{"id":1950516,"date":"2022-07-04T07:41:17","date_gmt":"2022-07-04T06:41:17","guid":{"rendered":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?p=1950516"},"modified":"2022-07-04T07:41:18","modified_gmt":"2022-07-04T06:41:18","slug":"bourguiba-et-autres-choses-de-aicha-filali-a-quoi-bon-des-poetes-en-temps-de-detresse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2022\/07\/04\/bourguiba-et-autres-choses-de-aicha-filali-a-quoi-bon-des-poetes-en-temps-de-detresse\/","title":{"rendered":"\u00abBourguiba et autres choses\u00bb de Aicha\u00a0 Filali\u00a0: \u00a0\u00e0 quoi bon des po\u00e8tes en temps de d\u00e9tresse\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>L&rsquo;exposition \u00abTunisie, Bourguiba et autres choses : m\u00e9moire en raccourci\u00bb de l&rsquo;artiste Aicha Filali, qui se tient \u00e0 la galerie Elmarsa (14 mai &#8211; 8 juillet 2022) nous int\u00e9resse au plus haut point quant au contexte actuel en p\u00e9riode de stasis.\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par <strong>Faouzi Said Ben Amor<\/strong> *<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"200\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Faouzi-Said-Ben-Amor.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1950580\" srcset=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Faouzi-Said-Ben-Amor.jpg 200w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Faouzi-Said-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Faouzi-Said-Ben-Amor-120x120.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Nous ne pouvons comprendre cette \u00e9vocation laudative et d&rsquo;apparence nostalgique mais \u00f4 combien critique sans les \u00e9v\u00e9nements douloureux et pesants en notre temps de d\u00e9tresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Aicha Filali a ce courage de se lancer dans un d\u00e9fi quand on sait le risque et le danger de solliciter la m\u00e9moire. Sur un fil de rasoir, avec l&rsquo;humour et l&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaires saurait-elle affronter, non seulement les d\u00e9mons actuels, et r\u00e9veiller les monstres d&rsquo;une \u00e9poque pourtant idyllique et dor\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce programme, op\u00e9rant \u00e0 partir d&rsquo;archives o\u00f9 les objets et les choses, les mots et les images sont activ\u00e9s par un effort inou\u00ef d&rsquo;une m\u00e9moire active, invitant un regard p\u00e9n\u00e9trant, une tr\u00e8s fine sensibilit\u00e9 et une imagination active. S&rsquo;agissant d&rsquo;un dispositif, comment l&rsquo;artiste Aicha Filali arrive \u00e0 avoir la capacit\u00e9 de capturer, d&rsquo;orienter, de d\u00e9terminer, de contr\u00f4ler, de remodeler nos regards,\u00a0 et de nous proposer des conduites, des postures et des gestes lib\u00e9rateurs\u00a0?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"500\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bonne-annee-a-tous-avec-un-espoir-tenu.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1950553\" srcset=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bonne-annee-a-tous-avec-un-espoir-tenu.jpg 600w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bonne-annee-a-tous-avec-un-espoir-tenu-300x250.jpg 300w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bonne-annee-a-tous-avec-un-espoir-tenu-580x483.jpg 580w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00abBonne ann\u00e9e \u00e0 tous avec un espoir aussi tenace\u00bb\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a dans cette image tir\u00e9e de la page facebook de l&rsquo;artiste un je ne sais quoi de myst\u00e9rieux et d&rsquo;\u00e9nigmatique. Elle est \u00e0 la fois un constat, un appel, et un v\u0153u, son intitul\u00e9 <em>\u00abBonne ann\u00e9e \u00e0 tous avec un espoir aussi tenace\u00bb,<\/em> tenace effectivement, tel est le mot qui la r\u00e9sume et la subsume.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette image est la quintessence d&rsquo;une sensibilit\u00e9 et d&rsquo;une pens\u00e9e que l&rsquo;artiste adresse \u00e0 notre intelligence.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;image est pourtant simple mais si puissante dans ses effets. Un mur, une porte de garage, et qui nous met dans une voie de &nbsp;garage, cette porte si fragile se dresse encore, sa verticalit\u00e9 menac\u00e9e est sauv\u00e9e par une fragile et minuscule fleur des&nbsp; champs, feu la cendre, tel est le message et le signe d&rsquo;espoir qu&rsquo;elle nous adresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette image pr\u00e9monitoire et r\u00e9quisitoire signale la d\u00e9tresse que nous traversons pour notre \u00e9poque et celle non moins d\u00e9senchant\u00e9e qui&nbsp; la pr\u00e9c\u00e8de.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce point rouge va se dilater dans la m\u00e9moire <em>\u00abbourguibienne\u00bb<\/em>&nbsp; pour nous raconter la gen\u00e8se de la stasis qui s&rsquo;est diffus\u00e9e dans le corps social et les institutions, enchantement, d\u00e9s\u0153uvrement, d\u00e9saccord total et dissolution, telles sont les \u00e9tapes d&rsquo;intoxication par les actes et les discours; si les r\u00e9miniscences du&nbsp; pass\u00e9 sont r\u00e9jouissantes arriveraient-elles \u00e0 nous faire surmonter les d\u00e9boires du pr\u00e9sent&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Humour, d\u00e9rision et travail de la m\u00e9moire active<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette porte de garage qui se maintient et continue \u00e0 se dresser contre les intemp\u00e9ries dit assez le courage et la r\u00e9sistance de l&rsquo;artiste, le travail sur la m\u00e9moire n&rsquo;est pas une d\u00e9lectation ou un confort mais une exigence qui demande un effort insoutenable, un sacrifice et un don&nbsp; de soi au p\u00e9ril de r\u00e9veiller frustrations, douleurs et d\u00e9sirs inassouvis.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers cet effort de m\u00e9moire l&rsquo;artiste semble dresser un bilan de la&nbsp; stasis qui puise en des origines lointaines et dont les retomb\u00e9es marquent encore notre pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>En puisant dans les \u00e9v\u00e9nements, l&rsquo;artiste prend la distance n\u00e9cessaire pour&nbsp; nous adresser des clins d&rsquo;\u0153il furtifs, non pour nous engager, mais pour nous mettre en situation, \u00e9branler notre regard, notre comportement et notre passivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la plasticit\u00e9 des images, il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une micropolitique et non d&rsquo;une politique dans le sens o\u00f9 ce qui est vis\u00e9 est le d\u00e9montage des \u00e9quipements du&nbsp; pouvoir dans ce qu&rsquo;ils ont de plus pernicieux pour modeler notre psych\u00e9 et nos corps jusqu&rsquo;au plus profond de notre chair.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la d\u00e9marche de Aicha Filali, il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une suite d\u2019images paradoxales, tourn\u00e9es en m\u00eame temps vers le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, qui&nbsp; d\u00e9clinent plusieurs facettes dont il faut relier les codes et les signes, c&rsquo;est ce dont l&rsquo;artiste exploite les possibilit\u00e9s, introduisant une \u00e9trang\u00e9it\u00e9 et une fine po\u00e9sie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;agissant de m\u00e9moire, le propre du travail artistique est d&rsquo;\u00eatre doubl\u00e9 d&rsquo;un travail mn\u00e9monique, o\u00f9 il s&rsquo;agit de faire le tri dans les archives&nbsp; des images pl\u00e9thoriques et les arranger de la mani\u00e8re dont elles agissent sur notre sensibilit\u00e9 et sollicitent notre intelligence.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;artiste telle Mn\u00e9mosyne est somm\u00e9e de r\u00e9inventer les mots et le langage, sauver de l&rsquo;oubli les traces et donner un nom \u00e0 chaque chose.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cr\u00e9er en temps de d\u00e9tresse\u00a0<\/h2>\n\n\n\n<p>Regardant l&rsquo;\u0153uvre de Aicha\u00a0 Filali<strong>, <\/strong>la question de H\u00f6lderlin : <em>\u00ab\u00c0 quoi bon des po\u00e8tes en temps de d\u00e9tresse ?\u00bb<\/em> devient lancinante; en po\u00e8te, ses images se d\u00e9tachent sur l&rsquo;horizon de notre finitude, en ce temps de non sens\u00a0 elle nous rappelle que ce dont il faut avoir peur n&rsquo;est pas le soleil ou le d\u00e9sespoir mais la peur du soleil et l&rsquo;angoisse devant l&rsquo;avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les images&nbsp; de Aicha Filali ne peuvent \u00eatre abord\u00e9es que sous l&rsquo;angle politique, leur contenu ne peut \u00eatre saisi qu&rsquo;en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la stasis, en amont et en aval, o\u00f9 il s&rsquo;agit de querelles de pouvoir et de conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats insurmontables, un ent\u00eatement et un d\u00e9saccord total.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de cette situation, quel sens donner aux objets et aux choses qui peuplent le dispositif d&rsquo;images que nous montre l&rsquo;artiste. Ainsi le sous-titre \u0648\u0623\u0634\u064a\u0627\u0621 \u0623\u062e\u0631\u0649 accol\u00e9 au titre <strong>\u062a\u0648\u0646\u0633 \u0628\u0648\u0631\u0642\u064a\u0628\u0629 <\/strong>prend un autre sens o\u00f9 la chose n&rsquo;est pas d\u00e9termin\u00e9e, il va de soi qu&rsquo;elle renvoie \u00e0 la chose publique ou politique mais elle peut sugg\u00e9rer un \u00e9ventail de possibilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;effort de m\u00e9moire que l&rsquo;artiste et le spectateur tentent de reconstituer pour donner consistance et sens \u00e0 l&rsquo;image.<\/p>\n\n\n\n<p>Si pour le spectateur, l&rsquo;artiste semble glorifier le pass\u00e9, Aiha Filali introduit les codes et les moyens plastiques qui le transgressent et en m\u00eame temps le d\u00e9sacralisent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces images ne sont nullement laudatives ni r\u00e9probatrices ni une litanie pour surpasser une certaine douleur et amertume mais un effort de compr\u00e9hension , de com-pr\u00e9hension, dans le sens de prendre avec, prendre sur soi, un ressaisissement dans ce qui arrive du plus lointain au plus proche de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cela, Aicha&nbsp; Filali a des armes secr\u00e8tes, la distanciation et l&rsquo;humour impr\u00e8gnent aux images qu&rsquo;elle nous donne \u00e0 lire et \u00e0 voir une fine analyse d&rsquo;un pass\u00e9 qui \u00e9claire la tourmente que nous traversons aujourd&rsquo;hui m\u00eame, l\u00e0 o\u00f9 les maux du pass\u00e9 n&rsquo;arr\u00eatent pas de ressurgir pour affecter le pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces images sont paradoxales&nbsp; car m\u00eame si elles \u00e9voquent la joie de vivre du pass\u00e9, elles d\u00e9noncent la naissance du totalitarisme qui va enfanter ses pires repr\u00e9sentants pour notre \u00e9poque actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette archive d&rsquo;images pl\u00e9thoriques, traces d&rsquo;une \u00e9poque relativement lointaine o\u00f9 l&rsquo;artiste puise, et o\u00f9 il s&rsquo;agit d&rsquo;un travail de la m\u00e9moire, il y a celles qui imposent d&#8217;embl\u00e9e leur pr\u00e9sence, ce sont celles appartenant au registre de la m\u00e9moire passive, contrairement \u00e0 celles que seul le travail de l&rsquo;art impose et qui &nbsp;sollicitent une m\u00e9moire active.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces images involontaires&nbsp; font signe; elles deviennent insistantes et forcent l&rsquo;artiste \u00e0 faire un travail suppl\u00e9mentaire, l\u00e0 o\u00f9 intervient la m\u00e9moire active qui oblige l&rsquo;artiste \u00e0 faire retour sur lui-m\u00eame , \u00e0 puiser dans les plis de sa m\u00e9moire, l&rsquo;impond\u00e9rable et l&rsquo;impr\u00e9visible pourraient surgir ind\u00e9pendamment de sa volont\u00e9 de l&rsquo;artiste, mais qui&nbsp; lui permettent de transfigurer&nbsp; les objets en leur donnant une couleur, une saveur, un rythme , une vie et un sens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Travaillant sur une archive mn\u00e9sique, l&rsquo;artiste nous avertit, ajoutant \u00e0 notre attention \u0648\u0623\u0634\u064a\u0627\u0621 \u0623\u062e\u0631\u0649, comme pour nous dire qu&rsquo;il y a des v\u00e9rit\u00e9s cach\u00e9es dans et entre ces objets.<\/p>\n\n\n\n<p>Les objets, contrairement aux choses, sont toujours rassurants, et on a tendance \u00e0 transformer les choses en objets, on \u00e9limine tout ce qui ne peut \u00eatre transform\u00e9 en objet.&nbsp; La chose nous inqui\u00e8te car on ne peut pas la ma\u00eetriser et on a tendance \u00e0 appeler chose quand une r\u00e9alit\u00e9 que nous ne comprenons pas et que nous ne contr\u00f4lons pas.<\/p>\n\n\n\n<p>La chose nous inqui\u00e8te car elle porte souvent en elle une \u00e9nigme, un myst\u00e8re, un danger et notre langage en t\u00e9moigne, il se passe des choses, il y a des choses dont on ne parle pas, ce sont les choses de la vie, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Aicha Filali insiste tant, c&rsquo;est qu&rsquo;elle sait que la chose a partie li\u00e9e avec la mati\u00e8re et c&rsquo;est pourquoi on veut la transformer en objet, y compris la parole. Cette chose a partie li\u00e9e avec la parole&nbsp; et qu&rsquo;en temps de d\u00e9tresse, la forme supr\u00eame de la parole est commandement, injonction, exhortation, et menace, pour compenser le vide de ce qu&rsquo;on dit par l&rsquo;assurance avec laquelle on le dit.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9alisant son \u0153uvre, Aicha Filali, en nous transportant vers une autre \u00e9poque dor\u00e9e, ne manque pas de nous avertir que la dorure ne doit pas cacher certaines choses, certaines v\u00e9rit\u00e9s, les imperfections et les tares li\u00e9es au commandement supr\u00eame.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Objet, chose, et faire artistique<\/h2>\n\n\n\n<p>Remarquons d&#8217;embl\u00e9e que dans son effort de nous restituer la splendeur d&rsquo;une p\u00e9riode de notre histoire, l&rsquo;artiste agit en regard de notre d\u00e9cennie actuelle, l&rsquo;une et l&rsquo;autre renvoient \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements o\u00f9 les objets et les choses qui les r\u00e9gissent, en bien et mal sont leur expression<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aicha Filali intitule en effet son exposition<strong>\u062a\u0648\u0646\u0633 \u0628\u0648\u0631\u0642\u064a\u0628\u0629<\/strong><strong> \u0648\u0623\u0634\u064a\u0627\u0621 \u0623\u062e\u0631\u0649<\/strong>, que&nbsp; l&rsquo;on peut traduire <em>Res gestae Bourguiba<\/em> \u00e0 l&rsquo;instar du <em>Res gestae divi Augusti<\/em>, la geste ou les actes de Bourguiba, et osons dire le divin Bourguiba.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, l&rsquo;\u0153uvre oscille entre la sacralisation amus\u00e9e et la d\u00e9sacralisation enjou\u00e9e, une fine d\u00e9mystification non seulement du leader mais de sa cour et les \u00e9quipements de son pouvoir pour modeler ce peuple de poussi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette r\u00e9publique de Bourguiba il y a des objets et des choses, les objets comme dans&nbsp; la Chine imp\u00e9riale appartiennent \u00e0 l&rsquo;Empereur, ici elles sont la possession du <em>ra\u00efs<\/em>, mais qu&rsquo;en est-il des choses?&nbsp; <strong>\u0623\u0634\u064a\u0627\u0621 \u0623\u062e\u0631\u0649, <\/strong>traduire litt\u00e9ralement autres choses, la chose, la <em>res<\/em>, un mot ouvert et ind\u00e9termin\u00e9, la chose n&rsquo;est pas de l&rsquo;ordre de la physis, vivante et mouvante, elle n&rsquo;admet pas de mesure, comme on dit les choses de la vie ou la part des choses.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce travail testimonial et testamentaire, les images sont incompl\u00e8tes et demandent \u00e0 \u00eatre compl\u00e9t\u00e9es, revisit\u00e9es et ressuscit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9surrection de la <em>res publica<\/em>, la chose publique, qui faut-il le rappeler se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un Etat gouvern\u00e9 en fonction du peuple, qu&rsquo;en est-il de la Tunisie Bourguibienne?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce destin et cette destination \u00e0 quel dessein l&rsquo;artiste dresse cette panoplie d&rsquo;objets et \u00e0 travers lesquels elle nous sugg\u00e8re bien de choses.<\/p>\n\n\n\n<p>On est d\u00e9rout\u00e9 devant les images de l&rsquo;artiste, se jouant des codes de l&rsquo;art, les objets qu&rsquo;elle nous donne \u00e0 voir ont de fortes connotations mais bien contradictoires, \u00e0 bon escient car l&rsquo;artiste a la malice de brouiller le message et frapper notre esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux \u00e9l\u00e9ments majeurs rythment les images qu&rsquo;elle nous propose, j&rsquo;en citerais essentiellement le cadre et le masque, les deux&nbsp; fonctionnent d&rsquo;une fa\u00e7on paradoxale dans la mesure o\u00f9 ils se jouent de notre attente. Le cadre tant\u00f4t assure la sacralisation et aussit\u00f4t la d\u00e9sacralisation; le masque est tant\u00f4t n\u00e9gation de l&rsquo;acteur qui le porte ou le confirme dans le r\u00f4le qu&rsquo;il joue et assume.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cadre dor\u00e9 et la structure polyptique des images rappelle les images sacr\u00e9es de l&rsquo;Occident chr\u00e9tien, comme les ic\u00f4nes et les histoires de la passion du Christ, s&rsquo;il donne \u00e0 l&rsquo;image une aura et une sacralit\u00e9 qu&rsquo;encadre-t-il?&nbsp; Bien qu&rsquo;encadrant des objets et des gestes banals, ce cadre dor\u00e9 semble en m\u00eame temps cadrer une \u00e9poque dor\u00e9e et la glorifier, les \u00e9v\u00e9nements dont la m\u00e9moire semble se d\u00e9lecter et tirer m\u00eame une certaine jouissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le cadre marque la glorification du pouvoir, les objets qu&rsquo;il encadre signalent les \u00e9quipements du pouvoir et les moyens dont celui-ci se sert pour ali\u00e9ner ses sujets..<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 la pl\u00e9thore des objets qui se donnent imm\u00e9diatement dans la p\u00e9riode heureuse, d&rsquo;autres objets, en contre-point, imposent \u00e0 l&rsquo;artiste une attitude de d\u00e9go\u00fbt et m\u00eame de r\u00e9volte, ce sont les objets apparus et li\u00e9s \u00e0 notre actualit\u00e9, objets offensants qui reviennent sans cesse dans les images que l&rsquo;artiste ne cesse de recueillir dans son environnement quotidien et de partager sur sa page facebook, ces images sont en quelque sorte une esquisse, une \u00e9bauche, et un n\u00e9gatif travaillant en creux celles de l&rsquo;exposition.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"670\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1950563\" srcset=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali.jpg 600w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-269x300.jpg 269w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-580x648.jpg 580w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ces objets apparus le long de la derni\u00e8re d\u00e9cennie disent la superstition, la p\u00e9nurie et le mauvais go\u00fbt suscit\u00e9s par la nouvelle id\u00e9ologie, ces \u00e9tals de produits\u00a0 et d&rsquo;accessoires\u00a0 de parfum et de gu\u00e9rison miraculeuse venus d&rsquo;un autre \u00e2ge et d&rsquo;autres contr\u00e9es, ces \u00e9tals \u00e0 m\u00eame le sol d&rsquo;ustensiles de cuisine usag\u00e9s, caboss\u00e9s et poussi\u00e9reux qui disent l&rsquo;arr\u00eat de production, ces objets kitch et de mauvais go\u00fbt (sous-v\u00eatements f\u00e9minins), ces armoires remplies de viande s\u00e9ch\u00e9e (<em>qadids<\/em>) en pr\u00e9vision d&rsquo;une in\u00e9vitable p\u00e9nurie.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces objets ne peuvent laisser indiff\u00e9rents et leur vue r\u00e9p\u00e9t\u00e9e ne pas provoquer certaines douleurs. Ces images que l&rsquo;artiste tourne en d\u00e9rision<strong><em> <\/em><\/strong>sont les reliques vivantes, reflets de croyances obscures et de consommation de f\u00e9tiches venus d&rsquo;un autre \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Aicha&nbsp; Filali a raison de dire <em>\u00abm\u00e9moire en raccourcis\u00bb<\/em> tant cet effort est p\u00e9rilleux et astreignant, en se faisant violence la m\u00e9moire et l&rsquo;objet qu&rsquo;elle vise ne cessent de se d\u00e9rober, dans cette exigence seules ses strat\u00e9gies artistiques doivent lui donner les moyens efficaces pour nous restituer les images qui disent express\u00e9ment le secret des choses, ces choses qui traduisent sa d\u00e9solation devant les ruines du pr\u00e9sent&nbsp; et le regret d&rsquo;une p\u00e9riode dor\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces choses que l&rsquo;artiste \u00e9voque que sont-elles?&nbsp; Les objets qui d\u00e9notent la splendeur d&rsquo;un monde r\u00e9volu disent paradoxalement, en sourdine, celles qui les ont remplac\u00e9es, elles traduisent la stupeur, la d\u00e9solation devant l&rsquo;\u00e9talage des objets qui sont la marque de notre derni\u00e8re d\u00e9cennie d\u00e9cadente, r\u00e9trograde, un bouleversement des valeurs o\u00f9 le charlatanisme et la superstition religieuse ont remplac\u00e9 la foi dans la science et le progr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement ces objets du d\u00e9sastre ont \u00e9t\u00e9 utiles, malgr\u00e9 la volont\u00e9 de l&rsquo;artiste, elles l&rsquo;ont forc\u00e9e \u00e0 nous proposer des images purificatrices.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la&nbsp; censure qui essaye de gommer la m\u00e9moire d&rsquo;un pass\u00e9 glorieux, l&rsquo;artiste essaye d&rsquo;imposer ce qui est interdit en le glorifiant et lui restituer \u00e0 la mani\u00e8re de Proust cette saveur et cette senteur, les objets de la Tunisie de Bourguiba transfigur\u00e9s, leur banalit\u00e9 serait envelopp\u00e9e d&rsquo;une aura et d&rsquo;une force po\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, le taxi rouge 2 CV&nbsp; d&rsquo;antan, la bouteille de Dinol ou de vin Koudiat, vestiges d&rsquo;un pass\u00e9 \u00e9loign\u00e9, acqui\u00e8rent une nouvelle vie et disent la gloire d&rsquo;une \u00e9poque, une r\u00e9surrection o\u00f9 le pass\u00e9 rejoint le pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces objets ne sont plus que les reliques du pass\u00e9 mais disent la persistance de notre h\u00e9ritage dans la perp\u00e9tuelle transformation biologique; ils ne cessent en interagissant de modeler notre conditionnement psychique, notre histoire individuelle et collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail de l&rsquo;artiste consiste&nbsp; donc en cet effort de m\u00e9moire de recueillir dans les archives, dans ce fleuve tumultueux, les objets perdus et de les polir pour d\u00e9celer dans les \u00e9v\u00e9nements du pass\u00e9 les choses qui leur sont accol\u00e9es et de les rattacher \u00e0 des temporalit\u00e9s et des paysages qui leur sont correspondants.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La chose est le parergon du cadre<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a les objets qui sont enclos dans le cadre, mais hors du cadre, il y a ce qu&rsquo;on peut appeler \u00e0 la suite de Derrida le <em>parergon <\/em>(ce qui s&rsquo;ajoute par la suite \u00e0 une \u0153uvre) et qui donne lieu \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, ce&nbsp; sont les choses dont l&rsquo;artiste parle, c&rsquo;est ce qui \u00e9mane de l&rsquo;objet et qui r\u00e9veille nos facult\u00e9s sensibles et imaginatives, r\u00e9elles ou fictives. C&rsquo;est ce dont l&rsquo;artiste se saisit dans l&rsquo;exercice de la m\u00e9moire pour la mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve. Les objets \u00e9mettent alors des signes et ne sont plus des <em>ob-jets<\/em> jet\u00e9s devant notre regard mais des <em>subjets<\/em>, et proprement choses vivantes dou\u00e9es de couleur, de senteur, de go\u00fbt, bruyantes, murmurantes, \u00e9voquant des temporalit\u00e9s, des lieux et des rythmes dont l&rsquo;artiste se saisit pour les envelopper dans des images authentiques o\u00f9 il ne s&rsquo;agit plus de repr\u00e9sentation mais de pr\u00e9sence, c&rsquo;est l&rsquo;appel des choses, dans la puret\u00e9 de leur essence.<\/p>\n\n\n\n<p>Ironiquement, l&rsquo;artiste rappelle la parole de Bourguiba <em>\u00abJ&rsquo;ai fait d&rsquo;une poussi\u00e8re d&rsquo;individus une nation\u00bb<\/em>; mais ne serait-ce pas de cette essence que le <em>ra\u00efs<\/em> a moul\u00e9 de l&rsquo;accumulation de la poussi\u00e8re et de la cendre ce peuple dont il est fier.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Masque et Parrh\u00e9sia<\/h2>\n\n\n\n<p>Si le cadre dor\u00e9 sert \u00e0 sacraliser, il n&rsquo;en demeure pas moins un objet qui dit l&rsquo;ali\u00e9nation et les abus li\u00e9s au pouvoir. Les activit\u00e9s dont l&rsquo;artiste fait l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration, l&rsquo;enthousiasme pour le sport et la culture, la fr\u00e9n\u00e9sie de la production et de la consommation, disent aussi la na\u00efvet\u00e9 et la passivit\u00e9 des masses et l&rsquo;opportunisme du pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chef supr\u00eame, s\u00fbr de sa vision, son aura lui permet de subjuguer ses collaborateurs si bien m\u00eame que ces derniers n&rsquo;ont plus qu&rsquo;un statut de figurants. Le masque dans ce sens les r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;anonymat, ils deviennent des objets parmi l&rsquo;ensemble des objets de l&rsquo;\u00e9quipement du pouvoir. Chosifi\u00e9s, ils deviennent l&rsquo;instrument passif dont se sert le pouvoir. Et Aicha Filali a raison de d\u00e9clarer: <em>\u00abSeul le visage du pr\u00e9sident est discernable; tous les autres sont couverts d&rsquo;une broderie qui les transforme en&nbsp; mannequins costum\u00e9s, m\u00e9connaissables&#8230; Nous voici livr\u00e9s \u00e0 une foule sans visage et donc sans qualit\u00e9s, des hommes qui sont l\u00e0 pour se taire, \u00e9couter et applaudir.\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;ailleurs, le rafistolage ou le tricotage dont ces masques sont faits en fait des personnages us\u00e9s ou de fortune, des pi\u00e8ces de rechange.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le masque, ceux qui le portent sont des persona d&rsquo;apparence anonymes et neutres, ils jouent un double r\u00f4le, non des Janus, dieu des commencements et des fins, des choix, et des pr\u00e9dictions, ils sont de simples ex\u00e9cutants des directives du leader supr\u00eame. Sont-ils si automates? De quoi peut-on les accuser? Le&nbsp; floutage, s&rsquo;il sert \u00e0 pr\u00e9server l&rsquo;intimit\u00e9 des t\u00e9moins, il les d\u00e9nonce en m\u00eame temps. D\u00e8s lors, on peut se demander si ces figurants sont coupables, sont associ\u00e9s au complot?&nbsp; En v\u00e9rit\u00e9, ce qui leur manque c&rsquo;est la Parrh\u00e9sia, la libert\u00e9 de parole, la parole de franchise, celle oppos\u00e9e aux arabesques de la flatterie et aux subtilit\u00e9s rh\u00e9toriques. Il leur manque cette parole de v\u00e9rit\u00e9, le courage du dire-vrai o\u00f9 pour celui qui l&rsquo;\u00e9nonce s&rsquo;ouvre un espace de risque.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une p\u00e9riode marqu\u00e9e par la croyance au progr\u00e8s et \u00e0 la fr\u00e9n\u00e9sie consum\u00e9riste, pourquoi courir le risque, que faire de la libert\u00e9 de parole et de la d\u00e9mocratie, laquelle n&rsquo;est pas une priorit\u00e9 pour le chef supr\u00eame. Il faut savoir tourner \u00e0 son avantage et \u00e0 son profit, le plus souvent aux d\u00e9pens d&rsquo;autrui, ce que <em>\u00abBourguiba dit\u00bb<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette c\u00e9cit\u00e9 le savoir de la <em>dik\u00e9<\/em>, la justice n&rsquo;a plus cours, <em>\u00abSi le leader le dit, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut le suivre&#8230;\u00bb,<\/em> m\u00eame quand il est frapp\u00e9 de s\u00e9nilit\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"350\" src=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bourguiba.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1950567\" srcset=\"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bourguiba.jpg 600w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bourguiba-300x175.jpg 300w, https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Aicha-Filali-Bourguiba-580x338.jpg 580w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Si Bourguiba le dit<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette image est le t\u00e9moignage d&rsquo;un testament l\u00e9gu\u00e9 par le leader et de sa pr\u00e9monition visionnaire&nbsp; quant au destin et au retournement de l&rsquo;histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette image, il y a une mise en abyme subtile car discr\u00e8te&nbsp;: Bourguiba brandit triomphalement le fruit et la quintessence de son combat, la reconnaissance de la lib\u00e9ration de la femme.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne, le clair obscur, \u00e0 droite Bourguiba triomphant et lumineux, \u00e0 gauche des spectres sont toujours \u00e0 l&rsquo;affut mais pitoyables et vaincus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le&nbsp; document que le leader&nbsp; brandit fi\u00e8rement n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le flyer d&rsquo;invitation \u00e0 l&rsquo;exposition de l&rsquo;artiste \u0648\u0623\u0634\u064a\u0627\u0621 \u0623\u062e\u0631\u0649 <strong>\u062a\u0648\u0646\u0633<\/strong>. C&rsquo;est la trace ind\u00e9l\u00e9bile et le testament de son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce document que Bourguiba brandit tient lieu et place de l&rsquo;aur\u00e9ole qui l&rsquo;entourait, de ce transfert de gloire l&rsquo;artiste s&rsquo;atteste et confirme son propre pouvoir; pouvoir de l&rsquo;image, pouvoir de l&rsquo;art. La galerie Elmarsa devient un temple sacr\u00e9, un lieu de communion et d&rsquo;asc\u00e8se, dans son espace et sur les cimaises on assiste \u00e0 la passion du leader et la passion de la femme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Que dit cette image sinon le retour de l&rsquo;espoir et l&rsquo;\u00e9closion de cette minuscule fleur des champs et le jaillissement de la lumi\u00e8re? La mise en abyme se comprend: l&rsquo;artiste et son \u0153uvre ne sont que le miroir de l&rsquo;\u0153uvre de Bourguiba, l&rsquo;identification et la r\u00e9alisation parfaite.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u0153uvre de Aicha Filali nous dit que quelque chose manque au pouvoir, ce que les choses de l&rsquo;art essayent de combler, une \u00e9thique et une esth\u00e9tique, la transfiguration o\u00f9 les choses ouvrent leurs faces \u00e0 la parole po\u00e9tique et \u00e0 la puret\u00e9 de l&rsquo;image. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Travaillant sur les reliques du pass\u00e9, l&rsquo;artiste Aicha Filali tel Epim\u00e9th\u00e9e tire de l&rsquo;accumulation des objets une sagesse pour en apporter des proth\u00e8ses et sauver de l&rsquo;oubli ce qui fut r\u00e9ellement, l&rsquo;\u00eatre des choses, que celles-ci sont toujours pr\u00e9sentes dans le monde, et qu&rsquo;elles sont le legs d&rsquo;une humanit\u00e9 et d&rsquo;une communaut\u00e9 ouverte et non d&rsquo;une tribu fictive et fig\u00e9e; son \u0153uvre d\u00e8s lors est une projection vers le futur nous rappelant haut et fort qu&rsquo;il faut penser le temps\u00a0 \u00e0 partir de l&rsquo;avenir.\u00a0 <\/p>\n\n\n\n<p><em>* Docteur en esth\u00e9tique et th\u00e9ories de l&rsquo;art, ancien enseignant de l&rsquo;ISBArts Sousse.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u0153uvre de Aicha Filali nous dit que quelque chose manque au pouvoir, ce que les choses de l&rsquo;art essayent de combler, une \u00e9thique et une esth\u00e9tique, la transfiguration o\u00f9 les choses ouvrent leurs faces \u00e0 la parole po\u00e9tique et \u00e0 la puret\u00e9 de l&rsquo;image.<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":1950549,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[992,994,2433],"tags":[101149,163,101151,101150,62643],"class_list":["post-1950516","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-culture","category-tunisie","tag-aicha-filali-3","tag-bourguiba","tag-faouzi-said-ben-amor","tag-galerie-elmarsa","tag-tunisie"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.6 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>\u00abBourguiba et autres choses\u00bb de Aicha\u00a0 Filali\u00a0: \u00a0\u00e0 quoi bon des po\u00e8tes en temps de d\u00e9tresse\u00a0? 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