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	<title>Archives des Tunisie-FMI - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Tunisie-FMI - Kapitalis</title>
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		<title>Endettement : Lamentation et auto-flagellation de l’État tunisien</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2021 06:09:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie est désormais livrée à un État gangrené par les «quêteux» et les «quémandeux» ? À Paris, Kais Saïed, président de la république, plaide l’annulation de la dette. Au FMI, à Washington, Hichem Mechichi, chef de gouvernement, dépêche son ministre du Trésor, Ali Kooli, au FMI pour quémander 4 milliards de $ US. Au...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Ali-Kooli-Marouane-El-Abassi-Hichem-Mechichi.jpg" alt="" class="wp-image-349707"/><figcaption><em>Ali Kooli, Marouane El-Abassi et Hichem Mechichi : « Mendiants et orgueilleux » pour emprunter le titre d&rsquo;un roman d&rsquo;Albert Cossery.   </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La Tunisie est désormais livrée à un État gangrené par <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/la-tunisie-entre-queteurs-et-raquetteurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les «quêteux»</a> et les «quémandeux» ? À Paris, Kais Saïed, président de la république, plaide l’annulation de la dette. Au FMI, à Washington, Hichem Mechichi, chef de gouvernement, dépêche son ministre du Trésor, Ali Kooli, au FMI pour quémander 4 milliards de $ US. Au Qatar, Rached Ghannouchi, le chef du parlement et cheikh éternel du clan islamiste en Tunisie fait des siennes pour quêter une aumône vitale chez son émir parrain et monteur !</em></strong></p>



<p>Par<strong> Moktar Lamari, </strong>Ph. D</p>



<span id="more-349706"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Tous ces voyages et gesticulations se font quasiment la même semaine de ce mois de mai, 2021.</p>



<p>Le tout se fait sans qu’aucun des acteurs de ce tiercé au sommet de l’État n’ait pris la peine de consulter et de se coordonner avec ses collègues.</p>



<p>Et derrière des portes closes (au Qatar, à Washington et à Paris), chacun de ces politiciens au sommet de l’État tunisien a prêché pour sa paroisse, chacun a quémandé à sa façon la charité chrétienne, et le pardon judaïque, entre autres! L&rsquo;argent n’a pas d’odeur…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Populisme et amateurisme</h3>



<p>En se rabaissant et en quémandant une dette toxique, aucun des trois premiers responsables au sommet de l’État n’a présenté un seul rapport d’évaluation, un document scientifique… et aucun signe de remise en cause, tous motus et bouche cousue, au sujet des <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">douloureuses réformes économiques</a> attendues et qui tardent à venir depuis la Révolte du jasmin en 2011. Aucun n’a profité pour appeler la Tunisie à plus de productivité, plus d’innovation et plus de compétitivité.</p>



<p>Pathétique, dramatique… surtout quand on constate, en même temps et au Bardo, les députés en guerre continue, se font des trêves juste pour voter à la va-vite, en bloc et en urgence, les lois et ratifications portant sur des prêts à tes taux exorbitants. Ils hypothèquent l’avenir des générations futures et minent sciemment la survie de la transition démocratique en Tunisie.</p>



<p>Ces mêmes députés ont récemment intimé l’ordre au gouverneur de la Banque centrale (BCT) de mettre en branle sa planche à billets, miroitant la menace de son limogeage illico presto.</p>



<p>En plus des lamentations et auto-flagellations au somment de l’État, il y aussi les pleureuses de service dans les couloirs du pouvoir et sur les plateaux des télévisions tunisiennes.</p>



<p>Beaucoup de pseudo-intellectuels et de pseudo-économistes avides de pouvoir, qui au lieu d’appeler l’État tunisien à la discipline budgétaire, au lieu de démontrer les mérites d’une gouvernance axée sur les résultats et au lieu de prendre soin des impôts douloureusement payés par les contribuables, ils multiplient le wishful thinking, pour au final rassurer les partis au pouvoir les aidant à s’entêter en leur disant que la «Tunisie est très bien placée géographiquement pour arracher l’aide internationale». En somme, pas grave continuez votre gaspillage et vous aurez des financements…</p>



<p>Aucun de ces pseudo-économistes n’ose se compromettre au sujet du licenciement des sureffectifs, de ces milliers d’emplois fantômes dans le secteur public, et toute la corruption et malversation liée. Tous espèrent décrocher un poste de conseillers ou de contrats de consultations payés par les instances internationales, mais tributaires des autorisations des partis au pouvoir.</p>



<p>Une situation désolante et accablante et de tous les points de vue. Avec un dénouement injuste pour les ambitions de ceux qui ont payé de leur peau la Révolte du Jasmin. Une réalité ubuesque, dramatique pour un pays pourtant riche en capital humain et en diversité ethnoculturelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le péché originel</h3>



<p>Qui l’eut cru que l’État tunisien se transforme en État de quêteux et de quémandeux, 10 ans après la révolte du jasmin.</p>



<p>Plusieurs raisons ont amené la Tunisie à cet état de pauvreté et d’endettement déplorables.</p>



<p>Le péché originel a été commis quand le parti religieux Ennahdha, avec plein pouvoir entre 2012 et 2014, décide de bourrer l’administration publique, en recrutant et en deux ans, 200.000 fonctionnaires inutiles, payés pour ne rien faire.</p>



<p>Bourrage qui a démantelé le sens du service public et qui a miné l’idée de la performance du secteur administratif et sociétés d’État. Ces fonctionnaires fantômes et employeurs fictifs ont été injectés partout dans l’appareil public, sans concours au mérite, sans examen des besoins… mais seulement au regard des liens de proximité idéologique.</p>



<p>Depuis lors, la masse salariale des fonctionnaires a atteint de plafonds (18% du PIB). Et cela coûte au contribuable 5 milliards de DT annuellement. Autant d’argent qui ne va pas dans l’entretien des infrastructures, dans la modernisation des services publics (éducation, santé, services sociaux, R&amp;D, etc.) et dans les créneaux d’investissement productif.</p>



<p>Depuis 2011, 10 gouvernements et 467 ministres qui se sont relayés au pouvoir. Tous ont dépensé sans compter, tous ont dopé les politiques publiques par des programmes improvisés et qui ne répondent pas aux critères de l’économie (réduction des coûts), de l’efficacité (fin et moyens) et d’efficience (cost-benefit ratio).</p>



<p>Beaucoup de ces élites et partis ont considéré l’État comme une prise de guerre, un butin à dépecer à gré…, bar ouvert, merci pour la dette et merci aux contribuables qui subissent une pression fiscale asphyxiante.</p>



<p>Résultats : l’attractivité du pays aux investisseurs internationaux est réduite à zéro et la valeur du travail (et productivité) a été démantelée comme jamais dans l’histoire de la Tunisie.</p>



<p>La Tunisie démocratique a enfanté une constitution qui consacre l’instabilité gouvernementale et qui met au pouvoir des partis et des mécanismes fondés sur l’incompétence économique et l’irresponsabilité face à l’histoire.</p>



<p>Le parti islamiste Ennahdha a été de toutes les coalitions foireuses et feuilles de route pipées par l’avidité pour le pouvoir et rien que pour le pouvoir.</p>



<p>Aujourd’hui les coffres de l’État sont exsangues et la Tunisie est techniquement en faillite. L’État n’arrive pas à financer 22 milliards de DT sur un budget totalisant 57 milliards. Le pays est incapable de se payer des vaccins Covid-19, l’économie saigne de ses quatre veines.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Tunisie, un laboratoire du monétarisme du FMI</h3>



<p>La Tunisie a sollicité le FMI 4 fois en 10 ans. Le FMI a octroyé des prêts totalisant 4,7 milliards de $US, depuis 2011. Des prêts qui ont donné le feu vert à plus de 70 milliards de $US, en prêts et en donations.</p>



<p>Sans craindre le risque moral, le FMI a fait de la Tunisie un laboratoire expérimental de ses politiques monétaristes, dans les pays en contestation de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.</p>



<p>Des prêts assortis de conditions d’octroi très changeantes… avec des aides placébo et tout le kit lié.</p>



<p>Dans la démarche expérimentale, la Tunisie offre aussi (gratuitement) tous les indicateurs de réaction et de survie pour des secteurs économiques en agonie et en déperdition avancée.</p>



<p>La Tunisie, seule démocratie où le parti islamiste élu démocratique a été de tous les gouvernements (depuis 2010), offre des conditions idéales pour mixer les dosages entre instruments monétaires et fiscaux, avec en plus des variables sensibles et mesurant toutes les facettes des tensions sociopolitiques et compositions des coalitions au pouvoir.</p>



<p>Parmi les conditions exigées par le FMI figure une loi instituant la BCT (2016). Depuis, les politiques monétaires ont prêté allégeance aux apprentis monétaristes de tout acabit.</p>



<p>Hier au parlement le gouverneur de la BCT, Marouane El-Abassi, a sorti sa rage contre les critiques de ses politiques monétaires. Des chroniques critiques, signées notamment par des économistes tunisiens résident en Amérique du Nord et principalement au Canada, dont l’auteur de ces lignes.</p>



<p>M. El-Abassi n’a pas besoin de cette sortie dégradante pour la BCT et pour la valeur du dinar. Cet économiste, sans dossier de publications scientifiques reconnues par les pairs, dévoile inutilement sa haine contre des chercheurs qui sont cités des milliers de fois (dans les revues scientifiques) et qui comprennent les jeux de coulisses entre le FMI et la BCT en Tunisie. Des économistes qui sont consultés par les institutions de financement internationales et des analystes qui ont accès aux documents les plus confidentiels présentés par la BCT et le gouvernement tunisien aux instances internationales.</p>



<p>Depuis 2016, le taux d’intérêt directeur a flambé atteignant 7,75%, faisant monter les taux d’intérêt à plus de 12% pour les PME, les consommateurs. L’investissement privé a chuté de 26% du PIB à moins de 4% aujourd’hui. <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/une-autre-devaluation-du-dinar-tunisien/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le dinar a été amputé de 60%</a> de sa valeur face aux devises. Les banques tunisiennes ont engrangé des bénéfices colossaux, alors que la croissance économique est quasiment négative sur la décennie post-2011.</p>



<p>La lutte contre l’inflation (essentiellement importée) est devenue un épouvantail, une cible d’ajustement idéale pour la manipulation du taux d’intérêt directeur, enrichir les banques et les multinationales présentes en Tunisie.</p>



<p>Et malgré la Covid-19, le taux d’intérêt directeur reste très élevé (6,25%), 4 fois plus important qu’au Maroc, 3 fois plus qu’en Jordanie ou au Sénégal.</p>



<p>Les scènes de lamentations des élites de l’État au niveau international sont aussi fortement corrélées avec des élections qui ont mis au pouvoir des partis et leaders politiques sans programme économique. Des amateurs, des néophytes et des profanes en économie.</p>



<p>Au pouvoir, ces élites pilotent à vue, gouvernent à l’aveuglette et sans évaluation. Une démarche qui ne fait que précariser les équilibres macro-économiques et stratégiques de la Tunisie. Des élus et des élites au sommet de l’État, qui sont mal conseillés et qui n’aiment pas la critique! Des élites qui font fi de la règle qui dit que l’arbre se juge à ses fruits.</p>



<p>Disons au final qu’une démocratie à crédit ne pourra être qu’une démocratie au rabais. Et pas besoin de rappeler que la dette toxique s’est bel et bien incrustée dans les instances de l’État de la Tunisie post-2011.</p>



<p>* <em>Ph. D. en évaluation des politiques économiques, universitaire au Canada.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bYlIQNeQK0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/une-autre-devaluation-du-dinar-tunisien/">Une autre dévaluation du dinar tunisien ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Une autre dévaluation du dinar tunisien ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/une-autre-devaluation-du-dinar-tunisien/embed/#?secret=O04unvENjX#?secret=bYlIQNeQK0" data-secret="bYlIQNeQK0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="i46kCTyd5g"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/">Économie : les bluffs d’État en Tunisie?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Économie : les bluffs d’État en Tunisie? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/embed/#?secret=3YY3i8bjYV#?secret=i46kCTyd5g" data-secret="i46kCTyd5g" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="60W09bUYSQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/la-tunisie-entre-queteurs-et-raquetteurs/">La Tunisie entre quêteurs et raquetteurs !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie entre quêteurs et raquetteurs ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/la-tunisie-entre-queteurs-et-raquetteurs/embed/#?secret=MAJ08gvJ3h#?secret=60W09bUYSQ" data-secret="60W09bUYSQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/22/endettement-lamentation-et-auto-flagellation-de-letat-tunisien/">Endettement : Lamentation et auto-flagellation de l’État tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie-FMI : les conditions de réussite des réformes envisagées</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/17/tunisie-fmi-les-conditions-de-reussite-des-reformes-envisagees/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 May 2021 09:15:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parallèlement aux négociations entre le gouvernement tunisien et le Fonds monétaire international (FMI), entamées le 3 mai 2021 à Washington, et qui se poursuivent actuellement au niveau des experts, il est urgent que le gouvernement  et ses partenaires essentiels, les centrales syndicale, patronale et  agricole, relancent les discussions de Dar Ediaffa sur les grandes réformes économiques à mettre en...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/17/tunisie-fmi-les-conditions-de-reussite-des-reformes-envisagees/">Tunisie-FMI : les conditions de réussite des réformes envisagées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Taboubi-Mechichi-Majoul.jpg" alt="" class="wp-image-349063"/><figcaption><em>Hichem Mechichi entre Noureddine Taboubi et Samir Majoul : sans un front intérieur solide et solidaire, </em><br><em>les réformes envisagées avec le FMI ne pourront pas être implémentées.  </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Parallèlement aux négociations entre le gouvernement tunisien et le Fonds monétaire international (FMI), entamées le 3 mai 2021 à Washington, et qui se poursuivent actuellement au niveau des experts, il est urgent que le gouvernement  et ses partenaires essentiels, les centrales syndicale, patronale et  agricole, relancent les discussions de Dar Ediaffa sur les grandes réformes économiques à mettre en œuvre pour relancer l’économie nationale et sauver la machine de l&rsquo;effondrement.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-349062"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>



<p>Le retour à la table des négociations sera un message pertinent et puissant envoyé au peuple et aux autorités financières internationales signifiant que les décideurs en Tunisie sont très sérieux dans leur démarche. </p>



<p>Le gouvernement comme&nbsp;ses partenaires&nbsp;essentiels n&rsquo;ont aujourd&rsquo;hui ni le droit ni les moyens de tergiverser et de&nbsp;perdre davantage de temps à un pays&nbsp;à l&rsquo;économie essoufflée, vivant sous perfusion&nbsp;et dont experts comme les profanes savent&nbsp; parfaitement&nbsp;qu&rsquo;elle doit se réformer en profondeur pour retrouver la voie de la croissance et du développement et répondre aux attentes légitimes de la nation.</p>



<p>La question préalable&nbsp;sur laquelle doivent maintenant&nbsp;plancher très sérieusement toutes ces parties est la suivante :&nbsp;comment réussir à établir vite des réformes justes, équilibrées, à moindre coût social, notamment pour les classes moyennes et défavorisées dans&nbsp;un contexte d&rsquo;adversité menaçant déflagration&nbsp;et que faire&nbsp;pour&nbsp; convaincre tout le monde d’aider chacun de son côté&nbsp;au succès des réformes envisagées et qui seront nécessairement très douloureuses?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Solidarité nationale, austérité et partage&nbsp;des sacrifices</h3>



<p>Le gouvernement comme ses partenaires essentiels et la société civile doivent d&rsquo;ores et déjà s&rsquo;entendre vite sur un discours fort, transparent et sincère pour mobiliser l’opinion publique, toutes catégories sociales confondues, sur la solidarité nationale, l’austérité et le partage des sacrifices&#8230; tout en lui faisant comprendre l’enjeu,  l’étendue, les objectifs et le déroulement des réformes et les mesures d&rsquo;accompagnement&#8230; Les médias doivent eux aussi être mobilisés pour aider à la réalisation de ce grand projet. C’est aussi leur rôle, qui ne consiste pas seulement à alimenter sans cesse les polémiques inutiles et préjudiciables.   </p>



<p>Ces trois concepts fondamentaux: la solidarité nationale, l&rsquo;austérité et le partage des sacrifices, nous en avons aujourd’hui grand besoin, et ils doivent&nbsp;constituer le centre du discours des politiques pour les mois à venir, loin de tout populisme destructeur. Ils&nbsp;restent pour l&rsquo;heure très embryonnaires et maladroitement développés par les pouvoirs publics.</p>



<p>Cela, on l’imagine, rajoute aux appréhensions légitimes d&rsquo;un peuple perplexe face à beaucoup d’interrogations sur l’impact des réformes (maladroitement) annoncées sur son quotidien et qui a le sentiment de plus en plus fort d’être abandonné par la puissance publique.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sans une adhésion populaire, aucune réforme sérieuse ne saura réussir</h3>



<p>Disons&nbsp; tout de suite que le gouvernement ne doit pas compter sur ce qu&rsquo;il appelle «la conscience du peuple». Le boycottage par beaucoup de citoyens de la mesure de confinement général décidée par les pouvoirs publics entre le 9 et le 16 mai et le bilan très lourd en décès par la pandémie de Covid-19, plus de 11.000 pour une population de 11 millions d’habitants, en dit long sur le degré&nbsp;de conscience&nbsp; du peuple, au demeurant désemparé et en proie au désespoir après avoir nourri beaucoup d’espoir au lendemain e la révolution de 2011.</p>



<p>Sans une pédagogie axée sur une mobilisation intelligente et forte du peuple&nbsp; sur&nbsp; l&rsquo;austérité et les sacrifices à consentir, les réformes,&nbsp;aussi équilibrées soient-elles&nbsp; pour tenir compte de la viabilité de l’économie et des possibilités d’acceptation par le peuple, pourraient être très mal reçues par les masses populaires&nbsp;et par conséquent&nbsp; vouées&nbsp;à l’échec, voire pis au plan social.&nbsp;</p>



<p>Dans ce cadre, il faut toujours avoir présent à l’esprit les expériences malheureuses de certains de pays en développement avec le FMI et le coût social très élevé qu’ils ont du payer pour la réalisation des réformes.</p>



<p>Il pèse donc sur toutes les parties une responsabilité historique pour construire sans tarder, chacun de son côté, de manière intelligente, posée et réfléchie,&nbsp;ces réformes&nbsp; et ensuite&nbsp;pour&nbsp;se mettre d’accord sur leur contenu final, tout en recourant, dans le même temps, à une pédagogie ciblée pour les faire&nbsp;passer.</p>



<p>Même si la partie sera très dure, aucune partie ne pourra aujourd&rsquo;hui&nbsp;se dérober à ses responsabilités. Il faudra bien sûr des concessions équilibrées de part et d’autre pour aboutir à des propositions consensuelles qui tiendront compte des intérêts de toutes les parties.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le retour de la confiance est primordial pour obtenir l’adhésion &nbsp;</h3>



<p>Pour le gouvernement, la mission sera immense. Qu&rsquo;il s’agisse de la suppression progressive de la compensation des produits de base, sujet tabou&nbsp;depuis des décennies ou de la réforme fiscale avec l&rsquo;instauration d’une nouvelle politique fiscale et l’institution d’un organisme indépendant pour le recouvrement des impôts impayés, ou de la réduction de la masse salariale ou du dégraissage des effectifs de la fonction publique ou de la réforme des entreprises publiques, toutes ces réformes doivent être entreprises de la manière la plus objective, méticuleuse et efficace possible, compte tenu de tous les paramètres techniques en jeu et des contraintes&nbsp; d’ordre social et de l&rsquo;impact de ces réformes.</p>



<p>Le gouvernement doit veiller à être très prudent sur tous les aspects des réformes et ne pas travailler dans la précipitation et sous la pression. Le dossier étant énorme et&nbsp; constitué de facettes multiples et très interconnectées.</p>



<p>Le gouvernement&nbsp;doit être bien conscient&nbsp;du fait&nbsp;que le peuple, devenu&nbsp;ces dernières années coutumier&nbsp;de la rue l&rsquo;a bien à l&rsquo;œil et&nbsp;n’acceptera pas facilement ces réformes et que leurs chances de réussir seront&nbsp; minces aussi longtemps que le pays reste miné par l&rsquo;économie sous-terraine, la bureaucratie, les procédures administratives désuètes, le marché parallèle, une véritable cacophonie,&nbsp;avec la contrebande, l’absence de transparence&nbsp;et la prolifération de la corruption à tous les niveaux. Sa mission consiste donc à&nbsp; s’attaquer sans tarder à tous ces dossiers&nbsp;s’il veut faire passer ses réformes&nbsp;et regagner la confiance du peuple, comme celle de ses partenaires extérieurs, aujourd&rsquo;hui très sérieusement affectée.</p>



<p>C’est dans ce cadre qu&rsquo;il sied de lire le communiqué publié par les autorités américaines suite à la récente communication téléphonique de la vice-présidente Kamala Harris avec le président de la république tunisienne, Kaïs Saïed, au cœur de la crise politique en Tunisie et des négociations avec le FMI, pour insister sur les réformes politiques tout comme sur la transparence et la lutte contre la corruption. C’est là un message politique direct et très fort et un appel du pied pour que la Tunisie mette de l&rsquo;ordre dans sa maison après une décennie de surenchères,&nbsp;de tergiversations et de tourmentes qui ont conduit le pays dans le gouffre.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Utica-UGTT&nbsp;: ne pas en rajouter à l&rsquo;esprit rebelle des populations</h3>



<p>Les missions&nbsp; des centrales&nbsp; syndicale&nbsp;(UGTT) et patronale (Utica) ne seront&nbsp; pas non plus aisées. Ils&nbsp; doivent&nbsp;faire preuve d responsabilité, d’intelligence et de sagesse pour être à la hauteur des défis. Ils doivent faire comprendre à leurs troupes&nbsp;que&nbsp; tout le monde doit consentir aujourd&rsquo;hui les sacrifices nécessaires pour&nbsp; aider à sauver le pays et à remettre son économie sur les rails&#8230; Un grand travail attend notamment la centrale syndicale pour convaincre beaucoup de ses cadres et de ses adhérents&nbsp;de faire les pas nécessaires pour le bien et la bonne santé du pays, le bien-être des travailleurs étant tributaire de la relance effective de l’économie.</p>



<p>Les surenchères&nbsp;alimentées ces derniers jours par des responsables de la centrale syndicale&nbsp;ne sont pas de bon augure&nbsp;et pourront&nbsp;enflammer la situation. Tout comme les communiqués conjoints signés par l’UGTT et l’Utica pour désapprouver certaines mesures du confinement général décidées par les pouvoirs publics, qui en rajoutent à l&rsquo;esprit rebelle des masses populaires et peuvent nuire à la stabilité sociale dans le pays.</p>



<p>Par ailleurs, nous devons toujours avoir à l&rsquo;esprit qu’au-delà de leurs aspects techniques, les réformes envisagées sont foncièrement politiques, car c’est d’elles que dépendra l’assainissement des finances publiques et l’adhésion de toutes les parties à l’élan citoyen qui permettra à la puissance publique d’être effectivement au service des citoyens en leur garantissant un minimum de bien-être commun dans les domaines essentiels ayant trait à leur vie : la santé,&nbsp;l’éducation, le transport public, la culture&#8230;, facteurs primordiaux d’une vie sociale harmonieuse et équilibrée&#8230;</p>



<p>Ces réformes ne pourront par ailleurs pas réussir sans la formation progressive&nbsp;chez le peuple de ce sentiment&nbsp;d&rsquo;agir en citoyen qui accomplit convenablement ses devoirs et jouit effectivement&nbsp;de tous ses droits fondamentaux dans un État régi par la loi et où tous les droits fondamentaux de l’homme sont garantis pour tous sans discrimination aucune&#8230; Car c’est&nbsp; bien ce sentiment de quiétude, de vivre en commun&nbsp;dans une société équilibrée et juste qui est le moteur et la condition&nbsp; essentielle pour la réussite de tout projet. D’autant plus que le succès de notre pays&nbsp; est à portée de mains et nous avons tous&nbsp; les ingrédients&nbsp; pour le réaliser&#8230;</p>



<p>A bon entendeur&#8230;.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9YnKEDXUob"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/08/tunisie-fmi-questions-legitimes-autour-dune-reforme-a-tres-hauts-risques/">Tunisie &#8211; FMI : Questions légitimes autour d’une réforme à très hauts risques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; FMI : Questions légitimes autour d’une réforme à très hauts risques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/08/tunisie-fmi-questions-legitimes-autour-dune-reforme-a-tres-hauts-risques/embed/#?secret=8cWf87k9lo#?secret=9YnKEDXUob" data-secret="9YnKEDXUob" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/17/tunisie-fmi-les-conditions-de-reussite-des-reformes-envisagees/">Tunisie-FMI : les conditions de réussite des réformes envisagées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; FMI : Questions légitimes autour d’une réforme à très hauts risques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 May 2021 08:21:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[réformes économiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie-FMI]]></category>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Reunions-de-Washington-Tunisie-FMI-Mai-2021.jpg" alt="" class="wp-image-348292"/></figure></div>



<p><strong><em>Passé le cap ardu des <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/07/gerry-rice-le-fmi-est-pret-a-aider-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réunions avec le Fonds monétaire international (FMI)</a> à Washington début mai 2021 lors desquelles la partie tunisienne avait soumis son nouveau plan de réformes structurelles au Fonds dans l’espoir de parvenir à nouvel accord pour des financements substantiels d’une économie sous perfusion, le gouvernement tunisien devra maintenant plancher sérieusement sans tarder sur la mise au point des détails pratiques de ces réformes avec ses principaux partenaires sociaux : l’UGTT, l’Utica, la société civile…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-348291"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>



<p>Les centrales syndicale et patronale doivent avoir aujourd’hui la lucidité d’assumer leurs responsabilités historiques pour favoriser l’adoption, avec le gouvernement, de réformes équilibrées, justes et équitables, mais à haut coût social, tenant compte des intérêts de toutes les parties, le pays ne pouvant plus vivre largement au-dessus de ses moyens sans prendre le risque très sérieux de voir son économie sombrer définitivement.</p>



<p>Le gouvernement doit maintenant convaincre et expliquer point par point de manière claire, arguments et chiffres à l’appui, ce qu’il entend faire et comment il envisage de mettre en pratique les réformes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des réformes impératives pour relancer l’économie</h3>



<p>Toutes les parties savent aujourd’hui que l’économie nationale, très fatiguée et essoufflée, ne peut plus souffrir d’attente supplémentaire et que les réformes sont impératives pour relancer la machine économique et remettre le pays sur les rails au terme d’une décennie calamiteuse, dominée par une classe politique piteuse, minée et victime de luttes intestines pour le pouvoir… Une décennie aggravée par la pandémie du coronavirus, avec un bilan lourd de plus de 11.000 décès…</p>



<p>Instruit par son expérience difficile des années post 2011 avec la Tunisie, le FMI ne manquera pas cette fois-ci de surveiller de près l’usage que le gouvernement fera des fonds prêtés et de renforcer sa surveillance du déroulement du processus de réformes qui seront engagées selon le calendrier convenu.</p>



<p>Bref, le gouvernement n’aurait plus désormais les coudées franches pour faire ce que bon lui semble. Et dans l&rsquo;immédiat, de grands chantiers l’attendent. Pour lui, l’enjeu est multiple: 1- réussir à élaborer des réformes équilibrées en conciliant des intérêts divergents, voire contradictoires, tout en veillant à leur assurer la durabilité dans un contexte hostile marqué par de vives résistances de la part de partenaires à fiabilité très variable et de destinataires versatiles; 2- continuer à assainir en profondeur un environnement économique et social chaotique, libérer l’économie de toutes les contraintes, lever les contraintes à l’investissement; et 3- veiller à sauvegarder la stabilité sociale de plus en plus précaire dans un environnement qui sera plus largement marqué par la récession, la dégradation du pouvoir d’achat, la cherté excessive de la vie, la grogne sociale très prévisible d’un peuple très rétif aux réformes qu’il sait très douloureuses pour son quotidien et son avenir… et qui est prêt à en découdre…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les partenaires sociaux accepteront-ils de lâcher du lest ?</h3>



<p>D’autres questions se posent. 1- Le gouvernement en place soumis à de nombreuses contraintes et contrariétés, très affaibli politiquement, amoindri et menacé dans son existence, sera-t-il réellement en mesure de négocier les réformes avec ses partenaires sociaux ? 2- Comment va-t-il procéder avec ses ténors politiques, eux-mêmes de plus en plus fustigés par de larges franges du peuple très mécontentes de leur bilan? 3- Ses partenaires sociaux (l’UGTT et l’Utica) sont-ils réellement disposés à lâcher du lest au risque de mécontenter leurs troupes respectives? A-t-il suffisamment de ressources pour les convaincre ? Des responsables de la centrale syndicale commencent déjà à souffler le chaud et le froid. L’UGTT ayant refusé de se joindre à la délégation gouvernementale qui est partie le 3 mai courant pour Washington…</p>



<p>L’UGTT pourrait-elle prendre le risque de s’aliéner les centaines de milliers d’adhérents, soucieux de sauvegarder leurs acquis et hostiles à tout changement qui menace réellement leurs intérêt, adhérents par ailleurs de moins en moins contrôlables ? Ses cadres sont-ils disposés à sacrifier leurs pouvoirs, positions et intérêts? Idem pour l’Utica qui aura fort à faire avec des centaines de patrons soucieux au premier chef de la pérennité de leurs entreprises et hostiles aux réformes qui pourraient impacter durement la santé financière de celles-ci… Sans oublier les nouveaux riches… sûrement non disposés eux non plus à sacrifier leurs intérêts…</p>



<p>Sur les contenus des réformes, la question se pose de savoir comment le chef du gouvernement va t-il procéder pour concilier les visions et intérêts très divergents des parties en présence sans trop léser les unes et les autres. ?</p>



<p>Dans un contexte de difficultés politiques, économiques, financières et sociales sans précédent, marqué par l’effritement de la classe moyenne, dont des pans entiers sont en train de rejoindre les classes sociales défavorisées, des tensions et des résistances sociales et une méfiance de plus en visible de larges franges du peuple vis-à-vis du pouvoir en place, se pose également la question de savoir comment le gouvernement va-t-il s’y prendre pour faire passer les réformes? Que compte-t-il faire pour remédier à une économie minée par la prolifération de la contrebande, du commerce parallèle et de la corruption, et à leur corollaire, la naissance d’une mafiocratie implantée dans tous les circuits et gérant de gros intérêts dans l’économie souterraine?</p>



<p>Le gouvernement a-t-il envisagé une stratégie d’action en direction des destinataires des réformes : le peuple, les salariés, les entrepreneurs, les corporations…, tout comme à l’égard de ses partenaires : le FMI, l’Union européenne, les autres bailleurs de fonds, le patronat, la centrale syndicale…? Il doit avoir présent à l’esprit les expériences très difficiles voire fâcheuses d’autres pays comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande qui avaient, au lendemain de la crise monétaire internationale de 2008, connu des situations similaires?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Engager toutes les parties à partager les sacrifices</h3>



<p>Sur toutes ces questions cruciales, nous ne disposons que de bribes d&rsquo;informations comme par exemple les accords tripartites signés récemment entre le gouvernement, le patronat et le syndicat à l’occasion des discussions à Dar Edhiafa à Carthage, ayant précédé les réunions de Washington, et au terme desquelles des groupes de travail sectoriels ont été créés pour plancher sans délai sur tous les axes des grandes réformes…</p>



<p>Cela est certes bon à prendre, mais il n’est ni suffisant ni à la hauteur des enjeux cruciaux pour l’avenir politique et économique, le développement et la stabilité sociale de la Tunisie.. Le pays allant connaître dans les prochains mois des réformes structurelles importantes de nature à le métamorphoser en profondeur et qui pourraient, si elles s’avèrent déséquilibrées et mises en œuvre de façon hâtive, exposer la stabilité sociale et la paix civile à de grands dangers.</p>



<p>En l’espèce, que pourrait faire le chef du gouvernement pour préparer ces réformes historiques et se préparer à les mettre en œuvre ? Il devra avant tout prendre la mesure et l’ampleur du dossier, écouter attentivement les opinions contradictoires des experts, examiner attentivement la situation, ne pas s’aventurer, connaître les dispositions effectives des Tunisiens à s’accommoder de ces réformes, en mesurer le coût social notamment qu’elles vont engager l’avenir du pays pour des décennies, veiller scrupuleusement à préserver les intérêts, et notamment ceux des classes démunies, privilégier la politique des étapes… et engager toutes les parties à faire montre de patriotisme et de responsabilité pour partager les sacrifices. Pour amortir le choc, il doit également solliciter l’aide de sa diplomatie économique, malheureusement trop en berne. Les pays riches du Golfe, et notamment le Qatar, qui a joué fortement la carte des soulèvements de 2011, pouvant venir en aide à un pays frère traversant des moments extrêmement difficiles.</p>



<p>Pour l’heure, il est fortement recommandé que le chef du gouvernement donne instructions à toutes les administrations et entreprises publiques concernées pour préparer méticuleusement leurs dossiers avec des propositions et alternatives tenant compte de la manière la plus juste des intérêts de toutes les parties comme des intérêts présents et futurs de la nation dans sin ensemble.</p>



<p>Pour ce faire, le chef du gouvernement devra vite charger une personnalité très familière de ces grands dossiers et ayant une expérience nationale et internationale confirmée pour établir une feuille de route et un plan de travail détaillé en prévision des pourparlers en perspectives. Cette personnalité dirigera le processus de négociations avec les partenaires sociaux essentiels, processus qui ne doit pas dépasser quatre mois. L’UGTT sera invitée à lâcher du lest et ne pas se comporter comme lors de la discussion du dossier de la prolongation des dates de départ à la retraite, qui avait pris des années avant d’être enfin bouclé ce qui fit perdre des gains énormes pour les caisses sociales.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un grand chantier pour l’Etat et une fenêtre d’opportunité pour la nation</h3>



<p>Le chef du gouvernement pourrait confier cette mission soit à son ministre de l’Economie et des Finances, soit au gouverneur de la Banque centrale ou de préférence à un des anciens ministres des Finances ou de la Coopération internationale ou à un ancien gouverneur de la Banque centrale.</p>



<p>Détachée des contraintes partisanes et disponible, la personnalité officiellement désignée aura pour mission préalable de soumettre au chef du gouvernement dans un délai de deux semaines une feuille de route où elle expose la façon dont elle entend mener les négociations, leur durée, les parties à inviter, les administrations et les entreprises publiques concernées, les groupes de travail à créer, le nombre de participants dans chaque groupe, leurs présidents, leurs secrétariats, leurs réunions plénières, leurs rapports avec les médias et le public, les accords à signer avec les partenaires sociaux…</p>



<p>Le chef du gouvernement devra également veiller dès maintenant à mettre en place une équipe de communication composée de personnalités qualifiées pour expliquer directement au peuple dans les villes et villages le contenu de ces réformes, leurs objectifs, leurs impacts sur leur quotidien et sur l&rsquo;économie nationale à court, moyen et long termes et les mobiliser dans un esprit de solidarité nationale et de partage du fardeau.</p>



<p>Des informations doivent leur être fournies sur les mesures accompagnant la suppression de la Caisse de compensation, la réduction des effectifs de la fonction publique et des entreprises publiques, la réforme et la justice fiscales, les nouveaux modes de recouvrement des impôts, le contrôle des prix, etc.</p>



<p>Des réunions périodiques devraient être organisées dans les régions pour mobiliser le peuple autour des réformes adoptées et lui en faire comprendre les enjeux de manière à aplanir sa résistance et à réunir les meilleures conditions pour les faire passer. Un message positif dot également être transmis aux partenaires internationaux de la Tunisie.</p>



<p>Le gouvernement devra veiller sérieusement à éduquer la population à la culture de l’austérité pour lui apprendre à gérer son quotidien et faire face de manière intelligente aux nécessités de la vie. Sans ces mesures, les risques sont grands de voir la population opposer un net refus aux réformes et remettre tout en cause. De grands dérapages ne sont pas à exclure…</p>



<p>Sans cette pédagogie axée sur le contact avec le peuple, ces réformes pourraient même, après leur adoption par les partenaires sociaux, être entravées. Elles pourraient péricliter et aboutir aux effets contraires de ceux recherchés, les partenaires sociaux pouvant au final se rétracter sous le diktat de la rue devenue ces dernières années incontrôlable, comme le patronat sous les ordres des corporations et des intérêts sectaires.</p>



<p>L&rsquo;essentiel c&rsquo;est que les discussions gouvernement/partenaires sociaux ne se perdent pas dans les sables mouvants et qu’elles aboutissent à des conclusions équilibrées même si la partie est très délicate et personne ne pourra en prévoir l’issue, sachant que de piètres résultats pourraient aggraver la situation de l’économie nationale et compromettre durablement les chances de notre pays de renouer avec la croissance…</p>



<p>Bref, il s’agit d’un véritable chantier pour l’Etat et pour le chef du gouvernement qu’ils doivent savoir gérer en l’entourant de toutes les précautions. C’est aussi un rendez-vous avec l’Histoire qui marquera nos relations extérieures avec nos partenaires internationaux notamment les institutions de Bretton Woods et l’Union européenne; mais également une fenêtre d’opportunité pour remettre la Tunisie sur les rails dans un monde de plus en plus difficile où il n’y a de place que pour l’intelligence, la méthode, la rigueur, le travail… et où la concurrence entre les nations est plus dure et implacable… Et dans ce contexte, il ne faut s’attendre à des cadeaux d’aucune partie.</p>



<p>À bon entendeur…</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Article du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="l7Y4xDKEbo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/la-tunisie-est-elle-en-mesure-dobtenir-un-accord-equilibre-avec-le-fmi/">La Tunisie est-elle en mesure d’obtenir un accord équilibré avec le FMI ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie est-elle en mesure d’obtenir un accord équilibré avec le FMI ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/la-tunisie-est-elle-en-mesure-dobtenir-un-accord-equilibre-avec-le-fmi/embed/#?secret=gJxZTXPEmM#?secret=l7Y4xDKEbo" data-secret="l7Y4xDKEbo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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