{"id":388712,"date":"2022-04-23T14:02:57","date_gmt":"2022-04-23T13:02:57","guid":{"rendered":"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?p=388712"},"modified":"2022-04-23T14:06:45","modified_gmt":"2022-04-23T13:06:45","slug":"roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-la-journee-du-logis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2022\/04\/23\/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-la-journee-du-logis\/","title":{"rendered":"Roman-feuilleton du Ramadan- \u00abAux origines de l&rsquo;islam\u00bb\u00a0: La journ\u00e9e du logis"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Abou-Dhar-Al-Ghifari.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-388713\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong><em>Le calife Othmane Ibn Affane regrettait le bord du puits Aris o\u00f9 il aimait \u00e0 se laisser bercer par les songes; clo\u00eetr\u00e9 chez lui, d\u00e9sormais, il ne pouvait plus l\u2019atteindre. Il ne pouvait m\u00eame pas en boire, ses assaillants lui refusant d\u2019\u00eatre approvisionn\u00e9 en eau.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par <strong>Farhat Othman<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>La r\u00e9bellion d\u2019Irak, \u00e0 AlKoufa, Khourasan, Basra, et les troubles en \u00c9gypte avaient \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de la constitution d\u2019attroupements qui, en douce, sous le pr\u00e9texte du p\u00e8lerinage, se mu\u00e8rent en troupes arm\u00e9es. Se mettant au d\u00e9part deux mois avant le grand rendez-vous \u00e0 La Mecque, venant notamment de la province \u00e9gyptienne, avec nombre d\u2019Abyssins dans les rangs, elles avaient march\u00e9 sur M\u00e9dine. Campant un moment \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la ville, elles l\u2019investirent finalement et assi\u00e9g\u00e8rent le calife, le condamnant \u00e0 se retrancher chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des jours, leur nombre grossit, m\u00e9langeant dans une totale confusion la populace aux guerriers, les B\u00e9douins venus en foule dans la ville \u00e0 des esclaves et des affranchis, se saisissant de l\u2019occasion pour contester l\u2019autorit\u00e9 de leurs ma\u00eetres. On \u00e9tait \u00e0 la fin du printemps ; les chaleurs de l\u2019\u00e9t\u00e9 approchaient et le si\u00e8ge devenait de plus en plus dur \u00e0 supporter. Les assi\u00e9geants emp\u00eachaient toute entr\u00e9e ou sortie de la maison du calife et les assi\u00e9g\u00e9s commen\u00e7aient \u00e0 manquer d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Surplombant du haut d\u2019une terrasse l\u2019entr\u00e9e de sa demeure noire de cette foule en d\u00e9lire, Othmane vint \u00e0 se montrer, <\/strong>demandant s\u2019il y avait Ali parmi les pr\u00e9sents; on lui r\u00e9pondit que non; alors, il s\u2019enquit de Talha ; la r\u00e9ponse fut la m\u00eame. Il ne dit plus mot, restant pensif. Ainsi ces Compagnons se lavaient les mains de ce qui lui arrivait ; ils \u00e9taient bien dans la ville, mais chacun gardait sa demeure.<\/p>\n\n\n\n<p>Le calife \u00e9tait persuad\u00e9 que les enrag\u00e9s le tenant chez lui enferm\u00e9 les \u00e9couteraient s\u2019ils voulaient venir leur parler ou leur demander de lever le si\u00e8ge. On fit savoir \u00e0 Ali qu\u2019Othmane demandait de l\u2019eau ; il lui en envoya trois outres ; les deux premi\u00e8res faillirent ne pas arriver \u00e0 destination, les porteurs ayant \u00e9t\u00e9 bouscul\u00e9s par des assi\u00e9geants d\u00e9sireux de priver de tout secours leurs victimes ; certains des serviteurs d\u2019Ali furent m\u00eame bless\u00e9s et la derni\u00e8re outre par terre d\u00e9vers\u00e9e. Aux premi\u00e8res lueurs de l\u2019aube, Ali vint reprocher son comportement \u00e0 la foule ; elle \u00e9tait houleuse ; \u00e0 peine l\u2019\u00e9couta-t-on : <em>\u2014 Ce que vous faites ne ressemble en rien aux agissements des croyants ni m\u00eame \u00e0 ceux des m\u00e9cr\u00e9ants. Ne privez pas cet homme de provisions et d\u2019eau ! M\u00eame les Byzantins et les Perses donnent \u00e0 manger et \u00e0 boire \u00e0 leurs prisonniers.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>N\u2019ayant pas imagin\u00e9 pareil accueil, il jeta de rage son turban par terre et, pestant, s\u2019en retourna chez lui rouge de col\u00e8re. De plus en plus excit\u00e9e, la foule \u00e9tait, d\u00e9sormais, incontr\u00f4lable et incontr\u00f4l\u00e9e. Oum Habiba, s\u0153ur de Mouawiya et l\u2019une des femmes du proph\u00e8te, avait auparavant tent\u00e9 sa chance en se pr\u00e9sentant au logis sur une jument avec un seau en cuir sur la selle. Elle eut beau tenter d\u2019attendrir les assi\u00e9geants en pr\u00e9tendant venir du fait de sa qualit\u00e9 de parente d\u2019Othmane afin d\u2019obtenir de lui des droits de veuves et d\u2019orphelins omeyyades avant qu\u2019il ne lui arriv\u00e2t quelque malheur. Ne respectant m\u00eame pas son statut, on faillit la lyncher ; des \u00e2mes charitables s\u2019interpos\u00e8rent, la recueillirent au sol, lui \u00e9pargnant d\u2019\u00eatre foul\u00e9e \u00e0 mort par des pieds rageurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On avait comme l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un forfait majeur. <\/strong>Rien n\u2019\u00e9tait plus respect\u00e9 ; un crime de l\u00e8se-majest\u00e9 se pr\u00e9parait. Cela fit peur \u00e0 une autre \u00e9pouse du proph\u00e8te, A\u00efcha, qui d\u00e9cida de partir en p\u00e8lerinage, fuyant M\u00e9dine. Elle souhaita que son demi-fr\u00e8re Mohamed l\u2019accompagn\u00e2t en le voyant par trop actif avec les insurg\u00e9s. Il se sentait bless\u00e9 dans sa fiert\u00e9 par une incartade du calife et r\u00e9clamait vengeance ; dans ce d\u00e9sir qu\u2019elle trouva l\u00e9gitime, elle le soutint un moment ; mais elle en \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 le regretter en voyant les choses menacer de d\u00e9raper.<\/p>\n\n\n\n<p>Mohamed, fils d\u2019Abou Bakr, refusa net, tentant de profiter de l\u2019occasion que la mont\u00e9e de la tension autour d\u2019Othmane lui donnait pour venger son honneur bafou\u00e9 par un calife qui, apr\u00e8s l\u2019avoir nomm\u00e9 gouverneur, ordonna en catimini sa mise \u00e0 mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait une quarantaine de nuits que le si\u00e8ge \u00e9tait mis autour du cossu logis d\u2019Othmane construit de pierre et \u00e0 la chaux, aux portes solides en bois de teck dont de fines incrustations de gen\u00e9vrier \u00e9gayaient la teinte brun\u00e2tre. En cette nuit du jeudi \u00e0 vendredi, le calife n\u2019arrivait pas \u00e0 se concentrer sur le Coran, invariablement entre les mains depuis le d\u00e9but des \u00e9v\u00e9nements ; sa lecture, cette fois-ci, ne subjuguait plus son esprit chahut\u00e9 par ce qui se passait. Il avait r\u00e9ussi jusque-l\u00e0 \u00e0 ignorer les graves faits qui ont fini par affleurer \u00e0 la surface de ses noires pens\u00e9es. Il voulait n\u00e9anmoins continuer \u00e0 faire comme s\u2019il n\u2019\u00e9tait point au centre de tout ce qui endeuillait la ville. D\u2019un \u0153il tout \u00e0 fait ext\u00e9rieur, quelque peu h\u00e9b\u00e9t\u00e9, il se souvenait des causes directes de ce drame.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Outre les gens d\u2019Irak, d\u2019autres s\u2019\u00e9taient plaints de leur gouverneur; ils \u00e9taient d\u2019\u00c9gypte.<\/strong> Ils vinrent une premi\u00e8re fois voir le calife qui les \u00e9couta aimablement et voulut bien adresser une lettre \u00e0 son gouverneur le tan\u00e7ant et lui donnant des ordres dans le sens des dol\u00e9ances de la d\u00e9l\u00e9gation. Habitu\u00e9 \u00e0 abuser de la r\u00e9putation de souplesse et de bonhomie d\u2019Othmane, le gouverneur osa refuser d\u2019ex\u00e9cuter l\u2019ordre, allant jusqu\u2019\u00e0 se venger de l\u2019une des personnes qui se rendirent \u00e0 M\u00e9dine en la mettant \u00e0 mort. Ces gens encore plus r\u00e9volt\u00e9s, dont le nombre gonfla, passant \u00e0 sept cents environ, r\u00e9solurent de revenir dire leur col\u00e8re au calife. Aux troupes r\u00e9volt\u00e9es se joignirent tous ceux qui trouvaient dans ces d\u00e9sordres une aubaine : les aventuriers et les plus mis\u00e9reux des nomades, les esclaves chahutant leurs ma\u00eetres et les affranchis r\u00e9clamant une totale libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils commenc\u00e8rent par camper autour de la mosqu\u00e9e de M\u00e9dine et se plaindre aupr\u00e8s des derniers Compagnons vivants du proph\u00e8te. Talha Ibn Obe\u00efdAllah, le membre absent du groupe de la consultation d\u2019Omar, se fit leur porte-parole aupr\u00e8s du calife auquel il tint des propos assez durs. M\u00eame A\u00efcha, la jeune veuve du proph\u00e8te, n\u2019\u00e9tait pas peu courrouc\u00e9e contre lui, envoyant lui dire : <em>\u2014 Les Compagnons du proph\u00e8te t\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 de d\u00e9mettre cet homme, mais tu as refus\u00e9. Et le voil\u00e0 qui attente \u00e0 une \u00e2me ; tu dois rendre justice contre ton agent !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Interc\u00e9dant aussi aupr\u00e8s de lui au nom de la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9gyptienne, Ali lui fit une proposition pr\u00e9cise : <em>\u2014 Ils te demandent un homme pour un autre ; ils pr\u00e9tendent m\u00eame qu\u2019il a vers\u00e9 du sang. D\u00e9mets-le de ses fonctions et tranche le diff\u00e9rend, et s\u2019il s\u2019av\u00e8re coupable, rends-leur justice.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le calife \u00e9tait aux abois; il ne pouvait que se rendre \u00e0 l\u2019avis de ses compagnons. Il demanda aux gens d\u2019\u00c9gypte de choisir quelqu\u2019un pour le d\u00e9signer \u00e0 la place du gouverneur contest\u00e9. On lui proposa l\u2019un des fils d\u2019Abou Bakr, Mohamed. La nomination fut aussit\u00f4t r\u00e9dig\u00e9e et le nouveau gouverneur quitta M\u00e9dine pour rallier son poste accompagn\u00e9 de la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9gyptienne ainsi que de certains de ses amis parmi les \u00c9migrants et les Renforts. Et le calme sembla revenir pour quelque temps \u00e0 M\u00e9dine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau gouverneur d\u00e9sign\u00e9 et ses hommes \u00e9taient \u00e0 trois jours de la cit\u00e9 du proph\u00e8te quand ils avis\u00e8rent, au loin dans le d\u00e9sert, un chameau se dirigeant en toute h\u00e2te dans la m\u00eame direction qu\u2019eux et qui en vira, en les apercevant manifestement. Intrigu\u00e9, on se lan\u00e7a \u00e0 sa poursuite et on l\u2019intercepta. C\u2019\u00e9tait l\u2019un des serviteurs noirs d\u2019Othmane ; il leur dit avoir \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 par le calife vers le gouverneur d\u2019\u00c9gypte, mais ce n\u2019\u00e9tait pas le fils d\u2019Abou Bakr. Press\u00e9 de questions, violent\u00e9, apeur\u00e9, il pr\u00e9tendait tant\u00f4t \u00eatre l\u2019esclave d\u2019Othmane, tant\u00f4t celui de son secr\u00e9taire Marouane. Il finit par avouer \u00eatre porteur d\u2019une lettre ; on ne trouva rien sur lui. Il n\u2019avait que sa gourde en cuir ; elle ne contenait pas la moindre goutte d\u2019eau, elle raisonnait d\u2019un bruit, pourtant ; il y avait quelque chose dedans. On tailla le cuir pour sortir le contenu; c\u2019\u00e9tait un courrier scell\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mohamed, fils d\u2019Abou Bakr, r\u00e9unit tous ses accompagnateurs autour de lui <\/strong>avant de desceller le courrier qu\u2019il lut \u00e0 haute voix. Il s\u2019agissait d\u2019une lettre du calife ; il s\u2019y adressait \u00e0 son gouverneur d\u00e9mis. La lisant, Mohamed faillit s\u2019\u00e9trangler de rage ; il y \u00e9tait dit : <em>\u00abD\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Mohamed et de ses compagnons, arrange-toi pour les tuer. Tu annuleras l\u2019ordre qu\u2019ils portent et tu resteras \u00e0 ton poste jusqu\u2019\u00e0 nouvel ordre. Emprisonne tous ceux qui viendront se plaindre aupr\u00e8s de toi tant que je ne t\u2019aurai pas fait conna\u00eetre mon avis en la mati\u00e8re.\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La consternation ne dura qu\u2019un instant ; un murmure de r\u00e9probation se fit aussit\u00f4t, suivi de cris de col\u00e8re et d\u2019appels vengeurs : la turpitude du calife m\u00e9ritait une sanction ! Le gouverneur d\u00e9sign\u00e9 tint \u00e0 faire contresigner la lettre par ses accompagnateurs et d\u00e9cida de rebrousser chemin. Le toll\u00e9 fut g\u00e9n\u00e9ral au retour du groupe. Publiquement lue \u00e0 la mosqu\u00e9e, la missive fut unanimement d\u00e9nonc\u00e9e et le calife copieusement hu\u00e9. On guettait la r\u00e9action des principaux Compagnons et notamment ceux qu\u2019on appelait les conseillers qualifi\u00e9s, ces personnes choisies par Omar pour la cooptation du calife.<\/p>\n\n\n\n<p>En dehors d\u2019Othmane, ils \u00e9taient quatre : Ali, Talha, Azzoubeyr et Saad ; Abd ErRahmane Ibn Aouf \u00e9tant d\u00e9c\u00e9d\u00e9 trois ans plus t\u00f4t. Ils \u00e9taient tous constern\u00e9s, n\u2019ayant pas assez de mots s\u00e9v\u00e8res pour d\u00e9noncer ce qu\u2019ils consid\u00e9raient comme un acte inqualifiable de la part d\u2019Othmane.<\/p>\n\n\n\n<p>Soutenu par sa demi-s\u0153ur, le fils d\u2019Abou Bakr fit appel aux membres de sa tribu ; il se sentait \u00e0 la fois humili\u00e9 et agress\u00e9 par le d\u00e9saveu et l\u2019attentat \u00e0 sa vie. Quand arriv\u00e8rent des troupes d\u2019\u00c9gypte et d\u2019Irak et camp\u00e8rent aux environs de la ville, il fit cause commune avec leurs meneurs. Ali, qui \u00e9tait aussi le beau-p\u00e8re de Mohamed, ayant \u00e9pous\u00e9 sa m\u00e8re apr\u00e8s la mort d\u2019Abou Bakr, tenta une m\u00e9diation. Emmenant avec lui l\u2019esclave noir, son chameau et la lettre descell\u00e9e, il alla voir Othmane. Lui d\u00e9signant l\u2019homme, il demanda :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Est-ce ton serviteur ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Oui<\/em>, r\u00e9pondit Othmane.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Et le chameau, est-il \u00e0 toi ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Oui.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Et ce sceau ; est-ce le tien ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Oui.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Alors, c\u2019est bien toi qui a r\u00e9dig\u00e9 la lettre ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Non, et je le jure par Dieu, grand et puissant ! Cette lettre, je ne l\u2019ai ni r\u00e9dig\u00e9e ni ordonn\u00e9 ce qui y est \u00e9crit et je n\u2019ai pas envoy\u00e9 du tout ce serviteur en \u00c9gypte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Examinant la calligraphie, d\u2019aucuns dout\u00e8rent qu\u2019elle f\u00fbt celle du calife; ils \u00e9taient m\u00eame quasiment certains qu\u2019il s\u2019agissait de l\u2019\u00e9criture de son secr\u00e9taire Marouane. Comme il \u00e9tait dans la demeure d\u2019Othmane, on le somma de le livrer. Mais celui-ci assumait pleinement la vieille tradition arabe de la protection du r\u00e9fugi\u00e9 au risque de la vie et ce nonobstant sa culpabilit\u00e9 ; le livrer revenait \u00e0 renier une valeur cardinale, \u00e0 se couvrir de la pire honte. Aussi, son premier r\u00e9flexe, dont il ne se d\u00e9partit plus apr\u00e8s, fut de refuser cat\u00e9goriquement toute remise.<\/p>\n\n\n\n<p>Marouane, de plus, \u00e9tait son cousin et il y avait de s\u00e9rieuses raisons de penser que le remettre aux assi\u00e9geants revenait \u00e0 le livrer \u00e0 une mort assur\u00e9e. Certains voulaient bien croire \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 d\u2019Othmane quant \u00e0 son innocence ; ils lui faisaient n\u00e9anmoins assumer la responsabilit\u00e9 de l\u2019ordre infamant donn\u00e9 \u00e0 son gouverneur d\u2019\u00c9gypte tant qu\u2019il ne leur aurait pas remis son auteur. On voulait questionner l\u2019int\u00e9ress\u00e9, faire toute la lumi\u00e8re sur le secret de la missive ; or son refus multipliait les zones d\u2019ombres et suscitait les doutes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment pouvait-on ordonner un meurtre sans raison et celui d\u2019un Compagnon qui plus est ?<\/strong> L\u2019ordre a-t-il \u00e9t\u00e9 dict\u00e9 par Othmane ? Marouane l\u2019avait-il \u00e9crit au nom du calife ou en prit-il l\u2019initiative ? Devant lui, on fit l\u2019analyse suivante : \u2014 <em>De deux choses l\u2019une : ou tu dis la v\u00e9rit\u00e9 ou tu mens ; dans les deux cas tu ne m\u00e9rites pas de continuer \u00e0 assumer la responsabilit\u00e9 de notre destin\u00e9e. Car si tu mens, tu m\u00e9rites sans conteste la d\u00e9position pour avoir ordonn\u00e9 de faire couler notre sang sans raison. Et si tu dis la v\u00e9rit\u00e9, tu m\u00e9rites \u00e9galement d\u2019\u00eatre d\u00e9pos\u00e9 pour cause de faiblesse et de n\u00e9gligence dans la gestion des affaires publiques et d\u2019un entourage de courtisans perfides qui d\u00e9cide de notre sort en lieu et place de celui que nous avions accept\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Othmane chercha \u00e0 gagner du temps en proposant de renouveler ses excuses et de demander pardon. On lui r\u00e9pondit ne vouloir plus se laisser berner et l\u2019on exigea sa d\u00e9mission, le mena\u00e7ant de le combattre, et si n\u00e9cessaire de le tuer. Refusant cat\u00e9goriquement l\u2019hypoth\u00e8se de la d\u00e9mission, il soutint qu\u2019il ne se d\u00e9fendrait pas s\u2019ils le combattaient, pr\u00e9cisant qu\u2019il a donn\u00e9 la consigne aux quelques hommes qu\u2019il avait autour de lui de ne pas brandir leurs armes et que quiconque le ferait agirait sans son accord. Il leur dit m\u00eame accepter d\u2019\u00eatre mis \u00e0 mort en les mettant en garde toutefois sur l\u2019enti\u00e8re responsabilit\u00e9 qui serait alors la leur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les faits d\u00e9nonc\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas constitutifs d\u2019un d\u00e9lit m\u00e9ritant la mort d\u2019apr\u00e8s la religion de Mohamed ; il n\u2019avait pas apostasi\u00e9 et ne s\u2019\u00e9tait pas rendu coupable d\u2019adult\u00e8re ou de meurtre. Puis, il ne craignait pas la mort ; sinon, il aurait depuis longtemps fait venir \u00e0 M\u00e9dine des arm\u00e9es pour le prot\u00e9ger ou l\u2019aurait quitt\u00e9e pour se r\u00e9fugier ailleurs. Sur le plan de ses principes, Othmane restait attach\u00e9 aux sch\u00e9mas mentaux classiques, ceux qui pr\u00e9valaient du temps du proph\u00e8te et qui rest\u00e8rent encore de rigueur aux d\u00e9buts de l\u2019\u00c9tat musulman, du temps des deux premiers califes. Il agissait comme si, depuis, les choses n\u2019avaient point chang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau de la pratique, il \u00e9tait cependant totalement d\u00e9sempar\u00e9. Il multipliait les contradictions, se laissant d\u00e9passer par les \u00e9v\u00e9nements, essayant tant\u00f4t de rattraper ses maladresses, se retranchant tant\u00f4t derri\u00e8re des positions de principe inadapt\u00e9es aux circonstances, dont la rigidit\u00e9 lui permettait n\u00e9anmoins de gommer l\u2019extr\u00eame faiblesse de ses attitudes et la friabilit\u00e9 de ses agissements.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En cette veille de f\u00eate du sacrifice, M\u00e9dine \u00e9tait bien triste. C\u2019\u00e9tait la fin du p\u00e8lerinage \u00e0 La Mecque,<\/strong> dont le calife a d\u00fb, depuis la terrasse de son logis, charger le fils AlAbb\u00e8s pour en pr\u00e9sider les rites. En ville, c\u2019\u00e9tait enfin Ali qui \u00e9tait en charge de la pri\u00e8re apr\u00e8s des jours de flottement et de pagaille. Au d\u00e9but, on n\u2019emp\u00eacha pas le calife d\u2019assurer ce premier devoir de son minist\u00e8re. Cela se passait toutefois dans le plus grand d\u00e9sordre et, chaque jour davantage, dans un brouhaha grandissant de contestation et de protestation.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les conditions de plus en plus honteuses pour une pratique sereine, Othmane tenta de garder son calme et patienta sans vouloir prendre la moindre initiative. Vingt jours durant, aux heures de la pri\u00e8re, il alla chaque jour pr\u00e9sider ces rangs d\u2019hommes de moins en moins p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s par le devoir religieux, la t\u00eate de plus en plus \u00e0 la politique et \u00e0 la s\u00e9dition.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on osa s\u2019attaquer \u00e0 lui, lui jetant des pierres, il se laissa convaincre par son entourage de demander du secours \u00e0 ses gouverneurs dans les provinces. Aussi, il h\u00e9sita \u00e0 peine \u00e0 signer le projet pr\u00e9par\u00e9 en ce sens par son secr\u00e9taire. C\u2019\u00e9tait un vendredi, le dernier jour o\u00f9 on l\u2019autorisa \u00e0 pr\u00e9sider la pri\u00e8re. Ce jour-l\u00e0, il osa d\u00e9plorer la situation. Du haut de sa chaire, il s\u2019adressa aux fauteurs de troubles : <em>\u2014 Vous, les \u00e9trangers \u00e0 la ville, honte \u00e0 vous ! Tous les habitants de M\u00e9dine savent bien que vous \u00eates maudits par la voix m\u00eame de Mohamed. Effacez vos fautes par des actes justes, car Dieu, Puissant et Grand, n\u2019efface le mauvais que par le bon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des pr\u00e9sents se leva, osant acquiescer : <em>\u2014 Je t\u00e9moigne qu\u2019il dit vrai.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Aussit\u00f4t, quelqu\u2019un dans l\u2019assistance, sabre au clair, se pr\u00e9cipita sur lui et, de force, le fit se rasseoir au moment m\u00eame o\u00f9 un autre pr\u00e9sent, tentant de se lever, s\u2019attirait un traitement identique de la part d\u2019un autre quidam \u00e0 la mine patibulaire. Et d\u2019un coup, tout chavira. Des cailloux vol\u00e8rent haut dans l\u2019enceinte de la mosqu\u00e9e, s\u2019abattant sur tous les pr\u00e9sents. Les gens couraient dans tous les sens fuyant les projectiles et les hommes arm\u00e9s ; les projectiles pleuvaient sur la chaire ; ils ne manqu\u00e8rent pas Othmane ; atteint \u00e0 la t\u00eate, il s\u2019affaissa sur son si\u00e8ge, \u00e9vanoui. Emmen\u00e9 dans la h\u00e2te \u00e0 la maison par ses proches, il ne fut plus autoris\u00e9 \u00e0 la quitter.<\/p>\n\n\n\n<p>Ali vint lui rendre visite, mais regretta vite sa d\u00e9marche ; l\u2019entourage du calife le prenait \u00e0 partie, le rendant d\u00e9j\u00e0 responsable de tout son malheur. Ce jour, il jura aussi de ne plus r\u00e9pondre aux appels au secours d\u2019Othmane.<\/p>\n\n\n\n<p>Une trentaine de journ\u00e9es passa ; \u00e0 la mosqu\u00e9e, o\u00f9 la pri\u00e8re ne se faisait plus avec le calife, n\u2019allaient presque plus que les insurg\u00e9s. Les M\u00e9dinois se terraient chez eux ; les rares qui osaient sortir le faisaient en armes et par groupe. Apr\u00e8s le temps d\u2019une occupation pacifique de la ville, les r\u00e9volt\u00e9s \u00e9taient devenus agressifs et entendaient imposer leur volont\u00e9 par les armes ; ils n\u2019h\u00e9sitaient plus \u00e0 s\u2019en prendre \u00e0 tous ceux qui osaient s\u2019opposer \u00e0 eux, y compris les personnalit\u00e9s en vue jusque-l\u00e0 \u00e9pargn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Othmane passait ses journ\u00e9es plong\u00e9 dans la lecture du Coran. <\/strong>Certes, il avait d\u00e9j\u00e0 l\u2019habitude de lire r\u00e9guli\u00e8rement ce livre dont il unifia les versions et sauvegarda l\u2019authenticit\u00e9 ; d\u00e9sormais, il ne quittait presque plus ses mains. Cela lui permettait de garder sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 malgr\u00e9 la gravit\u00e9 de la situation, noyant ses soucis dans l\u2019envo\u00fbtement du livre sacr\u00e9, ses sourates et ses versets.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour du logis, le si\u00e8ge \u00e9tait mis ; mais le calife pouvait encore dialoguer avec les meneurs de la foule qui l\u2019assi\u00e9geait. De nouveau, \u00e0 une d\u00e9l\u00e9gation d\u2019\u00c9gyptiens qu\u2019il recevait, il jura n\u2019\u00eatre pour rien dans l\u2019\u00e9crit qu\u2019on lui reprochait, ne l\u2019avoir ni \u00e9crit ni dict\u00e9 ni su ; il admit cependant qu\u2019il pouvait bien arriver qu\u2019on attribu\u00e2t \u00e0 tort une lettre \u00e0 quelqu\u2019un ou qu\u2019on falsifi\u00e2t un sceau. Il ne les convainquit pas. Ils s\u2019en all\u00e8rent fort agit\u00e9s, \u00e9ructant que, dor\u00e9navant, Dieu autorisait sa mise \u00e0 mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Au chef des troupes venues d\u2019Irak, Othmane avait demand\u00e9 : \u2014 <em>Que veulent les gens de moi ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>De trois choses l\u2019une,<\/em> avait r\u00e9pondu AlAchtar,<em> et il n\u2019y a aucune autre possibilit\u00e9&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Et c\u2019est quoi ?<\/em> s\u2019\u00e9tait enquis Othmane dont les traces de variole sur le visage \u00e9taient devenues rouges de col\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2014 Ils te laissent choisir entre d\u00e9missionner, leur rendant ainsi le pouvoir afin qu\u2019ils puissent nommer un autre homme de leur choix, t\u2019appliquer \u00e0 toi-m\u00eame la sanction m\u00e9rit\u00e9e ou \u00eatre mis \u00e0 mort par leurs mains.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Et il faut n\u00e9cessairement choisir ?<\/em> s\u2019\u00e9tait interrog\u00e9 Othmane comme s\u2019il parlait \u00e0 lui-m\u00eame en se grattant de la main droite sa barbe fournie qu\u2019il n\u2019avait plus teinte, selon son habitude, depuis le d\u00e9but des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Il le faut n\u00e9cessairement, <\/em>avait martel\u00e9 le chef insurg\u00e9, en se redressant sur le coussin sur lequel il \u00e9tait appuy\u00e9 pour ajouter \u00e0 sa r\u00e9ponse encore plus de solennit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Que je d\u00e9missionne est hors de question, <\/em>avait r\u00e9pondu le calife sur un ton ferme. <em>Le pouvoir m\u2019est revenu par la volont\u00e9 divine et je ne saurais cr\u00e9er un pr\u00e9c\u00e9dent qui deviendrait une tradition apr\u00e8s moi, autorisant la foule \u00e0 r\u00e9pudier son guide chaque fois qu\u2019il aurait eu le malheur de lui d\u00e9plaire. Pour ce qui est de m\u2019infliger \u00e0 moi-m\u00eame une sanction, mon vieux corps ne le supporterait pas. D\u00e9j\u00e0, je n\u2019arrivais pas \u00e0 assister aux ch\u00e2timents que mes deux pr\u00e9d\u00e9cesseurs se chargeaient bien volontiers d\u2019appliquer eux-m\u00eames aux coupables. Quant \u00e0 me tuer \u2013 si d\u2019aventure vous le d\u00e9cidiez \u2013 alors, pour votre malheur, vous ne vous aimeriez plus apr\u00e8s moi et vous ne pourriez plus jamais prier ensemble ni combattre unis un m\u00eame ennemi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plus tard, de la terrasse de la maison, il s\u2019\u00e9tait adress\u00e9 aux assi\u00e9geants, essayant de les raisonner<\/strong>: <em>\u2014 Vous savez bien qu\u2019il n\u2019est autoris\u00e9 de faire couler le sang d\u2019un musulman que dans trois hypoth\u00e8ses : apostasie, adult\u00e8re et meurtre. Suis-je dans l\u2019un de ces trois cas ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Personne ne lui avait r\u00e9pondu. Il avait alors repris, usant de souvenirs, en appelant aux sentiments, leur rappelant un \u00e9pisode douloureux, celui de la d\u00e9faite du proph\u00e8te lors de la bataille sur le mont Ouhod : <em>\u2014 Dieu vous est t\u00e9moin ! Savez-vous que le proph\u00e8te de Dieu \u2013 que Dieu le b\u00e9nisse et le salue \u2013 quand il a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 de ses hommes sur Ouhod, n\u2019avait avec lui que neuf de ses compagnons, dont j\u2019\u00e9tais ; et quand la montagne bougea, risquant de faire tomber ses pierres, n\u2019a-t-il pas dit : \u00abCalme-toi Ouhod &nbsp;; sur toi, il n\u2019y a qu\u2019un proph\u00e8te, un ami ou un martyr\u00bb ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au bout des l\u00e8vres de certains, \u00e0 peine audible, un \u00aboui\u00bb timide \u00e9tait suffisant pour le faire s\u2019exclamer, content de cette reconnaissance inesp\u00e9r\u00e9e de ses m\u00e9rites : <em>\u2014 Ils t\u00e9moignent enfin pour moi, Dieu de la Kaaba !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les jours pass\u00e8rent et la situation autour du logis ne bougea pas, s\u2019aggravant m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Personne n\u2019entrera chez cet homme et personne n\u2019en sortira !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La consigne venait de se faire dans les rangs juste apr\u00e8s le passage entre les hommes de Talha Ibn Obe\u00efdAllah qu\u2019on vit susurrer quelque chose \u00e0 l\u2019un des chefs insurg\u00e9s. Othmane \u00e9tait sur sa terrasse ; il le soup\u00e7onnait d\u2019exciter les gens et on l\u2019entendit invoquer la divinit\u00e9 contre lui&nbsp;: <em>\u2014 Dieu, pr\u00e9serve-moi de lui ! Faites qu\u2019il ne r\u00e9colte rien de ses men\u00e9es et que son sang soit vers\u00e9 si on attente \u00e0 ma personne !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Toutes les entr\u00e9es et les sorties \u00e9taient d\u00e9sormais filtr\u00e9es. Du haut de la terrasse, Othmane fit son apparition habituelle, salua la foule, mais personne ne lui r\u00e9pondit. Il les regarda, sales et m\u00e9chants, les armes aux pieds, s\u00e9par\u00e9s de la porte par une poign\u00e9e d\u2019hommes qui lui \u00e9tait favorable. Il eut une pouss\u00e9e d\u2019orgueil et leur dit tout haut : <em>\u2014 Si vous pensez avoir le droit de me mettre un pied dans la tombe, faites-le ! Que Dieu me pardonne si j\u2019ai fait du tort ; d\u2019avance, j\u2019ai pardonn\u00e9 si jamais on me fait du mal !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce si\u00e8ge qui se prolongeait depuis plus d\u2019un mois, Othmane ne souhaita pas le faire lever par la force. \u00c0 ceux de ses soutiens qui l\u2019avaient pri\u00e9 de les autoriser \u00e0 en d\u00e9coudre avec les assaillants, il interdit fermement d\u2019user de leurs armes. Parmi eux, il y avait certains de ses amis des Renforts qui lui firent savoir qu\u2019il n\u2019appartenait qu\u2019\u00e0 lui de d\u00e9cider qu\u2019\u00e0 nouveau, pour sa cause cette fois-ci, ils assumassent leur condition de Renforts de Dieu. Mais, invariablement, il leur r\u00e9pondait qu\u2019il ne voulait pas de violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand AbdAllah, le fils d\u2019Omar, \u00e9tait venu lui rendre visite, dans sa cotte de maille, le sabre au clair, lui affirmant \u00eatre pr\u00eat \u00e0 attaquer les assaillants, il l\u2019adjura de partir d\u00e9poser ses armes. \u00c0 ceux des M\u00e9dinois qui, au tout d\u00e9but, se plaignirent de la pr\u00e9sence massive dans leur ville de ces \u00e9trangers, il interdit de s\u2019en prendre \u00e0 eux ou de chercher \u00e0 les faire partir par la force.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 voir la d\u00e9termination de la foule en col\u00e8re autour de son logis, il craignait le bain de sang <\/strong>et esp\u00e9rait l\u2019\u00e9viter en s\u2019abstenant de toute provocation, gardant la certitude que la tension finira par retomber. Celle-ci allait crescendo cependant ; et quand une rumeur se propagea de l\u2019arriv\u00e9e prochaine de troupes en provenance de Syrie et d\u2019Irak, les \u00c9gyptiens se d\u00e9cid\u00e8rent \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer les choses. De plus en plus persistant, un mot d\u2019ordre parcourait les rangs des foules en masse des assi\u00e9geants ; il portait une ferme intention de mise \u00e0 mort. On en rapporta la teneur \u00e0 Ali qui s\u2019\u00e9cria, horrifi\u00e9 : <em>\u2014 Nous ne voulions de lui que la remise de Marouane ; il est hors de question de le tuer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il mesurait le degr\u00e9 de gravit\u00e9 de la situation et, par la m\u00eame, celui de sa responsabilit\u00e9. Joua-t-il au feu ? s\u2019\u00e9tait-il comport\u00e9 en apprenti sorcier ? De tout c\u0153ur avec les r\u00e9volt\u00e9s quant aux principes, ayant choisi de se tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la foule, veillant \u00e0 ne pas laisser de prise sur lui \u00e0 d\u2019\u00e9ventuels d\u00e9rapages, il se devait quand m\u00eame de pr\u00e9venir que la situation, \u00e9chappant d\u00e9j\u00e0 \u00e0 tout contr\u00f4le, ne d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e2t dans un drame irr\u00e9parable. Appelant ses deux fils AlHassan et AlHoussayn ; il leur dit : <em>\u2014 Prenez vos sabres et gardez la porte d\u2019Othmane. Vous ne laisserez personne lui faire du mal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ne voulant pas \u00eatre en reste, Azzoubeyr envoya son propre fils AbdAllah \u00e9pauler les deux petits-fils du proph\u00e8te. Et Talha en fit de m\u00eame ainsi que nombre de Compagnons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Othmane ne savait plus quoi faire, h\u00e9sitant entre ce qu\u2019il \u00e9tait bon et ce qu\u2019il \u00e9tait juste d\u2019adopter comme attitude. <\/strong>Tant\u00f4t il esp\u00e9rait s\u2019en sortir, voulait r\u00e9sister et demandait de l\u2019aide ; tant\u00f4t il interdisait aux quelques hommes qui lui \u00e9taient rest\u00e9s fid\u00e8les de tenter quoi que ce fut. Tant\u00f4t il voulait lutter, tant\u00f4t il se r\u00e9signait \u00e0 pr\u00e9parer sa fin. Aussi, outre l\u2019attitude de principe manifest\u00e9e dans la consigne de ne point attaquer les insurg\u00e9s et de se contenter de se d\u00e9fendre, il tenta d\u2019alerter ses hommes dans les provinces. Appel\u00e9 \u00e0 la rescousse, le gouverneur de Damas se fit prier avant de se d\u00e9cider \u00e0 d\u00e9p\u00eacher aupr\u00e8s du calife assi\u00e9g\u00e9 des troupes pour sa protection. Arriveraient-elles seulement \u00e0 temps \u00e0 M\u00e9dine ?<\/p>\n\n\n\n<p>Devant le logis, les choses se g\u00e2taient. On ne se lan\u00e7ait plus que des invectives, mais aussi des traits. On ne se bousculait plus, on se battait. Les assaillants avaient eu vent de la marche des troupes fid\u00e8les vers eux et craignaient le retour en masse des p\u00e8lerins vers M\u00e9dine. Ayant \u00e9t\u00e9 trop loin, ils choisirent la fuite en avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la maison pleuvaient des pierres et des fl\u00e8ches ; des cris et des pleurs de col\u00e8re et de peur s\u2019y levaient. Trois personnes, dont Marouane, furent bless\u00e9es. Ses gens vinrent \u00e0 Othmane solliciter l\u2019autorisation de se d\u00e9fendre. Dans sa chambre, prostern\u00e9 sur son Coran, il leva \u00e0 peine la t\u00eate, juste pour ordonner de rendre leurs fl\u00e8ches aux assaillants et de s\u2019abstenir de toute r\u00e9plique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, ceux-ci \u00e9taient de plus en plus excit\u00e9s et redoublaient d\u2019initiatives. Ils s\u2019attaqu\u00e8rent \u00e0 la solide porte de la maison voulant la d\u00e9foncer, mais le cordon compos\u00e9 des jeunes fils d\u2019Ali et leurs compagnons les repoussa. Subitement, une accalmie survint. Trois hommes du groupe d\u2019interposition r\u00e9ussirent une m\u00e9diation inesp\u00e9r\u00e9e. On s\u2019entendit pour laisser le calife quitter la maison et se rendre \u00e0 la mosqu\u00e9e afin de s\u2019entretenir avec les meneurs de la foule en col\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous un parapluie de sabres et de pointes de fl\u00e8ches ac\u00e9r\u00e9es, entour\u00e9 de ses plus proches amis, Othmane s\u2019y rendit et s\u2019assit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la chaire. Encercl\u00e9 de gens arm\u00e9s plus excit\u00e9s les uns que les autres, il attendit dans la confusion la plus totale que quelqu\u2019un d\u2019important f\u00fbt venu lui parler, se pr\u00e9sent\u00e2t avec une quelconque proposition ou tent\u00e2t de calmer la situation. Assis seul, ses longs cheveux ondulant sur des \u00e9paules basses, ses mains jointes sur des cuisses f\u00e9briles, il resta une heure durant \u00e0 assister impuissant, sous la protection nerveuse de ses hommes, \u00e0 l\u2019extr\u00eame agitation st\u00e9rile en possession de la mosqu\u00e9e. En d\u00e9sespoir de cause, il finit par se lever, l\u00e2chant, d\u00e9sabus\u00e9 : <em>\u2014 Je ne vois personne aujourd\u2019hui apte \u00e0 rendre justice.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le chemin du retour, malgr\u00e9 le cordon s\u00e9curitaire, on le bouscula et il faillit \u00eatre agress\u00e9, n\u2019\u00e9tait le fils d\u2019Azzoubeyr qui s\u2019interposa, repoussant la main hargneuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes gens commis \u00e0 sa protection finirent par obtenir de certaines des personnes en vue parmi les r\u00e9volt\u00e9s l\u2019engagement par \u00e9crit de ne pas toucher \u00e0 sa personne ; ils lui apport\u00e8rent le document. Il venait d\u2019enfiler son armure sous la pression de ses femmes en r\u00e9p\u00e9tant qu\u2019il le faisait pour elles. L\u2019engagement \u00e9crit des assaillants le rassura et il en prit pr\u00e9texte pour se d\u00e9barrasser de sa cotte de mailles ; d\u00e9posant son arme, il regagna sa chambre reprendre sa lecture.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Devant la porte du logis, la bousculade venait de reprendre, les jets de pierre et les tirs de fl\u00e8ches aussi. <\/strong>Les assaillants s\u2019enhardissaient. AlHassan et le fils de Talha \u00e9taient \u00e9clabouss\u00e9s de sang ; un esclave d\u2019Ali, leur tenant compagnie, fut bless\u00e9 sur le sommet du cr\u00e2ne ; \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du logis, on re\u00e7ut de nouveau des fl\u00e8ches et on y r\u00e9pondait. L\u2019une d\u2019elles fit mouche ; un des assaillants tomba.<\/p>\n\n\n\n<p>On rapporta les faits \u00e0 Othmane qui vint lui-m\u00eame, fort contrari\u00e9, son Coran \u00e0 la main, ouvrir la porte et demander aux jeunes gens post\u00e9s devant de partir, r\u00e9p\u00e9tant encore une fois qu\u2019il refusait le combat, qu\u2019il ne se d\u00e9fendrait pas si on voulait sa mort. Devant leur refus, il les fit entrer dans la maison et ils camp\u00e8rent dans le hall. Il leur r\u00e9p\u00e9ta ses consignes avant de rentrer dans sa chambre tenter de retrouver la paix dans le livre de Dieu. Priv\u00e9 de conduire la pri\u00e8re, il lisait encore plus souvent le saint Livre, continuant ainsi avec les moyens dont il disposait \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le culte de Dieu, son premier devoir de calife. On \u00e9tait, de plus, en p\u00e9riode de p\u00e8lerinage et la f\u00eate du sacrifice \u00e9tait pour le lendemain.<\/p>\n\n\n\n<p>Se retrouvant devant l\u2019imposante porte ferm\u00e9e sans ses d\u00e9fenseurs, les plus excit\u00e9s des assaillants y mirent le feu. Le cr\u00e9pitement du bois de teck commen\u00e7ant \u00e0 br\u00fbler \u00e9tait couvert d\u2019une voix claire, celle d\u2019Othmane r\u00e9citant d\u2019un d\u00e9bit rapide, sans la moindre \u00e9motion, le d\u00e9but de la vingti\u00e8me sourate : <em>\u00abT. H. Nous ne t\u2019avons pas envoy\u00e9 le Coran pour que tu sois malheureux.\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Aux premiers flamboiements du feu, un immense brouhaha se fit dans la maison. Alert\u00e9, Othmane pensa venu le moment extr\u00eame tant redout\u00e9 et attendu&nbsp;; il r\u00e9solut de continuer \u00e0 ne rien entreprendre. Il ressortit pour renouveler ses recommandations aux hommes agglutin\u00e9s derri\u00e8re la porte puis revint reprendre sa lecture.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Si la porte a flamb\u00e9, c\u2019est bien pour quelque chose de plus grave, leur dit-il. Que personne ne les combatte car ils n\u2019en veulent qu\u2019\u00e0 moi et si vous vous interposez entre eux et moi, ils vous fouleront jusqu\u2019\u00e0 m\u2019atteindre et m\u2019avoir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En un pareil moment critique, Othmane \u00e9tait r\u00e9solu \u00e0 avoir l\u2019attitude la plus digne, d\u2019attendre la fin en la bravant. <\/strong>Malgr\u00e9 ce qu\u2019on lui avait reproch\u00e9, \u00e0 cause de cela m\u00eame, il \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 d\u00e9fier ses adversaires avec ses convictions religieuses, sa foi intacte et le symbole de sa vie : le Coran. Car, \u00e0 son destin, personne n\u2019\u00e9chappe ; et si c\u2019\u00e9tait bien sa mort qu\u2019avait d\u00e9cid\u00e9e Dieu, il la recevrait vaillamment et dans la pi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la porte en feu qu\u2019on a fini par d\u00e9foncer, on se battait \u00e0 mort. Le fer en main et les rimes \u00e0 la bouche, les jeunes fils des Compagnons se relayaient \u00e0 repousser les assaillants. On entendait Othmane r\u00e9citer des versets d\u2019une nouvelle sourate, <em>\u00abLa Lign\u00e9e Amr\u00e2m\u00bb<\/em>, au moment o\u00f9 l\u2019un des serviteurs de Marouane visa un des assaillants et, du premier tir de son arc, le tua sur le coup. Ce premier mort fut un feu de plus allum\u00e9 au combustible de la haine d\u00e9j\u00e0 aliment\u00e9 par le sang des bless\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>De part et d\u2019autre de la lourde porte d\u00e9fonc\u00e9e qui se consumait, dans la fum\u00e9e et le feu envenimant les ardeurs des insurg\u00e9s, redoublant leur fureur, les escarmouches timides avec les gens de la maison avaient d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en un combat farouche. M\u00e2tin\u00e9s de vers d\u2019intr\u00e9pidit\u00e9 et de fiert\u00e9, les cris des hommes rythmaient le bruit des fers s\u2019entrechoquant avec rage. Entour\u00e9 de ses serviteurs, Marouane, le secr\u00e9taire, attisait son courage en rimant aussi sa bravoure. Il s\u2019\u00e9tait ru\u00e9 sur les assaillants, sabre au clair, bravache d\u2019air : <em>\u2014 On ne touchera pas au calife tant qu\u2019on sera l\u00e0 !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il demandait qui voulait se mesurer \u00e0 lui quand un assaillant lui porta un coup \u00e0 la nuque le laissant pour mort. Atteint au muscle trap\u00e8ze, il survivra avec le cou raccourci. Du sang giclait sur les murs, coulait sur les mains et les corps des hommes ; apr\u00e8s avoir br\u00fbl\u00e9 la porte, quelques assaillants s\u2019\u00e9taient enhardis \u00e0 s\u2019engouffrer dans l\u2019entr\u00e9e, se heurtant \u00e0 la r\u00e9sistance d\u00e9termin\u00e9e des gens de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Mohamed, fils d\u2019Abou Bakr, \u00e9tait avec ceux qui restaient en retrait, h\u00e9sitant encore entre la tentation de l\u2019attaque et la crainte du sacril\u00e8ge. Pourtant, il en voulait \u00e0 mort \u00e0 celui qui avait os\u00e9 ordonner sa fin ou, du moins, la cautionner. Sa vengeance se voulait implacable, ne s\u2019embarrassant ni d\u2019\u00e2ge ni de titre ; \u00e0 son tour, s\u00e9rieusement, il envisageait de donner la mort \u00e0 celui qui la lui destina.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyant ensanglant\u00e9s les fils d\u2019Ali qui, en leur qualit\u00e9 de petits-fils du proph\u00e8te, gardaient dans le c\u0153ur des gens et, notamment des M\u00e9dinois, une place quasi sacr\u00e9e, il eut tout \u00e0 coup peur de voir l\u2019occasion de la vengeance lui \u00e9chapper. Aux plus enrag\u00e9s de ses compagnons, il dit, rageur : <em>\u2014 Les Hach\u00e9mites, \u00e0 la vue de ce sang sur le visage d\u2019AlHassan et d\u2019AlHoussayn, risquent de s\u2019en prendre \u00e0 nous et faire lever le si\u00e8ge, faisant aller en pure perte toutes nos initiatives.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 deux de ses amis proches, il sugg\u00e9ra un passage rapide \u00e0 l\u2019acte : <em>\u2014 Escaladons le mur du logis par derri\u00e8re ; je connais le voisinage. On acc\u00e9dera ainsi \u00e0 Othmane et on le tuera sans que personne ne s\u2019en rende compte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avec la complicit\u00e9 du voisin, les trois hommes r\u00e9ussirent \u00e0 s\u2019infiltrer dans le vaste logis du calife, aussit\u00f4t suivis par d\u2019autres. Il n\u2019y avait personne sur leur passage, tous les occupants s\u2019\u00e9tant agglutin\u00e9s dans l\u2019entr\u00e9e \u00e0 repousser les attaquants. Discr\u00e8tement, sans se faire remarquer, ils acc\u00e9d\u00e8rent \u00e0 la chambre d\u2019Othmane o\u00f9 la psalmodie n\u2019avait pas cess\u00e9. Ils s\u2019agglutin\u00e8rent au seuil n\u2019osant p\u00e9n\u00e9trer comme p\u00e9trifi\u00e9s par la belle voix et ses divines paroles.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils finirent par pousser l\u2019un d\u2019eux qui revint aussit\u00f4t bredouille. Il ne fit que demander au calife de renoncer \u00e0 sa fonction, ce qu\u2019il refusa. D\u2019autres prirent sa suite et ne firent pas mieux, Othmane r\u00e9ussissant \u00e0 anesth\u00e9sier leur hargne par des paroles appropri\u00e9es. Gagnant en degr\u00e9s \u00e0 chaque tentative, la violence allait, cependant, crescendo.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Assis sur le lit, le Coran dans le giron, Othmane voulait rester absorb\u00e9 par sa lecture, <\/strong>la voix belle cherchant \u00e0 couvrir le tumulte et sa noirceur avec les mots lumineux des versets psalmodi\u00e9s. Sautant sur lui, Mohamed, d\u2019une main fauve, lui prit sa longue barbe brune en \u00e9ructant : <em>\u2014 \u00c0 quoi a bien pu te servir Mouawiya ? \u00c0 quoi peuvent te servir tes livres ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ses dents s\u2019entrechoqu\u00e8rent violemment&nbsp;; Othmane, tout surpris, domina cependant sa peur et sa douleur, essayant de retrouver le sang-froid du vieux sage ; il murmura d\u2019une voix bien perceptible : <em>\u2014 Rel\u00e2che ma barbe, mon neveu ; si ton p\u00e8re te voyait, il serait afflig\u00e9 par ton comportement&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9action du vieillard fit mouche ; le fils du premier calife lib\u00e9ra la barbe en reculant, mais il ne pouvait faire taire sa col\u00e8re. Il avait l\u2019\u0153il en coin, noir de haine ; il quitta pr\u00e9cipitamment la pi\u00e8ce en jetant un \u0153il d\u00e9sabus\u00e9 au groupe assaillant ; ses deux compagnons qui surveillaient ses gestes de pr\u00e8s le per\u00e7urent comme un regard entendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Avait-il l\u2019intention de surveiller les lieux ? Son clin d\u2019\u0153il \u00e9tait-il un permis de tuer ? Ces compagnons avaient-ils attendu ce signe pour s\u2019avancer d\u2019un pas d\u00e9termin\u00e9 vers l\u2019homme au Coran ? L\u2019un d\u2019eux se rapprocha, la lame ac\u00e9r\u00e9e d\u2019une fl\u00e8che brandie dans sa main\u00a0; Othmane, ne perdant toujours pas son calme, lui dit simplement, en avan\u00e7ant vers lui le livre sacr\u00e9 : <em>\u2014 Entre nous, il y a le livre de Dieu !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme recula, non sans l\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 frapp\u00e9 au cou avec la large pointe de la fl\u00e8che ; vers le compagnon qui s\u2019avan\u00e7ait, un grand brun au teint noir\u00e2tre, le calife eut juste le temps de dire la m\u00eame chose ; il le vit repousser le Coran du pied, le faisant tomber par terre, et lui donner un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e, lui coupant la main.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>De la t\u00eate d\u2019Othmane, saignant abondamment, des gouttelettes rouges all\u00e8rent ensanglanter les pages du livre de Dieu <\/em><\/strong>ouvert par terre. De sa bouche sortit un cri de douleur suivi d\u2019un soupir, quelques mots lui \u00e9chappant, avant qu\u2019il ne f\u00fbt frapp\u00e9 une fois au cou et trois \u00e0 la t\u00eate, des coups port\u00e9s au bas du front, en haut du nez, qui en fendirent l\u2019os.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agresseur avait l\u2019envie irr\u00e9pressible de tuer, mais n\u2019osait porter le coup fatal, comme si la qualit\u00e9 ou l\u2019\u00e2ge de sa victime le retenaient encore du coup de gr\u00e2ce. Le retour \u00e0 la charge de son complice lui donna le suppl\u00e9ment d\u2019audace n\u00e9cessaire et, de concert, ils enfonc\u00e8rent leurs armes \u00e0 plusieurs reprises dans le sein du vieil homme tomb\u00e9 \u00e0 leurs pieds. Au moment m\u00eame o\u00f9, par terre, sa main avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 son corps, Othmane avait l\u00e2ch\u00e9 ses derniers mots\u00a0: \u2014 <em>Elle fut bien la premi\u00e8re \u00e0 \u00e9crire le Coran !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le calife \u00e9tait encore au r\u00e2le de la mort ; s\u2019extirpant de la masse des complices, quelqu\u2019un vint alors pi\u00e9tiner son corps, sautant dessus, lui cassant une c\u00f4te. C\u2019\u00e9tait, dit l\u2019enrag\u00e9, pour venger un parent mort dans sa prison.<\/p>\n\n\n\n<p>Les assassins se penchaient pour cueillir le troph\u00e9e de leur forfait quand un terrible cri de femme les fit sursauter. L\u2019une des \u00e9pouses d\u2019Othmane arrivait ; elle eut juste le temps de se coucher sur le corps gisant au sol, emp\u00eachant que sa t\u00eate ne f\u00fbt coup\u00e9e. Offert au regard des deux hommes, son derri\u00e8re avantageux les en d\u00e9tourna. Admiratif, l\u2019un des deux agresseurs palpa voluptueusement la croupe de cette chr\u00e9tienne d\u2019origine, convertie \u00e0 l\u2019islam pour \u00e9pouser le calife d\u00e9chu : <em>\u2014 Dieu du ciel ! Qu\u2019elles sont grosses ces fesses !<\/em> siffla-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Accourant dans la foul\u00e9e, une seconde \u00e9pouse se jeta aussi \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la premi\u00e8re, couvrant ainsi compl\u00e8tement le mort. Elle fut hargneusement pi\u00e9tin\u00e9e ainsi que sa compagne et on leur arracha leurs bijoux; l\u2019un d\u2019eux enleva le sceau du calife du doigt de son bras coup\u00e9 qui tra\u00eenait \u00e0 ses pieds. Au m\u00eame moment, un serviteur arriva et tua l\u2019un des trois assassins avant d\u2019\u00eatre abattu.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir mis la pi\u00e8ce \u00e0 sac, les deux assassins suivirent leurs autres compagnons dans la fuite; laissant derri\u00e8re eux trois morts, ils s\u2019en all\u00e8rent rejoindre le fils d\u2019Abou Bakr d\u00e9guerpir par o\u00f9 ils \u00e9taient entr\u00e9s. Sur leur chemin, ils but\u00e8rent contre un autre domestique noir qui r\u00e9ussit \u00e0 transpercer par sa lame un second meurtrier avant d\u2019\u00eatre abattu \u00e0 son tour d\u2019un double coup de leurs sabres ruisselant de sang. Accourant de tous c\u00f4t\u00e9s, les autres habitants ne tard\u00e8rent pas \u00e0 rappliquer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>Le prince des croyants a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 !<\/em> criait-on dans la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019affliction et de d\u00e9solation, le cri emplissait l\u2019int\u00e9rieur du logis soudainement plong\u00e9 dans un \u00e9trange silence. Les gardiens de la porte \u00e0 moiti\u00e9 calcin\u00e9e se bouscul\u00e8rent en se pressant de p\u00e9n\u00e9trer dans la chambre du calife. Ahuris, les yeux exorbit\u00e9s, n\u2019en croyant pas leurs yeux, ils entour\u00e8rent le corps gisant par terre, \u00e9gorg\u00e9. Devant le corps de la victime, aux c\u00f4t\u00e9s des familiers et des domestiques, certains des jeunes de l\u2019entr\u00e9e de la demeure avaient un genou par terre et des larmes de sang aux yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur du logis, \u00e0 l\u2019annonce de la fin tragique du calife, quelqu\u2019un cria : <em>\u2014 Au Tr\u00e9sor !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et d\u00e9laissant la demeure du calife d\u00e9sormais endeuill\u00e9e, la foule insurg\u00e9e se rua sur le local du Tr\u00e9sor public ; leur arriv\u00e9e fit fuir ses deux gardiens qui, se d\u00e9barrassant des clefs, abandonn\u00e8rent le peu qui y restait \u00e0 la rapine g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>Telle une tra\u00een\u00e9e de poudre, la terrible nouvelle de la fin d\u2019Othmane embrasa la ville. La foule houleuse agglutin\u00e9e autour de chez lui il y avait peu s\u2019\u00e9tait dispers\u00e9e instantan\u00e9ment ; d\u00e9sormais, le logis \u00e9tait ouvert \u00e0 tout venant, sa porte comme son ma\u00eetre tra\u00eenant par terre. Et une nouvelle foule, sans armes en \u00e9vidence cette fois-ci, prit peu \u00e0 peu la place de la premi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les uns apr\u00e8s les autres, Ali, Talha, Azzoubeyr et Saad arriv\u00e8rent, se frayant difficilement leur chemin<\/strong> parmi des mines bien moins tristes que surprises et ahuries. Devant la d\u00e9pouille mortelle, ils se fig\u00e8rent, pronon\u00e7ant \u00e0 haute voix le nom de Dieu et la formule rituelle du retour \u00e0 sa mis\u00e9ricorde. Au pied du mort, Ali ne resta qu\u2019un court instant ; il \u00e9tait rouge de col\u00e8re. \u00c0 ses deux fils arriv\u00e9s \u00e0 sa rencontre, il reprocha l\u2019occurrence de pareille horreur en leur pr\u00e9sence. Il \u00e9tait tellement enrag\u00e9 qu\u2019il ne se retint pas de gifler son cadet AlHoussayn et de frapper la poitrine de l\u2019a\u00een\u00e9 AlHassan. Il ne voulait m\u00eame pas les \u00e9couter, pas plus que les fils de Talha et d\u2019Azzoubeyr qui se confondaient en des explications, les insultant m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Fou furieux, d\u2018un pas rapide, il quitta les lieux. Contre Talha, croisant son chemin, qui faisait mine de s\u2019\u00e9tonner qu\u2019il ait os\u00e9 lever la main sur les petits-fils du proph\u00e8te, il s\u2019\u00e9cria, vitup\u00e9rant : <em>\u2014 Qu\u2019ils soient maudits et toi aussi avec eux ! Comment tue-t-on, sans preuve \u00e9vidente ni argument pr\u00e9cis, le prince des croyants, un Compagnon du proph\u00e8te qui a assist\u00e9 \u00e0 Badr ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cynique, Talha r\u00e9pondit froidement : <em>\u2014 S\u2019il avait livr\u00e9 Marouane, il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 <em>S\u2019il l\u2019avait livr\u00e9, Marouane aurait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 avant m\u00eame d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 reconnu coupable !<\/em> r\u00e9torqua Ali, d\u00e9sabus\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Regagnant son domicile, Ali r\u00e9solut d\u2019y demeurer reclus. Dehors, l\u2019agitation \u00e9tait \u00e0 son comble et les sentiments \u00e0 fleur de peau. Apr\u00e8s avoir d\u00e9valis\u00e9 le Tr\u00e9sor, une partie des assi\u00e9geants revint boucler de nouveau le logis, refusant la sortie des corps du d\u00e9funt et de ses deux domestiques pour l\u2019enterrement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame temps, une autre foule se constitua devant la demeure d\u2019Ali ; certains de ses membres venaient de celle qui avait assi\u00e9g\u00e9 le calife. On le r\u00e9clamait pour \u00eatre le nouveau vicaire du proph\u00e8te. On l\u2019appelait m\u00eame, d\u00e9j\u00e0, Prince des croyants ! \u00c0 quelques lieues de la ville, d\u2019autres troupes approchaient. Apprenant la mort d\u2019Othmane, elles rebrouss\u00e8rent h\u00e2tivement chemin ; c\u2019\u00e9tait l\u2019arm\u00e9e envoy\u00e9e par Mouawiya.<\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e9tait en l\u2019an 35 de l\u2019h\u00e9gire. Tu\u00e9 \u00e0 84 ans, Othmane a gouvern\u00e9 douze ans et quelque quinze jours, de 644 \u00e0 656 du calendrier chr\u00e9tien.<\/p>\n\n\n\n<p>Ali devait attendre ce jour depuis longtemps. Certes, les conditions n\u2019\u00e9taient pas normales&nbsp;; elles \u00e9taient assur\u00e9ment dramatiques ; mais la politique n\u2019\u00e9tait-elle pas ainsi faite ! Il voulait se persuader que ce n\u2019\u00e9tait pas le peuple de M\u00e9dine ni un quarteron de conjur\u00e9s des provinces d\u2019Irak et d\u2019\u00c9gypte qui commit, dans l\u2019islam, ce premier assassinat de leur calife par des musulmans ; c\u2019\u00e9tait bien un atavisme h\u00e9rit\u00e9 des si\u00e8cles pr\u00e9islamiques, que la nouvelle religion gomma sans toutefois l\u2019\u00e9liminer, qui faisait de la mort l\u2019issue normale de toute querelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Par\u00e9 du vernis sacr\u00e9, cet h\u00e9ritage ind\u00e9l\u00e9bile des si\u00e8cles se transformerait, peut-\u00eatre, en instrument redoutable d\u2019accession au pouvoir ! Nonobstant les r\u00e9cits apocryphes pr\u00e9tendant que le proph\u00e8te et Abou Bakr seraient morts des suites d\u2019une alimentation empoisonn\u00e9e par des juifs, l\u2019assassinat d\u2019Othmane \u00e9tait le second dans l\u2019histoire de l\u2019Islam du premier personnage public apr\u00e8s celui d\u2019Omar.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019\u00e9tait le premier vrai assassinat politique de cette histoire, fondateur de ce qui allait devenir une tradition de gouvernement. Comme le concevaient les anciens des vieilles cultures, le pouvoir allait \u00eatre, par d\u00e9finition, l\u2019usage du glaive et de la ruse, l\u2019alliance du lion et du renard.<\/p>\n\n\n\n<p>Ali, le successeur d\u2019Othmane, quatri\u00e8me vicaire du proph\u00e8te, allait l\u2019\u00e9prouver \u00e0 ses d\u00e9pens. Face \u00e0 lui, quelqu\u2019un se dressait, se voulant le fondateur d\u2019une dynastie et, pour cela, reproduisait \u00e0 merveille les traits d\u2019un conqu\u00e9rant du pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Une terrible guerre doublement fratricide \u00e9tait sur le point de se d\u00e9clencher ; d\u00e9chirant la communaut\u00e9 musulmane cens\u00e9e \u00eatre compos\u00e9e de fr\u00e8res et de s\u0153urs communiant dans les m\u00eames valeurs, elle opposait des parents entre eux, des cousins et m\u00eame des fr\u00e8res mus, comme \u00e0 la plus belle \u00e9poque ant\u00e9islamique, par un insatiable instinct guerrier.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Derri\u00e8re vous, les chemins de la conqu\u00eate vous avez d\u00e9laiss\u00e9s<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Au pied de la tombe de Mohamed, vous nous avez attaqu\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Et les Compagnons du proph\u00e8te, l\u2019espace d\u2019une soir\u00e9e,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c9taient comme b\u00eates immol\u00e9es \u00e0 la porte de la mosqu\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans M\u00e9dine, par-dessus la cacophonie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, une voix s\u2019\u00e9tait \u00e9lev\u00e9e laissant parler son affliction et sa d\u00e9tresse ; le po\u00e8te des Renforts et du proph\u00e8te, Hassan Ibn Thabit, laissait parler sa rage et d\u00e9clamait un ultime hommage au d\u00e9funt, lourd des plus sombres pr\u00e9visions :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Ils ont sacrifi\u00e9 l\u2019homme grisonnant, en prosternement<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Passant ses nuits \u00e0 glorifier Dieu et \u00e0 lire son Coran ;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Bient\u00f4t, vous entendrez en leurs maisons :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><a><\/a> <em>Dieu est grand ! Pour Othmane, nous nous vengeons !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>\u00c0 suivre&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00abAux origines de l\u2019islam. Succession du proph\u00e8te&nbsp;: ombres et lumi\u00e8res\u00bb, roman de Farhat Othman, \u00e9d. Afrique Orient, Casablanca, Maroc, 2015.<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le calife Othmane Ibn Affane regrettait le bord du puits Aris o\u00f9 il aimait \u00e0 se laisser bercer par les songes; clo\u00eetr\u00e9 chez lui, d\u00e9sormais, il ne pouvait plus l\u2019atteindre. Il ne pouvait m\u00eame pas en boire, ses assaillants lui refusant d\u2019\u00eatre approvisionn\u00e9 en eau. 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