{"id":18449924,"date":"2026-03-08T08:28:09","date_gmt":"2026-03-08T07:28:09","guid":{"rendered":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?p=18449924"},"modified":"2026-03-08T08:28:10","modified_gmt":"2026-03-08T07:28:10","slug":"villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/","title":{"rendered":"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Il y a des \u00e9poques o\u00f9 l\u2019on construit des villes pour c\u00e9l\u00e9brer la paix, et d\u2019autres o\u00f9 l\u2019on les r\u00e9organise pour survivre \u00e0 la guerre. Notre pr\u00e9sent a quelque chose de brutalement p\u00e9dagogique : il rappelle, par la r\u00e9p\u00e9tition des images et par la pr\u00e9cision des frappes, que l\u2019espace urbain est redevenu une cible totale. Quand le ciel devient une menace permanente, un autre urbanisme s\u2019impose. \u00a0<\/em><\/strong><em>(Photo: Isra\u00e9liens dans un abri sous-terrain \u00e0 Tel Aviv pendant une alerte. Les Libanais et les Iraniens, eux, ont moins de chance : ils sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes). <\/em>   <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Zouha\u00efr Ben Amor<\/strong> *<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"200\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Zouhair-Ben-Amor.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17518909\" srcset=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Quand les bombardements rasent un quartier, ils ne d\u00e9truisent pas seulement des infrastructures militaires, ils effondrent des r\u00e9seaux : routes, h\u00f4pitaux, \u00e9coles, centrales, d\u00e9p\u00f4ts d\u2019eau, logements, archives, lieux de culte, habitudes et liens.<\/p>\n\n\n\n<p>La ville, qui se r\u00eavait nagu\u00e8re comme un milieu d\u2019\u00e9mancipation et de circulation, redevient un organisme vuln\u00e9rable, lisible depuis le ciel, <em>\u00abcartographiable\u00bb<\/em> en temps r\u00e9el, et donc neutralisable. Cette lisibilit\u00e9 est devenue un danger.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet horizon, l\u2019urbanisme ne peut plus se contenter de parler de densit\u00e9 heureuse, de mobilit\u00e9s douces, de mixit\u00e9 fonctionnelle ou de r\u00e9silience climatique, comme si la violence g\u00e9opolitique \u00e9tait une anomalie ext\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>Les guerres contemporaines ne sont pas seulement des affrontements territoriaux : elles sont aussi une transformation des conditions mat\u00e9rielles de l\u2019habiter. La ville n\u2019est plus seulement le th\u00e9\u00e2tre des conflits, elle est leur enjeu direct, leur m\u00e9dium et leur preuve.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, une question s\u2019impose, presque obsc\u00e8ne parce qu\u2019elle ressemble \u00e0 un aveu : comment concevoir des milieux de vie quand le ciel est un dispositif d\u2019observation et de destruction, quand les capteurs, les satellites, les drones et les missiles font de la surface un \u00e9cran fragile ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que nous voyons se dessiner, sous la pression de la menace, c\u2019est une tentation strat\u00e9gique : soustraire. Soustraire \u00e0 la vue, soustraire \u00e0 la frappe, soustraire \u00e0 l\u2019interruption. Cacher sous les sols, derri\u00e8re les montagnes, dans l\u2019\u00e9paisseur du relief. Disperser, segmenter, rendre redondant. Faire en sorte que la ville, et avec elle l\u2019\u00c9tat, l\u2019\u00e9nergie, l\u2019alimentation, la d\u00e9fense, les r\u00e9serves de survie, ne soient plus expos\u00e9s comme une cible unique. Autrement dit : passer d\u2019un urbanisme de la surface \u00e0 un urbanisme de la profondeur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La surface : une architecture de la lisibilit\u00e9\u2026 donc de la vuln\u00e9rabilit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Pendant des d\u00e9cennies, l\u2019urbanisme moderne a cultiv\u00e9 une forme d\u2019\u00e9vidence : des grandes infrastructures visibles, des n\u0153uds logistiques identifiables, des centralit\u00e9s nettes, des r\u00e9seaux hi\u00e9rarchis\u00e9s. Cela r\u00e9pondait \u00e0 une logique de croissance, de rationalisation, parfois de contr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>James C. Scott a montr\u00e9 comment les \u00c9tats pr\u00e9f\u00e8rent les espaces <em>\u00ablisibles\u00bb<\/em>, o\u00f9 les flux sont simples \u00e0 recenser, o\u00f9 les populations se comptent et se d\u00e9placent selon des grilles, o\u00f9 le territoire devient un tableau de bord (Scott, 1998).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette lisibilit\u00e9, qui servait \u00e0 administrer et \u00e0 planifier, devient aujourd\u2019hui un talon d\u2019Achille. Ce qui est lisible est rep\u00e9rable. Ce qui est rep\u00e9rable est frappable.<\/p>\n\n\n\n<p>La technologie acc\u00e9l\u00e8re cette conversion de la lisibilit\u00e9 en vuln\u00e9rabilit\u00e9. Une centrale \u00e9lectrique, un r\u00e9servoir, une art\u00e8re logistique, un pont, un data center, un d\u00e9p\u00f4t : tout ce qui soutient la vie urbaine a une signature. Thermique, \u00e9lectromagn\u00e9tique, visuelle, algorithmique\u2026 On ne <em>\u00abvoit\u00bb<\/em> plus seulement avec les yeux, on voit avec des mod\u00e8les, des corr\u00e9lations, des anomalies.<\/p>\n\n\n\n<p>La surface de la ville, qui \u00e9tait l\u2019espace de la repr\u00e9sentation et de la rencontre, devient une peau expos\u00e9e. Et l\u2019on comprend soudain que la <em>\u00absmart city\u00bb<\/em> peut aussi \u00eatre, par retournement, une <em>\u00abtarget city\u00bb<\/em> : une ville dont l\u2019intelligence rend la destruction plus efficace.<\/p>\n\n\n\n<p>Paul Virilio, en observateur aigu des rapports entre vitesse, guerre et territoire, insistait sur le fait que la modernit\u00e9 militaire n\u2019est pas seulement une question d\u2019armes, mais de perception et de trajectoire : ce qui compte, c\u2019est la capacit\u00e9 \u00e0 atteindre vite, \u00e0 voir vite, \u00e0 d\u00e9cider vite (Virilio, 1977).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un monde o\u00f9 la d\u00e9cision peut se prendre \u00e0 distance, la ville de surface devient un ensemble de coordonn\u00e9es. Elle est r\u00e9duite \u00e0 une cartographie op\u00e9rationnelle, o\u00f9 l\u2019on distingue des <em>\u00abobjets\u00bb<\/em> \u00e0 neutraliser. Et ce qui est plus grave encore, c\u2019est que la s\u00e9paration entre militaire et civil s\u2019y dissout mat\u00e9riellement : l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 alimente autant les h\u00f4pitaux que les communications, les routes servent autant aux ambulances qu\u2019aux convois, les entrep\u00f4ts stockent autant les denr\u00e9es que les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es. La guerre totale, ce n\u2019est pas seulement l\u2019intention d\u2019\u00e9craser : c\u2019est la structure m\u00eame des r\u00e9seaux urbains qui rend la distinction incertaine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La profondeur : retour du refuge, mutation du territoire<\/h2>\n\n\n\n<p>Quand la surface devient trop dangereuse, la profondeur redevient d\u00e9sirable. Ce n\u2019est pas une invention. Les villes ont toujours eu leurs souterrains : aqueducs, \u00e9gouts, caves, catacombes, abris. Mais il y a une diff\u00e9rence entre le souterrain comme compl\u00e9ment technique et le souterrain comme principe directeur. Nous basculons vers une logique o\u00f9 l\u2019on ne descend pas seulement pour faire passer une conduite, mais pour organiser une strat\u00e9gie de survie.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette strat\u00e9gie s\u2019appuie sur une \u00e9vidence physique : la terre absorbe, amortit, dissimule. Elle prot\u00e8ge contre certains effets des explosions, elle r\u00e9duit la visibilit\u00e9, elle offre une inertie thermique. Les montagnes, les collines, les falaises deviennent des boucliers naturels.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 l\u2019urbanisme moderne aimait aplanir, niveler, ouvrir, l\u2019urbanisme sous menace va chercher l\u2019\u00e9paisseur, la masse, le pli. Il r\u00e9habilite le relief comme infrastructure.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la profondeur n\u2019est pas seulement un abri. Elle devient un espace politique. Enterrer des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques, des r\u00e9serves alimentaires, des centres de commandement, des moyens de communication, ce n\u2019est pas seulement <em>\u00abcacher\u00bb<\/em>, c\u2019est hi\u00e9rarchiser ce qui doit rester en vie lorsque tout vacille. C\u2019est d\u00e9cider ce qui m\u00e9rite la protection maximale. C\u2019est, au fond, \u00e9crire une constitution souterraine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Infrastructures vitales : enterrer, disperser, rendre redondant<\/h2>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on prend au s\u00e9rieux l\u2019id\u00e9e d\u2019un urbanisme de la dissimulation, alors les priorit\u00e9s changent. Les infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques, par exemple, ne peuvent plus \u00eatre pens\u00e9es comme de grands monuments techniques isol\u00e9s. Elles devront devenir des syst\u00e8mes distribu\u00e9s, modulaires, capables de fonctionner en \u00eelots.<\/p>\n\n\n\n<p>Micro-r\u00e9seaux, stockage fragment\u00e9, capacit\u00e9s locales de production : non pas comme gadgets <em>\u00abverts\u00bb<\/em>, mais comme doctrines de survie. La question n\u2019est plus seulement l\u2019efficacit\u00e9, c\u2019est la continuit\u00e9 sous interruption.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame logique pour l\u2019eau, les soins, les communications. Une ville sous menace doit multiplier les points de bascule : pouvoir isoler une partie du r\u00e9seau sans que tout s\u2019effondre. Le vocabulaire de la cybers\u00e9curit\u00e9 \u2014 segmentation, redondance, <em>Fail over<\/em> \u2014 devient curieusement pertinent pour la ville mat\u00e9rielle.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 un signe de notre \u00e9poque : l\u2019urbanisme se rapproche d\u2019une ing\u00e9nierie des syst\u00e8mes, o\u00f9 l\u2019on ne cherche pas le flux maximal mais la capacit\u00e9 \u00e0 encaisser la rupture.<\/p>\n\n\n\n<p>Keller Easterling a montr\u00e9 que le pouvoir contemporain passe souvent par des <em>\u00abinfrastructures spatiales\u00bb<\/em> : des standards, des r\u00e9seaux, des zones, des formats qui gouvernent sans toujours se montrer comme pouvoir (Easterling, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que la guerre fait, c\u2019est rendre cette gouvernance visible : on comprend que l\u2019infrastructure est la politique par d\u2019autres moyens. Si l\u2019on enterre des data centers, si l\u2019on place des r\u00e9serves sous des reliefs, si l\u2019on construit des tunnels logistiques capables de contourner les axes expos\u00e9s, on ne fait pas seulement des travaux : on redessine la souverainet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et cette souverainet\u00e9 se paie. Enterrer co\u00fbte cher, demande du temps, exige des comp\u00e9tences, mobilise des mat\u00e9riaux. Ce n\u2019est pas neutre socialement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les villes qui auront les moyens d\u2019organiser leur profondeur auront une chance de pr\u00e9server leurs continuit\u00e9s vitales ; les autres resteront \u00e0 nu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le risque est immense : un urbanisme de la protection pourrait se traduire par un urbanisme de l\u2019in\u00e9galit\u00e9, o\u00f9 certains vivent au-dessus, expos\u00e9s, et d\u2019autres en dessous, prot\u00e9g\u00e9s \u2014 ou inversement : o\u00f9 les \u00e9lites se r\u00e9fugient dans des enclaves renforc\u00e9es tandis que la majorit\u00e9 subit la surface.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La tentation du bunker : survivre, mais \u00e0 quel prix ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Le mot <em>\u00abbunker\u00bb<\/em> n\u2019est pas seulement une figure de b\u00e9ton, c\u2019est une philosophie. Il promet la s\u00e9curit\u00e9 en \u00e9change de la fermeture. Il transforme la ville en succession de compartiments prot\u00e9g\u00e9s. Il fait de la vie urbaine une s\u00e9rie de sas. On peut imaginer un futur o\u00f9 les stations de m\u00e9tro deviennent des abris permanents, o\u00f9 les parkings souterrains se reconvertissent en r\u00e9serves, o\u00f9 des quartiers entiers se dotent de niveaux <em>\u00abprofonds\u00bb<\/em> pour les p\u00e9riodes d\u2019alerte. On peut imaginer des \u00e9coles et des h\u00f4pitaux con\u00e7us comme des structures partiellement enterr\u00e9es, des places publiques doubl\u00e9es d\u2019espaces refuges, des r\u00e9seaux de tunnels logistiques \u00e9vitant les ponts et les \u00e9changeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce futur n\u2019est pas automatiquement d\u00e9sirable. Il pose une question morale : prot\u00e9ger la vie, oui, mais quelle vie ? Une vie diminu\u00e9e, claustr\u00e9e, organis\u00e9e autour de l\u2019anticipation de la frappe ? La ville a toujours \u00e9t\u00e9 un art de la copr\u00e9sence. Si l\u2019on la recon\u00e7oit comme un art de l\u2019\u00e9vitement, on risque de perdre ce qui la rend humaine : l\u2019impr\u00e9vu, la mixit\u00e9 r\u00e9elle, la rue comme th\u00e9\u00e2tre, la surface comme monde partag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Virilio rappelait aussi que la logique militaire tend \u00e0 coloniser l\u2019espace civil : la d\u00e9fense devient une mani\u00e8re d\u2019organiser le territoire, parfois jusqu\u2019\u00e0 le d\u00e9figurer (Virilio, 1977).<\/p>\n\n\n\n<p>Le danger est que la ville, en se prot\u00e9geant, adopte les r\u00e9flexes de la forteresse : surveiller, filtrer, verrouiller. Or l\u2019urbanisme de la dissimulation peut devenir un urbanisme de la suspicion. Pour cacher, il faut contr\u00f4ler l\u2019acc\u00e8s. Pour prot\u00e9ger des infrastructures enterr\u00e9es, il faut des p\u00e9rim\u00e8tres, des autorisations, des capteurs. La s\u00e9curit\u00e9 peut devenir une grammaire quotidienne. Et ce qui est con\u00e7u contre l\u2019ennemi ext\u00e9rieur peut se retourner contre les habitants, au nom de la pr\u00e9vention.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De la r\u00e9silience climatique \u00e0 la r\u00e9silience militaire : m\u00eame mot, autre monde<\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, le mot <em>\u00abr\u00e9silience\u00bb<\/em> a envahi les discours urbains. Il venait du climat : absorber les chocs, s\u2019adapter, rebondir. Mais la r\u00e9silience militaire n\u2019est pas la r\u00e9silience climatique. L\u2019une cherche \u00e0 composer avec des ph\u00e9nom\u00e8nes diffus, l\u2019autre avec une intention hostile. Dans le premier cas, on n\u00e9gocie avec la nature ; dans le second, on affronte une strat\u00e9gie adverse. Cela change tout : l\u2019adversaire observe vos solutions, apprend, s\u2019adapte. Il cherche la faille. La ville r\u00e9siliente devient une ville en duel.<\/p>\n\n\n\n<p>Scott mettait en garde contre les grandes utopies administratives qui pr\u00e9tendent ordonner le r\u00e9el depuis le haut (Scott, 1998). Un urbanisme militaris\u00e9 pourrait devenir une nouvelle utopie, non pas de la transparence mais de l\u2019invisibilit\u00e9 : une ville parfaite parce qu\u2019ind\u00e9tectable, une ville optimale parce que sans point faible. Or l\u2019invisibilit\u00e9 totale n\u2019existe pas. Toute structure laisse des traces. Et l\u2019obsession du point faible peut conduire \u00e0 un urbanisme parano\u00efaque, o\u00f9 l\u2019on investit dans la protection au d\u00e9triment du soin, de l\u2019\u00e9ducation, de la culture, de la justice sociale. On peut survivre en perdant ce qui rend la survie digne.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, comment tenir ensemble deux imp\u00e9ratifs : prot\u00e9ger sans bunkeriser, dissimuler sans d\u00e9politiser, enterrer sans exclure ? C\u2019est l\u00e0 que l\u2019urbanisme doit redevenir un d\u00e9bat public, non une affaire de techniciens et de strat\u00e8ges. Car si l\u2019on enterre l\u2019\u00e9nergie, l\u2019eau, les r\u00e9serves, les moyens de d\u00e9fense, on enterre aussi des choix de soci\u00e9t\u00e9. On d\u00e9cide de ce qui doit continuer \u00e0 fonctionner quand tout s\u2019arr\u00eate. On d\u00e9finit la priorit\u00e9 des priorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vers une ville stratifi\u00e9e : surface vivante, profondeur vitale<\/h2>\n\n\n\n<p>Plut\u00f4t que de r\u00eaver une ville enti\u00e8rement souterraine \u2014 fantasme qui rel\u00e8ve autant de la science-fiction que du projet politique \u2014 on peut imaginer une ville stratifi\u00e9e. Une surface maintenue comme espace de vie, d\u2019\u00e9change, de respiration, mais doubl\u00e9e d\u2019une profondeur con\u00e7ue comme continuit\u00e9 vitale. La surface n\u2019est pas abandonn\u00e9e, elle est rendue plus souple : moins de points de concentration, moins de d\u00e9pendances uniques. La profondeur n\u2019est pas un refuge \u00e9litiste, elle est un bien commun : des abris accessibles, des services essentiels capables de basculer en mode d\u00e9grad\u00e9, des stocks g\u00e9r\u00e9s d\u00e9mocratiquement, des r\u00e9seaux capables de fonctionner localement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, l\u2019urbanisme de demain ne sera pas seulement une esth\u00e9tique, il sera une strat\u00e9gie. Il devra penser la topographie comme alli\u00e9e, la distribution comme protection, la redondance comme justice. Il devra aussi accepter un paradoxe : la ville doit rester ouverte pour \u00eatre vivante, mais suffisamment organis\u00e9e pour ne pas mourir d\u2019un seul coup. Entre l\u2019ouverture et la protection, il n\u2019y a pas de solution pure, seulement des compromis, des arbitrages, des institutions capables de rendre ces arbitrages discutables.<\/p>\n\n\n\n<p>Easterling nous invite \u00e0 regarder l\u2019infrastructure comme un champ de pouvoir, o\u00f9 les choix techniques fa\u00e7onnent des comportements et des hi\u00e9rarchies (Easterling, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Scott nous pr\u00e9vient contre les simplifications autoritaires qui pr\u00e9tendent r\u00e9soudre le r\u00e9el en le rendant lisible (Scott, 1998).<\/p>\n\n\n\n<p>Virilio, enfin, nous avertit que la vitesse et la vision transforment la ville en cible, et que le militaire tend \u00e0 s\u2019infiltrer dans le civil (Virilio, 1977). Ces perspectives convergent vers une m\u00eame exigence : penser l\u2019urbanisme sous contrainte g\u00e9opolitique sans renoncer \u00e0 l\u2019id\u00e9e de cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la question qui vient n\u2019est pas seulement celle-ci&nbsp;: o\u00f9 mettre les infrastructures. C\u2019est aussi : quel type de monde urbain voulons-nous quand la violence revient comme horizon durable ? Un monde de cavernes technologiques, de quartiers-bunkers, de verticalit\u00e9s contr\u00f4l\u00e9es ? Ou un monde o\u00f9 la protection devient un droit collectif, o\u00f9 la profondeur n\u2019est pas un privil\u00e8ge mais une assurance commune, o\u00f9 la surface reste un lieu de d\u00e9mocratie ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le risque, sinon, est clair : la guerre ne se contentera pas de d\u00e9truire des b\u00e2timents, elle d\u00e9truira l\u2019id\u00e9e m\u00eame de ville. Non par effondrement spectaculaire, mais par transformation lente : une cit\u00e9 qui se ferme, qui se fragmente, qui se m\u00e9fie, qui d\u00e9l\u00e8gue son organisation \u00e0 des logiques s\u00e9curitaires. La v\u00e9ritable reconstruction, alors, ne sera pas seulement mat\u00e9rielle. Elle sera philosophique : r\u00e9inventer un urbanisme capable de prot\u00e9ger la vie sans enterrer la libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>* Universitaire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Easterling, K. (2014). <em>Extrastatecraft: The Power of Infrastructure Space<\/em>. Verso.<\/p>\n\n\n\n<p>Scott, J. C. (1998). <em>Seeing Like a State: How Certain Schemes to Improve the Human Condition Have Failed<\/em>. Yale University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Virilio, P. (1977). <em>Vitesse et politique<\/em>. Galil\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Isra\u00e9liens se r\u00e9fugient dans des abri sous-terrain pendant les alertes. Libanais et  Iraniens, eux, sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes. <\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":18449940,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[992,998,1000,2433],"tags":[],"class_list":["post-18449924","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-societe","category-tribune","category-tunisie"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.6 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation - Kapitalis<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Les Isra\u00e9liens se r\u00e9fugient dans des abri sous-terrain pendant les alertes. Libanais et Iraniens, eux, sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation - Kapitalis\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les Isra\u00e9liens se r\u00e9fugient dans des abri sous-terrain pendant les alertes. Libanais et Iraniens, eux, sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Kapitalis\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/KapitalisInfo\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2026-03-08T07:28:09+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-03-08T07:28:10+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1200\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"630\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"webmaster kapitalis\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@KapitalisInfo\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@KapitalisInfo\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"webmaster kapitalis\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"12 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/\"},\"author\":{\"name\":\"webmaster kapitalis\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/person\/d71f33a9ca44f7bad4698210b480c8e9\"},\"headline\":\"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation\",\"datePublished\":\"2026-03-08T07:28:09+00:00\",\"dateModified\":\"2026-03-08T07:28:10+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/\"},\"wordCount\":2573,\"commentCount\":1,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg\",\"articleSection\":[\"A LA UNE\",\"SOCIETE\",\"TRIBUNE\",\"Tunisie\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/\",\"url\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/\",\"name\":\"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation - Kapitalis\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg\",\"datePublished\":\"2026-03-08T07:28:09+00:00\",\"dateModified\":\"2026-03-08T07:28:10+00:00\",\"description\":\"Les Isra\u00e9liens se r\u00e9fugient dans des abri sous-terrain pendant les alertes. Libanais et Iraniens, eux, sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes.\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg\",\"width\":1200,\"height\":630},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#website\",\"url\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/\",\"name\":\"Kapitalis\",\"description\":\"L&#039;actualit\u00e9 en Tunisie et dans le monde\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#organization\",\"name\":\"Kapitalis\",\"url\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Kapitalis-big-size.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Kapitalis-big-size.png\",\"width\":5000,\"height\":1500,\"caption\":\"Kapitalis\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/logo\/image\/\"},\"sameAs\":[\"https:\/\/www.facebook.com\/KapitalisInfo\/\",\"https:\/\/x.com\/KapitalisInfo\",\"https:\/\/www.youtube.com\/channel\/UC-yDYrHyfFBWWZaOw3FPg9Q\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/person\/d71f33a9ca44f7bad4698210b480c8e9\",\"name\":\"webmaster kapitalis\",\"url\":\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/author\/webmaster-kapitalis\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation - Kapitalis","description":"Les Isra\u00e9liens se r\u00e9fugient dans des abri sous-terrain pendant les alertes. Libanais et Iraniens, eux, sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation - Kapitalis","og_description":"Les Isra\u00e9liens se r\u00e9fugient dans des abri sous-terrain pendant les alertes. Libanais et Iraniens, eux, sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes.","og_url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/","og_site_name":"Kapitalis","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/KapitalisInfo\/","article_published_time":"2026-03-08T07:28:09+00:00","article_modified_time":"2026-03-08T07:28:10+00:00","og_image":[{"width":1200,"height":630,"url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"webmaster kapitalis","twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@KapitalisInfo","twitter_site":"@KapitalisInfo","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"webmaster kapitalis","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"12 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/"},"author":{"name":"webmaster kapitalis","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/person\/d71f33a9ca44f7bad4698210b480c8e9"},"headline":"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation","datePublished":"2026-03-08T07:28:09+00:00","dateModified":"2026-03-08T07:28:10+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/"},"wordCount":2573,"commentCount":1,"publisher":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg","articleSection":["A LA UNE","SOCIETE","TRIBUNE","Tunisie"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/","url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/","name":"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation - Kapitalis","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg","datePublished":"2026-03-08T07:28:09+00:00","dateModified":"2026-03-08T07:28:10+00:00","description":"Les Isra\u00e9liens se r\u00e9fugient dans des abri sous-terrain pendant les alertes. Libanais et Iraniens, eux, sont \u00e0 d\u00e9couvert sous les bombes.","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#primaryimage","url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg","contentUrl":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Israeliens-dans-un-abri-sous-terrain-Tel-Aviv.jpg","width":1200,"height":630},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/03\/08\/villes-en-guerre-vers-un-urbanisme-de-la-dissimulation\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Villes en guerre | Vers un urbanisme de la dissimulation"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#website","url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/","name":"Kapitalis","description":"L&#039;actualit\u00e9 en Tunisie et dans le monde","publisher":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#organization","name":"Kapitalis","url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Kapitalis-big-size.png","contentUrl":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Kapitalis-big-size.png","width":5000,"height":1500,"caption":"Kapitalis"},"image":{"@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/KapitalisInfo\/","https:\/\/x.com\/KapitalisInfo","https:\/\/www.youtube.com\/channel\/UC-yDYrHyfFBWWZaOw3FPg9Q"]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/#\/schema\/person\/d71f33a9ca44f7bad4698210b480c8e9","name":"webmaster kapitalis","url":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/author\/webmaster-kapitalis\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18449924","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18449924"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18449924\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18449957,"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18449924\/revisions\/18449957"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18449940"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18449924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18449924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18449924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}