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	<title>Archives des musulmans - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des musulmans - Kapitalis</title>
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		<title>La Méditerranée, cette mer qui traduit les dieux et les langues</title>
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		<pubDate>Sun, 03 May 2026 07:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des mers qui séparent, et d’autres qui obligent les hommes à se regarder. La Méditerranée appartient à cette seconde catégorie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/03/la-mediterranee-cette-mer-qui-traduit-les-dieux-et-les-langues/">La Méditerranée, cette mer qui traduit les dieux et les langues</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>Il y a des mers qui séparent, et d’autres qui obligent les hommes à se regarder. La Méditerranée appartient à cette seconde catégorie. Vue de loin, elle semble tracer une frontière nette entre deux rives : au nord, l’Europe chrétienne, latine, grecque, romane ; au sud et à l’est, le monde arabe, berbère, musulman, mais aussi juif, copte, syriaque, ottoman, africain. Pourtant, dès que l’on s’approche de son histoire réelle, dès que l’on quitte les cartes politiques pour entrer dans les ports, les marchés, les livres, les prières, les cuisines, les chansons et les mots de tous les jours, cette frontière se brouille. La Méditerranée n’est pas une ligne de séparation. Elle est une immense zone de frottement, de passage, de traduction et de métissage.</em></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong> *</p>



<span id="more-18721903"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Depuis l’Antiquité, cette mer a moins isolé les peuples qu’elle ne les a mis en relation. Elle a transporté des marchandises, bien sûr : blé, huile, vin, épices, tissus, métaux, céramiques. Mais elle a surtout transporté des croyances, des alphabets, des rites, des langues, des formes d’art, des manières de prier et de nommer le monde.</p>



<p>Fernand Braudel a montré que la Méditerranée n’est pas seulement un espace géographique : c’est une civilisation lente, faite de montagnes, de ports, de routes, de saisons, de mémoires superposées (Braudel, 1949). Cette lenteur explique peut-être pourquoi les religions et les langues ne s’y effacent jamais complètement. Elles s’y déposent comme des couches successives. Une mosquée peut garder le souvenir d’une basilique ; une église peut reprendre les colonnes d’un temple antique ; une langue peut porter dans sa bouche les traces d’une autre langue qu’elle croyait avoir oubliée.</p>



<p>La Méditerranée est donc une mer de brassage parce qu’elle a toujours mis en contact des mondes qui se pensaient différents, parfois ennemis, mais qui finissaient malgré tout par s’emprunter des mots, des techniques, des récits et des gestes. Elle est une mer paradoxale : lieu de guerre et de commerce, de conquête et d’hospitalité, de croisades et de traductions, d’exils et de retrouvailles. C’est cette complexité qui fait sa richesse. Elle n’a jamais été pure. Elle n’a jamais appartenu à une seule religion, à une seule langue, à une seule rive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mer où les religions se croisent avant de s’opposer</h2>



<p>On présente souvent la Méditerranée comme un théâtre d’affrontement religieux : Rome contre Carthage, Byzance contre l’islam, croisades chrétiennes contrepouvoirs musulmans, Reconquista ibérique, conquêtes ottomanes, colonisations européennes. Ces conflits ont existé, parfois avec une grande violence. Mais réduire la Méditerranée à ces affrontements serait oublier tout ce qui, dans le silence des jours ordinaires, a permis aux religions de cohabiter, de s’observer et parfois de s’influencer.</p>



<p>Prenons l’exemple de la Sicile. Cette île, située au cœur de la mer, est presque un résumé de la Méditerranée. Elle fut grecque, romaine, byzantine, arabe, normande, espagnole. À Palerme, les traces de cette histoire sont visibles dans l’architecture : la Chapelle Palatine, construite au XII<sup>e</sup> siècle sous les rois normands, associe des mosaïques byzantines, des inscriptions arabes, des motifs islamiques et une structure chrétienne latine. On y voit une scène étonnante : un pouvoir chrétien qui fait travailler des artistes grecs et arabes, et qui assume une esthétique venue de plusieurs mondes. Ce n’est pas seulement de la décoration. C’est une manière de gouverner un espace pluriel. La Sicile normande montre que le religieux, dans la Méditerranée, n’est jamais totalement séparé du politique, de l’art et de la langue.</p>



<p>On peut dire la même chose d’Al-Andalus, l’Espagne musulmane médiévale. Cordoue, Tolède, Grenade furent des lieux où musulmans, chrétiens et juifs vécurent dans des rapports inégaux, parfois tendus, mais également féconds.</p>



<p>À Tolède, après la reconquête chrétienne de la ville en 1085, se développa un grand mouvement de traduction. Des textes grecs, arabes et hébreux furent traduits vers le latin, souvent grâce à des équipes où un savant juif ou mozarabe expliquait le texte arabe à un clerc chrétien, lequel le rendait en latin. Aristote, Galien, Ptolémée, Avicenne, Averroès passèrent ainsi d’une rive à l’autre de la pensée.</p>



<p>La transmission du savoir antique à l’Europe médiévale s’est donc faite en grande partie par l’intermédiaire du monde arabe et juif méditerranéen. David Abulafia rappelle que la Méditerranée a été moins un espace fermé qu’un réseau de routes où les hommes, les idées et les objets circulaient en permanence (Abulafia, 2011).</p>



<p>Il faut aussi évoquer les communautés juives de Méditerranée. Elles constituent l’un des plus beaux exemples de circulation religieuse et linguistique. Les juifs séfarades, expulsés d’Espagne en 1492, trouvèrent refuge dans plusieurs villes du sud et de l’est méditerranéen : Salonique, Istanbul, Tunis, Alger, Livourne, Alexandrie. Ils y apportèrent le judéo-espagnol, ou ladino, langue de mémoire et d’exil, qui conserva pendant des siècles des mots venus de l’Espagne médiévale tout en intégrant des éléments turcs, arabes, grecs, italiens. Salonique, longtemps appelée la <em>«Jérusalem des Balkans»,</em> fut ainsi une ville où l’on pouvait entendre le grec, le turc, le ladino, l’arabe, l’italien et le français. La religion y était inséparable de la langue : prier, commercer, chanter, écrire une lettre, tout cela révélait l’appartenance à une communauté, mais aussi son ouverture aux autres.</p>



<p>Dans les villes du Maghreb, les voisinages religieux furent également nombreux. À Tunis, à Djerba, à Fès, à Tlemcen, les communautés musulmanes et juives ont partagé des espaces, des métiers, des musiques, des traditions culinaires, des fêtes parfois observées par les uns et les autres.</p>



<p>La Ghriba de Djerba, l’un des plus anciens lieux de pèlerinage juif en Afrique du Nord, existe dans un environnement majoritairement musulman. Elle témoigne de cette profondeur méditerranéenne où les lieux sacrés ne sont pas seulement des monuments : ils sont des mémoires vivantes.</p>



<p>Bien sûr, il ne faut pas idéaliser cette cohabitation. La Méditerranée a connu des exclusions, des massacres, des conversions forcées, des hiérarchies humiliantes. Mais même dans les périodes de domination, la rencontre continuait. Un artisan musulman pouvait travailler pour une église ; un médecin juif pouvait soigner un prince chrétien ou musulman ; un marchand chrétien pouvait parler arabe pour vendre ses tissus à Alexandrie ; un marin grec pouvait jurer dans une langue mêlée comprise de tous les ports.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les langues, ces bateaux invisibles</h2>



<p>Si les religions ont traversé la Méditerranée avec leurs livres et leurs rites, les langues l’ont traversée avec une souplesse encore plus grande. Elles sont les bateaux invisibles de cette mer. Elles transportent des mots sans que l’on sache toujours d’où ils viennent. Elles se glissent dans la bouche des peuples, changent d’accent, se déguisent, deviennent naturelles.</p>



<p>L’arabe, par exemple, a laissé une trace profonde dans les langues du nord méditerranéen, notamment en espagnol, en portugais, en sicilien et même en français. En espagnol, des mots comme <em>aceituna</em> pour l’olive, <em>azúcar</em> pour le sucre, <em>almohada</em> pour l’oreiller, <em>alcalde</em> pour le maire, <em>ojalá</em> venant de l’expression arabe <em>in shâ’ Allah</em>, rappellent la longue présence arabe en Ibérie.</p>



<p>En sicilien, plusieurs termes agricoles, culinaires ou administratifs proviennent de l’arabe. Cela prouve que la conquête n’est pas seulement militaire : elle devient linguistique lorsqu’elle touche la vie quotidienne. Les mots qui restent sont souvent ceux de la maison, du marché, de la terre, de la nourriture. Ils sont plus durables que les empires.</p>



<p>Inversement, les langues européennes ont pénétré la rive sud. En Tunisie, en Algérie, au Maroc, l’italien, l’espagnol et surtout le français ont laissé des traces considérables. Mais avant même la colonisation moderne, les ports du Maghreb vivaient déjà dans un plurilinguisme intense. À Tunis, à Alger, à Tripoli, à Alexandrie, des marchands venus de Livourne, de Marseille, de Gênes, de Malte ou de Barcelone échangeaient avec des Arabes, des Turcs, des Juifs, des Grecs, des Berbères. On parlait ce qu’il fallait parler pour vendre, acheter, négocier, survivre.</p>



<p>C’est dans ce contexte qu’apparaît la fameuse <em>lingua franca</em> méditerranéenne, langue de contact utilisée pendant plusieurs siècles dans les ports, les bagnes, les marchés et les navires. Elle mêlait principalement des éléments italiens, espagnols, provençaux, arabes, turcs et grecs. Ce n’était pas une langue de littérature, mais une langue de nécessité. Une langue sans académie, sans pureté, sans grammaire officielle. Une langue faite pour se comprendre vite. Jocelyne Dakhlia a bien montré que cette langue métisse révèle une vérité profonde : les Méditerranéens, même lorsqu’ils se combattaient, avaient besoin d’un idiome commun pour négocier, travailler, racheter des captifs ou organiser la vie portuaire (Dakhlia, 2008).</p>



<p>La <em>lingua franca</em> est peut-être l’un des plus beaux symboles de cette mer : elle naît non pas d’une identité unique, mais de l’impossibilité de vivre sans l’autre.</p>



<p>La Tunisie offre ici un exemple très concret. Son parler quotidien contient des mots venus de l’arabe classique, du berbère, du turc, de l’italien, du français, parfois de l’espagnol. Le mot <em>koujina</em>, pour la cuisine, rappelle l’italien <em>cucina</em>. <em>Fattura</em>, pour facture, vient de l’italien. <em>Bosta</em>, pour poste, circule entre plusieurs langues méditerranéennes. Le français, lui, a marqué les domaines de l’école, de l’administration, de la technique, de la médecine. Dans une même phrase tunisienne, on peut entendre l’arabe dialectal, un verbe français adapté, une intonation italienne, un mot turc fossilisé. Ce mélange n’est pas une pauvreté linguistique. C’est une mémoire historique en action.</p>



<p>La Méditerranée se lit donc aussi dans les accents. L’accent marseillais porte des traces du sud, de l’Italie, du Maghreb, de la mer. Le maltais, langue sémitique écrite en alphabet latin, est un cas exceptionnel : il descend de l’arabe siculo-maghrébin, mais il a intégré de nombreux mots italiens, siciliens, anglais et français. Malte est ainsi une île où la langue elle-même raconte l’histoire des dominations et des échanges. Elle prouve qu’une langue peut être à la fois arabe par sa structure, européenne par son écriture, catholique par son environnement religieux et méditerranéenne par son esprit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ports, marchés, exils : la vraie géographie méditerranéenne</h2>



<p>Pour comprendre ce brassage, il faut quitter l’idée des nations fermées et regarder les villes portuaires. La Méditerranée a été faite par ses ports : Alexandrie, Carthage, Tunis, Palerme, Naples, Marseille, Gênes, Venise, Barcelone, Smyrne, Istanbul, Beyrouth, Tripoli. Ces villes sont des seuils. Elles ne sont jamais complètement tournées vers l’intérieur du pays ni totalement livrées à la mer. Elles vivent entre deux fidélités.</p>



<p>Alexandrie, fondée par les Grecs en Égypte, est l’un des plus grands symboles de ce mélange. Ville hellénistique, romaine, chrétienne, arabe, ottomane, cosmopolite, elle a accueilli des Grecs, des Juifs, des Arabes, des Arméniens, des Italiens, des Français, des Maltais. Au XIX<sup>e</sup> et au début du XX<sup>e</sup> siècle, on y parlait plusieurs langues dans les rues, les cafés, les écoles, les journaux. Cavafy, poète grec d’Alexandrie, écrivait dans une ville égyptienne où la mémoire grecque survivait au milieu de l’arabe et des langues européennes. Alexandrie n’était pas une ville pure. C’était une ville-palimpeste.</p>



<p>Marseille, de son côté, a toujours été une ville ouverte au sud. Fondée par des Grecs venus de Phocée, elle a entretenu des liens anciens avec le Levant, l’Afrique du Nord, l’Italie, la Corse. Au XX<sup>e</sup> siècle, l’arrivée de populations arméniennes, italiennes, espagnoles, maghrébines, comoriennes, juives séfarades, a prolongé cette vocation. Marseille n’est pas seulement une ville française sur la Méditerranée ; elle est une ville méditerranéenne en France. Dans ses marchés, ses quartiers, ses cuisines, ses musiques, elle montre que la rive nord n’est jamais séparée de la rive sud. Le couscous, la pizza, la harissa, l’anchoïade, la chorba, les pâtes, les sardines grillées y composent une géographie plus profonde que les frontières politiques.</p>



<p>Tunis aussi est une ville de brassage. La médina, avec ses souks, ses mosquées, ses zaouïas, ses anciennes demeures, rappelle l’ancrage arabe et islamique. Mais la ville moderne, les quartiers de La Goulette, de Lafayette, de Mutuelleville, les traces italiennes, françaises, maltaises et juives, disent une autre histoire. La Goulette, en particulier, fut un espace méditerranéen exemplaire : musulmans, juifs, chrétiens, Italiens, Maltais, Français, Tunisiens y ont vécu dans une proximité faite de voisinage, de cuisine, de langues croisées, de fêtes populaires.</p>



<p>Là encore, il ne s’agit pas de rêver un âge d’or sans conflit, mais de reconnaître une réalité : les sociétés méditerranéennes ont longtemps su vivre dans une pluralité concrète, souvent plus souple que les idéologies modernes.</p>



<p>Les exils ont renforcé ce brassage. Les Andalous chassés d’Espagne ont apporté au Maghreb des savoir-faire artisanaux, des musiques, des techniques agricoles, des formes architecturales. En Tunisie, leur présence a marqué des villes comme Testour, où l’on retrouve une mémoire andalouse dans l’urbanisme, la musique et certains usages. Les Morisques ont traversé la mer avec leurs blessures, mais aussi avec leurs compétences. La Méditerranée est souvent cela : une douleur qui devient culture.</p>



<p>On pourrait multiplier les exemples : les Grecs d’Asie Mineure installés ailleurs après les bouleversements du XX<sup>e</sup> siècle ; les Italiens de Tunisie rentrés ou dispersés après l’indépendance ; les juifs du Maghreb partis vers la France ou Israël ; les travailleurs maghrébins venus reconstruire l’Europe d’après-guerre ; les migrants contemporains qui traversent la mer au péril de leur vie. Chaque époque a ses circulations, volontaires ou forcées. La Méditerranée n’a jamais cessé d’être un espace de départs et d’arrivées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que les mots et les rites nous apprennent encore</h2>



<p>Aujourd’hui, on parle souvent de choc des civilisations, de frontières à protéger, d’identités menacées. La Méditerranée est parfois décrite comme une fracture entre Europe et Afrique, entre christianisme et islam, entre richesse et pauvreté, entre Nord et Sud. Cette vision contient une part de réalité politique, mais elle oublie l’histoire longue. Elle oublie que le nord et le sud de la Méditerranée se sont fabriqués mutuellement.</p>



<p>L’Europe médiévale a reçu par le monde arabe une partie essentielle de la philosophie grecque, des mathématiques, de la médecine et de l’astronomie. Le Maghreb moderne a reçu de l’Europe des institutions, des langues, des formes scolaires et administratives, parfois dans la violence coloniale, mais aussi dans des appropriations créatrices. Les cuisines se sont mélangées : la tomate venue des Amériques a transformé l’Italie et le Maghreb ; les pâtes ont voyagé ; le café, venu d’Orient, est devenu européen ; le sucre, les agrumes, les épices ont traversé les ports. Même les musiques racontent cette circulation : le malouf tunisien porte la mémoire andalouse ; le flamenco conserve des traces gitanes, arabes, juives et populaires ; le raï algérien a dialogué avec les sons occidentaux ; les chants napolitains et les mélodies orientales partagent parfois la même nostalgie.</p>



<p>Les religions elles-mêmes, malgré les dogmes qui les distinguent, partagent des paysages. Le judaïsme, le christianisme et l’islam sont nés dans un espace proche, autour de la Méditerranée orientale et du Proche-Orient. Ils ont en commun des figures, des récits, des prophètes, des lieux saints, une conception du Livre, une mémoire d’Abraham. Les pèlerinages, les tombeaux de saints, les cultes populaires montrent souvent des proximités plus fortes que les théologies officielles. Dans plusieurs régions méditerranéennes, des sanctuaires ont été fréquentés par des fidèles de religions différentes. Ce phénomène rappelle que la foi vécue par les peuples est parfois plus poreuse que la foi définie par les autorités.</p>



<p>S. D. Goitein, à partir des documents de la Geniza du Caire, a montré l’existence d’une société méditerranéenne médiévale traversée par des marchands, des lettres, des contrats, des familles dispersées entre Égypte, Maghreb, Sicile, Yémen, Syrie et Inde (Goitein, 1967). Ces archives révèlent une Méditerranée concrète, quotidienne, où les hommes écrivent pour demander de l’argent, organiser un mariage, régler une dette, recommander un voyageur, vendre une marchandise. Ce ne sont pas les grands discours qui parlent ici, mais la vie ordinaire. Et cette vie ordinaire est déjà mondialisée.</p>



<p>Voilà peut-être la grande leçon méditerranéenne : l’identité n’est pas un bloc, c’est une circulation. Être méditerranéen, ce n’est pas appartenir à une origine unique. C’est porter plusieurs héritages, parfois contradictoires. C’est savoir que le mot que l’on prononce vient peut-être d’un ancien conquérant, que le plat que l’on mange a traversé trois empires, que la musique que l’on aime contient une mémoire d’exil, que la ville que l’on habite a été priée dans plusieurs langues.</p>



<p>La Méditerranée nous enseigne donc une forme de modestie. Aucune rive ne peut prétendre être seule à l’origine de ce qu’elle est. Le nord doit reconnaître ce qu’il doit au sud et à l’est : les savoirs, les chiffres, les traductions, les marchandises, les récits. Le sud doit reconnaître ce qu’il a absorbé, transformé, adapté des langues et des institutions venues du nord. Entre les deux, il n’y a pas seulement domination ou dépendance ; il y a aussi création, emprunt, résistance, imitation, invention.</p>



<p>Dans un monde où les frontières se durcissent, cette mémoire est précieuse. Elle ne nie pas les conflits. Elle ne transforme pas l’histoire en carte postale. Elle rappelle simplement que la Méditerranée a toujours été plus forte lorsqu’elle a accepté son mélange. La pureté y est une fiction. Le brassage y est la vérité profonde.</p>



<p>Ma Méditerranée, si l’on peut dire ainsi, n’est donc pas seulement bleue. Elle est arabe et latine, berbère et grecque, juive et musulmane, chrétienne et laïque, française et italienne, turque et espagnole, populaire et savante. Elle parle avec plusieurs accents. Elle prie dans plusieurs directions. Elle écrit de droite à gauche et de gauche à droite. Elle chante la séparation et invente pourtant des voisinages. Elle est cette mer qui, depuis des siècles, oblige les hommes à traduire — et traduire, au fond, c’est déjà reconnaître que l’autre existe.</p>



<p><em>* Universitaire.</em></p>



<p><strong>Bibliographie sélective</strong></p>



<p>Abulafia, David. <em>The Great Sea: A Human History of the Mediterranean</em>. Oxford University Press, 2011.</p>



<p>Braudel, Fernand. <em>La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l’époque de Philippe II</em>. Armand Colin, 1949.</p>



<p>Dakhlia, Jocelyne. <em>Lingua franca : histoire d’une langue métisse en Méditerranée</em>. Actes Sud, 2008.</p>



<p>Goitein, S. D. <em>A Mediterranean Society: The Jewish Communities of the Arab World as Portrayed in the Documents of the </em><em>Cairo Geniza</em>. University of California Press, 1967.</p>
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		<title>La plus grande erreur historique des Palestiniens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/19/la-plus-grande-erreur-historique-des-palestiniens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 06:54:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Ricardo Mohrez Muvdi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La plus grande erreur commise par les dirigeants palestiniens a été de faire des concessions aux sionistes au nom  de la paix. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/19/la-plus-grande-erreur-historique-des-palestiniens/">La plus grande erreur historique des Palestiniens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La plus grande erreur commise par les dirigeants palestiniens, au fil de décennies de négociations infructueuses, a été de faire des concessions aux sionistes en croyant que l’abandon de droits fondamentaux apporterait la paix, la justice ou une reconnaissance réelle. L’histoire a démontré exactement le contraire.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Ricardo Mohrez Muvdi</strong> *</p>



<span id="more-18251955"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="584" height="584" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez.png" alt="" class="wp-image-18251965" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez.png 584w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-300x300.png 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-150x150.png 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-120x120.png 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-360x360.png 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Ricardo-Mohrez-580x580.png 580w" sizes="(max-width: 584px) 100vw, 584px" /></figure>
</div>


<p>Dès le début du conflit moderne, il aurait fallu exiger clairement un seul État, démocratique et garantissant l’égalité des droits pour tous ses habitants, sur l’ensemble de la Palestine historique. Accepter — et continuer à défendre — l’idée de <em>«deux États»</em> n’a pas seulement été une mauvaise stratégie : cela a constitué une renonciation progressive à la Palestine, légitimant la colonisation, la fragmentation territoriale et le nettoyage ethnique déguisé.<a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiG1VJMvhWohBQhcJrO_DLsg7N6zC3sxWki3UJqJ-TfLOnLHWH7zSvLxpvL4AoaUQegcngomNerNSxSzHd6O_oqOus8Xb-Ll0-Zr8bAToL8IOIbU4BB8fhQQca9k5x4qsfFGhtuKgdW8I0-13jB8tax7QHOm09hQqbrcsabeZHca3Cle5adRXHjy88q28M7/s1353/Un%20seul%20%C3%89tat%20bon.png"></a></p>



<p>La prétendue <em>«solution à deux États»</em> est née déjà mutilée. Ce n’était pas une proposition de justice, mais une gestion de la dépossession. À chaque concession palestinienne il a été répondu par davantage de colonies, de murs, de points de contrôle et de lois raciales. Négocier sous occupation n’a jamais été négocier : c’était accepter les règles de l’occupant. Persister aujourd’hui dans le fantasme des deux États est, outre une naïveté, un suicide politique. Sur le terrain, il n’y a ni continuité territoriale, ni souveraineté réelle, ni contrôle des frontières, de l’eau ou des ressources.</p>



<p>Ce qui est offert au peuple palestinien n’est pas un État, mais des réserves fragmentées, dépendantes et sous surveillance. Pendant ce temps, le projet sioniste a été cohérent : avancer sans reculer, consolider les faits accomplis et exiger une reconnaissance internationale sans accorder l’égalité. En ce sens, continuer à parler de deux États revient à soutenir de facto la pérennité de l’occupation et à accepter que le vol territorial se transforme en légalité internationale.</p>



<p>La seule proposition éthique, historiquement et juridiquement viable est celle d’un seul État, où les Palestiniens, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs, vivraient avec les mêmes droits, sans suprématie ethnique ou religieuse. Un État où le droit au retour, l’égalité devant la loi et la justice historique ne seraient pas négociables.</p>



<p>Il ne s’agit pas d’utopie, mais de cohérence. Les régimes d’apartheid ne se réforment pas, ils se démantèlent. Et la libération ne naît pas de concessions à l’oppresseur, mais de la fermeté dans les principes. Le peuple palestinien n’a pas survécu à des décennies d’expulsion, d’exil et de résistance pour se contenter de miettes. La dignité ne se négocie pas, elle s’exerce.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;espagnol. </em></p>



<p><em>* Palestinien, né à Beit-Jala, en Palestine (1952). Réfugié en Colombie, il est administrateur d’entreprises et président de l’Union Palestinienne d’Amérique Latine (UPAL), créée en 2019 à San Salvador, au Salvador. Il est également président de la Fondation Culturelle Colombo-Palestinienne.</em></p>



<p><strong>Source</strong> : <a href="https://tlaxcala-int.blogspot.com/2026/01/la-plus-grande-erreur-historique-des.html?utm_source=substack&amp;utm_medium=email" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tlaxcala</a>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="prPXRhG6F2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/">Un siècle de lutte en Palestine</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un siècle de lutte en Palestine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/embed/#?secret=YBA9zXPqCq#?secret=prPXRhG6F2" data-secret="prPXRhG6F2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Brigitte Bardot &#124; La lionne à la chevelure d’or ne rugira plus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Dec 2025 07:26:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brigitte Bardot]]></category>
		<category><![CDATA[cause animale]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma français]]></category>
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		<category><![CDATA[Jack Lang]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Roger Vadim]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre fascination culturelle et distance critique, Brigitte Bardot restera, pour le Maghreb, une figure très controversée. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’actrice française Brigitte Bardot est décédée dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, dans sa résidence de Saint-Tropez, a annoncé la Fondation qui porte son nom. Sa disparition marque la fin d’un mythe cinématographique mondial, mais aussi celle d’une personnalité dont l’image a longtemps suscité fascination, débats et malaise, y compris au sud de la Méditerranée.</em></strong></p>



<p>Révélée en 1956 par <em>‘‘Et Dieu… créa la femme’’</em> de Roger Vadim, Brigitte Bardot devient rapidement l’un des visages les plus célèbres du cinéma international. Dans les années 1950 et 1960, son image de femme libre, sensuelle et affranchie des conventions morales bouscule les normes d’une époque encore très conservatrice. Cette représentation trouve un écho particulier dans de nombreux pays du Maghreb, où le cinéma égyptien, tunisien ou algérien observe alors avec attention l’évolution des figures féminines à l’écran en Europe.</p>



<p>Un engagement radical</p>



<p>Dans les cinémas de Tunis, d’Alger ou de Casablanca, les films de Bardot circulent, nourrissant autant l’admiration que la controverse. Elle incarne une modernité occidentale attirante pour une partie de la jeunesse urbaine, tout en provoquant rejet ou incompréhension dans des sociétés en pleine recomposition identitaire, marquées par les luttes anticoloniales puis les indépendances.</p>



<p>Après son retrait du cinéma en 1973, Brigitte Bardot se reconstruit une nouvelle notoriété à travers son engagement radical pour la cause animale. Cet engagement est parfois perçu positivement au Maghreb, notamment dans les milieux associatifs sensibles à la question du bien-être animal, mais il est largement éclipsé par ses déclarations publiques hostiles à l’islam et aux immigrés, qui ont profondément choqué de l’autre côté de la Méditerranée.</p>



<p>Ces prises de position ont durablement affecté son image dans les sociétés maghrébines, où elle est progressivement passée du statut d’icône culturelle à celui de figure symbolisant certaines dérives du discours identitaire européen. En Tunisie comme en Algérie ou au Maroc, son nom est souvent associé à une forme d’incompréhension, voire de rejet, liée à la stigmatisation des musulmans et des populations issues de l’immigration.</p>



<p>À l’annonce de son décès, les hommages officiels en France ont souligné son rôle majeur dans le rayonnement culturel français. La chanteuse Mireille Mathieu a salué une femme ayant <em>«marqué l’histoire de France»</em>, tandis que le président Emmanuel Macron a évoqué une figure incarnant une certaine idée de la liberté. Ces hommages contrastent avec une réception plus nuancée, voire critique, dans le monde arabe et maghrébin. <em>«La lionne à la chevelure d’or ne rugira plus…»</em>, écrira Jack Lang, le directeur général de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris. <em>«Derrière ses airs ingénus et mystérieux, elle était une étoile à l’esprit désinvolte»</em>, ajoutera-t-il.</p>



<p>Une mémoire ambivalente</p>



<p>Brigitte Bardot laisse ainsi une mémoire ambivalente dans l’espace méditerranéen : celle d’une actrice qui a contribué à transformer le regard porté sur la femme dans le cinéma moderne, mais aussi celle d’une personnalité dont les prises de parole ont renforcé des fractures culturelles et symboliques déjà profondes entre les deux rives.</p>



<p>Sa disparition invite à relire son parcours sans complaisance ni caricature, en tenant ensemble l’impact artistique indéniable et les zones d’ombre d’un engagement public qui a souvent heurté les sociétés du Sud.</p>



<p>Entre fascination culturelle et distance critique, Brigitte Bardot restera, pour le Maghreb, une figure révélatrice des malentendus persistants entre l’Europe et son voisinage méditerranéen.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>
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		<title>‘‘La grande discorde’’ &#124; Sainteté, ambitions, et légitimité, dans l’islam des premiers temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 08:52:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Coran]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[grande discorde]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Khawarij]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[orientalistes]]></category>
		<category><![CDATA[Quraychite]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fitna ou discorde aux premières heures de l’islam, traitée avec brio et maestria dans ‘‘La grande discorde’’ du grand historien tunisien Hichem Djaït. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/22/la-grande-discorde-saintete-ambitions-et-legitimite-dans-lislam-des-premiers-temps/">‘‘La grande discorde’’ | Sainteté, ambitions, et légitimité, dans l’islam des premiers temps</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La fitna ou discorde aux premières heures de l’islam, mettant en scène Othmane, Ali et Moawiya, est traitée&nbsp;avec brio et maestria dans ‘‘La grande discorde’’, ouvrage du grand historien tunisien, le regretté Hichem Djaït (éd. Gallimard, col. Bibliothèque des Histoires, Paris 1989, 417 p.), malgré le caractère lacunaire, critiquable et souvent partisan des sources historiques disponibles.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-18119663"></span>



<p>Il est vrai que les plumes n’avaient commencé à se délier qu’à la fin du Califat des Omeyyades ce qui renvoie les témoignages les moins distants des faits à une cinquantaine d’années. C’est d’autant plus remarquable que l’auteur est arrivé à analyser d’une manière claire les lignes de force économiques, sociologiques, politiques, et culturelles, qui traversaient la société musulmane de l’époque, et qui ont conditionné bien souvent le déroulement des événements.</p>



<p>Naturellement et malgré cela, si cet ouvrage a le mérite de synthétiser un récit bien souvent obscurci par le langage utilisé et les contradictions véhiculés par les différents auteurs traitant du sujet, il n’en demeure pas moins qu’il ne met pas fin à la controverse entourant la signification de ce qu’on ne peut qualifier que de drame ; loin de là.</p>



<p>En tant qu’Historien appartenant à la sphère culturelle musulmane, il s’est fait fort d’essayer de s’opposer d’une manière rationnelle aux opinions dépréciatives&nbsp;des orientalistes dont parmi eux les chrétiens n’ont jamais considéré l’islam que comme un faux message, et&nbsp;les laïcs comme une religion propice à la violence et au fanatisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une explosion de fureur</h2>



<p>La tâche, il est vrai n’a pas été aisée et les résultats se sont avérés peu concluants. Fallait-il rechercher à tout prix une quelconque éthique dans cette explosion de fureur ? Le meurtre était en soi un fait grave, en l’occurrence commis par des Egyptiens, des gens venant d’un pays considéré alors plutôt comme périphérique, et dont on ne voit pas quels ressentiments graves ils pouvaient nourrir vis-à-vis d’un pouvoir qu’ils ne subissaient pas directement. La suite nous apprendra que la plupart des responsables contre lesquels on appellera vengeance venaient d’Irak.</p>



<p>Il est vrai que Othmane avait fauté en introduisant le népotisme pratiqué dans les empires voisins, romain et perse, dans sa gestion de la chose publique au profit de sa propre famille, et tout le monde s’accorde sur cela. Othmane voulait de toute évidence instaurer par rapport à ses deux devanciers la pratique d’un pouvoir de style impérial et il n’a pas hésité à humilier et à infliger des châtiments corporels à ceux qui le critiquent, y compris quelques-uns parmi les Compagnons les plus prestigieux du Prophète.</p>



<p>Il s’agissait là du premier acte de violence physique qui de par sa dimension symbolique concomitante ouvrait la voie à bien d’autres. Si les Compagnons destinés au Paradis selon les termes mêmes du Prophète n’étaient plus assurés de l’inviolabilité de leurs personnes, comment celui qui n’avait dû sa nomination à la charge suprême de la communauté des croyants que pour en avoir fait partie, aurait-il pu assurer la sienne propre ? Pour faire bonne mesure il a introduit parmi les bénéficiaires des prébendes des personnages dont l’évocation dans le Coran était accompagnée d’anathèmes.&nbsp;Le fait qu’il ait été obligé de ne pas s’opposer aux mêmes châtiments contre son propre frère utérin, accusé en tant que gouverneur de Koufa d’avoir conduit la prière en état d’ébriété, ne lui a de toute évidence pas racheté les faveurs de l’opinion publique qui compte, celle des Compagnons, dont plusieurs ne lui avaient pas pardonné la compilation du Coran aux dépens de toutes les autres versions en circulation.</p>



<p>Ou le Calife ignorait que son frère était un saoulard invétéré, ou bien il le savait et estimait néanmoins que l’intérêt de l’islam, assimilé au sien propre, était au-dessus des prescriptions du Coran. A moins évidemment d’envisager qu’à cette époque-là l’interdiction de la boisson n’eût pas été aussi rigoureuse qu’elle le deviendra&nbsp;plus tard ; ou n’eût simplement pas existé si on veut aller jusqu’au bout du raisonnement qu’une telle hypothèse induit relativement à la compilation du Coran.</p>



<p>Ce faisant à des désaccords politiques s’était surajoutée une dimension religieuse prêtant au conflit un caractère irrévocable que même la disparition de l’une des parties, Ali, n’apaisera&nbsp;pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un légitimisme consanguin</h2>



<p>L’auteur a argué d’un légitimisme historique relativement à ce dernier. Il eût été plus juste de parler d’un légitimisme consanguin, autrement dit de la résurgence de la vieille <em>«asabiyya»</em> (esprit de clan) arabe initiée par Othmane puisque l’entrée en lice de la veuve du prophète, Aïcha, réclamant le prix du sang du calife assassiné, soutenue par le tandem Talha et Zoubeir, deux apôtres promis au paradis et paradoxalement morts en affrontant d’autres musulmans, allait abattre le premier légitimisme, celui de la précédence de Ali, et baliser la route au second, celui de Moawia, qualifié de politique et aristocratique, autrement dit Quraychite.</p>



<p>Il est douteux que sans la troïka de la bataille du Chameau, Moawia pût jamais trouver les circonstances favorables dont il allait brillamment profiter pour accéder au sommet du pouvoir. Mais Moawia avait, pendant près de 20 ans, administré le Cham, une région frontalière avec l’empire Byzantin et qui pour vivre constamment sur le pied de guerre bénéficiait des meilleures armées, ainsi que d’un esprit de corps, une conscience collective individualisable depuis l’époque des rois de Ghassane, qu’on pourrait qualifier de proto-nationale, ainsi que l’argent assuré par la conquête de l’Egypte.</p>



<p>Face à la Mésopotamie, appelée Irak, seule capable de lui faire face,&nbsp;Moawia ne trouvait qu’une ville de Koufa travaillée par le neutralisme de Abou Moussa Al Ashari, et qui avec Basra, fatiguée de la guerre, n’aspirait qu’à jouir des bénéfices de la conquête de l’empire Perse, particulièrement après le massacre de leurs propres enfants, ces précurseurs de Daech, à Nahrawane, par Ali, son adversaire.</p>



<p>Le rôle attribué à ceux qui allaient devenir les Khawarij, au début connus comme Qurra&nbsp;ou lecteurs littéralistes du Coran, ne semble pas avoir dépassé celui de l’étincelle, mettant le feu aux poudres. Les Qurra avaient après avoir appelé à l’arbitrage selon le Livre sacré à Siffine, en avaient refusé le résultat.</p>



<p>Mais si tout le cheminement de l’Historien a eu pour but d’arriver à la conclusion que les terroristes de l’islam, ceux qui ont assassiné Othmane puis Ali au nom d’une exigence, l’application littérale du texte coranique dans l’exercice du pouvoir, en faisant fi du légitimisme historique et du politique aristocratique, n’ont jamais été qu’une minorité combattue et rejetée par l’immense majorité des musulmans, il faut bien constater que contrairement aux thèses soutenues, il n’y a rien eu d’éthique dans la violence meurtrière déchainée, à Siffine, au Chameau, pour l’honneur dans ces deux champs de bataille selon l’auteur puisqu’il n’y avait pas eu d’exactions contre les survivants, ou à Nahrawane, quand le massacre avait eu pour raison la volonté des Khawarij de se battre jusqu’au dernier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un empire plus arabe que musulman</h2>



<p>Mais au-delà de l’incapacité de Ali de mobiliser ses propres partisans, ou bien celle, atavique, des Compagnons de pérenniser l’œuvre fondatrice par l’élaboration d’institutions qui en dehors de la monarchie eussent assuré la continuation du pouvoir sans heurts, une nécessité que les vicissitudes ayant fait suite à la mort du prophète avaient pleinement révélée, une réalité demeure: c’est bien la conception monarchique du pouvoir de Moawia s’appuyant sur le bloc syrien qui, tout à fait logiquement, a empêché l’empire plus arabe que musulman de s’effondrer, alors même qu’il n’avait pas encore atteint la plénitude de son expansion. Même si la présence simultanée de deux califes autoproclamés, Ali et Moawia, durant deux années, préjugeait&nbsp;du morcellement essentiellement politique qui ne manquerait pas ultérieurement de le frapper.</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</em></p>



<p><strong><em>‘‘La Grande Discorde &#8211; Religion et politique dans l&rsquo;Islam des origines’’, Hichem Djaït, Col. Folio/Histoire, Paris 30 octobre 2008, 544 pages.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ysjjIOsj1N"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/">‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/embed/#?secret=TAaCVgdbKc#?secret=ysjjIOsj1N" data-secret="ysjjIOsj1N" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Zohran Mamdani et Ahmed El Ahmed &#124; Les deux Musulmans de l’année ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/20/zohran-mamdani-et-ahmed-el-ahmed-les-deux-musulmans-de-lannee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2025 07:55:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed El Ahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Ausralie]]></category>
		<category><![CDATA[islamophobia]]></category>
		<category><![CDATA[Jamila Ben Mustapha]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[New York]]></category>
		<category><![CDATA[Zahran Mamdani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mamdani et El Ahmed, qui ont eu droit à la couverture du magazine américain ‘‘Time’’ sont indiscutablement les deux Musulmans de 2025.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/20/zohran-mamdani-et-ahmed-el-ahmed-les-deux-musulmans-de-lannee/">Zohran Mamdani et Ahmed El Ahmed | Les deux Musulmans de l’année ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Zohran Mamdani et Ahmed El Ahmed ont beaucoup fait parler d’eux ces dernières semaines dans le médias du monde pour des raisons différentes, mais en tant que Musulmans vivant dans des pays occidentaux, ils ont contribué, chacun à sa manière et sans vraiment le vouloir, </em></strong><strong><em>à déconstruire le préjugé qui voudrait lier invariablement l’image des musulmans à l’antisémitisme.</em></strong><strong><em> </em></strong><em>(Ph. Mamdani et El Ahmed, qui ont eu droit à la couverture du célèbre magazine américain ‘‘Time’’&nbsp;sont indiscutablement les deux Musulmans de l’année 2025).</em></p>



<p><strong>Jamila Ben Mustapha</strong> *</p>



<span id="more-18112484"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/08/Jamila-Ben-Mustapha.jpg" alt="" class="wp-image-110783"/></figure>
</div>


<p>Ce n’est un secret pour personne que l’image des musulmans dans les médias occidentaux est, pour le moins qu’on puisse dire, loin d’être positive, étant le produit d’une part, des méfaits catastrophiques de l’idéologie jihadiste des dernières décennies, d’autre part de l’attitude de rejet, par les mêmes médias, de cette communauté souvent prise comme bouc émissaire.&nbsp; Il n’empêche que la généralisation de ce rejet dont rend bien compte le terme d’«islamophobie», ne peut être acceptée, comme tout jugement systématique visant un groupe donné.</p>



<p>Récemment, pourtant, eux événements ont eu lieu que nous pourrions considérer comme formant <em>«une exception à la règle»</em> de la méfiance qui entacherait les rapports entre les juifs et les musulmans, et constituant une brèche si bien venue plantée dans ce mur qui existerait entre eux.</p>



<p>Tout d’abord, incroyable mais vrai, la ville de New-York dont presque un million d’habitants sont de confession juive, élit, le 5 novembre dernier, un maire musulman, Zohran Mamdani.</p>



<p>Ensuite et surtout, l’attentat islamiste qui s’est produit àBondi en Australie, ce 14 décembre, et a abouti au meurtre de 15 Australiens de confession juive, a mis en lumière le comportement qualifié d’héroïque par le monde entier, non pas d’un &nbsp;intellectuel – dont la spécialité est, il est vrai, l’analyse et non l’action –, mais d’un modeste marchand de fruits d’origine syrienne, né en Australie, Ahmed El Ahmed&nbsp;: il s’est en effet précipité pour désarmer un des tueurs jihadistes en se faisant tirer dessus par le second.</p>



<p>Par ce geste spontanément réparateur de l’horreur, non seulement il devient un héros mondial visité à l’hôpital par le Premier ministre australien lui-même, mais il contribue spontanément à déconstruire le préjugé qui voudrait lier invariablement l’image des musulmans à l’antisémitisme.</p>



<p>À en croire, en effet, beaucoup de médias occidentaux, par un mécanisme de projection servant à faire oublier le rejet massif des juifs par l’Allemagne nazie lors de la deuxième guerre mondiale et ayant abouti au massacre de millions d’entre eux, les Arabes et les musulmans seraient des antisémites par essence. Ce que les historiens, y compris juifs, ont toujours catégoriquement démenti.</p>



<p>Rendons grâce à ce monsieur qui n’a certainement pas prévu que son geste de quelques secondes allait avoir des implications énormes, internationales, qui nous a montré que le progrès et la lumière ne sont pas forcément l’œuvre de l’élite mais peuvent être déclenchés par une personne humble, et souhaitons en définitive que ce genre de démenti à l’antisémitisme prétendu des musulmans, reçoive de plus en plus d’illustrations dans la réalité.</p>



<p><em>* Ecrivaine.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6MQ1eJ6Yi5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/new-york-les-forces-de-largent-en-guerre-contre-zohran-mamdani/">New York | Les forces de l’argent en guerre contre Zohran Mamdani</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« New York | Les forces de l’argent en guerre contre Zohran Mamdani » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/new-york-les-forces-de-largent-en-guerre-contre-zohran-mamdani/embed/#?secret=TsuyFMgKDJ#?secret=6MQ1eJ6Yi5" data-secret="6MQ1eJ6Yi5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Trump va-t-il intervenir militairement au Nigeria ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 08:23:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Boko Haram]]></category>
		<category><![CDATA[Bula Tinbo]]></category>
		<category><![CDATA[Charlie Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
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		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump menace de lancer des attaques ciblées au Nigeria en réponse à ce qu’il a qualifié d’«horrible massacre de chrétiens».  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/trump-va-t-il-intervenir-militairement-au-nigeria/">Trump va-t-il intervenir militairement au Nigeria ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le président américain a menacé de lancer des attaques ciblées au Nigeria en réponse à ce qu’il a qualifié d’«horrible massacre de chrétiens» suite à des informations faisant état de dizaines de civils tués lors d’attaques attribuées à des groupes armés dans le nord du pays. Encore une fois, Donald Trump applique aux relations internationales les méthodes des gangsters du Queens, quartier où il a grandi, et de la prédation immobilière de Manhattan, quartier où il a construit sa Trump Tower et un certain nombre de ses immeubles.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-17815406"></span>



<p>Ces accusations portées contre le Nigeria, l’un des pays les plus importants d’Afrique, sont à la fois un mélange de désinformation, de mauvaise foi et de la récupération politicienne.</p>



<p>Tout d’abord, ce sont des groupes djihadistes et à leur tête Boko Haram qui conduisent ces massacres. Ensuite, ils attaquent aussi bien les musulmans que les chrétiens ce qu’occulte sciemment le président américain car il veut donner une dimension de guerre religieuse à la question. Et puis, il n’est pas loin de penser qu’un musulman de moins, c’est toujours bon à prendre. &nbsp;</p>



<p>Également, le gouvernement nigérian, comme beaucoup d’États africains, est confronté au fléau djihadiste et mérite d’être soutenu et non pas &nbsp;culpabilisé et voué aux gémonies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trump attise la guerre de religions </h2>



<p>Toutefois, tout cela n’a pas d’importance pour M. Trump. Les Évangéliques qui sont son socle électoral le plus solide veulent présenter la chose comme <em>«génocide contre les chrétiens»</em>, il surfe sur la vague et fait de la récupération politicienne et tant pis si la vérité est dévoyée.&nbsp;</p>



<p><a href="https://www.thetimes.com/world/africa/article/why-trumps-evangelical-base-wants-him-to-send-troops-to-nigeria-szrvrtslt" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Times</a> rapporte que les menaces du président américain d’envoyer des troupes au Nigeria ont provoqué un tollé et qu’il a en fait cédé à la pression de son électorat évangélique qui réclame la protection des chrétiens contre ce qu’il qualifie de<em> «persécution religieuse»</em>. </p>



<p>Le magazine britannique indique que cette nouvelle mesure fait suite à l’assassinat du militant conservateur et grande figure évangélique Charlie Kirk dont les campagnes étaient axées sur ce qu’il considérait comme un <em>«génocide des chrétiens»</em> au Nigeria. Ce sujet était son cheval de bataille. Kirk s’appuyait sur des chiffres controversés faisant état de 125 000 chrétiens tués et de 19 000 églises détruites en 15 ans.</p>



<p>Le <em>Times</em> souligne toutefois que, si la source de ces chiffres demeure incertaine, ils ont été largement repris par d’autres membres du mouvement Make America Great Again (Maga).</p>



<p>Dans un message publié samedi dernier sur sa plateforme de médias sociaux Truth Social, Trump a déclaré avoir ordonné au Pentagone de commencer à planifier une action militaire <em>«rapide et décisive»</em> et avertissant qu’il couperait toute aide et tout soutien américains au Nigeria si son gouvernement ne prenait pas de mesures immédiates pour mettre fin à ce qu’il a qualifié de <em>«massacres de chrétiens»</em>.</p>



<p>Le <em>Times</em> rapporte que le président américain, s’exprimant depuis Air Force One le lendemain, a réitéré son intention d’intervenir militairement, décrivant le Nigeria comme un <em>«pays de la honte»</em>, ajoutant que l’intervention pourrait inclure l’envoi de troupes ou le lancement de frappes aériennes.</p>



<p>Selon le même journal, ces menaces feraient suite à des déclarations faites vendredi dernier, dans lesquelles il affirmait que <em>«le christianisme est confronté à une menace existentielle au Nigeria»</em> et que <em>«les extrémistes islamistes sont responsables de ces massacres»</em>.</p>



<p>Le gouvernement nigérian, qui essayait de ménager Trump, a répondu qu’il accueillait favorablement le soutien américain à condition que sa souveraineté soit respectée, affirmant que les déclarations de Trump sont perçues davantage comme de la rhétorique politique que comme une menace réelle. Le président nigérian Bula Tinbo a expliqué que son pays défend la liberté de croyance et la tolérance religieuse et refuse d’être qualifié de nation intolérante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plus de musulmans tués que de chrétiens</h2>



<p>Les propos de Trump ont été accompagnés d’une campagne de soutien menée par des personnalités religieuses influentes de son entourage, telles que la révérende Paula White et le vice-président J.-D. Vance, tandis que le révérend Franklin Graham -fils de Billy Graham qui était surnommé le Pape des Évangéliques- qualifiait la situation au Nigeria de <em>«génocide contre les chrétiens»</em>.&nbsp;</p>



<p>À l’inverse, le journal britannique rapporte que des données américaines indépendantes indiquent que les violences au Nigeria sont complexes et multiformes et que leurs victimes appartiennent à diverses religions. Plus de 20 000 personnes ont été tuées depuis 2020, musulmans et chrétiens.</p>



<p>Pour sa part, Olajumuke Oyandele, universitaire au Centre des affaires mondiales de l’Université de New York, a averti que se focaliser sur l’identité religieuse ou ethnique des victimes pourrait aggraver la crise, soulignant que <em>«ce à quoi nous assistons, ce sont des massacres qui ne ciblent aucun groupe en particulier»</em>.</p>



<p><em>The Times</em> note que les relations entre les deux pays se sont tendues cette année après que le Nigéria a rejeté les pressions américaines sur les nations africaines pour qu’elles acceptent les prisonniers expulsés des États-Unis, tandis que des pays comme l’Ouganda et le petit royaume d’Eswatini ont accepté de le faire.</p>



<p>Il a rapporté que la position de Trump semble contredire celle de son conseiller pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, qui a déclaré aux médias nigérians le mois dernier que <em>«Boko Haram et l’État islamique tuent plus de musulmans que de chrétiens»</em>, ajoutant que <em>«la souffrance touche tout le monde, quelles que soient ses origines»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="p13g6t47zI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/14/pour-les-evangeliques-dieu-est-derriere-le-retour-au-pouvoir-de-donald-trump/">Pour les Évangéliques, Dieu est derrière le retour au pouvoir de Donald Trump!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour les Évangéliques, Dieu est derrière le retour au pouvoir de Donald Trump! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/14/pour-les-evangeliques-dieu-est-derriere-le-retour-au-pouvoir-de-donald-trump/embed/#?secret=4YWlO89Uot#?secret=p13g6t47zI" data-secret="p13g6t47zI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/les-arabes-otages-disrael-des-etats-unis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 09:05:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De quelles preuves les Arabes et les Musulmans ont-ils encore besoin pour comprendre qu’ils sont les otages des Israéliens et des Américains ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/les-arabes-otages-disrael-des-etats-unis/">Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>De quelles preuves les Arabes et les Musulmans ont-ils encore besoin pour comprendre enfin qu’ils sont désormais des otages aux mains des Israéliens et des Américains, et que le parapluie militaire américain sous lequel ils croient s’être abrités pour prévenir une éventuelle attaque de …l’Iran est troué de toutes parts&nbsp;?</em></strong></p>



<p><strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-17499654"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Habib-Glenza.jpg" alt="" class="wp-image-155577"/></figure>
</div>


<p>Le Sommet arabo-islamique, qui s’est tenu le 15 septembre 2025 à Doha, n’a finalement pris aucune des décisions fermes et historiques que les nations arabes et islamiques attendaient contre Israël. Pas de rupture des relations diplomatiques, économiques&nbsp;et militaires avec l’Etat hébreu, pas de fermeture de toutes ses ambassades dans les pays arabes et islamiques, pas d’instauration d’un embargo commercial, maritime, terrestre et aérien contre lui, pas de fermeture de bases militaires américaines installées au Moyen-Orient, pas de menace de retrait des investissements arabo-islamiques placés en Occident, pas de création d’une armée régionale capable de faire le poids face à un ennemi qui ne comprend que la force… Rien que le ronron habituel des vaines dénonciations et appels à la raison, de quoi désespérer les nations arabes et islamiques qui ont de bonnes raisons de craindre l’expansionnisme suprémaciste décomplexé de Benjamin Netanyahu et de son <em>«parrain»</em> américain, Donald Trump.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’une Nakba l’autre</h2>



<p>Pour comprendre les enjeux de cet expansionnisme, qui a commencé il y a plus de soixante-dix ans et qui semble aujourd’hui s’accélérer face à l’immobilisme impuissant et lâche des Etats arabes et musulmans, il faut revenir aux conditions historiques dans lesquelles l’État d’Israël a été créé au Moyen-Orient en 1948 et essayer de comprendre l’évolution de la situation géopolitique depuis cette date.</p>



<p>L’un des premiers à lancer l’idée d’un Etat national pour les juifs fut Theodor Herzl&nbsp;qui fonda&nbsp;l’Organisation sioniste mondiale(OSM). Il est également&nbsp;le fondateur, en 1899, du Fonds pour l’implantation&nbsp;juive. Il se&nbsp;rapproche&nbsp;des Rothschild et va demander le soutien de plusieurs personnalités de l’époque comme le pape Pie X, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III ou le Britannique Cecil Rhodes.</p>



<p>En mai 1901, Herzl rencontre le sultan ottoman Abdelhamid&nbsp;II pour lui demander la cession d’un lopin de terre en Palestine, en échange du paiement intégral de la dette de l’Empire ottoman, mais le sultan refuse catégoriquement en affirmant&nbsp;: «<em>Les terres de Palestine ne m&rsquo;appartiennent pas, elles appartiennent à la nation musulmane, elles ont été conquises par le sang des musulmans. Si vous voulez&nbsp;les prendre, il faudra passer mon corps».</em></p>



<p>Joseph Chamberlin, à l’époque secrétaire&nbsp;d’Etat britannique aux colonies, propose à Herzl l’installation des juifs dans la région d’Al Arish, dans la péninsule du Sinaï, jouxtant le sud de la Palestine, mais ce projet n’aboutit pas.</p>



<p>En 1903, Herzl reçoit une offre du gouvernement britannique lui proposant l’implantation d’une grande colonie juive en Afrique de l’Est, sous souveraineté britannique, mais avec un gouvernement autonome. C’est le projet Ouganda&nbsp;qui n’aboutit pas lui non plus. <strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Après&nbsp;la mort de Herzl en 1904, le 7<sup>e</sup> congrès juif mondial, qui s’est tenu en 1905, refuse définitivement&nbsp;toute implantation des juifs en dehors de la Palestine. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0aocBLnusB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/11/bombardement-israelien-de-doha-a-quoi-sert-le-parapluie-americain/">Bombardement israélien de Doha | À quoi sert le parapluie américain ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bombardement israélien de Doha | À quoi sert le parapluie américain ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/11/bombardement-israelien-de-doha-a-quoi-sert-le-parapluie-americain/embed/#?secret=GmuGhg1q5x#?secret=0aocBLnusB" data-secret="0aocBLnusB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La création&nbsp;de l&rsquo;Etat sioniste</h2>



<p>Après la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques décident de mettre un terme à leur mandat en Palestine en raison de son coût financier et de la difficulté de plus en plus grande qu’ils ont à y maintenir l’ordre. Ils doivent, en effet, faire face aux attaques terroristes de groupes armés juifs (comme l’Irgoun, organisation militaire de la droite sioniste) protestant contre la limitation, par les autorités mandataires,&nbsp;de l’immigration des populations juives rescapées de la Shoah.&nbsp;</p>



<p>Pour sortir de cette impasse, la Grande-Bretagne décide de confier le sort de la Palestine aux Nations-Unies qui recommande, en août 1947, de partager le territoire&nbsp;entre deux États indépendants : un État juif sur près de 55 % du territoire et un État arabe sur les 45 % restants. Ces recommandations sont adoptées par l&rsquo;Assemblée générale des Nations Unies en novembre 1947, ce que les Juifs accueillent favorablement, tandis que&nbsp;les&nbsp;Palestiniens rejettent le plan de partage, soutenant que l’étendue du territoire qui leur est attribué est inversement proportionnelle au rapport démographique entre les deux peuples en 1948. Les violences armées entre les communautés juives et arabes prennent alors la forme d’une véritable guerre entre la Haganah (groupe armé formé par des populations juives en Palestine) et les populations arabes soutenues par les volontaires égyptiens, syriens et irakiens.&nbsp;Sur ce, le 14 mai 1948, la veille du jour du départ&nbsp;des Britanniques, les Juifs proclament la création de l&rsquo;État d&rsquo;Israël.</p>



<p>La guerre dure jusqu’en janvier 1949 et se conclut par une série d’accords d’armistice entre l’État d’Israël et ses voisins (Égypte, Liban, Transjordanie, Irak). Les victoires militaires du nouvel permettent aux juifs d’occuper désormais 77% de l’ancienne Palestine mandataire, bien au-delà des lignes de partages fixées par l’Onu en 1947, tandis que 650&nbsp;000 Palestiniens s’enfuirent ou sont expulsés par la force, suite à des massacres de populations civiles arabes. Ils ne sont pas autorisés à revenir et deviennent des réfugiés dans les pays arabes limitrophes.&nbsp;Cet exode est retenu dans la mémoire collective palestinienne sous le terme de&nbsp;<em>Naqba</em>(catastrophe).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël au service des desseins de l’Occident  </h2>



<p>Pour remercier leurs protecteurs et alliés occidentaux, les sionistes se sont engagés à empêcher toute tentative d’unification des pays arabes du Moyen-Orient et de défendre les intérêts vitaux des pays occidentaux dans cette région&nbsp;stratégique dotée d’immenses gisements de pétrole et de gaz.</p>



<p>C’est ains que de 1948 jusqu’à ce jour, les sionistes ont réussi à museler le monde arabe et ont même convaincu certains pays de la région d&rsquo;adhérer aux fameux accords d’Abraham, signifiant leur soumission totale à Israël !  </p>



<p>Le rêve Netanyahu est&nbsp;désormais de créer le Grand Etat d’Israël, qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate, en annexant toute la Palestine historique, le Liban, la Jordanie, l&rsquo;Egypte, la Syrie et l’Irak. Et au rythme où vont aujourd’hui les choses, ce scénario est loin d’être une vue de l’esprit.</p>



<p>Trump, principal allié d’Israël, cherche pour sa part à spolier les énormes richesses naturelles du Moyen-Orient, aussi importantes que celles du Groenland, du Canada ou du Venezuela qui possède les plus grandes réserves&nbsp;de pétrole du monde, estimées à plus de 300 milliards de barils exploitables. Cela veut clairement dire, que les intérêts de ces deux personnages lugubres sont strictement liés, même si leurs objectifs à terme divergent. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les dindons de la farce</h2>



<p>Netanyahu veut annexer les pays arabes du Moyen-Orient et mettre leurs richesses à la disposition de Trump, ce qui explique le soutien total des Etats-Unis à un Etat sioniste hors-la-loi. &nbsp; &nbsp;</p>



<p>Quid maintenant de la position des pays arabes, éternels dindons de la farce ?   </p>



<p>L’attaque ratée d’Israël contre la délégation palestinienne du Hamas, venue à Doha pour discuter du plan de cessez-le-feu proposé par le président américain, s’est avéré un piège tendu aux négociateurs palestiniens pour les liquider et une atteinte à la souveraineté du Qatar. Pire encore, des sources ont assuré que le matériel militaire vendu par les Etats-Unis au Qatar à des prix exorbitants s’est révélé être, à l’occasion de cette attaque, totalement inopérant, notamment en cas de conflit avec Israël.</p>



<p>De quelles preuves ces chers Arabes et musulmans ont-ils encore besoin pour comprendre enfin qu’ils sont désormais des otages aux mains des Israéliens et des Américains, et que le parapluie militaire américain sous lequel ils croient s’être abrités pour prévenir une éventuelle attaque de …l’Iran est troué de toutes parts&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SDd4XrCCFl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/16/doha-et-apres-la-dignite-des-peuples-absente-des-sommets/">Doha et après | La dignité des peuples absente des sommets</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Doha et après | La dignité des peuples absente des sommets » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/16/doha-et-apres-la-dignite-des-peuples-absente-des-sommets/embed/#?secret=UIe8AQeb9J#?secret=SDd4XrCCFl" data-secret="SDd4XrCCFl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/les-arabes-otages-disrael-des-etats-unis/">Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Frantz Fanon ou quand la psychiatrie rencontre l’Histoire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/19/frantz-fanon-ou-quand-la-psychiatrie-rencontre-lhistoire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 07:07:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdenour Zahzah]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Desane]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Frantz Fanon]]></category>
		<category><![CDATA[Houria Behloul]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Boulakirba]]></category>
		<category><![CDATA[psychiatrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Frantz Fanon’’ d’Abdenour Zahzah retrace une étape décisive de la vie du psychiatre martiniquais en rébellion contre le système colonial français. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/19/frantz-fanon-ou-quand-la-psychiatrie-rencontre-lhistoire/">Frantz Fanon ou quand la psychiatrie rencontre l’Histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Projeté depuis le 23 juillet 2025 au cinéma Variété à Marseille, ‘‘Frantz Fanon’’ d’Abdenour Zahzah retrace une étape décisive de la vie du psychiatre martiniquais, encore méconnu à l’époque, mais déjà en rébellion intérieure contre le système colonial. J’ai assisté à la séance du 16 août à 22h00, et malgré sa durée relativement courte (une heure et demie), le film impressionne par sa densité et sa profondeur.</em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-17285916"></span>



<p>Ce psychiatre noir né en Martinique en 1925, en somme un Français pas comme les autres, s’est allié à la cause algérienne, jusqu’à en devenir un des leaders. Choisi par les militants de l’indépendance pour devenir leur représentant à l’étranger, il meurt portant la nationalité tunisienne en décembre 1961. Ce qui pourrait ressembler à un conte, tellement la situation semble aujourd’hui étrange, s’est déroulé en partie à Tunis, où il a vécu et travaillé entre 1957 et 1961.</p>



<p>L’ouverture du film est un choc. Une femme — incarnée par Houria Behloul — est assise sur des escaliers, face à une porte condamnée. La lumière crue, presque irréelle, découpe son corps immobile. Soudain, elle se lève, hurle, frappe la porte avec une rage désespérée, avant d’être maîtrisée par deux infirmiers et entraînée vers une séance d’électrochocs. Ce plan inaugural condense l’aliénation vécue par les patients, la brutalité des pratiques psychiatriques de l’époque, mais aussi la condition coloniale elle-même : une population enfermée, réprimée, frappant à une porte que l’Histoire maintient close. Dans ce rôle, Houria Behloul ne joue pas : elle habite la patiente. Son cri devient celui d’une foule silencieuse, celui de toutes les vies niées qui réclament justice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La brutalité des pratiques psychiatriques</h2>



<p>Le choix du noir et blanc n’est pas anodin. Il inscrit le récit dans une esthétique sobre et élégante, évoque les années 1950 et confère au film une gravité documentaire. Les contrastes de lumière et d’ombre soulignent la tension dramatique et traduisent le combat intérieur de Fanon, partagé entre son rôle de médecin et son refus d’un système injuste.</p>



<p>À son arrivée à l’hôpital de Blida-Joinville, Fanon (interprété avec intensité par Alexandre Desane) découvre une institution traversée par les fractures coloniales : un pavillon pour les Français, un autre pour les <em>«musulmans»</em>. Cette ségrégation, glaçante dans un lieu censé être dédié au soin, reflète la hiérarchie coloniale dans toute sa brutalité. Le chef du pavillon musulman, campé par Omar Boulakirba, incarne cette tension entre obéissance institutionnelle et malaise moral. Lors d’une réunion marquante, un responsable lance aux médecins : <em>«Qui sait, peut-être qu’un jour cet hôpital portera le nom de l’un d’entre vous.»</em> Une phrase qui résonne aujourd’hui avec le CHU Frantz-Fanon de Blida.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17286012" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/08/Film-Frranz-Fanon.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Le film met en lumière l’innovation majeure de Fanon : la psychothérapie institutionnelle. Contrairement aux pratiques centrées sur le patient isolé, cette approche explore la dynamique du groupe, les relations entre soignants et soignés, et le rôle de l’institution elle-même dans la guérison. En réorganisant les espaces, en encourageant la participation active des patients, en faisant des tensions internes des données cliniques, Fanon invente une psychiatrie profondément humaine. Dans le contexte colonial, ce geste prend une dimension politique : montrer que ségrégation et oppression sont sources de pathologies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La psychothérapie comme dynamique du groupe</h2>



<p>Abdenour Zahzah s’appuie sur les notes cliniques de Fanon et les témoignages de ses collègues pour tisser une fiction documentée. La sobriété des dialogues, la justesse des scènes, la concision des archives visent l’essentiel : la réflexion de Fanon sur la déshumanisation coloniale, qu’il résumait ainsi : <em>«L’Arabe […] vit dans un état de dépersonnalisation absolue. Le statut de l’Algérie ? Une déshumanisation systématisée.»</em></p>



<p>Certes, on peut regretter que le film hésite parfois entre documentaire et fiction, et que certaines archives auraient mérité un développement plus ample. Une durée plus longue — trois heures par exemple — aurait permis d’élargir encore la fresque. Mais ce parti pris de concision a un mérite : il maintient le spectateur au plus près de l’expérience humaine de Fanon et de ses patients, sans dispersion.</p>



<p>Frantz Fanon est un film exigeant et immersif : huis clos, interprétations puissantes, tension constante. Il n’offre ni facilité ni complaisance, mais une plongée rare dans l’histoire psychiatrique et coloniale, un portrait intime et politique d’un homme en devenir, dont la lucidité et les choix ont façonné une pensée révolutionnaire toujours actuelle.</p>



<p>Et si une image devait rester, ce serait celle d’Houria Behloul, frappant de toutes ses forces une porte fermée. Parce qu’elle condense à elle seule le cinéma de Zahzah et l’esprit de Fanon : un cri qui traverse le temps, un cri qui refuse d’être enfermé, un cri qui exige d’ouvrir les portes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="S8FKJc5gex"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/13/un-film-sur-le-psychiatre-anticolonialiste-frantz-fanon-tourne-en-tunisie/">Un film sur le psychiatre anticolonialiste Frantz Fanon tourné en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un film sur le psychiatre anticolonialiste Frantz Fanon tourné en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/13/un-film-sur-le-psychiatre-anticolonialiste-frantz-fanon-tourne-en-tunisie/embed/#?secret=qImLmvmkyi#?secret=S8FKJc5gex" data-secret="S8FKJc5gex" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/19/frantz-fanon-ou-quand-la-psychiatrie-rencontre-lhistoire/">Frantz Fanon ou quand la psychiatrie rencontre l’Histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Zohran Mamdani, le candidat démocrate à la mairie de New York qui agace les sionistes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/26/zohran-mamdani-le-candidat-democrate-a-la-mairie-de-new-york-qui-agace-les-sionistes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jun 2025 06:51:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandria Ocasio-Cortez]]></category>
		<category><![CDATA[Andrew Cuomo]]></category>
		<category><![CDATA[Bernie Sanders]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[lobby sioniste]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[New York]]></category>
		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[Zohran Mamdani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À seulement 33 ans, le musulman d'origine ougandaise Zohran Mamdani sera le candidat démocrate à la mairie de New York. De quoi énerver les cercles sionistes new-yorkais.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/26/zohran-mamdani-le-candidat-democrate-a-la-mairie-de-new-york-qui-agace-les-sionistes/">Zohran Mamdani, le candidat démocrate à la mairie de New York qui agace les sionistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À seulement 33 ans, Zohran Mamdani sera le candidat démocrate à la mairie de New York. Candidat de l’aile gauche du Parti démocrate, il a remporté mardi la primaire de son parti face au favori Andrew Cuomo qui a été procureur général puis gouverneur pendant dix ans de l’État de New York. Mamdani a fait de la lutte contre la vie chère et la promesse de taxer les hauts revenus, ses thèmes de prédilection, cependant la candidature de ce musulman d’origine ougandaise et fervent soutien de Gaza agace le puissant lobby sioniste qui considère New York comme sa chasse gardée. </em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong> </p>



<span id="more-16866170"></span>



<p>Dans le <a href="https://www.washingtonpost.com/politics/2025/06/24/zohran-mamdani-new-york-city-mayor-elections/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a>, Maeve Reston s’interroge sur ce nouveau venu sur la scène politique qui a bouleversé la dernière étape de la campagne des primaires démocrates pour la mairie de New York, en amassant une immense base de fans sur les réseaux sociaux. Il y a encore quelques mois, il était encore inconnu du grand public.</p>



<p>Le journal américain identifie ce nouveau venu comme étant le député de l’État de New York représentant le 36<sup>e</sup> district qui englobe Astoria et Long Island dans le Queens, démocrate de tendance socialiste et expliquant qu’il a attiré un grand nombre de jeunes électeurs en défendant des politiques de gauche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une surprise majeure</h2>



<p>Mamdani était en tête de la course après le dépouillement du premier tour mardi et est désormais prêt à créer une surprise majeure face à l’ancien gouverneur Andrew Cuomo, 67 ans, qui a concédé sa défaite.</p>



<p>Bien que les résultats définitifs ne soient annoncés que la semaine prochaine, Mamdani qui pourra être le premier maire musulman de la ville, a reçu les éloges de ses partisans et bénéficie du soutien du sénateur indépendant Bernie Sanders et de la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QlIAqYkeVG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/10757057/">Le lobby sioniste a de plus en plus mal à justifier les crimes d&rsquo;Israël</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le lobby sioniste a de plus en plus mal à justifier les crimes d&rsquo;Israël » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/10757057/embed/#?secret=Lx6aq5KTSW#?secret=QlIAqYkeVG" data-secret="QlIAqYkeVG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Mamdani a un programme axé sur la réduction des prix, qui, selon lui, <em>«écrasent les travailleurs»</em>. Il a réclamé un gel des loyers pour les locataires établis, la gratuité des transports en commun, des services de garde d’enfants publics pour les moins de six ans et la création d’épiceries municipales qui achètent et vendent à prix de gros.</p>



<p>Le démocrate, qui prône une augmentation du salaire minimum à 30 dollars de l’heure d’ici 2030, affirme qu’il financera ses projets en augmentant le taux d’imposition des sociétés à 11,5% et en imposant un impôt forfaitaire de 2% aux New-Yorkais gagnant plus d’un million de dollars par an.</p>



<p>Le journal indique que l’ascension soudaine de Mamdani a été en partie alimentée par une campagne agressive sur les réseaux sociaux qui lui a permis de toucher de nombreux électeurs de la ville qui ne s’intéressaient pas à la politique. Il a expliqué ses idées dans de courtes vidéos, critiquant vivement l’influence de l’argent en politique et soulignant comment il a financé sa campagne grâce à de petits donateurs.</p>



<p>Mamdani est un grand critique des attaques israéliennes sur la bande de Gaza. Selon le <em>WP</em>, il a suscité la controverse en refusant de condamner le slogan <em>«mondialiser l’Intifada»</em>, perçu par certains Juifs comme une incitation à la violence tandis que de nombreux Palestiniens y voient une adhésion à leur lutte pour leur patrie.</p>



<p>Élu à l’Assemblée de l’État de New York en 2020, Mamdani a bénéficié du soutien d’Osaka-Cortez et de Sanders, deux démocrates socialistes bénéficiant d’une large audience nationale et d’influents collecteurs de fonds.</p>



<p>En effet, Our Revolution, une organisation politique lancée par Sanders en 2016, a annoncé avoir mobilisé ses membres dans les cinq districts de New York et envoyé plus de 60 000 courriels et SMS exhortant les électeurs à se rendre aux urnes en faveur de Mamdani.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un musulman soutenant Gaza</h2>



<p>Mamdani est né à Kampala en Ouganda et a émigré à New York à l’âge de sept ans. Il a obtenu la nationalité américaine en 2018 et travaillé comme consultant en logement pour un programme d’aide aux propriétaires de couleur à faibles revenus. Cela l’avait incité à se lancer en politique et à se faire élire pour représenter le Queens.</p>



<p>Ce profil de musulman soutenant Gaza a déjà attiré les foudres du lobby sioniste qui considère la métropole américaine comme sa chasse gardée et qui a déjà accusé Mamdani d’antisémitisme. Dans une tribune publiée dans le journal israélien <a href="https://www.haaretz.com/opinion/2025-06-23/ty-article-opinion/.premium/why-zohran-mamdanis-candidacy-for-nyc-mayor-terrifies-the-pro-israel-establishment/00000197-9d50-df17-ab9f-9dfcef390000" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haaretz</a>, Abe Silberstein, chercheur en études et histoire hébraïques et juives à l’Université de New York, estime que même s’il n’existe aucune preuve pour étayer ces accusations, elles découlent en fait de véritables inquiétudes quant au déclin du soutien inconditionnel à Israël au sein du Parti démocrate. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DerwZ2CVjn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/aux-etats-unis-la-liberte-dexpression-malmenee-par-le-lobby-sioniste/">Aux Etats-Unis, la liberté d’expression malmenée par le lobby sioniste</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Aux Etats-Unis, la liberté d’expression malmenée par le lobby sioniste » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/aux-etats-unis-la-liberte-dexpression-malmenee-par-le-lobby-sioniste/embed/#?secret=do1mr0Xq9J#?secret=DerwZ2CVjn" data-secret="DerwZ2CVjn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’auteur indique que Mamdani a exprimé ouvertement et clairement ses opinions sur le conflit israélo-palestinien. Il affirme le droit d’Israël à exister mais insiste sur l’égalité des droits pour les Palestiniens. Silberstein, ajoute dans son article que Mamdani a déjà soutenu le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël et qualifié la guerre que mène Israël à Gaza de génocide.</p>



<p>Mamdani a également parrainé un projet de loi visant à révoquer le statut d’organisme de bienfaisance des organisations qui soutiennent les colonies israéliennes. Malgré ces opinions, il a condamné l’opération Déluge d’Al-Aqsa du 7 octobre 2023 et a toujours insisté sur son engagement à protéger toutes les communautés y compris la communauté juive qui compte un million de membres à New York.</p>



<p>Cependant, tout cela n’a pas aidé le jeune homme face à la campagne diffamatoire du lobby pro-israélien qui continue de le dépeindre comme antisémite en utilisant des tactiques malsaines comme la déformation de ses déclarations.</p>



<p>Maintenant qu’il a remporté la primaire et que ses chances de devenir maire de New York se sont accrues, les attaques vont se renforcer et il faudra avoir le cuir épais et être résilient pour y faire face. De plus, un autre protagoniste politique de premier plan peut en faire sa cible favorite en l’occurrence le président Donald Trump qui aura du mal à supporter que sa ville d’origine, New York, ait un maire issu de l’aile gauche du Parti démocrate. La bataille s’annonce rude. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oTPmKGoDML"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/25/les-americains-musulmans-font-face-a-une-vague-brutale-dislamophobie/">Les Américains musulmans font face à une vague brutale d’islamophobie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Américains musulmans font face à une vague brutale d’islamophobie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/25/les-americains-musulmans-font-face-a-une-vague-brutale-dislamophobie/embed/#?secret=fAXdfGDGuL#?secret=oTPmKGoDML" data-secret="oTPmKGoDML" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/26/zohran-mamdani-le-candidat-democrate-a-la-mairie-de-new-york-qui-agace-les-sionistes/">Zohran Mamdani, le candidat démocrate à la mairie de New York qui agace les sionistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>«Les musulmans sont une race inférieure», déclare Vittorio Feltri</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 09:17:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Fratelli d’Italia]]></category>
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		<category><![CDATA[Italie]]></category>
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		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vittorio Feltri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le journaliste italien Vittorio Feltri, membre du parti de Giorgia Meloni tient des propos racistes contre les musulmans.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/les-musulmans-sont-une-race-inferieure-declare-vittorio-feltri/">«Les musulmans sont une race inférieure», déclare Vittorio Feltri</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le célèbre journaliste italien Vittorio Feltri, directeur d’</em></strong><strong>Il Giornale<em> et membre de Fratelli d’Italia, le parti fasciste conduit par la Première ministre Giorgia Meloni, par ailleurs «grande amie» de la Tunisie, a été suspendu pour quatre mois par l’Ordre des journalistes de Lombardie pour des propos racistes à l’endroit des musulmans.</em></strong></p>



<span id="more-16816087"></span>



<p>La sanction – simplement administrative – est d’un ridicule qui en dit long sur l’état d’esprit qui règne aujourd’hui en Italie – et dans d’autres pays européens gouvernés par des partis d’extrême-droite.</p>



<p><em>«Les musulmans sont une race inférieure»</em>, avait déclaré Vittorio Feltri lors de l’émission <em>La Zanzara</em>, diffusée sur Radio24 le 28&nbsp;novembre 2024.</p>



<p><em>«Les musulmans, j’allais leur tirer dessus. Et je ne ressens aucune honte à les considérer comme une race inférieure. Je ne vais pas en banlieues, parce qu’elles ne me plaisent pas. Elles sont anarchiques, laides et pleines d’étrangers que je ne supporte pas. Il suffit de les regarder pour voir ce qu’ils font ici à Milan. Doit-on être se sentir triste pour la mort d’un jeune </em>[immigré, Ndlr]<em>. Si un individu a décidé d’être un criminel, qu’il ait 19 ou 27 ans, il n’y a aucune différence»</em>, a plus précisément déclaré le célèbre journaliste.     </p>



<p>Avec une telle mentalité raciste, suprémaciste, anti-arabe et anti-musulmane qui règne dans les cercles dirigeants en Europe et en Occident en général, on comprend le soutien démesuré dont bénéficie Israël auprès de la plupart des capitales occidentales, malgré les crimes que l’Etat hébreu continue de perpétrer contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, les Libanais, les Syriens et, depuis une semaine, les Iraniens. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UxEShKyY9T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/la-croisade-de-loccident-et-disrael-contre-les-musulmans/">La croisade de l’Occident et d’Israël contre les Musulmans</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La croisade de l’Occident et d’Israël contre les Musulmans » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/la-croisade-de-loccident-et-disrael-contre-les-musulmans/embed/#?secret=3FHxTRbHsX#?secret=UxEShKyY9T" data-secret="UxEShKyY9T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/les-musulmans-sont-une-race-inferieure-declare-vittorio-feltri/">«Les musulmans sont une race inférieure», déclare Vittorio Feltri</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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