solidarité et la prospérité mutuelle. En trois décennies, le partenariat s’est intensifié et élargi à des domaines clés, de la politique à l’économie, de la science à la culture, générant des résultats concrets pour les citoyens, les institutions et les entreprises des deux rives de la Méditerranée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une trop grande dépendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données officielles publiées par la délégation de l’UE en Tunisie, l’UE est le premier partenaire commercial de notre pays, absorbant 70 % de nos exportations. L’Union est également notre premier investisseur étranger : 88% du total des IDE proviennent des pays européens, tout comme 47% de leur valeur totale. Les entreprises européennes génèrent également 90% des emplois liés aux investissements étrangers en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accord a favorisé l’intégration de la Tunisie dans les chaînes de valeur industrielles européennes, notamment dans les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et des composants automobiles, grâce à l’exonération progressive des droits de douane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du protocole d’accord signé en 2023 à l’élaboration actuelle d’un <em>«Pacte pour la Méditerranée»</em>, l’UE et la Tunisie ambitionnent désormais de renforcer davantage leur partenariat et d’en faire un pilier de la stabilité régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les priorités stratégiques incluent la gestion coordonnée des migrations, la transition écologique et énergétique, l’innovation technologique, la formation professionnelle, l’inclusion des jeunes et des femmes, la sécurité alimentaire et le soutien aux PME.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme Erasmus+ a également permis à des milliers d’étudiants et de chercheurs tunisiens de se former en Europe, tandis que les fonds européens ont contribué à la rénovation d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures locales, ainsi qu’au soutien de projets en faveur de l’égalité des sexes, de l’emploi des jeunes et de la numérisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;La société civile tunisienne, soulignent des sources européennes, a joué un rôle clé dans ce processus, contribuant au renforcement démocratique du pays, notamment après 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«À l’occasion de ce trentième anniversaire</em>, <em>les deux partenaires souhaitent revitaliser leurs relations. Le dialogue stratégique engagé ces dernières années porte sur les défis communs d’avenir&nbsp;: le changement climatique, la gestion humaine et inclusive des flux migratoires, l’innovation technologique, la formation et la sécurité alimentaire»,</em> écrit l’UE. Qui poursuit&nbsp;: <em>«La célébration de cet anniversaire nous invite à réfléchir aux opportunités d’approfondir notre partenariat, fondé sur le respect mutuel, l’adhésion à des valeurs fondamentales partagées et une meilleure prise en compte des intérêts de toutes les parties, notamment le soutien aux jeunes, l’inclusion des femmes, la gestion collaborative des migrations, les réformes économiques, les PME et le développement territorial.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours du premier semestre 2025, conférences, expositions, publications et projets culturels ont déjà mis en lumière les réalisations de ce partenariat unique, tout en initiant un dialogue inclusif sur son avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Journée de l’Europe, célébrée le 9 mai, a marqué un point d’orgue, avec des événements dans différentes régions de Tunisie. <em>«Trente ans après sa signature, l’accord d’association UE-Tunisie demeure un pilier essentiel du partenariat euro-méditerranéen. Il a contribué à construire des ponts solides entre les peuples, les institutions et les économies. Mais au-delà des réalisations, il est désormais temps de se tourner vers l’avenir. Les prochaines décennies doivent être l’occasion de se projeter vers l’avenir, avec la volonté commune de relever ensemble les défis du XXIe siècle »</em>, conclut le communiqué.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autre face de la médaille</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’en reste pas moins que, vu de Tunis, le partenariat avec Bruxelles reste très déséquilibré et le principal intérêt de l’UE dans notre pays demeure la gestion des flux migratoires. Dans ce contexte, les Européens, sous l&rsquo;impulsion de la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, ont réussi à entraîner notre pays dans une politique qui est en train de le transformer d&rsquo;une zone de transit à une zone d’installation des migrants subsahariens empêchés de partir vers l’Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la coopération sécuritaire très avancée, les Européens ont désormais un autre grand axe d’intérêt en Tunisie : le développement d&rsquo;une coopération énergétique fondée sur la production d&rsquo;énergies renouvelables et d’hydrogène vert, dont on connaît l’impact destructeur sur l’environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre sujet de préoccupation à Tunis : le partenariat privilégié avec l’UE est en passe de devenir problématique pour la Tunisie, trop dépendante d’un ensemble actuellement en régression et qui est traversé par des contradictions et des divisions croissantes. La crise économique en Europe provoquée par la guerre russo-ukrainienne où les Européens sont fortement engagés se répercute très négativement sur l’économie tunisienne, elle-même en crise depuis 2011.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa part, la société civile tunisienne reproche à l’UE l’oubli de ce qu’elle appelle ses <em>«valeurs»</em>, dès qu’il s’agit de défendre ses intérêts, aux dépens des droits des peuples partenaires. Et dans ce contexte, la <em>«blague»</em> des <em>«valeurs partagées»</em> &nbsp;dont se gargarisent les diplomates européens n’amuse plus personne au sud de la Méditerranée où l’Europe suscite moins de désir que de répulsion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la complicité européenne – et le mot n’est pas fort – avec les crimes de guerre israéliens au Moyen-Orient, elle choque désormais les plus europhiles parmi les Tunisiens. Et cela nos amis européens devraient le sentir dans leurs relations avec leurs partenaires locaux. Et si la Tunisie cherche aujourd&rsquo;hui à développer ses relations avec la Chine et, à un degré moindre, la Russie, c&rsquo;est parce qu&rsquo;elle sent que son tête-à-tête avec l&rsquo;Europe est devenu harassant et intenable à moyen et long terme.  </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3r2bdxcbUd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/16/tunisie-union-europeenne-business-as-usual/">Tunisie – Union européenne : Business as usual&#8230;</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Union européenne : Business as usual&#8230; » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/16/tunisie-union-europeenne-business-as-usual/embed/#?secret=QowjuWRJ1v#?secret=3r2bdxcbUd" data-secret="3r2bdxcbUd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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