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	<title>Archives des Salah Darghouth - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Salah Darghouth - Kapitalis</title>
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		<title>La Tunisie en 2026 &#124; Une autre année de dormance économique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2026 09:04:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l’aube de l’année 2026, rien n’indique que la Tunisie s’apprête à sortir de l’état de dormance économique dans lequel elle s’est installée.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/16/la-tunisie-en-2026-une-autre-annee-de-dormance-economique/">La Tunisie en 2026 | Une autre année de dormance économique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À l’aube de l’année 2026, rien n’indique que la Tunisie s’apprête à sortir de l’état de dormance économique dans lequel elle s’est installée depuis plusieurs années. Rien ne laisse entrevoir une inflexion majeure, encore moins un projet de décollage économique à la hauteur des attentes sociales et des aspirations de la jeunesse.</em></strong></p>



<p><strong>Salah Darghouth</strong> *</p>



<span id="more-18243549"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/12/Salah-Dargouth.jpg" alt="" class="wp-image-188028"/></figure>
</div>


<p>La dormance désigne cet état intermédiaire où un organisme demeure vivant, mais suspend son élan vital. Il fonctionne au ralenti, non par absence de ressources, mais par prudence, résignation ou incapacité à mobiliser son potentiel. Appliquée à l’économie, la notion décrit un pays qui conserve ses capacités productives humaines, institutionnelles et culturelles, sans parvenir à les transformer en dynamique collective de développement.</p>



<p>La Tunisie d’aujourd’hui correspond cruellement à cette définition. Rien n’y est totalement à l’arrêt&nbsp;: l’économie produit, exporte, échange&nbsp;; les institutions tiennent&nbsp;; les services publics assurent tant bien que mal le minimum vital&nbsp;; les ménages développent des stratégies de survie. Le pays ne s’effondre pas. Mais il ne décolle pas. Il tourne en rond. Il vivote.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une croissance trop faible pour créer de l’avenir</h2>



<p>Cet état de dormance se reflète d’abord dans une croissance économique durablement faible. La croissance mesure l’augmentation de la richesse produite d’une année sur l’autre. Lorsqu’elle est atone, l’économie avance à peine plus vite que sa population, sans dégager le surplus nécessaire pour investir, innover et améliorer durablement les conditions de vie des gens.</p>



<p>Selon les données de la Banque mondiale, la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant en Tunisie est restée extrêmement faible au cours des quinze dernières années. Elle n’a dépassé les 2 % qu’en 2012, dans le sillage immédiat de la révolution, et en 2021 et 2022 à la sortie de la pandémie du Covid. En dehors de ces parenthèses, la quasi-stagnation domine.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="602" height="240" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant.jpg" alt="" class="wp-image-18243556" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant.jpg 602w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant-300x120.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/PIB-Habitant-580x231.jpg 580w" sizes="(max-width: 602px) 100vw, 602px" /></figure>
</div>


<p>Une croissance faible ne provoque pas de rupture brutale. Elle engendre un phénomène plus insidieux&nbsp;: l’absence de marges. L’économie crée à peine plus de richesse qu’elle n’en consomme. L’État, les entreprises et les ménages sont enfermés dans une gestion permanente de la contrainte.</p>



<p>L’action publique se replie alors sur l’urgence&nbsp;: salaires, subventions, service de la dette. L’investissement productif stagne. Les infrastructures se dégradent. L’éducation, la santé, la recherche, l’environnement et la culture deviennent des variables d’ajustement. Ce désinvestissement affaiblit la productivité, décourage l’initiative privée, détériore l’emploi et reconduit à… la croissance faible. Le cercle vicieux est enclenché.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les effets sociaux et politiques de la dormance</h2>



<p>Les conséquences dépassent largement le champ économique. La première est la fragilisation de l’État. Avec des recettes fiscales limitées et des besoins sociaux croissants, l’État est contraint à des arbitrages permanents&nbsp;: investissement ou subventions, entretien ou développement, santé ou éducation. Ces choix sous contrainte finissent par user la légitimité publique.</p>



<p>La deuxième est la stagnation, voire l’érosion, du niveau de vie. Les salaires réels ne suivent plus l’inflation. Les ménages ont le sentiment de travailler davantage pour vivre moins bien. Cette frustration nourrit une colère silencieuse.</p>



<p>La troisième conséquence est plus profonde encore&nbsp;: la dégradation du lien social. Lorsque l’économie ne crée plus suffisamment d’opportunités, la société se replie. Les inégalités se figent, parfois s’aggravent. La méritocratie perd sa crédibilité. Le sentiment d’injustice s’installe, alimentant défiance, retrait civique ou radicalisation des discours.</p>



<p>Enfin, l’enlisement dans une croissance durablement faible finit par étouffer l’imaginaire collectif. Le futur cesse d’être une promesse. Il devient une répétition du présent, parfois même une crainte. Or, aucune nation ne se redresse sans croire, au préalable, en sa capacité à avancer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une gestion de l’État en mode survie</h2>



<p>Face à cette situation, l’État agit comme un médecin de garde permanent&nbsp;: il stabilise, colmate, gère l’urgence. Il empêche la détérioration immédiate, mais ne relance pas l’élan. La politique économique devient une stratégie d’évitement plutôt qu’un projet de transformation.</p>



<p>Les réformes structurelles — ajustement macro-économique, réforme fiscale, transformation numérique, transition énergétique, adaptation démographique, etc. — sont soit différées, soit abordées de manière fragmentaire. Certaines initiatives mal préparées peuvent aggraver les déséquilibres et tétanisé le climat des affaires. C’est&nbsp;cas chez nous, par exemple, des décisions réglementaires (comme celle des chèques bancaires) qui entravent les échanges économiques et freinent la consommation des catégories modestes.</p>



<p>Dans le même temps, le pays se referme progressivement sur lui-même au nom d’une posture souverainiste, financièrement contraignante&nbsp;: investissements manqués, fiscalité pénalisante pour l’entreprise, restrictions et pénuries alimentant l’inflation. Le résultat est un isolement économique qui réduit encore les perspectives de croissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un immense gaspillage de capital humain</h2>



<p>Jamais la Tunisie n’a produit autant de compétences, mais jamais elle ne leur a offert si peu d’horizons. Les jeunes diplômés attendent, bricolent, émigrent ou renoncent. L’effort ne garantit plus l’avenir. Le capital humain est sous-utilisé ou exporté. L’énergie se transforme en résignation ou en départ.</p>



<p>Les effets de cette gestion sans souffle sont visibles dans l’espace public&nbsp;: dégradation des services urbains (accentuée par l’absence de conseils municipaux élus), accumulation des déchets, abandon des espaces verts, territoires sacrifiés comme Gabès, où l’environnement est devenu la variable d’ajustement d’une économie à bout de souffle.</p>



<p>La concentration du pouvoir, l’affaiblissement des corps intermédiaires, la méfiance envers l’expertise et les conseils venant de l’intérieur et plus encore envers celle venant de l’étranger ont vidé l’action publique de sa fonction mobilisatrice. Le pouvoir administre, surveille, accuse, mais prend le risque de ne plus inspirer. Quand la politique cesse de donner du souffle, la société retient le sien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du réveil au décollage&nbsp;: changer d’échelle&nbsp;?</h2>



<p>Le décollage économique n’est pas un simple rebond conjoncturel. Il ne se résume ni à une embellie statistique ni à une amélioration passagère. Il désigne le moment où une économie franchit un seuil structurel et entre dans une dynamique durable, auto-entretenue et inclusive de création de richesse.</p>



<p>Pour un pays comme la Tunisie, cela implique clairement un changement d’échelle. Une croissance de 2 ou 3 % ne suffit pas. Elle permet tout au plus de gérer l’existant. Un véritable décollage exige un taux de croissance soutenu, d’au moins 6% par an sur plusieurs années consécutives, condition minimale pour créer suffisamment d’emplois, absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail, financer les services publics, moderniser les infrastructures et restaurer la confiance collective.</p>



<p>Un tel niveau de croissance ne relève ni du miracle ni de l’illusion. Il a été atteint par des pays comparables lorsqu’ils ont introduit les réformes macro-économiques et sectorielles qui s’imposent et mobiliser simultanément l’investissement productif, la montée en gamme de leur économie, l’ouverture maîtrisée sur le monde et une gouvernance publique capable de donner une direction claire et stable.</p>



<p>Un décollage se caractérise notamment par une croissance forte, durable et inclusive, un investissement public et privé orienté vers la production, l’innovation et la transition écologique. Il se caractérise aussi par un élargissement du tissu entrepreneurial, une meilleure intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, une hausse soutenue de la productivité et une véritable valorisation du capital humain. Il se caractérise enfin et surtout par un État stratège qui a le courage de réformer, planifie sans étouffer, régule sans paralyser et investit là où le marché ne peut agir seul.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donner l’impulsion, puis mobiliser le pays&nbsp;?</h2>



<p>Dans le contexte institutionnel actuel de la Tunisie, une réalité s’impose&nbsp;: l’impulsion du décollage économique ne peut venir que du sommet de l’État. Le pouvoir est aujourd’hui fortement concentré, l’exécutif dispose de larges prérogatives et le Parlement lui est largement acquis. Aucune dynamique de transformation profonde ne peut émerger sans une volonté politique claire, assumée et portée au plus haut niveau.</p>



<p>Il revient donc en premier lieu au Président de la République de définir une vision économique lisible, cohérente et mobilisatrice, et d’assumer pleinement le choix d’un décollage fondé sur une croissance forte, durable et inclusive, d’au moins 6 % par an. Sans cap clair, sans priorité affichée en faveur de l’investissement, de la création de valeur, de l’emploi et de la confiance, la Tunisie restera enfermée dans la gestion du court terme et son économie en état de dormance.</p>



<p>Mais une impulsion venue du sommet, aussi nécessaire soit-elle, ne suffit pas à elle seule. Elle doit être complétée d’une mobilisation ordonnée et responsable de l’ensemble des forces vives du pays. Une fois la direction donnée, l’État doit redevenir un État stratège qui coordonne, arbitre et s’appuie sur les compétences disponibles, plutôt qu’un État qui décide seul dans l’urgence.</p>



<p>Les administrations, les cadres des entreprises publiques et privées, les travailleurs, les responsables syndicaux, les universitaires, les chercheurs, les collectivités locales, la société civile et la diaspora ont alors un rôle essentiel à jouer&nbsp;: transformer la vision en résultats concrets, chacun dans son champ, chacun à sa place.</p>



<p>La Tunisie n’a pas besoin d’être réinventée. Elle a besoin d’un signal fort, d’un cap assumé et d’un climat de confiance qui libère les initiatives au lieu de les suspecter. Elle dispose d’atouts considérables&nbsp;: une société instruite, curieuse et inventive&nbsp;; une géographie stratégique&nbsp;; une mémoire de compromis et de coexistence&nbsp;; une résilience éprouvée.</p>



<p>Ces atouts ne demandent pas à être inventés. Ils demandent à être libérés.</p>



<p>La stabilité sans horizon est une forme lente de déclin. Reprendre le souffle, c’est redonner de l’air à l’initiative, de la dignité à l’effort, de la confiance au savoir et une direction claire à l’action publique.</p>



<p>L’économie tunisienne doit et peut s’extraire de son état actuel de dormance afin d’initier une dynamique de décollage durable. Toutefois, le décollage repose sur une volonté et un courage politique assumés, un engagement irréversible pour mener&nbsp;toutes les réformes qui s’imposent et une mobilisation collective. Cette volonté, ce courage et cet engagement ne peuvent provenir en tout premier lieu que des plus hautes autorités du pays. &nbsp;</p>



<p>A bon entendeur…</p>



<p><em>* Ancien cadre à la Banque Mondiale.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/16/la-tunisie-en-2026-une-autre-annee-de-dormance-economique/">La Tunisie en 2026 | Une autre année de dormance économique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Editions Nirvana &#124; Les éclats du réel et les battements du cœur</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/editions-nirvana-les-eclats-du-reel-et-les-battements-du-coeur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 08:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les éditions Nirvana publient cinq livres qui incarnent une parole nécessaire, comme autant de visages d’une Tunisie multiple. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/editions-nirvana-les-eclats-du-reel-et-les-battements-du-coeur/">Editions Nirvana | Les éclats du réel et les battements du cœur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Certains récits ne racontent pas seulement des histoires : ils creusent une mémoire, réveillent une douleur, rappellent une promesse. Les éditions Nirvana publient cinq textes récents qui incarnent cette parole nécessaire. Cinq livres comme autant de visages d’une Tunisie multiple : entre villes anciennes et révolutions trahies, entre l’exil et le foyer, entre la mémoire et l’amour. Des voix qui ne hurlent pas, mais qui frappent juste. Et longtemps.</em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-17129518"></span>



<p><strong>‘‘Du cœur de la médina’’ — Salah Darghouth : </strong></p>



<p>Un pas après l’autre, Salah Darghouth nous guide dans les ruelles de Tunis, du côté de Bab Souika et Halfaouine. Loin des cartes postales, la médina reprend ses droits : odeurs d’épices, patios bruissant de voix, silence des souvenirs. Ce roman sensible et lumineux ressuscite un monde disparu, où l’islam était douceur, où l’enfance se mêlait à la pierre, et où la mémoire dessinait les contours de l’identité.</p>



<p><strong>‘‘J’ai oublié d’aimer’’ — Zoubeida Khaldi :</strong></p>



<p>Sabra croyait tenir une bouée, elle a sombré avec. Dans une Tunisie blessée, en lutte contre un virus et contre elle-même, une fille-mère lutte pour rester debout. Inspiré d’un fait réel, ce récit au couteau explore les violences sociales, l’abandon, l’humiliation — et malgré tout, une volonté farouche d’exister. Zoubeida Khaldi offre un roman bouleversant, nécessaire, qui parle pour toutes celles qu’on a réduites au silence.</p>



<p><strong>‘‘Le Patio de Joubrane’’ — Béchir Ben Aïssa :</strong></p>



<p>Joubrane, enfant déplacé, déporté, cherche à rembourser sa dette envers les siens. Son parcours finit dans le mystère, entre souvenirs déchirés et vérité enfouie. Béchir Ben Aïssa signe une fable sombre, portée par une écriture tendue entre l’allégorie et l’enquête. Un livre sur l’exil, sur les enfances volées, sur la fidélité aux morts. Rien n’est apaisé, mais tout est dit avec une justesse rare.</p>



<p><strong>‘‘Réflexions d’un promeneur solitaire’’ — Gilbert Naccache :</strong></p>



<p>Dernier message d’un homme libre, ce recueil posthume rassemble les pensées d’un esprit lucide et fidèle à ses combats. Gilbert Naccache écrivait pour transmettre, mais aussi pour rompre, déranger, réveiller. Chaque fragment résonne comme un rappel au devoir de mémoire, un refus de la résignation. Avec la complicité d’Azza Ghanmi et Thameur Mekki, cette voix continue de marcher parmi nous. Plus que des réflexions : un legs.</p>



<p><strong>‘‘L’enfant de la mer’’ — Mohamed Hachani :</strong></p>



<p>Face à l’extrémisme, à la corruption, à l’exil sans retour, que reste-t-il ? L’amour, peut-être. Mohamed Hachani inscrit son récit dans une Tunisie fracturée, post-Ben Ali, où des jeunes fuient à bord d’embarcations fragiles, cherchant une vie meilleure. Pourtant, dans ce chaos, l’amour survit. Mieux : il résiste. Un roman d’une intensité poignante, entre noirceur du monde et éclat du cœur.</p>



<p>Cinq livres, cinq façons d’interroger la Tunisie, cinq regards tendus entre douleur et tendresse. Les éditions Nirvana n’éditent pas des livres pour distraire. Elles éditent pour éveiller, pour rappeler, pour ne pas oublier. Ces voix touchent, émeuvent, bousculent. Elles laissent une trace.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/editions-nirvana-les-eclats-du-reel-et-les-battements-du-coeur/">Editions Nirvana | Les éclats du réel et les battements du cœur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>A Bab El-Jebli, à Sfax et ailleurs en Tunisie : Le cri de cœur des immigrés subsahariens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/15/a-bab-el-jebli-a-sfax-et-ailleurs-en-tunisie-le-cri-de-coeur-des-immigres-subsahariens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Jul 2023 06:33:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la rencontre des immigrés subsahariens à Bab El-Jebli, au centre-ville de Sfax. Un témoignage poignant de vérité… </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/15/a-bab-el-jebli-a-sfax-et-ailleurs-en-tunisie-le-cri-de-coeur-des-immigres-subsahariens/">A Bab El-Jebli, à Sfax et ailleurs en Tunisie : Le cri de cœur des immigrés subsahariens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans ce reportage, l’auteur, haut cadre international, raconte ce qu’il a vu, vécu et entendu en allant à la rencontre des immigrés subsahariens à Bab El-Jebli, au centre-ville de Sfax. Un témoignage poignant de vérité…  </em></strong><em>(Photos de l&rsquo;auteur)</em>.</p>



<p>Par <strong>Salah Darghouth</strong> *</p>



<span id="more-8845191"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Salah-Darghouth.jpg" alt="" class="wp-image-347653"/></figure>
</div>


<p>Sfax est à deux heures de route de Mahdia. La journée s’annonçant particulièrement chaude, je décide de partir tôt. Il n’est pas 8 heures quand j’aborde l’agglomération sfaxienne qui, comme d’habitude, grouille d’activités économiques diverses et variées.</p>



<p>Au cours des dernières années, on a vu beaucoup d’immigrés sub-sahariens assurer des travaux pénibles dans de nombreux secteurs économiques. On les a vus employés dans les garages de réparation de voitures, dans les stations de lavage de voitures, dans les points de vente de <em>«gasoil libyen»</em> et de distribution d’eau minérale, etc. On les a vus aussi beaucoup en agriculture pour la cueillette des olives dans les grandes plaines de Sfax et du Sahel.<br>Plus rien de tout cela. Jusque-là, je n’y vois personne.</p>



<p>Et voilà que je croise le premier adulte noir. On se salue. Il parle arabe. Monsieur B est un compatriote tunisien. Très ouvert et jovial. Je lui demande comment, lui, il va. Il me répond: <em>«Moi, je vais bien. Ma famille aussi. Nous n’avons pas de problèmes. ‘Al-Hamdou Lillah’. Du moins jusqu’à maintenant. ‘Rabbi Youstor’»</em>.</p>



<p>De là, il enchaine : <em>«Il y avait pas mal d’Africains qui étaient employés à Sfax. Cela se passait correctement. Tout le monde trouvait son compte. Mais, les problèmes ont commencé à se manifester depuis le mois de février dernier. Un climat de peur générale s’est installé. Beaucoup de problèmes en ont résulté. Je ne vous en dis pas plus. Allez-y voir plus loin vous-même»</em>.</p>



<p>J’arrive à la place de Bab El-Jebli qui est l’une des grandes places de Sfax, attenante à l’une des plus célèbres grandes portes de la vieille médina de la ville.</p>



<p>Et là, je découvre un large rassemblement d’immigrés sub-sahariens et un spectacle de désolation que je n’ai jamais vu auparavant dans notre pays. Si ce n’était le côté majestueux des murailles et des bâtiments tout autour, la beauté de cette place avec ses espaces verts et les grandes avenues animées qui la traversent, je me serais cru au cœur d’un bidonville, mais certainement pas en Tunisie. Bidonville par la quantité de déchets et de détritus, par l’absence d’équipements et de services sanitaires et par la <em>«clochardisation»</em> apparente de nombreux immigrés. </p>


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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-8856014" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p>D’après mes estimations, il devait y avoir autour d’un millier d’individus, essentiellement des hommes mais aussi des femmes, des enfants et même des bébés et des nourrissons. Ils étaient plus nombreux les jours précédents. Leur nombre a baissé en raison de la relocalisation forcée de centaines d’entre eux par les autorités qui les ont conduits dans une zone désertique, à proximité de la frontière libyenne et ailleurs.</p>



<p>La plupart des immigrés sont groupés en grappes humaines, à l’ombre des arbres et des immeubles environnants.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-2.jpg" alt="" class="wp-image-8856035" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-2.jpg 500w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-2-300x270.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure>
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<p>​​​​​Ils sont assis, accroupis ou allongés à même le sol ou sur des cartons. Certains traînent par terre comme des animaux.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-3.jpg" alt="" class="wp-image-8856042" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-3.jpg 550w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-3-300x273.jpg 300w" sizes="(max-width: 550px) 100vw, 550px" /></figure>
</div>


<p>Ironie de l’histoire, un des groupes est adossé contre le monument de la statue du Président Bourguiba. Ce dernier doit se retourner dans sa tombe en voyant sa mémoire souillée par le spectacle de désolation, de souffrances et de malheurs de ce groupe de jeunes migrants en errance. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8856047" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-768x1024.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-225x300.jpg 225w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-1152x1536.jpg 1152w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-1536x2048.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-580x773.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-860x1147.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-1160x1547.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-4-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
</div>


<p>Les autres sont assis à l’ombre des arcades des galeries marchandes toutes proches. Quelques-uns se sont joints à des mendiants tunisiens pour faire la manche à l’entrée des portes d’accès du grand marché limitrophe.               </p>


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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8856056" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-1024x768.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-300x225.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-768x576.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-1536x1152.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-2048x1536.jpg 2048w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-580x435.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-860x645.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-5-1160x870.jpg 1160w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p>Il fait une chaleur torride. Plus de 40 degrés à l’ombre. En sueur, les piétons se pressent pour finir leurs courses. Certains ralentissent le pas pour regarder d’un peu plus près cet incroyable spectacle de déchéance humaine. Quelques-uns s’arrêtent pour discuter avec eux et d’autres pour leur mettre une pièce d’argent dans la main.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-6-572x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8856059" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-6-572x1024.jpg 572w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-6-167x300.jpg 167w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-6-580x1039.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-6.jpg 632w" sizes="(max-width: 572px) 100vw, 572px" /></figure>
</div>


<p>Deux fourgonnettes des forces de l’ordre sont stationnées assez loin, à l’autre bout de la place. Je suppose, ou du moins j’espère, que ces forces sont là pour intervenir en cas de nouveaux actes de violence contre ces immigrés. </p>



<p>Plus près de cette masse humaine se trouvent trois agents de sécurité qui m’ont vu venir stationner ma voiture du côté des immigrés. Mon coffre arrière est chargé de bouteilles d’eau, de bouteilles de lait et de pots de yaourt que je destinais à ces pauvres immigrés. </p>



<p>Au moment où je commence à ouvrir le coffre, des agents la police municipale m’interpellent. <em>«Qu’est-ce que vous faites là ? Qu’allez-vous faire?»</em>. <em>«Distribuer quelques vivres à ces pauvres gens»</em>. <em>«Vous travaillez pour une association? Laquelle?»</em>. Surpris et excédé par leurs questions, je leur réponds sèchement : <em>«Non ! Je suis tout simplement un Tunisien comme vous».</em> Ils partent. </p>



<p>A peine ai-je ouvert le coffre de la voiture que des dizaines de ces jeunes malheureux accourent de partout et se ruent sur moi. Tout d’un coup, une cohue humaine invraisemblable se constitue autour de moi. Je suis dépassé et franchement bouleversé.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-7.jpg" alt="" class="wp-image-8856089" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-7.jpg 738w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-7-300x186.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-7-580x359.jpg 580w" sizes="(max-width: 738px) 100vw, 738px" /></figure>
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<p>Dans cette bousculade générale, je ne vois plus que des bras et des mains se tendre pour capter la première bouteille ou le premier paquet venu. Il n’y a plus aucun doute pour moi. Ces pauvres gens souffrent de la soif et de la faim. Les vivres entassés dans mon coffre se sont évaporés en quelques minutes.</p>



<p>La tâche était tellement dure que j’ai décidé de faire appel au service de deux jeunes tunisiens qui trainaient dans les alentours, pour m’aider à distribuer deux autres convois de vivres achetés dans un supermarché proche. Même scénario. Même spectacle de désolation et de misère humaine. </p>



<p>Ensuite, j’ai consacré le reste de mon temps à parler avec eux, à les écouter. Nombreux sont ceux qui se sont approchés de moi pour me parler de leur histoire, me raconter ce qui leur était arrivé, me décrire l’état de misère dans lequel ils se trouvent et ce qu’ils pensent de leur avenir.</p>



<p>Ils étaient unanimes pour dire qu’ils avaient quitté leur pays pour fuir la pauvreté, la misère, la faim, les assassinats politiques et religieux, les conflits tribaux, les règlements de compte, les réseaux mafieux et les guerres. La plupart sont arrivés de Guinée-Conakry, du Burkina Faso, du Mali, du Niger et de la Côte d’Ivoire. Des pays où j’ai eu la chance de travailler et de voyager.</p>



<p>La plupart d’entre eux sont venus par voie de terre. Ils traversent le Mali ou le Niger, rentrent en Libye ou en Algérie avant d’aboutir en Tunisie. Aux frontières de chaque pays, ils ont affaire à des <em>«réseaux de passeurs»</em> organisés qui, selon le cas, leur demandent des sommes faramineuses pouvant dépasser les 1500 Euros par tête.</p>



<p>Ils m’ont déclaré qu’une fois en Tunisie, ceux qui trouvent un travail stable tendent à rester, avec l’espoir d’y faire une vie. Les autres font des petits boulots, afin d’amasser suffisamment d’argent pour payer les passeurs qui les aideront à prendre un jour un bateau vers l’Italie. <br>Ils me disent tous que les problèmes ont surgi brutalement au mois de février, suite au discours du président sur les dangers de l’immigration pour la Tunisie. Tous ont alors été brusquement congédiés par leurs employeurs et depuis, ils ne trouvent pas de petits boulots de remplacement. Ils n’ont plus de ressources, ils n’ont plus d’argent pour vivre. </p>



<p>Pire encore, ils ont été expulsés des logements qu’ils louaient. Ils se sont retrouvés du jour au lendemain dans la rue, exposés à toutes sortes de provocations, d’abus, de violences et d’actes criminels. Ces actes sont d’après eux commis non seulement par des délinquants et des petits bandits, mais même par des gens du quartier qu’ils côtoyaient auparavant.</p>



<p>Le fait le plus marquant est qu’ils affirment que les autorités ont longtemps fermé les yeux sur le sort qui leur était réservé. Selon eux, pendant tout ce temps, les autorités ont fait très peu pour venir à leur secours et intervenir pour mettre fin à toutes ces exactions, et surtout en empêcher de nouvelles. Ils assurent aussi que les autorités n’ont que rarement donné suite à leurs cris d’alarme et aux plaintes qu’ils leur ont soumises. </p>



<p>Les exactions violentes ont malheureusement atteint leur paroxysme les jours qui ont suivi le terrible assassinat, le 3 Juin dernier, d’un Tunisien par une bande de trois ou quatre immigrés. </p>



<p>La seule solution pour se protéger de ces violences, m’ont-ils expliqué, était de ne plus demeurer éparpillés mais de venir se rassembler au centre-ville. Là, ils se sentent, malgré tout, plus en sécurité du fait de la présence d’un grand nombre de Tunisiens qui vivent, travaillent ou circulent dans les alentours.</p>



<p>En sécurité, oui, peut-être, mais les conditions dans lesquelles vivent ces pauvres gens sont absolument inacceptables dans tout Etat de droit qui se respecte, avec de surcroît dans un pays comme le nôtre, connu pour avoir une population accueillante.</p>



<p>L’un des immigrés présents y a d’ailleurs fait référence en me disant : <em>«Vous avez accueilli sans aucun problème, des millions de libyens qui sont venus se réfugier chez vous fuyant leur guerre civile là-bas. Nous ne sommes que quelques centaines. Pourquoi vous nous traitez comme ça ?»</em>. </p>



<p>Et c’est à ce point précis que quelqu’un d’autre se précipite pour tendre son bras et le mettre à côté du mien en me disant : <em>«Tu vois, je suis noir, mais j’ai la même couleur de peau que toi. Nous sommes pareils, non ? Pourquoi alors des Tunisiens comme toi nous ont fait tant de mal ?».</em></p>


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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8856168" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-768x1024.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-225x300.jpg 225w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-1152x1536.jpg 1152w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-1536x2048.jpg 1536w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-580x773.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-860x1147.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-1160x1547.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-8-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
</div>


<p>Il pousse l’argument plus loin en martelant : <em>«En plus, nous venons de pays musulmans. Comme vous, nous sommes tous musulmans. Alors pourquoi? Pourquoi nous traitez-vous comme ça ? Allah ne veut pas ça !»</em></p>



<p>Le cercle de discussions s’élargit davantage. Le débat met l’accent maintenant sur leur peur de l’avenir et sur les risques et les défis qui les attendent. Et là, pour une raison que j’ignore, ils ne s’adressent plus à moi. Ils lèvent la voix pour lancer des appels <em>«Au Président et au Peuple Tunisien»</em>.</p>


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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-9-626x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8856179" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-9-626x1024.jpg 626w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-9-183x300.jpg 183w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-9-768x1256.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-9-580x948.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-9.jpg 828w" sizes="(max-width: 626px) 100vw, 626px" /></figure>
</div>


<p>Leur premier appel est un cri de détresse : <em>«Nous demandons au Président et au Peuple Tunisien de mieux nous traiter, de nous protéger des violences et du racisme et de nous assurer les conditions minimales pour subsister ici, le temps que nous quittons votre pays.»</em></p>



<p>Le deuxième appel est plus insistant : <em>«Nous demandons au Président et au Peuple Tunisien. S’il vous plait, ne nous transportez pas dans le désert, comme vous l’avez fait avec les autres ces derniers jours. Ne nous renvoyez pas non plus dans les pays d’où nous venons ni dans ceux que nous avons traversés pour venir jusque chez vous. Nous ne voulons pas être renvoyés ni en Libye ni en Algérie»</em>.   </p>



<p>Et voilà que quelqu’un hausse la voix pour dire : <em>«Nous avons bien compris que vous ne voulez plus de nous ici. Nous voulons dire au Président et au Peuple Tunisien que nous n’avons rien contre cela. Nous sommes disposés à libérer votre pays de notre présence. La seule petite faveur que nous vous demandons est de nous laisser prendre </em>« <em>la route de l’eau » </em>(sic). <em>Vous verrez en une semaine, vous ne verrez plus aucun de nous en Tunisie. Laissez-nous prendre </em>« <em>la route de l’eau</em>« <em>. Après, ne vous inquiétez pas pour nous. Après, c’est notre affaire. Notre vie est aux mains d’Allah»</em>.</p>



<p>Prendre <em>«la route de l’eau»</em> c’est pour tous ceux à qui j’ai parlé prendre un bateau pour l’Italie. Le rêve de toute cette population subsaharienne de la Place Bab El-Jebli est de quitter la Tunisie pour gagner l’Europe, retrouver un gagne-pain et un peu de dignité. </p>



<p>Cette journée à Sfax m’a profondément affecté. Dans tous mes voyages à travers le monde, notamment en Afrique subsaharienne, j’ai rarement été confronté à une telle déchéance humaine. J’ai honte d’avoir vécu cela dans mon propre pays, cette Tunisie d’ordinaire si accueillante.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="696" height="977" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-10.jpg" alt="" class="wp-image-8856195" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-10.jpg 696w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-10-214x300.jpg 214w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Sfax-migrants-Ph.-Salah-Dargouth-10-580x814.jpg 580w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p>Il faut reconnaitre que le problème est complexe, mais je me permets d’insister sur le fait qu’il n’est pas inextricable. Nous avons en Tunisie suffisamment de forces vives, d’intelligence, de compassion et d’ouverture sur le monde pour qu’ensemble, nous trouvions les solutions appropriées et les traduire en actes tangibles.</p>



<p>En attendant, nous n’avons pas d’autre choix que de traiter avec respect ces immigrés africains qu’ils soient rassemblés à Bab El-Jebli, à Sfax ou éparpillés ailleurs à travers la Tunisie.</p>



<p>En attendant, nous nous devons de leur redonner une dignité. Et ce, en commençant par de simples mesures d’urgence : en ne les laissant pas vivre dans la saleté, la faim et la soif, en leur offrant des abris, un accès à des points d’eau potable et de services sanitaires, en leur distribuant des repas et en leur fournissant des soins médicaux.</p>



<p>La Tunisie, la grande Tunisie de Bourguiba, se doit et peut faire mieux.</p>



<p><em>* Ex-cadre de la Banque Mondiale.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/15/a-bab-el-jebli-a-sfax-et-ailleurs-en-tunisie-le-cri-de-coeur-des-immigres-subsahariens/">A Bab El-Jebli, à Sfax et ailleurs en Tunisie : Le cri de cœur des immigrés subsahariens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Au-delà de la grande histoire : Ali Darghouth, le compagnon de lutte de Bourguiba</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/au-dela-de-la-grande-histoire-ali-darghouth-le-compagnon-de-lutte-de-bourguiba/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 10:38:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[9 avril 1938]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hommage à  Ali Darghouth, un militant de la cause nationale tunisienne dont ne nom est tombé dans l'oubli. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/au-dela-de-la-grande-histoire-ali-darghouth-le-compagnon-de-lutte-de-bourguiba/">Au-delà de la grande histoire : Ali Darghouth, le compagnon de lutte de Bourguiba</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>Il y a quelques jours, le 9 avril 2023, la Tunisie a célébré la journée nationale des martyrs. Une occasion pour rendre hommage à tous les militants de la cause nationale, qu’ils soient des martyrs ou pas. Et, surtout, aux militants dont les noms sont tombés dans l’oubli, comme Ali Darghouth. Son fils retrace ici son parcours.    </em></strong></p>



<p>Par <strong>Salah Darghouth</strong> *</p>



<span id="more-7464863"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Salah-Darghouth.jpg" alt="" class="wp-image-347653"/></figure>
</div>


<p>Le 9 avril de l’année 1938, la population de Tunis est descendue en masse dans la rue à l’appel du Parti du Néo-Destour pour réclamer à la France des droits et l’institution d’un parlement tunisien représentatif.&nbsp;</p>



<p>Mon père Allala (né Ali) était l’un des leaders du parti ayant préparé, conduit et pris le devant de ces manifestations.</p>



<p>Le matin de cette journée, il fait partie de la délégation qui est allée voir le Grand Vizir Hédi Lakhoua pour recevoir la réponse du Bey aux revendications qu’ils avaient exposées à ce dernier trois jours auparavant dans son palais d’Hammam-Lif. A l’issue de cette rencontre où ils apprennent que le Bey refuse de prendre position. Mon père se lance dans un discours mobilisateur appelant les contestataires à <em>«ne pas céder et à continuer le mouvement jusqu’à ce que nous obtenions totale satisfaction»</em>.</p>



<p>De là, il rejoint les autres leaders du parti pour diriger et encadrer les manifestations qui se répandent dans tous les quartiers de la capitale.</p>



<p>La journée se termine dans le sang. Le bilan est lourd. Les forces de l’occupation française tirent sur la foule tuant plus de vingt manifestants et blessant près de deux cents.&nbsp;</p>



<p>Mon père réussit quand même à rentrer chez lui. Sa maison est située au cœur de la Médina de Tunis tout près des souks et de la place de la Kasbah.</p>



<p>Le lendemain, à l’aube, une vingtaine de policiers français se présentent chez lui. Ils défoncent les deux portes de la maison, l’une donnant sur la Rue Saida-Ajoula et l’autre sur la rue parallèle de Sidi Ben Arous.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="800" height="543" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-5.jpg" alt="" class="wp-image-7465130" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-5.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-5-300x204.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-5-768x521.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-5-580x394.jpg 580w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Ne jamais se soumettre</h2>



<p>A peine a-t-il eu le temps de glisser sa Jebba qu’il est menotté manu-militari et conduit de force vers le commissariat central de Tunis où sont déjà entassés des dizaines de leaders du parti dont son chef Habib Bourguiba.</p>



<p>Mon cousin, Docteur Moncef Darghouth était présent le jour de son arrestation. Il témoigne : <em>«Oust Eddar </em>(le grand patio central de la maison) <em>était plein de monde. D’un côté, nous, les membres de la famille. De l’autre, les policiers français. D’un pas sûr, la tête haute, se dirigeant vers la Skifa, l’oncle Allala se tourne vers son fils pour lui dire en haussant la voix et en français ‘‘Courage Tahar. Tiens bon. Ne t’inquiète pas pour moi’’. Vous vous rendez compte&nbsp;! Il lance de tels propos alors que c’est lui qui part vers l’inconnu. La vérité est que pour ceux qui l’ont connu, comme moi, ce n’était que le reflet de sa bravoure&nbsp;habituelle. Pour lui, il faut résister à tout prix et ne jamais se soumettre».&nbsp;</em></p>



<p>Il ne reviendra chez lui que 5 années plus tard. Cinq années passées d’abord dans les prisons civiles et militaires de Tunis et de Téboursouk en Tunisie et ensuite dans la geôle du Haut-Fort Saint-Nicolas de Marseille, avant d’être envoyé en exil à Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue.</p>



<p>Cette longue période d’incarcération et de déportation a coïncidé avec celle de la déflagration et l’expansion de la Deuxième Guerre Mondiale à travers le monde y compris en Afrique du Nord.</p>



<p>C’est ainsi que le champ de bataille de cette guerre se déplace vers la Tunisie pour donner lieu à <em>«la Campagne de Tunisie»</em> qui va durer 7 mois (de novembre 1942 à mai 1943).</p>



<p>Lors de cette campagne, les combats ont été féroces. Ils ont opposé des centaines de milliers de soldats appartenant d’un côté aux forces alliées britanniques, américaines et françaises et de l’autre aux forces de l’Allemagne nazie et de l’Italie.</p>



<p>La <em>«grande histoire»</em> invoque les milliers de soldats étrangers tués lors de cette campagne. Elle fait abstraction de la mort des soldats tunisiens engagés aux côtés des forces françaises et allemandes et plus encore des pertes collatérales auprès des civils tunisiens.</p>



<p>C’est dans ce contexte qu’à quelques mois de sa libération, mon père reçoit l’effroyable nouvelle concernant son épouse Zakia (née El Khalsi). Ella Zakia vient d’être touchée mortellement par un bombardement aérien. En toute vraisemblance, il s’agissait d’un bombardement anglais visant une base allemande située à proximité de la maison des parents où résidait Zakia, en attendant le retour espéré de son mari des terres d’exil.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4-1024x710.jpg" alt="" class="wp-image-7465147" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4-1024x710.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4-300x208.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4-768x532.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4-580x402.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4-860x596.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4-1160x804.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-4.jpg 1275w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;abnégation dans la lutte</h2>



<p>A son retour à la mère-patrie et à l’instar de ses compagnons de lutte, mon père a est accueilli en héros. La <em>«driba»</em> de la maison étaient constamment bourrée de militants du parti qui se bousculaient pour venir lui souhaiter la bienvenue et lui faire part de leurs admiration, reconnaissance et respect.</p>



<p>Toutefois, la vérité était qu’au niveau personnel, mon père se sentait diminué physiquement, atteint entre autres d’un diabète avancé mal soigné. Plus encore, il était également profondément affecté par le vide que lui a laissé la mort subite de son épouse Zakia.</p>



<p>Son fils, mon frère, Tahar Darghouth, devenu entre-temps professeur de mathématiques, fait tout ce qui est en son pouvoir pour l’aider à remonter la pente. Il l’encourageait surtout refaire sa vie, à se remarier tout en poursuivant son engagement politique auprès du parti du Néo-Destour.</p>



<p>Deux années après son retour d’exil, il épouse ma mère, Ouacila (née Bouaziz).</p>



<p>Au bout de quatre années de vie ensemble, des années dont ma mère a toujours parlé comme étant les plus heureuses de sa vie, l’état de santé de mon père se détériore et de plus en plus gravement.</p>



<p>Les militants du Parti défilent à la maison pour venir à son chevet. Parmi eux, le futur président Bourguiba. A ce propos, ma mère me confie&nbsp;: <em>«Si Habib s’approche de son lit de mort et lui dit&nbsp;: ‘‘Si Ali, comme vous voyez, vous êtes chez vous, entouré par tant de proches et militants qui vous doivent tant d’amour, d’admiration et de respect. Quant à moi, qui sait&nbsp;? Il se peut que j’aille finir ma vie dans cette même cellule où nos mains étaient attachées à la même menotte lors de nos incarcérations ensemble»</em>.</p>



<p>Quelque temps après, en décembre 1949, mon père décède, laissant derrière lui une jeune veuve, ma mère, Ouacila (20 ans) avec deux bébés à charge, mon frère, Kamel, et moi.</p>



<p>Le lendemain, des funérailles nationales sont organisées. Le cercueil du militant Ali Darghouth enveloppé du drapeau tunisien est porté sur les épaules des militants du Parti du Néo-Destour et ce, tout le long du parcours séparant sa maison au cœur de la Medina du cimetière du Djellaz à l’autre bout de la capitale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-1024x718.jpg" alt="" class="wp-image-7465158" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-1024x718.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-300x210.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-768x539.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-580x407.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-860x603.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth-1160x814.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Ali-Darghouth.jpg 1260w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Emu, debout devant son cercueil, le président Bourguiba prononce un discours lui rendant hommage pour son héroïsme et son abnégation dans la lutte pour la libération de la Tunisie du joug du colonialisme français.&nbsp;</p>



<p>Mon père n’a pas eu la chance d’assister à la proclamation de l’Indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956, à l’institution de la République, le 25 juillet 1957, et au parachèvement de la nationalisation de toutes les terres qui étaient aux mains des colons français, le 12 mai 1964.</p>



<p>Cette dernière phase de libération nationale aurait eu pour mon père une signification très particulière. Son père, Chedly Darghouth qui était un militant d’avant-garde au sein du parti Destour de Abdelaziz Thaalbi, dans les années vingt du siècle dernier, s’était notamment distingué par son leadership et ses écrits dans les luttes menées contre l’accaparation des terres des fellahs tunisiens par les colons français.</p>



<p><em>* Ex-cadre de la Banque Mondiale à Washington, Etats-Unis.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/au-dela-de-la-grande-histoire-ali-darghouth-le-compagnon-de-lutte-de-bourguiba/">Au-delà de la grande histoire : Ali Darghouth, le compagnon de lutte de Bourguiba</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : Mechichi, principal responsable du retard de la campagne de vaccination contre le Covid-19</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/tunisie-mechichi-principal-responsable-du-retard-de-la-campagne-de-vaccination-contre-le-covid-19/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 May 2021 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[campagne de vaccination]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Darghouth]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tous les observateurs avisés s’accordent à affirmer qu’à ce stade précis de la propagation du Covid-19, les programmes de vaccination de masse devraient constituer la priorité absolue des plus hauts responsables des pays pour se sortir des crises sanitaires et économiques profondes sévissant partout dans le monde. La plupart de ces hauts dirigeants l’ont compris...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Hichem-Mechichi-vaccination.jpg" alt="" class="wp-image-347656"/><figcaption><em>Hichem Mechichi, âgé de 47 ans, est vacciné : beaucoup de Tunisiens âgés de plus de 65 ans attendent toujours de l&rsquo;être eux aussi&#8230; </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Tous les observateurs avisés s’accordent à affirmer qu’à ce stade précis de la propagation du Covid-19, les programmes de vaccination de masse devraient constituer la priorité absolue des plus hauts responsables des pays pour se sortir des crises sanitaires et économiques profondes sévissant partout dans le monde. La plupart de ces hauts dirigeants l’ont compris et ont pris, à cet effet, les mesures qui s’imposent. Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous où le chef du gouvernement Hichem Mechichi a préféré déléguer cette responsabilité à d’autres. Le résultat est la catastrophe que nous vivons aujourd’hui…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Salah Darghouth</strong> *</p>



<span id="more-347652"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Salah-Darghouth.jpg" alt="" class="wp-image-347653"/></figure></div>



<p>Loin derrière le Maroc et la plupart des pays de la région Moyen Orient-Afrique du nord (Mena), notre pays a déplorablement raté la phase de démarrage de sa campagne nationale de vaccination. À ce jour, le nombre de vaccinations pour 100 habitants ne dépasse pas 3. Même la Jordanie et le Liban, dont les problèmes socio-économiques et sanitaires sont cruellement exacerbés par l&rsquo;afflux massif des millions de réfugiés syriens, ont fait mieux.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Graphic-1.jpg" alt="" class="wp-image-347654" width="500"/></figure></div>



<p>En vue de mesurer les efforts déployés par chaque pays, les sites spécialisés ont intentionnellement relevé la date d’administration de la première vaccination, c’est-à-dire celle du lancement du programme de vaccination. Là aussi, notre pays est à la traîne. La campagne de vaccination n’a été lancée que le 13 mars dernier alors qu’elle a démarré un à trois mois plus tôt dans la plupart des pays de la région.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Graphic-2.jpg" alt="" class="wp-image-347655" width="500"/></figure></div>



<p>Tous les observateurs avisés s’accordent à affirmer qu’à ce stade précis de la propagation du Covid-19, les programmes de vaccination de masse devraient constituer la priorité absolue des plus hauts responsables des pays pour se sortir des crises sanitaires et économiques profondes qui sévissent partout.</p>



<p>La plupart de ces plus hauts dirigeants l’ont compris. Ce n’est pas par hasard que le président Biden a placé le «plan tout-azimut» de vaccination en tête de l’ambitieux agenda de ses 100 premiers jours à la Maison Blanche. Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous où le chef du gouvernement a préféré déléguer cette responsabilité à de nombreux autres.</p>



<p>Notre pays bénéficie de compétences supérieures incontestables en matière de connaissances et pratiques médicales et sanitaires. Sans celles-ci, la crise induite par la pandémie de la Covid19 aurait pu être bien plus catastrophique encore. Toutefois, pour réussir une campagne de vaccination de masse, plusieurs enjeux doivent être abordés de front. Ces enjeux sont nombreux, divers et complexes. Les attaquer avec succès demande un effort monstre d’information, de mobilisation, d’organisation, de coordination et de suivi rapproché et sans relâche.</p>



<p>Le chef du gouvernement dispose de tous les pouvoirs et de tous les moyens légaux, institutionnels et financiers pour assumer ces enjeux et pour agir. Il lui faut agir vite si la Tunisie veut réussir son programme national de vaccination, vital pour la nation. Pour cela, il n’a certainement pas besoin d’une autorisation ou d’une signature préalable du président de la république. Il n’a pas non plus besoin d’une loi majeure ou d’un vote quelconque de la part de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Il est le premier responsable de l’échec du démarrage de la campagne nationale de vaccinations. Tant qu’il reste au pouvoir, il sera le premier responsable du succès ou de l’échec des phases suivantes de cette campagne.**</p>



<p>* <em>Ancien cadre à la Banque Mondiale.</em></p>



<p><em>** Le titre est de la rédaction.</em></p>
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		<title>Tunisie : Pour un développement agricole et rural intégré</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Aug 2020 08:34:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[agricultrices]]></category>
		<category><![CDATA[Bousalem]]></category>
		<category><![CDATA[Jendouba]]></category>
		<category><![CDATA[ouvrières agricoles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Commentant un reportage sur les femmes ouvrières agricoles travaillant durement dans les champs, même le jour de célébration de la journée nationale de la femme, le 13 août 2020, chômé dans tout le pays, l’ingénieur agronome Salah Darghouth a réitéré son appel, partagé par beaucoup de ses collègues, pour un développement agricole et rural intégré....</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/15/tunisie-pour-un-developpement-agricole-et-rural-integre/">Tunisie : Pour un développement agricole et rural intégré</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/femmes-agricoles-travailleuses.jpg" alt="" class="wp-image-311907"/></figure>



<p><strong><em>Commentant un reportage sur les femmes ouvrières agricoles travaillant durement dans les champs, même le jour de célébration de la journée nationale de la femme, le 13 août 2020, chômé dans tout le pays, l’ingénieur agronome Salah Darghouth a réitéré son appel, partagé par beaucoup de ses collègues, pour un développement agricole et rural intégré.</em></strong></p>



<span id="more-312100"></span>



<p>Le <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200814-tunisie-femmes-agriculture-calvaire" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">reportage de RFI</a> rappelle que les femmes ouvrières agricoles représentent près de 80% de la main d’œuvre du secteur et ont très peu de droits sociaux et économiques. Elles travaillent 6 jours sur 7 pour un salaire journalier de 15 dinars et, pour la plupart, sans aucune couverture sociale. <em>«Je travaille de 6h du matin à 14h. Je n’ai pas l’impression que je peux prétendre à des droits. Pour moi, c’est si tu travailles, tu es payée, si tu ne travailles pas tu n’es pas payée et c’est tout»</em>, dit l’une d’elle à la journaliste venue à sa rencontre. Elle n’attend d’ailleurs rien des dirigeants politiques : <em>«Il n’y a rien de bon avec ceux qui nous gouvernent, ils se bagarrent toute la journée, ils volent et mentent. Même quand vous allez voir les représentants locaux, ils ne s’occupent pas de vous»</em>, dit-elle encore à la correspondante de RFI.</p>



<p>Tout en louant le courage de sa compatriote, Salah Darghouth estime, pour sa part, que,<em> «malgré toutes les tergiversations du moment»</em>, il y a <em>«une petite lueur d’espoir que le gouvernement en cours de formation </em>(par Hichem Mechichi, Ndlr) <em>pourrait faire mieux pour changer de cap et pour de bon!»</em></p>



<p>Pour l’économiste, <em>«le développement agricole et rural intégré doit être l’un des axes de remise à niveau de notre économie, de la réduction des inégalités et de la gestion durable des ressources naturelles de notre pays.»</em></p>



<p>Le président de la république Kaïs Saïed aurait été mieux inspiré de développer ce genre d&rsquo;idées en parlant aux femmes agricultrices qu&rsquo;il a rencontrées, le 13 août, dans un champ, à Bousalem (Jendouba), au lieu de leur rappeler son opposition personnelle à l&rsquo;initiative visant à instaurer l&rsquo;égalité successorale, laquelle égalité aurait pourtant permis à beaucoup de ces femmes d&rsquo;améliorer leurs conditions en devenant copropriétaires des terres qu&rsquo;elles irriguent de leur sueur. </p>



<p>M. Saïed, un président dans les nuages, a souvent une vision de la réalité biaisée par ses partis-pris idéologiques.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B. </strong></p>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vnjEzqfsbg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/03/02/lexpert-salah-dargouth-propose-un-programme-de-reformes-pour-mettre-a-niveau-lagriculture-tunisienne/">L&rsquo;expert Salah Dargouth propose un programme de réformes pour mettre à niveau  l&rsquo;agriculture tunisienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;expert Salah Dargouth propose un programme de réformes pour mettre à niveau  l&rsquo;agriculture tunisienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/03/02/lexpert-salah-dargouth-propose-un-programme-de-reformes-pour-mettre-a-niveau-lagriculture-tunisienne/embed/#?secret=72BlYKU6Aj#?secret=vnjEzqfsbg" data-secret="vnjEzqfsbg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="51gJeb8UXH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/12/tunisie-fete-de-lagriculture-defaite-des-politiques-agricoles/">Tunisie : fête de l’agriculture, défaite des politiques agricoles</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : fête de l’agriculture, défaite des politiques agricoles » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/12/tunisie-fete-de-lagriculture-defaite-des-politiques-agricoles/embed/#?secret=Vofvvg37RJ#?secret=51gJeb8UXH" data-secret="51gJeb8UXH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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