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	<title>Archives des Venezuela - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Venezuela - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Guerre d’Iran &#124; Un moment de bascule ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/27/guerre-diran-un-moment-de-bascule/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 09:18:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Jalila Ben Mustapha]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel simplisme de croire que l'Iran, cet État qui existe depuis des millénaires, allait s’écrouler très vite comme un château de cartes !</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si l’actualité internationale se renouvelle habituellement sous nos yeux de façon constante, nous ne pouvons ignorer que, tout au long de ce mois de mars 2026, avec la guerre américano-israélienne contre l’Iran, nous avons vu le monde vivre un processus de changement non négligeable dont l’Histoire se souviendra, qu’elle analysera dans sa complexité et ses multiples implications, et dont&nbsp;certaines commencent à apparaître.</em></strong></p>



<p><strong>Jamila Ben Mustapha</strong> *</p>



<span id="more-18524673"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/08/Jamila-Ben-Mustapha.jpg" alt="" class="wp-image-110783"/></figure>
</div>


<p>Si encore, au cours des dernières décennies, les&nbsp;États-Unis&nbsp;avaient combattu des régimes de pays du Sud lors de confrontations ayant abouti à leur écrasement ou à leur affaiblissement – citons principalement l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie –, force est de constater que le conflit actuel qui les oppose à l’Iran, sous l’impulsion de leur allié Israël, n’obéit pas du tout à ce schéma, jusque-là du moins, l’Histoire étant imprévisible.</p>



<p>Pourtant, le président des&nbsp;États-Unis Donald Trump, continuant sur sa lancée depuis l’agression du Venezuela, pensait qu’il allait&nbsp;réaliser,&nbsp;contre l’Iran, une opération aussi rapide et réussie : une décapitation de la classe politique par l’assassinat de ses membres, suivie d’une mainmise immédiate sur ses richesses et son pétrole.</p>



<p>Comment, à ce propos, a-t-il pu ignorer la spécificité de l’Iran parmi les pays dit émergents ? Seule son arrogance a pu lui faire faire cette énorme bévue&nbsp;: s’enfoncer dans une confrontation où ses attaques sont systématiquement suivies de répliques de la part du pays agressé, répliques qui nous permettent d’apprécier la grandeur et le sens de la dignité de l’ancien empire perse et qui ont, sur nous, pays du Sud, après la mise à genoux de beaucoup de pays musulmans, ces dernières décennies, le plus grand des bienfaits.</p>



<p>Plus encore, voilà&nbsp;qu’il prétend qu’il y a des pourparlers entre son pays et l’Iran, paroles immédiatement démenties par ce dernier qui n’a pas oublié les promesses&nbsp;antérieures de négociation&nbsp;avec les&nbsp;États-Unis, promesses trahies et non tenues.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Manque de rationalité et faux calculs</h2>



<p>Cette fierté de l’Iran intervient comme un baume pour nous tous, habitants des pays du Sud&nbsp;; car rien n’exerce plus un effet thérapeutique que le sentiment de l’honneur, le sens de la dignité chez un pays qui appartient à votre aire culturelle si malmenée dans l’histoire récente par la colonisation – aire composée majoritairement de pays soumis et dépendants, même quand ils sont riches comme les pays du Golfe&nbsp;–, et auquel vous pouvez alors vous identifier.</p>



<p>Et puis, quel simplisme de croire que cet&nbsp;État qui existe depuis des millénaires allait s’écrouler très vite comme un château de cartes&nbsp;!</p>



<p>Ce qu’on est en train d’observer, actuellement, c’est une inversion de situation&nbsp;: le manque de rationalité, le faux pronostic, la nécessité de faire des concessions – par une proposition de cessez-le-feu – se trouvent du côté du pays fort&nbsp;; et, de façon exceptionnelle, l’intelligence, le sens de la stratégie et la subtilité appartiennent au pays plus faible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour à la loi de la jungle</h2>



<p>Autre constatation qu’on ne peut faire qu’avec effroi&nbsp;: cet affrontement consacre le retour affiché des pays dits civilisés à l’état de nature et à la loi de la jungle, sans s’embarrasser de prétextes. Des décennies de volonté de tenir compte du droit international ont été balayées d’un coup avec les agissements de&nbsp;Donald Trump, l’homme qui prétendait ne pas aimer les guerres et qui aspirait au Prix Nobel de la paix&nbsp;!</p>



<p>On est en droit de se demander à ce propos, pourquoi, en société, un homme qui en tue un autre est immédiatement jugé et condamné, contrairement au président d’un&nbsp;État fort qui ordonne des meurtres en toute impunité&nbsp;en voulant détruire un pays qui se trouve à des milliers de kilomètres du sien.</p>



<p>Quant à Israël, comment peut-il prétendre survivre dans un milieu qu’il écrase férocement, éveillant en lui une haine infinie, la dernière manifestation de cette hubris, de cette démesure, étant l’avancée de façon déclarée et au vu de tous, au mépris de toute règle, dans la terre du pays voisin, le Liban, sous prétexte d’établir un <em>«tampon de sécurité»</em>&nbsp;?</p>



<p>Un individu ou une nation ne peuvent survivre que dans un contexte, un environnement bienveillant ou, du moins, neutre. Quel avenir durable pour soi peut rapporter la volonté inhumaine d’anéantissement du voisin&nbsp;qu’on veut sciemment faire plier par des méthodes qui ne sont pas sans rappeler&nbsp;celles que le peuple juif a lui-même subis ?</p>



<p>Admirons encore le comportement du peuple iranien qui, même s’il s’oppose majoritairement au régime des mollahs, n’a pas voulu profiter de son agression pour se révolter comme l’espérait l’Occident, car il sait que les bombes projetées de l’extérieur n’ont jamais libéré un pays du régime dont il souffre, et qu’il faut successivement&nbsp;se débarrasser de l’agression étrangère d’abord, puis s’attaquer&nbsp;ensuite soi-même à ce&nbsp;&nbsp;régime impopulaire&nbsp;:&nbsp;ce sont les b.a.-ba de l’Histoire que les pays qu’on pensait détenir le monopole de l’intelligence n’ont pas vu par mépris de l’autre, mépris qui a nui à&nbsp;&nbsp;leur sens de la rationalité.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>* Ecrivaine.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Q1MjnOkP3x"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/01/retour-diran-le-pays-des-ayatollahs-et-des-poetes-1-2/">Retour d’Iran : Le pays des ayatollahs et des… poètes (1-2)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Retour d’Iran : Le pays des ayatollahs et des… poètes (1-2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/01/retour-diran-le-pays-des-ayatollahs-et-des-poetes-1-2/embed/#?secret=awATp1l3s7#?secret=Q1MjnOkP3x" data-secret="Q1MjnOkP3x" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Les Etats-Unis, un pays hors-la-loi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/12/les-etats-unis-un-pays-hors-la-loi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jan 2026 07:01:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’enlèvement s du Nicolas Maduro par les Américains est un avertissement à tous les dirigeants insubordonnés à travers le monde.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’enlèvement sans précédent dans les annales du monde, par la manière dont cela s’est produit, du président vénézuélien Nicolas Maduro, constitue non seulement une intervention militaire dans un pays souverain et indépendant en violation des principes du droit international, mais aussi un avertissement clair à la planète entière. Un avertissement à tout dirigeant insubordonné de chaque pays.</em></strong></p>



<p><strong>Isidoros Karderinis *</strong></p>



<span id="more-18226782"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis.jpg" alt="" class="wp-image-15466286" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Lors d’une conférence de presse concernant l’opération militaire et l’<em>«arrestation»</em> de Maduro, le 3 janvier 2026, Donald Trump a proféré des menaces contre le président colombien Gustavo Petro, déclarant : <em>«Il ferait bien d’être prudent»</em>.</p>



<p>Dans le même temps, le président américain a laissé entendre que Cuba pourrait être un sujet de discussion dans le cadre de la politique américaine plus large dans la région, soulignant ainsi la capacité de Washington à étendre son champ d’action au-delà du Venezuela.</p>



<p>Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui est originaire de Cuba, a même déclaré que le gouvernement cubain devrait s’inquiéter après l’arrestation de Maduro. Il a notamment affirmé&nbsp;: <em>«Si je vivais à La Havane et que j&rsquo;étais membre du gouvernement, je serais au moins inquiet»</em>, ajoutant que <em>«Cuba est un désastre»</em> et que le pays est<em> «dirigé par des hommes incompétents et dépravés»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">400 interventions à l’étranger depuis 1776</h2>



<p>L’histoire des États-Unis est par ailleurs marquée par de nombreuses interventions impérialistes. Plus précisément, on dénombre environ 400 interventions depuis 1776, date à laquelle le Second Congrès continental adopta la Déclaration du 4 juillet, proclamant l’indépendance des treize colonies américaines vis-à-vis de l’Empire britannique, un événement qui marqua la fondation officielle des États-Unis d’Amérique.</p>



<p>Qui pourrait oublier que, du 15 au 19 avril 1961, 1&nbsp;400 combattants anticastristes, entraînés et financés par la CIA, tentèrent de débarquer à la baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans parvenir à renverser le régime communiste cubain. Ces combats firent une centaine de morts de chaque côté.</p>



<p><em>«Avec la victoire de Salvador Allende aux élections du 4 septembre 1970 au Chili et la présence déjà de Fidel Castro à Cuba, nous allons nous retrouver avec un sandwich rouge en Amérique latine qui deviendra inévitablement entièrement rouge»</em>, craignait Richard Nixon, et sa crainte fut bientôt confirmée par les résultats des élections.</p>



<p>Face à cette réalité déplaisante pour les États-Unis, une solution s’était imposée. Elle fut trouvée le matin du 11 septembre 1973, lorsqu’un coup d’État militaire fut fomenté sous la direction du général Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis, mais aussi du Brésil, dont le régime militaire était parfaitement ami et coopératif avec les États-Unis. Les putschistes ont encerclé, bombardé et pris d’assaut le palais présidentiel. Allende et ses proches collaborateurs furent tués après une résistance acharnée.</p>



<p>Les États-Unis ont également envahi le Panama à la mi-décembre 1989, sous la présidence de George Bush père. L’objectif de cette invasion militaire était de destituer le dirigeant de facto du Panama, le général Manuel Noriega, accusé par les autorités américaines d’extorsion et de trafic de drogue.</p>



<p>Ainsi, si l’on cherche un parallèle historique où les Américains ont arrêté le dirigeant de facto d’un pays et l’ont extradé vers les États-Unis pour y être jugé, l’affaire Noriega est la plus caractéristique. Et cela s’est produit après une véritable invasion militaire, c’est-à-dire dans le contexte d&rsquo;une intervention armée coordonnée.</p>



<p>Noriega parvint à s’échapper et se réfugia à l’ambassade du Vatican à Panama, la capitale du pays, où il resta onze jours. Il y subit une intense guerre psychologique pour le contraindre à se rendre. L’armée américaine installa un mur de son assourdissant devant l’ambassade. Une flotte de Humvees équipés de haut-parleurs diffusait en permanence du hard rock et, parfois, du heavy metal. On y passait notamment le titre<em> ‘‘Panama’’</em> du groupe Van Halen.</p>



<p>Le Saint-Siège s’en est plaint à juste titre auprès du président Bush, et la guerre musicale prit fin après trois jours. Le 3 janvier 1990, le général accepta de se rendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les vraies raisons d’une intervention militaire</h2>



<p>Mais quelles sont les raisons profondes de l’intervention militaire américaine au Venezuela et du renversement du régime insubordonné en place ?</p>



<p>Le Venezuela possède, on le sait, les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303,8 milliards de barils en 2021. À titre de comparaison, les principaux pays producteurs de pétrole disposent de réserves plus modestes. L’Arabie saoudite, par exemple, en possède environ 267 milliards de barils et le Koweït 101,5 milliards.</p>



<p>Dans le même temps, les réserves prouvées de gaz naturel du pays ont dépassé 5,6 billions de mètres cubes en 2021. Il convient de noter, par ailleurs, que dans l’hémisphère occidental, seuls les États-Unis disposaient de réserves plus importantes.</p>



<p>Les réserves totales de minerai de fer du Venezuela sont estimées à 4,5 milliards de tonnes et le pays se classe deuxième dans la région après le Brésil pour ses réserves en ce métal.</p>



<p>Enfin, le Venezuela possède certaines des plus importantes réserves mondiales de bauxite, un minerai utilisé pour la production d’aluminium. Ses réserves totales de ce minerai s’élèvent à 950 millions de tonnes.</p>



<p>Il est donc clair pour tout observateur objectif que les États-Unis convoitent les ressources naturelles du Venezuela. Des ressources qu’ils ne peuvent obtenir avec le régime actuel, partenaire politique et militaire et allié de Moscou, Pékin et Téhéran, mais aussi principal fournisseur de pétrole de la Chine.</p>



<p>Pour les États-Unis, la solution pour asseoir leur suprématie dans la compétition internationale impitoyable réside dans le renversement du régime vénézuélien actuel et l’installation d’un président et d’un gouvernement parfaitement complaisants et à leur service. Le reste – à savoir la légalité d’une intervention militaire – leur importe peu.</p>



<p>Que conclure de cette affaire sinon que les dirigeants d’un pays ne doivent être renversés que par leur peuple, c’est-à-dire par des soulèvements populaires et des révolutions, comme cela s’est produit dans divers pays par le passé. Ils ne doivent pas être renversés par l’intervention militaire d’une puissance étrangère.</p>



<p>Par conséquent, l’invasion militaire américaine du Venezuela et l’enlèvement de son président sont absolument condamnables pour tout citoyen du monde attaché à la démocratie et à la liberté de pensée.</p>



<p><em>* Journaliste grec.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9eJPjIg0OT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/comment-trump-va-t-il-avaler-le-groenland/">Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/comment-trump-va-t-il-avaler-le-groenland/embed/#?secret=yLQGXyd4Bz#?secret=9eJPjIg0OT" data-secret="9eJPjIg0OT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Face à la logique de la force, un front intérieur fort</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/tunisie-face-a-la-logique-de-la-force-un-front-interieur-fort/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 09:55:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La seule solution pour contrer la logique de la force, incarnée aujourd'hui par les Etats-Unis, réside dans front intérieur fort et une nation unie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/tunisie-face-a-la-logique-de-la-force-un-front-interieur-fort/">Tunisie | Face à la logique de la force, un front intérieur fort</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ecoutez bien&nbsp;! Laissons de côté les vaines fanfaronnades et les discours clivants. On peut s’accorder à dire que les États-Unis sont un État voyou, et en parler comme on veut, mais force est de constater que cela ne changera rien, du moins pas pour l’instant. La seule solution pour contrer la logique de la force réside dans une nation forte et unie.</em></strong></p>



<p><strong>Sami Jallouli *</strong></p>



<span id="more-18207766"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait.jpg" alt="" class="wp-image-18207777" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Qu’on le veuille ou non, nous sommes confrontés à une force irrésistible une fois qu’elle a pris une décision. Qu’on l’appelle arrogance ou démonstration de force, elle n’en demeure pas moins une réalité tangible. Nous avons vu des banques et des multinationales capituler et débourser des centaines de millions de dollars pour se sauver.</p>



<p>Par exemple, la société française Alstom, dont le directeur avait d&rsquo;abord raillé une amende américaine d’environ 770 millions de dollars, a finalement cédé et payé. Qui plus est, les Américains ont pris le contrôle de l’entreprise.</p>



<p>Pire encore, une équipe du FBI a pénétré dans le siège de l’entreprise, en plein cœur de Paris, et a confisqué tous les documents qu’elle souhaitait sans que personne n’ose l’arrêter, alors même qu’elle se trouvait sur le territoire d’un pays aussi puissant que la France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une autorité transnationale</h2>



<p>Cette influence s’étend jusqu’à vous, même si vous n’avez jamais mis les pieds en Amérique. Le simple fait d’utiliser le dollar pour une transaction financière, ou Gmail pour vos communications, suffit à vous placer sous leur juridiction, qui exerce une autorité internationale et transnationale.</p>



<p>Vous pourriez dire que c’est illégal, et je serais d’accord, mais une fois entré sur leur territoire, vous ne pouvez rien y faire…</p>



<p>Le problème, c’est que certaines personnes continuent d’aborder les questions cruciales et stratégiques sous un angle émotionnel, oubliant que diriger des pays est totalement différent de diriger des organisations de défense des droits de l’homme.</p>



<p>Oui, nous rejetons toute ingérence étrangère, mais la souveraineté se consolide en renforçant le front intérieur, et non par des slogans. Ce renforcement ne peut être réalisé que par un véritable dialogue national, une ouverture à tous ceux qui croient en un État civil et démocratique, et en offrant aux jeunes la possibilité d’innover et de travailler sans contraintes juridiques obsolètes.</p>



<p>Il y a quelques mois, dans un article paru dans la revue <em><a href="https://www.leconomistemaghrebin.com/2023/01/22/sami-jallouli-un-appel-au-dialogue-semble-urgent/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Économiste Maghrébin</a></em>, j’appelais à la nécessité de s’asseoir à la table du dialogue et à l’avènement d’un examen approfondi des politiques publiques… Je crois que cette opportunité demeure, malgré son retard…</p>



<p>L’édification d’un système économique et politique cohérent, la maîtrise des sciences et la formation d’un front national pour défendre nos intérêts supérieurs constituent le seul rempart imprenable. Autrement, notre rhétorique actuelle ne fera qu’engendrer un populisme fallacieux et opportuniste aux conséquences désastreuses pour tous.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Article traduit de l&rsquo;arabe.</em></p>



<p><em>* Juriste et politologue.</em></p>



<p><a href="https://www.facebook.com/sami.jallouli" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Page Facebook de l’auteur.</a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<title>Souveraineté et mise sous tutelle &#124; Le cas du Venezuela</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 09:34:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[souveraineté]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qui s’est joué au Venezuela est un avertissement : la souveraineté n’est plus un droit abstrait, mais une capacité concrète. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/souverainete-et-mise-sous-tutelle-le-cas-du-venezuela/">Souveraineté et mise sous tutelle | Le cas du Venezuela</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’extraction d’un chef d’État en exercice, sans conflit armé ni effondrement institutionnel visible, marque une inflexion majeure dans les pratiques de la puissance internationale. Au-delà du cas vénézuélien, cet épisode interroge la réalité contemporaine de la souveraineté, la portée effective du droit international et les nouvelles formes de domination politique à l’ère de la contrainte indirecte.</em></strong> <em>(Ph. L&rsquo;après Maduro au Venezuela frappé du sceau de l&rsquo;incertitude). </em></p>



<p><strong>Sabrine Bouzeriata</strong> *</p>



<span id="more-18207621"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata.jpg" alt="" class="wp-image-17394193" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Ce qui s’est produit récemment au Venezuela ne peut être réduit à un simple épisode de transition politique ou à une correction tardive d’un régime contesté.</p>



<p>Il s’agit d’un événement révélateur d’une transformation profonde de l’ordre international, où la force ne s’exerce plus prioritairement par la guerre, mais par l’érosion méthodique des capacités étatiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une défaite déjà inscrite dans les institutions</h2>



<p>Un président en exercice a été neutralisé au cœur même de son appareil institutionnel, sans invasion, sans affrontement militaire, sans rupture formelle de l’ordre constitutionnel.</p>



<p>Cette réalité oblige à déplacer le regard : la question n’est plus celle de la légitimité d’un régime, mais celle des conditions dans lesquelles un État peut encore exercer une souveraineté effective.</p>



<p>Le Venezuela n’a pas été défait militairement. Il a été progressivement affaibli. Les sanctions économiques prolongées, l’isolement financier, la pression sur la monnaie, la contraction des échanges et la fragmentation sociale ont produit un environnement où l’État fonctionne en tension permanente. L’acte final n’a fait que matérialiser une défaite déjà inscrite dans les structures.</p>



<p>Cette séquence illustre une évolution majeure des rapports de force internationaux. La domination ne passe plus nécessairement par l’intervention directe, mais par la création d’un épuisement stratégique. Il ne s’agit plus de renverser un pouvoir, mais de le rendre inopérant, incapable de décider, de protéger ou de résister.</p>



<p>Dans ce cadre, les références au droit international, à la démocratie ou aux droits humains conservent une présence discursive, mais leur application apparaît sélective. Elles fonctionnent comme des instruments de légitimation a posteriori, rarement comme des garde-fous contraignants. La cohérence normative cède le pas à l’utilité géopolitique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le coût de la dissidence géostratégique</h2>



<p>Le constat est désormais difficile à contourner : certains États peuvent s’écarter largement des standards démocratiques sans subir de conséquences majeures, tant qu’ils respectent les lignes d’alignement stratégique. D’autres, en revanche, sont sanctionnés non pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils refusent d’être.</p>



<p>Le critère central n’est donc ni la gouvernance, ni la transparence, ni même la stabilité interne. Il est celui de la conformité géopolitique. Le coût de la dissidence stratégique est devenu plus élevé que celui de l’autoritarisme aligné.</p>



<p>Ce qui frappe également, c’est la normalisation du procédé. L’événement est traité comme une opération de gestion politique : communiqués sobres, procédures juridiques invoquées, narratifs maîtrisés. Le chef d’État se transforme en objet sécuritaire, et la société concernée disparaît du champ de l’analyse.</p>



<p>Au-delà du cas vénézuélien, cette séquence interpelle directement les États du Sud, notamment ceux du pourtour méditerranéen. Elle rappelle que la souveraineté proclamée ne suffit plus. Sans capacité économique autonome, sans cohésion sociale, sans marge stratégique réelle, l’État devient vulnérable à des formes de pression indirectes, mais redoutablement efficaces.</p>



<p>Les constitutions ne garantissent plus à elles seules la protection du pouvoir politique. Les élections non plus. Ce qui demeure déterminant, c’est l’existence d’un rapport de force tangible, multidimensionnel, capable de dissuader toute mise sous tutelle.</p>



<p>Ce qui s’est joué au Venezuela n’est donc pas une exception. C’est un précédent. Un avertissement clair : dans le nouvel ordre mondial, la souveraineté n’est plus un droit abstrait, mais une capacité concrète. Et tout État incapable de la défendre s’expose à être traité non comme un acteur, mais comme un dossier.</p>



<p>* <em>Journaliste et analyste politique. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DLb3YbaFav"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/laventurisme-de-trump-plonge-le-venezuela-dans-lincertitude/">L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/laventurisme-de-trump-plonge-le-venezuela-dans-lincertitude/embed/#?secret=fKWvzjufpR#?secret=DLb3YbaFav" data-secret="DLb3YbaFav" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Barbouzerie américaine à Caracas, trouille à Téhéran !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 08:12:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Farnaz Fassihi]]></category>
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		<category><![CDATA[Nicolas Maduro]]></category>
		<category><![CDATA[programme nucléaire]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Iran doit contenir la contestation interne qui se répand dans tout le pays et éviter que Trump qui a menacé d’intervenir ne passe à l’acte.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/barbouzerie-americaine-a-caracas-trouille-a-teheran/">Barbouzerie américaine à Caracas, trouille à Téhéran !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que le monde est en passe de devenir un immense Far West où le shérif Donald Trump souffle le chaud et froid, le régime théocratique en Iran se retrouve confronté à une équation insoluble. Contenir la contestation interne qui se répand dans l&rsquo;ensemble du pays comme une traînée de poudre et éviter que Trump qui a menacé d’intervenir ne passe à l’acte. La République islamique est entrée en «mode survie». Aujourd&rsquo;hui, les dirigeants iraniens ne savent plus quoi faire et sont dans une situation de grande inquiétude.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18207301"></span>



<p>Farnaz Fassihi, actuellement chef du bureau du <a href="https://www.nytimes.com/2026/01/04/world/middleeast/iran-protests.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">New York Times</a> auprès des Nations Unies et qui a couvert l’Iran pendant plus de trente ans, observe comment Téhéran se trouve confronté à un dilemme complexe : l’escalade des troubles intérieurs et la menace de frappes extérieures. Son enquête montre que le régime iranien, pris en étau entre une économie en ruine et une colère populaire grandissante, ne dispose d’aucune solution claire permettant à la fois d’apaiser les tensions internes et d’éviter une escalade avec Israël et les États-Unis. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le gouvernement dans une impasse</h2>



<p>Fassihi note que ces dernières années, le gouvernement iranien s’est habitué à réprimer par la force les vagues successives de manifestations nationales contestant son pouvoir. Toutefois, pour la première fois, les dirigeants du pays sont confrontés à un défi plus complexe à savoir une agitation intérieure croissante qui coïncide avec une menace militaire extérieure. Le gouvernement semble dans une impasse face à la gestion simultanée de ces deux problèmes, sans stratégie claire pour enrayer l&rsquo;effondrement économique qui alimente les manifestations et sans aucune indication que les dirigeants iraniens soient disposés à faire des concessions suffisantes sur leur programme nucléaire pour apaiser Israël et les États-Unis et éviter le risque d’une nouvelle série de frappes.</p>



<p>Depuis deux semaines, des manifestations secouent l’Iran. Bien qu’elles n’aient pas atteint l’ampleur des deux derniers grands soulèvements –l&rsquo;un en 2022 mené par des femmes et l’autre en 2019 déclenché par la hausse des prix du carburant– elles ont ébranlé les hauts responsables et suscité des réactions rapides des États-Unis et d’Israël. Le président Trump a menacé d’intervenir, déclarant sur les réseaux sociaux que les États-Unis viendraient en aide au peuple iranien si l’Iran tuait des manifestants pacifiques, ajoutant : <em>«Nous sommes pleinement préparés et prêts à agir»</em>.</p>



<p>De leur côté, le ministre israélien des Affaires étrangères et plusieurs responsables gouvernementaux ont publiquement apporté leur soutien aux manifestants. <em>«Israël est à vos côtés et vous soutient de toutes les manières possibles»</em>, a déclaré Gila Gamliel, ministre israélien de l’Innovation, des Sciences et des Technologies, dans une vidéo publiée la semaine dernière. Samedi, l’armée américaine a attaqué le Venezuela, l’un des plus proches alliés de l’Iran, et a capturé son dirigeant Nicolás Maduro. Lors d’une conférence de presse où Trump a déclaré que Washington entendait <em>«gérer»</em> ce pays d’Amérique du Sud et le secrétaire d’État Marco Rubio a insisté sur le fait que les autres pays devaient en prendre note.</p>



<p>Les dirigeants et personnalités politiques iraniens semblaient désemparés et choqués. Les conséquences pour Téhéran sont considérables. Les lignes de défense s’effondrent</p>



<p>Ali Gholahki, commentateur iranien aux positions radicales, a déclaré lors d’un entretien téléphonique que la situation économique désastreuse avait joué un rôle déterminant dans la chute des dirigeants vénézuéliens et syriens, en engendrant une spirale de mécontentement populaire et en démoralisant les forces de sécurité. Il a ajouté : <em>«La leçon pour l’Iran est qu’il faut être extrêmement prudent pour éviter que le même scénario ne se reproduise. Lorsque les forces antiémeutes, les forces de sécurité et l’armée peinent à boucler leur budget, les lignes de défense s’effondrent»</em>.</p>



<p>Suite à la menace de frappes proférée par Trump vendredi, le Conseil suprême de sécurité nationale –l&rsquo;organe responsable de la sécurité intérieure et extérieure– a tenu une réunion d’urgence tard dans la nuit pour examiner les moyens de contenir les manifestations avec moins de violence et d’éviter d’attiser davantage la colère populaire.</p>



<p>Selon trois responsables iraniens proches du dossier, ayant requis l’anonymat en raison de la nature sensible des discussions, les préparatifs en vue d’éventuelles frappes militaires ont également été abordés.</p>



<p>Ces responsables ont indiqué que de hauts responsables avaient reconnu, lors de réunions et de conversations privées, alors que les manifestations se poursuivaient, que la République islamique était entrée en <em>«mode survie»</em>. Le pays semble démuni face à l’effondrement économique qui alimente les troubles, ou face à la menace d’une nouvelle escalade avec Israël et les États-Unis.</p>



<p>Le président Massoud Pezeshkian l’a déclaré publiquement à plusieurs reprises ces dernières semaines, allant même jusqu’à affirmer une fois qu’il n’avait aucune idée pour résoudre les nombreux problèmes de l’Iran. <em>«Toute politique fondée sur l’injustice est vouée à l’échec»</em>, a déclaré M. Pezeshkian jeudi, lors de sa première apparition publique depuis le début des manifestations. <em>«Il faut accepter que le fait que nous devions écouter le peuple»</em>, a-t-il martelé.</p>



<p>Les mesures prises jusqu’à présent par le gouvernement pour faire face à la crise économique, telles que le remplacement du gouverneur de la banque centrale et l’annonce de modifications de la politique monétaire, n’ont donné que des résultats limités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Programme nucléaire et lutte contre la corruption</h2>



<p>Une véritable refonte économique exigerait des changements majeurs pouvant mener à un accord nucléaire avec Washington qui lèverait les sanctions et à une lutte acharnée contre la corruption.</p>



<p>Le gouvernement semble soit incapable de prendre ces mesures, soit peu disposé à le faire. Les analystes estiment que les crises du pays sont interdépendantes. L’économie a été gravement affectée par les sanctions américaines sur les ventes de pétrole et les transactions bancaires internationales, imposées en 2018 lorsque Trump s’est retiré de l’accord nucléaire avec Téhéran. Après le rétablissement des sanctions par le Conseil de sécurité de l’Onu en septembre, le rial iranien a encore chuté. La corruption généralisée et la mauvaise gestion ont également aggravé la situation.</p>



<p>À ces difficultés s’ajoute le conflit persistant avec Israël, qui a perpétré des assassinats et des bombardements visant des installations nucléaires et militaires, tandis que l’Iran armait et finançait des groupes armés au Liban, à Gaza et en Cisjordanie. En juin, Israël a lancé une attaque surprise contre l’Iran, déclenchant un conflit de douze jours qui s’est soldé par un bombardement américain d’installations nucléaires iraniennes, causant d’importants dégâts.</p>



<p>Selon trois responsables, les inquiétudes se sont accrues cette semaine quant à la possibilité qu’Israël profite de l’instabilité intérieure persistante pour lancer une nouvelle attaque. Ils ont ajouté que les déclarations de Trump et de responsables israéliens ont exacerbé ces craintes. Pezeshkian a tenu deux réunions d’urgence avec son conseil consultatif économique la semaine dernière, demandant des directives écrites et des éléments de langage en cas d’aggravation de la crise, d’après deux responsables au fait du dossier ayant requis l’anonymat. Ces derniers ont indiqué que certains conseillers ont suggéré à Pezeshkian de rejeter la responsabilité, dans ses discours publics, sur la <em>«double structure de pouvoir»</em> en Iran où les décisions clés sont prises par le Guide suprême, l(ayatollah Ali Khamenei.</p>



<p>Samedi, Khamenei a adopté une position plus intransigeante que le président, déclarant publiquement que <em>«les fauteurs de troubles doivent être remis à leur place»</em> et accusant des <em>«ennemis extérieurs»</em> de la chute de la monnaie et d&rsquo;autres problèmes économiques. Il a toutefois reconnu que les commerçants des bazars de Téhéran étaient en droit de protester contre les fluctuations des prix.</p>



<p>La vague de contestation actuelle a débuté cette semaine après la fermeture des boutiques par ces commerçants en signe de protestation. Alors que les grèves s’étendaient à d’autres villes, le gouvernement a décrété quatre jours fériés nationaux, jusqu’à dimanche, afin de tenter d’endiguer la situation.</p>



<p>Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et des articles de presse iraniens, la plupart des commerces du bazar de Téhéran sont restés fermés dimanche. Des manifestations sporadiques ont eu lieu et un important dispositif policier anti-émeute a été déployé. Ces derniers jours, les troubles ont dégénéré en violences dans de nombreux quartiers. Des jeunes ont attaqué des bâtiments gouvernementaux, affronté les forces de sécurité et incendié des voitures, des motos et des conteneurs à ordures, d’après des vidéos, des médias iraniens et le service persan de la BBC.</p>



<p>Les forces de sécurité ont réprimé les manifestants à coups de gaz lacrymogène, et des coups de feu ont été entendus dans certaines vidéos en provenance de villes de l’ouest iranien. Au moins huit manifestants et deux membres des forces de sécurité ont été tués, selon des rapports officiels, des organisations de défense des droits humains et des vidéos de funérailles. Mehdi Rahmati, analyste iranien qui conseille les autorités sur la stratégie régionale, a déclaré :<em> «Malheureusement, je pense que le gouvernement n’a ni compréhension ni stratégie face à la situation intérieure ni face à la pression internationale croissante»</em>. Il a ajouté :<em> «La colère est palpable. Une hypothèse est qu’ils laissent les manifestants exprimer leur colère car nous sommes au bord de la rupture»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La République islamique joue sa survie &nbsp;</h2>



<p>Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a tenu jeudi dernier une réunion privée avec des responsables de médias affiliés à l’État. Selon deux sources proches du dossier, il a décrit l’escalade de la crise comme une<em> «lutte pour la survie»</em> de la République islamique et du pays. Ces sources ont indiqué qu’Araqchi avait déclaré aux représentants des médias que les perspectives de négociations avec Washington étaient actuellement <em>«inexistantes»</em> et que la décision d’engager le dialogue avec les États-Unis ne lui appartenait pas.</p>



<p>Depuis deux semaines, des foules descendent dans la rue pour exprimer leur colère contre le gouvernement et réclamer la fin du régime clérical. Les manifestations se concentrent principalement dans les petites villes, les quartiers défavorisés et les universités, où les manifestants scandent<em> «Mort à Khamenei!»</em> et <em>«Liberté! Liberté!»</em>. Des militants et des habitants en Iran ont déclaré que certains slogans ont élargi la condamnation du régime autoritaire, tels que: <em>«Mort à l’oppresseur, qu’il soit roi ou guide suprême»</em>.</p>



<p>À Téhéran, hormis le centre-ville, y compris le bazar, le campus universitaire et certains quartiers populaires, la vie semblait globalement normale, selon les habitants. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des stations de ski au nord de la ville bondées de vacanciers aisés. Les manifestations actuelles ne semblent pas atteindre l’ampleur du soulèvement de 2022, qui, porté par un mouvement féministe progressiste exigeant la fin du port obligatoire du hijab, avait duré des mois.</p>



<p>Cependant, cette fois-ci, les manifestations pourraient s’étendre et devenir plus violentes. L’agence de presse Fars, affiliée aux Gardiens de la révolution, a rapporté samedi que certains troubles dans les provinces de l’ouest avaient pris la forme de <em>«cellules organisées»</em> et d’<em>«attaques quasi armées»</em>.</p>



<p>L’agence a précisé que les instigateurs dans la province d’Ilam étaient numis d’armes à feu, d’armes lourdes et de grenades à main. Des vidéos montraient des foules masquées tirant en l’air avec des fusils d’assaut tout en scandant <em>«Mort à Khamenei!»</em>. Dans une déclaration commune, 17 militants pro-démocratie iraniens, dont Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix emprisonnée et les cinéastes Jafar Panahi (Palme d’or 2025 au Festival de Cannes) et Mohammad Rasoulof (Ours d’or à la Berlinale 2020), ont appelé les forces de sécurité à cesser toute attaque contre les manifestants. La déclaration affirmait : <em>«Le seul moyen de sauver l’Iran est de se détacher de la République islamique, une revendication qui n’est ni temporaire ni réprimable»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DS3aCr4THs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/epuises-financierement-les-iraniens-investissent-les-rues/">Épuisés financièrement, les Iraniens investissent les rues !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Épuisés financièrement, les Iraniens investissent les rues ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/epuises-financierement-les-iraniens-investissent-les-rues/embed/#?secret=OpEAi0Lz6x#?secret=DS3aCr4THs" data-secret="DS3aCr4THs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/barbouzerie-americaine-a-caracas-trouille-a-teheran/">Barbouzerie américaine à Caracas, trouille à Téhéran !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’impérialisme du XXIe siècle ou le nouveau primitivisme des puissances</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/limperialisme-du-xxie-siecle-ou-le-nouveau-primitivisme-des-puissances/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jan 2026 09:20:01 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Théorie Monroe]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’affaire du Venezuela est une illustration flagrante d’un vieux réflexe colonial : le «déni d’égalité politique universelle».</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/limperialisme-du-xxie-siecle-ou-le-nouveau-primitivisme-des-puissances/">L’impérialisme du XXIe siècle ou le nouveau primitivisme des puissances</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis quelques années, une théorie séduisante mais pernicieuse émerge dans certains cercles stratégiques occidentaux : la «Théorie Donroe» <sup>(1)</sup>, qui postule que certains États ou régions, en raison de facteurs culturels, historiques ou religieux structurels, seraient «incapables» d’accéder à une démocratie stable ou à une souveraineté pleine sans supervision extérieure. Présentée comme un réalisme géopolitique éclairé, cette théorie n’est en réalité qu’un habillage savant d’un vieux réflexe colonial : le «déni d’égalité politique universelle». L’affaire du Venezuela, avec la tentative de renversement reconnu par une partie de la communauté internationale, en est une illustration flagrante, mais on en trouve les prémisses dans les discours sur le Monde arabe, l’Afrique ou l’Asie centrale.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18203473"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg" alt="" class="wp-image-7425261" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<h2 class="wp-block-heading">I. <strong>Les présupposés philosophiques d’une régression </strong></h2>



<p>La Théorie Donroe repose sur trois piliers philosophiques malsains :</p>



<p><em>1. Le culturalisme déterministe</em> qui essentialise les peuples et les cultures, leur assignant une trajectoire politique fixe. Comme le soulignait déjà Emmanuel Todd dans <em>‘‘Après l’empire’’</em>, cette tendance à figer les civilisations est un symptôme de l’affaiblissement de l’Occident, qui, ne parvenant plus à imposer son modèle par la simple force, le fait désormais par le discours de l’<em>«incapacité native»</em>. Ce déterminisme nie la possibilité de l’événement politique – au sens d’Alain Badiou, c’est-à-dire de la rupture historique par laquelle un peuple invente sa propre forme d’émancipation.</p>



<p><em>2. L’universalisme asymétrique</em> : sous couvert de défendre des valeurs universelles (démocratie, droits humains), cette théorie en réserve l’application aux seuls peuples <em>«éligibles»</em>, jugés selon des critères opaques définis par les puissances dominantes. Badiou y verrait une <em>«trahison de l’idée même d’universalité»</em> : l’universel ne se décrète pas depuis un centre, il se conquiert dans la singularité des luttes.</p>



<p><em>3. La négation de la souveraineté comme concept vide :</em>&nbsp; pour les tenants de la Théorie Donroe, la souveraineté des États <em>«faillis»</em> ou <em>«immatures»</em> serait un concept dépassé, justifiant des interventions sous formes variées : ingérences humanitaires, sanctions ciblées, soutien à des oppositions, jusqu’à la reconnaissance de présidents autoproclamés. Cette posture revient à <em>«institutionnaliser l’état d’exception géopolitique»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II- L’application géopolitique : un impérialisme de l’urgence permanente</h2>



<p>Sur le terrain, la Théorie Donroe sert à légitimer une gamme d’actions qui violent le droit international tout en prétendant le servir :</p>



<p><em>&#8211; «La délégitimation systématique»</em> : tout régime qui résiste à l’alignement géopolitique occidental est progressivement étiqueté comme <em>«illégitime», «autoritaire»</em> ou <em>«défaillant»</em>. Le Venezuela de Maduro, la Syrie d’Assad, ou encore la Biélorussie de Loukachenko deviennent ainsi des cibles désignées, non pas nécessairement pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils <em>«symbolisent»</em> : une résistance à l’ordre libéral-atlantiste.</p>



<p><em>&#8211; L’ingérence comme norme :</em> le <em>«droit d’ingérence»</em> mute en <em>«devoir d’ingérence»</em> pour les États<em> «responsables»</em>. Cette logique a été poussée à son paroxysme dans la tentative de changement de régime au Venezuela en 2019, où les États-Unis et plusieurs alliés ont reconnu un président parallèle sans élection, au nom de la <em>«restauration démocratique»</em>.</p>



<p><em>&#8211; La criminalisation de la résistance</em> : tout État qui défend sa souveraineté face à ces pressions est accusé de <em>«nationalisme déviant»</em> ou de <em>«populisme rétrograde»</em>. La Théorie Donroe fournit ainsi un lexique commode pour diaboliser la résistance à l’hégémonie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III- Les conséquences : un monde moins stable, moins libre, moins juste </h2>



<p>L’application de cette théorie produit des effets contraires à ses prétentions :</p>



<p><em>1. Destabilisation régionale :</em> les interventions menées au nom du <em>«salut démocratique» </em>génèrent souvent du chaos, des guerres civiles et des flux migratoires. L’exemple libyen, après 2011, est une tragique démonstration de ce scénario.</p>



<p><em>2. Renforcement des régimes autoritaires :</em>&nbsp; sous la menace permanente d’une ingérence, les régimes ciblés se durcissent, mobilisent le nationalisme comme bouclier et répriment toute opposition interne perçue comme une <em>«cinquième colonne»</em>.</p>



<p><em>3. Érosion de l’ordre international</em> : en sapant le principe de souveraineté, pilier de la Charte de l’Onu, cette théorie ouvre la voie à un monde de puissances rivales où chaque bloc justifiera ses ingérences par sa propre <em>«exception»</em>. Nous risquons de basculer dans une <em>«jungle normative»</em>, où le droit n’est plus que l’instrument du plus fort.</p>



<p><em>4. Trahison des peuples :</em>&nbsp; en niant aux peuples leur capacité à écrire leur propre histoire, on les infantilise et on étouffe dans l’œuf les véritables mouvements d’émancipation locaux, qui ne sauraient être réduits à une imitation du modèle occidental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">IV- Pour un universalisme de l’émancipation, contre un universalisme de la tutelle </h2>



<p>Il est urgent d’opposer à la Théorie Donroe une autre vision du monde, fondée sur :</p>



<p><em>&#8211; L’égalité politique inconditionnelle :</em>&nbsp; tout peuple, quelle que soit sa culture ou son histoire, est présumé capable de se gouverner et de choisir son destin. C’est le principe de base de l’auto-détermination.</p>



<p><em>&#8211; La non-ingérence comme éthique minimale :</em> le respect scrupuleux de la souveraineté n’est pas un relativisme moral, mais la condition nécessaire pour que les changements soient durables et légitimes.</p>



<p><em>&#8211; La solidarité des luttes singulières :</em> plutôt que d’imposer un modèle, il s’agit de soutenir les forces progressistes et démocratiques <em>«là où elles émergent»</em>, à leur rythme et selon leurs modalités propres, comme le suggère une lecture attentive de Badiou sur l’<em>«idée»</em> et de Todd sur la nécessaire <em>«décentralisation du monde».</em></p>



<p><em>&#8211; «Un multilatéralisme authentique» : </em>&nbsp;refonder les institutions internationales pour qu’elles ne soient plus le lieu où les puissances légitiment leurs interventions, mais l’espace où se construisent des compromis entre égaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">V- Refuser le primitivisme savant </h2>



<p>La Théorie Donroe est un retour en arrière masqué en avancée conceptuelle. Sous des atours scientifiques, elle réactive le vieux mythe de la <em>«mission civilisatrice»</em>. Face à cela, la tâche de la pensée critique est de démasquer cette fiction et de rappeler, avec force, que <em>«la liberté ne s’exporte pas, elle se conquiert de l’intérieur»</em>.&nbsp;</p>



<p>Le Venezuela, comme d’autres pays pris dans l’étau de ces théories, nous rappelle une évidence trop souvent oubliée : un peuple n’a pas besoin de tuteurs pour être libre ; il a besoin de respect, de temps et du droit à l’expérimentation politique – y compris celui de se tromper et de se corriger lui-même.&nbsp;</p>



<p>C’est seulement en renonçant à cette arrogance théorique que nous pourrons espérer construire un monde commun, où la diversité des chemins ne sera plus perçue comme une menace, mais comme la richesse de l’humanité politique en mouvement.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>



<p><em>1- Le terme «Théorie Donroe» est une construction fictive vulgarisée par les médias, utile pour critiquer un courant de pensée réel qui, sous divers noms et formes, a justifié l’ingérence, l’interventionnisme et le déni de souveraineté au nom de la démocratie, de la stabilité ou des droits humains ou tout simplement des intérêts stratégiques. Cette théorie de Monroe née aux USA en 1823, revient en force sous une version nouvelle.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zTr1XvahMo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/du-venezuela-au-reste-du-monde-lage-des-dominations/">Du Venezuela au reste du monde | L’âge des dominations</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Du Venezuela au reste du monde | L’âge des dominations » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/du-venezuela-au-reste-du-monde-lage-des-dominations/embed/#?secret=geF5wSy1eu#?secret=zTr1XvahMo" data-secret="zTr1XvahMo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Du Venezuela au reste du monde &#124; L’âge des dominations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jan 2026 08:29:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En rebaptisant la force en droit, les grandes puissances ne se contentent pas d’agir, elles réécrivent la grammaire de l’ordre international. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/du-venezuela-au-reste-du-monde-lage-des-dominations/">Du Venezuela au reste du monde | L’âge des dominations</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Imaginez un instant le fantôme de Simón Bolívar errant dans les rues de Caracas, témoin muet d’un renversement du sens de l’histoire, le libérateur de 1813 contemplant l’extraction du dirigeant qui se proclame son héritier, emporté par une puissance étrangère. La scène dépasse la provocation symbolique. Elle dit la dissonance d’une époque où l’indépendance, conquise au nom de la souveraineté des peuples, se voit réinterprétée à l’aune d’une doctrine de domination qui se dispense des formes. Ce n’est plus seulement une transgression ; c’est le retour d’un impérialisme qui se drape dans les habits du droit pour mieux fragiliser l’architecture normative qu’il prétend défendre. Comme l’avait pressenti Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme, la banalisation de l’exception finit par transformer la violence en routine administrative — et la routine en horizon politique.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-18203322"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>L’extraction du président vénézuélien Nicolás Maduro décrite par Donald Trump, appartient à cette catégorie rare d’événements qui comptent moins par ce qu’ils font que par ce qu’ils autorisent à penser. En rebaptisant la force en droit, les grandes puissances ne se contentent pas d’agir, elles réécrivent la grammaire de l’ordre international. Ce texte interroge ainsi un monde qui apprend à vivre sans l’illusion de l’égalité souveraine, où les hiérarchies s’exercent à visage découvert, et où la puissance cesse de se contenir par les règles pour s’autoriser d’elles. Quand cette frontière se déplace, ce ne sont pas seulement des dirigeants qui tombent, ni des régimes qui changent, ce sont les cartes mentales du monde — et les limites du pensable — qui se redessinent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le basculement d’époque</h2>



<p>Parler d’<em>«arrestation»</em> pour qualifier l’extraction de Nicolás Maduro hors du Venezuela par les États-Unis n’est pas une simple facilité de langage. Les mots tracent des frontières. Nommer <em>«arrestation»</em> une opération menée sans juridiction locale, sans coopération judiciaire, sans extradition, c’est brouiller la ligne entre police et armée, entre justice et stratégie, entre ordre public et ordre international. C’est ici que commence la gravité morale de l’époque, lorsque la puissance ne se contente plus d’agir, mais de requalifier son acte. Elle ne dit plus <em>«nous avons frappé»</em>, elle affirme <em>«nous avons fait respecter la loi»</em>. Dans ce glissement, la force perd sa honte — et le précédent naît.</p>



<p>Si l’on accepte qu’une opération coercitive extraterritoriale puisse devenir une opération de <em>«justice»</em>, alors le monde entre dans un âge où la guerre se rebaptise police et où l’exception cesse d’être une transgression pour devenir une méthode de gouvernement. Hier les <em>«cas»</em> Noriega, Saddam, Gbagbo ou Kadhafi ; aujourd’hui le <em>«cas Maduro»</em> ; demain un <em>«cas X»</em>.</p>



<p>L’acte importe, mais le message est plus lourd encore, la souveraineté n’est plus un droit, elle devient une tolérance conditionnelle. Et lorsque Washington évoque la possibilité de <em>«gérer»</em> le Venezuela, le basculement est total, de la sanction d’un homme à la tutelle d’un pays de 27 millions d’habitants. Quand la frontière entre droit et puissance se déplace, les cartes du monde, elles aussi, finissent toujours par bouger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour silencieux de la tutelle comme horizon</h2>



<p>L’enlèvement de Nicolás Maduro réactive une idée que l’ordre international contemporain croyait avoir reléguée à l’histoire, celle selon laquelle certains États peuvent, au nom d’un bien supérieur qu’ils définissent seuls, suspendre la souveraineté des autres. Le glissement est subtil mais décisif. On ne parle plus de conquête ni même d’intervention, mais de <em>«gestion»</em>, de <em>«stabilisation»</em>, de <em>«remise en ordre»</em>. Le vocabulaire est propre, technique, presque managérial ; il transforme l’État en problème à administrer. Dès lors, la violence cesse d’être tragique pour devenir instrumentale, et la morale se déplace, la responsabilité invoquée remplace la légitimité consentie.</p>



<p>Ainsi la tutelle devient acceptable. On affirme qu’un dirigeant ne représente plus son peuple, que le peuple doit être protégé, que l’économie doit être réparée, que l’État doit être réorganisé.</p>



<p>Chaque étape paraît raisonnable ; ensemble, elles recomposent une hiérarchie où certains décident pour d’autres. Le message envoyé, surtout aux États vulnérables, est limpide, la souveraineté n’est plus un principe égalitaire, mais une permission conditionnelle. Cette <em>«bienveillance»</em> stratégique, comme l’avait averti Amartya Sen dans ‘‘<em>L’Idée de justice’’</em>, risque moins de corriger les injustices que de les perpétuer, en parlant au nom des peuples tout en faisant taire leurs voix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La doctrine Monroe : l’aveu d’un monde qui régresse</h2>



<p>La doctrine Monroe appartient à un siècle prédateur (XIX<sup>e</sup>), celui où l’ordre international ne se fondait pas sur des règles communes, mais sur la capacité des puissants à réserver des espaces. Elle ne proclamait pas la liberté des peuples ; elle bornait un territoire d’influence. Ce n’était pas une doctrine de droit, mais un acte de possession : <em>«ici, nous déciderons»</em>.</p>



<p>Si elle a été abandonnée, ce n’est pas par vertu, mais par intelligence stratégique. Après 1945, les États-Unis ont compris qu’une hégémonie durable se dissimule dans les règles. Le droit, les institutions, l’universalisme imparfait étaient plus efficaces que la tutelle assumée. Gouverner par la norme stabilisait ; gouverner par l’exception exposait. La doctrine Monroe devenait alors un archaïsme nuisible, incompatible avec la crédibilité morale nécessaire pour contenir les autres empires.</p>



<p>Son retour aujourd’hui sonne comme un aveu de déclin. Les puissances véritablement assurées n’ont pas besoin de sanctuariser ; ce sont les puissances inquiètes qui bornent, administrent et prétendent <em>«gérer»</em>. La réactivation de la doctrine Monroe n’exprime pas une force retrouvée, mais une légitimité qui s’effrite. Lorsque les règles cessent de servir le plus fort, celui-ci revient à la géographie et à la contrainte. Le coût est immédiat, moralement, la souveraineté devient une permission conditionnelle ; géopolitiquement, la hiérarchie remplace l’ordre, et la stabilité cède la place à la domination assumée.</p>



<p>Le danger est systémique. Les sphères d’influence obéissent à une loi de conservation, ce qui est toléré ici est reproduit ailleurs. La logique qui s’affirme à Caracas trouve ses échos en mer de Chine méridionale comme en Ukraine. À force d’exceptions, l’universalisme se délite et l’ordre post-1945 se fragmente en un archipel de dominations. Le monde ne devient pas plus pacifique ; il devient plus pensable pour la force. Et dans un tel monde, la stabilité n’est plus garantie par les règles communes, mais par les rapports de puissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La tentation de l’urgence stratégique</h2>



<p>Il faut pourtant accepter, ne serait-ce qu’un instant, de regarder l’épisode depuis la rationalité de la puissance. Du point de vue des États-Unis, la tentation de l’exception ne procède ni d’un cynisme gratuit ni d’un mépris abstrait du droit, mais d’un sentiment d’urgence stratégique : monde fragmenté, institutions multilatérales paralysées, adversaires qui testent les lignes rouges, alliés jugés hésitants, opinion publique fatiguée de l’impuissance. Dans cette lecture, agir vite, frapper fort et requalifier l’action en <em>«justice»</em> serait une manière de restaurer la dissuasion, de reprendre l’initiative, de montrer que la puissance sait encore décider quand les règles s’enlisent. Cette logique est intelligible — et c’est précisément ce qui la rend dangereuse. Car en substituant l’efficacité immédiate à la légitimité durable, elle confond capacité d’agir et capacité de structurer. L’histoire des grandes puissances est pourtant sans appel, celles qui gouvernent par l’exception finissent par multiplier les coups, mais perdent la maîtrise de l’époque. La rationalité de l’urgence est compréhensible ; son coût stratégique, lui, est systémique. À l’horizon 2030, des simulations du Rand Corporation prévoient une multiplication par trois des conflits hybrides si cette logique persiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les risques s’ordonnent dans le temps</h2>



<p>À court terme, la normalisation de l’exception abaisse le seuil d’acceptabilité de l’usage de la force, les crises deviennent plus fréquentes, moins encadrées. À moyen terme, elle fragilise les alliances, politise durablement l’économie mondiale et installe une méfiance structurelle entre partenaires qui ne savent plus si la règle protège encore. À long terme enfin, le risque est civilisationnel, un monde où la souveraineté est conditionnelle, où le droit est sélectif, devient un monde structurellement instable, condamné à gérer par la domination ce qu’il n’a plus la capacité de gouverner par des normes communes. Ce risque civilisationnel évoque la chute de Rome, non par invasion barbare, mais par érosion interne des normes. Dans un monde interconnecté, cette instabilité pourrait accélérer les migrations climatiques et les pandémies, transformant les exceptions en catastrophes globales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La souveraineté redevient une variable du rapport de force</h2>



<p>Pour le Sud global, l’enlèvement de Nicolás Maduro n’est p0as un fait divers géopolitique. Il dit, sans détour, que la souveraineté n’est pas un droit inaliénable garanti par des normes universelles, mais une fonction conditionnelle, elle vaut tant qu’elle ne contrarie pas l’utilité stratégique des puissants.</p>



<p>Pendant des décennies, l’intégration économique, la conformité réglementaire, la reconnaissance diplomatique ont été présentées comme des assurances implicites. L’épisode vénézuélien fissure cette croyance. Il suggère que l’alignement ne protège pas nécessairement, que la vertu normative n’est pas un bouclier, et que l’ordre mondial n’est pas injuste par accident mais hiérarchique par construction. À partir de là, la rationalité dominante change, la question n’est plus <em>«comment être conforme ?»</em>, mais <em>«comment survivre politiquement ?»</em>.</p>



<p>Les États du Sud global doivent diversifier leurs alliances par calcul existentiel. Ils doivent réduire les dépendances réversibles demain en leviers de contrainte : monnaies, systèmes de paiement, infrastructures critiques, données, approvisionnements stratégiques. Ils doivent durcir leur appareil sécuritaire au nom de la stabilité préventive — non par goût de l’autoritarisme, mais parce qu’un monde où la tutelle est pensable rend la fragilité interne dangereuse. La mondialisation, autrefois promesse de convergence, se reconfigure en espace de vulnérabilité<strong>.</strong></p>



<p>L’universalisme occidental cesse d’être une promesse crédible pour devenir un récit parmi d’autres. Cela peut produire deux trajectoires opposées. La première est défensive : repli, fragmentation, cynisme, où la politique devient une gestion permanente du risque d’ingérence. La seconde est celle de l’émergence d’un Sud global plus conscient de lui-même, moins demandeur de reconnaissance, plus soucieux de bâtir des équilibres autonomes — régionaux, financiers, technologiques. Des pays comme le Brésil ou l’Inde, via les Brics+, accélèrent déjà leurs alliances alternatives, avec une augmentation de 25% des échanges intra-Sud en 2025 selon la Banque mondiale, signe d’une multipolarité émergente qui défie l’hégémonie occidentale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Économie mondiale</h2>



<p>Le premier effet de cet épisode vénézuélien est que les investisseurs ne se demandent plus seulement si un projet est rentable, mais s’il est exposable à une requalification juridique, à une sanction, à une tutelle soudaine, à une <em>«gestion»</em> externe. Les chaînes de valeur se régionalisent, la redondance remplace l’optimisation, et la liquidité se concentre dans les juridictions perçues comme<em>«amies»</em>. Ce mouvement n’est pas idéologique ; il est prudentiel. Mais la prudence, à l’échelle globale, renchérit le capital et ralentit la productivité.</p>



<p>La finance internationale, elle, réagit par rétrécissement de l’horizon. Le temps long — celui des infrastructures, de l’énergie, de l’éducation, de la transformation productive — devient plus difficile à financer quand la souveraineté peut être suspendue et les actifs requalifiés. Les flux se raccourcissent, les garanties se multiplient, les conditions se durcissent. Les pays perçus comme <em>«exposés»</em> paient plus cher leur dette, voient leurs IDE se raréfier ou se politiser, et apprennent que la discipline macroéconomique ne suffit plus à compenser le risque d’exception.</p>



<p>Le Venezuela devient alors un laboratoire involontaire. Non pas pour ses fondamentaux — déjà fragiles — mais pour ce qu’il autorise à penser ailleurs : que des actifs stratégiques puissent être administrés au nom de la stabilité, que des contrats soient relus à l’aune d’une tutelle, que la gouvernance d’un pays devienne une variable de valorisation. À partir de là, les marchés internalisent un principe simple qui est que la géopolitique n’est plus un choc exogène, c’est une hypothèse permanente.</p>



<p>Ainsi, l’enjeu économique de cette séquence dépasse le cas vénézuélien. Il tient en une phrase : plus la puissance politise l’ordre international, plus le monde devient coûteux. Coûteux en capital, en temps, en croissance potentielle. La stabilité obtenue par l’exception se paie d’une instabilité diffuse, intégrée dans les prix, les contrats et les anticipations. Et cette facture, comme toujours, est d’abord réglée par ceux qui vivent loin du centre de décision — là où la règle était censée compenser l’absence de puissance. Selon le FMI, cette géopolitisation pourrait réduire la croissance mondiale de 1,5% par an, avec les pays émergents supportant 60% du fardeau, exacerbant les inégalités et risquant des soulèvements comme ceux vus en 2024 au Sri Lanka et au Pakistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le droit subsiste, mais il n’arbitre plus l’exception</h2>



<p>Face à l’enlèvement de Maduro, l’Onu apparaît dans sa vérité contemporaine structurellement impuissante lorsque l’exception est assumée par les puissants. Les textes existent, les principes sont clairs, l’indignation est possible ; pourtant, quand la coercition est requalifiée en <em>«police»</em> et la tutelle en <em>«gestion»</em>, l’Onu ne tranche plus — elle consigne. Le Conseil de sécurité devient un théâtre de récits concurrents où le veto fige le droit au moment précis où il devrait agir. Cette scène n’est pas singulière, elle se répète de Ukraine à Gaza, partout où les intérêts vitaux des grandes puissances se heurtent. Là aussi, les résolutions s’empilent, les condamnations se répondent, mais l’arbitrage se dérobe. Ce n’est pas un effondrement spectaculaire ; c’est une neutralisation silencieuse du droit par saturation politique.</p>



<p>À horizon dix à quinze ans, le monde qui se dessine n’est ni celui du chaos pur, ni celui d’un ordre stabilisé. C’est un monde plus dur, plus cher, plus hiérarchique. Les conflits n’y seront pas nécessairement plus nombreux, mais plus localisés, plus ambigus, plus difficiles à contenir. Le droit continuera d’exister, mais comme ressource argumentative, non comme barrière. Les économies fonctionneront, mais sous prime géopolitique permanente. La paix, quand elle existera, sera moins le produit des règles que de la fatigue des puissants. Ce monde-là ne s’effondre pas, il s’use.</p>



<p>Pourtant, l’Onu pourrait renaître via une réforme élargissant son Conseil de Sécurité et supprimant le droit de véto au sein de celui-ci. Sans cela, elle risque de devenir un vestige, comme la Société des Nations post-1919.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Elections de mi-mandat, novembre 2026</h2>



<p>Il faut enfin introduire une variable politique décisive, celle du temps électoral américain. La réactivation d’une doctrine Monroe opérationnelle repose sur une fenêtre politique étroite, fragile, et potentiellement réversible. À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, plus de deux cents sondages nationaux et locaux convergent vers un constat défavorable aux Parti républicain : perte de la Chambre, Sénat incertain, et surtout érosion du mandat politique nécessaire pour assumer une doctrine de puissance aussi coûteuse symboliquement. Or la doctrine Monroe n’est pas une politique de consensus ; c’est une doctrine clivante, qui exige continuité, crédibilité et acceptation durable des coûts normatifs. Une alternance — ou même une majorité divisée — suffirait à la fragiliser, car elle expose immédiatement ses contradictions : contradiction entre primauté régionale et alliances globales, entre discours de droit et pratiques d’exception, entre leadership moral revendiqué et tutelle assumée. À cela s’ajoutent d’autres forces de rappel, la fatigue stratégique de l’électorat, la priorité donnée aux enjeux domestiques (inflation, dette, immigration), et la pression des milieux économiques, peu enclins à soutenir une doctrine qui politise les marchés et renchérit durablement le coût du capital. Autrement dit, la doctrine Monroe réactivée pourrait bien être un pari de fin de cycle : spectaculaire à court terme, mais structurellement vulnérable à la sanction démocratique. Dans l’histoire américaine, les doctrines durables sont celles qui survivent aux alternances ; celles qui disparaissent avec les majorités révèlent moins une stratégie qu’un moment politique.</p>



<p>Ces élections pourraient marquer un tournant, similaire à 1974 post-Watergate, où l’Amérique réaffirme son attachement aux normes, ou au contraire accélérer le déclin, comme en 1930 avant l’isolationnisme.</p>



<p>Au terme de cet article, les risques de guerres ne sont pas seulement ceux liés à des enchaînements de crises, mais d’un glissement de civilisation. Un monde où la force se rebaptise droit, est un monde qui abaisse le seuil de la guerre, multiplie les rapports de sujétion et prépare des conflits d’autant plus violents qu’ils auront été longtemps normalisés.</p>



<p>L’enlèvement de Nicolás Maduro n’est pas en soi la cause de ces périls ; il en est le signal. Car lorsque la souveraineté devient conditionnelle, lorsque le droit cesse de contenir la puissance, lorsque les hiérarchies cessent d’être dissimulées, alors la rivalité stratégique se mue en lutte existentielle.</p>



<p>Les guerres ne naissent pas seulement de l’agression, mais de l’échec collectif à maintenir des limites crédibles; les dominations ne durent qu’au prix d’un ressentiment accumulé ; et les civilisations échouent moins par faiblesse que par excès de certitude.</p>



<p>En croyant sécuriser l’ordre international par l’exception, on fragilise ce qui rendait encore la coexistence possible. L’histoire nous enseigne qu’un monde qui accepte facilement la domination finit par découvrir que la paix sans règles n’est jamais qu’une guerre différée.</p>



<p>Sommes-nous prêts à vivre dans un monde où la paix dépend moins du droit que de la patience des puissants ?</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier. &nbsp;</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3jxHjPzs5D"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/venezuela-lenlevement-du-couple-maduro-ou-le-retour-du-gringo/">Venezuela | L’enlèvement du couple Maduro, ou le retour du Gringo</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Venezuela | L’enlèvement du couple Maduro, ou le retour du Gringo » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/venezuela-lenlevement-du-couple-maduro-ou-le-retour-du-gringo/embed/#?secret=GPZB9SA4QP#?secret=3jxHjPzs5D" data-secret="3jxHjPzs5D" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/du-venezuela-au-reste-du-monde-lage-des-dominations/">Du Venezuela au reste du monde | L’âge des dominations</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2026 10:02:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'enlèvement de Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines a plongé le Venezuela dans la confusion et l'incertitude.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/laventurisme-de-trump-plonge-le-venezuela-dans-lincertitude/">L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 2003, Georges W. Bush a chassé du pouvoir Saddam Husseïn et croyait de facto dominer l’Irak. C’est l’Iran qui l’a dominé et l’Irak était devenu le tombeau des Américains. 23 ans plus tard, lors de la conférence de presse qu’il a donné dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, l’actuel président américain Donald Trump est apparu enivré par l’opération éclair Absolute Resolve qui s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et s’est soldée par la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Un cocorico très prématuré !</em></strong> <em>(Ph. Delcy Rodríguez devant un portrait de Hugo Chavez)</em>.</p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18200074"></span>



<p>Lors de sa conférence de presse, tenue dans sa résidence de Floride le 3 janvier, Trump s’est présenté comme le nouveau maître du pays et a parlé comme si tout ce qu’il souhaitait aller être exécuté. Il serait très prématuré et simpliste de croire que le Venezuela est désormais une colonie trumpienne comme le claironne urbi et orbi le président américain. La réalité est bien plus complexe. Il y a une grande différence entre déloger manu milatari un chef d’État par la Delta Force et mettre tout un pays à sa botte et s’emparer de ses richesses.</p>



<p>Le magazine britannique <a href="https://www.economist.com/the-americas/2026/01/04/the-many-risks-to-donald-trumps-plans-to-run-venezuela" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Economist</a> a publié un analyse sur les derniers développements au Venezuela, notamment l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse et leur transfert sur le territoire américain mais aussi sur les coulisses du pouvoir vénézuélien.  </p>



<p><em>The Economist</em> rappelle que Maduro a tenté pendant des mois de donner l’impression que rien ne l’inquiétait. Sa dernière apparition à la télévision d’État a été une interprétation dans un mauvais anglais de la chanson <em>‘‘Imagine’’</em> de John Lennon. Il a aussi promis la paix, non la guerre et a affirmé que son unique appel téléphonique avec le président Donald Trump en novembre avait été <em>«cordial»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jusque-là, Maduro dormait comme un bébé</h2>



<p>Le journal britannique indique que Maduro répétait sans cesse à ses proches qu’il dormait comme un bébé. Ce fut une erreur de jugement monumentale. Après son arrestation par les forces spéciales américaines à Caracas lors d’un raid nocturne exceptionnel aux premières heures du 3 janvier, il ne dormira peut-être plus jamais dans le pays qu’il dirige depuis plus de dix ans. À la fin de cette journée, Maduro était conduit devant les médias dans les bureaux de la DEA (Drug Enforcement Administration) à New York. Il encourt une peine de 20 ans de prison à la perpétuité.</p>



<p><em>The Economist</em> rapporte que la chute de Maduro avait apporté la joie à des millions de Vénézuéliens, notamment ceux établis à l’étranger. Des célébrations spontanées ont éclaté dans les rues, de Santiago du Chili à Miami.</p>



<p>Cependant, à l’intérieur du pays, la confusion règne. L’avenir est incertain. Le départ de Maduro signifierait, du moins pour président Trump, la fin du régime. Lors de sa fameuse conférence de presse, Trump a minimisé la possibilité que María Corina Machado –figure emblématique de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix– prenne le pouvoir. Il est même allé jusqu’à affirmer, de façon assez surprenante, qu’elle <em>«ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect dans le pays»</em>. Il n’a même pas mentionné Edmundo González, qui avait pourtant remporté la dernière élection présidentielle en 2024 grâce au soutien de Machado dont la candidature a été invalidée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les capitalistes américains lorgnent le pétrole du Venezuela</h2>



<p>Au lieu de cela, Trump a promis que les États-Unis dirigeraient le Venezuela. Il a déclaré que la vice-présidente de Maduro et ministre du Pétrole, Delcy Rodríguez, était fondamentalement prête à faire ce que les États-Unis jugent bon pour rendre sa grandeur au Venezuela et a faussement affirmé qu’elle avait déjà prêté serment comme présidente. Trump semblait davantage intéressé par les profits tirés du pétrole vénézuélien.</p>



<p>Le plan de Trump –très peu détaillé mais empreint de beaucoup d’optimisme– consistait à déchaîner le capitalisme américain sur les réserves pétrolières du Venezuela, avec l’aide d’un gouvernement vénézuélien docile. Il a déclaré que les compagnies pétrolières investiraient des <em>«milliards et des milliards de dollars»</em> pour relancer les gisements et que le pays serait reconstruit grâce aux revenus générés par le pétrole, jusqu’aux élections.</p>



<p>Cependant, cela dépend de la coopération de Rodríguez. Trump semblait considérer cela comme acquis. Mélangeant le miel et le fiel, il a déclaré: <em>«Je pense qu’elle a été très gentille mais elle n’a pas vraiment le choix»</em>, tout en réitérant sa menace de nouvelles frappes si ses exigences n’étaient pas satisfaites.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire»</em></h2>



<p>Cependant, Rodríguez, qui se présente comme une <em>«militante de gauche»</em>, n’a pas présenté les faits de la même manière. Peu après les remarques de Trump, elle est apparue à la télévision d’État et a déclaré que Maduro restait le <em>«seul président»</em> du pays malgré son arrestation. <em>«Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire. Ce qui est fait au Venezuela est barbare»</em>, a-t-elle ajouté. L’administration Trump a semblé ignorer ces déclarations, les considérant comme des messages internes nécessaires au maintien de l’ordre.</p>



<p>Rodríguez, qui cumule les fonctions de vice-présidente et de ministre du Pétrole, est considérée comme plus compétente en économie que nombre de membres du régime. Elle a fait une partie de ses études en France et, en 2019, elle a contribué à faire adopter des réformes axées sur le marché et une dollarisation non officielle de l’économie, ce qui a apporté une certaine stabilité. Son frère dirige l’Assemblée nationale, institution qui était docile au pouvoir de Maduro. Leur père était un révolutionnaire de gauche torturé et probablement tué par les forces de sécurité vénézuéliennes en 1976. Dans les milieux d’affaires de Caracas, elle est décrite comme pragmatique mais on dit aussi qu’elle et son frère mènent une <em>«mission de vengeance»</em> contre l’ancienne élite, notamment Machado.</p>



<p>Même au cas où ses déclarations télévisées ne seraient qu’une simple manœuvre et qu’elle collabore secrètement avec Trump, elle doit immédiatement s’assurer le soutien d’autres personnalités influentes. Dès le 3 janvier, le ministre de l’Intérieur et homme fort imprévisible, Diosdado Cabello, appelait au calme, déclarant: <em>«Nous avons appris à survivre à toutes ces circonstances»</em>.</p>



<p>Quant au ministre de la Défense, Vladimir Padrino, il a juré que les forces vénézuéliennes allaient résister à l’attaque américaine. La question principale demeure: l’armée vénézuélienne soutiendra-t-elle Rodríguez et, par conséquent, le plan de Trump? Déjà soumise à la puissance militaire américaine, elle craint peut-être de mettre à l’épreuve la détermination de Trump.</p>



<p>Nombre de généraux ont amassé des fortunes considérables grâce au trafic de drogue et à la corruption sous le régime de Maduro. Si Rodríguez leur offre l’opportunité de détourner encore plus d’argent, ou du moins de conserver ce qu’ils ont volé, ils pourraient bien se rallier à sa cause. Jusqu’à présent, les hauts gradés de l’armée sont restés relativement discrets.</p>



<p>Toutefois, le risque de scission est bien réel. Certaines factions pourraient soutenir Rodríguez, tandis que d’autres pourraient chercher à s’emparer du pouvoir, pour elles-mêmes ou pour Padrino. Quelques-unes -peut-être en coordination avec des militaires ayant fait défection et réfugiés dans les pays voisins- pourraient faire pression pour le retour de Machado. Une armée divisée viendrait aggraver le déséquilibre déjà dangereux des groupes armés au Venezuela et pourrait déstabiliser davantage le régime.</p>



<p>Le lendemain de l’opération américaine, des <em>«colectivos»</em>, milices armées pro-régime, ont été aperçus patrouillant dans les rues de Caracas.</p>



<p>L’Armée de libération nationale colombienne (ELN) qui est un groupe rebelle marxiste-léniniste et des cartels de la drogue comme le Tren de Aragua sont également actifs au Venezuela.</p>



<p>Trump semble croire que la menace de nouvelles frappes dissuadera tous ces groupes. Mais si un conflit éclate, il pourrait être nécessaire d’envoyer des troupes américaines au sol pour rétablir l’ordre. Trump a déclaré qu’il n’avait pas peur d’envoyer des soldats.</p>



<p>Machado se retrouve en marge, alors même que son rêve d’un Venezuela sans Maduro est en train de se réaliser. Elle tentera probablement de faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle change de cap, même si des mois de politique d’apaisement n’ont rien donné jusqu’à présent. Si cela échoue, elle pourrait essayer d’encourager des manifestations à l’intérieur du Venezuela pour exiger une transition rapide.</p>



<p>Toutefois, organiser un soulèvement populaire sera extrêmement difficile. Le pays est épuisé après des décennies de répression et de baisse des revenus. Quelque 8 millions de personnes ont émigré depuis 2015, réduisant encore le nombre de personnes en âge de manifester. La répression qui a suivi l’élection volée de 2024 –durant laquelle Maduro s’est vanté d’avoir emprisonné des milliers de personnes– a dissuadé la plupart des Vénézuéliens d’exprimer leur colère. Après les frappes aériennes américaines, nombre d’entre eux semblaient davantage préoccupés par leur survie que par les manifestations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les alliés traditionnels dans l&rsquo;expectative </h2>



<p>Le régime est également confronté à des crises existentielles. Ses alliés lui ont apporté un soutien limité. Les services de renseignement cubains, qui ont longtemps protégé Maduro et purgé l’armée des dissidents, n’ont pas réussi à protéger leur allié. Les autorités de La Havane, dépendantes du pétrole vénézuélien, pourraient désormais soutenir n’importe quel successeur au sein du régime. De plus, Cuba qui est un allié très faible lutte lui aussi pour sa survie.</p>



<p>Trump a promis de couper les approvisionnements en pétrole et a menacé d’une action directe contre l’île. Les relations des Cubains avec Rodríguez semblent également tendues. <em>«Elle est agacée par les Cubains»</em>, confie un diplomate occidental à Caracas, soulignant que les autorités cubaines semblent ingrates face au pétrole bon marché.</p>



<p>La Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, et la Russie, qui a fourni à plusieurs reprises des armes au régime, soutiennent Maduro depuis longtemps. Ils ont fermement condamné le raid, sans toutefois indiquer un quelconque soutien concret.</p>



<p>Maduro compte peu d’amis dans la région. Ses alliés les plus cléments ont été des dirigeants de gauche au Brésil, en Colombie et au Mexique mais même ces liens semblent désormais fragiles. Les trois gouvernements ont exprimé leur indignation face à l’attaque américaine et condamné la violation de la souveraineté vénézuélienne mais il est peu probable qu’ils soutiennent une quelconque résistance contre les États-Unis. Leurs préoccupations sont plus ciblées: ils craignent le chaos et un afflux potentiel de réfugiés vénézuéliens dans la région.</p>



<p>Le Mexique et la Colombie redoutent également des attaques américaines sur leur propre sol. Lors de sa conférence de presse, Trump a menacé le Mexique et a déclaré que le président colombien Gustavo Petro <em>«devrait faire attention à ses fesses»</em>.&nbsp;</p>



<p>Face à un manque d’alliés extérieurs, à la position ambiguë de l’armée et aux menaces explicites de Trump, Rodriguez a peut-être déjà choisi –ou choisira bientôt– de conclure un accord. Le régime pour lequel elle travaille possède une remarquable capacité de survie et d’adaptation. Il a survécu à la mort de son fondateur Hugo Chávez. Un accord avec son prétendu <em>«ennemi» </em>pourrait lui offrir une nouvelle chance de survie.</p>



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		<title>Venezuela &#124; L’enlèvement du couple Maduro, ou le retour du Gringo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2026 09:07:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Américains s’estiment chez eux en Amérique Latine au point d’en faire juger les dirigeants récalcitrants par leur propre justice.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>On pensait que Trump bluffait dans l’affaire du Venezuela et que les Etats-Unis n’iraient&nbsp;pas jusqu’à intervenir militairement en dehors de l’embargo sur les exportations de pétrole et de quelques bateaux de pêcheurs ou de trafiquants de temps à autre bombardés et coulés pour les besoins de la cause. On se trompait.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-18199853"></span>



<p>Le moindre&nbsp;des paradoxes n’est pas de voir le président américain réduire son homologue venezuélien à affronter la même justice avec laquelle à la fin de son mandat il aura maille à partir. Ce qui importe c’est que la justice américaine dispose depuis quelques décennies et avec la complicité du Congrès Américain de l’arsenal législatif (Foreign Corrupt Practice Act) nécessaire pour juger, condamner, et détenir, tous ceux à travers le monde que l’administration américaine, ou les grands intérêts privés américains, considèrent comme étant susceptibles de leur nuire.</p>



<p>L’un des exemples les plus célèbres à ce sujet est la manière avec laquelle Général Electric s’était assuré le contrôle de la division ‘Energie’ du groupe français Alstom.&nbsp;Les Européens qui avaient les premiers le devoir de réagir contre cela se sont tus. Or depuis la mise en accusation d’Israël et de Benjamin Netanyahu par la Cour pénale internationale, le droit international a cessé d’être&nbsp;l’outil commode que la superpuissance américaine parfois soucieuse de s’assurer une caution universelle, utilise pour donner l’illusion d’un monde&nbsp;civilisé usant des rigueurs de la Loi contre les Etats ou les gouvernements parias.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le passé explique le présent et éclaire l’avenir</h2>



<p>Trujillo avait certes été assassiné en République Dominicaine en 1961.&nbsp;Diem l’a été au Sud Vietnam. Allende au Chili est mort&nbsp;lors d’un coup d’État militaire organisé par la CIA et cela s’est&nbsp;révélé politiquement coûteux. Saddam Hussein a été pris et livré à ses ennemis chiites. Kadhafi a été lynché de la manière que l’on sait par les milices islamistes soutenues par Sarkozy et Bernard-Henry Lévy. Bachar El Assad s’est enfui à Moscou pour échapper au sort semblable&nbsp;que Daech lui destinait.</p>



<p>Le précédent significatif par sa ressemblance avec l’enlèvement de Maduro est, cependant, celui de Noriega du Panama, un agent de la CIA qui avait fait&nbsp;assassiner son prédécesseur Torrijos avant de devenir président et d’être accusé d’être un trafiquant de drogue.&nbsp;Capturé à la fin des années 80 par l’armée américaine lors de l’invasion du Panama, il avait été jugé, condamné, et détenu aux Etats Unis.</p>



<p>L’administration américaine&nbsp;n’a pas agi différemment en s’emparant du président Maduro afin de s’assurer le contrôle de ce pays riche en pétrole. Le prétexte, le trafic de drogue et le terrorisme, importent peu; au Mexique, pays limitrophe par où transite la majeure partie de la drogue à destination des Etats-Unis et où les trafiquants circulent au grand jour et disposent d’une puissance de feu supérieure à la police qu’ils affrontent régulièrement dans des batailles rangées, Trump n’intervient pas.</p>



<p>En fait, la guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah avait démontré la capacité des Israéliens disposant de la technologie américaine à frapper à la tête de leurs ennemis grâce à une évidente supériorité de ses moyens informatiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trump alimente l’hostilité contre les Etats-Unis</h2>



<p>Nous sommes devant deux cas de figures. Le premier est que ce sont donc tous les dirigeants du monde qui peuvent, un jour, après une brève opération de police menée par les unités d’élite de l’armée américaine disposant de moyens d’information en temps réel, se retrouver – quand ils ne sont pas assassinés&nbsp;– devant un procureur américain pour des charges dont ils auront&nbsp;pu jusque-là ignorer l’existence.</p>



<p>Il est douteux sans être&nbsp;impossible que Trump désire&nbsp;inspirer cette&nbsp;crainte qui ne peut à court terme que susciter l’hostilité générale contre les Américains, même auprès de leurs propres alliés.</p>



<p>Le second cas de figure est que ces derniers, les Américains, les Gringos ainsi qu’on les appelle au Mexique,&nbsp;s’estiment chez eux en Amérique Latine au point d’en faire juger les dirigeants récalcitrants par leur propre justice. On aurait en effet pu éliminer Maduro, mais ce qui importait aux yeux de ce qu’il convient d’appeler ses ravisseurs était de démontrer le caractère immanent et transcendant, autrement dit quasiment divin, de la souveraineté américaine au moins en Amérique du Sud par rapport à toutes les autres.</p>



<p>C’est là une autre traduction de la <em>«destinée manifeste de l’Amérique»</em>, et de sa traduction politique dans l’hémisphère occidental, dite <em>«doctrine de Monroe»</em>. Mais un vieux dicton romain dit bien: <em>«Si tu désires la paix, prépare la guerre !»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment résister à une domination américaine ?</h2>



<p>Il ne faut pas compter sur la bonne volonté des puissances impériales pour se protéger. Que peuvent faire à cette fin les États en faillite ? D’aucuns estiment qu’il n’y a d’autre choix que de s’insérer dans le projet économique et politique dominant, celui de la vente du pays aux intérêts étrangers. D’autres, qu’il faut résister quitte à s’allier avec tous ceux qui le font contre cette domination globale. Encore faudrait-il en avoir les moyens. Toute la question est là.</p>



<p>Il serait illusoire de prétendre se protéger contre un débarquement d’une armée disposant de la panoplie technologique complète du XXI<sup>e</sup> siècle. Mais il vaut mieux l’astreindre&nbsp;à le faire pour éliminer un dirigeant qui ne leur siérait pas plutôt que le voir enlever d’une manière ignominieuse&nbsp;ou éliminer par un bombardement.</p>



<p>Il demeure donc prioritaire de se fixer des objectifs minimums, et le premier est de protéger ses propres dirigeants.</p>



<p>Depuis l’usage massif des nouvelles technologies de l’information, ceux qui nous observent lisent en nous comme dans un livre ouvert. La nécessité est donc de s’assurer une maîtrise minimale de l’information capable de sauvegarder une partie de nos secrets. Cela suppose une capacité dans le chiffrement informatique qu’une nation dont la population est éduquée peut raisonnablement acquérir, en attendant le développement des ordinateurs quantiques, par définition inviolables.</p>



<p>Avec la dessalaison de l’eau de mer et la maîtrise de l’énergie solaire, cela constituerait plus que le braiement de quelques excités dans les rues régulièrement réunis pour la circonstance ou de quelques&nbsp;politicards maniant la rhétorique anti impérialiste, les bases du respect effectif de la souveraineté.</p>



<p>Certes on en est loin, mais il faudrait déjà commencer par s’y préparer. Toute la question est de savoir si le peuple d’un pays a ou non la volonté de ne pas se laisser réduire en esclavage, sinon exterminer comme l’avaient été il n’y a pas si longtemps les Indiens.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



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		<title>Etats-Unis &#124; La force au mépris du droit</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jan 2026 08:20:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout indique que Trump et ses conseillers restent inébranlables dans leur détermination à dominer le monde sur terre, sur mer et dans l’air. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/etats-unis-la-force-au-mepris-du-droit/">Etats-Unis | La force au mépris du droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Il ne faut pas être trop ambitieux , il faut être réaliste&nbsp;et ne pas considérer que le droit international peut et doit triompher&nbsp;partout sur la planète, mais d’abord dans les zones où il rejoint l’intérêt des principales puissances», déclarait Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat des États-Unis.&nbsp;Cette vieille doctrine américaine a encore été confirmée dans l’agression américaine contre le Venezuela, un Etat souverain, samedi 3 janvier 2026, au mépris des règles les plus élémentaires du droit international.</em></strong></p>



<p><strong>Abderrahmane Cherfouh</strong> *</p>



<span id="more-18199654"></span>



<p>Le viol du droit international par Donald Trump échappe à toute sanction et ne suscite que des réactions timides et mitigées de la part du monde&nbsp;soi-disant libre.</p>



<p>Le viol du même droit international par Israël se poursuit depuis 77 ans et il échappe à toute sanction.</p>



<p>De nos jours, les États-Unis sont économiquement les plus forts et militairement les plus puissants. Ils dictent le droit. Ils imposent leur loi. Mais la dernière agression américaine contre un Etat indépendant et l’enlèvement de son président a mis à nu le monde irrationnel dans lequel nous vivons où règne la loi du plus fort, ouvrant la voie à toutes les dérives et tous les abus. Les pays du monde entier sont désormais avertis&nbsp;: le droit international est une vieille fiction qui a fait son temps. Le droit est désormais au bout des fusils. &nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dans sa préparation de l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse et de leur exfiltration, Trump a mis une impressionnante machine de propagande accusant Maduro d’être un narcotrafiquant inondant les Etats-Unis de cocaïne et faisant des milliers de victimes parmi les Américains, ce qui est, bien sûr, loin d’être prouvé. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie, Trump n’en a que faire</h2>



<p>Maduro est, également, accusé d’être un dictateur qui a écrasé et affamé son peuple alors que lui et sa bande menait une vie de luxe. Cela est certes juste et prouvé, mais est-ce la raison pour laquelle on a été le chercher jusque dans sa chambre à coucher ? </p>



<p>Non, bien sûr. La démocratie, Trump n’en a que faire, et la liberté du peuple vénézuélien est le dernier de ses soucis. Seul le pétrole dont regorge le sol de ce pays latino-américain l’intéresse, et lui-même le crie sur tous les toits.     </p>



<p>Comment cette propagande américaine savamment orchestrée, utilisant des techniques ultrasophistiquées, ne fascinerait-elle pas le commun des mortels et le citoyen lambda de tous pays ? Les actes d’accusation portées contre Maduro ressemblent à s’y méprendre à ceux qui étaient formulés,&nbsp;il y a presque 23 ans, contre le régime de Saddam Hussein et ses soi-disant armes chimiques de destruction massive constituant une supposée menace pour la paix dans le monde.</p>



<p>Il n’y a aucun doute sur le fait que Maduro a toutes les caractéristiques d’un dictateur détesté par son peuple et qui exerçait un pouvoir absolu qui lui permettait de tenir le pays d’une main de fer, de museler la presse, d’emprisonner ses opposants et de s’enrichir illicitement. Débarrasser le Venezuela de ce dictateur est au cœur de la propagande de Trump pour justifier son intervention dans ce pays. </p>



<p>Pour des centaines de millions d’opprimés de la planète écrasés par des dictatures malveillantes et des régimes autoritaires, cela représente un fort message d’espoir qu’un jour, ils pourront se libérer, eux aussi, du joug de leurs oppresseurs. Et présentement, la question qui est sur toutes les lèvres est la suivante : à  qui le tour ? Sauf que, et cela est de notoriété publique, un grand nombre de dictateurs à travers le monde sont des alliés des Etats-Unis qui les protègent, y compris en dans cette Amérique Latine que les Américains considèrent comme leur <em>«espace vital»</em>.   </p>



<h2 class="wp-block-heading">Un homme dangereux que rien ne semble pouvoir arrêter</h2>



<p>Par ailleurs, après sa rhétorique annexionniste voulant que le Canada devienne le 51<sup>e</sup> État des États-Unis, Trump a également réitéré sa volonté de conquérir le Groenland. <em>«Nous avons besoin du Groenland absolument»</em>, a-t-il lancé, sans ciller. Mais pour le moment, son objectif affiché est clair : diriger le Venezuela, imposer sa mainmise sur ses richesses pétrolières, prélude au remodelage géostratégique de l’ensemble l’Amérique du Sud. Ce qui fait de la Colombie et du Cuba, les deux Etats qui résistent encore à ses élans impérialistes, des probables prochaines cibles.</p>



<p>On voit bien que cet homme&nbsp;est, dans l’incohérence même de sa démarche au regard du reste du monde, est conséquent avec lui même et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ses déboires passés et sa grande amitié avec le pédophile Jeffrey Epstein ne semblent pas l’affecter outre mesure. Pas plus que son soutien indéfectible au criminel&nbsp;de guerre et génocidaire recherché par la Cour pénale international, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.</p>



<p>Cet homme est un danger pour l’humanité. Ses méthodes brutales révulsent, notamment la manière inhumaine avec laquelle il fait expulser les immigrés et les accusations&nbsp;racistes du genre de celles lancées contre les Haïtiens&nbsp;: <em>«A Springfield, ils mangent les chiens, ils mangent les chats, ils mangent les animaux domestiques des gens qui habitent là. Voilà ce qui se passe dans notre pays et c’est une honte».</em></p>



<p>Tout indique désormais que Trump&nbsp;et la clique de ses conseillers restent inébranlables dans leur détermination&nbsp;à dominer le monde sur terre, sur mer et dans l’air. De grosses tempêtes pointent à l’horizon.</p>



<p><em>* Médecin, Canada.</em></p>



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