{"id":18203322,"date":"2026-01-06T09:29:43","date_gmt":"2026-01-06T08:29:43","guid":{"rendered":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?p=18203322"},"modified":"2026-01-06T09:49:45","modified_gmt":"2026-01-06T08:49:45","slug":"du-venezuela-au-reste-du-monde-lage-des-dominations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/01\/06\/du-venezuela-au-reste-du-monde-lage-des-dominations\/","title":{"rendered":"Du Venezuela au reste du monde | L\u2019\u00e2ge des dominations"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Imaginez un instant le fant\u00f4me de Sim\u00f3n Bol\u00edvar errant dans les rues de Caracas, t\u00e9moin muet d\u2019un renversement du sens de l\u2019histoire, le lib\u00e9rateur de 1813 contemplant l\u2019extraction du dirigeant qui se proclame son h\u00e9ritier, emport\u00e9 par une puissance \u00e9trang\u00e8re. La sc\u00e8ne d\u00e9passe la provocation symbolique. Elle dit la dissonance d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019ind\u00e9pendance, conquise au nom de la souverainet\u00e9 des peuples, se voit r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 l\u2019aune d\u2019une doctrine de domination qui se dispense des formes. Ce n\u2019est plus seulement une transgression ; c\u2019est le retour d\u2019un imp\u00e9rialisme qui se drape dans les habits du droit pour mieux fragiliser l\u2019architecture normative qu\u2019il pr\u00e9tend d\u00e9fendre. Comme l\u2019avait pressenti Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme, la banalisation de l\u2019exception finit par transformer la violence en routine administrative \u2014 et la routine en horizon politique.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Yahya Ould Amar *<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Ould-Amar-Yahya.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-335526\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019extraction du pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien Nicol\u00e1s Maduro d\u00e9crite par Donald Trump, appartient \u00e0 cette cat\u00e9gorie rare d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui comptent moins par ce qu\u2019ils font que par ce qu\u2019ils autorisent \u00e0 penser. En rebaptisant la force en droit, les grandes puissances ne se contentent pas d\u2019agir, elles r\u00e9\u00e9crivent la grammaire de l\u2019ordre international. Ce texte interroge ainsi un monde qui apprend \u00e0 vivre sans l\u2019illusion de l\u2019\u00e9galit\u00e9 souveraine, o\u00f9 les hi\u00e9rarchies s\u2019exercent \u00e0 visage d\u00e9couvert, et o\u00f9 la puissance cesse de se contenir par les r\u00e8gles pour s\u2019autoriser d\u2019elles. Quand cette fronti\u00e8re se d\u00e9place, ce ne sont pas seulement des dirigeants qui tombent, ni des r\u00e9gimes qui changent, ce sont les cartes mentales du monde \u2014 et les limites du pensable \u2014 qui se redessinent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le basculement d\u2019\u00e9poque<\/h2>\n\n\n\n<p>Parler d\u2019<em>\u00abarrestation\u00bb<\/em> pour qualifier l\u2019extraction de Nicol\u00e1s Maduro hors du Venezuela par les \u00c9tats-Unis n\u2019est pas une simple facilit\u00e9 de langage. Les mots tracent des fronti\u00e8res. Nommer <em>\u00abarrestation\u00bb<\/em> une op\u00e9ration men\u00e9e sans juridiction locale, sans coop\u00e9ration judiciaire, sans extradition, c\u2019est brouiller la ligne entre police et arm\u00e9e, entre justice et strat\u00e9gie, entre ordre public et ordre international. C\u2019est ici que commence la gravit\u00e9 morale de l\u2019\u00e9poque, lorsque la puissance ne se contente plus d\u2019agir, mais de requalifier son acte. Elle ne dit plus <em>\u00abnous avons frapp\u00e9\u00bb<\/em>, elle affirme <em>\u00abnous avons fait respecter la loi\u00bb<\/em>. Dans ce glissement, la force perd sa honte \u2014 et le pr\u00e9c\u00e9dent na\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on accepte qu\u2019une op\u00e9ration coercitive extraterritoriale puisse devenir une op\u00e9ration de <em>\u00abjustice\u00bb<\/em>, alors le monde entre dans un \u00e2ge o\u00f9 la guerre se rebaptise police et o\u00f9 l\u2019exception cesse d\u2019\u00eatre une transgression pour devenir une m\u00e9thode de gouvernement. Hier les <em>\u00abcas\u00bb<\/em> Noriega, Saddam, Gbagbo ou Kadhafi ; aujourd\u2019hui le <em>\u00abcas Maduro\u00bb<\/em> ; demain un <em>\u00abcas X\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019acte importe, mais le message est plus lourd encore, la souverainet\u00e9 n\u2019est plus un droit, elle devient une tol\u00e9rance conditionnelle. Et lorsque Washington \u00e9voque la possibilit\u00e9 de <em>\u00abg\u00e9rer\u00bb<\/em> le Venezuela, le basculement est total, de la sanction d\u2019un homme \u00e0 la tutelle d\u2019un pays de 27 millions d\u2019habitants. Quand la fronti\u00e8re entre droit et puissance se d\u00e9place, les cartes du monde, elles aussi, finissent toujours par bouger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le retour silencieux de la tutelle comme horizon<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019enl\u00e8vement de Nicol\u00e1s Maduro r\u00e9active une id\u00e9e que l\u2019ordre international contemporain croyait avoir rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire, celle selon laquelle certains \u00c9tats peuvent, au nom d\u2019un bien sup\u00e9rieur qu\u2019ils d\u00e9finissent seuls, suspendre la souverainet\u00e9 des autres. Le glissement est subtil mais d\u00e9cisif. On ne parle plus de conqu\u00eate ni m\u00eame d\u2019intervention, mais de <em>\u00abgestion\u00bb<\/em>, de <em>\u00abstabilisation\u00bb<\/em>, de <em>\u00abremise en ordre\u00bb<\/em>. Le vocabulaire est propre, technique, presque manag\u00e9rial ; il transforme l\u2019\u00c9tat en probl\u00e8me \u00e0 administrer. D\u00e8s lors, la violence cesse d\u2019\u00eatre tragique pour devenir instrumentale, et la morale se d\u00e9place, la responsabilit\u00e9 invoqu\u00e9e remplace la l\u00e9gitimit\u00e9 consentie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi la tutelle devient acceptable. On affirme qu\u2019un dirigeant ne repr\u00e9sente plus son peuple, que le peuple doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9, que l\u2019\u00e9conomie doit \u00eatre r\u00e9par\u00e9e, que l\u2019\u00c9tat doit \u00eatre r\u00e9organis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque \u00e9tape para\u00eet raisonnable ; ensemble, elles recomposent une hi\u00e9rarchie o\u00f9 certains d\u00e9cident pour d\u2019autres. Le message envoy\u00e9, surtout aux \u00c9tats vuln\u00e9rables, est limpide, la souverainet\u00e9 n\u2019est plus un principe \u00e9galitaire, mais une permission conditionnelle. Cette <em>\u00abbienveillance\u00bb<\/em> strat\u00e9gique, comme l\u2019avait averti Amartya Sen dans \u2018\u2018<em>L\u2019Id\u00e9e de justice\u2019\u2019<\/em>, risque moins de corriger les injustices que de les perp\u00e9tuer, en parlant au nom des peuples tout en faisant taire leurs voix.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La doctrine Monroe : l\u2019aveu d\u2019un monde qui r\u00e9gresse<\/h2>\n\n\n\n<p>La doctrine Monroe appartient \u00e0 un si\u00e8cle pr\u00e9dateur (XIX<sup>e<\/sup>), celui o\u00f9 l\u2019ordre international ne se fondait pas sur des r\u00e8gles communes, mais sur la capacit\u00e9 des puissants \u00e0 r\u00e9server des espaces. Elle ne proclamait pas la libert\u00e9 des peuples ; elle bornait un territoire d\u2019influence. Ce n\u2019\u00e9tait pas une doctrine de droit, mais un acte de possession : <em>\u00abici, nous d\u00e9ciderons\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e, ce n\u2019est pas par vertu, mais par intelligence strat\u00e9gique. Apr\u00e8s 1945, les \u00c9tats-Unis ont compris qu\u2019une h\u00e9g\u00e9monie durable se dissimule dans les r\u00e8gles. Le droit, les institutions, l\u2019universalisme imparfait \u00e9taient plus efficaces que la tutelle assum\u00e9e. Gouverner par la norme stabilisait ; gouverner par l\u2019exception exposait. La doctrine Monroe devenait alors un archa\u00efsme nuisible, incompatible avec la cr\u00e9dibilit\u00e9 morale n\u00e9cessaire pour contenir les autres empires.<\/p>\n\n\n\n<p>Son retour aujourd\u2019hui sonne comme un aveu de d\u00e9clin. Les puissances v\u00e9ritablement assur\u00e9es n\u2019ont pas besoin de sanctuariser ; ce sont les puissances inqui\u00e8tes qui bornent, administrent et pr\u00e9tendent <em>\u00abg\u00e9rer\u00bb<\/em>. La r\u00e9activation de la doctrine Monroe n\u2019exprime pas une force retrouv\u00e9e, mais une l\u00e9gitimit\u00e9 qui s\u2019effrite. Lorsque les r\u00e8gles cessent de servir le plus fort, celui-ci revient \u00e0 la g\u00e9ographie et \u00e0 la contrainte. Le co\u00fbt est imm\u00e9diat, moralement, la souverainet\u00e9 devient une permission conditionnelle ; g\u00e9opolitiquement, la hi\u00e9rarchie remplace l\u2019ordre, et la stabilit\u00e9 c\u00e8de la place \u00e0 la domination assum\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le danger est syst\u00e9mique. Les sph\u00e8res d\u2019influence ob\u00e9issent \u00e0 une loi de conservation, ce qui est tol\u00e9r\u00e9 ici est reproduit ailleurs. La logique qui s\u2019affirme \u00e0 Caracas trouve ses \u00e9chos en mer de Chine m\u00e9ridionale comme en Ukraine. \u00c0 force d\u2019exceptions, l\u2019universalisme se d\u00e9lite et l\u2019ordre post-1945 se fragmente en un archipel de dominations. Le monde ne devient pas plus pacifique ; il devient plus pensable pour la force. Et dans un tel monde, la stabilit\u00e9 n\u2019est plus garantie par les r\u00e8gles communes, mais par les rapports de puissance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La tentation de l\u2019urgence strat\u00e9gique<\/h2>\n\n\n\n<p>Il faut pourtant accepter, ne serait-ce qu\u2019un instant, de regarder l\u2019\u00e9pisode depuis la rationalit\u00e9 de la puissance. Du point de vue des \u00c9tats-Unis, la tentation de l\u2019exception ne proc\u00e8de ni d\u2019un cynisme gratuit ni d\u2019un m\u00e9pris abstrait du droit, mais d\u2019un sentiment d\u2019urgence strat\u00e9gique : monde fragment\u00e9, institutions multilat\u00e9rales paralys\u00e9es, adversaires qui testent les lignes rouges, alli\u00e9s jug\u00e9s h\u00e9sitants, opinion publique fatigu\u00e9e de l\u2019impuissance. Dans cette lecture, agir vite, frapper fort et requalifier l\u2019action en <em>\u00abjustice\u00bb<\/em> serait une mani\u00e8re de restaurer la dissuasion, de reprendre l\u2019initiative, de montrer que la puissance sait encore d\u00e9cider quand les r\u00e8gles s\u2019enlisent. Cette logique est intelligible \u2014 et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui la rend dangereuse. Car en substituant l\u2019efficacit\u00e9 imm\u00e9diate \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 durable, elle confond capacit\u00e9 d\u2019agir et capacit\u00e9 de structurer. L\u2019histoire des grandes puissances est pourtant sans appel, celles qui gouvernent par l\u2019exception finissent par multiplier les coups, mais perdent la ma\u00eetrise de l\u2019\u00e9poque. La rationalit\u00e9 de l\u2019urgence est compr\u00e9hensible ; son co\u00fbt strat\u00e9gique, lui, est syst\u00e9mique. \u00c0 l\u2019horizon 2030, des simulations du Rand Corporation pr\u00e9voient une multiplication par trois des conflits hybrides si cette logique persiste.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les risques s\u2019ordonnent dans le temps<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 court terme, la normalisation de l\u2019exception abaisse le seuil d\u2019acceptabilit\u00e9 de l\u2019usage de la force, les crises deviennent plus fr\u00e9quentes, moins encadr\u00e9es. \u00c0 moyen terme, elle fragilise les alliances, politise durablement l\u2019\u00e9conomie mondiale et installe une m\u00e9fiance structurelle entre partenaires qui ne savent plus si la r\u00e8gle prot\u00e8ge encore. \u00c0 long terme enfin, le risque est civilisationnel, un monde o\u00f9 la souverainet\u00e9 est conditionnelle, o\u00f9 le droit est s\u00e9lectif, devient un monde structurellement instable, condamn\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer par la domination ce qu\u2019il n\u2019a plus la capacit\u00e9 de gouverner par des normes communes. Ce risque civilisationnel \u00e9voque la chute de Rome, non par invasion barbare, mais par \u00e9rosion interne des normes. Dans un monde interconnect\u00e9, cette instabilit\u00e9 pourrait acc\u00e9l\u00e9rer les migrations climatiques et les pand\u00e9mies, transformant les exceptions en catastrophes globales.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La souverainet\u00e9 redevient une variable du rapport de force<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour le Sud global, l\u2019enl\u00e8vement de Nicol\u00e1s Maduro n\u2019est p0as un fait divers g\u00e9opolitique. Il dit, sans d\u00e9tour, que la souverainet\u00e9 n\u2019est pas un droit inali\u00e9nable garanti par des normes universelles, mais une fonction conditionnelle, elle vaut tant qu\u2019elle ne contrarie pas l\u2019utilit\u00e9 strat\u00e9gique des puissants.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant des d\u00e9cennies, l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique, la conformit\u00e9 r\u00e9glementaire, la reconnaissance diplomatique ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es comme des assurances implicites. L\u2019\u00e9pisode v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien fissure cette croyance. Il sugg\u00e8re que l\u2019alignement ne prot\u00e8ge pas n\u00e9cessairement, que la vertu normative n\u2019est pas un bouclier, et que l\u2019ordre mondial n\u2019est pas injuste par accident mais hi\u00e9rarchique par construction. \u00c0 partir de l\u00e0, la rationalit\u00e9 dominante change, la question n\u2019est plus <em>\u00abcomment \u00eatre conforme ?\u00bb<\/em>, mais <em>\u00abcomment survivre politiquement ?\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats du Sud global doivent diversifier leurs alliances par calcul existentiel. Ils doivent r\u00e9duire les d\u00e9pendances r\u00e9versibles demain en leviers de contrainte : monnaies, syst\u00e8mes de paiement, infrastructures critiques, donn\u00e9es, approvisionnements strat\u00e9giques. Ils doivent durcir leur appareil s\u00e9curitaire au nom de la stabilit\u00e9 pr\u00e9ventive \u2014 non par go\u00fbt de l\u2019autoritarisme, mais parce qu\u2019un monde o\u00f9 la tutelle est pensable rend la fragilit\u00e9 interne dangereuse. La mondialisation, autrefois promesse de convergence, se reconfigure en espace de vuln\u00e9rabilit\u00e9<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019universalisme occidental cesse d\u2019\u00eatre une promesse cr\u00e9dible pour devenir un r\u00e9cit parmi d\u2019autres. Cela peut produire deux trajectoires oppos\u00e9es. La premi\u00e8re est d\u00e9fensive : repli, fragmentation, cynisme, o\u00f9 la politique devient une gestion permanente du risque d\u2019ing\u00e9rence. La seconde est celle de l\u2019\u00e9mergence d\u2019un Sud global plus conscient de lui-m\u00eame, moins demandeur de reconnaissance, plus soucieux de b\u00e2tir des \u00e9quilibres autonomes \u2014 r\u00e9gionaux, financiers, technologiques. Des pays comme le Br\u00e9sil ou l\u2019Inde, via les Brics+, acc\u00e9l\u00e8rent d\u00e9j\u00e0 leurs alliances alternatives, avec une augmentation de 25% des \u00e9changes intra-Sud en 2025 selon la Banque mondiale, signe d\u2019une multipolarit\u00e9 \u00e9mergente qui d\u00e9fie l\u2019h\u00e9g\u00e9monie occidentale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9conomie mondiale<\/h2>\n\n\n\n<p>Le premier effet de cet \u00e9pisode v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien est que les investisseurs ne se demandent plus seulement si un projet est rentable, mais s\u2019il est exposable \u00e0 une requalification juridique, \u00e0 une sanction, \u00e0 une tutelle soudaine, \u00e0 une <em>\u00abgestion\u00bb<\/em> externe. Les cha\u00eenes de valeur se r\u00e9gionalisent, la redondance remplace l\u2019optimisation, et la liquidit\u00e9 se concentre dans les juridictions per\u00e7ues comme<em>\u00abamies\u00bb<\/em>. Ce mouvement n\u2019est pas id\u00e9ologique ; il est prudentiel. Mais la prudence, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale, rench\u00e9rit le capital et ralentit la productivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La finance internationale, elle, r\u00e9agit par r\u00e9tr\u00e9cissement de l\u2019horizon. Le temps long \u2014 celui des infrastructures, de l\u2019\u00e9nergie, de l\u2019\u00e9ducation, de la transformation productive \u2014 devient plus difficile \u00e0 financer quand la souverainet\u00e9 peut \u00eatre suspendue et les actifs requalifi\u00e9s. Les flux se raccourcissent, les garanties se multiplient, les conditions se durcissent. Les pays per\u00e7us comme <em>\u00abexpos\u00e9s\u00bb<\/em> paient plus cher leur dette, voient leurs IDE se rar\u00e9fier ou se politiser, et apprennent que la discipline macro\u00e9conomique ne suffit plus \u00e0 compenser le risque d\u2019exception.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Venezuela devient alors un laboratoire involontaire. Non pas pour ses fondamentaux \u2014 d\u00e9j\u00e0 fragiles \u2014 mais pour ce qu\u2019il autorise \u00e0 penser ailleurs : que des actifs strat\u00e9giques puissent \u00eatre administr\u00e9s au nom de la stabilit\u00e9, que des contrats soient relus \u00e0 l\u2019aune d\u2019une tutelle, que la gouvernance d\u2019un pays devienne une variable de valorisation. \u00c0 partir de l\u00e0, les march\u00e9s internalisent un principe simple qui est que la g\u00e9opolitique n\u2019est plus un choc exog\u00e8ne, c\u2019est une hypoth\u00e8se permanente.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u2019enjeu \u00e9conomique de cette s\u00e9quence d\u00e9passe le cas v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien. Il tient en une phrase : plus la puissance politise l\u2019ordre international, plus le monde devient co\u00fbteux. Co\u00fbteux en capital, en temps, en croissance potentielle. La stabilit\u00e9 obtenue par l\u2019exception se paie d\u2019une instabilit\u00e9 diffuse, int\u00e9gr\u00e9e dans les prix, les contrats et les anticipations. Et cette facture, comme toujours, est d\u2019abord r\u00e9gl\u00e9e par ceux qui vivent loin du centre de d\u00e9cision \u2014 l\u00e0 o\u00f9 la r\u00e8gle \u00e9tait cens\u00e9e compenser l\u2019absence de puissance. Selon le FMI, cette g\u00e9opolitisation pourrait r\u00e9duire la croissance mondiale de 1,5% par an, avec les pays \u00e9mergents supportant 60% du fardeau, exacerbant les in\u00e9galit\u00e9s et risquant des soul\u00e8vements comme ceux vus en 2024 au Sri Lanka et au Pakistan.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le droit subsiste, mais il n\u2019arbitre plus l\u2019exception<\/h2>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement de Maduro, l\u2019Onu appara\u00eet dans sa v\u00e9rit\u00e9 contemporaine structurellement impuissante lorsque l\u2019exception est assum\u00e9e par les puissants. Les textes existent, les principes sont clairs, l\u2019indignation est possible ; pourtant, quand la coercition est requalifi\u00e9e en <em>\u00abpolice\u00bb<\/em> et la tutelle en <em>\u00abgestion\u00bb<\/em>, l\u2019Onu ne tranche plus \u2014 elle consigne. Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 devient un th\u00e9\u00e2tre de r\u00e9cits concurrents o\u00f9 le veto fige le droit au moment pr\u00e9cis o\u00f9 il devrait agir. Cette sc\u00e8ne n\u2019est pas singuli\u00e8re, elle se r\u00e9p\u00e8te de Ukraine \u00e0 Gaza, partout o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats vitaux des grandes puissances se heurtent. L\u00e0 aussi, les r\u00e9solutions s\u2019empilent, les condamnations se r\u00e9pondent, mais l\u2019arbitrage se d\u00e9robe. Ce n\u2019est pas un effondrement spectaculaire ; c\u2019est une neutralisation silencieuse du droit par saturation politique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 horizon dix \u00e0 quinze ans, le monde qui se dessine n\u2019est ni celui du chaos pur, ni celui d\u2019un ordre stabilis\u00e9. C\u2019est un monde plus dur, plus cher, plus hi\u00e9rarchique. Les conflits n\u2019y seront pas n\u00e9cessairement plus nombreux, mais plus localis\u00e9s, plus ambigus, plus difficiles \u00e0 contenir. Le droit continuera d\u2019exister, mais comme ressource argumentative, non comme barri\u00e8re. Les \u00e9conomies fonctionneront, mais sous prime g\u00e9opolitique permanente. La paix, quand elle existera, sera moins le produit des r\u00e8gles que de la fatigue des puissants. Ce monde-l\u00e0 ne s\u2019effondre pas, il s\u2019use.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, l\u2019Onu pourrait rena\u00eetre via une r\u00e9forme \u00e9largissant son Conseil de S\u00e9curit\u00e9 et supprimant le droit de v\u00e9to au sein de celui-ci. Sans cela, elle risque de devenir un vestige, comme la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations post-1919.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Elections de mi-mandat, novembre 2026<\/h2>\n\n\n\n<p>Il faut enfin introduire une variable politique d\u00e9cisive, celle du temps \u00e9lectoral am\u00e9ricain. La r\u00e9activation d\u2019une doctrine Monroe op\u00e9rationnelle repose sur une fen\u00eatre politique \u00e9troite, fragile, et potentiellement r\u00e9versible. \u00c0 l\u2019approche des \u00e9lections de mi-mandat aux \u00c9tats-Unis, plus de deux cents sondages nationaux et locaux convergent vers un constat d\u00e9favorable aux Parti r\u00e9publicain : perte de la Chambre, S\u00e9nat incertain, et surtout \u00e9rosion du mandat politique n\u00e9cessaire pour assumer une doctrine de puissance aussi co\u00fbteuse symboliquement. Or la doctrine Monroe n\u2019est pas une politique de consensus ; c\u2019est une doctrine clivante, qui exige continuit\u00e9, cr\u00e9dibilit\u00e9 et acceptation durable des co\u00fbts normatifs. Une alternance \u2014 ou m\u00eame une majorit\u00e9 divis\u00e9e \u2014 suffirait \u00e0 la fragiliser, car elle expose imm\u00e9diatement ses contradictions : contradiction entre primaut\u00e9 r\u00e9gionale et alliances globales, entre discours de droit et pratiques d\u2019exception, entre leadership moral revendiqu\u00e9 et tutelle assum\u00e9e. \u00c0 cela s\u2019ajoutent d\u2019autres forces de rappel, la fatigue strat\u00e9gique de l\u2019\u00e9lectorat, la priorit\u00e9 donn\u00e9e aux enjeux domestiques (inflation, dette, immigration), et la pression des milieux \u00e9conomiques, peu enclins \u00e0 soutenir une doctrine qui politise les march\u00e9s et rench\u00e9rit durablement le co\u00fbt du capital. Autrement dit, la doctrine Monroe r\u00e9activ\u00e9e pourrait bien \u00eatre un pari de fin de cycle : spectaculaire \u00e0 court terme, mais structurellement vuln\u00e9rable \u00e0 la sanction d\u00e9mocratique. Dans l\u2019histoire am\u00e9ricaine, les doctrines durables sont celles qui survivent aux alternances ; celles qui disparaissent avec les majorit\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent moins une strat\u00e9gie qu\u2019un moment politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces \u00e9lections pourraient marquer un tournant, similaire \u00e0 1974 post-Watergate, o\u00f9 l\u2019Am\u00e9rique r\u00e9affirme son attachement aux normes, ou au contraire acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9clin, comme en 1930 avant l\u2019isolationnisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Au terme de cet article, les risques de guerres ne sont pas seulement ceux li\u00e9s \u00e0 des encha\u00eenements de crises, mais d\u2019un glissement de civilisation. Un monde o\u00f9 la force se rebaptise droit, est un monde qui abaisse le seuil de la guerre, multiplie les rapports de suj\u00e9tion et pr\u00e9pare des conflits d\u2019autant plus violents qu\u2019ils auront \u00e9t\u00e9 longtemps normalis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enl\u00e8vement de Nicol\u00e1s Maduro n\u2019est pas en soi la cause de ces p\u00e9rils ; il en est le signal. Car lorsque la souverainet\u00e9 devient conditionnelle, lorsque le droit cesse de contenir la puissance, lorsque les hi\u00e9rarchies cessent d\u2019\u00eatre dissimul\u00e9es, alors la rivalit\u00e9 strat\u00e9gique se mue en lutte existentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Les guerres ne naissent pas seulement de l\u2019agression, mais de l\u2019\u00e9chec collectif \u00e0 maintenir des limites cr\u00e9dibles; les dominations ne durent qu\u2019au prix d\u2019un ressentiment accumul\u00e9 ; et les civilisations \u00e9chouent moins par faiblesse que par exc\u00e8s de certitude.<\/p>\n\n\n\n<p>En croyant s\u00e9curiser l\u2019ordre international par l\u2019exception, on fragilise ce qui rendait encore la coexistence possible. L\u2019histoire nous enseigne qu\u2019un monde qui accepte facilement la domination finit par d\u00e9couvrir que la paix sans r\u00e8gles n\u2019est jamais qu\u2019une guerre diff\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Sommes-nous pr\u00eats \u00e0 vivre dans un monde o\u00f9 la paix d\u00e9pend moins du droit que de la patience des puissants ?<\/p>\n\n\n\n<p><em>* Economiste, banquier et financier. &nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"3jxHjPzs5D\"><a href=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/01\/05\/venezuela-lenlevement-du-couple-maduro-ou-le-retour-du-gringo\/\">Venezuela | L\u2019enl\u00e8vement du couple Maduro, ou le retour du Gringo<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0Venezuela | L\u2019enl\u00e8vement du couple Maduro, ou le retour du Gringo\u00a0\u00bb &#8212; Kapitalis\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/01\/05\/venezuela-lenlevement-du-couple-maduro-ou-le-retour-du-gringo\/embed\/#?secret=GPZB9SA4QP#?secret=3jxHjPzs5D\" data-secret=\"3jxHjPzs5D\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En rebaptisant la force en droit, les grandes puissances ne se contentent pas d\u2019agir, elles r\u00e9\u00e9crivent la grammaire de l\u2019ordre international. <\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":18203394,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[992,997,1000,2433],"tags":[124413,98812,9054,75918,78702,126370,78703,108873],"class_list":["post-18203322","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-politique","category-tribune","category-tunisie","tag-caracas","tag-doctrine-monroe","tag-donald-trump","tag-etats-unis-2","tag-nicolas-maduro","tag-simon-bolivar","tag-venezuela","tag-yahya-ould-amar"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.6 - 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