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	<title>Archives des Plan de Développement 2026-2030 - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 10:37:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Encore un plan de développement, semblables à ses prédécesseurs, en espérant une issue différente. La Tunisie avance... sur place. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie rejoue le même film (un autre Plan de développement) en espérant une issue différente. Ce jeudi 9 juillet 2026, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a transmis à la plénière le rapport de synthèse sur le Plan de Développement 2026-2030. Un énième acte d’une pièce que plus personne ne regarde vraiment, tant on en connaît d’avance le dénouement : de grandes promesses au lever de rideau, un silence gêné à la fermeture.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-19199892"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">On appelle ça, en psychologie de comptoir, la définition même de la folie : refaire toujours la même chose en espérant un résultat différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, on a simplement institutionnalisé la folie sous forme de planifications (triennale, ou quinquennale) que tout le monde sait que c’est un exercice de mobilisation de foule et une parade populiste dont les résultats sont connus d’avance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un casting de blablateurs recyclés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2016-2020, porté par Youssef Chahed, promettait 5% de croissance annuelle et 45 milliards de dinars d’investissements publics. Monsieur Chahed a quitté la Kasbah en 2020 sans jamais revenir devant les Tunisiens pour expliquer pourquoi la croissance réelle a plafonné sous les 2,5%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune conférence de presse de bilan, aucun mea culpa chiffré — juste un exil confortable et un mandat d’arrêt international pour d’autres motifs, pendant que le pays, lui, encaissait la facture de ses promesses non tenues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vient ensuite Najla Bouden, qui présente en janvier 2023 son Plan 2023-2025 : 2,1% de croissance moyenne, chômage à 14% en 2025, investissement à 17,8% du PIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Madame Bouden quitte ses fonctions en août 2023, remplacée par Ahmed Hachani, lui-même remplacé en mars 2025 par Sarra Zaâfrani Zenzeri — trois chefs de gouvernement pour un seul plan triennal, aucun n’étant resté assez longtemps pour répondre de son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat, en 2025 : chômage toujours calé autour de 15%, investissement public exsangue, dette publique à 82% du PIB. Personne n’a payé le prix politique de cet échec — la sanction, en Tunisie, ne s’applique jamais aux plans, seulement au peuple qui les subit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et voici Madame Zaâfrani Zenzeri qui présente, elle, un Plan 2026-2030 affublé d’une méthodologie <em>«ascendante» </em>présentée comme révolutionnaire. Une nouveauté de façade pour emballer le même produit périmé : toujours aucune évaluation publique et chiffrée des trois plans précédents, toujours pas de responsable désigné, toujours pas de mea culpa. On change l’emballage, jamais la recette qui rate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre échecs, quatre responsables, et c&rsquo;est le peuple qui paie la facture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, l’absence d’évaluation ex post — un choix, pas un oubli. Ne jamais évaluer, c’est ne jamais devoir rendre de comptes. Le ministère de l’Économie et de la Planification, qui rédige plan après plan depuis dix ans, a suffisamment de compétences techniques pour produire un bilan rigoureux ; s’il ne le fait pas, c’est qu’aucun gouvernement successif n’a intérêt à ce que la lumière soit faite sur l’héritage de son prédécesseur — ni, in fine, sur le sien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, des hypothèses de croissance gonflées sciemment pour vendre le plan au Parlement et aux bailleurs de fonds. Annoncer 5% quand on sait pertinemment que la structure de l’économie ne le permet pas n’est pas de l’optimisme, c’est de la présentation frauduleuse de résultats escomptés — un délit qui, dans une entreprise cotée, vaudrait une enquête du régulateur boursier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, des réformes structurelles promises et jamais engagées — code des marchés publics, réforme fiscale, modernisation administrative — recyclées de plan en plan comme un copier-coller PowerPoint que personne ne relit plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque ministre de l’Économie et de la Planification qui a occupé ce poste depuis 2016 — de Fadhel Abdelkefi à Samir Saïed jusqu’à Samir Abdelhafidh aujourd’hui — a eu ce même paragraphe sous les yeux et l’a simplement retapé, sans jamais exiger de ses collègues du gouvernement qu’ils rendent des comptes de son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quarto, une valse de chefs de gouvernement organisée comme une stratégie de dilution des responsabilités : quand un plan échoue sur trois ans mais que trois chefs de gouvernement différents se le partagent, personne n’est individuellement comptable — et c’est précisément ce flou organisationnel qui permet à chacun de partir la conscience tranquille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une planification sérieuse imposerait qu’aucun nouveau plan ne soit présenté au Parlement sans un rapport d’évaluation indépendant du précédent, publié et débattu en séance plénière avant le vote — pas après, jamais après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle imposerait que les ministres signataires d’un plan soient nommément identifiés comme responsables de sa non-exécution, avec obligation de comparution devant la commission des finances en fin de mandat. Elle imposerait enfin l’abandon des horizons lointains et vagues — 2030, 2035 — au profit d’engagements annuels vérifiables, sanctionnables, et donc réellement contraignants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois constats, sans complaisance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, les décideurs tunisiens ne rejouent pas la même erreur par incompétence — ils la rejouent parce que l’absence d’évaluation leur profite personnellement et politiquement : pas de bilan, pas de blâme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, chaque chef de gouvernement qui part avant l’échéance de son propre plan laisse une dette de redevabilité que le suivant n’a aucun intérêt à recouvrer, puisque lui-même compte partir avant l’heure des comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, tant que la sanction de l’échec continuera de retomber uniquement sur le pouvoir d’achat des Tunisiens et jamais sur la carrière de ceux qui signent ces plans, le cinquième acte de cette pièce, en 2031, ressemblera trait pour trait aux quatre précédents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit le proverbe : <em>«Idha kther el tabbakhine, el tabkha tahrek»</em> (Quand les cuisiniers se multiplient, le plat brûle).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, on a changé les cuisiniers plusieurs fois depuis 2016 sans jamais changer la recette — et le plat, lui, continue de brûler pendant que tout le monde regarde ailleurs. Ou souffler sur le feu… de l’insatisfaction sociale !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Blog de l’auteur</strong> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3kAilIHcC5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/">Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/embed/#?secret=hJBUFpBNKD#?secret=3kAilIHcC5" data-secret="3kAilIHcC5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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