{"id":18663318,"date":"2026-04-20T12:09:33","date_gmt":"2026-04-20T11:09:33","guid":{"rendered":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?p=18663318"},"modified":"2026-04-20T12:09:36","modified_gmt":"2026-04-20T11:09:36","slug":"non-a-la-captation-du-patrimoine-de-la-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2026\/04\/20\/non-a-la-captation-du-patrimoine-de-la-tunisie\/","title":{"rendered":"Non \u00e0 la captation du patrimoine de la Tunisie\u00a0!"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>L\u2019enseignement de l\u2019histoire devient un outil d\u00e9tourn\u00e9 de <\/em><\/strong><strong><em>l\u00e9gitimation politique<\/em><\/strong><em> <strong>plut\u00f4t qu\u2019une discipline de recherche scientifique. <\/strong><\/em><strong><em>Le d\u00e9bat sur l\u2019usurpation vient souvent du fait que les fronti\u00e8res d\u2019aujourd\u2019hui ne correspondent pas aux r\u00e9alit\u00e9s historiques durant des si\u00e8cles. Une grande partie du patrimoine \u00abnumide\u00bb ou \u00abpunique\u00bb est partag\u00e9e entre la Tunisie et ses voisins de l\u2019Est comme de l\u2019Ouest. Cependant, la Tunisie (l\u2019ancienne Ifriqiya) a toujours \u00e9t\u00e9 le centre n\u00e9vralgique, urbain et intellectuel de toute la r\u00e9gion.&nbsp;<\/em><\/strong><strong><em><\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ridha Ben Slama<\/strong> *<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"200\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ridha-Ben-Slama-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16957652\" srcset=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Faut-il rappeler encore \u00e0 ceux qui se confinent dans une posture path\u00e9tique et feignent d\u2019ignorer que notre pays poss\u00e8de une identit\u00e9 \u00e9tatique propre, bien ant\u00e9rieure \u00e0 la colonisation (1881), et ce contrairement \u00e0 beaucoup d\u2019autres pays&nbsp;? Faut-il r\u00e9p\u00e9ter que la Tunisie actuelle est l\u2019aboutissement d\u2019une longue succession de civilisations qui ont chacune contribu\u00e9 \u00e0 son assise territoriale et culturelle&nbsp;? Depuis des mill\u00e9naires, elle poss\u00e8de l\u2019une des identit\u00e9s \u00e9tatiques les plus anciennes et les plus continues au monde, d\u00e9passant largement le cadre des fronti\u00e8res coloniales du dernier si\u00e8cle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1- La Tunisie (Ifriqiya) le centre n\u00e9vralgique, urbain et intellectuel de toute la r\u00e9gion<\/h2>\n\n\n\n<p>La justesse de l\u2019approche exige de d\u00e9passer un exercice trop contemporain, qui envisage une souverainet\u00e9 territoriale d\u00e9finie seulement par des fronti\u00e8res, \u00e0 savoir le <em>\u00abcontour ext\u00e9rieur d\u2019une nation pleinement consciente d\u2019elle-m\u00eame\u00bb<\/em> <sup>(1)<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pratiquement, durant des si\u00e8cles, l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un \u00c9tat s\u2019exer\u00e7ait non sur un espace born\u00e9 par des fronti\u00e8res identifi\u00e9es, mais \u00e9galement sur son rayonnement culturel. Les limites de l\u2019\u00c9tat enfermeraient aussi celles, mouvantes, des terrains de parcours de ces tribus vassales \u00e0 un \u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>Carthage (IX<sup>e<\/sup>-II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle av. J.-C.) avait d\u00e9j\u00e0 structur\u00e9 le territoire sous une forme \u00e9tatique puissante, avec une administration, une monnaie et une diplomatie propre. Ce n\u2019\u00e9tait pas seulement une cit\u00e9, mais le centre d\u2019un empire maritime thalassocratique qui comprenait la majeure partie de la Tunisie actuelle (le Zeugitane et la Byzac\u00e8ne). L\u2019empire s\u2019\u00e9tendait sur toutes les c\u00f4tes de la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale, de l\u2019actuelle Libye (Tripolitaine) jusqu\u2019au sud de l\u2019Espagne, en passant par la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les c\u00f4tes actuellement alg\u00e9riennes et marocaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Thugga (actuelle Dougga) <sup>(2)<\/sup>, elle est reconnue par les historiens comme l\u2019une des premi\u00e8res capitales, foyer majeur du <a href=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2025\/07\/06\/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">royaume Massyle<\/a> au IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle av. J.-C. Elle est d\u00e9crite par Diodore de Sicile comme une <em>\u00abville d\u2019une belle grandeur\u00bb<\/em>, servant de r\u00e9sidence royale avant l\u2019unification des diff\u00e9rentes tribus. Cette dynastie \u00e9tait traditionnellement une alli\u00e9e de Carthage. Les rois Massyles participaient gr\u00e2ce \u00e0 ses cavaliers, r\u00e9put\u00e9s au combat, avec les troupes carthaginoises, notamment en Sicile ou en Espagne. Les textes des auteurs de l\u2019antiquit\u00e9 soulignent que des rois comme Zelalsen (grand-p\u00e8re de Massinissa) ou l&rsquo;anc\u00eatre Aylimas y avaient \u00e9tabli leur centre de pouvoir. Le roi Ga\u00efa, p\u00e8re de Massinissa, maintenait cette alliance \u00e9troite, envoyant m\u00eame son fils combattre aux c\u00f4t\u00e9s des Carthaginois en Espagne contre Rome. La cavalerie numide, consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019une des meilleures cavaleries l\u00e9g\u00e8res de l\u2019Antiquit\u00e9, reposait sur une organisation unique centr\u00e9e sur la mobilit\u00e9 extr\u00eame et une symbiose parfaite entre le cavalier et sa monture.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019influence carthaginoise \u00e0 Thugga \u00e9tait manifeste \u00e0 travers l\u2019architecture et les inscriptions. Le c\u00e9l\u00e8bre Mausol\u00e9e libyco-punique t\u00e9moigne de ce m\u00e9lange des cultures libyque et punique au sein de la noblesse massyle. Les Massyles occupaient la r\u00e9gion entre l\u2019Ampsaga (correspondant aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019Oued el-Kebir, dont le Rhummel est le principal affluent en Alg\u00e9rie actuelle) et les terres carthaginoises, avec pour capitale Sarim Batim (actuelle Constantine) qui \u00e9tait le nom donn\u00e9 \u00e0 la ville par les Carthaginois lorsqu\u2019ils y ont \u00e9tabli un comptoir commercial, bien avant qu\u2019elle ne devienne \u00e0 une certaine \u00e9poque la capitale de la Numidie.N\u00e9 \u00e0 Thugga, Massinissa servit d\u2019abord dans les rangs de l\u2019arm\u00e9e carthaginoise avant de s\u2019allier \u00e0 Rome en 206 av. J.-C. apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9vinc\u00e9 de son tr\u00f4ne par Syphax (roi des Mass\u00e6syles soutenu par Carthage). Sa victoire lui avait permis d\u2019unifier les deux royaumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le revirement de Massinissa a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des tournants majeurs de l\u2019histoire antique. Ce n\u2019\u00e9tait pas une d\u00e9fection soudaine, mais une d\u00e9cision strat\u00e9gique dict\u00e9e par la survie du royaume de ses anc\u00eatres mais aussi pour des motifs personnels.&nbsp;Plusieurs facteurs avaient pouss\u00e9 Massinissa \u00e0 abandonner l\u2019alliance carthaginoise pour rejoindre Scipion l\u2019Africain (Rome). \u00c0 la mort de son p\u00e8re Ga\u00efa, le tr\u00f4ne massyle \u00e9tait disput\u00e9 entre les h\u00e9ritiers. Les suff\u00e8tes de Carthage, au lieu de soutenir Massinissa (pourtant l\u2019un de leurs g\u00e9n\u00e9raux en Espagne), jou\u00e8rent double jeu pour garder le contr\u00f4le sur la Numidie.<\/p>\n\n\n\n<p>Massinissa \u00e9tait d\u2019abord fianc\u00e9 \u00e0 la belle Sophonisbe, fille du g\u00e9n\u00e9ral carthaginois Hasdrubal Gisco. Pour sceller une alliance politique plus <em>\u00abutile\u00bb<\/em>, Carthage la donna finalement en mariage \u00e0 son rival, Syphax (roi des Mass\u00e6syles). Humili\u00e9 et spoli\u00e9 de ses terres par Syphax avec l\u2019appui de Carthage, Massinissa rompit d\u00e9finitivement. En combattant en Espagne, il put observer de pr\u00e8s la puissance militaire de Rome. Il comprit que le vent tournait et que Rome \u00e9tait un alli\u00e9 plus solide pour r\u00e9aliser son ambition. Apr\u00e8s la guerre, il annexa les territoires de Syphax et unifia les tribus sous un seul sceptre, de la Moulouya jusqu\u2019aux fronti\u00e8res de Carthage. Il poursuivit la s\u00e9dentarisation des populations et d\u00e9veloppa l\u2019agriculture. Les quartiers <em>\u00abnumides\u00bb<\/em> \u00e0 Thugga, sous le forum romain, montrent que la ville \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une cit\u00e9 organis\u00e9e et prosp\u00e8re sous son r\u00e8gne.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la chute de Carthage en 146 av. J.-C., les Romains conserv\u00e8rent cette unit\u00e9 territoriale. Le nom <em>\u00abAfrica\u00bb<\/em> d\u00e9signait sp\u00e9cifiquement la Tunisie avant de s\u2019\u00e9tendre \u00e0 tout le continent. Situ\u00e9 au c\u0153ur de la M\u00e9diterran\u00e9e, le territoire constituait une entit\u00e9 historique qui contr\u00f4lait des contr\u00e9es s\u2019\u00e9tendant \u00e0 travers l\u2019Afrique du Nord et la M\u00e9diterran\u00e9e. Cela correspondait au nord et \u00e0 l\u2019est de la Tunisie actuelle, avant de s\u2019\u00e9tendre pour inclure l\u2019actuelle Tripolitaine (Libye) et une partie de l\u2019Est actuellement alg\u00e9rien (Constantinois).<\/p>\n\n\n\n<p>Massinissa \u00e9tait donc n\u00e9 \u00e0 Dougga (Thugga). Pour les historiens, c\u2019est un enfant du pays, \u00e0 savoir la Tunisie. Pourtant, quelques faussaires pr\u00e9tendent que Massinissa serait <em>\u00able p\u00e8re de l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien moderne\u00bb<\/em>, puisqu\u2019il avait unifi\u00e9 les tribus numides. Une statue lui a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e au c\u0153ur d\u2019Alger en 2021, ce qui a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme une tentative de <em>\u00abcaptation\u00bb<\/em> d\u2019une figure massyle, issue d\u2019une dynastie \u00e9tablie \u00e0 Thugga.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde <em>\u00abcaptation\u00bb<\/em> est celle de Saint Augustin qui \u00e9tait certes n\u00e9 \u00e0 Thagaste (Souk Ahras, en Alg\u00e9rie actuelle). Thagaste est situ\u00e9e \u00e0 environ 240 km de Carthage, mais elle faisait partie d\u2019une r\u00e9gion profond\u00e9ment <em>\u00abpunicis\u00e9e\u00bb<\/em>. Saint Augustin lui-m\u00eame, bien que citoyen romain de culture latine, se revendiquait fier de ses origines puniques. Car le punique \u00e9tait encore parl\u00e9 par les populations rurales autour de Thagaste au IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle apr. J.-C., soit plus de 500 ans apr\u00e8s la chute de Carthage.<\/p>\n\n\n\n<p>Augustin s\u2019\u00e9tait form\u00e9 intellectuellement \u00e0 Carthage, y avait enseign\u00e9 et avait pass\u00e9 une grande partie de sa vie dans la sph\u00e8re d\u2019influence carthaginoise. Il se d\u00e9finissait lui-m\u00eame comme un <em>\u00abfils de Carthage\u00bb<\/em> <sup>(3)<\/sup>, ce qui pousse les historiens tunisiens \u00e0 rappeler que son h\u00e9ritage philosophique et th\u00e9ologique appartient \u00e0 l\u2019\u00e9cole de pens\u00e9e de l\u2019actuelle Tunisie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, il se consid\u00e9rait comme un <em>\u00abAfricain\u00bb<\/em> au sens de la province d\u2019Africa (Tunisie), et non selon des fronti\u00e8res nationales n\u00e9es en 1962.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si ces grandes figures appartenaient \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les fronti\u00e8res actuelles n\u2019existaient pas formellement (la Numidie ou l\u2019Afrique proconsulaire), leur existence r\u00e9sulte d\u2019une culture et d\u2019une civilisation punique incarn\u00e9es par Carthage. Les transformer en <em>\u00abcitoyens\u00bb<\/em> d\u2019un pays parce qu\u2019ils auraient v\u00e9cu, \u00e0 un certain moment, dans des villes <em>\u00abrecouvr\u00e9es\u00bb<\/em> est une incongruit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques mythomanes inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s m\u00e8nent aujourd\u2019hui une politique active de <em>\u00abpatrimonialisation\u00bb<\/em> (colloques sur Massinissa, promotion du circuit de Saint Augustin) pour assoir une profondeur historique nationale qui fait d\u00e9faut dans le r\u00e9cit colonial.&nbsp;Il est indubitable que m\u00eame leurs concitoyens en Alg\u00e9rie, qui font preuve de discernement, ne peuvent que se dissocier de leurs supercheries. Saint Augustin et Massinissa ont agi dans un cadre g\u00e9ographique et politique dont Tunis-Carthage \u00e9tait le p\u00f4le majeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette territorialisation de l\u2019histoire, o\u00f9 un pays cherche par tous les moyens \u00e0 construire un r\u00e9cit national exclusif, est un anachronisme qui sert surtout des agendas politiques douteux. L\u2019objectif serait vraisemblablement de cr\u00e9er un lien fictif direct. Il y a une inexactitude g\u00e9ographique qui utilise les fronti\u00e8res actuelles, impos\u00e9es par le colonialisme, pour diviser des empires (Carthage, la Numidie, la Proconsulaire).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enseignement de l\u2019histoire devient un outil d\u00e9tourn\u00e9 de l\u00e9gitimation politique plut\u00f4t qu\u2019une discipline de recherche scientifique. Un exemple parmi d\u2019autres, le Haut-Commissariat \u00e0 l&rsquo;Amazighit\u00e9 en Alg\u00e9rie milite activement pour l\u2019unification de ces concepts dans les manuels afin de consacrer l\u2019image d\u2019un \u00c9tat numide pr\u00e9curseur de l\u2019Alg\u00e9rie\u00a0! Le d\u00e9bat sur l\u2019usurpation vient souvent du fait que les fronti\u00e8res d\u2019aujourd\u2019hui ne correspondent pas aux r\u00e9alit\u00e9s historiques durant des si\u00e8cles. Une grande partie du patrimoine <em>\u00abnumide\u00bb<\/em> ou <em>\u00abpunique\u00bb<\/em> est partag\u00e9e entre la Tunisie et ses voisins de l\u2019Est comme de l\u2019Ouest. Cependant, la Tunisie (l\u2019ancienne Ifriqiya) a toujours \u00e9t\u00e9 le centre n\u00e9vralgique, urbain et intellectuel de toute la r\u00e9gion.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Une mise au point sur la situation de toutes ces figures historiques et du patrimoine, permet de distinguer les faits historiques des dynamiques de <em>\u00abnationalisation\u00bb<\/em> de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept d\u2019Ifriqiya est un patrimoine centralis\u00e9 \u00e0 Tunis. Par contre historiquement, le terme<em> \u00abAlg\u00e9rie\u00bb<\/em> est une cr\u00e9ation administrative bien plus tardive, alors que le terme Ifriqiya (dont d\u00e9rive le nom Tunisie) d\u00e9signait un ensemble coh\u00e9rent incluant l\u2019Est alg\u00e9rien actuel et la Tripolitaine.&nbsp;Quant \u00e0 la controverse historique sur Cirta, j\u2019ai eu l\u2019occasion de l\u2019aborder amplement dans un article pr\u00e9c\u00e9dent (4).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce proc\u00e9d\u00e9 apocryphe appliqu\u00e9 \u00e0 la g\u00e9ographie et \u00e0 l\u2019histoire sert \u00e0 faire des raccourcis pour imposer une lecture biais\u00e9e. Cela s\u2019apparente \u00e0 de l\u2019instrumentalisation ou <em>\u00abm\u00e9susage\u00bb<\/em> de l\u2019histoire et de la g\u00e9ographie. Lorsqu\u2019on simplifie \u00e0 l\u2019extr\u00eame ou qu\u2019on manipule ces disciplines, l\u2019objectif est g\u00e9n\u00e9ralement de cr\u00e9er un r\u00e9citqui semble, de premier abord, indiscutable parce qu\u2019il s\u2019appuie sur des <em>\u00abfaits\u00bb<\/em> \u2014 m\u00eame si ces derniers sont sortis de leur contexte.<\/p>\n\n\n\n<p>On projette arbitrairement des concepts modernes (nations, fronti\u00e8res\u2026) sur des \u00e9poques anciennes o\u00f9 ils n\u2019existaient pas r\u00e9ellement sous ces formes. Le fait d\u2019utiliser des toponymes anciens ou sp\u00e9cifiques pour nier l\u2019identit\u00e9 actuelle d\u2019un lieu, en modifiant l\u00e9g\u00e8rement le curseur, on transforme une analyse complexe en un outil de triviale propagande.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les guerres puniques, Carthage fut reconstruite par Rome, devenant l\u2019une des provinces les plus prosp\u00e8res (Africa proconsulaire 146 av. J.-C. &#8211; 439 ap. J.-C.). Puis, elle a \u00e9t\u00e9 envahie par les Vandales, suivie de la reconqu\u00eate byzantine sous Justinien I<sup>er<\/sup> en 533. L\u2019ann\u00e9e 698 marqua un tournant d\u00e9finitif avec la fin de l\u2019influence byzantine en Afrique du Nord. La confrontation d\u00e9cisive opposa les arm\u00e9es du Hassan Ibn Numan, aux forces de l\u2019Exarchat de Carthage. Plut\u00f4t que de reconstruire Carthage, trop expos\u00e9e aux attaques maritimes de la flotte byzantine, Tunis fut choisie en tant que site plus prot\u00e9g\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En 705, Kairouan devint officiellement la capitale de l\u2019Ifriqiya et la base de rayonnement au Maghreb. Sous la dynastie Aghlabide (800\u2013909), la Tunisie connut une prosp\u00e9rit\u00e9 immense. On lan\u00e7a la conqu\u00eate de la Sicile, le pays devient une puissance maritime majeure. Kairouan dirigeait la Tunisie, l\u2019Est alg\u00e9rien, la Tripolitaine et avait m\u00eame conquis la Sicile et Malte. L\u2019Ifr\u00eeqiya proprement dite, comprenait les anciennes Proconsulaire (ou Zeugitane) et Byzac\u00e8ne, s\u00e9par\u00e9es depuis Diocl\u00e9tien, d\u2019autre part le Z\u00e2b (une province strat\u00e9gique entre le Sahara et la M\u00e9diterran\u00e9e, servant de carrefour commercial majeur). On rencontre \u00e9galement l\u2019expression d\u2019<em>\u00abIfr\u00eeqiya proprement dite\u00bb<\/em> chez H. R. Idris qui \u00e9crit : <em>\u00ab\u00c0 l\u2019Ifr\u00eeqiya proprement dite, ensemble de plaines o\u00f9 les communications sont faciles, rares les passages oblig\u00e9s et les massifs ferm\u00e9s, pays fortement organis\u00e9 autour de Kairouan, s\u2019oppose le Maghreb central, complexe de massifs montagneux, plus ou moins anarchiquement isol\u00e9s les uns des autres\u00bb<\/em> <sup>(5)<\/sup>. Il retrouve l\u00e0 une distinction strictement g\u00e9ographique, voire topographique, qui rejoint implicitement des consid\u00e9rations plus politiques (opposition entre l\u2019<em>\u00aborganisation\u00bb<\/em> autour de Kairouan et l\u2019<em>\u00abanarchie\u00bb<\/em> \u00e0 l\u2019ouest).<\/p>\n\n\n\n<p>En 909, une nouvelle dynastie s\u2019\u00e9tablit. L\u2019Empire Fatimide avait englob\u00e9 tout le Maghreb.&nbsp;Il fonda une nouvelle capitale sur la c\u00f4te, Mahdia, avec son port militaire fortifi\u00e9. Les Fatimides finirent par partir conqu\u00e9rir l\u2019\u00c9gypte pour y fonder Le Caire, laissant la Tunisie sous la gestion des Zirides. Lorsque ces derniers rompirent avec le Caire, le calife fatimide envoya les tribus b\u00e9douines des Banu Hilal et des Banu Salim pour punir l\u2019Ifriqiya. Avec les invasions hilaliennes (XI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle), c\u2019\u00e9tait un tournant dramatique. Ces invasions entrain\u00e8rent une d\u00e9sorganisation immense, notamment de l\u2019agriculture s\u00e9dentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Tunis devint la capitale de la Tunisie (Ifriqiya) en deux \u00e9tapes majeures : elle fut d\u2019abord promue sous les Almohades en 1159, puis son statut est d\u00e9finitivement scell\u00e9 sous la dynastie des Hafsides en 1228. Les Almohades (1121-1269) chassaient les Normands Tunisie (qui occupaient les c\u00f4tes) et unifiait le Maghreb. Au cours de cette p\u00e9riode la notion de territoire tunisien <em>\u00abcentral\u00bb<\/em> se cristallisa le mieux sous le nom d\u2019Ifriqiya. L\u2019empire almohade, affaibli militairement et id\u00e9ologiquement, se d\u00e9sagr\u00e9gea, perdant sa coh\u00e9sion sous le r\u00e8gne d\u2019Al-Ma\u2019moun (1227-1232). C\u2019est dans ce contexte de d\u00e9clin que la Tunisie s\u2019\u00e9mancipa de fait sous la tutelle de la dynastie hafside.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1229, les Hafsides rejettent l\u2019autorit\u00e9 des Almohades et deviennent ma\u00eetres de l\u2019Ifriqiya. L\u2019Empire Hafside (1229-1574) repr\u00e9senta l\u2019\u00e2ge d\u2019or de l\u2019\u00c9tat tunisien m\u00e9di\u00e9val. \u00c0 son apog\u00e9e, le royaume hafside de Tunis s\u2019\u00e9tendait de Bougie (B\u00e9ja\u00efa en Alg\u00e9rie actuelle) \u00e0 l\u2019ouest jusqu\u2019\u00e0 Tripoli \u00e0 l\u2019est. Tunis \u00e9tait alors la capitale culturelle et politique incontest\u00e9e du Maghreb central et oriental. C\u2019\u00e9tait sans doute la p\u00e9riode la plus stable et la plus riche de la Tunisie m\u00e9di\u00e9vale. Des liens commerciaux intenses se nou\u00e8rent avec les cit\u00e9s italiennes (Venise, G\u00eanes) et l\u2019Espagne. La capitale Tunis \u00e9tait devenue l\u2019une des cit\u00e9s les plus peupl\u00e9es et les plus riches, au rayonnement intellectuelreconnu. C\u2019est l\u2019\u00e9poque du grand historien et philosophe Ibn Khaldoun, p\u00e8re de la sociologie moderne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le pouvoir central de Tunis, la fronti\u00e8re incluait la province de Bougie, avec \u00e0 sa t\u00eate un gouverneur dot\u00e9 de comp\u00e9tences \u00e9largies. Les premiers souverains hafsides maintinrent un contr\u00f4le direct sur cette r\u00e9gion. D\u00e8s 1280 le sultan nomme son fils gouverneur de Bougie et de sa r\u00e9gion, avec une autonomie de commandement (<em>Ibar<\/em>, VI, p. 685, <em>Berb\u00e8res<\/em>, II, p. 384), reconnaissant la n\u00e9cessit\u00e9 de donner \u00e0 ce gouverneur les moyens de faire face \u00e0 la menace des Abdelwadides ou des M\u00e9rinides \u00e0 l\u2019ouest. Vers 1370, le sultan de Tunis nomma \u00e0 son tour \u00e0 Bougie son fils a\u00een\u00e9. Il lui c\u00e9da son autorit\u00e9 sur les imp\u00f4ts et sur l\u2019arm\u00e9e<em> (Ibar<\/em>, VI, p. 88, <em>Berb\u00e8res<\/em>, III, p. 88.), lui donna <em>\u00able commandement absolu <\/em>[de sa ville et de sa province] <em>et la permission de prendre le titre, le c\u00e9r\u00e9monial et les insignes de la royaut\u00e9\u00bb<\/em> (<em>Ibar<\/em>, VI, p. 876, <em>Berb\u00e8res<\/em>, III, p. 90.). Ces pr\u00e9rogatives exceptionnelles ne sont pas sans risque. On conna\u00eet le passage de la <em>Muqaddima <\/em>dans lequel Ibn Khald\u00fbn explique que <em>\u00abtoute dynastie est plus forte \u00e0 son centre qu\u2019\u00e0 ses fronti\u00e8res\u00bb,<\/em> o\u00f9 se manifeste souvent en premier la perte de vitalit\u00e9 de la dynastie <sup>(6)<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation provoqua en effet, \u00e0 plusieurs reprises, des s\u00e9cessions par rapport \u00e0 Tunis. N\u00e9anmoins ces derni\u00e8res \u00e9taient davantage motiv\u00e9es par les pr\u00e9tentions des \u00e9mirs de Bougie au sultanat que par une r\u00e9elle volont\u00e9 d\u2019ind\u00e9pendance, donc par un sentiment centrifuge. Lorsque le sultan Ab\u00fb Zakariy\u00e2\u2019 (1228-1249) confie \u00e0 son fils et h\u00e9ritier Ab\u00fb Zakariy\u00e2\u2019 Yahy\u00e2 le gouvernement de Bougie, il \u00e9tend la domination de ce dernier \u00e0 l\u2019ensemble des anciens territoires hammadides, avec des villes comme Alger, Constantine, B\u00f4ne, et le territoire du Z\u00e2b : <em>\u00abil donna \u00e0 son fils le gouvernement de la marche de Bougie, capitale du royaume des Ban\u00fb Hamm\u00e2d et lui confia l\u2019administration de l\u2019ensemble de sa r\u00e9gion\u00bb<\/em> (<em>Ibar<\/em>, VI, p. 619, <em>Berb\u00e8res<\/em>, II, p. 329).<\/p>\n\n\n\n<p>Ibn Khald\u00fbn d\u00e9finit donc ce territoire fronti\u00e8re avant tout par un ensemble de villes domin\u00e9es par Bougie, avec leurs arri\u00e8re-pays. L\u2019all\u00e9geance de ces villes envers le pouvoir central se manifeste par l\u2019acceptation des gouverneurs envoy\u00e9s par le souverain et par la <em>bay\u2018a<\/em> prononc\u00e9e au moment de l\u2019accession au tr\u00f4ne de ce dernier, renouvel\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement par la <em>khutba <\/em>prononc\u00e9e en son nom.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9limitation du territoire de cette marche occidentale repose donc sur une autre unit\u00e9 de base, la tribu. Mais il serait erron\u00e9 de consid\u00e9rer ces tribus d\u2019un point de vue purement ethnique, sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019espace<sup>(7)<\/sup>. Outre le fait que certaines de ces tribus sont s\u00e9dentaires, le nomadisme n\u2019exclut nullement la conscience d\u2019un territoire tribal articul\u00e9 autour de points d\u2019eau et de zones de p\u00e2turages, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel se font les d\u00e9placements saisonniers. Il n\u2019exclut pas plus le fait que ce territoire soit per\u00e7u comme faisant partie de l\u2019espace de souverainet\u00e9 d\u2019un pouvoir d\u2019\u00c9tat auquel la tribu faisait all\u00e9geance <sup>(8)<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit de relever un fait authentifi\u00e9, sous les Aghlabides, les Fatimides puis l\u2019\u00c9tat Hafside qui s\u2019\u00e9tendait sur l\u2019Ifriqiya, ce qui signifie que la Tunisie englobait des territoires allant de Bougie (B\u00e9ja\u00efa) jusqu\u2019aux environs de Tripoli, et incluait des zones de la Grande Kabylie notamment Alger et contr\u00f4lant des territoires jusqu\u2019\u00e0 la Grande Syrte (1228 \u00e0 1574). Le pays avait maintenu une autonomie politique forte, centr\u00e9e sur Mahdia, Kairouan puis Tunis.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2- Alerte, face aux tentatives d&rsquo;expropriation m\u00e9morielle<\/h2>\n\n\n\n<p>En 1574, la Tunisie fut appari\u00e9e \u00e0 l\u2019Empire Ottoman, avant d\u2019acqu\u00e9rir une autonomie relative \u00e0 partir de 1705. Le r\u00e8gne de Hammouda Pacha (1782-1814) marqua l\u2019apog\u00e9e de la dynastie husseinite en Tunisie. Son autorit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e par plusieurs conflits arm\u00e9s contre la R\u00e9gence d\u2019Alger, o\u00f9 Mustapha Pacha a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 et les chroniques mentionnent Ahmed II Pacha comme successeur, une p\u00e9riode marqu\u00e9e par de forte agitation et de successions rapides. La milice des janissaires jouait un r\u00f4le pr\u00e9dominant dans la destitution ou l\u2019assassinat des deys d\u2019Alger, rendant le pouvoir instable.<\/p>\n\n\n\n<p>Cherchant \u00e0 mettre fin au tribut vers\u00e9 \u00e0 Alger, Hammouda Pacha fit r\u00e9parer les remparts de la M\u00e9dina de Tunis, de la Kasbah, et fit construire de nouvelles casernes comme celle d\u2019El Attarine. Il d\u00e9clara la guerre au Dey d\u2019Alger en 1807. Le conflit culmina lors de la bataille de Constantine, o\u00f9 les troupes d\u2019Alger subirent une d\u00e9faite d\u00e9cisive. La victoire la plus embl\u00e9matique contre les Alg\u00e9riens (ou plut\u00f4t Alg\u00e9rois) a \u00e9t\u00e9 celle de juillet 1807. Le vizir Youssouf Saheb Ettaba\u00e2 intercepta l\u2019arm\u00e9e alg\u00e9rienne \u00e0 l\u2019Oued Sarrat et l\u2019\u00e9crasa, l\u2019obligeant \u00e0 fuir et \u00e0 abandonner son artillerie. Cette victoire permit \u00e0 la Tunisie de ne plus payer le tribut annuel \u00e0 Alger. Une seconde guerre \u00e9clata en 1813. Les d\u00e9fenses tunisiennes ont tenu bon. Les troupes alg\u00e9riennes ont tent\u00e9 de p\u00e9n\u00e9trer en Tunisie mais ont \u00e9t\u00e9 maintenues \u00e0 la fronti\u00e8re. Le conflit s\u2019est achev\u00e9 par un trait\u00e9 en d\u00e9cembre 1813, sign\u00e9 par le Dey Hadj Ali d\u2019Alger et le Bey Hammouda Pacha de Tunis.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les Husseinites, la Tunisie avait agi comme un \u00c9tat quasi ind\u00e9pendant du pouvoir ottoman, avec ses propres trait\u00e9s internationaux et son premier texte constitutionnel en 1861 (le premier de la sph\u00e8re proche orientale).&nbsp;Il est document\u00e9 que cette qu\u00eate d\u2019autonomie s\u2019est manifest\u00e9e par des actions symboliques, les navires tunisiens utilisaient leur propre pavillon et refusaient de se conformer strictement \u00e0 l\u2019usage des fanions ottomans, surtout lors de la p\u00e9riode d\u2019autonomie croissante sous Ahmed Bey I (1837-1855). Mais, avec la signature du Trait\u00e9 du Bardo en 1881, la Tunisie fut plac\u00e9e sous domination fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers ce rapide p\u00e9riple historique, il a \u00e9t\u00e9 possible de constater que, depuis l\u2019antiquit\u00e9 et durant des si\u00e8cles, le pouvoir central sur une vaste superficie \u00e9tait bas\u00e9 \u00e0 Carthage-Dougga, Le Kef, Kairouan, Mahdia puis \u00e0 Tunis. Par cons\u00e9quent, son autorit\u00e9 se d\u00e9ployait sur des espaces territoriaux plus vaste que ceux de la Tunisie actuelle, aussi bien \u00e0 l\u2019Est qu\u2019\u00e0 l\u2019Ouest. Des villes comme Annaba (Hippone) ou Constantine \u00e9taient administrativement et culturellement rattach\u00e9es \u00e0 la mouvance tunisienne. Cette ant\u00e9riorit\u00e9 historique explique pourquoi de nombreux Tunisiens per\u00e7oivent les digressions actuelles comme une tromperie et une forme d\u2019expropriation m\u00e9morielle.&nbsp;D\u00e8s la fin du Moyen Age, le discours comme la pratique montrent l\u2019\u00e9mergence d\u2019une appr\u00e9hension politique de l\u2019espace, qui se d\u00e9veloppe \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne et contemporaine. La marche de Bougie \u00e0 l\u2019\u00e9poque hafside en offre un bon exemple <sup>(9)<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, de nombreux Tunisiens rel\u00e8vent avec \u00e9tonnement la diffusion de contrev\u00e9rit\u00e9s instill\u00e9es notamment sur les r\u00e9seaux sociaux, traduisant des tentatives de captation du patrimoine tunisien par certains individus qui manquent de tact et souffrent d\u2019une carence \u00e9ducative. Cette posture fourbe touche au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 nationale et de la l\u00e9gitimit\u00e9 historique, elle repr\u00e9sente une tentative de r\u00e9appropriation patrimoniale. Ajoutant \u00e0 ces divagations, les propos d\u2019un ancien parlementaire alg\u00e9rien et expert \u00e9conomique, du nom de Houari Tigharsi, qui ont suscit\u00e9 une vive controverse. En juillet 2022 <sup>(10)<\/sup>, lors d\u2019une intervention t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, ce quidam a qualifi\u00e9 la Tunisie de <em>\u00abwilaya\u00bb<\/em> (province ou gouvernorat) de l\u2019Alg\u00e9rie, dans une interview accord\u00e9e \u00e0 la cha\u00eene <em>Sky News Arabia<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que ces propos n\u2019engagent pas -heureusement- l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien, ils ont provoqu\u00e9 une vague d\u2019indignation et ont \u00e9t\u00e9 largement relay\u00e9s par des m\u00e9dias comme une \u00e9bauche de vell\u00e9it\u00e9s h\u00e9g\u00e9moniques. Certains observateurs notent que ce type de discours (qualifier la Tunisie de <em>\u00abwilaya\u00bb<\/em>) circule parfois dans des cercles proches du pouvoir des voisins de l\u2019Ouest sans \u00eatre ouvertement approuv\u00e9, ce qui contribue \u00e0 alimenter les critiques sur une volont\u00e9 d\u2019h\u00e9g\u00e9monie r\u00e9gionale qui avancerait \u00e0 pas de loup. Cette <em>\u00abmaladresse\u00bb<\/em> n\u2019est pas un hasard. Elle r\u00e9pondrait \u00e0 un besoin int\u00e9rioris\u00e9 de forger une identit\u00e9 nationale (sur le dos des autres) dans une profondeur historique mythique d\u00e9passant l\u2019\u00e8re coloniale. Surtout, il n\u2019y a pas eu de d\u00e9nonciation officielle sp\u00e9cifique du gouvernement alg\u00e9rien concernant ces propos, alors qu\u2019ils avaient provoqu\u00e9 une vive indignation en Tunisie, les autorit\u00e9s n\u2019ont pas \u00e9mis de condamnation publique directe \u00e0 propos de ses d\u00e9clarations.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de ce personnage, la m\u00eame expression est parfois utilis\u00e9e de mani\u00e8re condescendante dans certains d\u00e9bats m\u00e9diatiques alg\u00e9riens. En mai 2023, l\u2019ambassadeur d\u2019Alg\u00e9rie en Italie avait d\u00e9clar\u00e9 que Rome et Alger s\u2019entendaient pour <em>\u00abpr\u00e9server la stabilit\u00e9 de la Tunisie\u00bb<\/em>, une phrase per\u00e7ue \u00e0 Tunis comme une forme d\u2019ing\u00e9rence (D\u2019aucuns diront&nbsp;: de quoi je me m\u00eale).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence de justifications est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui alimente r\u00e9guli\u00e8rement la ranc\u0153ur d\u2019une partie importante de l\u2019opinion tunisienne, qui n\u2019y voit non pas un d\u00e9rapage isol\u00e9, mais le reflet d\u2019une certaine perception condescendante persistante.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ancien diplomate Elyes Kasri <sup>(11)<\/sup> a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des voix les plus critiques, alertant sur ce qu\u2019il per\u00e7oit comme une <em>\u00abd\u00e9rive\u00bb<\/em>, certains observateurs allant jusqu\u2019\u00e0 \u00e9voquer ironiquement une transformation en <em>\u00ab70<sup>e<\/sup> wilaya alg\u00e9rienne\u00bb<\/em>. Il a r\u00e9cemment remis sur le tapis la question des territoires frontaliers (environ 20 000 km\u00b2) qui ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, per\u00e7us par certains Tunisiens comme une spoliation historique.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette perception d\u2019une <em>\u00abmain basse\u00bb<\/em> sur le patrimoine tunisien alimente effectivement de vifs d\u00e9bats, o\u00f9 la question de l\u2019appropriation culturelle est devenue un sujet de tension r\u00e9current.<\/p>\n\n\n\n<p>Le conflit le plus embl\u00e9matique concerne la zone saharienne et la c\u00e9l\u00e8bre Borne 233 (Garet El Hamel).&nbsp;La Tunisie revendiquait une bande de territoire au sud-ouest, s\u2019\u00e9tendant de la borne 222 (Fort Saint) jusqu\u2019\u00e0 la borne 233. Ce territoire, riche en ressources p\u00e9troli\u00e8res (gisement d\u2019Edjel\u00e9), aurait permis \u00e0 la Tunisie d\u2019\u00e9tendre sa souverainet\u00e9 sur environ 20 000 km\u00b2. En plein conflit de Bizerte (1961), le pr\u00e9sident Habib Bourguiba a tent\u00e9 de mat\u00e9rialiser cette souverainet\u00e9 en envoyant un commando planter le drapeau tunisien sur la borne 233. Un affrontement arm\u00e9 avec les troupes fran\u00e7aises stationn\u00e9es sur place fit 13 morts c\u00f4t\u00e9 tunisien.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a lieu de souligner que la fronti\u00e8re tuniso-alg\u00e9rienne a \u00e9t\u00e9 historiquement une zone complexe, avec des barrages \u00e9rig\u00e9s pendant la guerre d\u2019Alg\u00e9rie et des conflits territoriaux pass\u00e9s (1628, 1807). Les fronti\u00e8res actuelles sont en partie le r\u00e9sultat de n\u00e9gociations laborieuses, notamment le trait\u00e9 de 1628 entre la R\u00e9gence ind\u00e9pendante de Tunis et la R\u00e9gence du Dey d\u2019Alger, qui est rest\u00e9 la base jusqu\u2019\u00e0 ce que les autorit\u00e9s militaires fran\u00e7aises en Alg\u00e9rie ne le remettent en cause en 1845.&nbsp;Les fronti\u00e8res modernes commencent \u00e0 se dessiner, souvent au prix de conflits avec la R\u00e9gence d\u2019Alger \u00e0 l\u2019ouest (appel\u00e9 trait\u00e9 d\u2019Es-Settara), qui mit fin \u00e0 la guerre et confirma la fixation de l\u2019Oued Serrat comme fronti\u00e8re ouest. Les trait\u00e9s successifs ont fini par fixer les limites que nous connaissons aujourd\u2019hui, bien que les tribus frontali\u00e8res aient longtemps circul\u00e9 librement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019examen des documents cartographiques coloniaux r\u00e9v\u00e8le que le trac\u00e9 des fronti\u00e8res actuelles est le produit d\u2019une s\u00e9rie de conventions et de d\u00e9cisions administratives fran\u00e7aises qui ont syst\u00e9matiquement favoris\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie (alors consid\u00e9r\u00e9e comme un prolongement de la m\u00e9tropole) au d\u00e9triment de la R\u00e9gence de Tunis.&nbsp;La Convention de 1901: un proc\u00e8s-verbal entre le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Alg\u00e9rie et le r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral de France en Tunisie amorce le d\u00e9tachement de portions territoriales au profit de l\u2019administration alg\u00e9rienne.<\/p>\n\n\n\n<p>La Convention de Tripoli (1910)sign\u00e9e entre le Bey de Tunis et l\u2019Empire Ottoman (pour la Tripolitaine), d\u00e9limite la fronti\u00e8re sud. Bien qu\u2019elle reconnaisse la borne 233 <sup>(12)<\/sup> (Garet El Hamel) comme point ultime du territoire tunisien, la France refusa par la suite d\u2019appliquer strictement ce trac\u00e9 pour conserver le contr\u00f4le sur des zones qu\u2019elle consid\u00e9rait comme strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le grignotage du Sahara s\u2019est effectu\u00e9 \u00e0 travers les conventions successives en 1910 et 1929 qui ont ent\u00e9rin\u00e9 un<em> \u00abd\u00e9coupage imaginaire\u00bb<\/em>. Avant que la France et l\u2019Italie ne figent les fronti\u00e8res par des trait\u00e9s (comme celui de 1910 avec la Libye), les tribus et populations (comme les Werghemma) \u00e9voluaient dans un espace fluide, d\u00e9fiant les tentatives coloniales de fixer des limites territoriales strictes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est clairement \u00e9tabli que la France privil\u00e9gia l\u2019unit\u00e9 administrative de son<em> \u00abd\u00e9partement alg\u00e9rien\u00bb<\/em>, annexant de facto des zones de parcours de tribus tunisiennes (comme les Frachich) pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 des colons en Alg\u00e9rie.&nbsp;Le contentieux majeur portait donc sur une \u00e9tendue de pr\u00e8s de 20 000 km\u00b2 (soit la superficie d\u2019un pays comme la Slov\u00e9nie) situ\u00e9e au sud.&nbsp;Ce territoire englobe des zones riches comme El Borma, Ouargla et Berkine, piliers de l\u2019actuelle puissance p\u00e9tro-gazi\u00e8re alg\u00e9rienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la Borne 233, elle demeure le symbole de la spoliation. La France avait juridiquement reconnu son appartenance \u00e0 la Tunisie, mais a maintenu une ambigu\u00eft\u00e9 pour prot\u00e9ger le triangle strat\u00e9gique Bir Romane &#8211; Borne 233 &#8211; Fort Saint.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accord de 1964, lors de la conf\u00e9rence du Caire, repr\u00e9sentait un arrangement entre Habib Bourguiba et Ahmed Ben Bella. Il pr\u00e9voyait la restitution de ces 20 000 km\u00b2 \u00e0 la Tunisie. Apr\u00e8s la chute de Ben Bella en 1965, le nouveau pouvoir alg\u00e9rien (Boumediene) a refus\u00e9 d\u2019honorer cet accord, s\u2019appuyant astucieusement sur le principe de l\u2019OUA concernant <em>\u00abl\u2019intangibilit\u00e9 des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es du colonialisme\u00bb<\/em> pour sanctuariser ces gains territoriaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces documents montrent que la cartographie n\u2019\u00e9tait pas un simple relev\u00e9 g\u00e9ographique, mais un outil de gestion des conflits et d\u2019expansion coloniale, transformant des limites de parcours tribaux en fronti\u00e8res d\u2019\u00c9tat rigides au profit de l\u2019entit\u00e9 la plus <em>\u00abfran\u00e7aise\u00bb<\/em> du Maghreb \u00e0 l\u2019\u00e9poque.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut que constater que la Tunisie a d\u00fb faire face \u00e0 des tensions territoriales significatives avec ses voisins, principalement li\u00e9es au legs de l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise qui avait favoris\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie (consid\u00e9r\u00e9e comme un prolongement de la m\u00e9tropole) au d\u00e9triment de la Tunisie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, le pouvoir tunisien abandonna ses revendications pour pr\u00e9server la paix, par des accords successifs : celui de 1970 sur le trac\u00e9 sud (Bir Romane &#8211; Fort Saint)&nbsp;et celui de 1983 sur le trac\u00e9 nord (M\u00e9diterran\u00e9e &#8211; Bir Romane).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de toutes ces p\u00e9rip\u00e9ties, Tunisiens et Alg\u00e9riens dans leur ensemble partagent des liens profonds et sont pour une coexistence pacifique. Car la proximit\u00e9 n\u2019est pas seulement g\u00e9ographique, elle est humaine. Les familles transfrontali\u00e8res, les mariages mixtes et l\u2019histoire commune de la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance cr\u00e9ent un sentiment d\u2019appartenance commune qui d\u00e9passe les discours politiques ou les pol\u00e9miques de r\u00e9seaux sociaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les populations des deux pays aspirent avant tout \u00e0 la paix, au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et \u00e0 la libre circulation sans arri\u00e8re-pens\u00e9es h\u00e9g\u00e9moniques. La coexistence paisible est per\u00e7ue comme la seule voie viable pour la prosp\u00e9rit\u00e9 r\u00e9gionale dans un monde de plus en plus instable.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, ces <em>\u00abfauteurs de troubles\u00bb<\/em> qui cherchent \u00e0 semer la discorde, b\u00e9n\u00e9ficient souvent d\u2019une visibilit\u00e9 disproportionn\u00e9e sur internet, mais ils ne repr\u00e9sentent pas la volont\u00e9 des millions de Tunisiens et d\u2019Alg\u00e9riens qui cultivent le respect et l\u2019amiti\u00e9 au quotidien. Cette notion grotesque de <em>\u00abgrand fr\u00e8re\u00bb<\/em> est souvent per\u00e7ue comme paternaliste et ne correspond pas aux aspirations des soci\u00e9t\u00e9s modernes qui privil\u00e9gient le partenariat et l\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une logique de respect mutuel est essentielle pour plusieurs raisons. Chaque nation a son propre parcours, ses d\u00e9fis et sa souverainet\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger. Le respect de ces sp\u00e9cificit\u00e9s est la base de toute relation saine et durable, c\u2019est le meilleur rempart contre les malentendus. En se traitant d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal, la coop\u00e9ration devient plus efficace. Il ne s\u2019agit pas de <em>\u00abdonner des le\u00e7ons\u00bb<\/em>, mais de partager des solutions. Les termes de sup\u00e9riorit\u00e9 ou les tentatives d\u2019ing\u00e9rence sont souvent ceux qui alimentent les r\u00e9actions de rejet. Toute tentative per\u00e7ue comme h\u00e9g\u00e9monique risque de compromettre les relations en brisant la confiance et en cr\u00e9ant un d\u00e9s\u00e9quilibre qui g\u00e9n\u00e8re in\u00e9vitablement r\u00e9sistance et conflits. Ce qui cr\u00e9e un terrain propice aux blocages de communication, nuisant \u00e0 la relation sur le long terme.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, la force de la relation entre deux \u00c9tats souverains et ses citoyens r\u00e9side dans cette capacit\u00e9 \u00e0 se consid\u00e9rer comme des partenaires strat\u00e9giques, sans qu&rsquo;une tutelle morale ou politique ne vienne entacher cette amiti\u00e9. \u00c0 bon entendeur, salut&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>* Ecrivain.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Notes&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>1- Lucien Febvre, \u201cFronti\u00e8res : le mot et la notion\u201d, Bulletin du Centre International de Synth\u00e8se, XLV, 1928, repris dans Pour une histoire \u00e0 enti\u00e8re, Paris, 1962, p. 17-18.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>2- Dougga (Thugga). \u00c9tudes \u00e9pigraphiques<strong> &#8211; <\/strong>Sous la direction de Mustapha Khanoussi et Louis Maurin, Ausonius \u00c9ditions,1997, 278 pages.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>3- Saint Augustin, numide universel, La Vie, 16\/04\/2026.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>4- Carthage, la Tunisienne (1-2), Nos anc\u00eatres les Massyles, Kapitalis, 5 et 6 juillet 2025.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>5<\/em>&#8211; <em>Hady-Roger Idris, La Berb\u00e9rie orientale sous les Zirides, X<sup>\u00e8me<\/sup>-XII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, Paris, 1962, p. 409.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>6- Ibn Khald\u00fbn, Discours sur l\u2019Histoire universelle. Al-Muqaddima, trad. Vincent Monteil, Paris, 1967-8, p. 318.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>7- Voir notamment les r\u00e9flexions de Laroussi Amri, et sa critique des th\u00e8ses d\u2019\u00c9.-F. Gautier, Pour une sociologie 8 &#8211; des ruptures. La tribu au Maghreb m\u00e9di\u00e9val, Tunis, 1997, p. 189 sqq.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>8- Sur ce rapport entre all\u00e9geance et territoire, voir notamment Vincent Geisser, Rapport pr\u00e9liminaire \u00e0 l\u2019atelier \u00abformes d\u2019all\u00e9geances et territorialisation\u00bb, Villes et territoires au Maghreb, op.cit., p. 115-117.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>9 &#8211; Cf. Dominique Val\u00e9rian, Bougie, port maghr\u00e9bin \u00e0 la fin du Moyen Age, th\u00e8se d\u2019universit\u00e9, Universit\u00e9 Paris I, d\u00e9cembre 2000.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>10- Tunisie num\u00e9rique, 18 juillet 2022.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>11 &#8211;<\/em> <a href=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2025\/07\/05\/carthage-la-tunisienne-1-2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Carthage Tunisienne<\/a>, <em>Kapitalis, 2 nov. 2025.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>12- Ben Salem, Mohamed M\u00e9moire DES de Droit Public : l&rsquo;affaire de la borne 233<\/em>&#8211;<em>Facult\u00e9 Droit de Tunis-1971-1972.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"fmsJcYGVfb\"><a href=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2025\/07\/06\/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2\/\">Carthage, la \u00abTunisienne\u00bb | Nos anc\u00eatres les Massyles (2-2)<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0Carthage, la \u00abTunisienne\u00bb | Nos anc\u00eatres les Massyles (2-2)\u00a0\u00bb &#8212; Kapitalis\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2025\/07\/06\/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2\/embed\/#?secret=xdeOCO7syZ#?secret=fmsJcYGVfb\" data-secret=\"fmsJcYGVfb\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Tunisie (l\u2019ancienne Ifriqiya) a toujours \u00e9t\u00e9 le centre n\u00e9vralgique, urbain et intellectuel de toute la r\u00e9gion du Maghreb.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":18663490,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[992,997,1000,2433],"tags":[104274,64,1234,2358,79731,118403,79048,544,127925,117155,62643],"class_list":["post-18663318","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-politique","category-tribune","category-tunisie","tag-ahmed-ben-bella","tag-algerie","tag-carthage","tag-habib-bourguiba","tag-hafsides","tag-houari-boumediene-2","tag-ifriqiya","tag-libye","tag-numides","tag-ridha-ben-slama","tag-tunisie"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.6 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Non \u00e0 la captation du patrimoine de la Tunisie\u00a0! 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