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	<title>Archives des Rapport annuel 2025 - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Rapport annuel 2025 - Kapitalis</title>
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		<title>Rapport annuel 2025 de la BCT &#124; Angles morts et incohérences</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 10:09:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Rapport annuel 2025]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’auteur traque les angles morts, incohérences et errata statistiques dans le Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans ce second article consacré à l’analyse du Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), publié en juin 2026 (253 pages), l’auteur traque les angles morts, incohérences et errata statistiques. Quand les mots trahissent les chiffres…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-19178986"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La publication des rapports annuels de la BCT a souvent souffert d’un décalage temporel qui réduisait leur portée démocratique. Un rapport annuel d’une banque centrale n’est pas un simple document administratif : il constitue un instrument de reddition de comptes, un acte de transparence institutionnelle et un élément essentiel du débat public sur la politique monétaire, la stabilité financière et l’utilisation des ressources nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 marque, à cet égard, une rupture symbolique, ayant traité du sujet à la transparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale indépendante ne peut demander la confiance des citoyens, des investisseurs et des marchés sans pratiquer elle-même une culture de transparence. Le rapport affirme d’ailleurs cette ambition dans son architecture même : gouvernance, stratégie, situation économique, missions monétaires, supervision bancaire et situation financière de l’institution sont regroupées dans une publication exhaustive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transparence ne se mesure pas seulement au nombre de pages ou à la richesse des tableaux statistiques. Elle se mesure aussi aux questions posées, aux sujets difficiles abordés et aux angles morts qui subsistent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rapport riche sur certains chiffres, mais silencieux sur d’autres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le message introductif du gouverneur, Fethi Zouhaier Nouri, présente une lecture globalement optimiste de l’économie tunisienne. Le rapport souligne une croissance du PIB de 2,5 % en 2025 contre 1,6 % en 2024, une baisse du chômage à 15,2 %, ainsi qu’une diminution de l’inflation annuelle moyenne à 5,3 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT met également en avant son action monétaire : après plusieurs années de resserrement, elle indique avoir procédé à deux réductions successives de son taux directeur de 50 points de base, en mars puis en décembre 2025, ramenant celui-ci à 7 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette présentation mérite toutefois d’être complétée par une analyse plus structurelle. La baisse de l’inflation constitue certes un résultat positif, mais elle intervient dans un contexte où le coût du crédit reste très élevé pour les entreprises et les ménages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport décrit une politique monétaire visant à préserver la stabilité des prix tout en soutenant l’activité économique, mais il ne développe pas suffisamment le débat sur les conséquences sociales et productives d’une longue période de taux élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question centrale demeure : la stabilité monétaire a-t-elle été obtenue au prix d’un affaiblissement durable de l’investissement privé ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faiblesses et silences du rapport</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1- l’optimisme macroéconomique masque des vulnérabilités profondes&nbsp;: </em></strong>le rapport reconnaît certaines fragilités. Il indique que le déficit commercial a atteint 21,8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 15,2 %, principalement en raison du déficit énergétique structurel qui représente plus de la moitié du déficit commercial total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette donnée est fondamentale. Elle signifie que derrière l’amélioration apparente des équilibres extérieurs se trouve une dépendance persistante : la Tunisie continue d’importer une part importante de son énergie, ce qui fragilise durablement sa balance des paiements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne également que les avoirs extérieurs restent soutenus par les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Mais il traite davantage la diaspora comme une source de devises que comme un acteur économique stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2- Une diaspora réduite à ses transferts financiers&nbsp;: </em></strong>la diaspora tunisienne apparaît principalement dans le rapport sous l’angle des transferts de revenus. La BCT indique que les revenus entrants ont atteint 14,4 milliards de dinars en 2025, avec une forte contribution des revenus du travail, qui représentent 79,5 % du total des crédits liés aux revenus. Mais une grande question reste sans réponse : combien sont réellement les Tunisiens établis à l’étranger en 2025 ? Quelle est leur structure démographique ? Quels sont leurs investissements productifs ? Quelle part représente l’épargne diaspora dans le financement de l’économie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réponses sont importantes. La diaspora ne doit pas être analysée seulement comme un <em>«distributeur automatique de devises»</em>. Elle constitue aussi un capital humain, entrepreneurial, scientifique et technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale moderne devrait fournir une cartographie économique complète de cette communauté : nombre, pays d’installation, profils professionnels, investissements immobiliers et productifs, transferts formels et informels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>3- Le honteux silence sur l’économie informelle&nbsp;: </em></strong>l’un des grands angles morts du Rapport annuel 2025 est l’économie informelle. Or, en Tunisie, l’économie parallèle constitue une composante majeure du fonctionnement économique réel : commerce informel, circuits parallèles de change, travail non déclaré, importations hors circuits officiels&#8230; Quasiment 37 à 40% de l’économie (du PIB) est opérée par le secteur informel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT analyse avec précision les flux bancaires, monétaires et extérieurs, mais elle ne propose pas une estimation actualisée du poids de cette économie parallèle ni de son impact sur : la création monétaire ; la fiscalité ; la concurrence entre entreprises ; la demande de devises ; la politique de change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence méthodologique est problématique. Une banque centrale ne peut pleinement comprendre la circulation monétaire nationale sans intégrer les circuits économiques et les mécanismes économique (de transmission et de carburation) qui échappent partiellement au système bancaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>4- L’absence d’analyse des entreprises communautaires&nbsp;: </em></strong>le rapport consacre plusieurs développements à l’innovation financière, à la digitalisation et à l’inclusion financière. Il détaille notamment les projets numériques comme la plateforme Exop dédiée aux opérations de change et la modernisation des systèmes financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les entreprises communautaires (<em>chariket ahliya</em>) constituent un angle mort. Leur apparition dans le paysage économique tunisien représente une tentative de renouvellement du modèle entrepreneurial, particulièrement dans les régions marginalisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si leur poids économique reste encore limité, leur analyse aurait permis d’évaluer leur nombre, leur financement, leurs difficultés administratives, leur contribution à l’emploi régional et leur accès au crédit bancaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le silence sur ce phénomène prive le lecteur d’une partie du débat économique contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>5- Une dépendance financière internationale peu interrogée&nbsp;: </em></strong>le rapport décrit une coopération internationale active avec plusieurs institutions. Il mentionne notamment la coopération financière avec le Fonds Monétaire Arabe, qui a permis un crédit automatique de 14,381 millions de dinars arabes de compte, soit environ 4,6 millions de dollars américains, ainsi que la possibilité d’une enveloppe supérieure à 200 millions USD dans le cadre d’un crédit élargi. Il évoque aussi les relations avec le FMI, la Banque mondiale, Afreximbank et différents programmes de coopération technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une question stratégique demeure insuffisamment développée : comment réduire progressivement la dépendance financière extérieure tout en maintenant les équilibres macroéconomiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est pas l’existence de ces partenariats, qui sont courants pour toutes les économies émergentes. La question est celle de la capacité nationale à retrouver davantage d’autonomie financière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand le silence devient une statistique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT constitue une amélioration institutionnelle importante. Sa publication plus rapide, son volume documentaire et sa volonté affichée de modernisation représentent des progrès significatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, un rapport annuel ne doit pas seulement raconter ce qui fonctionne. Il doit aussi mesurer ce qui échappe aux instruments traditionnels : économie informelle, diaspora, nouvelles formes entrepreneuriales, fractures régionales, dépendances financières&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres publiés racontent une partie de la réalité. Les chiffres absents racontent souvent une autre histoire. Et c’est prévisible, la sélection adverse fonctionne à plein… et en plein jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable transparence commence lorsque l’institution accepte de mesurer ses propres zones d’ombre. Car en économie, le silence n’est jamais neutre : il devient lui aussi une statistique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les incohérences et erratums</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport mérite d’être lu avec prudence. Certaines incohérences et erreurs ont été soulignées par une lecture rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plus nette incohérence vérifiée porte sur l’effectif de la Banque elle-même. En page 10, le rapport affirme noir sur blanc que <em>«l’effectif global s’établit à 863 agents</em> [fin 2025]<em>, contre 890 à fin 2024»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une page plus loin (p. 11), le Tableau 3 de <em>«Répartition du personnel par genre»</em> donne pourtant, pour la même année 2024, un total de 865 agents (390 femmes + 475 hommes), et non 890. L’écart de 25 unités entre les deux chiffres, présentés à une page d’intervalle pour désigner le même effectif de référence, n’est expliqué nulle part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième incohérence, plus mineure mais bien réelle : le même tableau 3 (p. 11) affiche une part féminine de 46,6% dans l’effectif en activité de 2025, alors que le calcul direct (388 femmes sur 834 agents en activité, chiffres eux-mêmes cités en page 10) donne 46,5% — un écart d’arrondi d’un dixième de point qui, seul, serait négligeable, mais qui s’ajoute au premier signe d’un contrôle de cohérence interne perfectible sur le chapitre <em>«Gouvernance et Stratégie»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième point, plus substantiel celui-là : le Tableau 2-6 (p. 65) sur les <em>«Principaux indicateurs de l’emploi»</em> fait bondir la population active totale tunisienne de 4 084 000 personnes en 2023 à 4 532&nbsp;000 en 2024, soit une hausse de 11% en une seule année — près de 450 000 personnes supplémentaires sur le marché du travail en douze mois — avant de la voir refluer à 4 255&nbsp;000 en 2025 (-6,1%).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un tel accordéon statistique, deux fois plus ample dans un sens que dans l’autre, n’est accompagné d’aucune note de bas de tableau, d’aucune mention de révision de base, de changement d’enquête ou de rupture de série de l’Institut national de la statistique, alors même que cette variable détermine mécaniquement le taux de chômage affiché en une du rapport.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois éléments suffisent, à eux seuls, pour justifier une lecture prudente des statistiques rapportées. On invite la BCT à communiquer mieux et plus sur les données manquantes dont, notamment, le secteur informel, les effectifs des expatriés, le financement de l’économie par la création monétaire, les impératifs et enjeux de la souveraineté du pays en matière de financements, les vraies des séries traitant de l’emploi, de la population active et implicitement du chômage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong>&nbsp;: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494">E4T</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Précédent article :</em></strong> </p>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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