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	<title>Archives des Noureddine Horchani - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Noureddine Horchani - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Economie tunisienne &#124;  Pour une euthanasie salvatrice ! (3-3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 08:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie ne manque pas de ressources pour s’engager dans des projets stratégiques d’envergure et des réformes structurelles. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-3-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (3-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Parmi les critiques qui pourraient être adressées à la démarche de l’auteur dans ses deux précédents articles de cette série, notamment le benchmarking des ambitions et des parcours de développement de l’économie tunisienne entre 1960 et 2026 et ceux de pays qui étaient à des niveaux de développement similaires en 1960, c’est qu’il aurait ignoré que la Tunisie manquait de ressources financières pour s’engager dans des projets stratégiques d’envergure et des réformes structurelles. C’est là un argument fallacieux, estime-t-il. &nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani *</strong></p>



<span id="more-19314365"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La raison d’être des institutions financières internationales est d’assurer l’intégration économique capitaliste internationale à travers la distribution du capital et l’inclusion des économies nationales dans l’ordre financier international. A ce titre, ces institutions n’auraient jamais pu refuser à la Tunisie un quelconque grand projet qui aurait changé le visage du pays dans les secteurs stratégiques. Au contraire dans leurs rapports, ces institutions reprochaient à l’Etat tunisien d’être incapable de définir des projets précis à financer <em>(Tunisia Infrastructure Diagnostic (2024), Banque Mondiale, “ Project Development Fund for PPPs – Banque Mondiale).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En cette année 2026, la crédibilité et la solvabilité de l’Etat tunisien se sont altérées auprès des pourvoyeurs de fonds internationaux à cause du discours hostile à l’entreprenariat véhiculé par les pouvoirs publics tunisiens et également en raison du climat des affaires décourageant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation se traduit sur le plan du classement de la Tunisie au niveau de l’investissement. Aujourd’hui, le pays occupe la 160<sup>e</sup> place sur 164 dans le classement du FMI en termes de ratio investissement/PIB avec un taux de 10,4% contre une moyenne africaine de 23,3% et 26,6% pour le Maroc.&nbsp; Sur 268 projets d’entreprises annoncés depuis 2022 seulement 22 sont réellement entrés en activité soit 10% de réalisations. Ces indicateurs s’ajoutent au phénomène de départ des entreprises étrangères vers d’autres pays (récemment le Suisse Cicor Technologies parti au Maroc).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quels auraient été les performances avec des stratégies optimales ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notre démarche d’évaluation du parcours de développement de l’économie tunisienne était fondée sur un benchmark sectoriel avec des économies au départ vers les années soixante, quasi proches au niveau d’un certain nombre d’indicateurs&nbsp;(PIB, PIB par habitant, développement humain, ressources naturelles…).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque-à-gagner cumulé de la Tunisie, obtenu par la sommation des manques à gagner essuyé par chaque secteur étudié, pourrait atteindre 1000 à 2000 Mds$ : halieutique 70 Md$&nbsp;; tourisme 150Md$, R&amp;D 350Md$, industries exportatrices 250Md$, tissu entrepreneurial 150Md$. Notre raisonnement tient compte également de l’effet synergie et multiplicateur provoqué par le développement de chaque secteur sur l’ensemble de l’économie pendant soixante années de politique économique timide et sans ambition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce manque à gagner inclut la production perdue, les investissements non réalisés, les emplois non crées, les exportations manquées et la fuite de compétences. Bien entendu, il ne s’agit ici que d’un exercice contrefactuel qui ne peut prétendre mesurer avec exactitude ce qu’aurait été la réalité des secteurs économiques tunisiens dans le cas où des stratégies optimales auraient été suivie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A travers le présent article, nous avons voulu démontrer que les politiques économiques suivies par les pouvoirs publics depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui ainsi que les plans de développement successifs, quinquennaux et autres, n’auraient jamais permis à la Tunisie d’assurer un quelconque décollage économique ni de garantir la prospérité pérenne à sa population. La faillite de ces politiques est inéluctable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, ces politiques ont permis d’améliorer un tant soit peu le niveau de vie des citoyens, d’assurer un niveau minimal de services sociaux. Mais ces réalisations demeurent fragiles et exposées à tous les risques de rupture tant qu’elles ne s’inscrivent pas dans un schéma de développement intégral irréversible. Brandir le manque de ressources financières comme l’argument empêchant la mise en œuvre de projets économiques d’envergure n’est qu’un alibi pour justifier l’étroitesse des ambitions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Apprendre à voir grand et à se projeter dans l&rsquo;avenir avec ambition</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie tunisienne ne trouvera son salut et n’assurera la prospérité de ses citoyens qu’en voyant grand, en se lançant dans des mégaprojets catalyseurs, capables de défier les économies les plus développées dans des secteurs où elle dispose d’avantages comparatifs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui l’humanité est entrée dans une ère nouvelle post mondialisation similaire à l’entrée dans l’ère industrielle ou à celle d’internet, c’est l’ère de l’IA ou de la <em>«démocratisation de la connaissance»</em>. C’est une nouvelle opportunité qui s’offre à des nations comme la Tunisie, qui ont raté l’industrialisation ou la mondialisation pour rattraper leur retard, brûler les étapes et s’offrir une position privilégiée et de puissance parmi les nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous cet angle la Tunisie de&nbsp;2035 ou 2040 pourrait prétendre au statut de puissance maritime&nbsp;contrôlant le commerce méditerranéen&nbsp;et disposant de l’une des plus grande flotte de transport maritime ou peut-être en statut de première puissance mondiale dans les technologies de l’énergie solaire ou parmi les plus grands constructeurs mondiaux de l’industrie navale&nbsp;ou même en &nbsp;puissance incontournable dans les industries électroniques ou pharmaceutiques&nbsp;?&nbsp;Autant de statuts qui ne devraient pas relever des vœux pieux mais qui constituent bel et bien des objectifs stratégiques réalisables, à inscrire dans nos plans de développement et pour lesquels les moyens devraient être mobilisés. C’est ce type d’objectifs ou plutôt d’ambitions qui mettraient définitivement notre économie à l’abri de la dépendance, de la mendicité, du chômage structurel et de la pauvreté endémique. &nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Fin.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Enseignant en sciences politiques et ancien cadre de banque.</em> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Précédents articles de la série : </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4B8AgR3lvl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/embed/#?secret=IzTgQvf3s9#?secret=4B8AgR3lvl" data-secret="4B8AgR3lvl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jxq9KDvbag"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/embed/#?secret=wEB4P2L2sb#?secret=jxq9KDvbag" data-secret="jxq9KDvbag" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Economie tunisienne &#124;  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Benchmark des ambitions et des parcours de développement de l’économie tunisienne entre 1960 et 2026. Et manques-à-gagner... </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans cette seconde partie de cette étude, l’auteur propose, au-delà des chiffres, un benchmark des ambitions et des parcours de développement de l’économie tunisienne entre 1960 et 2026, en comparaison avec des pays qui étaient au même niveau de développement au départ mais ont suivi des parcours différents. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-19314310"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En 1960, la Tunisie, la Corée du Sud, le Portugal et la Grèce avaient des PIB modestes :<strong> </strong>autour de 1 milliard de dollars (Md$) pour la Tunisie pour une population de 4 millions, celui de la Corée du Sud un peu plus de 3 Md$ pour un peu plus de 20 millions, celui du Portugal avoisinant les 3,5 Md$ et celui de la Grèce ne dépassant pas également les 5 Md$<strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Grèce avait déjà engagé des plans de développement ambitieux soutenue largement par ses alliés européens libéraux au lendemain de la guerre civile (1946-1949).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Six décennies plus tard les analogies sont édifiantes. En 2025, le PIB de la Tunisie est de : 57,5 Md$, celui de la Corée du Sud atteint plus de 1950 Md$ (en dollars constant de 2010), celui du Portugal est de<strong><em> </em></strong>330Md<em>$, </em>soit une augmentation de près de&nbsp;9000 % par rapport à la situation au début des années 60.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Grèce a, pour sa part, réalisé en 2025 un PIB de 260 Md$ et l’Espagne 1800 Md$ alors que le Maroc, un pays davantage comparable au nôtre, a obtenu un PIB de 170 Md$</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les occasions ratées par l’économie tunisienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En comparant le parcours de développement suivi par les pouvoirs publics tunisiens aux trajectoires de croissance suivies par les autres pays du bassin méditerranéen et par la Corée du Sud, nous pouvons grâce à l’IA cerner le manque à gagner supporté par l’économie tunisienne pendant toute la période 1960- 2026. Ce manque peut être estimé à plusieurs milliards de $ par an et à plus d’un trillion de $ cumulés sur plusieurs décennies. La richesse nationale cumulée non créée pourrait atteindre 1000 à 2000 milliards de dollars. Bien sûr, il ne s’agit que d’extrapolations mais combien instructives sur les occasions ratées par l’économie tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau du revenu par habitant, l’évolution des données est aussi significative et les différences aussi criantes entre la Tunisie et les pays comparés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1960, le PIB par habitant de la Tunisie était de 186$ (260 selon d’autres sources) et en 2025, il atteint 4 657$ (constants) équivalant à 32% de la moyenne mondiale. En revanche, celui du Portugal était de 650$ en 1960 et de 32 100$ en 2025, celui de la Grèce était de 520$ en 1960 et de 26 900$ en 2025. L’Espagne avait un PIB/h de 400$ en 1960 et de plus de 38 600$ en 2025. C’est la Corée du sud qui a réalisé une performance qui relève du miracle. En 1960 son PIB/h était de 165$, l’un des plus bas au monde<strong><em> </em></strong>et il a atteint plus de 39 000$ en 2025. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Portugal s’est construit l’économie la plus dynamique de l’Union européenne. Ce que les observateurs qualifient de miracle portugais repose sur un secteur du tourisme florissant et sur l’exportation de services et de biens de haute technologie.&nbsp;De son côté, la Grèce avait fondé son développement sur l’exploitation de ses atouts naturels qu’elle a transformés en autant d’avantages comparatifs&nbsp;: l’industrie navale et le tourisme. Aujourd’hui la Grèce est la première puissance maritime marchande d’Europe. Cette position n’aurait pas été inaccessible pour la Tunisie. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le procès des choix de politique économique </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de vérifier nos hypothèses relatives aux occasions manquées par l’économie tunisienne, nous explorerons les données en lien avec quelques secteurs économiques en comparant leur évolution avec ceux des pays de la rive nord de la Méditerranée. Nous consacrerons un intérêt plus important au secteur halieutique qui représente à nos yeux le plus grand déficit de valorisation de l’économie tunisienne. L’objectif est d’évaluer la justesse des choix stratégiques de politique économique par le biais d’une approche analogique. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark du secteur touristique&nbsp;: </strong>avec quasiment les mêmes atouts naturels que la Tunisie et une population comparable de 10 millions d’habitants, le Portugal a accueilli en 2024 plus de 29 millions de touristes, alors que notre pays n’en a accueillis que 10,6 Millions. En 2025 la Tunisie a reçu 11 millions de touristes contre 32 à 33 millions pour le Portugal, soit trois fois le chiffre de la Tunisie.  La part du secteur du tourisme dans le PIB révèle également des disparités criantes entre la Tunisie et les pays à vocation touristique du bassin méditerranéen. En 2025 ce taux avoisine les 5 à 6% en Tunisie contre 21,5% pour le Portugal, 18 à 22% pour la Grèce, 15 à 16 % pour l’Espagne et 7 % pour le Maroc. Pour le Portugal ce secteur représente 20% de l’économie nationale contre 10% pour la Tunisie. Pourquoi la Tunisie n’est-elle pas capable de réaliser de telles performances dans le secteur du tourisme&nbsp;? S’agit-il d’un manque d’atouts géographiques naturels et de patrimoines archéologique et culturels qui rendent la Tunisie moins attrayante et moins compétitive ? Ou s’agit-il plutôt d’une défaillance structurelle dans la gestion du secteur&nbsp;? En fait, la Tunisie dispose peut-être d’atouts naturels, géographiques et archéologiques plus importants, et surtout plus diversifiés, que ceux dont dispose le Portugal. Le décalage et les défaillances résident dans le management public du secteur, dans la vision et dans les ambitions respectives des dirigeants des deux pays. &nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark de la recherche et du développement, un levier ignoré&nbsp;: </strong>l’impact de tout effort supplémentaire en matière de recherche et développement sur l’ensemble de l’économie n’est plus à démontrer. L’effet multiplicateur de l’investissement alloué à R&amp;D atteint non seulement le PIB global mais également le taux de croissance et la productivité avec les retombées positives sur les autres aspects de la vie économique et sociale comme la compétitivité du secteur industriel, le chômage et la création de richesses en général. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Là aussi et grâce à l’IA, nous pouvons cerner le manque à gagner de l’économie tunisienne faute d’investissement dans ce domaine. Pour la période 1990-2026, et en nous appuyant sur un benchmark avec des économies assez proches comme celle du Portugal, nous découvrons que ce pays consacrait deux fois plus de ressources à la R&amp;D que la Tunisie. Grâce à un parcours de développement différent, le Portugal affiche aujourd’hui un PIB par habitant 4 fois supérieur à celui de la Tunisie et il possède un écosystème d’innovation beaucoup plus dense. En ce qui concerne la Corée du Sud, toutes les études réalisées sur ce pays par les organismes internationaux telle la Banque Mondiale ou celles effectuées par des économistes de renom ramènent son essor fulgurant à un investissement public soutenu dans la R&amp;D (+de 5% du PIB) atteint grâce à une démarche spécifique de coopération entre les institutions universitaires et le secteur privé. &nbsp;<em>(Anne Krueger – Banque mondiale Walt Whitman Rostow &#8211; Dominique Barjot et Rang-Ri Park-Barjot).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, l’effort de la Tunisie en matière de R&amp;D se situe à 0.7 % du PIB en moyenne, ce qui représente lamoitié de celui du Portugal, de la Grèce ou de l’Espagne et moins du tiers de la moyenne des pays avancés de l’OCDE<strong>.</strong> Un manque à gagner dommageable<strong>&nbsp;: </strong>avec 1,5% à 2% du PIB investi dans la R&amp;D au lieu de 0,6% actuellement (2025), la Tunisie aurait gagné 0,5 % à 0,8% de croissance annuelle. Son PIB aurait été supérieur de 30 à 60% et le manque à gagner, cumulé sur trois décennies, aurait atteint 180 à 350 milliards de dollars. Nous aurions eu, en 2026, un PIB compris entre 90 à 140 Md$ selon les hypothèses (optimiste, modérée ou pessimiste) au lieu de 59,1 Md $ actuel qui ne représente que 35% du PIB marocain, 18% du PIB portugais, 23% du PIB grec et 3% du PIB espagnol. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark de la densité entrepreneuriale&nbsp;</strong>: la densité entrepreneuriale ou <em>«tissu des entreprises»</em> est un indicateur significatif qui traduit le degré de dynamisme de l’économie, le climat des affaires et la qualité de la règlementation. En 1960 le nombre des entreprises tunisiennes se situait entre 20 000 et 30 000 et atteignait les 300 000 dans les années 2000. Celui du Portugal se situait à 150 000 en 1960, à 900 000 en 2000 et celui de la Corée du Sud se situait à 70 000 en 1960, à 3 millions dans les années 2000. En 2026 le nombre des entreprises actives en Tunisie atteignait 825 000, celui du Portugal 1,5 millions et celui de la Corée du Sud 8 millions. Celui du Maroc était de 40 à 60 000 en 1960 et de 1,3 millions en 2026. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien entendu l’écart quantitatif entre les économies citées est révélateur de parcours différents. Mais au-delà des chiffres, la différence se situe également dans la qualité du tissu entrepreneurial qui oppose la Tunisie au reste des pays comparés. La majorité des entreprises tunisiennes sont des microstructures peu productives, sous capitalisées, à faible capacité d’exportation et à faible innovation technologique. Elles sont de surcroît pénalisées par la difficulté d’accéder au financement bancaire. <em>(Rapports de la Banque Mondiale&nbsp;: Tunisie/ Data. 2026).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, les économies prospères du Portugal, de la Corée du Sud du Maroc et de la Grèce ont créé des groupes économiques à dimension internationales (chaebols coréens, holdings marocains, groupes européens) qui jouent le rôle de locomotives du développement en assurant l’accès à la technologie avancée, en disposant d’assise financière compétitive pour se proposer aux appels d’offres internationaux et en mobilisant sous leur giron tout un tissu d’entreprises locales de sous – traitance garantissant un dynamisme économique certain. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le secteur des industries électroniques, des atouts&nbsp;négligés&nbsp;: </strong>le manque à gagner touche des secteurs où la Tunisie dispose pourtant d’atouts non négligeables qui l’auraient propulsée dans des positions avancées sur la scène internationale. C’est le cas du secteur des industries électroniques où le taux d’intégration ne dépasse pas 35% malgré la disponibilité des compétences locales dont la qualité est internationalement bien établie. <em>(“Emission Tunisie économique’’ sur la chaine de télévision nationale, avril 2026).</em> L’activité est dominée par la sous-traitance. On est en plein face à la réalité de la division capitaliste internationale du travail qui prive les pays de la périphérie comme la Tunisie du know how des tâches nobles de conception et d’engineering. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>«Pacte pour la compétitivité»</em> signé en 2026 par les parties prenantes du secteur fixe un objectif de 50% d’intégration pour 2030 et un chiffre d’affaires à l’export de 7 Mds en 2030 contre 3,5 Mds en 2025. Il prévoit également d’augmenter les investissements à 20% du PIB en 2030 contre 15% en 2025. Par expérience et éclairés par le taux de réalisation des précédentes stratégies et objectifs contenus dans les plans de développement successifs de l’Etat (entre 50 et 60% en moyenne)&nbsp;; nous ne pouvons être que sceptiques quant à la crédibilité de ces anticipations tant qu’un renversement total de la vision économique des pouvoirs publics ne soit pas établi. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark du secteur halieutique, un désastre stratégique&nbsp;: </strong>l’accès à la mer a toujours été une des causes majeures des conflits territoriaux entre les Etats à travers l’histoire. La mer est convoitée non seulement pour ses richesses mais également pour les atouts qu’elle offre en termes d’extension géographique avantageuse pour la sécurité du territoire et pour le développement des échanges avec un monde désormais sans limites. Pour certains penseurs, l’avenir de l’humanité se jouera à travers l’exploitation des ressources maritimes et notamment des richesses contenues dans les grands fonds marins&nbsp;: nourriture, énergie, minerais, etc. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose de plus de 1300 km de côtes et pourtant la moyenne de consommation des produits de la mer par habitant estimée par la FAO ne dépasse pas 12kg/an, en-deçà de l’objectif fixé par l’Onu pour les pays en développement de 20 kg/h et de la moyenne mondiale de 20,5 kg/h. Contrairement à la Tunisie, la plupart des Etats méditerranéens ont élaboré des stratégies de développement de leur secteur halieutique, qui ont donné des résultats édifiants au bout de quelques années. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le secteur de la pèche en Tunisie&nbsp; contribue pour 0,8% du PIB contre&nbsp; 2 à 3% pour le Maroc, qui s’est érigé en puissance halieutique régionale grâce à un effort d’investissement conséquent. Mais la différence avec la Tunisie ne réside pas pour autant dans la contribution au PIB ou dans le volume de la production mais plutôt dans la valeur ajoutée créée par tonne pêchée et l’industrialisation du secteur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’indépendance de la Tunisie, les pouvoirs publics n’ont exprimé qu’un intérêt limité au secteur halieutique pourtant crucial pour la sécurité alimentaire et la souveraineté nationale. Sur 60 ans, l’investissement total dans le secteur n’a pas dépassé 15 à 22 Mds $ loin derrière les autres pays méditerranéens (+ du double). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le secteur halieutique tunisien se classe au dernier rang parmi les pays du bassin méditerranéens en termes de production, de flotte non artisanale, formation des pécheurs, du niveau d’industrialisation et d’infrastructure et surtout au niveau de la plus-value dégagée par tonne de production, par employé et par bateau. Sur ce dernier registre, l’écart entre la Tunisie et les pays de la rive nord de la Méditerranée est significatif. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau de la plus-value par pêcheur, la Tunisie est dernière du peloton&nbsp;avec 4 600 € par pêcheur contre 71 000 € pour l’Espagne, 40&nbsp;000€ pour le Portugal, 37&nbsp;000€ pour la Grèce, 29&nbsp;000€ pour la Turquie et 7&nbsp;500€ pour le Maroc. Autrement dit, la Tunisie n’atteint que 6% du niveau espagnol, 11% du niveau portugais et 12 % du niveau grec. Elle est également la dernière du classement méditerranéen au niveau de la plus-value dégagée par bateau de pêche : &nbsp;20&nbsp;000€ contre 33&nbsp;000€ pour la Grèce, 43&nbsp;000€ pour le Portugal, 50&nbsp;000€ pour le Maroc, 94&nbsp;000€ pour la Turquie et 259&nbsp;000€ pour l’Espagne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce donc à l’IA, on estime que la Tunisie aurait essuyé, faute d’investissement halieutique stratégique, un manque à gagner entre 40 et 70 Mds de dollars pendant la période 1960-2025. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence d’une économie maritime proprement dite aurait fait perdre à notre pays entre 1,5% et 3% de PIB outre l’impact négatif sur le déficit commercial, la sécurité alimentaire et l’emploi. Sur la base de cette analyse, le secteur halieutique présente le plus important déficit de valorisation de l’économie tunisienne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre benchmarking sectoriel nous a révélé la limite des politiques économiques suivies par les pouvoirs publics depuis des décennies. Il nous a surtout fait découvrir les opportunités non saisies, les occasions manquées et les manques à gagner supportés par l’économie tunisienne. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>A suivre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Enseignant en sciences politiques et ancien cadre de banque.</em> &nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Précédent article de la série : </em></strong></p>



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</div></figure>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td>&nbsp; <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> &nbsp; &nbsp;</td><td>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</td></tr></tbody></table></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Economie tunisienne &#124;  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 07:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
		<category><![CDATA[sous-traitance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre 1960 et 2026, l’économie tunisienne aurait perdu des centaines de milliards de dollars en termes de richesses nationales. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le diagnostic est accablant&nbsp;: l’économie tunisienne aurait perdu des centaines de milliards de dollars en termes de PIB global, de PIB par habitant, de création d’emplois ou d’accumulation de la richesse, depuis les années soixante jusqu’à nos jours, à cause de choix de politiques économiques erronées et de stratégies timorées et minimaliste&nbsp;! Ces choix auraient- ils empêché la Tunisie de se transformer en leader régional de l’industrie navale par exemple ou en hub méditerranéen de l’industrie financière ou même en pole des industries électroniques&nbsp;? Notre pays aurait-t-il ainsi raté des occasions de devenir une puissance régionale dans quelques domaines que ce soit&nbsp;? </em></strong><em>(Photo: Palais du gouvernement, à la Kasbah).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-19314241"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ne cherchons pas des réponses à ces questions chez les comptables focalisés plutôt sur les équilibres financiers de l’Etat et les ratios de la comptabilité publique. Pendant des décennies, notre économie aurait supporté des manques à gagner substantiels qui auraient pu propulser notre pays au rang des pays développés. C’est ce que nous révèle, avec beaucoup de réserves de notre part, les conclusions d’un exercice d’extrapolation réalisé grâce à l’IA.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démarche consiste à procéder à un benchmark avec des pays du bassin méditerranéen et avec la Corée du sud dont les économies étaient relativement proches de la nôtre vers les années 1960 en termes de PIB, de PIB per capita, de tissu entrepreneurial, de démographie, d’infrastructure et de développement humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas du Portugal, pays aux 10 millions d’habitants avec lequel nous partagions, à l’époque, un nombre de caractéristiques de sous-développement et des défis semblables&nbsp;: rareté des ressources, pauvreté, analphabétisation, détérioration des services de santé, etc. Nous étions même mieux lotis que ce pays sur certains registres. Il s’agit pour nous de comparer des parcours de développement entre pays afin d’évaluer les choix de politique économique et de politique tout court.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Développement du sous-développement ou management équitable de la misère</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche analogique nous permet de cerner le manque à gagner supporté par l’économie tunisienne et de réaliser que d’autres alternatives auraient pu être envisagées qui auraient abouti à la construction d’une économie nationale prospère, développée, résiliente et en compétition avec ces économies qui nous ressemblaient il y a une soixantaine d’années mais qui nous ont largement dépassés pour être classées aujourd’hui parmi les vingt plus grandes économies du monde grâce à des choix judicieux et surtout ambitieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que ces économies (Espagne, Portugal, Grèce, Corée du Sud) prospéraient, la Tunisie s’engouffrait dans ce que les économistes tiers-mondistes qualifient de développement inégal fondé sur la stratégie minimaliste de sous-traitance et de dépendance à l’égard des économies du centre développé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, cette stratégie a joué un rôle social indéniable en absorbant des milliers de chômeurs non qualifiés puis relativement qualifiés surgissant dans la périphérie des villes sous l’effet de l’exode rural et la désertification des campagnes appauvries par les politiques publiques. Cependant, elle a favorisé l’émergence d’une économie de rente qui arrive aujourd’hui à son terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’Etat n’arrive plus aujourd’hui à assurer, après plus d’un demi-siècle d’indépendance politique, la prospérité et le développement intégral. Pire encore, la situation de l’économie tunisienne se dégrade et elle n’est même plus capable, après 2020, d’honorer aisément ses factures de denrées alimentaires de base&nbsp;: blé, café, viande, etc., ou de moderniser les machines de production de son phosphate indispensable aux équilibres de ses finances ni même de sauver financièrement sa compagnie de transport aérien&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Etat est aujourd’hui incapable d’assurer la maintenance de ses écoles, de ses hôpitaux, de ses routes et des canalisations d’eau <em>(Banque mondiale&nbsp;: Diagnostic des infrastructures en Tunisie &#8211; Décembre 2019)</em>. Sfax, la capitale du sud, n’a bénéficié d’une autoroute l’arrimant à Tunis qu’en 2009 soit 53 ans après l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une loi de finance à une autre et d’un plan de développement à un autre, les décennies passent et on a l’impression d’un remake permanent du même scénario reproduisant la gestion de la pauvreté, du manque et de la misère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plans de développement qui se sont succédé depuis l’indépendance n’ont résolu ni le problème de la pauvreté, estimée en 2023 à 18,4% de la population, soit une aggravation par rapport à 2021 où il atteignait + 16% ni celui des disparités régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan de développement 2026 – 2030 annonce une stratégie économique fondée sur la priorité du social&nbsp;!! Cette orientation nous laisse perplexe car il s’agit d’une invitation à partager équitablement la misère en l’absence d’une stratégie de création préalable de la richesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Limite du modèle économique ou carence de la pensée politique&nbsp;?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des solutions non orthodoxes empruntées à des expériences étrangères peuvent être appliquées pour la relance de l’économie tunisienne, comme le New Deal appliqué aux Etats Unis au lendemain de la crise de 1929 et les mesures économiques prises dans le cadre du plan Marshall destiné à relancer les économies européennes exsangues et dévastées par les conséquences de la seconde guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces programmes n’étaient pas cohérents avec les principes de l’orthodoxie de la comptabilité publique. Un respect rigoureux des principes des <em>«équilibres financiers»</em> et de l’orthodoxie libérale capitaliste n’auraient pas permis de réaliser ces projets économiques à succès, inédits et hors normes. Notre pays a besoin d’emprunter l’esprit de ces initiatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit innover dans sa politique économique, faire preuve de courage et même de sens du risque calculé sans se soucier de la rigueur des équilibres financiers. La prudence excessive affichée par les dirigeants de la Banque centrale depuis longtemps, traduite par l’application d’un taux directeur élevé décourageant l’investissement et la création d’entreprise, ne devrait pas être considérée comme un mérite ou une prouesse économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche doit être bannie car elle n’a résolu ni l’inflation qui accable le consommateur ni la détérioration des finances publiques qui ne cesse de s’aggraver. Au contraire, il est temps aujourd’hui de récompenser la prise de risque à tous les niveaux, celui de l’Etat et celui des opérateurs économiques, et d’encourager l’innovation et pourquoi pas la folie créatrice. C’est-à-dire, en d’autres termes, ménager le citoyen avant de ménager les comptes publiques. &nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites de l’approche comptable&nbsp;: l’illusion des équilibres financiers&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan de développement 2026- 2030 table sur un taux de croissance cible de 4% annuel ce qui témoigne de l’exiguïté des perspectives et de l’absence d’ambitions. Pourtant les artisans des plans de développement successifs, des techniciens souvent respectables et sincères, savent pertinemment qu’un taux de chômage endémique de plus de 15%, qu’un flux annuel de plus de 50 000 nouveaux diplômés du supérieur atterrissant sur le marché du travail ainsi que les inégalités régionales de plus en plus aiguisées d’une année à une autre, ne peuvent être endigués qu’à travers des taux de croissance à deux chiffres que le modèle économique en place et les plans de développement successifs sont&nbsp; incapables structurellement d’atteindre. Notre benchmarking ne consiste pas donc pas à comparer des chiffres qui en définitive ne reflètent que des réalités socio- économiques et surtout culturelles différentes. Il s’agit au contraire de se libérer de la tyrannie des chiffres chère aux comptables et de comparer des parcours, et des visions de politiques économiques. Soyons clairs, il est question de comparer des ambitions&nbsp;!!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup d’observateurs le mode de développement est souvent invoqué pour justifier le sous-développement. Force est de constater que les Etats qui ont réussi leur développement (Portugal, Grèce, Espagne, Corée du Sud) n’ont vraisemblablement pas perdu leur temps à discuter du mode de développement à adopter&nbsp;: <em>«développement inclusif»</em>, <em>«développement durable»</em>, <em>«développement autocentré»</em>, avant de planifier leur décollage économique. L’économie tunisienne aurait pu suivre la même trajectoire à succès suivie par ces Etats prospères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En nous appuyant sur des scénarios plus au moins ambitieux traités par l’IA, nous pouvons cerner le manque à gagner que l’économie tunisienne aurait supporté dans sa globalité et par secteur en adoptant des stratégies économiques passives, timorées et sans ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Enseignant en sciences politiques et ancien cadre de banque.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Autres articles de la série : </strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jJQ0bjz2GM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/embed/#?secret=ef7Phmub9p#?secret=jJQ0bjz2GM" data-secret="jJQ0bjz2GM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Guerre d’Iran &#124; Vers une reconfiguration de l&#8217;ordre mondial</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/guerre-diran-vers-une-reconfiguration-internationale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec la guerre israélo-américaine contre l’Iran, une dynamique de reconfiguration internationale des équilibres internationaux est en marche,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/guerre-diran-vers-une-reconfiguration-internationale/">Guerre d’Iran | Vers une reconfiguration de l&rsquo;ordre mondial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La nouvelle guerre contre l’Iran est un remake d’évènements déjà vécus mais cette fois-ci en version plus hard. A priori, Israël ne voulait pas perdre l’opportunité de faire régner définitivement sa Pax Judaïca dans la région du Moyen-Orient, en profitant d’un contexte géopolitique favorable&nbsp;avec un monde arabe en léthargie profonde, une administration américaine acquise aux thèses sionistes et une Europe focalisée sur un conflit ukrainien devant ses portes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani *</strong></p>



<span id="more-18591145"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Mais la guerre déclenchée contre l’Iran au mépris du droit international et surtout au détriment des principes les plus élémentaires de la diplomatie, dans la mesure où elle a été lancée en pleines négociations que l’intermédiaire omanais annonçait pourtant fructueuses, était prévisible et ne dérogeait pas à la nature du système des relations internationales désormais anarchique donnant raison aux tenants du courant réaliste dans les relations internationales qui ne reconnaissent comme acteurs que les Etats auxquels ils attribuent, comme seul objectif, la quête de la puissance et les intérêts qui vont avec. <sup>(1)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, l’ordre juridique international, ainsi que les organisations internationales supposées constituer des enceintes de règlement pacifique des conflits, existent, incarnées par l’Onu, mais l’efficacité de leur action dépend de la bonne volonté des grandes puissances et à leur tête les Etats-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par leur gravité, les répercussions de la guerre contre l’Iran interpellent les analystes des relations internationales, les observateurs, les stratèges, les économistes et même les citoyens lambdas inquiets pour leur vie quotidienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce conflit pose deux types d’interrogations :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; sur le lien de ce conflit avec la configuration du système international actuel (unipolaire&nbsp;? bipolaire&nbsp;? multipolaire&nbsp;? bi-multipolaire&nbsp;? etc.) et sur son impact sur l’ordre international établi par les alliés au lendemain de la seconde guerre mondiale&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; sur la pérennité de l’approche trumpiste des relations internationales. Autrement dit, <em>«la doctrine»</em> (mot trop fort pour qualifier les folles agitations de Trump) qui fonde sa gestion de la politique étrangère des Etats-Unis, survivrait-elle à son départ de la Maison blanche ou assisterions-nous au retour à une gestion plus apaisée de la politique étrangère américaine&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résilience du système international&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre et les crises en général sont l’expression de&nbsp;la <em>«vitalité»</em> du système international composé d’acteurs étatiques en perpétuelle compétition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme pour les crises économiques que le système capitaliste international transforme en occasions pour se revigorer et pour se réajuster, la guerre permet au système international de prendre en charge et d’intégrer la modification des rapports de force entre acteurs et de s’adapter à une redistribution de la puissance entre les Etats qu’ils soient des puissances régionales émergentes (Iran, Turquie) ou des superpuissances comme les Etats Unis, la Chine et la Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël agit dans ce cadre restreint de conquête et d’hégémonie propre aux acteurs étatiques dans un monde où prévaut la loi du plus fort, sans égard aux valeurs véhiculées par le droit international. Pourtant les velléités hégémoniques de l’entité sioniste ne correspondent pas nécessairement à ses intérêts à long terme eu égard aux données géopolitiques structurelles de la région, indéniablement favorables aux Etats arabes qui, jusque-là, manquent de volonté pour mobiliser ces données et les ressources dont ils disposent afin d’endiguer la menace que représente pour leur intégrité territoriale la stratégie d’expansion et de conquête israélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un système international en mutation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le conflit opposant aujourd’hui Israël et les Etats-Unis l’Iran s’inscrit dans cette logique de l’instabilité et des crises majeures inhérentes aux phases de transition de la configuration internationale dont les caractéristiques ont largement été développées dans la littérature des auteurs réalistes des relations internationales.<sup>(3)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de confirmer la suprématie de la puissance américaine, l’étalage par les Américains de la puissance armée contre l’Iran avec l’appui de l’entité sioniste, augure plutôt d’une évolution inéluctable de la configuration du système international de l’unipolarité impériale américaine vers une multipolarité émergente où la Chine, la Russie et l’Inde nucléaire occuperont des positions régaliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la phase de transition d’une configuration à une autre, l’instabilité devient la caractéristique essentielle du système et des relations internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entités étatiques en quête de puissance sont en compétition pour améliorer leur positionnement sur l’échiquier mondial ce qui constitue une source de conflit surtout lorsque les institutions internationales échouent à canaliser les ambitions des puissances émergentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte de redistribution de la puissance et de remise en cause de l’ordre établi (nucléaire, géopolitique&#8230;) par les puissances émergentes, en occurrence l’Iran dans le cas actuel, que l’Etat impérial américain en déclin ne peut se résigner à la déliquescence de sa puissance et à la perte de&nbsp; son statut hégémonique<sup>(4)</sup> sans exprimer sa résistance à travers des coups d’éclat et des conflits où elle entend démontrer à ses concurrents qu’elle reste maitresse du système international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre contre l’Iran et l’action contre le Vénézuéla constituent les derniers sursauts d’une puissance en décadence. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on peut expliquer la difficulté pour l’administration Trump de fixer des objectifs clairs à sa guerre contre l’Iran ou de la justifier auprès de ses alliés comme auprès de son opinion publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce sens également qu’on peut comprendre les multiples déclarations de Trump scandant en toute occasion la suprématie de l’armée des Etats Unis et la grandeur de son pays. Ce discours ne semble pas être adressé à l’Iran qui n’est pas le rival des Etats-Unis pour la suprématie mondiale, mais à ses concurrents directs&nbsp;: la Chine et la Russie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’illusion de la suprématie&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présentée par Donald Trump lors de son déclenchement comme une balade de quelques jours de ses troupes, la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran atteint aujourd’hui son deuxième mois et n’en finit pas de gonfler la facture à payer non seulement par les citoyens américains au niveau du galon d’essence mais également par l’ensemble des pays du monde qui devront affronter une récession générale et une crise qui touche désormais tous les secteurs de l’activité économique en commençant par l’agriculture mondiale privée des engrais avec la fermeture partielle par l’Iran du détroit d’Ormuz par où transitent 20% de la production pétrolière mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre a provoqué des effets systémiques que le locataire de la Maison blanche n’a pas appréciés à leur juste mesure, aveuglé par une adhésion évangélique aux thèses sionistes étalées par Benjamin Natanyahu à qui <em>«il ne peut rien refuser»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enlisement de la plus puissante armée du monde dans le bourbier iranien était pourtant prévisible et ne déroge pas aux précédentes interventions américaines qui avaient toutes échoué&nbsp;: Vietnam, Afghanistan, Irak&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré sa supériorité militaire criante et le soutien de l’aviation israélienne, la plus puissante du Moyen-Orient, les Etats-Unis n’arrivent pas à en découdre avec une armée iranienne de loin moins outillée mais bien préparée et exploitant de manière optimale les atouts dont elle dispose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, l’administration américaine cherche aujourd’hui désespérément une porte de sortie honorable en renonçant aux objectifs qu’elle avait médiocrement exposés tout au long de son agression pour la justifier&nbsp;: provoquer la chute du régime des mollahs, détruire définitivement son projet nucléaire, anéantir son arsenal balistique&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’hégémon américain est frappé au cœur de son prestige et de sa crédibilité surtout aux yeux de ses concurrents directs, la Chine et la Russie, qui observent avec intérêt ses tactiques de guerre défaillantes et assistent à sa déchéance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette vérité s’applique également à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. C’est le phénomène de l’impuissance de la puissance largement développé par les auteurs de relations internationales de différents horizons. Ces auteurs décrivent l’incapacité endémique des superpuissances à vaincre par les seuls moyens militaires des Etats à moyenne ou faibles capacités.<sup>(5)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une guerre asymétrique comme celle lancée par Israel et les Etats-Unis contre l’Iran est dès le départ vouée à l’échec car ses artisans seront toujours incapables de prédire ses répercussions politiques (internes aux belligérants) économiques et militaires. L’interdépendance des économies, la globalisation des échanges ainsi que la puissance des opinions publiques dans les sociétés&nbsp;<em>«démocratiques»</em> sont autant de facteurs qui réduisent l’efficacité de la suprématie militaire brute.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ordre international entre instabilité et résilience</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre international issue de la seconde guerre mondiale semble être éprouvé par des guerres transgressant la légalité internationale&nbsp;: contre l’Iran, contre Ukraine, contre Gaza… et menaçant d’effondrement tout l’édifice normatif et structurel construit au lendemain de la seconde guerre mondiale, et qui était&nbsp;fondé sur le multilatéralisme et le règlement pacifique des conflits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même les alliances qu’on croyait indéfectibles comme celle atlantique sont battues en brèche. Le président américain menace de se retirer de l’Otan qu’il qualifie de tigre de papier parce que ses membres ont refusé de s’associer à sa campagne guerrière contre l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp occidental est définitivement fissuré. Mégalomane comme il est, Trump propose des structures de rechange qu’il contrôlerait pour remplacer les institutions onusiennes <em>«moribondes»</em>, fiefs du multilatéralisme, principe ayant fondé la coopération internationale depuis 1945.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité de la paix créé par Trump dans le sillage de la guerre à Gaza est censé remplacer le Conseil de sécurité. Les traités commerciaux bilatéraux qu’il oblige certains pays à signer après ses décisions unilatérales d’augmentation des tarifs douaniers et des taxes sur l’importation de produits en provenance de ces pays sont censés remplacer les accords du GATT et de l’OMC.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre contre l’Iran, la prise en otage du président vénézuélien, le blocus de Cuba ainsi que la fronde des taxes et des représailles commerciales que l’administration Trump impose au reste du monde semblent indiquer que la remise en cause de l’ordre international d’après-1945 est bel et bien consommée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en réalité, l’administration Trump n’est pas plus interventionniste ni plus belliqueuse que ses précédentes surtout républicaines mais elle est plus extravertie, moins discrète et plus chaotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Etats Unis, toutes administrations confondues, sont intervenus militairement des dizaines de fois depuis 1945. L’intervention actuelle contre l’Iran à l’instigation d’Israel s’inscrit dans la logique de la politique étrangère par essence interventionniste, de la Maison Blanche au cours des 80 dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’aliénation de la politique étrangère américaine au dictat israélien est aujourd’hui une constante de la stratégie des administrations américaines successives. Cette réalité s’est construite au fil de décennies d’efforts fournis par les groupes de pression juifs et sionistes et notamment la toute puissante American Israelian Public Affairs Commitee (Aipac).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Etats-Unis-Israël&nbsp;: une alliance en mutation&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut rappeler qu’avant la deuxième guerre mondiale, l’élite politique américaine n’était pas franchement réceptive aux thèses sionistes œuvrant pour la création d’un Etat juif en Palestine. Certaines éminentes personnalités politiques étaient même explicitement qualifiées d’antisémites comme le président Franklin Roosevelt (1933-1945). D’autres étaient plus réservés vis-à-vis des projets sionistes (Woodraw Wilson 1913-1921, Calvin Coolidge 1923-1929).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons également que ce sont les Etats-Unis qui ont forcé l’Angleterre, la France et Israël à arrêter leur agression tripartite contre l’Egypte suite à la fermeture par le président Nasser du canal de Suez en 1956.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien inconditionnel américain à la politique israélienne ne s’est transformé en donnée stratégique constante qu’après la guerre des Six jours en 1967. La stratégie de politique étrangère américaine repose, depuis, sur le principe du maintien de la suprématie militaire de l’Etat sioniste sur tous les Etats du Moyen-Orient. Mais la guerre contre Gaza en 2024 a annoncé un effritement stratégique du soutien américain à l’entité sioniste surtout auprès de l’opinion publique. Pour la première fois dans l’histoire récente des Etats-Unis, les sondages d’opinion révèlent un début de basculement du soutien de la société américaine en faveur des Palestiniens et au détriment des Israéliens (41% contre 36%) comme le révèle un sondage Gallup en 2026. Plus inédit encore, les débats au Congrès sur le fondement du soutien américain à l’entité sioniste. Ces débats étaient inimaginables quelques années auparavant et surtout avant la guerre de Gaza, tellement le soutien à l’Etat faisait l’unanimité auprès de l’élite politique américaine et transcendait les clivages partisans entre Républicains et Démocrates. C’est un changement stratégique majeur qui impactera la définition de la politique étrangère américaine à l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce qui est singulier aujourd’hui avec l’actuelle agression américano-israélienne contre l’Iran est qu’elle tranche avec le programme électoral non interventionniste du président Trump et risque de provoquer la défaite électorale de son parti lors des élections du midterm en novembre 2026. Cette défaite est devenue probable surtout avec l’enlisement des Etats-Unis dans une guerre d’usure aggravant le sentiment de dépit et de désaveu de l’électorat républicain américain, et notamment sa composante Maga, désabusée par le non-respect par le candidat Trump de ses engagements électoraux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers un nouvel équilibre mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre menée par les Etats-Unis et Israel contre l’Iran met l’ordre international bâti au lendemain de la seconde guerre mondiale sous une tension intenable. Son coût direct pour les belligérants (4 milliards de $ de matériel militaire perdu rien que pour les Etats-Unis) et ses répercussions économiques sur l’ensemble de la planète, suite à la flambée des coûts de l’énergie et des matières premières et la récession qui frappera sans distinction l’ensemble des pays du monde, rappellent l’interdépendance des économies et la fragilité des équilibres mondiaux. Elles révèlent également les limites de la puissance militaire brute dans le cadre de la guerre asymétrique où le déséquilibre des moyens militaires est compensé chez la partie la plus faible par l’exploitation d’atouts inattendus&nbsp;: contrôle du détroit d’Ormuz, armement efficace et peu onéreux qui devrait changer la nature des conflits contemporains&nbsp;(drones, missiles balistiques..). Elles rappellent également que les puissances dominantes ne tirent pas les leçons de leur propre histoire récente et répètent les mêmes erreurs avant même que leurs conséquences ne soient définitivement consommées&nbsp;: intervention américaine en Irak et en Afghanistan, enlisement de la Russie en Ukraine&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de tout cela, l’effondrement de l’ordre international fondé sur la primauté du droit international et du multipartisme, ne semble pas imminent. En fait, la contestation de l’ordre international par l’administration Trump ne constitue qu’un épisode historique qui prendra fin avec l’alternance prochaine à la Maison blanche. Car tout semble présager – la &nbsp;popularité du président Trump étant descendue à 33% dans ls derniers sondages – une défaite des Républicains lors des prochaines législatives et présidentielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la dynamique de changement de la configuration internationale déjà en marche, ainsi que la quête naturelle de puissance entre les acteurs étatiques sur la scène internationale, bousculant la stabilité, la sécurité et la paix internationales, sans pour autant menacer la survie du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notes&nbsp;:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Raymond Aron&nbsp;: ‘‘Guerre et paix entre les nations’’. Ed Calman Levy 1962.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2- Mon article&nbsp;: «La politique étrangère des Etats-Unis entre rupture et continuité», Kapitalis du 15 octobre 2025.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3- Robert Gilpin&nbsp;: ‘‘War and change in world Politics’’,Ed Cambridge university press 1981.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4- Robert Keohane &amp; Joseph Nye : ‘‘Power and interdependance : World Politics in Transition’’, Ed Little, Brown, Boston, 1977.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>5- Bertrand Badie&nbsp;: ‘‘L’impuissance de la puissance’’, Fayard, 2004. </em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; </em><em>Stanley Hoffmann&nbsp;: ‘‘Primacy or word order’’,&nbsp; Mc Graw-Hill, 1978.</em><em></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/guerre-diran-vers-une-reconfiguration-internationale/">Guerre d’Iran | Vers une reconfiguration de l&rsquo;ordre mondial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La politique étrangère des États-Unis, entre rupture et continuité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 08:05:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
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		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jamais la politique étrangère des États-Unis n’a suscité autant de critiques et d’incompréhensions que durant les mandats de Donald Trump. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Jamais la politique étrangère des États-Unis n’a</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>suscité autant de controverses, de critiques</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>et d’incompréhensions que durant les mandats du président républicain Donald Trump.</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>Même les alliés les plus solides des États-Unis se sont retrouvés déconcertés par les</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>décisions parfois belliqueuses et imprévisibles de son administration. Du rapprochement</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>avec la Corée du Nord, aux gestes d’amitié envers la Russie sur le dossier ukrainien – en</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>rupture avec les positions de l’O</em></strong><strong><em>tan</em></strong><strong><em> – jusqu’aux mesures de rétorsion contre certains</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>partenaires commerciaux historiques, la politique étrangère américaine semble osciller</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em>entre rupture et continuité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani</strong><strong> *</strong></p>



<span id="more-17670311"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Au&nbsp; milieu de cette confusion et face à l’imprévisible, notre article se propose de déceler un fil conducteur permettant de trouver de la cohérence entre des décisions de politique étrangère, en apparence contradictoires. Nous explorerons les fondements philosophiques, politiques et juridiques de la politique étrangère américaine afin de déterminer si les transformations apparentes traduisent un véritable changement de cap, ou simplement une adaptation conjoncturelle des mêmes principes stratégiques.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Les fondements philosophiques et politiques : entre le constant et le variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En principe, la politique étrangère américaine ne devrait pas être soumise aux aléas électoraux. Les grandes puissances définissent leurs orientations stratégiques sur le long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la personnalité du président et les circonstances historiques peuvent influencer la mise en œuvre de cette politique sans en modifier profondément les fondements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1- Le multilatéralisme, pilier pragmatique de la diplomatie américaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Historiquement, les États-Unis ont toujours oscillé entre isolationnisme et multilatéralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le discours isolationniste a souvent servi d’argument populiste, il a rarement résisté à la réalité des interdépendances internationales. Depuis George Washington jusqu’à Woodrow Wilson, l’Amérique a tenté de se tenir à l’écart des conflits européens avant de s’y engager par nécessité. Le wilsonisme, avec ses quatorze points, érigea la coopération multilatérale en principe doctrinal. Aujourd’hui encore, le slogan <em>«America First»</em> ne saurait masquer l’implication constante des États-Unis dans les affaires mondiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, la politique étrangère américaine, oscillait en permanence, depuis le 5<sup>e</sup> président James Monroe en 1823, un chantre de l’isolationnisme, entre le repli isolationniste de façade et l’implication dans la coopération multilatérale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prises de positions isolationnistes adoptées aujourd’hui en général par les administrations républicaines de la Maison blanche ne s’élèvent pas au rang de politiques ou de stratégies mais&nbsp; constituent des parenthèses vite refermées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le retrait américain de l’Unesco en soutien à Israël ou son retrait du traité de Paris sur le climat ont été annulés aussitôt les démocrates revenus au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait les présidents américains qui ont le plus prêché l’isolationnisme par populisme ont été les plus interventionnistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Entre illusion isolationniste et fatalité interventionniste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les tensions entre unilatéralisme et multilatéralisme traversent toute l’histoire américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même lorsque certaines administrations républicaines affichent une hostilité envers les organisations internationales comme l’Onu, l’OMS ou l’Unesco, il ne s’agit souvent que de stratégies de pression visant à imposer la ligne américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, le multilatéralisme demeure la règle, l’unilatéralisme n’étant qu’une exception opportuniste. Comme le soutient si bien Bertrand Badie&nbsp;: <em>«</em><em>Le multilatéralisme constitue, pour le puissant aussi, la</em><em> </em><em>seule stratégie sensée dans un monde interdépendant</em><em>»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Le conflit israélo-palestinien : entre réalisme et légalité internationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël constitue une constante stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la guerre à Gaza et la réaction mondiale qui s’en est suivie ont amorcé une inflexion perceptible dans l’opinion publique américaine, y compris au sein du Parti<strong> </strong>démocrate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce changement progressif pourrait, à terme, ouvrir la voie à une approche plus<strong> </strong>équilibrée de la politique américaine au Proche-Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attachée au réalisme nonobstant la<strong> </strong>couleur politique de ses artisans, la politique étrangère des États Unis ne saurait à terme<strong> </strong>ignorer l’émergence d’un mouvement universel pro palestinien qui nous rappelle mais<strong> </strong>en plus grande dimension, le mouvement de la jeunesse révoltée porteuse de nouvelles<strong> </strong>valeurs des sixtes dans le monde et de Mai 68 en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II. Le containment, une stratégie réaliste à toute épreuve</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie du containment ou endiguement est &nbsp;un autre fondement sur lequel repose la politique étrangère US. Elle a été conceptualisée par George Kennan puis théorisée par Kenneth Waltz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le containment est défini comme l’ensemble de mesures à caractère politique économique, culturelle et militaires, le cas échéant par pays interposés, appliquées à l’encontre d’une puissance hostile. Ce principe vise à contenir l’expansion d’une puissance rivale tout en maintenant l’équilibre des forces. Elle a guidé la politique étrangère américaine durant la guerre froide et continue d’influencer ses rapports avec la Russie et la Chine. Le succès du containment dans la chute de l’URSS illustre la pertinence durable de cette approche pragmatique. Mais le succès des stratégies américaines de politique étrangère n’auraient jamais pu se réaliser sans un socle juridique et constitutionnel les encadrant scrupuleusement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III. Les fondements constitutionnels et institutionnels de la politique étrangère américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution américaine répartit les compétences en matière de politique étrangère entre le président et le Congrès, selon le principe du check and balance. Le Congrès dispose du pouvoir de déclarer la guerre, de ratifier les traités et de contrôler le budget, tandis que le président conduit la diplomatie au quotidien. En pratique, les circonstances exceptionnelles – guerres, crises internationales, attaques terroristes – ont souvent renforcé l’autorité de l’exécutif au détriment du législatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élites politiques américaines ont admis depuis des décennies, un relatif&nbsp;dépassement de&nbsp; l’esprit constitutionnel équilibriste et&nbsp;accordent dans certaines circonstances, au président ,confronté à l’urgence de l’actualité, une liberté de manœuvre qui ne tranche qu’en apparence avec l’orthodoxie constitutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant&nbsp; malgré la montée en puissance de la personnalité du président Trump, à tout moment le Congres peut récupérer son leadership sur la politique étrangère en mobilisant les mécanismes constitutionnels que lui offre le texte constitutionnel et la pratique notamment le contrôle de l’allocation du budget fédéral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore le Sénat refuse de valider le budget 2026 proposé par l’exécutif à quelques jours de la fin de l’échéance de validation provoquant un shutdown (paralysie de l’administration fédérale privée de fonds financiers) que seuls les citoyens américains comprennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse de la politique étrangère américaine montre que, malgré les discours populistes et<strong> </strong>les ruptures apparentes, ses fondements demeurent remarquablement stables. Le réalisme,<strong> </strong>plus que l’idéalisme, guide l’action des États-Unis. L’alternance entre démocrates et<strong> </strong>républicains modifie les styles, non les principes. Dans un monde interdépendant, le<strong> </strong>multilatéralisme reste un passage obligé, même pour la première puissance mondiale. Ainsi,<strong> </strong>la politique étrangère américaine oscille entre la recherche d’efficacité stratégique et la volonté de préserver son leadership global – une continuité sous des apparences de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement la gestion atypique &nbsp;de la politique étrangère par l’administration Trump, aussi chaotique et imprévisible soit elle, reposant sur la force brute, arrive à débloquer des situations complexes &nbsp;comme on l’a vu avec le plan Trump à propos du dossier de Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces <em>«</em><em>succès</em><em>»</em> tranchent avec l’inertie , les échecs et la stérilité des prédécesseurs du président Trump même si on est bien loin avec le plan Trump de tenir compte des droits inaliénables des palestiniens du fait que &nbsp;l’alignement à l’entité sioniste demeure une donnée stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assistons nous aujourd’hui&nbsp; au triomphe de la philosophie du chaos <em>«</em><em>productif</em><em>»</em> chère aux néoconservateurs au pouvoir aujourd’hui aux USA et qui se démarque des politiques conformistes, conventionnelles et plus prévisibles qui ont caractérisé les précédentes administrations américaines &nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Enseignant universitaire en science politique. Ancien cadre de banque. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références bibliographiques&nbsp;</strong><strong>:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1. Waltz, Kenneth.&nbsp;Man, the State, and War: A Theoretical Analysis. 2001 edition,</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>New York, Columbia University Press.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2. Badie, Bertrand.&nbsp;L’impuissance de la puissance: essai sur les nouvelles relations</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>internationales. CERI &#8211; Centre de recherches internationales.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3. Parmentier, Guillaume. “Politique étrangère et politique intérieure aux Etats-Unis : Revue Politique Étrangère.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4.Gilles Vandal<strong>: </strong>Rev: <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/">Perspective Monde</a> ‘ “La politique du chaos du président Trump”.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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