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	<title>Archives des Samarcande - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Samarcande - Kapitalis</title>
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		<title>Introduction à l’œuvre d’Amin Maalouf</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Dec 2024 07:52:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La principale qualité d’Amin Maalouf c’est son regard synoptique et anticipateur du monde qui vient à chaque époque.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/25/introduction-a-loeuvre-damin-maalouf/">Introduction à l’œuvre d’Amin Maalouf</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Amin Maalouf ne fait pas dans le syncrétisme humaniste, vu comme étant une réflexion niaise, faible et romantique. Loin s’en faut ! Il ressort les spécificités de chaque culture, bien entendu on parle d’Orient et d’Occident, sans pour autant promouvoir la confrontation. C’est un travail d’orfèvrerie et de nuance fine qui rassure et qui castre toute envie d’opposition.</em></strong></p>



<p><strong>Sami Kouki</strong><strong></strong></p>



<span id="more-14977380"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki.jpg" alt="" class="wp-image-14977397" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>J’ai lu toute l’œuvre d’Amin Maalouf, enfin presque; il me manque juste un livret d’opéra, <em>‘‘Adriana Mater’’</em> que je n’ai pu acquérir. J’ai commencé le 24 septembre plus précisément. J’ai tout repris depuis le début, pour certains livres comme <em>‘‘Samarcande’’, ‘‘Les identités meurtrières’’</em> ou encore <em>‘‘Les jardins de lumière’’</em>, je les ai relus. Je voulais enchaîner les livres du même auteur dans l’espoir de mieux cerner sa pensée, sans aucune déperdition.</p>



<p>L’œuvre d’Amin Maalouf est assez conséquente, et on peut en faire une taxinomie en quatre branches : les romans (essais) historiques; les essais; le Liban; et des romans d’anticipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les romans historiques :</h2>



<p>Les romans historiques de Maalouf, ne sont pas des contes, figés dans un moment précis, l’époque où leurs faits se déroulent, même s’il un formidable conteur. C’est une véritable matière à réflexion sur notre temps, un tremplin entre une période passée et un pendant qui ne peut en être détaché. C’est fait en douceur, avec de la magnanimité, loin de toute auto-flagellation ou de ressentiment mais sans tomber, pour autant dans le piège de la glorification niaise, chauvine et improductive.</p>



<p>Il nous pousse à regarder, à la fois avec un microscope, les évènements d’époque pour mieux les cerner et, avec un œil macroscopique, l’holisme de la marche d’histoire, sa répétition et ses attaches immuables. Il y a un côté structuraliste, Braudelien, chez Maalouf qu’on ne peut occulter.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Les jardins de lumière’’</em> (1991) : la vie de Mani, théologien du troisième siècle après J.-C., père de la doctrine manichéiste, conception qui admet le dualisme antagoniste d&rsquo;un principe du bien et d&rsquo;un principe du mal. Mani est un humaniste qui visa à réconcilier les religions de son temps. Le ton de l’œuvre de Maalouf est donné : une lutte intellectuelle contre la binarité (quand bien même le roman porte sur un personnage dont la vision est binaire et qu’on appelle, en psychologie tout délire dans lequel le malade voit le monde divisé en deux fractions qui s&rsquo;affrontent à son sujet, manichéisme délirant). Une lutte contre l’essentialisme et le choc des cultures.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Les croisades vues par les arabes’’</em> (1983) : cet essai historique, très documenté, présente les croisades entamées en 1096 du point de vue oriental. De l’invasion, à l’occupation, la riposte, la victoire jusqu’à l’expulsion à la fin du treizième siècle. Maalouf analyse les enjeux politiques de l’époque, les luttes fratricides, la sauvagerie et l’anéantissement qui sont à mille lieues de l’image chevaleresque qu’on associe aux croisades.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Samarcande’’</em> (1988) : c’est l’orient du onzième siècle sous l’extrémisme de la secte des assassins par Hassan Sabbah, le magnifique Omar Khayyam, le poète du vin, de l’amour et le libre penseur qu’il était. Et puis un manuscrit dont on retrouve la trace au début du XXe siècle. Œuvre contemporaine finalement parce qu’on retrouve, dans notre époque, les mêmes ingrédients de manigances politiques, de luttes pour le pouvoir et de la poésie comme remède qui nous aiderait à supporter l’absurdité de notre pendant.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘L’amour de loin’’</em> (2001). Livret d’opéra. Jaufré Rudel, prince de Blaye et troubadour, au XIIe siècle, tombe éperdument amoureux d’une femme qu’il n’avait jamais vue auparavant et qu’il finit par rencontrer à Tripoli pour mourir dans ses bras. C’est une ode à l’amour, qu’il soit de près ou de loin.</p>



<p><em>‘‘Léon l’africain’’</em> (1986). La vie de Hassen Al Wazzen de la Grenade de la chute (1492) jusqu’à Rome du pape Léon X, de Raphaël le peintre florentin et la renaissance italienne du Cinquecento. Un voyage exquis de ce formidable personnage, d’une intelligence rare et d’un destin hors du commun. Il faudra peut-être revivre son voyage, personnellement, en le commençant à la cité palatine d’Alhambra, ré-imaginer la vie à cette époque sous les Nasrides et leur dernier prince Boabdil et la Reconquista d’Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, pour le finir à Rome, au Vatican, à la chapelle Sixtine.</p>



<p><em>‘‘Le périple de Baldassare’’</em> (2000) : Nous sommes au Liban du XVIIème siècle, à Gibelet, c’est le point de départ du périple de Baldassare Embriaco, génois d’orient, à la recherche d’un manuscrit, qui le ramène en la Méditerranée de l’empire turc jusqu’en Angleterre en pleine guerre contre les Hollandais, en passant par la Gênes de ses ancêtres. Un personnage quelquefois boulet, digne d’un Pierre Richard dans <em>‘‘La Chèvre’’ </em>et extrêmement attachant !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les essais:</h2>



<p>Ils sont en nombre de quatre : <em>‘‘Les identités meurtrières’’</em> (1998); <em>‘‘Le dérèglement du monde’’</em> (2009); <em>‘‘Le naufrage des civilisations’’</em> (2019); et <em>‘‘Le labyrinthe des égarés’’</em> (2023).</p>



<p>Maalouf a écrit des essais avec un rythme, non aléatoire, d’un essai par décennie, sauf le dernier qui fut publié cinq ans après le pénultième et pour des raisons d’urgence dont je vais parler après.</p>



<p>La principale qualité d’Amin Maalouf c’est son regard synoptique et anticipateur du monde qui vient (pour reprendre le titre de l’essai d’Alain Minc), à chaque époque. Un regard analytique et se transforme en prophétie synthétique. Maalouf a su saisir <em>«l’esprit de l’époque»</em>, le <em>«Zeitgeist»</em> en Allemand, c’est-à-dire les aspects microscopiques, unitaires qui régissent une époque, une décennie, une période, c’est le quantum de l’instant, la plus petite unité de mesure de l’âme de l’humanité à un moment donné.</p>



<p>C’était la bataille, le repli plutôt, identitaire, le besoin d’appartenance collective avec ses externalités négatives telles que le repli religieux ou national. C’était en 1998, soit trois ans avant l’évènement majeur pour l’humanité : le 11 septembre 2001. Maalouf nous invite à prendre un peu de recul par rapport aux évènements, par rapport à certains complexes d’infériorité qui se traduisent par un ressentiment meurtrier, la prolifération du conspirationnisme et une envie de vengeance fondée sur le rejet de la défaite.</p>



<p>Maalouf ne fait pas dans le syncrétisme humaniste, vu comme étant une réflexion niaise, faible et romantique. Loin s’en faut ! Il ressort les spécificités de chaque culture, bien entendu on parle d’Orient et d’Occident, sans pour autant promouvoir la confrontation. C’est un travail d’orfèvrerie et de nuance fine qui rassure et qui castre toute envie d’opposition. Il évoque les principes fondamentaux qui réunissent les humains : la liberté, la justice et les mécanismes nécessaires pour les mettre en œuvre : la démocratie et les juridictions équitables.</p>



<p>Dans <em>‘‘Le dérèglement du monde’’</em>, Maalouf situe l’année où tout a basculé en 1979, c’est Khomeiny qui rentre triomphant en Iran, c’est Thatcher qui prend les rênes en Grande-Bretagne et le triomphe du capitalisme, suivi de l’élection de Reagan aux États-Unis. L’année 1979 c’est aussi la Mecque prise d’assaut par des extrémistes religieux, ses 300 morts, cette libération assistée par le GIGN français et comment l’Arabie Saoudite est entrée, politiquement, dans un fondamentalisme qui affecte jusqu’à aujourd’hui nos vies. L’entrée en guerre des Soviétiques dans le bourbier afghan, ses conséquences sur les Américains.</p>



<p>Tous ces évènements, cette année principalement, ont crée le dérèglement du monde. Un dérèglement identitaire, économique avec le triomphe de l’ultralibéralisme et climatique enfin.</p>



<p><em>‘‘Le naufrage des civilisations’’</em>, on retrouve Maalouf pessimiste quant l’avenir du monde. Le diagnostic est sans équivoque : le monde est foutu ! Plus rien ne va ! La déshumanisation triomphante, la perte de repères, le conflit des civilisations tellement chéri par les belliqueux et rejeté par les humanistes dont il fait partie, est en train de prendre le dessus. Maalouf ressort les maux qui ont fait qu’on en arrive à ce constat, le communisme comme politique et l’anticommunisme maccarthyste comme réflexe. Ça a été la source principale de l’échec de toute tentative de réforme dans le monde dit oriental : Mossadegh en Iran des années 50 comme opportunité manquée, Nasser en Egypte également, mais de sa faute cette fois.</p>



<p>Maalouf a rompu le cycle d’un essai tous les dix ans pour écrire, cinq ans après, un autre qui redonne espoir ! L’historien reprend du service et essaie de dire, à travers &nbsp;<em>‘‘Le Labyrinthe des égarés’’</em> que tout n’est pas finalement foutu ! L’histoire nous a démontré que l’on peut ressortir des ténèbres par notre intelligence et par l’évitement de l’arrogance triomphatrice. <em>«Les dieux rendent arrogant celui dont ils veulent la perte!»</em>, c’est la sagesse grecque qui nous le rappelle.</p>



<p>A travers l’exemple japonais de la période meiji, les Russes de la révolution, la Chine de Sun Yat-Sun et les États-Unis, Maalouf nous démontre la capacité des humains d’aller outre leur condition à condition de ne pas laisser l’arrogance des victoires prendre le dessus et raviver l’envie de domination.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Liban&nbsp;:</h2>



<p>Maalouf est amoureux de son pays natal et nous le fait aimer à travers ses écrits. C’est d’abord à travers <em>‘‘Le rocher de Tanios’’</em>, le Goncourt de 1993, un conte sur le Liban du XIXe siècle, sous l’empire (emprise) ottoman(e). Une histoire de beauté, de soumission et enfin de courage.</p>



<p><em>‘‘Les échelles du levant’’</em> ou le parcours d’un gentilhomme libanais de la résistance en France à la folie dans un asile au Liban. L’amour d’une fille qui s’est fixée comme mission de retrouver son père.</p>



<p><em>‘‘Les désorientés’’</em> ou le retour aux sources d’une bande d’amis de la diaspora libanaise sous fond de souvenirs de guerre civile avec toutes ses conséquences sur les hommes et femmes du Liban et sur le Liban lui-même comme expérience magnifique du vivre ensemble, de l’effacement de toute tentation identitaire exclusive !</p>



<p>Enfin <em>‘‘Origines’’</em>, que Maalouf n’avait pas voulu intituler <em>‘‘Racines’’</em> parce que, comme une bonne partie de nous, nous sommes de sempiternels étrangers, les racines évoquent l’attachement inhibiteur, castrateur. Origine est le mot adéquat, celui d’un point de départ vers l’immensité du monde.</p>



<p><em>‘‘Origines’</em> est le livre le plus personnel de Maalouf, il nous présente de manière on ne peut plus tendre, sa famille, depuis les arrière-grands-parents et l’oracle de départ qui suit les habitants du levant.</p>



<p>S’il y a un livre à lire d’Amin Maalouf, un seul ? <em>‘‘Léon l’africain’’</em> pour moi, sans la moindre hésitation !</p>



<p><em>* Professeur universitaire en finance.</em><br></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sn7zwstdTF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/">Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/embed/#?secret=9SkaUDvWr2#?secret=sn7zwstdTF" data-secret="sn7zwstdTF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 07:03:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien-document avec Amin Maalouf, récemment élu secrétaire perpétuel de l'Académie française.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf vient d’être élu secrétaire perpétuel de l’Académie française. Consécration méritée pour ce conteur hors pair, romancier de grand talent et essayiste qui a su analyser avec courage, pondération et responsabilité les grands bouleversements de son temps auxquels il a été d’ailleurs lui-même mêlé. A cette occasion, nous donnons à lire à nos lecteurs cet entretien qu’on a eu avec lui, il y a près de 35 ans, au tout début de sa carrière littéraire. Et publié au quotidien ‘‘Le Temps’’ le 2 mars 1989. Toute sa pensée est déjà en place…</em></strong></p>



<p>Propos recueillis par <strong>Ridha Kefi &nbsp;</strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<span id="more-10022695"></span>



<p>L’Orient fascine toujours ceux qui en occident en font l’objet de leurs fantasmes érotico-religieux. Et pour cause&nbsp;: le berceau des Mille et une nuits garde encore ses secrets. Tous ceux qui s’y sont aventurés&nbsp; (voyageurs, chroniqueurs, missionnaires, soldats, contrebandiers, marchands ou vendeurs de rêves) en sont revenus transformés, touchés par sa grâce millénaire, de sorte que le fameux <em>«appel de l’Orient»</em> s’en trouve à chaque fois, plus insistant, irrésistible. Byron, Nerval, Rimbaud, Loti, Genet, Le Clézio… ont, chacun à sa manière, répondu à l’appel. Infatigable, la même vague continue&nbsp; encore de battre les rivages sud de la Méditerranée. Les malentendus, les conflits, les calculs géostratégiques… n’ont jamais altéré le voluptueux désir d’une rencontre possible entre deux mondes que tout semble diviser et unir à la fois. A la fascination attisée par la peur semble répondre un besoin de compréhension, sinon comment expliquer la passion&nbsp; et l’intérêt que suscite une certaine littérature&nbsp; orientale ou <em>«orientalisante»</em> auprès de la masse des lecteurs occidentaux&nbsp;? N’est-il pas significatif que parmi les bestsellers en France de ces trois dernières années, on compte deux livres d’auteurs d’expression française&nbsp;? J’ai nommé <em>‘‘La nuit sacrée’’</em> de Tahar Ben Jelloun et <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> d’Amin Maalouf.</p>



<p>Grâce au dynamisme de la Mission culturelle française, le public tunisien a pu rencontrer le premier il y a moins d’un an. Idem pour le second qui vient d’animer plusieurs rencontres à Tunis, Sfax et Carthage qu’un grand public a suivi avec intérêt.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’ai rencontré Amin Maalouf pour la première fois&nbsp; au mois de juillet 1986. Il était venu au CCI de Hammamet, sur invitation de la 1<sup>ère</sup> session de l’Université d’été&nbsp; euro-arabe, présenter Hassan Al Wazzan alias <em>«Léon l’Africain»</em> auquel il venait de consacrer un livre, le second après <em>‘‘Les Croisades vues par les Arabes’’</em>.</p>



<p>On connaissait bien le journaliste-reporter au grand parcours, directeur d’<em>Annahar arabe et international </em>et rédacteur en chef de <em>Jeune Afrique</em>, et on découvrait un romancier v de grand talent, conteur né et observateur «exact» de l’Histoire. Son troisième livre <em>‘‘Samarcande’’</em> publié l’année dernière a encore valu à Amin Maalouf la première place des meilleures ventes&nbsp; de livres en France et, surtout, une critique des plus enthousiastes. Le conteur virtuose s’est doublé d’un fin styliste.</p>



<p>A Tunis, ceux qui ont aimé <em>‘‘Les Croisades…’’</em>, <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> et <em>‘‘Samarcande’’</em> ont découvert un auteur qui, loin de jouer la vedette, sait dépassionner un débat et nuancer une opinion. « Je suis un homme d’interrogation et non de conviction», dira-t-il dans l’entretien qu’il nous a accordé et dont nous publions ici la partie qui nous semblé la plus significative de sa démarche et de sa pensée. Ecoutons-le&#8230;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg" alt="" class="wp-image-10056061" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-768x480.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Amin-Maalouf-Hammamet-1986-580x363.jpg 580w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>Amin Maalouf à l&rsquo;Université d&rsquo;été euro-arabe à Hammamet en 1986. </em></p>



<p><strong><em>Ridha Kéfi : Pour commencer cet entretien, j’aimerais vous poser une question d’ordre général : vis trois livres publiés jusque-là évoquent des périodes historiques allant du 9<sup>e</sup> au 16<sup>e</sup> siècle. De la part d’un homme qui, de par son travail journalistique, a été longtemps confronté à l’actualité  l plus brûlante du monde contemporain, ce saut dans le moyen-âge  peut paraître inattendu ?</em></strong></p>



<p><strong>Amin Maalouf&nbsp;</strong>: Il y a chez moi un désir de revenir au passé qui tient de plusieurs raisons. Tout d’abord, j’ai l’impression qu’en connaissant mieux le passé, on a des clés pour le présent et peut-être aussi, certaines raisons d’espérer pour l’avenir. Mais cela dit, je ne me limiterai pas au moyen-âge. D’ailleurs, ce que nous appelons aujourd’hui le moyen-âge (dans l’acceptation des historiens) n’a pas la même valeur ni la même signification&nbsp; concernant l’histoire du monde islamique. Le moyen-âge&nbsp; désigne, quand on parle d’histoire occidentale, une période&nbsp; de décadence située entre d’une part les gloires de l’antiquité&nbsp; et celles de la renaissance&nbsp; d’autre part.</p>



<p>S’il fallait définir le moyen-âge pour le monde arabe, ce ne serait certainement pas le 11<sup>e</sup> ou le 12<sup>e</sup> siècle, mais plutôt la période&nbsp; qui a commencé après Ibn Khaldoun et qui finira avec la renaissance que nous espérons. Je pense que quand je ne reviens pas au passé, en fait je reviens au moyen-âge. C’est un peu, pour un auteur occidental, l’équivalent d’un retour à l’antiquité tel qu’il pouvait s’opérer&nbsp; à la fin du moyen-âge et le désir de redécouvrir une époque glorieuse où la civilisation arabe était l’une des plus avancées dans le monde sur le plan scientifique et technologique et celui des idées également. On était même à certains moments&nbsp; dans cette partie du monde, les phares de la pensée. Les personnages que je choisis sont des personnages qui préfigurent une renaissance.</p>



<p><strong><em>Cette sorte d’«antiquité» arabe serait une période exemplaire pour vous, vu le nombre d’enseignements qu’on peut en tirer pour appréhender le présent du monde arabe&nbsp;?</em></strong></p>



<p>C’est vrai, quoique le terme <em>«enseignements»</em> est un peu délicat à manier. Il y a toujours un risque à vouloir partir des évènements du passé pour pouvoir&nbsp; tirer des conclusions et donner des leçons quant au présent. Ce n’est pas tout à fait ma démarche. J’essaie seulement de comprendre un peu mieux el présent en étudiant le passé, et trouver encore des raisons d’espérer en me disant que cette civilisation&nbsp; qui a donné de grands moments&nbsp; de vitalité créatrice, comme ceux de la première période abbasside ou de l’Andalousie, peut donner d’autres grands moments d’ouverture, d’expansion et, disons plus simplement, de participation effective et significative à la civilisation universelle.</p>



<p><strong><em>Vos trois livres appréhendent d’une façon ou d’une autre la question religieuse dans son aspect politique&nbsp;: Dans ‘‘Les Croisades…’’ c’est l’affrontement pur et simple de deux aires religieuses; dans ‘‘Léon l’Africain’’ on retrouve ce même affrontement à travers la vie et la personnalité d’un homme au destin insolite pour son époque&nbsp;; dans ‘‘Samarcande’’, enfin, la question religieuse apparaît dans la foi très particulière de votre personnage principal Omar Khayam et dans l’expression violente d’une mystique activiste représentée par Hassan Sabbah.</em></strong></p>



<p>Je pense que c’est vrai…&nbsp; Je dirai que la préoccupation métaphysique et l’intérêt que je porte effectivement au phénomène religieux est une réalité qui transparaît à travers tout ce que j’écris. Et se sera également ainsi pour le livre que je commence à préparer. Même s’il est prématuré d’en parler, d’autant que le sujet n’est pas encore très clair dans mon esprit, je peux quand même affirmer qu’il y aura une place dans ce livre pour la préoccupation religieuse.</p>



<p>Je pense qu’il y a dans mes livres une présence&nbsp; de la religion comme une présence de la politique, de l’art, de la poésie, et d’autres thèmes encore, comme la tradition et la modernité. Sans énumérer ces thèmes, je pense que la religion en est un, et je conviens avec vous que c’est pour moi un thème très central, quoique je ne l’aborde jamais directement. Je ne suis pas un spécialiste de la religion et il n’est pas dans mes intentions d’élaborer des idées religieuses. Mais je ne peux pas être insensible&nbsp; à la présence réelle de la préoccupation et des idées religieuses dans les époques auxquelles je m’intéresse.</p>



<p><strong>Je me demande si votre biographie personnelle (votre naissance libanaise, la guerre dont vous avez observé le déclenchement dans votre pays&nbsp; et qui a un caractère confessionnel entre autres) n’est pas derrière cette fascination devant l’expression politique de la religion&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est tout à fait vrai. Je pense, effectivement, que quelqu’un qui a vécu comme moi au Liban, qui est parti de son pays à cause d’une guerre qui a un aspect confessionnel, et qui s’est trouvé contraint à l’immigration du fait d’un conflit de ce type, ne peut pas être insensible à la place de la religion et de la guerre des religions dans l’Histoire – même si au Liban, on ne peut parler d’une guerre de religions, mais d’une guerre qui a une dimension ou une coloration religieuse, au moins partiellement.</p>



<p>Quand je parle de croisades, c’est-à-dire d’une guerre menée sur des thèmes religieux, il est évident que c’est une préoccupation vitale pour moi, et non pas une observation froide de l’Histoire. Cela est aussi vrai de ‘‘Léon l’Africain’’ où j’évoque un personnage né à Grenade, au sein d’une civilisation islamique à son apogée, enlevé par des pirates et ramené à Rome où il a commencé à vivre dans une culture tout çà fait différente… Là encore, la question de la religion, de l’immigration, du passage d’un monde culturel à un autre, ne m’est pas indifférente. Ce n’est donc pas par hasard que j’ai choisi&nbsp; ce personnage plutôt qu’un autre&nbsp; pour écrire mon roman. Mais en voulant raconter l’histoire de ce personnage historique, je n’ai pas cherché à introduire mes propres idées, mais essayé de redécouvrir le personnage et son histoire. Idem pour <em>‘‘Samarcande’’</em> qui est un livre sur l’islam iranien, son passé proche et lointain.</p>



<p>Là encore, il est impossible pour quelqu’un qui vit notre époque contemporaine de ne pas être sensible à la place de la religion dans le monde iranien, surtout que les événements des dix dernières années ont montré que c’est un aspect qu’il fallait absolument mieux étudier pour mieux le comprendre. Je pense que tous ceux qui l’ont observé de manière superficielle se sont trompés avec les conséquences graves que l’in sait.</p>



<p>L’expression politique su phénomène religieux est donc une préoccupation constante pour moi. Car le fait de vivre dans le monde&nbsp; d’aujourd’hui&nbsp; où l’in se tue encore pour des raisons religieuses, m’a amené à m’intéresser à des périodes de l’Histoire où se déroulaient des événements – non pas semblables à ceux que l’on observe aujourd’hui, l’Histoire ne se répétant jamais, mais qui peuvent aider à les comprendre.</p>



<p><strong><em>En étudiant certains événements&nbsp; du passé, on peut retrouver des motivations, des éléments de comportement, des aspects qui nous permettent de mieux comprendre que ce soit les rapports de l’Orient et de l’Occident, que l’évolution du monde iranien, ou celle du monde arabe, que les relations internes, dans certains pays, entre des communautés religieuses différentes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Pour clore ce chapitre de la question religieuse, on constate dans vos livres un ton humaniste assez prononcé. Evoquant vos personnages et leurs itinéraires, vous ne prenez jamais le ton du jugement ou celui de la condamnation. On sent chez vous un besoin de compréhension qui va jusqu’à la justification de certains comportements qui pourraient paraître excessifs.</p>



<p>&nbsp;C’est une question de conviction et de tempérament. J’aime observer et le passé et le présent&nbsp; avec le même désir de compréhension. J’ai un intérêt réel pour tout ce que j’observe. Dans <em>‘‘Samarcande’’</em> par exemple, il y a des personnages très différents, notamment Omar Khayam et Hassan Sabbah.</p>



<p><strong><em>Ils sont tous deux mystiques mais de deux façons opposées.</em></strong></p>



<p>Ils représentent les deux faces différentes d’un même problème. C’est évident que je me sens plus proche et que je voue plus de sympathie pour Omar Khayam, mais cela&nbsp;n’empêche qu’en observant le personnage de Hassan Sabbah, je n’essaie pas de le juger, de le condamner, de le caricaturer pour le rendre odieux. J’essaie d’approcher autant que possible de ce qu’il a été réellement, de m’écarter autant que possible de éléments de mystification et de légende qui se sont ajoutés , de comprendre ses motivations, ses comportements. En un sens, je lui montre de l’attachement, de la sympathie et peut-être également de l’amour. J’aime tous ces personnages et j’ai de la compréhension pour toutes leurs démarches. Mais encore une fois, comme vous l’avez dit au début, ma tendance profonde est l’humanisme , c’est-à-dire que je suis pour la tolérance, la non-violence et la rencontre des cultures, à condition évidemment que cela se passe sur la base de l’égalité, du respect mutuel &nbsp;et de la compréhension de l’un pour l’autre.</p>



<p><strong><em>Cette conviction et ce tempérament humanistes expliquent sûrement votre option pour le genre romanesque &nbsp;et non pas pour l’essai historique pur et dur. Des ‘‘Croisades’’ à ‘‘Samarcande’’, on constate d’ailleurs une nette évolution en direction du romanesque, de la fiction, de l’imaginaire. L’imagination du romancier prend, pour ainsi dire, le relais de l’observation historique, afin de combler ses lacunes.</em></strong></p>



<p>C’est exact. Cette évolution est réelle. Si la place de l’Histoire demeure importante dans ce que j’écris, la place de la fiction est de plus en plus importante. Et je crois que ça va l’être davantage dans l’avenir&nbsp;? Je ne suis certainement pas un homme de certitudes, mais d’interrogation, de réflexion, de toute aussi. Je ne cherche pas à écrire des traités à l’issue desquels, je me mets à donner des vérités ou des convictions, mais à réfléchir sur une époque, à la raconter, en laissant à chacun le soin d’y réfléchir à son tour et de tirer soit les mêmes conclusions soit des conclusions différentes. là le roman est beaucoup plus souple que le roman historique. Dans le roman, je restitue une époque et évoque des personnages historiques, en essayant autant que possible de ne pas les caricaturer. J’ai certes une préférence pour Omar Khayam dans <em>‘‘Samarcande’’</em>, pour Léon l’Africain dans le roman qui porte son nom, pout Oussama et Salaheddine dans <em>‘‘Les Croisades’’</em>, mais j’admets tout à fait qu’un lecteur ait plus de sympathie pour Nizam Al Molk ou pour Hassan Sabbah ou pour tel ou tel autre. Même si on n’est jamais totalement objectif, je présente les personnages que je n’aime pas particulièrement sans haine et sans parti-pris. Il y a un personnage dans <em>‘‘Léon l’Africain’’</em> qui est très éloigné de mes convictions. C’est le cheikh Astaghfiroullah (personnage de roman inventé, quoique basé sur certaines données de l’époque) que je ne présente à aucun moment de manière totalement négative. Je serais malhonnête de la caricaturer et d’en faire moi-même un être détestable et de dire aux gens&nbsp;: Détestez-le&nbsp;! Finalement, qu’est-ce que les gens détesteraient&nbsp;? C’est sûrement ce que moi j’ai inventé. Cela est aussi vrai pour Hassan Sabbah. C’est un personnage terrifiant par certains côtés, et je n’aurais jamais aimé être sous sa coupe. Mais j’essais de le comprendre, lui et l’époque qui l’a produit.</p>



<p>Quand on vit dans des pays où les gens peuvent s’exprimer librement, on imaginerait difficilement&nbsp; comment les gens pouvaient réagir à des époques où les gens n’avaient aucun moyen de s’exprimer aussi librement. C’est facile aujourd’hui de dire qu’on est moins violent. Moi-même je suis non-violent, mais dans un monde où l’on peut arriver à beaucoup de choses sans le recours à la violence. Malheureusement, ça n’a pas toujours été le cas. Aurais-je prêché la non-violence à la résistance française de 1940&nbsp;?&nbsp;Cela n’aurait eu aucun sens. Car il y a des moments où la violence devient l’un des agents de l’Histoire et où on ne peut y échapper. Il n’empêche que, personnellement, j’essaie, autant que possible, de pousser dans le sens d’une moindre violence et de plus de compréhension, et de favoriser à chaque fois (dans les limites modestes de les moyens) des relations différentes entre les peuples.</p>



<p><strong><em>A propos d’intolérance et de violence, on ne peut s’empêcher, actualité oblige, de vous demander votre opinion sur la polémique provoquée par le roman de Salman Rushdie ‘‘Les versets sataniques’’. &nbsp;</em></strong> </p>



<p>Je comprends totalement que l’on soit scandalisé par un livre comme <em>‘‘Les Versets sataniques’’ </em>de Salman Rushdie, même su je ne peux accepter des appels au meurtre qui, à mon avis, ne sont certainement&nbsp; pas le meilleur moyen de faire face à ce livre. Je pense, au contraire, que cela n’a fait qu’augmenter considérablement sa diffusion. J’ai été irrité par la lecture de certains extraits – car je n’ai pas lu le livre en entier – publiés par les journaux. Ce livre contient des choses qui bousculent et qui sont de l’ordre de la provocation. Je suis, par tempérament et par conviction, contre toute forme de provocation.</p>
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