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	<title>Archives des Otan islamique - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Otan islamique - Kapitalis</title>
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		<title>L’Arabie saoudite, tête de gondole du nouvel axe sunnite !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 07:50:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Moyen-Orient assiste à la formation d’un nouvel axe sunnite mené par l’Arabie saoudite, face à l'Iran et à Israël. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/07/larabie-saoudite-tete-de-gondole-du-nouvel-axe-sunnite/">L’Arabie saoudite, tête de gondole du nouvel axe sunnite !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Moyen-Orient assiste à la formation d’un nouvel axe mené par l’Arabie saoudite. Ce nouveau bloc composé des principaux pays sunnites repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran et simultanément, freiner Israël devenu hégémonique et limiter ses aventures militaires. Pour sa part, Abou Dhabi préfère continuer à faire cavalier seul et poursuivre sa lune de miel avec Tel Aviv.</em></strong> <em>(Photo : Les ministres des Affaires étrangères turc Hakan Fidan, pakistanais Ishaq Dar, égyptien Badr Abdel Ati et saoudien Faisal bin Farhan au Caire, le 21 juin 2026.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19164330"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La région du Golfe a été durement touchée par la guerre israélo-américaine contre l’Iran, ses exportations ont chuté et son sentiment de sécurité s’est amoindri, rappelle Anchal Vohra dans <a href="https://foreignpolicy.com/2026/07/01/saudi-qatar-pakistan-turkey-egypt-uae-axis-alliance-iran-middle-east/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Foreign Policy</a>.  Cependant, ajoute la journaliste, certains des États de la région se montrent plus déterminés à coopérer sur les questions de politique régionale. Un nouveau bloc a émergé en dehors du Conseil de coopération du Golfe (CCG), regroupant l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que des États en dehors du Golfe comme l’Égypte, le Pakistan et la Turquie. Les Émirats arabes unis ne font pas partie de ce bloc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains de ces États sont sortis clairement vainqueurs de la guerre, tandis que d’autres ont simplement bénéficié d’une plus grande résilience. Malgré une apparence de rapprochement, de profonds désaccords persistent quant à la meilleure approche à adopter face à l’Iran et quant à l’opportunité de normaliser les relations avec Israël ou de se préparer à affronter ce qui est perçu comme une expansion hégémonique israélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un nouvel ordre régional dans le Golfe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu’il en soit, il est clair que la guerre contre l’Iran a engendré un nouvel ordre régional dans le Golfe dont les répercussions s’étendent au monde musulman dans son ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nouveau bloc repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence de ce bloc sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran, comme la Syrie et le Liban et, simultanément, freiner Israël et limiter ses aventures militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un observateur régional a fait remarquer que la frappe israélienne sur Doha l’an dernier, visant des membres du Hamas, a suscité des inquiétudes parmi les États du Golfe, qui craignent d’être les prochains visés, contribuant ainsi à un rapprochement entre d’anciens rivaux comme l’Arabie saoudite et la Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’arsenal nucléaire pakistanais constitue également un pilier de cette alliance, servant de moyen de dissuasion face à Israël dans le cadre de la coopération saoudo-pakistanaise en matière de défense.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6nnFCHASy6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/arabie-saoudite-pakistan-vers-un-otan-islamique/">Arabie saoudite-Pakistan | Vers un «Otan islamique» !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Arabie saoudite-Pakistan | Vers un «Otan islamique» ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/arabie-saoudite-pakistan-vers-un-otan-islamique/embed/#?secret=Vfbb18GvuI#?secret=6nnFCHASy6" data-secret="6nnFCHASy6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que ce bloc ne possède pas de nom officiel, il est désigné dans les médias israéliens par les termes d’<em>«Alliance sunnite»</em> ou d’<em>«Otan islamique en expansion»</em>, il reflète un réalignement régional alimenté par une méfiance croissante entre Riyad et Abou Dhabi. Alors que les deux pays cherchent à réduire leur dépendance au pétrole, les Saoudiens et les Émiratis se disputent désormais les mêmes investissements étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le Printemps arabe, l’Arabie saoudite et les Émirats considéraient les Frères musulmans comme une menace commune et partageaient la même position sur la plupart des questions régionales. Aujourd’hui, cependant, leurs intérêts semblent diverger. Les Émirats estiment que la normalisation des relations et la paix avec Israël constituent la meilleure voie à suivre, tandis que Riyad a constitué ce bloc régional adoptant des positions plus critiques à l’égard d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette alliance à cinq pays représente également une tentative saoudienne de consolider son rôle de leader dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le retrait des Émirats de l’Opep a soulevé des questions quant à la position de l’Arabie saoudite en tant que chef de file officieux du cartel pétrolier. Riyad a décidé d’organiser un sommet régional réunissant les États arabes et l’Iran mais la date de cet événement et la participation des Émirats restent incertaines, même si l’on s’attend à ce qu’ils abordent ce sommet avec une extrême prudence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a subi relativement moins d’attaques que ses voisins, mais son sentiment de sécurité n’en a pas été moins ébranlé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Riyad a affirmé que la confiance, déjà fragile, qui s’était instaurée avec l’Iran suite à l’accord de rapprochement négocié par Pékin en 2023 s’est totalement effondrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan économique, l’Arabie saoudite a profité de la forte hausse de la demande et des prix du pétrole. En mars, malgré la fermeture du détroit d’Ormuz, la valeur des exportations saoudiennes a atteint son plus haut niveau en trois ans. Hisham al-Ghannam, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient à Riyad, a indiqué que le bénéfice net d’Aramco avait bondi de 26% au premier trimestre, le prix du pétrole passant de 74$ à plus de 119$ le baril. L’oléoduc Est-Ouest, qui offre une voie d’exportation alternative via la côte de la mer Rouge, a fonctionné à pleine capacité, soit sept millions de barils par jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, M. Al-Ghannam a ajouté que la croissance du PIB saoudien avait ralenti à 2,8%, contre 3,7% précédemment, en raison de la fermeture de certains puits de pétrole, malgré la réorientation des flux pétroliers. Les experts sont partagés quant aux perspectives économiques du royaume, mais la guerre l’a incité à renforcer ses infrastructures en mer Rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Qatar joue les utilités diplomatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Qatar est un autre acteur de cette nouvelle alliance. En 2017, Doha était boycotté par Bahreïn, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats mais elle est aujourd’hui considérée comme un acteur diplomatique majeur. Durant la guerre contre l’Iran, les contraintes géographiques du Qatar, l’incapacité de Washington à empêcher les frappes iraniennes dans le Golfe et les relations plus chaleureuses que Doha entretenait avec Téhéran avant le conflit ont conduit les dirigeants qataris à privilégier la voie diplomatique avec l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’échec des efforts de médiation pakistanaise, Doha s’est engagée résolument dans une médiation à la mi-mai. Fin juin et alors que des négociateurs américains et iraniens tenaient 18 heures de pourparlers dans un complexe hôtelier de luxe surplombant le lac des Quatre-Cantons en Suisse, on craignait qu’un échange de tirs entre Israël et le Hezbollah ne fasse dérailler les négociations, selon une source proche du dossier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hisham al-Ghannam a déclaré : <em>«Alors même que de hauts responsables s’asseyaient à la table des négociations</em>– référence au vice-président américain J.D. Vance, aux conseillers de Trump Steve Witkoff et Jared Kushner et au négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf– <em>les tensions concernant le Liban étaient palpables»</em>. Le chercheur a salué les efforts des médiateurs qataris pour contenir la crise in extremis, ajoutant que le Qatar avait usé de son influence auprès de l’Iran pour inciter le Hezbollah à publier une déclaration acceptant un cessez-le-feu et avait également encouragé les Américains à faire pression sur Israël pour obtenir une désescalade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres pays du bloc dirigé par l’Arabie saoudite cherchent également à tirer profit de la guerre. L’Égypte espère bénéficier de la volonté de l’Arabie saoudite d’étendre ses infrastructures, après que Riyad a officialisé son projet de construction d’un pont la reliant à la péninsule du Sinaï, avec l’ambition de faire de la côte méditerranéenne égyptienne une porte d’entrée vers l’Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Turquie, quant à elle, souhaite accroître ses ventes d’armes, anticipant la persistance des préoccupations sécuritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pakistan, pour sa part, a bénéficié d’une couverture médiatique positive après des années de condamnation internationale pour son soutien aux réseaux terroristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats ont également décidé d’améliorer leur système logistique et de réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz. Même pendant la guerre, ils ont réussi à maintenir leurs exportations via le port de Fujairah et cherchent désormais à développer leurs ports orientaux sur le golfe d’Oman.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Qatar a été le pays le moins touché par les frappes iraniennes durant la guerre, même si des attaques ont visé une installation majeure. Un bombardement a paralysé l’usine de Ras Laffan, l’une des plus grandes usines de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, réduisant la capacité d’exportation du Qatar d’environ 17%.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jLNLy0kSnp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/">L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/embed/#?secret=EVYXmmgRO7#?secret=jLNLy0kSnp" data-secret="jLNLy0kSnp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Les Émirats restés fidèles aux accords d’Abraham</h2>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les Émirats sont restés en dehors du bloc dirigé par l’Arabie saoudite. Le chercheur au Carnegie Middle East Center a déclaré que ce bloc existe <em>«parce que le Conseil de coopération du Golfe lui-même a peu de chances de s’unir sur la question iranienne»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces derniers mois, les relations entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président émirati, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, se sont considérablement détériorées, principalement en raison de désaccords sur le Yémen et le Soudan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ignore encore si les Émirats participeront à un éventuel sommet sur l’Iran organisé par l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi plus de 3 000 attaques de missiles et de drones iraniens –plus que le total cumulé des attaques contre les autres États membres du CCG– ce qui a durci leur position à l’égard de l’Iran. Ils privilégient une campagne militaire américaine de longue durée contre l’Iran afin d’affaiblir ses capacités avant la conclusion d’un cessez-le-feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, le point de désaccord majeur entre les deux camps concerne Israël. <em>«Il y a deux camps : l’un soutient Israël, l’autre fait preuve de prudence»</em>, a déclaré un responsable du Golfe lors d’un entretien téléphonique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats sont restés fidèles aux accords d’Abraham malgré les récents conflits à Gaza et au Liban, tandis que l’Arabie saoudite a éprouvé des difficultés à normaliser ses relations dans ce contexte. En avril, <em>Axios</em> a rapporté que les Émirats avaient reçu d’Israël, pendant la guerre, du matériel de défense notamment des systèmes de défense aérienne ce qui est un signe d’une coopération accrue en matière de défense entre les deux pays face aux futures menaces iraniennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émiratis perçoivent l’Iran comme une menace plus importante que nombre de leurs voisins, y compris ceux qui se sont alignés sur l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi des attaques iraniennes sans précédent tout en bénéficiant du soutien d’Israël, tandis que l’Arabie saoudite cherche à contenir simultanément l’Iran et Israël. Il semble évident que la divergence des approches en matière de sécurité collective dans le Golfe déterminera l’avenir de la région et les Émirats resteront probablement en dehors de ce bloc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Arabie saoudite-Pakistan &#124; Vers un «Otan islamique» !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Sep 2025 08:13:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
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		<category><![CDATA[Otan islamique]]></category>
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		<category><![CDATA[Shehbaz Sharif]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane signent un pacte de défense.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/arabie-saoudite-pakistan-vers-un-otan-islamique/">Arabie saoudite-Pakistan | Vers un «Otan islamique» !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’accord de défense mutuelle scellé le 17 septembre 2025 entre l’Arabie saoudite, puissance régionale au Moyen-Orient, et le Pakistan, seule puissance nucléaire islamique, fait couler beaucoup d’encre surtout que ledit accord met le royaume saoudien sous le parapluie nucléaire pakistanais. À l’heure où Israël suscite plus que jamais la défiance dans la région, le timing de l’accord n’est pas anodin, soulève des interrogations au sein même de l’État hébreu où certains parlent d’un «Otan islamique».</em></strong> <em>(Ph. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avec le prince héritier d&rsquo;Arabie saoudite Mohammed ben Salmane après la signature d&rsquo;un pacte de défense conjoint à Riyad).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri &nbsp;</strong></p>



<span id="more-17554958"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Yoel Guzansky, chercheur israélien chargé des pays du Golfe au sein de l’<em>Institut for National Security Stadies, </em>qui a consacré une analyse à cette question dans le <em>Yediot Aharonot</em>, où il s’est d’abord intéressé à la clause centrale de l’accord de défense entre l’Arabie saoudite et le Pakistan qui a fait la Une des journaux. Cette clause centrale, stipulant que toute attaque contre l’un sera considérée comme une attaque contre l’autre, a semblé être une déclaration spectaculaire, une sorte de version islamique de l’article 5 de la charte de l’Otan.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, derrière cette rhétorique spectaculaire se cache une équation plus complexe : l’accord ne modifie pas tant les règles du jeu qu’il confirme une étroite coopération continue qui lie les deux pays depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence militaire pakistanaise en Arabie saoudite n’est pas nouvelle. Depuis les années 1960, le Pakistan a formé des milliers de soldats saoudiens et déployé des unités militaires sur le sol saoudien en temps de crise pour protéger les frontières du royaume. Aujourd’hui, entre 1 500 et 2 000 soldats pakistanais sont stationnés en Arabie saoudite, effectuant des missions de formation, de conseil et de protection. Le dernier accord s’inscrit donc dans ce contexte historique et ne marque pas tant un tournant radical qu’il consolide le statu quo.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un parapluie nucléaire pakistanais</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan nucléaire, qui est le plus sensible, une ambiguïté subsiste, peut-être délibérément. Les références récurrentes depuis des années à la possibilité d’un parapluie nucléaire pakistanais pour protéger l’Arabie saoudite n’ont pas disparu du discours politique, notamment compte tenu du soutien financier saoudien à Islamabad en général et au programme pakistanais d’enrichissement d’uranium en particulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’accord publié ne fait aucune référence aux armes nucléaires. Le Pakistan souligne systématiquement que son arsenal nucléaire vise uniquement à dissuader l’Inde et non à créer un parapluie régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Riyad peut considérer cet accord avec le Pakistan comme une carte nucléaire dissuasive en sa possession mais Islamabad perçoit-il la question de la même manière ? Rendre publique l’alliance ne résout pas ces questions, elle ne fait que les amplifier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment choisi pour la signature n’est pas une coïncidence. Il contribue à accroître l’anxiété régionale. L’attaque sans précédent d’Israël contre le Qatar, proche allié des États-Unis, a provoqué une onde de choc dans le Golfe et avivé les doutes quant à la fiabilité de Washington en tant que garant indéfectible de la sécurité. Parallèlement, l’Iran et Israël semblent prêts à une nouvelle confrontation, tandis que les Houthis au Yémen intensifient leurs attaques et que des missiles tirés vers Israël sont tombés au-dessus de l’espace aérien saoudien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un allié musulman majeur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte d’escalade, Riyad cherche à envoyer un message clair : il n’est pas isolé mais soutenu par un allié musulman majeur, puissant et doté de la capacité nucléaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, Guzansky tempère et estime que la nouvelle alliance ne constitue pas un engagement inconditionnel. Le Pakistan a déjà démontré -notamment par sa décision de 2015 de ne pas s&rsquo;engager dans la guerre au Yémen – qu’il est capable de fixer des lignes rouges pour Riyad lorsqu’il estime que ses intérêts nationaux l’exigent. De même, l’Arabie saoudite ne se précipitera pas pour intervenir militairement dans un différend entre l’Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette alliance est avant tout une déclaration politique : un signal aux adversaires, une garantie pour l’opinion publique nationale et un rappel aux États-Unis que les États du Golfe recherchent des alternatives sécuritaires supplémentaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un modèle d’ambiguïté stratégique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des décennies, les relations entre l’Arabie saoudite et le Pakistan sont un modèle d’ambiguïté stratégique : financements saoudiens généreux, installations pétrolières et soutien économique entremêlés à des liens sécuritaires non déclarés, sans se traduire par des accords publics. Le dernier accord a partiellement changé la donne, car il incluait, pour la première fois, une clause publique de défense mutuelle. Mais même après la révélation de certains détails, l’ambiguïté demeure et soulève de nouvelles questions : Comment les engagements seront-ils mis en œuvre en cas de crise réelle ? Quel est le degré de coordination opérationnelle attendu ? Existe-t-il des accords tacites concernant les armes nucléaires ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’alliance ne se limite pas à la seule dissuasion militaire. Elle repose également sur des dimensions économiques et sociales : installations pétrolières, soutien financier direct, millions de travailleurs pakistanais en Arabie saoudite et rôle central du Hajj (le pèlerinage à la Mecque) comme facteur de rapprochement entre les deux peuples.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La menace israélienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite envoie un message clair à la région : elle a conclu une alliance avec un État musulman doté de l’arme nucléaire et soucieux de sa sécurité. Pour autant, cette annonce ne met pas fin à l’ambiguïté stratégique. Bien au contraire, elle la renforce et ouvre la voie à de nouvelles spéculations sur la place d’Israël dans l’équation de la menace pour l’Arabie saoudienne. Depuis des décennies, l’Iran est le principal adversaire du Royaume et des fuites d’images satellite ont montré par le passé que les missiles saoudiens sont dirigés vers l’Iran et non vers Israël. Cependant, la guerre et les échanges de frappes en cours entre Israël et l’Iran transforment la réflexion stratégique dans le Golfe d’une manière qui exige l’attention d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Guzansky estime qu’il est dans l’intérêt d’Israël d’envoyer des messages de calme et non de menace, en particulier envers les États du Golfe, à un moment où les équations de sécurité régionales sont en pleine mutation.</p>
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