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	<title>Archives des Punjab - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Punjab - Kapitalis</title>
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		<title>‘‘Inquilab 2020’’ │ Contre un démagogue populiste et cynique, les forces vives d’une nation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 May 2025 07:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi, en inde, pays paysan s'il en est, le mouvement paysan de 2020 a duré un an mais n'a pas abouti à une révolution ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/18/inquilab-2020-%e2%94%82-contre-un-demagogue-populiste-et-cynique-les-forces-vives-dune-nation/">‘‘Inquilab 2020’’ │ Contre un démagogue populiste et cynique, les forces vives d’une nation</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 2020, en Inde, un pays essentiellement campagnard et sous-développé, les paysans, pourtant politiquement roués et encadrés par des intellectuels souvent brillants, n’ont pas saisi l’opportunité d’un véritable changement en profondeur qu’ils auraient pu imposer d’une manière irrémédiable, avec la majorité nécessaire pour le faire.</em></strong></p>



<p><strong>Dr. Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16570792"></span>



<p>Les&nbsp;paysans en Chine avaient constitué la base sur laquelle s’était appuyé le Parti communiste chinois pour lutter contre l’occupation japonaise durant la seconde guerre mondiale, puis pour arracher le pouvoir au parti Kuomintang dont les débris sont toujours réfugiés aujourd’hui sur l’île de Taiwan.</p>



<p>En Russie en 1917, ou plutôt dans l’empire tsariste, les paysans, malgré les prétentions du parti bolchevik à représenter la classe ouvrière dans un pays sous industrialisé et largement agricole, avaient formé l’ossature de l’armée rouge des ouvriers et paysans, ainsi qu’on l’avait nommée, qui allait permettre aux communistes de s’installer à la tête du pays durant plus de 70 ans.</p>



<p>Curieusement,&nbsp;l’Inde, un pays majoritairement constitué de campagnards dont l’agriculture représente la principale source de revenus, n’a pas basculé dans la Révolution, malgré des famines cycliques, et les conflits intercommunautaires, ou bien issus de la tyrannie sociale née du système des castes prédominant dans le pays. Les partis communistes, légalisés dans le pays, n’ont jamais eu d’influence qu’au niveau régional dans quelques États périphériques dont ils ont remporté les élections comme le Kérala et le Bengal Occidental. Il y a bien eu un maquis communiste dirigé par Charu Majumdar, qu’on a qualifié de Naxalite, dans les forêts du Jharkhand, qui a fait parler de lui un certain temps en menant des attaques contre les forces de l’ordre ou leurs informateurs, mais ce maquis n’a pas bénéficié du soutien populaire qui lui aurait permis de constituer un fief, un territoire&nbsp;sécurisé, une république populaire, pour se lancer ensuite à la conquête du pays, comme cela s’était fait en Chine ou au Vietnam.</p>



<p>Le morcellement issu du communalisme et des castes n’a ainsi pas pu être surmonté par l’analyse ou la rhétorique marxiste alors que tout prédisposait le pays à un conflit social de grande ampleur dont aurait pu naître une situation révolutionnaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mouvement paysan de 2020</h2>



<p>C’est pourquoi le mouvement paysan de 2020 dans le pays le plus peuplé au monde ne doit pas être considéré comme un événement marginal, le néolibéralisme et le marché global ayant le vent en poupe dans le monde entier. C’est justement pour exiger le retrait des lois instituées par décrets par le gouvernement communaliste hindou du démagogue autoritaire Modi, dans le but de soumettre l’agriculture indienne aux intérêts des grands groupes commerciaux et financiers nationaux et internationaux, que le soulèvement paysan est né afin d’épargner à des centaines de millions de paysans les expropriations de leurs terres en faveur de l’agrobusiness, que les trois nouvelles lois auraient imposées.</p>



<p>Ces lois supprimaient&nbsp;les prix minimums garantis des produits agricoles, restreignant les droits des fermiers à se pourvoir en justice en cas de litige avec des intermédiaires, qui ne seraient désormais plus agréés par l’Etat. Les fermiers devraient traiter&nbsp;avec un marché sur lequel ils n’avaient aucune prise, pas même celle de fixer les prix. Bref, ils ne seraient que de simples producteurs face à de puissantes corporations qui en seraient les principaux acteurs.</p>



<p>En légiférant par décrets, le gouvernement Indien avait court-circuité le Parlement sans lui soumettre les projets de lois contestés&nbsp;pour approbation, remettant en question l’équilibre des pouvoirs dans un pays qui se qualifie de plus grande démocratie du monde. Il était d’autant moins fondé à le faire que la Constitution indienne précisait&nbsp;que les questions liées à l’agriculture relevaient des parlements régionaux, et non&nbsp; du pouvoir central. Et il avait choisi de le faire en pleine pandémie de Covid pendant qu’il restreignait les libertés de travailler, de circuler et de se réunir dans tout le pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cZN3h858h9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/">‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/embed/#?secret=NDORBIsLRE#?secret=cZN3h858h9" data-secret="cZN3h858h9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">La capacité&nbsp;de mobilisation des fermiers</h2>



<p>Le fait démontre suffisamment la capacité&nbsp;de mobilisation de plusieurs centaines&nbsp;d’associations de fermiers et leur détermination dans des conditions aussi défavorables. Le noyau de la contestation s’est situé au Punjab, un des États&nbsp;les plus prospères de la Fédération Indienne, considéré dans les années 70 comme le grenier à blé de l’Inde après ce qu’on a appelé la Révolution Verte. Le cœur en a été la communauté Sikhe dont, outre les réseaux de solidarité autour d’une croyance monothéiste commune, l’Histoire est celle d’une lutte ininterrompue contre l’oppression et l’injustice du pouvoir, et dont l’idéal est le service de la communauté.</p>



<p>Ainsi les temples sikhs disposent tous de cuisines animées par des fidèles volontaires, afin de distribuer des repas gratuits à tous ceux qui se présenteraient, indépendamment de leurs race, sexe, ou conviction religieuse. Ce haut idéal humaniste a facilité la mobilisation des milliers de paysans du Punjab dont la capacité d’organisation et l’idéal communautaire étaient si on peut&nbsp;dire rodés depuis des siècles. Des milliers d’hommes, de femmes, de vieillards venus dans leurs tracteurs, camions, et camionnettes, ont ainsi établi des camps mobiles le long des routes convergeant vers la capitale, dont tous les jours ils se rapprochaient encore plus.</p>



<p>Le gouvernement indien, tout comme ceux qui l’ont précédé, n’étant nullement désireux de voir sa capitale envahie par une contestation jugée menaçante, envoya les unités centrales de la police épauler les unités régionales afin d’empêcher les contestataires de passer, si possible de les disperser. Les manifestants furent donc confrontés à la brutalité policière, mais ils persistèrent.</p>



<p>Il vint donc un moment, début décembre, alors que le froid de l’hiver se faisait sentir, où les paysans se trouvèrent bloqués en rase campagne par les forces de l’ordre avec les routes vers la capitale coupée. Des camps permanents furent ainsi montés avec entre autres bibliothèques, gymnase, cinémas, ravitaillement quotidien en provenance des campagnes, cuisine, voirie, et même des dispensaires, animés par les centaines de volontaires venus apporter leur aide. Et le mouvement a fait tache d’huile dans les autres Etats de la fédération dont les fermiers étaient aussi intéressés par le retrait des lois contestées.</p>



<p>Toujours est-il, au moment où les paysans entamaient&nbsp;des négociations avec le gouvernement, qu’ils décidaient&nbsp;de mettre la pression en bloquant le chemin de fer au niveau régional, entraînant&nbsp;l’épuisement rapide des stocks de charbon, et la fermeture de plusieurs centrales électriques nécessaires au fonctionnement de l’industrie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tA1ZMrBbEo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/29/dans-linde-de-modi-les-musulmans-vivent-dans-la-terreur/">Dans l’Inde de Modi, les musulmans vivent dans la terreur</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dans l’Inde de Modi, les musulmans vivent dans la terreur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/29/dans-linde-de-modi-les-musulmans-vivent-dans-la-terreur/embed/#?secret=vyV452D3Ra#?secret=tA1ZMrBbEo" data-secret="tA1ZMrBbEo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Le louvoiement du gouvernement</h2>



<p>En un peu plus d’un mois, il y eut environ six réunions entre les représentants des fermiers et du gouvernement, qui n’aboutirent pas, les premiers exigeant les retraits des lois, et les seconds s’obstinant à ne discuter que d’amendements. Naturellement le gouvernement entama une campagne de propagande de grande ampleur, relayée par des médias aux ordres appartenant aux grands groupes commerciaux désireux de voir les lois appliquées à leur bénéfice. Ils présentaient les fermiers comme des naxalites, guérilleros communistes, ou bien Punjab oblige, des khalistanis.</p>



<p>En effet, dans les années 80, l’armée indienne avait détruit le Temple d’Or d’Amritsar, le lieu le plus saint du sikhisme, parce que s’y étaient réfugiés des séparatistes exigeant la création d’un Etat sikh indépendant, le Khalistan. Une actrice&nbsp; de Bollywood devenue députée appuyait les thèses du premier ministre Modi.</p>



<p>Face à cette campagne de désinformation, les contestataires répliquaient par un usage intensif de l’Internet afin d’informer régulièrement leurs propres partisans tout en acquérant&nbsp;la sympathie de leurs compatriotes, émus par la mort d’une cinquantaine de manifestants, souvent âgées, de froid, ou de maladie. Il y eut même un suicide de protestation, afin de rappeler que les suicides de fermiers, endettés irrémédiablement, représentaient plus de 11% du total dans le pays, sur 25 ans.</p>



<p>Malgré cela, le gouvernement s’obstinait, arguait du bien-fondé de sa politique, récusée par les fermiers, les partis d’opposition, et de plus en plus les différents segments de la société civile que rebutaient&nbsp;sa dérive autoritaire remettant en cause le fonctionnement des institutions démocratiques, tout comme les méthodes policières utilisées pour réprimer les manifestants, de plus en plus soutenus par une opinion publique internationale influencée par les communautés indiennes établies aux Etats-Unis et au Canada.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Canada s’invite dans la crise</h2>



<p>Le Premier ministre Justin Trudeau du Canada n’hésitait pas à monter au créneau pour exprimer sa solidarité avec ses compatriotes originaires d’Inde&nbsp;inquiets du sort de leurs proches demeurés dans ce pays, luttant pacifiquement&nbsp;pour préserver leurs droits. Trudeau dénoncerait quelques années plus tard l’assassinat de militants sikhs au Canada en l’attribuant aux services secrets indiens, déclenchant une crise diplomatique entre les deux pays.&nbsp;</p>



<p>Le fait le plus marquant est que le mouvement paysan, en utilisant des moyens pacifiques, était ainsi devenu une menace pour le pouvoir parce qu’il avait réussi à surmonter les différences de castes et de religions entre Hindous et Musulmans, dont le parti suprémaciste Hindou au pouvoir, le BJP, avait fait son cheval de bataille, en instaurant le fameux registre national et la réforme sur la nationalité faisant des musulmans des citoyens sans droits dans leur propre pays.</p>



<p>Le mouvement paysan avait&nbsp;fédéré les différents mécontentements contre la politique cynique d’un&nbsp;gouvernement qui n’hésitait pas à importer de l’étranger à des prix supérieurs les produits disponibles sur le marché intérieur,&nbsp;afin de casser la production locale et punir les fermiers,&nbsp;quand il ne les soumettait pas à des représailles fiscales.</p>



<p>Des personnalités éminentes et des sportifs avaient même rendu les décorations dont l’État Indien les avait honorés, en signe de protestation, un symbole fort remettant ainsi en question implicitement l’unité du pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Pqfaz8w7ay"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/inde-narendra-modi-perd-la-majorite-absolue-les-musulmans-soufflent/">Inde : Narendra Modi perd la majorité absolue, les musulmans soufflent!</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Inde : Narendra Modi perd la majorité absolue, les musulmans soufflent! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/inde-narendra-modi-perd-la-majorite-absolue-les-musulmans-soufflent/embed/#?secret=ZrgCWrOQPz#?secret=Pqfaz8w7ay" data-secret="Pqfaz8w7ay" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">L’impossible révolution</h2>



<p>Le livre, écrit comme un journal par une adolescente punjabi sikhe de 16 ans suffisamment cultivée&nbsp;pour citer des passages de pièces de Shakespeare, s’interrompt en janvier 2021 alors que les deux parties n’ont pas encore trouvé d’accord.</p>



<p>En fait, il faudra une année au gouvernement pour céder et&nbsp;se résoudre&nbsp;à&nbsp;l’annulation des lois en question. Ce n’est pas la menace de désintégration du pays qui l’a fait reculer, mais plutôt la perspective d’une défaite électorale sans&nbsp;précédent. Et les élections de 2024 viendront confirmer le recul électoral de M. Modi qui ne disposera plus de la majorité absolue au parlement.</p>



<p>Évidemment nul ne contestera que les fermiers indiens ont remporté une grande victoire en réalisant leurs objectifs contre un pouvoir sans scrupules soutenu par le marché global et les forces de la mondialisation. Néanmoins, après cela, leur mouvement s’est immédiatement auto-dissous. Et les perspectives entrevues d’une société libérée de la tyrannie des castes et du communalisme ne se sont pas réalisées, parce qu’aucun parti politique nouveau n’a émergé pour en faire programme réalisable, les partis traditionnels en étant incapables.</p>



<p>Ainsi dans un pays qui demeure essentiellement campagnard et sous-développé, avec quelques poches d’opulence autour de mégalopoles surpeuplées, les paysans, pourtant politiquement roués et encadrés par des intellectuels souvent brillants, n’ont pas saisi l’opportunité d’un véritable changement en profondeur qu’ils auraient pu imposer d’une manière irrémédiable, avec la majorité nécessaire pour le faire. Leur victoire, obtenue par leur sens de l’organisation, leur combativité, leur sacrifice, leur persévérance, et leur solidarité, n’est donc pas définitive, et demeure tributaire d’une volonté politique qui n’aura de cesse de la remettre en question dès lors que l’opportunité pour le faire se présentera.&nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em><strong><em>‘</em></strong></p>



<p><strong><em>‘Inquilab-2020 : The United Indian Peasant Movement’’, de Amarveer Kaur, éd. Notion Press, 14 février 2021, 270 pages.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/18/inquilab-2020-%e2%94%82-contre-un-demagogue-populiste-et-cynique-les-forces-vives-dune-nation/">‘‘Inquilab 2020’’ │ Contre un démagogue populiste et cynique, les forces vives d’une nation</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ranjit Singh : Le destin manqué d’une Inde au-delà des castes, des religions, et de la domination anglaise</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/19/ranjit-singh-le-destin-manque-dune-inde-au-dela-des-castes-des-religions-et-de-la-domination-anglaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 May 2024 06:50:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le défi actuel pour l’Inde consiste à empêcher toute union ou fédération entre l’Afghanistan et le Pakistan.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/19/ranjit-singh-le-destin-manque-dune-inde-au-dela-des-castes-des-religions-et-de-la-domination-anglaise/">Ranjit Singh : Le destin manqué d’une Inde au-delà des castes, des religions, et de la domination anglaise</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ranjit Singh a su préserver le royaume multiconfessionnel du Punjab mais de son vivant seulement, pendant cinquante ans. Mais sa plus grande et sa plus grave erreur fut de ne pas tenter de s’opposer au diktat des Anglais sur le sous-continent.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *  </p>



<span id="more-12878317"></span>



<p>Ranjit Singh fut le fondateur de l’éphémère Royaume du Punjab (le Durbar ainsi qu’on l’a nommé) au XIXe&nbsp;siècle qui dura une cinquantaine d’années, entre l’Afghanistan, le Cachemire et le Sind et la rivière Sutlej. Devenu borgne après avoir été frappé par la variole, il avait l’habitude de dire: <em>«Dieu a fait que je regarde tous les livres saints du même œil»</em>. Il unifia par la ruse, la force, les alliances matrimoniales, sous son autorité, la douzaine de principautés sikhes qui jusque-là avaient dominé la province après la décadence de l’empire Moghol et les terribles invasions afghanes du XVIIIe siècle. Mais l’État ne fut pas confessionnel, les Sikhs minoritaires y constituèrent certes la noblesse guerrière et s’assurèrent conséquemment la possession des meilleures terres, mais les Musulmans majoritaires et les Hindous y jouèrent aussi un grand rôle.</p>



<p>Il n’empêche; si le maharajah fut tolérant, et pas particulièrement respectueux des préceptes de sa religion, il faut rappeler que l’<em>adhan</em> récité du haut des minarets des mosquées était tenu pour une manifestation de la domination musulmane, qui chez les Sikhs n’avait pas laissé les meilleurs souvenirs, et de ce fait, les muezzins furent souvent décapités.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7061NTr0HD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/10/the-fall-of-the-kingdom-of-the-punjab-un-etat-independant-raye-de-la-carte-par-les-anglais/">‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/10/the-fall-of-the-kingdom-of-the-punjab-un-etat-independant-raye-de-la-carte-par-les-anglais/embed/#?secret=5oK1BtUKSd#?secret=7061NTr0HD" data-secret="7061NTr0HD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le diktat des Anglais</h2>



<p>En réalité, l’État fut le porte-drapeau du nationalisme Punjabi. Et la politique expansionniste vers les collines et les contreforts de l’Himalaya, vers la passe de Khyber, visait à garantir les frontières contre les Gurkhas en provenance du Népal, et les Afghans. Mais l’extension du Royaume du Punjab fut bloquée par les Anglais qui l’empêchèrent de s’assurer le contrôle&nbsp;des principautés sikhes du Malwa à l’est de la rivière Sutlej jusqu’à Delhi, puis vers le sud en direction de l’océan indien et de la vallée de l’Indus. A l&rsquo;ouest, elle mena à l’occupation de Peshawar et de la province du Nord-Ouest, puis à contenir les guérilleros indo-afghans&nbsp;de l&rsquo;Imam Syed Ahmed Barlawi,&nbsp;qui vaincu et tué à Balakot en 1821, n’en fut pas moins enterré décemment par ses ennemis non-musulmans. Au nord-est par la chaîne de l’Himalaya jusqu’au Népal et aux confins de la Chine, l’entreprise de conquête du général Zorawar&nbsp;Singh se solda par un échec,&nbsp;la logistique et les rudes conditions climatiques l’expliquant&nbsp;en partie.</p>



<p>Il reste que Ranjit Singh essaya&nbsp;de s’immiscer dans les affaires afghanes en tentant d’aider Shah Shuja à se saisir de la couronne au détriment de Dost Muhammad. Mais c’était sans compter une nouvelle fois avec les Anglais qui, inquiets de voir les Russes envahir l’Afghanistan, décidèrent d’occuper Kaboul, et Ranjit Singh n’eut d’autre choix que d’accepter de coopérer militairement à l’entreprise.</p>



<p>La singularité du Royaume du Punjab s’est située dans sa puissance militaire, sans équivalent dans la région, et qui lui permit de triompher&nbsp;des invincibles guerriers afghans qui pendant près de 800 ans avaient ravagé le nord de l’Inde sans rencontrer de résistance.</p>



<p>Le maharajah Ranjit Singh, illettré mais doté d’une vive intelligence et d’une curiosité sans limites, avait très vite saisi la supériorité militaire européenne et engagé de nombreux officiers, dont plusieurs réformés de la grande armée de Napoléon Bonaparte, pour entraîner la sienne, qui fut de surcroît dotée d’une puissante artillerie. Sa plus grande et sa plus grave erreur fut de ne pas tenter de s’opposer au diktat des Anglais sur le sous-continent, ou à tout le moins, de les refouler jusqu’à la frontière Yamuna.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TBoyYii0QQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/">‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/embed/#?secret=qyaMZsH8m0#?secret=TBoyYii0QQ" data-secret="TBoyYii0QQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un Etat démembré dès sa naissance</h2>



<p>Certes, cela lui permit de préserver son royaume mais de son vivant seulement. Les péripéties de la conquête anglaise du Punjab sept années après sa mort prouvèrent que la chute du Royaume fut plus due à un commandement politique et militaire déficient qu’à une quelconque supériorité militaire,&nbsp;ainsi que l’ont reconnu les Anglais eux-mêmes.</p>



<p>Pour conclure, lors de l’Indépendance de l’Inde en 1947, les Anglais ne rétablirent pas le royaume du Punjab, mais ils créèrent à la place un État tampon, entre l’Inde et l’Afghanistan, le Pakistan, dont l’élément dominant était justement les Punjabis musulmans. Cet Etat démembré dès sa naissance en deux ailes, occidentale et orientale, joua à l’issue de la sécession du Bangladesh un rôle crucial dans la défaite et même la chute de l’Union Soviétique en 1990 après l’invasion de l’Afghanistan de 1979.</p>



<p>Le défi actuel pour l’Inde consiste à empêcher toute union ou fédération entre l’Afghanistan&nbsp;et le Pakistan. En effet, l’Histoire prouve que toute puissance contrôlant Kaboul et Lahore dominera inévitablement un jour ou l’autre Delhi et la vallée du Gange.&nbsp;</p>



<p><em>Médecin de libre pratique. &nbsp;&nbsp;</em></p>



<h1 class="wp-block-heading"><em>‘‘Ranjit Singh, Maharaja Of The Punjab’’, de Khushwant Singh, éd. Penguin Random House India, 18 avril 2017, 248 Pages.</em></h1>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<item>
		<title>‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Mar 2024 06:52:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1849, les Anglais annexaient le royaume du Punjab à leurs possessions indiennes. Pourtant rien ne laissait présager un tel dénouement.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/10/the-fall-of-the-kingdom-of-the-punjab-un-etat-independant-raye-de-la-carte-par-les-anglais/">‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 1849, les Anglais, autrement dit la John Company, annexaient le royaume du Punjab à leurs possessions indiennes. Pourtant rien ne laissait présager un tel dénouement. Le royaume disposait de l’armée autochtone la plus puissante d’Asie, commandée par des officiers français issus des guerres napoléoniennes, ou américains, et ayant à sa disposition outre une cavalerie et une infanterie entraînée à l’européenne, une puissante artillerie. Cette armée avait combattu souvent avec succès contre les terribles guerriers Pathans, et avait même réussi à conquérir sur eux la province du nord-ouest et la ville de Peshawar.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-12028917"></span>



<p>Les relations entre le royaume et la compagnie des Indes orientales qui avait conquis la totalité de l’Inde avaient été cordiales. Les Anglais avaient néanmoins obtenu un droit de passage vers l’Afghanistan et ils avaient réussi à conquérir Kaboul avec l’aide des régiments punjabis. Cependant ils n’avaient pas pu s’y maintenir; ils avaient été exterminés par les tribus montagnardes. Par ailleurs, ils avaient interdit à leurs alliés punjabis toute extension en direction du Sind ou l’Est, la rivière Sutlej devant constituer la frontière commune entre les deux puissances. Ainsi toutes les principautés indépendantes à l’est de la rivière&nbsp; passaient sous la dépendance des Anglais.</p>



<p>On ignore à quel moment les dirigeants de la John Company ont commencé à envisager la conquête du royaume voisin, d’autant que jusque-là son gouvernement s’était conduit en allié loyal.</p>



<p>Il convient de rappeler ici que l’élément dominant de l’Etat Punjabi était constitué par les Sikhs, cette confrérie religieuse d’inspiration soufie composée essentiellement par les paysans jats hindous sous l’autorité des dirigeants religieux appelés Gurus à qui était reconnue une autorité quasiment divine comparable à celle des imams chiites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Britanniques à la manœuvre &nbsp;</h2>



<p>L’histoire&nbsp;de la confrérie, d’abord pacifique, avait été une succession de guerres contre le gouvernement musulman moghol, et quelques gurus avaient été pris et exécutés après avoir été torturés. Le dernier, Gobind Singh, avait demandé qu’après sa mort, nul guru ne lui succédât, le livre saint, l’Adi Granth, constitué d’une compilation d’hymnes composés par les gurus et des soufis musulmans, faisant désormais office de guide de la communauté.</p>



<p>Les Sikhs étaient donc fondamentalement hostiles aux musulmans qui composaient pourtant la majorité de la population. Au début du XIXe siècle Ranjit Singh avait réussi à réunifier la totalité du Punjab, le Kashmir, et une partie de l’Afghanistan sous son autorité. Mais à sa mort, en 1839, une lutte pour le pouvoir s’engageait entre différents clans sikhs, Sindhiwala, Majithia, Attari Wala, un autre, celui des Dogra, étant hindou. Son premier successeur était empoisonné, le second, son fils, mourait sous les blocs de pierre d’une arche écroulée lors de son passage à dos d’éléphant, le troisième était assassiné alors qu’il essayait une arme à feu. L’un des instigateurs du meurtre, un des frères Dogra, s’enfuyait au Kashmir en emportant la totalité du trésor royal, et l’autre se réfugiait en territoire anglais dont l’autorité apparaissait ainsi impliquée dans les désordres survenus dans l’Etat voisin. Une reine était décapitée par ses servantes, tout comme l’était un premier ministre par les soldats.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vf9a7bIx8U"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/">‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/embed/#?secret=YFmLCmCXTH#?secret=vf9a7bIx8U" data-secret="vf9a7bIx8U" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cependant à partir de 1845 les Anglais mobilisaient&nbsp;leurs forces indiquant clairement qu’ils se préparaient à attaquer. On en ignore encore les raisons. Le Punjab étant la voie d’invasion de l’Inde à partir de l’Afghanistan, ils n’auraient eu d’autre choix que de l’occuper, d’autant que sa population étant en majorité musulmane se serait forcément ralliée à d’éventuels envahisseurs partageant sa religion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le démembrement du Punjab</h2>



<p>La première guerre anglo-sikhe débutait quand&nbsp;l’armée du Punjab franchissait la rivière Sutlej sur son propre territoire pour prévenir les mouvements des Britanniques et cela fournissait à ces derniers&nbsp; un prétexte pour ouvrir les hostilités. Plusieurs batailles se déroulaient dont la plus indécise, celle de Ferozeshah, voyait les Britanniques à deux doigts du désastre final qui aurait signifié leur expulsion de l’Inde, être sauvés par la défection de deux chefs de l’armée sikhe.</p>



<p>La première guerre se terminait à Subran avec une nouvelle défaite sikhe et une nouvelle défection de son commandement, et était suivie par le démembrement du Punjab duquel étaient détachés le Kashmir, les collines sub-himalayennes et la frontière du Nord-Ouest. Le pouvoir était nominalement transféré à l’enfant Duleep Singh sous l’autorité de sa mère. Mais très vite celle-ci devenant un symbole de la pérennité de l’État et de l’indépendance était exilée.</p>



<p>La deuxième guerre anglo-sikhe débutait en&nbsp;1849 après un premier soulèvement à Multan et le massacre d’officiers anglais, ainsi que la tentative d’agents anglais de lancer les Afghans dans une guerre contre les Sikhs. La bataille de Chilian Wala voyait une nouvelle fois les Anglais menacés d’annihilation et une fois encore les Sikhs s’abstenir de porter le coup décisif par la faute d’un commandement déficient. La guerre se terminait à Gujrat par une dernière défaite après l’épuisement des munitions dans le camp punjabi.</p>



<p>Le Punjab était ainsi définitivement annexé et devenait une province de l’Inde britannique. Le Koh i noor, ce diamant extraordinaire allait orner la couronne britannique&nbsp;jusqu’à ce jour.</p>



<p>Le maharajah Duleep Singh déposé vivrait en Angleterre et se convertirait au christianisme perdant ainsi tout espoir de se voir rétablir sur le trône.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Ir2uIFmHze"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=tBZ7mZZiG7#?secret=Ir2uIFmHze" data-secret="Ir2uIFmHze" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Les auteurs Sikhs, tels le célèbre écrivain journaliste Khushwant Singh, auteur du présent ouvrage, traitant de cette époque troublée, se sont&nbsp;appuyés sur des témoignages, en général issus d’officiers ou administrateurs directement impliqués dans les évènements, le plus souvent anglais, quelquefois européens, ayant un intérêt à dépeindre la Cour Royale du Punjab sous un jour très négatif, afin d’en justifier une conquête autrement injustifiable. L’un des principaux demeure celui du militaire américain Gardner. C’est dire combien il faille en prendre connaissance avec prudence.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fuite, corruption, trahison… &nbsp;</h2>



<p>&nbsp;Les Punjabis contemporains expliquent donc la défaite de leur pays par la trahison, d’abord celle des Dugras, ces hindous qui avaient effectivement aidé les Anglais en s’abstenant d’envoyer des soldats les combattre, puis acheté le Kashmir, et dont le dernier descendant, Hari Singh, empêcherait le rattachement de cette province peuplée aux 3/4 de musulmans, au Pakistan lors de la partition en 1947.</p>



<p>Relativement aux chefs sikhs abandonnant le champ de bataille au moment décisif et épargnant aux Britanniques un désastre certain, il y aurait beaucoup à dire; il est certain que les Anglais ont souvent tenté de circonvenir leurs adversaires par la corruption. La révolte arabe du Hedjaz, en 1916, l’a plus tard prouvé.</p>



<p>Néanmoins, il est étonnant que les chefs de l’armée à&nbsp;Ferozeshah qu’on aurait pu à tout le moins accuser d’incompétence après leur fuite du champ de bataille, pour ne pas dire de trahison, aient été ceux là mêmes qui ont mené la bataille suivante perdue à Subran en 1846.</p>



<p>La question se pose aussi pour Chilian&nbsp;Wala. Cette fois encore, à deux doigts d’une victoire totale, le commandement sikh a failli ou trahi.</p>



<p>La conclusion qui se dégage est édifiante: il est vrai que l’Etat sikh à la mort de Ranjit Singh est apparu non seulement traversé par des fractures communalistes mais aussi dénué des institutions et des traditions politiques nécessaires à une transition institutionnelle du pouvoir; les concurrents ont fait usage des mêmes moyens, l’assassinat, la trahison, la calomnie, que ceux qui étaient utilisés à la cour ottomane dans les mêmes conditions. Mais une réalité demeure: l’Etat sikh, armée et gouvernement, n’ont apparemment, pas plus que le président Sadate en 1973, jamais eu l’intention de vaincre, parce qu’une défaite anglaise aurait comporté pour eux le risque du rétablissement dans le sous-continent d’un pouvoir musulman, perspective qu’ils craignaient plus que tout. Il est à cet égard significatif que lors de la grande révolte contre les Anglais en 1857, ces derniers aient pu compter sur les soldats sikhs qu’ils venaient pourtant de réprimer 8 années auparavant, pour réduire avec succès les soldats hindous et musulmans qui s’étaient soulevés.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<p>Faut-il en conclure que les soldats punjabis&nbsp;trahis et tombés sur le champ de bataille à Ferozeshah et Chiliianwala étaient essentiellement musulmans? Le Punjab était demeuré la seule province du nord de l’Inde fidèle à la couronne britannique lors de la grande mutinerie. Les élites au pouvoir au Punjab, sikhes et hindoues, étaient parfaitement conscientes qu’étant minoritaires dans un pays majoritairement musulman, seul le pouvoir des Anglais aurait pu préserver leur position dominante dans la société. Dans ces conditions, les accusations de trahison portées aujourd’hui contre les Dugra hindous, qui semblent justifiées, ou les généraux sikhs exécutant&nbsp;en réalité les ordres de leur gouvernement, s’apparentent plus aux luttes politiques contemporaines en vue de l’établissement d’un Etat proprement sikh au Punjab dans le cadre de la fédération indienne, ou en dehors d’elle et baptisé alors Khalistan, la destruction du Temple d’Or d’Amritsar en 1984 ayant constitué le paroxysme de la lutte indépendantiste.</p>



<p>Il existe aujourd’hui au Canada et aux Etats Unis un mouvement politique Punjabi pro Khalistan, dont quelques militants ont été assassinés, il y a quelques mois, suscitant des accusations au plus haut niveau (Trudeau et Biden) contre les services secrets de l’Inde.</p>



<p>Ce livre, écrit, il ne faut pas l’oublier, sous l’égide de la Fondation Rockefeller, révèle donc depuis sa publication en 1962 un double intérêt, d’abord punjabi nostalgique d’une indépendance révolue illégalement supprimée par les Anglais que&nbsp;la libération de l’Inde et surtout la création du Pakistan n’ont pas rétablie, ensuite américain qui n’a certainement rien d’innocent et que l’accession de l’Inde au statut de grande puissance ne rend que plus actuel.&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘The Fall of the Kingdom of Punjab’’ de Khushwant Singh , éd. Penguin Books Limited, 200 pages, 13 août 2014. </em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CVdn4wMzr5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/embed/#?secret=kOuR1dOAOG#?secret=CVdn4wMzr5" data-secret="CVdn4wMzr5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&#8217;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2022 06:52:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'utilisation de la religion à des fins politiques, ou du terrorisme, sont-ils l'apanage des seuls musulmans? Ce qui s'est passé au Punjab en Inde en juin 1984 dans le Temple d'Or d'Amritsar invite à la réflexion.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/">Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L&rsquo;utilisation de la religion à des fins politiques, ou du terrorisme, sont-ils l&rsquo;apanage des seuls musulmans? Les événements survenus au Punjab en Inde en juin 1984 dans le Temple d&rsquo;Or d&rsquo;Amritsar, et qui ont conduit à l&rsquo;assassinat du Premier ministre indien Indira Gandhi quelques mois plus tard, invitent à considérer les dangers que l&rsquo;irruption de la religion dans le champ politique fait encourir à tout pays.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-1403108"></span>



<p>Les Sikhs constituent cette communauté religieuse célèbre pour les turbans et les barbes de ses fidèles, alliant au monothéisme et à une vision (soufie) de l&rsquo;islam, des pratiques issues de l&rsquo;adoration populaire hindoue, la Bhakti.</p>



<p>A l&rsquo;origine le Sikhisme avait pour ambition d&rsquo;abolir le système&nbsp;des castes et de fondre musulmans et hindous dans une même confraternité, mais il a fini par se différencier des deux grandes religions, au prix de guerres longues et cruelles contre les empereurs Moghols musulmans et les Afghans, depuis lesquelles il entretient le culte du martyr, et les Sikhs, toujours hantés d&rsquo;être absorbés dans la majorité hindoue et de perdre leur identité, n&rsquo;ont eu de cesse, après l&rsquo;indépendance de l&rsquo;Inde et la partition du Pakistan, de lutter pour un Etat où ils seraient majoritaires au sein de la fédération indienne.</p>



<p>Pour des raisons historiques, la plupart des Sikhs résident dans l&rsquo;État du Punjab, mais ils n&rsquo;ont jamais réussi à en réunir la majorité politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La cause qui allait nourrir le terrorisme sikh</h2>



<p>En 1978, Indira Gandhi&nbsp; préparait son retour sur la scène politique à la tête du parti du Congrès, après avoir été évincée du pouvoir et condamnée à la&nbsp;prison. Pour cela, elle avait besoin de provoquer l&rsquo;éclatement de la coalition politique au pouvoir, le Janata. Le Punjab lui semblait l&rsquo;État où elle aurait le plus de chances d&rsquo;y arriver. Le gouvernement régional y était dominé par une alliance entre le Janata principalement hindou, et le parti régionaliste Sikh Akali Dal.</p>



<p>&nbsp;Afin de provoquer une scission entre Sikhs et Hindous, le conseiller sikh de Indira, Zail Singh, crut nécessaire d&rsquo;enflammer le sentiment identitaire sikh, d&rsquo;essence religieuse. Il se servit pour cela d&rsquo;un Sant, un religieux sikh, nommé Jarnail Singh Bhindranwale, et de l&rsquo;hostilité de sa communauté contre une secte dissidente, les Nirankaris, de gros commerçants alliés aux Hindous.</p>



<p>En 1978, la convention Nirankarie tenue à Amritsar fut attaquée par des Sikhs dirigés par Bhindranwale et&nbsp;au cours de l&rsquo;affrontement quelques-uns des assaillants furent tués. Ils furent considérés comme des martyrs et les amis d&rsquo;Indira Ghandi&nbsp;obtinrent la cause qui allait pendant des années nourrir le terrorisme Sikh, et conduire à son propre assassinat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Massacres en chaîne</h2>



<p>Après le retour d&rsquo;Indira au pouvoir lors des élections de 1979, Zail Singh fut nommé ministre&nbsp;de l&rsquo;Intérieur, mais trois meurtres, celui d&rsquo;un grand propriétaire d&rsquo;une chaîne de journaux hindous, du chef de la secte des Nirankaris, et d&rsquo;un politicien sikh, apportèrent bientôt la preuve qu&rsquo;au Punjab, les choses commençaient à échapper à tout contrôle, d&rsquo;autant que de nombreux politiciens sikhs se rangeaient désormais sous la bannière de Bhindranwale, dont l&rsquo;objectif proclamé était devenu l&rsquo;indépendance et la création d&rsquo;un Etat sikh nommé Khalistan. Bhindranwale fut arrêté mais après&nbsp; environ un mois d&#8217;emprisonnement il fut remis en liberté&nbsp;sans être jugé, et le ministre de l&rsquo;Intérieur Zaïl Singh déclara qu&rsquo;après tout, rien ne prouvait qu&rsquo;il avait été à l&rsquo;origine des assassinats.</p>



<p>Après cela, l&rsquo;aura de Bhindranwale s&rsquo;accrut considérablement, et des commandos armés sikhs opérant à son nom se mirent à attaquer les Hindous dans les lieux publics et les transports en commun, et de nombreux policiers et des fonctionnaires furent assassinés.</p>



<p>Finalement, Bhindranwale, recherché par la police, se réfugia&nbsp;dans Temple d&rsquo;Or, le plus saint des lieux saints sikhs, entouré de ses partisans armés, et lorsque la police reçut l&rsquo;ordre de le déloger, elle ne put le faire, le Temple d&rsquo;Or ayant été puissamment fortifié sous la direction d&rsquo;un général d&rsquo;armée, Shahbeg Singh, héros de la guerre du Bangladesh&nbsp;et passé du côté des terroristes.</p>



<p>En juin 1984, Indira Ghandi&nbsp;envoya finalement l&rsquo;armée pour les déloger, mais le moment fut mal choisi, cette époque de l&rsquo;année correspondant à un pèlerinage annuel et une foule nombreuse fréquentant alors le lieu saint pour y célébrer&nbsp;le martyr de l&rsquo;un de ses chefs, les gurus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le terrorisme fait 10 000 morts en dix ans au Punjab</h2>



<p>Finalement quand l&rsquo;armée mit le siège devant le temple, de nombreux terroristes s&rsquo;étaient échappés et des milliers de pèlerins s&rsquo;y retrouvèrent prisonniers. Et lorsque l&rsquo;assaut fut donné, les soldats rencontrèrent une telle résistance qu&rsquo;ils firent appel aux tanks, et de nombreux obus explosifs endommagèrent&nbsp;sérieusement certains des bâtiments&nbsp;du complexe, en particulier l&rsquo;Akal&nbsp;Takht. Les principaux chefs du mouvement, Bhindranwale et Shahbeg Singh en particulier, trouvèrent la mort, et il semble que quelques-uns furent exécutés par les soldats. Mais des milliers de pèlerins furent tués également, quelques-uns durant les combats, les autres faits prisonniers, puis abattus.</p>



<p>Tout ceci provoqua évidemment une grande colère dans l&rsquo;ensemble de la communauté sikhe qui considéra la destruction de ses lieux saints et la mort d&rsquo;innocents pèlerins comme un outrage irréparable.</p>



<p>En fin de compte, quatre mois après, en octobre 1984, Indira Ghandi fut assassinée&nbsp;par deux de ses gardes du corps sikhs, dont elle avait refusé de se séparer. Le jour de sa crémation fut le coup d&rsquo;envoi d&rsquo;un massacre sur une grande échelle des Sikhs. Plus de 20.000 membres de la communauté trouvèrent la mort en deux journées, et la police, qui n&rsquo;avait pas reçu l&rsquo;ordre d&rsquo;intervenir,&nbsp;assista impassible à la destruction de leurs biens et de leurs demeures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Calculs politiques, irresponsabilité et confusion des esprits</h2>



<p>Plus de 38 ans après, les responsables du massacre, des membres du Parti du Congrès et de la mairie de Delhi, n&rsquo;ont pas été punis. Mais le terrorisme devait se prolonger encore pendant dix ans au Punjab et il fit plus de 100.000 morts. Mais la population lassée&nbsp;des terroristes qui avaient sombré dans le banditisme, et des représailles qu&rsquo;elle endurait de la part de la police et de l&rsquo;armée, cessa de leur apporter son aide.</p>



<p>Cette affaire est exemplaire parce qu&rsquo;elle démontre combien l&rsquo;usage des sentiments religieux à des fins politiques est dangereux. L&rsquo;Inde est un pays officiellement laïc, où le communautarisme est en principe interdit. Pourtant on y a eu recours pour mobiliser les Sikhs au bénéfice d&rsquo;Indira Gandhi, on a refusé de faire juger Bhindranwale quand on en avait la possibilité, et on a au tout début laissé les terroristes pénétrer et se fortifier dans le lieu saint qu&rsquo;on fut plus tard obligé de détruire, sous le prétexte du respect des sentiments religieux.</p>



<p>Ceci devrait servir d&rsquo;avertissement à tous les pays où la justice est asservie à des considérations religieuses. En Tunisie des milliers de jeunes ont été envoyés se battre en Syrie au nom du jihad, dans les rangs de Daech, et à ce jour, non seulement on ne sait pas ce qu&rsquo;ils sont devenus, mais on n&rsquo;a toujours pas jugé les responsables, et le parti politique qui a fait de la référence identitaire son cheval de bataille trouve maintenant des alliés dans la soi-disant élite moderniste, au nom de la lutte pour la démocratie. C&rsquo;est incroyable jusqu&rsquo;à quel degré&nbsp;d&rsquo;irresponsabilité la confusion des esprits peut mener.&nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de pratique libre.</em></p>



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